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Olivier Calmel & Double Celli métamorphosent le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Antoine Banville par Juan Carlos HERNANDEZ

Antoine Banville par Juan Carlos HERNANDEZ

Yvan Robilliard

" Homemade "

suivi de

Olivier Calmel Double Celli

" Métamorphoses "

Studio de l'Ermitage

Paris, Ile de France, France

Jeudi 31 mars 2022, 20h30

Première Partie:

Yvan Robilliard: piano, claviers

" Le public a beaucoup aimé. Il était bien le seul " (Claude Debussy, Monsieur Croche, antidilettante). Ceci dit, j'apprécie beaucoup ce que fait Yvan Robilliard au sein du Jus de Bocse de Médéric Collignon. Ce soir, c'était une expérience. Je ne suis jamais entré dedans.

 

Deuxième Partie:

Concert de sortie de l'album " Métamorphoses "célébré sur ce blog.

Double Celli dirigé par

Olivier Calmel: piano, compositions

avec

Antoine Banville: batterie

Johan Renard: violon

Laurent Eymard: violon alto

Clément Petit: violoncelle

Xavier Philips: violoncelle

 

Le sextet attaque tout de suite. Par le titre album " Métamorphoses ". C'est le concept. S'inspirer en les transformant des oeuvres de ses compositeurs préférés: les Russes Serge Prokofiev & Igor Stravinsky, les Hongrois Bela Bartok & Giorgy Ligeti, le Français Roger Calmel, père d'Olivier. Leurs portraits figurent sur la scène du Studio de l'Ermitage comme des totems protecteurs. Le sextet est composé de deux instruments à percussion; piano & batterie et d'un quatuor à cordes. Pas de contrebasse mais Clément Petit se charge de la pulsation au violoncelle. Pour le profane comme moi, ne jamais oublier que l'alto est plus grand, plus gros, plus grave que le violon. C'est parti comme une course de traineaux dans la neige.

Les cordes frottées répondent à celles grattées dans le corps du piano. Antoine Banville est le batteur idéal pour ce groupe. Je ne cesserai de le répéter. Le groupe repart du thème précédent. Ca repart, s'arrête, nous tient en haleine. La chasse toujours. Le sexte repart groupé. Puis duo tout en douceur entre pianiste et batteur aux maillets. La tension monte entre piano et batterie. Antoine Banville passe aux baguettes. Solo de violon poussé par la batterie. Xavier Philips joue à l'archet. Clément Petit joue à mains nues remplaçant la contrebasse habituelle en Jazz. Des musiciens sourient. D'autres ont la mine grave et concentrée. Tous sont dedans et envoient de bonnes vibrations. Nous les recevons.

Le sextet repart sur un thème qui dérive du précédent. Toujours le concept de " Métamorphoses ". Les deux violoncellistes sont à l'archet. Ca envoie toujours de gros paquets d'émotions. Solo du batteur aux baguettes. Les tambours chantent, vibrent. La tension monte en flèche, sans précipitation. 

Démarrage en douceur, en étirement des cordes. Douce pluie des notes du piano. Une ballade toute en douceur. Un frisson me passe dans les jambes. Subtil dosage du batteur aux balais, bruine de notes au piano. Les cordes s'étirent doucement, gravement. C'est beau comme un chant nouveau même si je connais cet air. Ca respire l'amour et la sérénité. L'épouse d'Olivier Calmel est justement présente dans la salle. Ca marche. Ils ont touché mes cordes sensibles. J'en ai les larmes aux yeux. La musique qui m'attriste me console aussitôt par sa beauté majestueuse et sa vague puissante. C'est très réfléchi, très écrit et joué avec intensité. " Intuitions ". Cf extrait audio au dessus de cet article.

" Fanfare en double 5 ".  Olivier Calmel s'est amusé à accoler deux de ses compositeurs préférés. Si un spectateur trouve lesquels, il lui paie une bière au bar. " Le Jazz est la plus parfaite musique de chambre de notre temps " (Jean Cocteau, premier président de l'Académie du Jazz). Plus de 60 ans après, Olivier Calmel le démontre encore avec son Double Celli. Solo de Clément Petit en pizzicato au violoncelle. Ca groove quasiment comme une contrebasse. Les cordes s'amusent à ponctuer avec le batteur. Dialogue soutenu entre violon et batterie. Le violoncelle continue de pulser en arrière plan. Le groupe repart. Le violoncelle de Xavier Philips a un vernis brun, un peu passé. Il semble ancien. Celui de Clément Petit a un vernis orange, plus brillant. Il semble plus récent. Solo de violon alto. Indéniablement, ça sonne plus grave que le violon.

Intro par un solo cristallin du piano. Les violons grincent. Antoine Banville joue vite et sec aux baguettes. Le violoncellobassiste pulse toujours. Le piano cavalcade. Charge de la brigade légère. Vague maîtrisée de la batterie. 

Tiens, une espagnolade! Le batteur à mains nues sur ses tambours. Clément Petit fait sonner son violoncelle comme une guitare. Cette fois, il joue à l'archet. Le pianiste joue ses " Flamenco Sketches " sans reprendre le thème de Miles Davis. Antoine Banville repart aux baguettes emmenant le groupe avec lui. Le violoniste est même passé aux palmas. En harmonie avec la batterie. Sa joie de jouer fait plaisir à voir. La lumière habille de gants verts les mains d'Olivier Calmel. Amusant. C'est le chef. A lui le solo bien poussé par le groupe. Intermède romantique sans batterie. Antoine repart aux baguettes, remet du charbon dans la chaudière sans cesser de souffler sur les braises. Ca repart. C'était " Il Palio " en souvenir de la fameuse course de chevaux à Sienne, Toscane, Italie. A la fin, les chevaux sont épuisés. 

" Festive toccata ". Xavier Philips lance le débat à l'archet. Antoine Banville ponctue doucement aux baguettes. Olivier Calmel lance la toccata festive. Le sextet s'y met et c'est un bain de bonheur. Ce morceau a été écrit pendant le confinement de 2020 pour se libérer l'esprit et ça marche. 

 

La photographie d'Antoine Banville est l'oeuvre du Sidérant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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" Speaking Tango " Minino Garay fait tanguer le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

" Speaking Tango "

Minino Garay

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Samedi 26 mars 2022, 20h30

Concert de sortie de l'album  " Speaking Tango "

 

Minino Garay: voix, batterie, percussions

Lionel Suarez: accordéon

Cédric Hanriot: piano

Christophe Wallemme: contrebasse

 

Invités

 

Ray Colom: trompette

Anastasya Terenkova : piano

Georgi Anichenko : violoncelle

 

Lectrices séductrices, lecteurs ravageurs, ce blog a déjà célébré les louanges de votre nouvelle arme fatale, l'album " Speaking Tango " de Minino Garay. L'absence du piano du pauvre au profit de l'accordéon du riche m'avait frappé dans cet album. C'est pourquoi des 3 concerts de sortie au Sunside (jeudi 24 mars avec Manu Codjia à la guitare, vendredi 25 mars avec Jean-Marc Ecay à la guitare, samedi 26 mars avec Lionel Suarez à l'accordéon), j'ai choisi de me rendre à celui du samedi 26 mars avec le partenaire de Minino Garay au sein du Quarteto Gardel, petite formation dédiée au mélange Tango et Jazz contemporain. 

" Chico de mi barrio ". Lionel Suarez est tout de suite dans la place. Ca balance sévère. L'accordéon nous enveloppe. La rythmique pulse sévère. La voix de Minino Garay scande en rythme. ll ne chante pas. Il parle en rythme. La voix se fait caressante sur le solo final du piano. 

" Solo con un beso " ( '"Seulement avec un baiser ", je suppose). Minino scatte en phase avec sa batterie. Le contrebassiste fait la percussion en tapotant ses cordes. Le rythme accélère doucement. Christophe Walleme a repris le pizzicato. Minino ses percussions. Par rapport à l'album, il me manque la voix de femme en réponse même si Minino fait des efforts pour chanter masculin & féminin. Solo de contrebasse majestueux souligné par l'accordéon, ponctué par le piano et Minino. Ca marche, je me balance doucement sur ma chaise.

" Desencuentros ". Un spectateur propose de traduire par " rendez-vous manqués". Un tango énergique. L'accordéon de Lionel Suarez ajoute vraiment des couleurs à cette musique déjà chatoyante. Minino Garay chante l'échec joyeusement et en rythme. Solo de piano romantique à souhait mais toujours bien soutenu rythmiquement par les 3 autres musiciens. Solo de Lionel Suarez bien poussé par la rythmique. Ca balance grave. 

Le quartet démarre énergiquement. Un tango, ca ne s'écoute pas, ça se danse. Minino Garay le dit d'ailleurs. Au Sunside, il n'y a pas la place. A défaut, debout comme assis, les spectateurs dansent sur place. Moi compris. L'accordéoniste en remet une couche. C'est de plus en plus rythmé, percutant. Le piano emballe le tout. Je vois arriver un guitariste avec sa housse en bandoulière. Un invité sur la scène je présume. Un trompettiste se met en lèvres derrière moi. C'est le dernier des 3 concerts de sortie de l'album " Speaking Tango ". C'est la fiesta. Elle a déjà commencé avec le quartet. Contrebasse & batterie pulsent alors que Lionel Suarez nous la fait au sentiment. Ca marche évidemment. Jolie montée dans l'aigu de l'accordéon. Tout en finesse et en précision. Ca joue, nom de Zeus! Ca envoie et ça réplique entre les 4. Derrière moi, exclamations de joie en espagnol.

Le trompettiste Ray Colom monte sur scène. Un titre de Charles Romuald Gardes (1890-1935) dit Carlos Gardel, la légende du tango, né à Toulouse en France. Le pianiste joue fluide, liquide. Minino Garay dit le texte tout en douceur. Puis le quintette part tout en douceur et en souplesse. Un tango nostalgique à souhait. La trompette se marie en douceur à l'accordéon. Je me balance doucement sur mon siège. Doux solo de trompette qui s'élève clair. Avec un bon feeling latino. A titre de comparaison, écoutez Dizzy Gillespie au Rendez Vous Club de Buenos Aires en 1956 avec l'orchestre d'Osvaldo Fresedo. 

" Que Arajo ". Minino Garay avoue avoir copié Camille Bertault et sa chanson " Je vieillis ". Justement, Camille est dans la salle. Elle approuve. Le trompettiste joue des palmas. Né à Paris, il  a grandi à Barcelone. Un tango énervé. La voix grogne. La musique s'agite. Ray Colom joue de la trompette. Ca swingue bien. Tout s'arrête pour une grosse pulsation de contrebasse.

PAUSE

Pendant la Première guerre mondiale, en France, la musique allemande était interdite. Plus de Beethoven, Schumann, Schubert, Wagner au programme. Pas un seul orchestre ou artiste allemand ne pouvait jouer. Je présume qu'il en était de même en Allemagne pour la musique française. En 2022, alors que la Russie a envahi l'Ukraine, les artistes russes sont ostracisés dans de nombreux pays, notamment en France. Comme s'ils étaient responsables des actes de leur Gouvernement. Minino Garay est lui aussi fâché de cet amalgame entre politique et culture. Il pose un acte concret en invitant sur scène deux artistes russes qui vivent à Paris, la pianiste  Anastasya Terenkova et le violoncelliste  Georgi Anichenko. Avec ce trio inédit, ca swingue avec l'âme slave. Des Argentins d'ascendance slave, il en existe forcément. " L'homme descend du singe. L'Argentin descend du bateau " (proverbe argentin). La patte classique et l'école russe s'entendent dans le jeu des musiciens. Le tango vire au menuet. Tout en finesse. Belle attaque finale du trio. Une composition d'Astor Piazzola dont le titre m'échappe. 

Minino Garay complète son propos en citant un des trois membres de la Sainte Trinité argentine (Messi, Maradona, Francesco ou François). " Moi je peux faire des conneries mais, le ballon, on ne le salit pas " (Diego Armando Maradona). On ne mélange pas culture et politique rappelle Minino Garay. Retour du quartet sur scène. Minino va dire un poème argentin de 1886 ou 1910. Je n'ai pas bien compris même en français. Un texte scandé. Le groupe balance et ma tête aussi.  J'aime beaucoup cette chanson sur l'album. Pareil en concert. Le piano tourne en boucle, fait monter la tension, la libère. Lionel Suarez est à l'ocarina il me semble. Cf extrait audio au dessus de l'article.

" Speaking Tango " c'est le Slam Tango de Minino Garay. Titre album. Une composition de Lionel Suarez déjà jouée par le Quarteto Gardel. Ca ondule toujours et moi aussi. Le tempo s'accélère, emballé par l'accordéon. La rythmique impulse. Ca swingue terrible. Ray Colom se prépare à remonter sur scène.

Pour sortir du tango, une milonga, autre danse argentine. " Senora Egualidad " (Madame Egalité). Tempo lent. La musique accélère au son de l'accordéon. Nostalgie, quand tu nous tiens. 

" Volver ". Un standard de Carlos Gardel. Ecrit de retour en Argentine après un séjour en France où il fut filmé aux studios de Joinville le Pont (94). Gardel avait quitté la France avec sa mère à l'âge de 3 ans. Intro en solo d'accordéon. Nostalgique à souhait. C'est le retour. Après cette longue et belle introduction, le quartet repart joyeusement. Minino ne parle pas. Il joue. Il nous sort un solo de percussions dont il a le secret. Rapide, sec, précis, chaud. En résonnance avec les autres musiciens. Il est reparti aux baguettes sur les tambours. Ca vibre dans le ventre. Minino lâche les chevaux sur les cymbales. Les tambours roulent toujours. Ca marche. Hurlements de joie du public qui applaudit. 

Ray Colom remonte sur scène. Minino Garay chante les louanges de Francis Marmande, journaliste du Monde, qui a écrit un article élogieux sur l'album " Speaking Tango ". Au public de chanter. Minino Garay bat des mains pour nous donner le tempo. Ca chaloupe tranquille. Le trompettiste envoie du son. Ca pétarade et swingue latino. Comme tout le monde, je chante " Amame on line ". Une chanson sur les réseaux sociaux en ligne, je présume.

C'était l'envoi final de ce concert. Rien à ajouter. J'espère simplement que " Speaking Tango " sera joué cet été dans des festivals en plein air afin que vous ayez la place d'y danser ensemble, lectrices séductrices, lecteurs ravageurs.

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Sélection de concerts de Jazz en France pour avril 2022

Publié le par Guillaume Lagrée

Francesco Bearzatti par Juan Carlos HERNANDEZ

Francesco Bearzatti par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, armé de partialité et de mauvaise foi, je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz en France pour le mois d'avril 2022. 

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Mon émission Le jars jase jazz est consacrée à l'influence de la France sur le Jazz et lycée de Versailles  sous le titre générique Détours de France. La France à la lumière du Jazz. Diffusion chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) . En avril 2022, 17e épisode avec 9  diffusions: lundi 4 , 11, 18 & 25 avril à 22h; vendredi 1er, 8, 15, 22 & 29  avril à 12h. Jazz d'aujourd'hui avec  David Patrois Trio, Lenny Popkin, l'ONJ, les Quiet Men, Eric Le Lann, Johann Lefevre, Didier Levallet, Julie Saury & Florian Pellissier.   Individus tous très favorablement connus de nos services. Cf extrait audio au dessus de cet article.

- Si voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour,  les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.  

Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor français maintes fois célébré sur ce blog, programme un concert chaque mercredi à 19h30 (heure de New York) au Bar Bayeux à New York. 

Mercredi 6: Tobias Meinhart Quartet (Julian Shore, Matt Penman, Obed Calvaire)
Mercredi 13:Michael Formanek Drome Trio (Chet Doxas, Vinnie Sperrazza)

Mercredi 20: Tim Norton Group (Josh Evans, Jérôme Sabbagh, Victor Gould, Adam Arruda)
Mercredi 27:   Stacy Dillard

Concerts diffusés en direct sur Internet puis en différé pendant 6 jours. Un club de Jazz de New York livré chez vous sans autre frais que la connexion à la Toile. Vos dons sont les bienvenus. 

Chaque lundi à 14h (New York) , 20h (Paris), le pianiste franco-américain Dan Tepfer maintes fois célébré sur ce blog donne en direct un concert public gratuit sur sa chaîne Youtube et sa page Facebook. Parfois seul, parfois accompagné. Entrée libre.

En Ile de France, département de la Seine-Saint-Denis, 39e édition du festival Banlieues Bleues, jusqu'au vendredi 22 avril 2022. Vendredi 1er avril à 19h30 à Stains (93),  l'Orchestre National de Jazz joue Dracula, album célébré sur ce blog. Lundi 4 avril à 20h30 à Pantin (93), Antoine Berjeaut. Mercredi 20 avril à 20h30 à Pantin, Magic Malik Kafrobeat. 

En Ile de France, département de la Seine-Saint-Denis, à Montreuil, festival Rares Talents, du samedi 16 au samedi 23 avril. Musiques du monde dont du Jazz.

Dans les Hauts de France, département de l'Oise, 2e festival Jazz in Noyon du vendredi 15 au dimanche 24 avril. Avec Magic Malik. Festival soutenu par Couleurs Jazz Radio où sévit l'auteur de ce blog le lundi à 22h et le vendredi à 12h (heure de Paris) dans l'émission " Le Jars jase Jazz ".

Disquaire Day samedi 23 avril 2022. Record Store Day samedi 23 avril 2022. En France et dans le monde entier, des disquaires vendent des éditions spéciales de disques, organisent des concerts, des fêtes pour vous faire découvrir la musique sans vous laisser guider par des algorithmes sur Internet. C'est ainsi qu'à Paris, chez un disquaire, j'ai fait découvrir Don Cherry à un couple New Wave. La femme est sortie, l'homme est resté fasciné par cette musique chamanique, selon ses propres termes.

Journée Internationale du Jazz avec l'UNESCO samedi 30 avril 2022. Le Jazz, instrument de paix, de dialogue entre les peuples, de lutte contre le racisme, l'antisémitisme, le sexisme, la xénophobie. Des événements seront organisés dans le monde entier pour célébrer le Jazz toute cette journée.

Samedi 2 avril:

- 19h30, Paris, Maison de la Radio: 2 concerts pour le prix d'1. Leila Olivesi Nonet maintes fois célébré sur ce blog suivi du trio de Laurent de Wilde. Concert enregistré par France Musique.

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: le duo magique Denis Chouillet (piano) & Elise Caron (chant) déjà célébré sur ce blog.

- 21h, Paris, Café Laurent: quartet franco-italien Pierre de Bethmann (piano),  Bruno Schorp (contrebasse), Pier Paolo Pozzi (batterie), Francesco Bearzatti (sax ténor, clarinette). Fuoriclasse! Entrée libre. Cf photographie au dessus de cet article.

Lundi 4 avril, 20h, Paris, La Rhumerie: Olivier Robin New Quintet. Entrée libre.

Mardi 5 avril, 20h, Paris, Le New Morning: The Cookers. La Dream Team du Jazz.

Mercredi 6 avril, 19h30, Paris, Le Baiser Salé: Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) invitent Daniel Humair (batterie). Trio magique.

Jeudi 7 avril:

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: le trio MOM. Il ne s'agit pas du Ministère des Outre-Mer de la République française mais de François Moutin (batterie), Jowee Omicil (saxophones) & Louis Moutin (batterie).

- 20h30, Annecy (74), Conservatoire à rayonnement régional: trio de Thierry Péala, chanteur maintes fois célébré sur ce blog avec Edouard Ferlet, pianiste maintes fois louangé sur ce blog.

Vendredi 8 & Samedi 9 avril, 19h30 & 21h30, Paris, Le Duc des Lombards: Yes! trio. Aaron Goldberg (piano), Omer Avital (contrebasse) & Ali Jackson (batterie). La classe à l'américaine.

Samedi 9 avril, 20h30, Vincennes (94), Espace Sorano: Jour de Blues à Bamako. Hommage à Ali Farka Touré avec Pierre Durand (guitare).

Lundi 11 avril, 20h, Paris, La Rhumerie. François Bernat Quartet célébré sur ce blog. Entrée libre.

Mardi 12 avril, 21h, Paris, Le Sunside: Kartet. Bientôt 30 ans de création pour ce quartet français.

 

Vendredi 15 avril:

- 20h30, Paris, Le Sunside: Hommage à Thelonious Monk (1917-1982) par le trio d'Alain Jean-Marie. Révisons nos classiques avec le Maestro Alain Jean-Marie.

- 20h30, Paris, Le 360 Music Factory: soirée Jazz de Malte avec Blue Tangerine + Sandro Zerafa Quartet chanté sur ce blog.

- 20h45, Fontenay sous Bois (94), Le Comptoir: Echoes of Henry Cow par le quintette de Michel Edelin (flûtes) qui invite John Greaves (chant). Le rock progressif anglais des 70's revisité.

- 21h30, Paris, Le Sunset: Brian Jackson, l'inoubliable partenaire musical de Gil Scott Heron. Légende vivante de la Soul Music.

Samedi 16 avril:

- 19h & 21h30, Paris, Le Sunside: New Monk Trio de Laurent de Wilde. Pour les 40 ans du décès du Moine Bleu (Blue Monk in english) par son plus grand expert français, Laurent de Wilde.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: Quartet Christian Brenner (piano), Yoni Zelnik (contrebasse), Pier Paolo Pozzi (batterie) & Olivier Cahours (guitare). Classieux. Entrée libre.

- 21h, Paris, en direct depuis New York grâce à Internet, le duo Dan Tepfer (piano) & Ingrid Jensen (trompette). Billets en vente à partir de 5$US. Un pianiste maintes fois célébré sur ce blog en duo avec une trompettiste au CV impressionnant.

- 21h30, Paris, La Scala: Paul Lay (piano), Riccardo del Fra (contrebasse), Gautier Garrigue (batterie) & Pierrick Pédron (sax alto). Le Hard Bop revivifié.

Dimanche 17 avril, 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Yes! trio. Aaron Goldberg (piano), Omer Avital (contrebasse) & Ali Jackson (batterie). La classe à l'américaine.

Mardi 19 avril:

- 20h30, Paris, Le Barbizon: dîner concert avec le trio de la pianiste et compositrice néerlandaise Pieternel Van Oers. Suivez cette femme!

- 21h, Paris, Le Café Laurent: duo Hatty Kate (chant) & Pierre Christophe (piano). Repassez moi le standard.

Mercredi 20 avril, 21h, Paris, Le Sunside: Marc Copland Quartet avec Mark Feldman (violon). Le meilleur de New York à Paris.

Jeudi 21 avril, 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: SIngular Insularity d'Olivier Ker Ourio. Un mélange subtil entre Océan Indien et Atlantique (Mer des Caraïbes), entre La Réunion, l'île Maurice, la Martinique, la Guadeloupe et Cuba. Cf vidéo sous cet article.

Vendredi 22 avril:

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Magic Malik Base XP Requiem. Innovant, forcément innovant.

- 20h30, Paris, Le 1905: Dimitri Baevesky Quartet. 1905 on Air! Entrée libre.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: le quartet de Christian Brenner (piano) avec Yoann Loustalot (bugle) , Bruno Schorp (contrebasse) & Frédéric Delestré (batterie), Classieux. Entrée libre.

Samedi 23 avril, 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: trio Jean-Philippe Viret (contrebasse), Jean-Charles Richard (sax baryton), François Thuillier (tuba). 60% de matière grave!

Lundi 25 avril, 21h, Paris, Le Café Laurent: Duo Estelle Perrault (chant) & Dexter Goldberg (piano). La jeune garde française revisite les standards du Jazz américain. Entrée libre.

Mardi 26 avril:

- 20h, Paris, Le New Morning: Ben Wendel Quintet. La jeune star du sax ténor made in USA, maintes fois célébré sur ce blog. 

- 20h30, Strasbourg (67), Le Fossé des 13: duo Marc Copland (piano) & Mark Feldman (violon). Le premier concert de ce duo. 

Mercredi 27 avril:

- 20h30, Paris, Le Sunset: François Bernat Quintet pour la sortie de l'album " Winter Suite " salué sur ce blog.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: duo Robin Mansanti (trompette, chant) & Dexter Goldberg (piano). Hommage à Chet Baker déjà célébré sur ce blog. N'oubliez pas de souhaiter un bon anniversaire au pianiste. Entrée libre.

Jeudi 28 avril, 21h, Paris, Le Sunside: Laurent de Oliveira Quintet. Brasil!

Vendredi 29 avril, 20h30, Paris, le Sunside: Tribute to Chet Baker avec le trio Robin Mansanti (trompette, chant), Alain Jean-Marie (piano) & Jean Bardy (contrebasse). 2  anciens accompagnateurs de Chet Baker jouent avec sa réincarnation, Robin Mansanti.

Samedi 30 avril:

- 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Pierrick Pédron " Fifty Fifty ".  100% Jazz.

- 20h30, Paris, Le Sunset: Olivier Robin Quintet. 

- 20h30, Le Mans (72), Palais des Congrès: Rhoda Scott rend hommage à Manu Dibango (1933- 1920). C'est à Saint-Calais dans la Sarthe que Manu Dibango est arrivé en France pour étudier en 1949. Avec 3 kg de café pour payer sa pension. Toute sa vie, Manu Dibango a gardé des liens avec la Sarthe et ses amis de lycée. 

 

La photographie de Francesco Bearzatti est l'oeuvre de l'Irremplaçable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

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Un air de liberté: Le Jazz (1958 - 1960) de Jesse A. Fernandez à la galerie Orbis Pictus jusqu'au 23 avril 2022

Publié le par Guillaume Lagrée

Eartha Kitt & Dizzy Gillespie par Jesse A. Fernandez

Eartha Kitt & Dizzy Gillespie par Jesse A. Fernandez

Un air de liberté

Le Jazz de Jesse A. Fernandez

Galerie Orbis Pictus

Paris, Ile de France, France

Avec le soutien de FIP Radio

Jusqu'au samedi 23 avril 2022

 

Lectrices en noir, lecteurs en blanc, retrouvez vous à la Galerie Orbis Pictus, 7 rue de Thorigny, 75003 Paris, France, jusqu'au samedi 23 avril 2022 pour vous rincer l'oeil avec les photographies de Jazz en concert, essentiellement au Newport Jazz Festival, entre 1958 & 1960 , du Cubain Jesse A. Fernandez (1925-1986).

" Jesse Fernandez qui sait si bien voir une idée " (Cioran). L'idée que Jesse A. Fernandez photographie ici, c'est celle du mouvement des Droits Civiques. Quelques années avant que James Brown ne le  chante, ils le disent fort. Ils sont Noirs et ils sont Fiers. Cela vaut aussi pour les Blancs, tant les musiciens de Jazz sont à part dans la société américaine. La musique de tous ceux qui ne sont pas WASP (White Anglo Saxon Protestant): Noirs, Juifs, Italiens, Tziganes.

Tous mes héros musicaux sont ici présents, vivant, en action, créant de la beauté en mouvement: Miles Davis beau et élégant comme Sidney Poitier, Sonny Rollins, Stan Getz, Dizzy Gillespie, Billie Holiday, Max Roach, Horace Silver, Coleman Hawkins, Carmen Mac Rae...

Les photographies sont à vendre entre 2 000 & 6 000€ pièce. C'est leur cote. Elles valent ces prix. Ce n'est pas dans mes moyens. Je ne peux les posséder mais je peux les admirer. Vous avez jusqu'au samedi 23 avril 2022 pour plonger dans ce bain de beauté à la galerie Orbis Pictus à Paris, lectrices en noir, lecteurs en blanc.

Pour vous mettre dans l'ambiance de ces photographies de Jazz, lectrices en noir, lecteurs en blanc, je vous ai choisi " The Freedom Suite " (1958) de Sonny Rollins (cf extrait audio au dessus de cet article) et la performance stratosphérique de l'Eblouissante Anita O'Day au Newport Jazz Festival, édition 1958 (cf vidéo sous cet article).

La photographie d'Eartha Kitt & Dizzy Gillespie est l'oeuvre de Jesse A. Fernandez. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de ses ayants droit constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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" Speaking Tango " Minino Garay

Publié le par Guillaume Lagrée

Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

" Speaking Tango "

Minino Garay

Sunnyside Records. 2022

Concerts de sortie à Paris, Ile de France, France

au Sunside jeudi 24, vendredi 25 & samedi 26 mars 2022 à 20h30

 

Minino Garay: voix, percussions, composition

Personnel détaillé dans l'album.

 

Cette chronique est dédiée à Madame F, fidèle abonnée de ce blog et danseuse de tango.

 

République Argentine - La Plata

A Ruben Dario

Ni les attraits des plus aimables Argentines,

Ni les courses à cheval dans la pampa,

N'ont le pouvoir de distraire de son spleen

Le Consul Général de France à la Plata!

On raconte tout bas l'histoire du pauvre homme:

Sa vie fut traversée d'un fatal amour,

Et il prit la funeste manie de l'opium;

Il occupait alors le poste à Singapoore...

- Il aime à galoper par nos plaines amères,

Il jalouse la vie sauvage du gaucho,

Puis il se retourne vers son palais consulaire,

Et sa tristesse le drape comme un poncho...

Il ne s'aperçoit pas, je n'en suis que trop sûre,

Que Lolita Valdez le regarde en souriant,

Malgré sa tempe qui grisonne, et sa figure

Ravagée par les fièvres d'Extrême-Orient...

Henry J.M Levet " Cartes postales "

Lectrices danseuses, lecteurs chanteurs, l'album " Speaking Tango " de Minino Garay est fait pour vous réunir. Minino Garay, Argentin de Paris, percussionniste émérite, s'est décidé à dire et chanter les tangos qu'il aime. Ceux de ses amis notamment: le pianiste argentin Lalo Zanelli, déjà chanté sur ce blog avec " Que Carajo " (3), " Senora Dona Igualdad " (4) qui me fait penser à Paolo Conte & " Que lo Pario " (11) et le morceau titre " Speaking tango " (9) composé par l'accordéoniste français Lionel Suarez. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Ni Lalo Zanelli, ni Lionel Suarez ne jouent sur cet album mais Lionel Suarez sera présent sur scène à Paris au Sunside samedi 26 mars 2022 à 20h30 pour jouer cet album.

Un album de tango actuel sans accordéon ni bandonéon. La gageure est relevé mais le piano, accordéon du riche, sonne comme un accordéon dans " Que Carajo " (3) lorsqu'Hernan Jacinto en joue. Pas de cuivre, pas de saxophone. Minino Garay est un rythmicien. Il privilégie la rythmique sur cet album. Piano, contrebasse, batterie, percussions, guitare. Telle est la formule gagnante de cette musique. Et la voix de Minino Garay est aussi rythmée et timbrée que son jeu de percussions. Elle colle aux textes qu'il dit et/ou écrit.

Minino Garay a choisi des partenaires de musique, d'amitié et de qualité. André Cecarelli fait merveille à la batterie aux balais sur " Boca con Boca  " (6) duo vocal masculin - féminin avec Alex Pandev. A la guitare, vous avez le choix, lectrices danseuses, lecteurs chanteurs, entre Manu Codjia sur " Speaking Tango " (9) & Jean-Marie Ecay sur " Que Carajo " (3). La flûte et la voix de Magic Malik viennent ajouter leurs couleurs sur " No son los muertos " (8) & " Los chicos del barrio " (10).

Vous l'avez compris, lectrices danseuses, lecteurs chanteurs, l'album " Speaking Tango " de Minino Garay vous donnera matière à danser, à chanter, à aimer. Pour chanter, danser et aimer cette musique en direct,  retrouvez la sur scène en Europe, en France, à Paris, au Sunside, jeudi 24, vendredi 25 & samedi 26 mars 2022 à 20h30. En tournée en Amérique, au Mexique, du dimanche 10 au lundi 18 avril 2022. En tournée en Afrique, au Cameroun, du mercredi 20 au samedi 30 avril 2022.

La photographie de Manu Codjia est l'oeuvre du Tangent Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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" Winter Suite " François Bernat Quartet

Publié le par Guillaume Lagrée

Frédéric Borey par Juan Carlos HERNANDEZ

Frédéric Borey par Juan Carlos HERNANDEZ

" Winter Suite "

François Bernat Quartet

Jazz Family. 2022

Concert de sortie à Paris, Ile de France, France,

au Sunset, mercredi 27 avril 2022 à 20h30.

 

Le Quartette de François Bernat est composé de

François Bernat: contrebasse, composition, direction

Stéphane Adsuar: batterie

Frédéric Borey: saxophone ténor

Paco Andreo: trombone

 

Quand je pense à un quartet sans piano (pianoless quartet in english), je pense à celui de Gerry Mulligan (sax baryton) & Chet Baker (trompette), la quintessence du Cool. Pour rester dans cette ambiance, écoutez Strange Walk (5) du quartette de François Bernat sur l'album Winter Suite lectrices Cool, lecteurs Jazz. Cf vidéo sous cet article.

Quand je pense à un trio sans piano (pianoless trio in english), je pense aux trios de Sonny Rollins dans les années 1950. Pour retrouver ce feeling, écoutez " Métro Hoche " (1) du quartette de François Bernat sur l'album Winter Suit, lectrices Hard, lecteurs Bop. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Là où Sonny Rollins portait un message politique avec sa " Freedom Suite " (1958) enregistrée au début du mouvement des droits civiques, François Bernat porte un message poétique avec sa Winter Suite.

Sonny Rollins jouait d'une traite sa Winter Suite (presque 20mn) puis enchaînait sur des standards du Jazz avec Oscar Pettiford (contrebasse) & Max Roach (batterie).

François Bernat, lui,  commence par 5 morceaux de sa composition d'ambiance variée puis divise sa Winter Suite en 6 parties, alternées entre 3 pour les solistes (contrebasse en intro. Logique puisqu'il s'agit du compositeur et directeur musical de l'ensemble, puis batterie et souffleurs) et 3 pour l'ensemble (1er, second et 3e mouvement).

Ce blog a déjà chanté les louanges de François Bernat & Frédéric Borey (cf photographie au dessus de cet article) jouant un hommage à Miles Davis (2018). 4 ans après les voici de retour jouant leur musique avec un autre batteur et un tromboniste au lieu d'un trompettiste. Alors que Charles Mingus aurait eu 100 ans en 2022, qu'Henri Texier (1945) crée toujours, il est juste et bon de voir paraître un nouveau contrebassiste, compositeur et directeur musical, François Bernat

 

La photographie de Frédéric Borey est l'oeuvre de l'Excellent Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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" Moanin Birds " Fil Caporali - Tom Bourgeois

Publié le par Guillaume Lagrée

" Moanin Birds "

Fil Caporali - Tom Bourgeois

Hypnote Records. 2022.

 

Fil Caporali: contrebasse, compositions (1, 3, 5, 6, 8, 11, 12, 13 & 14)

Tom Bourgeois: saxophone ténor & clarinette basse (2, 4, 5, 7, 8, 10, 11 & 14)

Invités

Dorian Dumont: piano (4, 7 & 13)

Lionel Beuvens: batterie (4, 10 & 13)

 

Lectrices raffinées, lecteurs distingués, l'album " Moanin Birds " de Fil Caporali & Tom Bourgeois est fait pour vous. Un Brésilien & un Français réunis en Belgique, à Bruxelles, pour créer une musique nouvelle, tels sont les prodiges de l'époque. 15 morceaux en 51 mn. Autant de haïkus sonores. Ils commencent en douceur vous entrainant dans le " Konvoy " (2) dans un duo contrebasse & clarinette basse. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Ces drôles d'oiseaux peuvent être aussi effrayants que ceux d'Alfred Hitchcock. Cf " Araponga " (8) et " Birds Panic " (10). Ils peuvent aussi être dansants et brésiliens comme dans " Cravo e canela " (9) soit " Clou de girofle et cannelle " ou dansants et cubains mais d'une étrange manière avec le " Melancholia Cha Cha Cha " (12).

Pour ouvrir le dialogue, deux autres musiciens sont conviés au débat. Le pianiste français Dorian Dumont et le batteur belge Lionel Beuvens. Même à la dernière minute, ils assurent. " Last minute " (4). Cf vidéo sous cet article.

Les rares morceaux qui ne sont pas de leur composition restent dans l'esprit lunaire de cette musique. " Cravo e canela " (9) des Brésiliens Milton Nascimento & Ronaldo Bastos et pour conclure, " Kind Folk " (15) du Canadien Kenny Wheeler.

A deux, trois ou quatre, ces musiciens savent varier les plaisirs tout en gardant leur style. Cette musique m'intrigue, me surprend & me charme.

Basé en Belgique, c'est là que le duo Fil Caporali & Tom Bourgeois joue sur scène. Que les dieux et les muses nous les amènent au plus vite sur scène en France! Tout producteur de concert désireux de venir en aide aux dieux et aux muses pour réaliser mon voeu est le bienvenu.

 

 

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Lenny Popkin trio au Sunset: la Quintessence du Cool

Publié le par Guillaume Lagrée

Lenny Popkin Trio

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Vendredi 4 mars 2022, 21h

Lenny Popkin; saxophone ténor

Gilles Naturel: contrebasse

Carol Tristano: batterie

Ce soir, révision des standards. Lenny Popkin (1941), fut l'élève du pianiste et compositeur Lennie Tristano (1919-1978). La fille de Lennie Tristano, Carol Tristano, est aujourd'hui l'épouse et la batteuse de Lennie Popkin. Gilles Naturel est à la contrebasse. Ce n'est pas un vaudeville mais un concert de Jazz puisque jouent ensemble sur scène le mari, l'épouse et l'ami. " I am getting sentimental over You ". Batteuse aux baguettes. Pulsation constante, régulière aux cymbales avec quelques ponctuations sur les tambours. Ce flux tendu permet au saxophone de filer léger comme un oiseau. Subtilement, légèrement, la batteuse introduit des ponctuations alors que la contrebasse garde la ligne directrice. Fin nette dans un souffle.

Comme Lee Konitz (1927-2020), autre disciple de Lennie Tristano, Lenny Popkin joue toujours les mêmes morceaux mais jamais de la même manière tout en gardant son style. Lee prétendait qu'il suffisait de connaître 7 chansons par coeur pour être musicien de Jazz. C'est une ballade. Carol Tristano est aux balais. Ca masse encore mieux les tympans. Un piano prendrait trop de place dans cette musique. Les notes du ténor glissent aussi impalpables et mobiles que des nuages. Contrebasse et batterie tiennent la ligne. Le sax se glisse au dessus, en dessous, en courbes harmonieuses comme un oiseau qui monte et descend au gré du vent.

" What is this thing called love? " . Cf vidéo sous cet article. Batteuse aux baguettes. Ca pulse. Le tempo est à la fois souple et vigoureux. Le sax ténor poursuit son chemin sans aucune trace de John Coltrane ce qui est très rare de nos jours. Solo de batterie aux baguettes. Les tambours chantent et roulent. Petit friselis de cymbales en arrière plan. Puis le trio reprend son chemin, tranquille.

Intro en solo de Gilles Naturel à l'archet.  Le sax ténor reprend. La batteuse arrive doucement aux balais. Un standard dont le titre m'échappe. Silence religieux du public attentif. Me parviennent à l'oreille quelques bavardages de l'étage au Sunside où le concert du trio de Dexter Goldberg n'a pas encore commencé. Ca avance doucement, tranquillement, avec nonchalance et élégance. Solo de contrebasse en pizzicato., soutenu doucement par la batteuse aux balais. La contrebasse mène la danse et le chant du saxophone ténor monte  pour reprendre le dessus sans crainte ni contrainte. Un vrai trilogue.

" All of Me ". Baguettes. Baguettes. J'entends les paroles dans l'introduction du sax ténor tant elles sont jouées au plus près. Comme Sonny Rollins mais dans un style totalement différent. Maintenant, Lenny Popkin a quitté la chanson et improvise librement. Du connu il nous mène vers l'inconnu. Le temps de m'en apercevoir et il est déjà parti au loin. 

PAUSE

 

La musique de fond se poursuit alors que les musiciens ont rejoint la scène. Un trio piano, contrebasse & batterie plutôt agréable. Lenny Popkin commence à jouer. La musique de fond cesse.

" Just Friends ". Batteuse aux balais. Une ballade. A écouter jouée par le duo Lee Konitz & Martial Solal. Je suis bercé par de douces vagues de musique. Un concert de Lenny Popkin, c'est comme lire un classique. Vous pouvez l'écouter/le lire plusieurs fois. Cela vous apportera toujours quelque chose de frais et de neuf. 

Une ballade. Batteuse aux balais. Le titre m'échappe. Quel subtil massage cérébral! Montée surprise dans l'aigu du sax ténor et retour subit au grave. Solo de contrebasse bondissant avec un soutien souple et constant de la batteuse aux balais. Pas d'applaudissement à la fin du solo. Le public est concentré. 

" There will never be another You ". Joli dialogue contrebassiste & batteuse aux balais. Ca pulse et vibre sans forcer. Le tapis mouvant relance le saxophone ténor. Dialogue subtil entre époux pour finir.

Un standard dont je n'entends pas le titre car Lenny Popkin parle sans microphone. Je ne reconnais pas le thème. Le ténor mord plus fort mais toujours dans l'esthétique Cool Jazz. Solo de contrebasse finement poussé par la batteuse aux baguettes sur les cymbales avec ponctuations des tambours. Yeah! conclut joyeusement Lenny Popkin

Batteuse aux baguettes. Un air plus tranquille, moins énergique que le précédent. Grosse pulsation de la contrebasse. Bercé par le dialogue contrebasse & batterie, je m'endors dans le confort.

PAUSE

La partie se joue en 3 sets gagnants mais j'ai eu ma dose de beauté pour la soirée. La chronique est donc finie. 

 

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Robin Mansanti réincarne Chet Baker au Café Laurent

Publié le par Guillaume Lagrée

Robin Mansanti & Dexter Goldberg

Café Laurent

Paris, Ile de France, France

Mercredi 23 février 2022, 21h

Dexter Goldberg: piano

Robin Mansanti: trompette, chant, composition

 

Lectrices Cool, lecteurs Jazz, j'avais découvert le duo Dexter Goldberg & Robin Mansanti aux Trophées du Sunside, édition 2018. Depuis, je n'avais pas revu ce duo sur scène mais vu et écouté Robin Mansanti en trio rendant hommage à Chet Baker au Sunside en 2021. Et écouté Dexter Golberg en pianiste de Ricky Ford au Sunside en février 2022. Il est temps pour moi d'écouter ce qu'est devenu le duo victorieux Dexter Goldberg & Robin Mansanti et de le faire découvrir, ainsi que le Café Laurent à Madame F.

A l'entendre, sans le voir, Chet Baker s'est réincarné en Robin Mansanti. Même à le voir, il a aussi une gueule d'ange mais ne semble pas aussi démoniaque. Dexter Goldberg fournit le soutien discret qu'il convient. Un standard pour commencer, joué et chanté, " My Ideal ".

Un instrumental. Style petit bleu de la Côte Ouest comme disait Jean-Patrick Manchette. Peut-être une composition. Le duo fait revivre le West Coast Jazz de Los Angeles - San Francisco sur la rive gauche de la Seine à Paris. Contrebasse et batterie seraient de trop dans cette musique. Bonne attaque de la trompette.

Un standard. " How deep is the Ocean " introduit par le piano. C'est bien cela que Robin chante. Solo de piano qui swingue bien.

" My foolish heart ". Un autre standard cher à Chet Baker. Ballade mortelle chantée avec l'émotion qu'il faut. Piano élégant et discret juste derrière. Son de trompette voilé, feutré mais sans sourdine. Final exquis en fusion voix-piano.

Thème instrumental.  Démarré en duo. Plutôt rapide. Toujours dans le style de la Côte Ouest. Ca balance tranquille. Dexter Goldberg joue piano, contrebasse & batterie à lui seul. Le piano scintille en solo. La trompette percute bien jusqu'au final. Comme son modèle, Chet Baker, Robin Mansanti n'est pas qu'élégiaque. Il est aussi énergique. C'était " Four " (Miles Davis). 

" Zingaro " (Antonio Carlos Jobim). Comme il s'agit d'une Bossa Nova, l'influence de Chopin s'entend dans le jeu du pianiste. Ca glisse doucement. La trompette masse les tympans comme un batteur aux balais. 

" Everything happens to me ". Un standard. Duo piano voix en symbiose avec l'esprit de Chet Baker. Après le solo de piano, la trompette repart. Tout en douceur, en fluidité.

Morceau instrumental. Toujours dans le style West Coast Jazz. Je reconnais le thème mais pas le titre. Un morceau percutant, énergique. Je chantonne l'air. C'était " Funk in a deep freeze " (Hank Mobley).

PAUSE

" I fall in love too easily ". Toujours dans l'esprit de Chet Baker.  Cf extrait audio au dessus de cet article. Après avoir introduit en chantant, Robin Mansanti poursuit à la trompette. Il poursuit à la trompette puis reprend en chantant cette ballade nostalgique à souhait. Habituellement, il n'y a pas de microphone sur la scène du Café Laurent. Cette fois, il y en a un pour le chanteur qui joue aussi de la trompette dedans. Sans exagération sonore. 

Suit un morceau instrumental, vif, qui swingue bien. " Shifting down ". 

 Intro en piano solo. Une ballade élégante. Son cristallin des aigus du piano. Rien dans le grave dans l'aigu, comme disait Michel Legrand. " But beautiful ". Solo de piano inspiré. Voix enchanteresse. Exercice de concentration pour n'écouter que la musique avec les bruits de vaisselle au bar derrière moi. La voix du barman, les bruits de glace, de verre & de vaisselle, cela fait aussi partie de la mythologie du Jazz en club. Notamment dans les enregistrements Live at the Five spot, club new yorkais aujourd'hui disparu. Je suis habitué à ce thème en instrumental, par exemple par Bill Evans.

Duo piano & trompette sur un thème medium. Un joli Blues. " On a misty night " (Tadd Dameron).

Une chanson que je ne connais pas. Une ballade. Nostalgique aussi. Le pianiste insiste dans les graves. Après recherche sur la Toile, je pense qu'il s'agit d'une composition de Robin Mansanti, " I spend my days ". Cf vidéo sous cet article.

Duo piano-trompette. Eclats du piano. Son feutré de la trompette. Je ne connais pas ce thème. Une chanson d'amour triste a priori. Le shaker du barman vient ajouter de la percussion. Ce n'est pas coordonné avec les musiciens. Ce numéro est perfectible.

Invité. Kao: flûte.

" Night Bird " thème écrit par Enrico Pieranunzi pour Chet Baker. Ca sonne bien entre piano et trompette. Madame F et moi avions repéré Kao. Il était assis à coté de moi et chantait les airs joués avec une grande précision, même en mangeant et buvant. Il ne pouvait être que musicien. La preuve, il a rejoint le duo sur scène. Duo piano & flûte. La flûte dans l'aigu. Ca sonne bien. Solo de piano grave et dansant. Ca marche. Je bats la mesure du pied droit. Trompette et flûte jouent tour à tour. Le thème final est joué en trio. ca sonne délicieusement.

" Why try to change me now ?" Ecrit par Cy Coleman pour Frank Sinatra. Il en existe diverses versions Pop. Une ballade bien sûr.

" Milestones " (Miles Davis). Chet Baker jouait aussi ce thème. Version assez dansante. 

 " Body and Soul ". A écouter par le duo Martial Solal (piano) & Eric Le Lann (trompette) enregistré en concert au festival Jazz à Vannes 1999 sur l'album " Portrait in Black and White ". Départ en instrumental. Une ballade qui est un standard depuis la version canonique de Coleman Hawkins en 1939. Jouée en instrumental, sans chanter.

Pour conclure, un autre thème cher à Chet Baker, " You don't know what love is ". Chanté comme Chet Baker réincarné. Le piano de Dexter Goldberg offre le soutien qu'il faut. Ni trop, ni trop peu. Solo de trompette avec citation d'un thème dont le titre m'échappe. 

Je souhaite que Robin Mansanti s'affirme de plus en plus comme compositeur et interprète afin qu'un jour je puisse écrire que, tout en me rappelant Chet Baker (1929-1988), il joue et chante comme Robin Mansanti. 

Lectrices Cool, lecteurs Jazz, vous retrouverez le duo Robin Mansanti & Dexter Goldberg  en concert  au Café Laurent, à Paris, en France, le mercredi 27 avril 2022 à 21h. Ce sera l'anniversaire du pianiste. Soyez présents pour le fêter, lectrices Cool, lecteurs Jazz.

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Michelangelo Scandroglio Quintet en concert à La Rhumerie de Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Michele Scandroglio Quintet

La Rhumerie

Paris, Ile de France, France

Lundi 21 février 2022, 20h

Michelangelo Scandroglio: contrebasse

Tony Tixier: piano

Tom Peyron: batterie

Matteo Pastorino: clarinette basse

Hermon Mehari: trompette

 

Le Jazz peut s'écouter en concert religieusement dans des temples de la musique comme la salle Gaveau pour Martial Solal ou la Maison de la Radio pour Michel Legrand. Il peut s'écouter en buvant un verre et en discutant discrètement dans un club de Jazz comme le Baiser Salé pour le Blazin Quartet ou le Sunside pour Ricky Ford. Il peut enfin constituer un fond sonore agréable joué en direct alors que vous mangez, buvez, discutez à la Rhumerie, maison martiniquaise à Paris tenue par la même famille depuis sa création en 1932. Boris Vian était un habitué dans les années 40-50. Pour une musique qui sort des maisons closes de La Nouvelle Orléans, c'est la façon d'écouter la plus proche de ses origines.

Les musiciens s'installent. Personne ne les présente avant le concert. Ils jouent. Démarrage à la clarinette basse sur un standard. " Perdido ", composition latino du tromboniste porto-ricain de Duke Ellington, Juan Tizol. Ca joue classiquement, avec flamme. Dans ce contexte, la clarinette basse est originale. Petit piano droit. Tony Tixier le fait sonner tout de même. Ca joue sans microphone ce qui est toujours appréciable. La contrebasse se fait bien sentir tout de même. Ca vibre dans le ventre. Rapide break de batterie. Efficace. Une famille allemande est à la table à ma gauche. Le père et le fils vibrent avec la musique. La mère et la fille semblent moins réceptives. " Le donne odiavano il Jazz. Noi non ne capivamo il motivo. Ragazzi pazzi di Jazz. Cosi eravamo noi. Cosi eravamo noi. ' (Paolo Conte). 

Je cherche le thème autour duquel la clarinette basse tourne gravement. Un standard. Une ballade. Le batteur reste aux baguettes. Par hasard, je me trouve placé dans le coin des spectateurs attentifs qui écoutent et applaudissent. C'est " Night and Day ". Le contrebassiste est Il Capo. Il a droit à son solo à chaque morceau. A dire vrai, c'est beau. Difficile de ne pas être artiste avec un tel prénom, Micheangelo.

Un standard dont le titre m'échappe. Du Be Bop. Son souple et gracieux de la clarinette basse. Matteo Pastorino est notre bon berger. Le quartet swingue avec élégance. Mes deux jambes battent la mesure. La rythmique swingue terrible conduite par le piano. 

Une ballade. Batteur aux balais. Tout en souplesse, en finesse. Le thème m'échappe. La clarinette basse grogne sans se fâcher. . La rythmique prend la main. Tony plaque énergiquement ses accords. Nouveau solo de contrebasse ample et majestueux. Le quartet repart tranquille.

Un morceau de Thelonious Monk. Tony Tixier fait fumer le piano. Contrebasse et batterie répondent. La clarinette basse repart aussi vite qu'un sax soprano. Ca file, fuse. Breaks de batterie qui envoient bien.

Hermon Mehari était annoncé à la trompette mais je ne l'ai pas vu jouer au 1er set.

PAUSE

Il n'est pas tard mais pour moi le concert est fini.

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