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In Memoriam Subconscious Lee Konitz (1927 - 2020)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lee Konitz par Juan Carlos HERNANDEZ

Lee Konitz par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices Cool, lecteurs Jazz, je partage votre chagrin à l'annonce du décès d'un Géant du Jazz, le saxophoniste alto Lee Konitz (1927 - 2020). Un deuxième Géant du saxophone victime du COVID 19 après Manu Dibango

Je rassemblerai ici mes articles et souvenirs sur ce musicien génial qui, selon ses propres termes, avait fait carrière en connaissant 7 morceaux mais en les jouant chaque fois différemment.

Les articles d'abord dans l'ordre chronologique de 2008 à 2015:

- Lee Konitz en concert à Paris en trio avec les Italiens Enrico Pieranunzi (piano) et Riccardo del Fra (contrebasse) en 2008

 - Lee Konitz en concert à Paris en duo avec Dan Tepfer (pianiste né en 1982) en 2009

- l'album " Duos with Lee " qui unit Lee Konitz & Dan Tepfer (2011)

- Un autre concert de Lee Konitz en duo avec Dan Tepfer à Paris en 2011

- Lee Konitz en concert privé avec Martial Solal (pianiste né en 1927) à Paris en 2012

- Une Conversation sur l'improvisation entre Lee Konitz et Dan Tepfer (2012)

- Lee Konitz en concert en quartet à Genève en 2014, toujours avec Dan Tepfer

- Lee Konitz en concert privé à Paris avec Martial Solal  en 2015

Lee Konitz vivait en Allemagne et aimait venir jouer à Paris. Et puis j'aime la musique de Lee Konitz d'où ces 8 articles sur 8 années. 

J'ai d'autres souvenirs de concerts de Lee Konitz, en trio à Paris avec 2 frères américains dont le nom m'échappe (contrebasse et batterie) et surtout un de mes plus beaux souvenirs de concert, Lee Konitz, Steve Swallow (guitare basse électrique), Paul Motian (batterie) dans le dortoir des moines de l'abbaye de l'Epau (72) à l'Europa Jazz Festival, édition 1999. Si vous n'avez pas eu la chance d'écouter ce trio de magiciens sonores sur scène, reportez vous à l'album " Three Guys " (1999).

Lee Konitz figurait dans mon émission de mars 2020, Le Jars Jase Jazz, sur Couleurs Jazz Radio pour le 4e et dernier épisode de mon programme BRASIL avec une version lunaire et hantée d'Insensatez (Antonio Carlos Jobim) en duo avec Gil Evans (piano). Morceau à retrouver sur l'album " Anti Heroes " enregistré en concert à New York en 1980.

Quant aux albums de Lee Konitz à écouter, il y en a tant que mon choix sera évidemment partiel et partial.

J'ai déjà cité " Duos with Lee " (2011) avec Dan Tepfer (piano). 

Comme sideman, il faut évidemment mentionner sa participation à " Birth of the Cool " de Miles Davis (1950), un album clef de votre discothèque, lectrices Cool, lecteurs Jazz.

Vous prenez n'importe quel enregistrement de Lee Konitz avec Warne Marsh (sax ténor), Stan Getz (sax ténor), Bill Evans (piano), Lennie Tristano (piano), Billy Bauer (guitare électrique) et vous savez que ce sera bon au minimum voire même excellent. Par exemple le " Live at the Half Note " (1959) avec Warne Marsh, Bill Evans, Jimmy Garrison (contrebassiste de John Coltrane de 1960 à 1967) et Paul Motian qui tutoie les sommets avec aisance. Deux oiseaux chantent sur une branche solide et mobile.

Dans cette lignée de saxophonistes Cool, il ne reste plus en activité aujourd'hui qu'un autre disciple de Lennie Tristano, qui épousa sa fille, Carol Tristano qui est aussi sa batteuse, Lenny Popkin (saxophone ténor), maintes fois célébré sur ce blog. 

Pour sortir du Cool, l'album le plus Hot de Lee Konitz est certainement " Motion " (1961) en trio avec Sonny Dallas (contrebasse) et Elvin Jones (batterie). En dehors des références habituelles, je vous suggère l'album " Thingin " (1995) enregistré en concert en Suisse avec Don Friedman (piano) et Attila Zoller (guitare électrique). Du miel pour les oreilles.

Ces douze dernières années, Lee Konitz a beaucoup joué et enregistré avec le pianiste franco-américain Dan Tepfer (1982). Voir mes articles référencés ci-dessus et la vidéo sous cet article enregistrée en concert, en 2011, où Dan et Lee soir après soir réinventent un standard " All the things You are ". 

Toutefois, pour finir cette liste d'albums recommandés de Lee Konitz, je souhaite insister sur une longue amitié, celle entre deux coetani comme disent les Italiens, Martial Solal (pianiste né en 1927) et Lee Konitz (1927-2020). Pour moi, le dialogue entre Lee Konitz et Martial Solal est aussi innovateur et fructueux que celui entre Louis Armstrong et Earl Hines ou entre Miles Davis et Herbie Hancock en leur temps. C'est un avis partiel et partial évidemment mais je le partage comme disait Monsieur Prudhomme. Outre les deux concerts privés chroniqués sur ce blog (voir ci-dessus), il existe des traces enregistrées de ces conversations instrumentales. Martial Solal est le musicien avec qui Lee Konitz a le plus joué dans ses 93 années. 

D'abord " Impressive Rome " et " European Episode " enregistrés à Rome en 1968 en quartet avec Henri Texier (contrebasse) & Daniel Humair (batterie). Aujourd'hui réédité sous forme de double album, le quartet joue des standards et des improvisations. Mais les standards donnent lieu à des improvisations sidérantes ( cf " Collage on standards " où plusieurs s'imbriquent et s'enchaînent avec maestria) et les improvisations sonnent pures comme des standards. Porté par une telle rythmique, Lee Konitz met un tigre dans son moteur. Souple et puissant.

En 1974, Lee Konitz et Martial Solal jouaient en quartet au festival de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins avec NHOP (contrebasse) et Daniel Humair (batterie). C'est l'été, le quartet est dans la pinède Gould à Antibes-Juan-les-Pins avec vue sur la Mer Méditerranée. L'ambiance est relax, la musique complexe mais sans que l'auditeur s'en aperçoive tant il est charmé. Ils jouent des standards et une composition de Lee Konitz créée pour l'occasion, " Antibes " qui ouvre le concert. Cela s'appelle tout simplement  " Lee Konitz. Jazz a Juan " sur le label danois Steeple Chase Records. 

En 1977, Martial Solal et Lee Konitz se retrouvent en studio à Rome pour enregistrer enfin ensemble en duo. " Duplicity " est un double album dont le titre est à la mesure de l'invention et de l'humour de ses auteurs. En français, la duplicité qualifie une personne adepte du double langage, dont le comportement ne correspond pas à ses engagements. Ici elle relève du mot valise : duo + complicité = duplicité. Que des compositions personnelles. Les morceaux peuvent durer jusqu'à 18mn tant ces deux là ont à se dire, à nous dire.

S'ensuivirent des années de concert en duo, dans des salles prestigieuses comme dans des petits clubs serrés, où, chaque soir, Lee Konitz et Martial Solal réinventaient le Jazz, art de transformer le saucisson en caviar comme disait Barney Wilen. De standards éculés, ils créaient des perles rares.  Cf l'extrait audio au dessus de cet article avec  " Star Eyes " titre album d'un concert enregistré à Hambourg en 1983 par l'excellent label suisse Hat Hut. Ce soir là, Lee Konitz et Martial Solal chatouillaient les étoiles.

En 2015, Lee Konitz appela son ami Martial Solal, qui avait refermé le couvercle de son piano, en lui disant qu'il lui fallait s'y remettre car il comptait bien venir jouer avec lui en duo à Paris. Martial s'y est remis pour son ami Lee. D'où le concert privé de 2015 cité plus haut et un autre duo de Martial Solal, en 2016, avec Dave Liebman (saxophone ténor et soprano, flûte). Lee Konitz, lui, réapprit entièrement à jouer du saxophone alto après un AVC, à plus de 80 ans. Respect. 

Lee Konitz eut très vite l'intelligence de comprendre qu'il était inutile de jouer comme Charlie Parker. Il fallait créer autre chose. Du sax alto sans vibrato, sans attaque. " Something else " comme disait un autre géant du saxophone alto, Ornette Coleman (1930-2015). Il le fit, du vivant même de Charlie Parker (1920-1955), ce qui lui valut d'être élu meilleur sax alto américain devant Bird. Bird ne lui en a jamais voulu, reconnaissant la nouveauté du style de Lee Konitz. Par contre, Boris Vian (1920-1959), en France, lancé dans sa croisade pour défendre les musiciens noirs (noble cause tant ils étaient maltraités par les maisons de disques, les patrons de clubs et les imprésarios de l'époque), écrivit de fortes méchantes choses contre Lee Konitz. Lee Konitz aimait expliquer qu'il s'était échiné pendant des années à jouer Bluesy, des blue notes mais qu'il avait renoncé car après tout, il n'était pas Noir. Il décida donc de jouer sa musique, de Blanc, de Juif (Gershwin, Kern, Hammerstein, Berlin...).

Lee Konitz, comme Martial Solal, était aussi réputé pour son sens de l'humour et son goût de la provocation mais jamais méchamment et gratuitement. Il aimait dire qu'il était devenu musicien de Jazz parce qu'il suffisait de connaître 7 morceaux par coeur pour faire carrière dans ce job. D'abord, il avait un peu plus de 7 morceaux à son répertoire, ensuite, il ne les jouait jamais de la même manière mais toujours avec le même style, celui qui fait l'identité des grands musiciens comme son fidèle complice français, Martial Solal

" La mode passe, le style reste " (Coco Chanel). Lee Konitz restera. 

Dan Tepfer a joué en direct sur sa page Facebook lundi 20 avril 2020 à 14h (heure de New York) un solo en hommage à Lee Konitz. Si, comme moi, vous le manquâtes, lectrices Cool, lecteurs Jazz, vous pouvez l'écouter en différé

Dans la vidéo ci-dessous, Lee Konitz & Dan Tepfer interprètent chaque soir une version différente d'un standard rabâché, un des 7 que Lee Konitz connaissait par coeur, " All the things You are ".

La photographie de Lee Konitz est l'oeuvre du Cool Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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RECLAME: Thierry Maillard joue en ligne Zappa Forever jeudi 16 avril 2020 à 11h

Publié le par Guillaume Lagrée

RECLAME
 
 
CONCERT
Rendez-vous JEUDI 16 AVRIL 2020 à 11H (heure de Paris)
sur la page Facebook 
Thierry Maillard jouera un titre de l’album Zappa forever 
(sortie vendredi 24 avril 2020)
avec l’application nomad play
en avant première

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" Sol " Pascal Schumacher

Publié le par Guillaume Lagrée

Pascal Schumacher

" SOL "

Album Neue Meister

Sortie le vendredi 5 juin 2020

 

Pascal Schumacher: vibraphone, glockenspiele, organelle

 

En concert au MUDAM du Luxembourg vendredi 5 juin 2020 à 21h (heure de Luxembourg, Genève, Bruxelles, Berlin, Rome, Madrid & Paris) diffusé en direct sur Facebook et Art district radio. Accès libre. 

 

Lectrices Blues, lecteurs Swing, pour une fois je vous chanterai une musique qui ne contient ni Swing ni Blues. Une musique qui ne contient ni Blues ni Swing n'est pas du Jazz selon Sonny Rollins qui incarne cette musique depuis plus de 60 ans. Je me range à l'avis du Colosse du Saxophone. Lui fait autorité sur le sujet, pas moi.

La musique de Pascal Schumacher est classée dans le Jazz car il faut bien une étiquette pour la vendre. C'est simplement une musique contemporaine, vivante, magique et onirique.

Les compositions sont siennes sauf deux titres qui ne sont pas du Jazz non plus: "Tubular Bells " (8) du Britannique Mike Oldfield , un classique du Rock progressif et " Tearjerker " (9) du Japonais Ryuchi Sakamoto, aussi à l'aise avec l'électro expérimentale que la Bossa Nova. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Seul avec un vibraphone, un glockenspiele et un organelle, Pascal Schumacher nous convie à un voyage imaginaire vers un pays où l'on n'arrive jamais. Il me captive de la première à la dernière note, chose rare pour un album.

Il ouvre avec " Amarcord " (1) et clôt avec " Amarcord fine " (14) mais il ne joue pas la musique de Nino Rota pour le film de Federico Fellini (Je me souviens en patois de Rimini). Il joue sa vision du film, ce qu'elle lui inspire.

Tout comme le titre album, " Sol " (4). Il ne s'agit pas de la note de musique mais du Soleil en latin, espagnol et portugais. Cela s'entend tout de suite tant le vibraphone brille de mille feux mais en douceur. 

Quand au morceau qui suit, " Falling, falling " (5), vous tombez certes mais en douceur comme la chute d'un ange qui n'est pas déchu.

Vous respirez à pleins poumons avec " Air " (7). Vous prenez l'ascenseur pour l'espace avec " Lift " (10) puis vous chuchotez des sous entendus avec les " Sous conversations " (11) et vous restez dans l'étrange avec " Strange " (13) avant de finir mystérieusement avec " Amarcord fine " (14) comme je l'ai déjà écrit.

Seul face à ses instruments, Pascal Schumacher est libre de ses désirs et plaisirs. Il a le souci du beau son, de la mélodie envoûtante, de l'ambiance chaleureuse ou mystérieuse. C'est une musique à écouter au calme, en silence, en solitaire de préférence. Même de nuit, " Sol " éclairera votre voie. 

 

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Cecilia Engelbrecht Heick, chanteuse et compositrice danoise à découvrir

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices confinées, lecteurs confinés, ouvrez votre esprit et vos oreilles, sans vous exposer, au Covid 19, en écoutant la chanteuse et compositrice danoise Cecilia ENGELBRECHT HEICK.

Elle n'a jamais chanté en France. Pour des raisons personnelles, sa carrière se déroule essentiellement dans son pays, le Danemark. Les amateurs de Jazz savent tout ce que le Danemark a apporté au Jazz. Les plus grands saxophonistes y vécurent: Stan Getz, Johnny Griffin, Ben Webster, Dexter Gordon qui fut le parrain de Lars Ulrich, le batteur danois de Metallica, groupe de hard rock californien.

Le dernier album de Stan Getz, publié post mortem, " People Time " fut d'ailleurs enregistré en concert au Café Montmartre à Copenhague en mars 1991, club actuellement fermé pour cause de confinement.

Cecilia Engelbrecht Heick écrit et chante pour les enfants (cf extrait audio au dessus de cet article) et pour les adultes (cf. vidéo sous cet article), en danois et en anglais. Quand elle chante son Jazz, elle me fait penser à une Chet Baker au féminin. C'est dire si je place haut son Art vocal!

En France, nous écoutons de mauvaises chanteuses françaises par chauvinisme, de mauvaises chanteuses américaines par snobisme. Je ne donnerai pas de noms car cela leur ferait de la réclame. 

Ecoutez donc par amour de l'Art, lectrices confinées, lecteurs confinés, une excellente chanteuse danoise, Cecilia Engelbrecht Heick. En souhaitant qu'une fois la pandémie maîtrisée et les salles de musique vivante (de la cave de Jazz à la Philharmonique ) rouvertes, Dame Cecilia Engelbrecht Heick soit conviée à chanter en France afin que nous puissions la découvrir en vrai. Ain't nothing like the real thing baby! (Marvin Gaye). 

Merci à Madame M-H, fidèle complice des concerts de Jazz à Paris, de m'avoir fait découvrir son amie Danoise Dame Cecilia Engelbrecht Heick. Honneur aux Dames!

 

 

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RECLAME: Concert en direct sur Couleurs Jazz Radio vendredi 3 avril à 22h

Publié le par Guillaume Lagrée

RECLAME

 

Lectrices confinées, lecteurs confinés, deux pauses musicales spéciales vous sont proposées par Couleurs Jazz Radio le vendredi 3 avril 2020.

A 12h (heure de Paris), première diffusion de mon émission ARGENTINA! Sujet de mes émissions d'avril et mai 2020.

A 22h (heure de Paris), concert de lancement du nouvel album " Nebula " du trio de Michael Vigneron (piano). Vous ne pouvez aller au concert? Pas grave. Le concert vient à vous. 

Couleurs Jazz Radio continue de diffuser du Jazz, essentiellement de créateurs vivants, 24h/24 durant le confinement. 

 

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Argentina mon émission d'avril et mai 2020 sur Couleurs Jazz Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Lalo Zanelli par Juan Carlos HERNANDEZ

Lalo Zanelli par Juan Carlos HERNANDEZ

ARGENTINA!

 

Lectrices ballerines, lecteurs danseurs, retrouvez vous au son de mon émission Argentina sur Couleurs Jazz Radio le lundi à 22h et le vendredi à 12h (heure de Paris) en avril et mai 2020.

Une fois sur le site de la radio, cliquez sur Ecouter le live radio et l'émission démarre.

Pas de podcast.

Si vous êtes à Buenos Aires, vous pourrez écouter l'émission le lundi à 17h et le vendredi à 7h.

Après la République fédérative du Brésil à qui j'ai consacré 4 émissions de décembre 2019 à mars 2020, passons à son grand voisin, la République fédérale argentine. 

République Argentine - La Plata

A Ruben Dario

Ni les attraits des plus aimables Argentines,

Ni les courses à cheval dans la pampa,

N'ont le pouvoir de distraire de son spleen

Le Consul Général de France à la Plata!

On raconte tout bas l'histoire du pauvre homme:

Sa vie fut traversée d'un fatal amour,

Et il prit la funeste manie de l'opium;

Il occupait alors le poste à Singapoore...

 Il aime à galoper par nos plaines amères,

Il jalouse la vie sauvage du gaucho,

Puis il se retourne vers son palais consulaire,

Et sa tristesse le drape comme un poncho...

Il ne s'aperçoit pas, je n'en suis que trop sûre,

Que Lolita Valdez le regarde en souriant,

Malgré sa tempe qui grisonne, et sa figure

Ravagée par les fièvres d'Extrême-Orient...

Henry J.M Levet " Cartes postales "

L'émission sera consacrée aux liens entre l'Argentine et le Jazz allant de la lettre B comme Barbieri Gato (cf vidéo sous cet article) à la lettre Z comme Zanelli Lalo (cf photographie au dessus de cet article) en passant par la lettre G comme Galliano Richard (cf extrait audio au dessus de cet article).

D'autres artistes déjà célébrés sur ce blog ou non figureront au programme de ces deux émissions: Michel Edelin, Chamamémusette, Dizzy Gillespie, Lalo Schifrin, Didier Levallet, Quiet Men, Edouard Ferlet...

Bien entendu, si vous dansez ensemble le tango, le chamamé ou la milonga au son de mon émission, respectez le mètre de distance réglementaire en période de pandémie, lectrices ballerines, lecteurs danseurs. Je compte sur vous pour relever ce défi.

 

La photographie de Lalo Zanelli est l'oeuvre de l'Hispanique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Sélection de concerts de Jazz à domicile pour avril 2020

Publié le par Guillaume Lagrée

Fred Hersch par Juan Carlos HERNANDEZ

Fred Hersch par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices Swing, lecteurs Hot, je suppose que, comme moi, vous faites partie de la moitié de l'humanité vouée au confinement pour le mois d'avril 2020.

De la salle philharmonique à la cave de Jazz, tous les lieux où se joue la musique vivante sont fermés. Pour soutenir les musiciens, c'est très simple. Achetez leur musique dans la mesure de vos capacités contributives bien sûr. 

Puisque nous ne pouvons sortir écouter la Beauté se créer en direct, faisons la venir à nous tout en restant à l'écart du Covid 19.

Pour ce faire, plusieurs solutions sont possibles.

Ecouter les concerts donnés en direct depuis leur domicile par certains musiciens comme Fred Hersch. Fred Hersch, seul face à son piano, c'est bien plus intéressant que bien des groupes et des orchestres. Cf photographie au dessus de cet article. Rendez-vous chaque jour à 19h (heure de Paris) sur la page Facebook de Fred Hersch pour un morceau joué en direct. A condition d'être l'ami de Fred Hersch sur sa page Facebook bien entendu. 

Par ailleurs,le film " The Ballad of Fred Hersch " est désormais disponible gratuitement sur Vimeo. Pendant le confinement, vous avez le temps de le savourer, lectrices Swing, lecteurs Hot.

Puisque vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Ecoutez aussi FIP pour son Club Jazz quotidien de 19h à 20h (heure de Paris).

Si vous voulez entretenir votre nostalgie, lectrices Swing, lecteurs Hot, allez sur le site de l'Institut National de l'Audiovisuel, tapez le mot clef Jazz et vous obtiendrez 1801 documents à voir et à écouter des années 1950 aux années 2000 dont la première télévision de Miles Davis, en 1957, à Paris, dans les studios de l'ORTF. Avec le confinement, non seulement vous avez du temps libre mais, en plus, l'accès à ces documents historiques est libre et gratuit durant 3 mois. Profitez pleinement d'heures de concert filmées et enregistrées à Antibes-Juan-les-Pins, Marciac, Nice, Paris, Vienne... 

Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion le lundi à 22h et le vendredi à 12h (heure de Paris). Pas de podcast. Audible dans le monde entier avec une connexion à l'Internet. Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez sur Ecouter le live radio et le programme démarre. 

Vendredi 3 avril 2020 à 22h (heure de Paris), sur Couleurs Jazz Radio, concert de lancement du nouvel album " Nebula " du trio de Michael Vigneron (piano). Vous ne pouvez aller au concert? Pas grave. Le concert vient à vous. 

En avril et mai 2020, mes 2 émissions seront consacrées à l'Argentine. De B comme Barbieri Gato à Z comme Zanelli Lalo. Couleurs Jazz Radio est une radio associative, garantie sans réclame. Elle vit de contributions volontaires. Pour les contribuables imposables en France, les dons sont déductibles de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés. 

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme. De toute façon, les clubs new yorkais sont eux aussi fermés en avril pour cause de Covid19 et il n'y a plus d'avion entre l'Europe et les USA. N'ayez donc aucun regret, lectrices Swing, lecteurs Hot, à écouter les concerts des clubs de Jazz new yorkais depuis chez vous. 

La photographie de Fred Hersch est l'oeuvre du Confiné Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

 

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Manu Dibango première star internationale victime du COVID 19

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Soul, lecteurs Makossa, dansez - en respectant le mètre de distance réglementaire - pour célébrer la mémoire de Manu Dibango (1933- 2020), Français natif du Cameroun, saxophoniste alto et ténor qui a tant fait pour le dialogue entre les peuples et les cultures.

" Ce n'est pas parce que tu es Noir que tu n'as pas le droit de jouer Mozart. Ce n'est pas parce que tu es Blanc que tu n'as pas le droit de jouer du Makossa " (Manu Dibango).

Manu Dibango est la première star internationale à mourir victime du COVID19 ou coronavirus.

Fou de Jazz et de musique afro américaine, il avait eu la mauvaise surprise de découvrir que Quincy Jones avait pillé sans vergogne son Soul Makossa (cf extrait audio au dessus de cet article) pour l'album le plus vendu de l'histoire du disque " Thriller " (1983) de Michael Jackson (les choeurs dans " Wanna start something " pour être précis). Après des années de procès, sans que jamais Quincy et Mickaël, comme disait Manu, aient reconnu leur torts, la justice américaine avait tranché et donné raison à Manu Dibango. Non Soul Makossa n'était pas un air traditionnel africain, dans le domaine public, mais une création originale déposée à la SACEM dont les droits étaient protégés, copyright opera mundi. Manu Dibango qui avait tant écouté les musiciens américains, dont Quincy Jones, était fier qu'à leur tour les Américains écoutent les Africains mais il aurait préféré qu'ils reconnaissent leur dette et lui paient ses droits d'auteur. 

Voici cette histoire de plagiat superbement racontée par Stevie, un jeune Camerounais, sur sa chaîne Music Feelings . A l'origine, Soul Makossa était la face B de l'hymne consacré aux Lions Indomptables pour la Coupe d'Afrique des Nations 1972. Ensuite, repris par un DJ new yorkais, il devint un tube mondial en 1973. Le plus gros tube africain de l'histoire. Le dernier tube mondial créé par un Français était l'oeuvre d'un Camerounais, Manu Dibango. Puis Quincy Jones et Michael Jackson ont plagié cette chanson. 

Pour en savoir plus sur Manu Dibango, écoutez France Musique ce mardi 24 mars 2020 à 19h pour une émission retraçant la carrière de ce Géant puis FIP à 20h pour le dernier concert de Manu Dibango à Paris, au Grand Rex, le 17 octobre 2019 avec son Safari Symphonique

Dans la vidéo ci-dessous tournée en 2013 par le magazine Couleurs Jazz, dont descend Couleurs Jazz Radio où votre serviteur sévit le lundi à 22h et le vendredi à 12h (heure de Paris) dans l'émission Le Jars jase Jazz, Manu Dibango fête ses 80 ans en concert au festival Jazz à Saint Germain des Prés

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" Uncertain weather " Lou Tavano

Publié le par Guillaume Lagrée

Lou Tavano

" Uncertain Weather "

L'Autre Distribution. 2020.

Lou Tavano: chant, composition

Alexei Asantcheeff: piano, chant (2, 4 & 8) , composition

Guillaume Latil: violoncelle, effets

Alexandre Perrot: contrebasse

Ariel Tessier: batterie, percussions préparées

Eric Perez: choeur (1, 6, 7 & 8)

Pierre Rereygeol: choeur (1, 6, 7 & 8)

Toutes les chansons ont été écrites et composées par Lou Tavano et Alexei Asantcheeff à Greenock, Ecosse, Royaume Uni.

" Le mauvais temps, c'est le temps qui dure trop longtemps " m'apprit un agriculteur du Jura français alors que je marchais avec un ami sur le sentier de la Grande Traversée du Jura entre Pontarlier (France) et Nyon (Suisse) par un mois de juillet froid et humide où le soleil revenait enfin pour sécher le fourrage. Il était temps. Les vaches montbéliardes qui font le lait qui fait le comté (s'il est jaune, c'est qu'elles ont brouté dans le pré. A condition qu'il n'ait pas été coloré artificiellement avec de la carotte. S'il est blanc, n'en mangez pas, c'est un ersatz) commençaient à avoir leurs sabots infectés à force de marcher dans la boue. 

A Greenock, en Ecosse, où fut composé cet album (terre de la mère du pianiste Alexei Asantcheeff), le temps change souvent, comme dans ma Bretagne natale. C'est cette ambiance de fugacité et d'incertitude qui est le fil conducteur de cet album " Uncertain weather ". Les chansons sont en anglais sauf deux. " J'attends " (7) chanson que je désapprouve. Lou Tavano est une jeune femme manifestement parée de sagesse et de beauté, heureuse à la ville comme à la scène avec son pianiste Alexei Atsancheeff. C'est une chanson d'amour triste alors qu'une Dame de cette qualité a manifestement le choix de l'embarras dans ses amours. Bref, je ne crois pas à cette chanson. A tort, peut-être. Par contre, " Le fil de la vie " (8) est particulièrement d'actualité en ce temps incertain de pandémie de COVID19. Cf extrait audio au dessus de cet article.

La musique repose sur les cordes. Vocales, de la contrebasse et du violoncelle. Pas de guitare, pas de cuivre, pas de saxophone. Pas d'instrument brillant et bruyant. Ariel Tessier, à la batterie et aux percussions, se met au diapason de l'ensemble, ponctuant, soulignant mais jamais envahissant. 

Tout est suspendu dans l'air comme un cumulonimbus . Enorme, puissant, multicolore entre la lumière du soleil et les reflets du miroir de la mer mais léger, changeant de forme à tout instant et pouvant même disparaître sous un coup de vent. 

C'est cette ambiance que retranscrit à merveille " The Dancer " (4) ou " As we part " (5).

Les sentiments exprimés sont complexes. Pour autant, la musique est simple d'apparence car elle va à l'essentiel. Ainsi appelle t-elle aux " Simples Ways to be " (2). Cf vidéo sous cet article.

 Divers concerts de ce groupe sont prévus en France mais, en ce temps incertain, je préfère ne pas les annoncer. Quand la pandémie de COVID 19 sera terminée, que la musique pourra se savourer de nouveau fraîche, directement du producteur au consomacteur, je ne manquerai pas de vous faire part des concerts de Lou Tavano et de ses hommes, lectrices subtiles, lecteurs agiles. 

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" Silence the 13th " Thomas Delor

Publié le par Guillaume Lagrée

Thomas Delor

" Silence the 13th "

Fresh Sound Records. 2020.

Thomas Delor: batterie, compositions (1, 2, 3, 5, 6 & 9)

George Correia: contrebasse

Simon Martineau: guitare électrique

Lectrices confinées, lecteurs confinés, comme moi, vous vous abstenez d'aller au concert (il n'y en a plus de toute façon) mais vous avez le temps d'écouter de la musique pour aérer votre cerveau sans sortir de chez vous.

Je vous ai déjà chanté les louanges du batteur Thomas Delor au sein du Nuzut trio avec le même guitariste, Simon Martineau mais un autre leader, le contrebassiste italien Flavio Perrella.

Voici maintenant que je viens vous célébrer le trio de Thomas Delor avec la même instrumentation que le Nuzut Trio mais un autre contrebassiste, Georges Correia. Autre différence, Thomas Delor est ici le leader et a composé 6 des 9 thèmes qui composent l'album 

Avec la même instrumentation et 2 musiciens sur 3 en commun, le trio de Thomas Delor sonne très proche du Nuzut Trio. Les esthètes raffinées, les mélomanes avertis que vous êtes, lectrices confinées, lecteurs confinées, peuvent s'amuser à écouter tour à tour voire, en mélangeant, le Nuzut Trio et le trio de Thomas Delor afin de les distinguer à l'oreille. J'avoue ne pas m'être encore adonné à ce jeu de l'esprit.

Avant d'être musicien à plein temps, Thomas Delor était d'abord mathématicien. Logique car il est inutile de jouer la batterie si vous ne savez pas compter. L'harmonie obéit à des lois mathématiques. Ayant réussi à échapper aux mathématiques jusqu'au baccalauréat inclus, je ne peux qu'admirer cette forme d'intelligence que je ne possède pas.

Toutefois, notre batteur leader ne donne pas l'impression de résoudre des équations en jouant ce qui rend la musique fort ennuyeuse pour l'auditeur (j'ai des noms en tête mais je ne les écrirai pas). La musique est certainement complexe, subtile mais elle paraît simple ce qui est le propre des artistes et des savants qui maîtrisent leur sujet. Il y a tant de faux savants qui rendent complexes les choses simples. Les vrais rendent simples les choses complexes.

Thomas Delor présente un défaut majeur. Il est batteur. Il est souvent reproché aux batteurs de faire du bruit, de couvrir les autres musiciens. Ce n'est pas le cas de notre héros. Il ne couvre pas la pulsation de la contrebasse, les intonations de la guitare. Il les souligne, les prolonge, les propulse. Tout se passe en finesse et en douceur même quand il s'agit d'un ordre: " Une soupe et au lit " (9). Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Enfin, le batteur, leader, compositeur Thomas Delor connaît ses classiques. De la chanson française avec un standard maintes fois repris par les Jazzmen ( " I wish You love " in english) , " Que reste t-il de nos amours? "  (7) de Charles Trénet , du classique " Prélude n°28 " (8) de Frédéric Chopin ou du Be Bop avec la délicieuse version du " My Little Suede Shoes " (4) de Charlie Parker . Cf vidéo sous cet article. A ne surtout pas confondre avec " Blue Suedes Shoes " chanté par Elvis Presley. On a excommunié et écartelé pour moins que cela!

Bref, vous l'aurez compris, lectrices confinées, lecteurs confinés, pour aérer votre cerveau sans déranger vos voisins, écoutez , sans monter le son, " Silence the 13th " du trio de Thomas Delor. Une fois revenus à une activité normale, il me sera agréable de vous retrouver à un concert de ce trio.

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