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Pyschanalyse et Jazz: on improvise! Paris, France, le 14 mars 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Pyschanalyse et Jazz: on improvise! Paris, France, le 14 mars 2015
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" Basalte " Véronique Hermann Sambin

Publié le par Guillaume Lagrée

" Basalte "

Véronique HERMANN SAMBIN

Jazz Family.

Distribution physique: Socadisc

Distribution digitale: Idol

Sortie le lundi 13 avril 2015.

Véronique Hermann Sambin: chant, paroles, musique

Xavier Richardeau: saxophones et clarinettes, arrangements

Frédéric Nardin: piano, claviers, arrangements

Samuel Hubert: contrebasse

Romain Sarron: batterie

Inor Sotolongo: percussions

"Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem, Comme les tentes de Kédar, comme les pavillons de Salomon " (Cantique des cantiques).

Après un premier album "Roz Jeriko " qui m'avait enthousiasmé, voici que Véronique Hermann Sambin sort un deuxième album de sa composition, " Basalte ". Verdict? Je suis enthousiaste.

Le basalte est une roche volcanique, de couleur sombre et à la texture fine. Bref en harmonie avec Véronique Hermann Sambin. Nous n'avons pas ici affaire à une tête de gondole mais à une tête bien faite et bien pleine. La citoyenne Hermann Sambin écrit paroles et musique de ses chansons. Elle a des lettres.

Ainsi elle met en musique un poème de Derek Walcott, auteur caribéen natif de Sainte Lucie, prix Nobel de littérature 1992 ( " Love after love " . n°9). Elle a une conscience sociale comme femme et comme citoyenne (" Militanto ", n°10). Elle n'est pas de celles qui se laissent " desrepecter " (" Basalte " n°12). Elle est solidement ancrée dans ses racines antillaises puisqu'elle chante en créole et a inclus un percussionniste dans le groupe et sait revisiter les classiques du Jazz comme en témoigne sa version toute personnelle " (" Pwomes " n°5) de The Sidewinder (Lee Morgan), le méga tube de la maison Blue Note.

Elle est aussi une femme fidèle puisqu'elle fait de nouveau confiance à Xavier Richardeau pour arranger sa musique et livre une nouvelle version de " Roz Jeriko " (n°3), morceau titre de son précédent album. Cette femme fidèle est enfin une redoutable séductrice (" Lepas " n°6).

Comme Barbara, Véronique Hermann-Sambin est elle devant, eux derrière, ses hommes, ses musiciens. Rendons hommage à Xavier Richardeau, souffleur tout terrain, grâce auquel le swing du groupe ne faillit jamais, y compris sur les ballades. Le groupe est soudé. Du velours qui ne s'effiloche jamais.

Bref, Véronique Hermann Sambin est une femme aux talents multiples qui ne cesse de m'enchanter.

Elle sera en concert:

- le vendredi 20 mars à Saintes, Charente Maritime, Poitou Charentes, France. au relais du Bois Saint Georges

- le samedi 21 mars à Saint Jean d'Angély, Charente Maritime, Poitou Charentes, France.

- le vendredi 27 et le samedi 28 mars chez Papa Jazz Club, à Paris, Ile de France, France

- le jeudi 28 mai au Pavillon Jazz Festival, à Pavillons sous Bois, Seine Saint Denis, Ile de France, France

- le vendredi 12 juin au Café de la Danse, à Paris, Ile de France, France.

En concert au New Morning, à Paris, Véronique Hermann Sambin chante sa version créole de " The sidewinder " ( " Pwomes ") . Lee Morgan, tué par une femme, revit grâce à une femme. Rien à ajouter.

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Le trio de Jean-Philippe Viret en concert au Café de la Danse (75) le 3 mars 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean- Philippe Viret Trio

Le Café de la Danse, Paris, France

Mardi 3 mars 2015, 20h.

Sortie de l'album " L'ineffable "

Melisse, distribution Harmonia Mundi

Jean-Philippe Viret: contrebasse, compositions

Edouard Ferlet: piano, compositions

Fabrice Moreau: batterie, compositions

Lectrices sophistiquées, lecteurs raffinés, j'avoue ne pas accrocher sur " L'ineffable " le dernier album du trio de Jean-Philippe Viret sorti en 2015 alors que je demeure enchanté par " Pour " sorti en 2010.

De plus, j'ai savouré ce trio sur scène, à Paris, en 2010, 2011 et 2011.

C'est pourquoi, malgré mes réticences sur l'album, je vous recommande de vous rendre au concert du trio de Jean-Philippe Viret, à Paris, France, au Café de la Danse, le mardi 3 mars 2015 à 20h.

La photographie de Jean-Philippe Viret et Edouard Ferlet est l'oeuvre du Raffiné Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Pour vous faire une idée de la musique qui sera jouée mardi 3 mars au Café de la Danse, lectrices sophistiquées, lecteurs raffinés, voici, extrait de l'album " L'ineffable ", une composition de Jean-Philippe Viret " Tous contraints " jouée par le trio en concert à Paris, au Duc des Lombards, en octobre 2014.

Jean-Philippe Viret et Edouard Ferlet par Juan CARLOS HERNANDEZ

Jean-Philippe Viret et Edouard Ferlet par Juan CARLOS HERNANDEZ

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RECLAME: Où écouter Jean-Charles RICHARD en mars 2015?

Publié le par Guillaume Lagrée

RECLAME

Où écouter Jean Charles RICHARD en mars 2015?

Fabien TEHERICSEN « Roll Over Beethoven »

Musiques Fabien Tehericsen, Ludwig Van Beethoven, direction Fabien Tehericsen. Avec François Corneloup, Jean Charles Richard (saxophones), François Merville, François Verly (percussions), Julien Grattard, Jean-Philippe Feiss (violoncelles), Joachim Florent (contrebasse)

Le vendredi 6 Mars à 20h30

Centre Culturel Le Moustier à Thorigny Sur Marne

http://www.thorigny.fr/spip.php?rubrique71

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Jean-Marie MACHADO « Danzas » : Lagrima Latina (sortie de disque)

avec Jean-Marie Machado (piano-compositions), Claudia Solal, Simonetta Soro, Sofia Ribeiro (voix), Cécile Grenier (violon alto), Stracho Temelkovski (percussions, mandole), François Thuillier (tuba), Joce Mienniel (flûtes), Didier Ithusarry (accordéon), Claus Stötter (trompette), Jean Charles Richard (saxophones)

Le samedi 7 mars, à 20h

Café de la Danse, 5 passage Louis Philippe 75011 Paris

http://www.cafedeladanse.com/jean-marie-machado-et-danzas/

+

David PATROIS TRIO

avec David Patrois (vibraphone), Luc Isenmann (batterie), Jean Charles Richard (saxophones)

Le vendredi 13 Mars à 20h30

Espace Philippe Auguste , 12 avenue Victor Hugo 27200 Vernon

http://www.cape27.fr/Culture/Espace-Philippe-Auguste

+

Master classe et Concert

avec David Patrois (vibraphone), Jean Charles Richard (sax) et les étudiants des classes de Marielle Tupin et Bernard Heulin du Conservatoire de Vernon

Le samedi 14 mars après midi

Salle Viking , 12 avenue Victor Hugo 27200 Vernon

+

Master classe et Concert

avec les étudiants de Music’Halle , de l’Insa de Toulouse. Concert avec l’orchestre Jim et Cie, orchestre résident de Jazz in Marciac.

Les 20, 21 et 22 mars.

Concert le dimanche 22 mars à 17h

Espace Job à Toulouse

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RIP Clark Terry (1920-2015)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Swing, lecteurs Hot, il ne vous a pas échappé que l'Immense Clark Terry est mort à l'âge vénérable de 94 ans.

Trompettiste et bugliste, il est le plus enregistré de l'histoire du Jazz sur son instrument: plus de 950 séances dont 114 sous sa direction.

Miles Davis, né lui aussi à Saint Louis, Missouri, mais en 1926, le considérait comme son Maître, spécialement au bugle.

Après avoir joué chez Count Basie de 1948 à 1951, il enchaîna avec Duke Ellington de 1951 à 1958 puis Quincy Jones de 1959 à 1960. En grand orchestre, comment faire mieux?

En petite formation, il échangea avec Thelonious Monk, Bob Brookmeyer, Gerry Mulligan, entre autres.

Il fut le premier musicien noir aux USA à faire partie d'un orchestre qui jouait en direct chaque soir en direct à la télévision dans le " NBC Tonight TV Show " à partir de 1960.

Pour les anglophones, je conseille son interview sur le blog Jazz Wax de Marc Myers en 2011.

Pour les francophones, la notice dans le Nouveau dictionnaire du Jazz constitue une bonne introduction à sa carrière.

Je recommande aussi la lecture du bel article de Francis Marmande pour Le Monde.

Pour tout savoir sur Clark Terry chez Duke Ellington, regardez et écoutez la conférence d'1h39 donnée le 11 février 2015 à Paris par Claude Carrière (journaliste et producteur) et François Biensan (trompettiste) pour la Maison du Duke.

Bref, la disparition d'un homme qui donna tant de joie au monde ne doit pas nous attrister car nous disposons d'heures d'image et de son pour en profiter, night and day.

Clark Terry possédait un piège d'amour, un joujou extra, un truc qui fait crac boum uhu: le mumbles. A écouter ci-dessous avec le trio d'Oscar Peterson (piano).

Les experts affirment que la plupart des musiciens joue faux au bugle. Pas Clark Terry. Jamais. Démonstration avec son solo dans " Moanin " (Bobby Timmons), morceau fétiche d'Art Blakey et des Jazz Messengers, au sein du grand orchestre de Quincy Jones en Belgique en 1960.

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Une poule sur un piano ou Duke Ellington à Goutelas-en-Forez

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices sophistiquées, lecteurs indigo, je vous ai déjà narré le séjour de Duke Ellington au château de Goutelas (42) et la musique qui y fut créée pour l'occasion le 25 février 1966.

Voici que Laurent Lukic, réalisateur français, stéphanois même, consacre un documentaire à ce séjour intitulé Une poule sur un piano.

La première projection du film est prévue le jeudi 25 février 2016 au château de Goutelas, à Marcoux, Loire, Rhône-Alpes, France pour fêter le 50e anniversaire de ce séjour mémorable dont Duke se souvint dans ses Mémoires (" Music is my mistress " ) et dans la Goutelas Suite qu'il enregistra avec son orchestre en 1971.

Le financement du film reste à boucler. N'hésitez pas à le soutenir de vos deniers, lectrices généreuses, lecteurs munificents. Merci d'avance pour votre soutien.

La photographie de Duke Ellington au pianoforte devant le Château de Goutelas appartient à Paris Match. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas

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34e festival de l'AMR à Genève du 24 au 29 mars 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival de l'AMR

34e édition

AMR, Genève, Suisse

Du mardi 24 mars au dimanche 29 mars 2015

Lectrices suisses, lecteurs francophones, retrouvez vous à Genève au 34e festival de Jazz de l'AMR, du mardi 24 au dimanche 29 mars 2015.

Chaque soir, deux concerts payants différents à 20h30 et 22h suivis d'un boeuf à 23h (entrée libre), sauf le dimanche 29 mars où les concerts auront lieu à 19h30 et 21h sans boeuf (Jam session in english) ensuite.

Tous les concerts seront enregistrés par la radio publique suisse Espace 2. L'émission JazzZ d'Espace 2 sera diffusée en direct du festival à partir de 22h40 le mardi 24, le mercredi 25 et le jeudi 26 mars. Pour celles qui ne peuvent se rendre à Genève pour assister aux concerts et ceux qui ne peuvent se rendre en Suisse pour écouter la radio, il reste la Toile.

Parmi le riche programme, voici ma sélection ignominieusement arbitraire et partiale, selon mes mauvaises habitudes.

Mardi 24 mars à 22h: Craig Taborn (piano solo). Un enfant de Minneapolis, Minnesota, USA comme Bob Dylan et Prince. Cette ville enfante des créateurs.

Jeudi 26 mars à 22h: The Impossible Gentlemen avec Gywlin Simcock (piano)

Vendredi 27 mars à 22h: Gary Bartz Quartet. Gary Bartz, c'est le saxophoniste alto qui joua avec Miles Davis, sur l'île de Wight, face à 600 000 spectateurs en extase, le 29 août 1970. Il créait avant, il crée depuis. Une légende sur scène.

La photographie de Gwylin Simcock est l'oeuvre du Gentilhomme Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanction civile et pénale.

Gwylin Simcock par Juan Carlos HERNANDEZ

Gwylin Simcock par Juan Carlos HERNANDEZ

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Le trio de Pierre Perchaud emballe le Bab Ilo

Publié le par Guillaume Lagrée

Pierre Perchaud Trio

Bab Ilo

Paris, Ile de France, France

Samedi 14 février 2015. 22h.

Pierre Perchaud: guitare électrique, direction, compositions

Nicolas Moreaux: contrebasse, compositions

Jorge Rossy: batterie

Un week end à Paris. Je loge chez un couple d'amis et repère dans Pariscope ce concert que je n'avais pas vu sur le Net: le trio Perchaud/Moreaux/Rossy, des musiciens que je ne connais que de nom. Après vérification de leur CV, prestigieux, sur la Toile, nous voici partis. A pied car le concert est dans le quartier. Parfait.

Annoncé pour 22h, le concert n'a pas commencé avant 22h30. Heureusement, c'est le samedi soir et nous n'avons pas école demain.

Beau toucher de guitare. Léger, fluide. Une note de contrebasse par ci par là vient endiguer le flot de la musique. Le batteur glisse ses balais en douceur dans le morceau. C'était une nouvelle composition de Pierre Perchaud.

" Ya Ya " (Pierrre Perchaud). Belle attaque de guitare, à l'africaine. Rythmiquement, ça balance entre Afrique et Amérique. C'est de la dentelle et du solide. Il est rare d'avoir les deux à la fois. Fin comme une claque.

" Renaissance " (Nicolas Moreaux). Une ballade. Coucher de soleil sur la Riviera. Soleil rougeoyant, mer calme, yachts paresseux, température agréable, douce brise, tout est à point.

Tiens, un standard du Jazz. " I remember You " lancé en guitare solo. Chet Baker chantait si bien cette chanson. C'est joué allègrement. Break de batterie très efficace.

" Blues en forme de pipe " ( Pierre Perchaud). Blues composé en hommage à un oncle maçon et fumeur de pipe. Apparemment, il était très lent mais, en fait, il était très efficace car aucun de ses gestes n'était inutile. Belle leçon à méditer pour des musiciens. Blues lent, très relax. Cet oncle était un homme bien. Ca s'entend. Décidément, dans la guitare Jazz en France, nous sommes gâtés en ce moment avec Pierre Durand, Manu Codjia, Nelson Veras, Paul Jarret et Pierre Perchaud.

" Whispering ", le tube de Nicolas Moreaux annonce Pierre Perchaud. Je suppose que c'est du second degré car " Whispering " est un standard du Jazz, créé en 1920, qui servit de base à Dizzy Gillespie pour son " Groovin High ". Un morceau rapide, entraînant, joué groupé.

" Zen sleeper " (Nicolas Moreaux). Solo de batterie aux baguettes pour commencer. Morceau énergique, malgré son titre. Ca avance bien.

" Fox ", nouvelle composition de je ne sais qui. Morceau énergique, sautillant comme deux renards se défiant, dressés sur leurs pattes arrières.

RAPPEL

" And I love her " (Lennon/Mac Cartney). Une chanson des Beatles, c'est la garantie d'une belle mélodie surtout quand elle est essentiellement l'oeuvre de Sir Paul Marc Cartney. Batteur aux balais. C'est superbement joué. L'esprit pop song est bien là mêlé au feeling subtil du Jazz. Ca plane pour nous. Une très bonne vague nous ramène doucement au rivage. Parfait pour conclure ce concert.

Monsieur G, Madame N et moi avons tous apprécié la soirée qui a certainement apporté de bonnes vibrations au bébé de 8 mois que porte Madame N. L'éducation de l'oreille doit se faire dès le plus jeune âge.

Le trio Perchaud/Morreaux.Rossy enregistrera un album le mardi 17 février 2015. Affaire à suivre. Les compositions ne ressemblent pas à des exercices de style et les interprétations ne sont pas des démonstrations de virtuosité. Bref, c'est de la musique.

Le Bab Ilo propose des concerts pas chers (10€ la place en plus du verre car il s'agit d'un bar), dans une ambiance intimiste (30 places au sous sol maximum) mais pas étouffante. Adresse à retenir (9 rue du Baigneur, 75018 Paris, France).

En attendant la sortie de l'album de ce trio, lectrices exigeantes, lecteurs impatients, voici un extrait audio du dernier album de Pierre Perchaud en trio avec Nicolas Moreaux et Chris Cheek (saxophone ténor), " Waterfalls " ainsi qu'une vidéo d'une autre version de sa composition " Ya Ya " jouée en trio au Chat Vert à Rouen (76) avec Nicolas Moreaux et Karl Jannuska (batterie). Rien à ajouter.

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Jazz et lynchage: en remontant le Mississipi

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices historiennes, lecteurs géographes, je vous conseille vivement de lire la

Carte du lynchage publiée par le New York Times. Merci au Figaro de m'avoir aiguillé vers cette information.

Cette carte recense les exécutions sans jugement dans le Sud des Etats-Unis d'Amérique de 1877 à 1950. 3 959 Noirs lynchés durant cette période, dans cette région, selon l'enquête de l' association Equal Justice Initiative: Lynching in America. Confronting the legacy of racial terror. Soit 700 victimes de plus que les estimations précédentes.

La lecture de cette carte montre qu'à l'évidence le lynchage ou loi du juge Lynch, sévissait surtout le long du fleuve Mississipi, de la Louisiane à l'Arkansas, c'est-à-dire sur les terres de naissance du Jazz et du Blues. Ce n'est certainement pas un hasard.

A rapprocher de Strange Fruit chanté par Billie Holiday, évidemment.

Et des " Fables of Faubus " de Charles Mingus, dédiées au gouverneur de l'Arkansas, Orvell Faubus, qui mettait la Garde nationale en armes devant les écoles blanches pour empêcher les enfants noirs d'y entrer. Louis Armstrong interpella le président Einsenhower à ce sujet. Ike envoya l'armée fédérale pour permettre à des enfants noirs d'aller en cours dans des écoles blanches. Parmi les enfants blancs de l'Arkansas qui virent leurs camarades noirs arriver, accompagnés de l'armée, dans leurs écoles, il y avait un certain William Jefferson dit Bill Clinton, futur président des Etats-Unis d'Amérique. En 1959, la firme Columbia (CBS) refusa à Charles Mingus le droit d'enregistrer cette composition avec ses paroles. Voici dans leur forme originale " The Original Faubus Fables ". Rien à ajouter.

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" Wash " Margaret Wrinkle

Publié le par Guillaume Lagrée

" Wash "

Margaret Wrinkle

Traduit de l'américain par Anne-Laure Tissut.

Editions Belfond, Paris, 2014, 432 p.

Merci au Canard Enchaîné pour m'avoir incité à lire ce livre.

" L'esclavage fut une bénédiction car, sans l'esclavage, il n'y aurait jamais eu de Jazz " (Max Roach).

" Never say more than Ur back can bear " (proverbe noir américain)

Cette histoire se passe dans une plantation du Tennessee entre 1823 et 1834. Le poids de l'esclavage pèse autant sur les maîtres que sur les esclaves. C'est la leçon de ce livre écrit par une descendante d'esclavagistes, une Blanche de l'Alabama, Margaret Wrinkle qui publie ici son premier roman. Elle frappe très fort d'entrée. Wash est le héros du livre. C'est un Noir esclave dont le pseudonyme (son nom africain ayant disparu) signifie aussi bien l'abrégé de George Washington, premier président des Etats-Unis d'Amérique qui libéra ses esclaves, que le verbe " laver " (to wash in english) tant la symbolique de l'eau, qu'elle soit de mer ou de rivière, est prégnante dans ce livre. L'eau qui lave, purifie, apaise, éteint l'incendie. L'eau sur laquelle les bateaux sont venus d'Afrique en Amérique amener les esclaves et parfois, dans l'autre sens, les ramener libres dans ce qui devint leur colonie, le Liberia.

Wash est un esclave rebelle. Il le porte sur son visage, sa joue étant marquée au fer rouge du R comme Reward (fugitif en français). Inapte aux travaux des champs, au dressage des chevaux, aux travaux du fer (le forgeron qui le marque est un ami qui finira en lançant une révolte), il est aussi invendable. Le tuer serait un aveu d'échec. Comment en tirer profit? En faisant de lui un étalon reproducteur qui, s'accouplant avec des femmes esclaves, donne naissance à des enfants esclaves qui se vendront cher.

Son maître note les saillies et les rejetons de Wash dans un registre du même type que celui qu'il tient pour ses étalons et ses poulains. Wash accepte son sort car il veut vivre. Il rencontrera l'amour avec une autre esclave noire, stérile mais médecin, Pallas comme Athéna, déesse de la ruse, de la sagesse, de la philosophie, de la stratégie.

L'esclavage pèse autant sur les maîtres que les esclaves, d'autant plus que les maîtres se sont battus contre les Anglais pour être libres, créer les Etats-Unis d'Amérique. Ils sont liés par un système économique absurde en contradiction tant avec leurs principes qu'avec les faits, car ils savent bien, pour vivre avec eux, que les Noirs ne leurs sont pas inférieurs. La preuve, ils leurs confient leurs enfants, leurs chevaux, leurs terres et se font même soigner par eux. Les familles de Blancs sont tiraillées entre esclavagistes et abolitionnistes, parfois même entre parents et enfants.

Bref, " Wash " est un roman très puissant où chaque phrase a un poids, une densité rare, où l'auteur sait aussi bien raconter l'histoire du point de vue des Blancs que des Noirs, des maîtres que des esclaves, des hommes que des femmes. D'ailleurs, qui est le maître, qui est l'esclave? Tout se trouble dans ces paysages de marais aux lumières et aux ombres incertaines.

Il n'est pas question de musique dans ce livre mais j'en recommande vivement la lecture à quiconque s'intéresse aux sources du Jazz.

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