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2017: le Jazz a 100 ans.

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Hot, lecteurs Cool, fidèles abonné(e)s au Jazz et à l'électricité, tous mes voeux d'ordre et de beauté, de luxe, de calme et de volupté pour 2017. Et la santé pour en profiter.

La flamme du Jazz ne s'éteindra pas!

S'il faut donner une année de naissance officielle au Jazz, 1917 est la plus commode.

En effet, c'est en 1917 que l'Original Dixieland Jass Band, un groupe blanc de La Nouvelle Orléans, enregistra le premier disque vinyl de Jazz.

C'est en 1917 aussi que l'US Army effectua son premier débarquement en Europe. Les navires transportant les Sammies partirent de La Nouvelle Orléans. Pour éviter que les Boys partent avec des maladies vénériennes, les maisons closes furent fermées et les Jazzmen en furent chassés. Ils partirent alors vers le Nord, New York et Chicago surtout. Ferdinand Joseph La Mothe, dit Jelly Roll Morton, un Créole de La Nouvelle Orléans raconte cela bien mieux que moi. Comme le tango, le jazz est né dans les maisons closes et il en sortit pour conquérir le monde.

Dans l'US Army en 1917 se trouvait son premier régiment entièrement noir, le 15e régiment de la Garde Nationale de New York devenu en France le 369e régiment d'infanterie, resté dans l'Histoire sous le nom glorieux des " Harlem Hell Fighters " : pas un seul prisonnier fait dans le régiment durant toute la campagne de France jusqu'au 11 novembre 1918,pas une tranchée perdue, le régiment américain le plus décoré de la Première Guerre Mondiale et le régiment américain mis en tête des armées alliées vers le Rhin.

Un régiment offert à l'armée française car l'armée américaine n'en voulait pas, à qui la France rendit les plus hauts honneurs militaires et dont le gouvernement américain refusa que les noms de ses morts apparaissent sur ses monuments funéraires en France et n'offrit aucune pension militaire aux survivants de retour au pays natal alors même qu'ils avaient versé leur sang pour la Patrie.

L'orchestre du régiment, dirigé par le lieutenant James Reese Europe, donna les premiers concerts de Jazz en France à son arrivée dans les ports de Brest et Saint Nazaire, en Bretagne donc, en janvier 1918. Il devint ensuite l'orchestre officiel du général John Joseph Pershing, commandant du corps expéditionnaire américain en France, jouant dans les camps américains et les villages français, pour les soldats, les civils et les officiels.

Pour saisir le choc que provoqua le surgissement du Jazz en Europe, je vous renvoie à la description d'un concert de Jazz Band au Tweet Tweet Club à Londres en 1916 par Louis Ferdinand Céline dans Guignol's Band.

Pour fêter ce vaillant centenaire, le Jazz, n'hésitez pas à multiplier les initiatives en 2017, lectrices Hot, lecteurs Cool.

La banque française CIC en a déjà lancé une d'importance: The Bridge, subtile allusion à un fameux album de Sonny Rollins. Au programme, une course de grands voiliers, une croisière Cherbourg New York, du basket ball avec Tony Parker, parrain de l'événement et du Jazz bien sûr à Nantes, Loire Atlantique, Pays de la Loire, France,  le mercredi 21 juin 2017 pour la Fête de la Musique.

Quant aux Harlem Hell Fighters, Will Smith doit prochainement produire un film sur leur histoire.

 

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Le chef Fred Hersch seul au piano du Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Fred Hersch

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Jeudi 15 décembre 2016. 21h30.

Fred Hersch: piano

La chronique du concert de Fred Hersch  à 19h30 le jeudi 15 décembre 2016 au Duc des Lombards se trouve sur le blog Ca  va Jazzer de Bruno Pfeiffer hébergé par Libération.

Le podcast du concert de Fred Hersch au Duc des Lombards est disponible grâce à la radio TSF Jazz.

Lectrices inspectrices, lecteurs fureteurs, vous avez noté que j'ai déjà parlé du pianiste Fred Hersch en trio au Duc des Lombards en 2016 après en avoir parlé, déjà en trio, déjà au Duc des Lombards en 2009. Je retourne l'écouter en 2016 en solo, toujours au Duc des Lombards, car c'est en solo qu'un musicien aussi intimiste livre la quintessence de son art. De plus, on parle toujours trop du disciple, Brad Meldhau, et jamais assez de son Maître, Fred Hersch.

" Thank You very much for sharing this evening with me and this piano here ". Avec Fred Hersch et un piano à portée de ses mains, nous sommes forcément en bonne compagnie.

Il commence par une ballade d'Antonio Carlos Jobim, comme lors du concert de 19h30. Le toucher frappe tout de suite. Grave, élégant; Fred Hersch sait vous déchirer l'âme dès les premières notes. Ca ne sonne pas du tout Bossa Nova mais totalement Fred Hersch. C'est insupportablement beau. Il joue le manque, l'absence. 

Deux compositions personnelles dédiées à des personnes. " West Virginia Rose " pour sa mère et sa grand-mère originaires de Virginie Occidentale. Puis " Down Home " dédié au guitariste Bill Frisell.

Fred Hersch aime tellement sa mère et sa grand-mère qu'il semble jouer à tâtons. Il semble effleurer une rose. Un morceau proustien d'un artiste ultra sensible. Puis il enchaîne sur un air entraînant , dansant même, dédié au guitariste Bill Frisell.

Fred Hersch était adolescent dans les années 1960. Voici une composition du plus grand mélodiste de la Pop Music, Sir Paul Mac Cartney. Tiré de l'album " Revolver " des Beatles (1966), " For no one ". une ballade. Je ne connais pas cette chanson mais c'est évidemment une belle mélodie car Sir Paul Mac Cartney est un mélodiste de génie. Berceuse très efficace. Elle me donne envie d'aller me coucher au son de cette musique. Mon lit est bien trop loin du Duc des Lombards. Je reste donc éveillé ici et maintenant. " Yeah ", " très beau ", disent mes voisins de derrière. Rien à ajouter.

Pour une fois, il enchaîne, sans présenter le morceau, sur un thème rapide. " Duet " (Fred Hersch).

Retour à un standard. " After You've gone ". Fred Hersch revisite le stride en l'allégeant sans qu'il ne perde rien de son rythme implacable. Cet homme si sensible peut aussi faire preuve d'une poigne de fer au piano. 

Un morceau plus moderne et plus dissonant. Au milieu coule une rivière. Il arrive à un standard. Une ballade archi connue. " The Peacocks " du pianiste Jimmy Rowles. Le barman derrière le zinc se balance au rythme de la musique en confectionnant ses cocktails.

" Dulce de coco ", un choro brésilien. Un air enjouéé, entraînant, dansant mais toujours avec une pointe de nostalgie.

" Sarabande ", titre éponyme d'un album en trio (1986) de Fred Hersch avec Charlie Haden (contrebasse) et Joey Baron (batterie). La sarabande danse sous des doigts, légère, gracieuse comme un châle de soie coloré qui s'envole au vent.

Comme au premier concert de ce  soir, après avoir commencé par Antonio Carlos Jobim, Fred Hersch finit par Thelonious Sphere Monk. Il ne sait pas par quel morceau encore. C'est bien du Monk mais adouci tout en conservant ses aspérités. Je ne reconnais pas le thème. ah si peut-être. Ma jambe gauche bat frénétiquement la mesure comme le faisait Monk. C'est donc bien du Monk. Tellement transformé que cela en devient du trafic. Je finis par reconnaître le thème sans retrouver le titre. Trop simple, sinon. Monk est inépuisable.

RAPPEL

" Valentine " ( Fred Hersch). Une ballade pour calmer le jeu. Traduire Valentin pour Fred Hersch. De la salle vient un chut contre le barman dont les glaçons viennent ponctuer le flux de la musique. Ne pas confondre club de jazz et salle de concert. Des dernières notes de piano sur un fond de glaçons remués et c'est fini. Pas tout à fait car nous en voulons encore.

" Thank You. I will play something else " nous dit Fred Hersch. Cela ne signifie pas qu'il nous jouera du Ornette Coleman ( dont un album se nomme " Something else " pour ceux qui ne suivent pas). Main gauche lourde sur les graves, légère sur les aigus. Sur le boulevard de Sébastopol, la sirène de pompiers ponctue la musique. Fred Hersch avance tranquille. Joli blues final. Un standard.

 

 

 

 

La photographie de Fred Hersch est l'oeuvre de l'Impavide Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Fred Hersch par Juan Carlos HERNANDEZ

Fred Hersch par Juan Carlos HERNANDEZ

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JAZZ 100 photos pour la liberté de la presse

Publié le par Guillaume Lagrée

JAZZ

100 photos pour la liberté de la presse

par les photographes de l'agence Magnum Photos.

Reporters Sans Frontières

9,90€ pour financer des actions au bénéfice de la liberté de la presse.

Lectrices reporters, lecteurs sans frontières, vous connaissez par coeur l'article 11  de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen  (Paris, 1789)

 La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi

et l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (Paris, 1948)

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit 

ainsi que l'article 11 de la Convention européenne des droits de l'homme (Rome, 1950)

 1. Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations. 2. L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire.

Vous connaissez enfin la fameuse définition de Duke Ellington: " Le Jazz, c'est la Liberté ".

Pour mettre en accord votre théorie et votre pratique, il ne vous reste plus qu'à acquérir et offrir l'album " Jazz. 100 photos pour la liberté de la presse " par les photographes de Magnum Photos.

9,90€ par exemplaire dont l'association Reporters Sans Frontières fera bon usage au profit de la liberté de la presse. En plus de faire une bonne action, vous verrez de belles photographies. Pourquoi se priver?

Dans cet album, vous ne verrez pas cette photographie de Michel Portal par le Suprême Juan Carlos HERNANDEZ, qui ne fait pas partie de l'agence Magnum Photos. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

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DOMI EMORINE/MARCEL LOEFFLER

Publié le par Guillaume Lagrée

DOMI EMORINE/MARCEL LOEFFLER

Cristal Records. Sorti le 4 novembre 2016.

Distribué par Harmonia Mundi.

 

Domi Emorine:  accordéon

Marcel Loeffler: accordéon

Gilles Coquard: contrebasse & basse

Cédric Loeffler: guitare

 

Concert de sortie à Paris, au Sunset, mardi 4 avril 2017 à 20h30.

 

Unissez un homme et une femme de talent. Que font-ils? Du chababa, bada, bada. Si, en plus, ils marient le Jazz et la Java (Claude Nougaro), alors accordez donc l'aumône à l'accordéon (Serge Gainsbourg).

Domi Emorine et Marcel Loeffler sont de sexe, d'origine, de culture, d'âge différents mais ils partagent le même instrument, l'accordéon et ils démentent allègrement une vieille boutade de musicien, " Un gentleman est un homme qui sait jouer de l'accordéon et qui s'en abstient ". Pour ma part, je remplacerais volontiers l'accordéon par la cornemuse ou la bombarde car " la cornemuse est le seul instrument capable de faire peur à la guitare électrique " (Van Morrison).

Pour fêter leur union spirituelle, Domi Emorine et Marcel Loeffler n'ont pas convié de batteur. La présence d'une batterie eût été de trop pour une musique si légère, si aérienne. La basse et la contrebasse de Gilles Cocquard suffisent pour marquer le tempo. Pour la touche manouche, Cédric Loeffler, le fils de Marcel, est à la guitare. Bon sang ne saurait mentir.

Quant au duo, il est aérien, aussi à l'aise sur du classique " Le tombeau de Couperin - Prélude " de Maurice Ravel (n°6) ou " Take Bach " (n°7) que sur du Jazz musette  " Le chemin des forains " (n°13) ou " Douce joie " de Gus Viseur (n°8) ou sur du Jazz moderne et contemporain avec " Spain "  de Chick Corea (n°10) qui commence par le " Concerto d'Aranjuez " de Joaquim Rodrigo que Miles Davis rendit familier aux jazzmen et " Since we met " de Bill Evans (n°11) ou " September second " de Michel Petrucciani (n°2) et la " Valse des crayons " de Patrice Caratini (n°4).

La diversité des sources d'inspiration ne nuit en rien à l'unité du style. Tout est joué avec fraîcheur, grâce et légèreté. La musique va, court, vole et nous venge de la grossièreté et de la lourdeur qui nous agressent sans cesse. Les accordéons sont unis d'un même coeur et d'un même souffle. Masculin/féminin, je ne saurais les distinguer.

En attendant que ce quartet sans tambour ni trompette joue sur scène, délectons nous de l'album de Domi Emorine/Marcel Loeffler, lectrices féminines, lecteurs masculins.

 

 

 

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The Color Line: les artistes africains-américains face à la ségrégation

Publié le par Guillaume Lagrée

The Color Line

Les artistes africains-américains face à la ségrégation

Musée du Quai Branly - Jacques Chirac

Paris, Ile de France, France

Exposition visible jusqu'au dimanche 15 janvier 2017.

 

Lectrices Africaines, lecteurs Américains, retrouvez vous à Paris, au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, jusqu'au dimanche 15 janvier 2017 pour l'exposition " The Color Line " consacrée à l'histoire de la lutte des artistes africains-américains contre la ségrégation, de la Guerre de Sécession à 2016.

Peinture, sculpture, dessin, bande dessinée, photographie sont au rendez-vous avec des artistes méconnus en France.

En illustration musicale, Billie Holiday chante " Strange Fruit ", Louis Armstrong " Black and Blue " et Miles Davis joue " Jack Johnson " son hommage au premier Noir champion du monde de boxe poids lourds, l'homme dont le Congrès des Etats Unis d'Amérique interdit par une loi de 1911 la diffusion des films de ses  matchs dans les cinémas car, à l'époque, voir un Noir payé très cher pour humilier physiquement un Blanc en public rendait fous de joie les Noirs et fous de rage les Blancs, l'homme qui se vit interdire de naviguer sur le Titanic en 1ère classe parce qu'il était Noir et qui, après la naufrage, déclara que c'était une vengeance divine pour ne pas l'avoir laissé monter à bord.

Il manque une chanson à cette exposition. James Brown " Say it Loud. I am Black and I am Proud ".

Pour prolonger la visite, je vous recommande vivement l'écoute attentive du triple album " The Color Line. Les artistes africains-américains face à la ségrégation. 1916-1962 " publié par Frémeaux. Bien entendu, vous y entendrez Duke Ellington et son orchestre jouer " Black and tan fantasy " et la suite " Black, Brown and Beige "  mais vous y entendrez aussi des discours de Marcus Garvey,  des chansons  de Josh White que Bob Dylan a largement copié mais sans avoir une aussi belle voix, Paul Robeson, Mahalia Jackson...

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Claudia Solal & Benjamin Moussay beurrent nos cerveaux

Publié le par Guillaume Lagrée

Claudia Solal & Benjamin Moussay

Butter in my brain

 

Concert privé sur réservation

Paris, Ile de France, France

Samedi 3 décembre 2016, 20h

Claudia Solal: voix

Benjamin Moussay: piano

 

Claudia Soial est bilingue de naissance. Elle chante en anglais impeccablement. Souffle étiré de la voix, onde mouvante du piano. Belle évocation d'une rivière. Tout coule (Héraclite).

" Keep on walking ". Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un hommage à un whisky. Effectivement, ça marche, ça avance gravement.

Benjamin repart, toujours dans le grave. Le rythme accélère légèrement. Les verts pâturages se balancent,doucement sous le vent. " Green pastures ". Claudia a l'art de tenir la note dans un souffle qui prolonge les notes du piano elles mêmes étirées par le jeu de pédales de Benjamin. Ils sont dans l'aigu maintenant. Le piano repart sur un léger sautillement. La voix devient étrange, inquiétante même. Bonne musique de polar écossais dans les dédales du château obscur. la magie ne se décrète pas. Elle se constate. Ici, c'est de la magie. Aucune frime . Tout est pur dans l'intention et l'expression.Les airs s'enchaînent. Le public est captif et attentif. Même les enfants sont sages.

Claudia Solal fait une pause pour nous expliquer sa démarche. Elle a commencé à écrire des textes en août 2013. Elle a appelé Benjamin Moussay pour qu'il écrive les musiques. 18 mois de travail en se voyant entre 20 et 30 fois. Le premier album de ce duo " Porridge days " date de 2005 et leur album en quartet " Spoonbox "  de 2010. Leur nouvel album duo " Butter in my brain " est censé sortir en 2017. Normalement, ce programme comprend des claviers électriques mais la salle ne s'y prêtant pas, il n'y en pas ce soir. C'est donc une version débranchée (unplugged in english) de ce programme, à part le microphone de Claudia, qui nous est proposée ce soir. 

3 chansons ont été chantées " The grass is green ", " The house that You built " et " Trees are green " mais j'ai eu l'impression d'en écouter 7 tant c'était varié au sein d'un même air.

" Slow it ".  Effectivement, c'est lent.  Benjamin Moussay joue debout, la main droite sur le clavier, la main gauche dans les cordes. Il se rassied, se remet au piano, lance une mélodie et une chanson démarre, s'envole même. Ma voisine de devant se balance doucement sur son fauteuil, de droite à gauche. Elle est charmée.

Claudia prend un livre de poèmes. Ca commence par des cris aigus et des cordes tripotées dans le piano. Retour à la musique avec Benjamin qui joue du piano et Claudia qui dit un poème.Le mystère revient. Final majestueux.

Des notes vives, légères jaillissent du piano. La voix de Claudia se déploie et ça swingue. ils m'ont capturé dans leur vortex. Voix et piano tourbillonnent. Cela s'apaise et descend doucement vers le final.

RAPPEL

Une chanson lente. Ma voisine de devant se remet à dodeliner doucement Une femme de goût assurément.

Le public est ravi. C'est fini. Bonne nuit.

Ce duo sera en concert public à Paris, au théâtre de la Cité internationale, samedi 14 janvier 2017 à 20h dans le cadre du festival Sons d'hiver.

 

Lectrices exigeantes, lecteurs intransigeants, je suis navré de vous décevoir mais, le programme du duo Claudia Solal & Benjamin Moussay étant flambant neuf, je n'ai ni enregistrement audio ou vidéo pour vous faire une idée de cette musique.

Toutefois, cet article est illustré par une photographie de Claudia Solal & Benjamin Moussay prise lors du concert par David Tepfer. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Claudia Solal & Benjamin Moussay en vie

Claudia Solal & Benjamin Moussay en vie

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Daniel Zimmerman Quartet dévale le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Zimmerman Quartet 

Studio de l'Ermitage

Paris, Ile de France, France

Mardi 22 novembre 2016. 21h.

Concert de sortie de l'album " Montagnes russes "

Daniel Zimmerman: trombone, composition, direction

Pierre Durand: guitare électrique, dobro

Jérôme Regard: contrebasse, guitare basse électrique

Julien Charlet: batterie

 

Bienvenue à la 33e abonnée de ce blog. Que les dieux et les muses la protègent!

" Mister Squale " morceau dédié à un ami à l'humour caustique, voire glacial. Cela correspond bien au haut fonctionnaire que ses subordonnés appelaient Le Squale. Le morceau swingue et évoque l'ironie grâce au trombone en wah wah, mélange subtil et réussi. Les envolées de la guitare répondent à celles du trombone. Le bassiste tient l'assise alors que le batteur ventile, façon puzzle. la guitare prend son envol, poussée par la rythmique. Pierre Durand a toujours un remarquable sens de l'espace. Retour au thème, toujours pêchu, à quatre.

Guitare basse électrique. " Montagnes russes ", c'est le titre éponyme de l'album et mon préféré. Cette musique a la grâce. Elle monte et descend, comme sur des montagnes russes, mais au ralenti. Daniel Zimmerman joue à trombone ouvert. Chaque note me captive. Ils me racontent une vraie histoire avec une introduction, des chapitres et une conclusion. Solo de guitare inspiré. Le manche est tourné vers le haut, la musique aussi. Guitare et batterie accélèrent alors que trombone et basse maintiennent le tempo. Ils sont en train d'atterir. L'aéronef se pose sans heurt.

" Mamelles " morceau hommage au Blues et au Funk, deux mamelles nourricières. C'est effectivement énergique et barrissant à souhait. Contrebasse. Pierre Durand sort des sonorités de kora de sa guitare électrique. Je ne puis vous expliquer son truc, lectrices africanistes, lecteurs panafricains car je ne le connais pas.La guitare revient à un jeu plus classique, plus funky pour ponctuer le trombone. 

Daniel Zimmerman fait oeuvre de pédagogue car il nous explique chaque morceau avant de le jouer. " Mademoiselle " fut composé pour la naissance de sa fille, Angèle. Belle ballade tendre. Le batteur est aux balais. Solo de contrebasse légèrement ponctué par guitare et batterie.

Basse. Un gros morceau pour boucler le 1er set victorieusement. Grosse onde de la basse. Le trombone déroule. Le batteur martèle. La guitare gémit doucement. Ca monte doucement en puissance, porté par le trombone. Solo de guitare avec de nouveaux sons étranges, dans l'aigu. Allusion au sitar? Decrescendo final.

 

PAUSE

 

Il y avait école le lendemain et je n'étais pas assez éveillé pour tenir le 2e set. Ma chronique de ce concert cesse donc ici.

 

Dans la vidéo ci-dessous, la guitare n'est pas tenue en mains par Pierre Durand mais par Maxime Fougères.

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Marion Rampal " Main Blue "

Publié le par Guillaume Lagrée

Marion Rampal

" Main Blue "

Sortie le vendredi 9 décembre 2016 chez e-motive records

Marion Rampal; chant & ...

Anne Pacéo: batterie & ...

Pierre-François Blanchard: claviers & ...

Julia Sar; choeurs (2,5)

Sébastien Llado: trombone (5)

Paroles et musique de Marion Rampal sauf 1 (P.F Blanchard), 8 (traditionnel) et 11 (Blind Willie Johnson).

Comment obtenir beaucoup avec peu? Prenez deux femmes (Marion Rampal et Anne Pacéo) et un homme(Pierre-François Blanchard) , tous créateurs, faites les voyager dans le temps (des musiques traditionnelles à la pop actuelle en passant par le Jazz et le Blues) et l'espace ( de Marseille au bayou de Louisiane), faites les travailler leur programme sur scène pendant plusieurs années puis mettez les en studio et savourez le résultat.

Ce voyage à travers le bleu ( Main Blue est le titre de l'album, pas d'une chanson) passe avec aisance de la chanson de marin (n°6), à la chanson d'amour française d'Ancien régime revisitée par la culture cajun et l'électro " La belle et les trois capitaines " (n°8), du Blues revisité " Soul of a man " (n°11 de Blind Willie Johnson) à la Pop sophistiquée de " Let the wind blow " (n°2), du français à l'anglais.

J'ai le coeur brisé par " The heart " (n°7). J'espère être moi aussi " The perfect husband " (n°5).

Bref, je suis le cours de l'album de Marion Rampal " Main Blue " qui part de la " Source " (n°1) et finit en nous emmenant " A la mer " (n°12).

Pour nager à votre tour au fil de cette musique, lectrices dossistes, lecteurs brasseurs, retrouvez la en concert:

- jeudi 8 décembre 2016 à Paris (75) au Studio de l'Ermitage

- vendredi 27 janvier 2017 au casino de Briançon (05) - Altitude Jazz Festival

- vendredi 3 mars 2017 au Petit Duc à Aix en Provence (13).

- vendredi 2 juin 2017 au Festival Bouche à oreille à Bouchemaine (49).

- samedi 1er juillet 2017 à 20h au Triton aux Lilas (93).

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Camille Bertault & Dan Tepfer: un duo d'oiseaux au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Camille Bertault & Dan Tepfer

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Mercredi 16 novembre 2016, 21h

Camille Bertault: chant

Dan Tepfer: piano

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, vous avez forcément remarqué que j'ai maintes fois célébré le pianiste franco-américain Dan Tepfer sur ce blog. Par contre, j'ignorais l'existence de la chanteuse et compositrice française Camille Bertault jusqu'à ce concert avec Dan Tepfer justement. Honte sur moi! Que le grand Cric me croque!

La spécialité de cette citoyenne, fille spirituelle d'Amélie Poulain et de Mimi Perrin, est de chanter et de scatter en français sur des standards du Jazz (son impro sur " A pas de géants " de Jean Coltraîne a fait le tour du monde) ou ses compositions.

" Kisslove medley ", une relecture par Camille Bertault de plusieurs ballades dont " Un prélude à un baiser "  ( A prelude to a kiss ) de Duke Ellington. En français, de course. Enchaîné sur " Juste toi, juste moi " ( Just You, just Me)  , autre standard francisé. Après un concert à New York où Dan Tepfer remplaçait le pianiste prévu, voici leur deuxième concert, à Paris et prévu cette fois. 

Un air plus entraînant. Toujours en français sur un standard." Mais pas pour moi " (But  no for me).  Une chanson sur l'amour qui ne vient pas. Dan fournit l'écrin pour le diamant de cette voix. Ca va mieux car " Notre amour va durer " (Our love is here to stay). Diantre! Ca ne va plus car " Tu as changé " (You've changed ). L'amour s'est perdu, éteint. Logiquement, ils enchaînent sur un blues, " Mon homme est parti maintenant " (My man's gone now). Quel grossier personnage ose ainsi faire souffrir une si ravissante citoyenne? Dan crée une onde (é)mouvante qui porte la voix. 

Ils enchaînent sans nos applaudissements. C'est " L'amour à vendre " (Love for sale). Cela ferait une bonne musique de réclame pour un site Internet de rencontres matrimoniales, genre " Mes tics ". A condition que le patron ait le sens du second degré. Petits jeux dans l'aigu entre voix et piano. C'était un autre medley de chansons d'amour dont je n'ai pas capté le titre.

" Nouvelle York " une chanson composée par Camille Bertault, lors de son premier séjour à New York, USA. Ca swingue élégamment. Elle décrit, émerveillée, ses impressions. Manifestement, la ville lui fut plus souriante qu'à Céline dans le " Voyage au bout de la nuit ".

Un Blues d'Herbie Hancock. Camille nous demande la permission d'ôter ses chaussures pour chanter pieds nus. Elle a assez fait la belle et veut être à l'aise. Permission accordée. Le texte porte sur les petits filous, pas ceux de la laiterie, non, juste les petits voleurs. Dan swingue bien en phase avec la voix. 

Une chanson d'amour. Un standard de la ballade. Dan joue de la main droite sur le clavier et de la main gauche dans les cordes. Magique.

" Arbre ravéologique " dédié à Maurice Satie et " Satiesque " à Esoterik Satie. Camille Bertault a une formation de pianiste classique. Elle la recycle intelligemment. Romance sans parole. ca coule bien. Les paroles arrivent, en hommage à Maurice Ravel. S'ensuit l'hommage à Erik Satie et à ses calembours qui inspirent toujours Martial Solal. Dan fait balancer et avancer Satie alors que cet homme aimait rester chez lui dans sa vie comme dans sa musique.

" Entre les deux immeubles ", chanson dédiée par Camille Bertault à la recherche de l'idée lorsqu'elle regarde la trouée de ciel, entre les deux immeubles situés en face de chez elle. Une chanson inspirée par le manque d'inspiration. Sur le même thème, Claude Nougaro & Eddy Louiss écrivirent une merveille " Le chant du désert ". 

Nikolaï Kapustin, pianiste et compositeur ukrainien, né en 1937, a écrit des préludes et suites pour piano, influencées par le Jazz. D'où la chanson " Suite au prochain numéro ".  Texte dans la lignée de Serge Gainsbourg et de ses jeux d'allitérations. Camille Bertault n'est pas pasteurisée. Qu'elle ne soit jamais lyophilisée et mise sous vide!

PAUSE

Une chanson sur le thé et la pendule. A connotation sexuelle. Si, c'est possible. Camille Bertault le fait. Un hommage décalé à Annie Cordy assurément, " Tatie Cardie " tiré de l'album " En vie " de Camille Bertault.

Dan entame une ballade subtile. Un standard dont le titre m'échappe. Ca balance doucement. Il me semble qu'il est question du pont de Chelsea. La Tamise coule doucement sous les doigts du pianiste.

" Double je ", joli titre pour un duo. Une chanson psychologique. Ca balance chaudement.

Premier défi de la deuxième partie. Camille va chanter sur les " Variations sur les Variations Goldberg " de JS Bach par Dan Tepfer. Elle scatte dessus. Fusion voix&piano très réussie. C'est délicieux et fondant. Dans le public, un  vieil homme solide, enthousiaste, se met debout pour applaudir.

Une bossa nova.

" Course ", un morceau rapide bien sûr. Elle chante en duo avec Dan puis Dan enchaîne avec une course effrénée sur le piano. Retour au duo vocal.

Deux chansons tristes s'enchaînent, " Amertume " et " Certes ". L'ambiance est spleenétique comme disait Charles Baudelaire. Enchaînement subtilissime du piano entre les deux chansons.

Il y a école le lendemain et mon cerveau n'est plus assez éveillé pour suivre de telles acrobaties sonores.

Je m'en vais donc avant " A Pas de Géants " la version française de " Giant Steps " (John Coltrane). Heureusement pour moi et pour vous, resplendissantes lectrices, splendides lecteurs, ce morceau a été enregistré et filmé.

Voir le film en illustration de cet article.

C'est tout, les gars!

 

 

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Itamar Borochov agrandit le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Itamar Borochov

Studio de l'Ermitage

Paris, Ile de France, France

Jeudi 10 novembre 2016, 21h.

Itamar Borochov: trompette, composition, direction

Shai Maestro: piano

Avri  Borochov: contrebasse

Jay Sawyer : batterie

Aviv Bahar: oud, guitare électrique, kapuz (?)

 

Concert de sortie de l'album " Boomerang ".

Un trompettiste qui joue, bien coiffé, rasé de près, en costume cravate, je croyais que cela ne se faisait plus depuis 1967 au moins. Itamar Borochov le fait et avec des lunettes qui lui donnent un air d'expert-comptable. 

Je reconnais tout de suite " Shimshon " un air entraînant, orientalisant de l'album. Itamar Borochov vient de Jaffa, ville connue pour ses agrumes, mais aussi pour la cohabitation pacifique entre Juifs et Arabes. Malgré son nom russe, cet homme connaît la musique proche orientale intimement. Ca swingue souplement. La trompette est lyrique. Ce son agrandit notre espace de vie, il aère. C'est le propre des instruments à vent mais Itamar Borochov le fait mieux que bien. Il monte et descend sur ses jambes pour développer la colonne d'air. Dizzy Gillespie disait lui qu'il fallait fermer son Q pour sortir un gros son  de trompette. Quelques joliesses superflues au piano.

Shai Maestro enchaîne sur un autre air  de l'album dans le silence d'une salle recueillie. Duo piano&trompette. Ils se répondent et se confondent. Du grand Art. Batteur et bassiste tiennent le rythme, le pianiste joue une boucle rythmique et la trompette brille de plus en plus clair et de plus en plus haut. Fin nette à la trompette.

Un air bien swinguant, tiré de l'album. Ca sonne, sapristi! Timbre clair et rythmique soudée. La contrebasse ajoute de la tension. 

Arrivée d'Aviv Bahar, venu exprès de Tel Aviv, qui se saisit d'un oud. Il chante en hébreu en duo avec le pianiste. Pour moi, l'hébreu, c'est du chinois. C'est une ballade. Jay Sawyer est aux balais. Itamar Borochov n'a pas mis de sourdine mais joue mezzo voce. L'oud, c'est de la mélopée orientale, un style que je laisse à ceux qui aiment. Je retrouve mes repères jazz avec le quartet. Joli duo de cordes entre oud et contrebasse. Le  batteur a repris les baguettes. ca monte en puissance, devient rock mais avec l'oud, la mélopée orientale et un quartet de Jazz; Bref, un mélange original.

Aviv passe à la guitare électrique. La rythmique s'en va.  Duo guitare&trompette pour " Ovadia ", morceau de l'album précédent. Une  ballade jouée assis face à face. Tranquille. Une conversation entre amis. Aviv alterne son de basse et son de guitare.

La rythmique revient. Aviv Bahar s'en va après une dernière accolade avec Itamar Borochov. Un morceau écrit pour son frère, contrebassiste de l'orchestre. " Avri's tune " tout simplement. Une ballade fraternelle. Batteur aux balais. Trop d'émotion pour que je puisse parler de ce morceau. Ceux qui me connaissent savent pourquoi.

Aviv Bahar revient. Itamar Borochov ne connaît que deux expressions en français, " Merci " et " Ca va bien ". D'où le titre " Ca va bien " qui figure sur l'album " Boomerang ". Aviv Bahar à l'oud. Batteur aux baguettes. Un :morceau pêchu auquel l'oud ajoute un feeling oriental. Ca sonne comme une fête populaire où tout le monde danse dans la rue, hommes, femmes, enfants et vieillards. Ils mettent du soleil et de la chaleur dans une soirée pluvieuse d'automne. Cela fait du bien. 

RAPPEL

Aviv Bahar revient avec un kapuz (?), instrument jamais accordé selon lui. Une variante du luth. Très oriental en effet. Le groupe part sur une nouvelle musique de fête orientale. Batteur aux baguettes. Même sans trompette, ils font faire tomber les remparts de Jéricho s'ils continuent ainsi. 

" Adon olam " (Maître de l'Univers en hébreu). Une mélodie traditionnelle juive algérienne; Batteur aux maillets. Joli dialogue de haut vol entre piano et batterie avec la contrebasse qui fait le liant de la sauce. Une belle envolée finale.

 

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