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La musique de Jazz: l'état du débat en 1946

Publié le par Guillaume Lagrée

      Archives de la Radio Suisse Romande

Radio Lausanne. 28 mars 1946.

Débat sur la musique de Jazz (39mn)

avec

Ernest Ansermet, chef d'orchestre, fondateur de l'orchestre de la Suisse romande

Emmanuel Buenzod, écrivain et critique littéraire

Léon Cosmetto, professeur au conservatoire de Lausanne

Docteur Boven, psychiatre

 

human touch vidy lausanne aout 2010 juan carlos hernandez

La photographie de Lausanne (Vidy) est l'oeuvre du Romand Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.  

Lectrices doctes, lecteurs savants, voici de quoi vous réjouir avec ce débat radiophonique suisse, digne d'un conclave de cardinaux, bien que nous soyons en terre protestante, à Lausanne. Le 28 mars 1946, les quatre invités de Radio Lausanne étaient tous d'accord pour affirmer la supériorité de la musique sérieuse, dite classique, sur le Jazz, musique de plaisir qui se cantonne à l'improvisation et à la variation, selon leurs dires.

Je vous livre ici mes impressions de cette émission. A vous de vous faire les votres en suivant le lien figurant en tête de cet article, doctes lectrices, savants lecteurs.

Le Jazz ne peut atteindre le niveau de la musique classique où les compositeurs réinventent les formes et les langages pour gagner leur liberté. Première erreur: ceci ne vaut que pour les compositeurs. Les interprètes de musique classique, eux, doivent s'en tenir à la partition. Deuxième erreur: en 1946, le Be Bop est né séparant le Jazz de la musique de danse. Manifestement, nos augustes débatteurs helvètes l'ignorent. Pour autant, la suite de l'émission le montre, ils n'ignorent pas Duke Ellington.

En 1919, Ernest Ansermet fut le premier musicien européen à écrire un article sérieux sur cette musique nègre venue d'Amérique dans les bagages de l'US Army, admirant le jeu de clarinette de Sidney Bechet. Il y voyait la musique de l'avenir et, 27 ans plus tard, il pensait que le Jazz pouvait nous réserver quelques surprises. Il n'avait pas tort. En 1959, Ornette Coleman créait " Free Jazz " renouvelant brutalement formes et langages du Jazz.

Nos spécialistes déploient les préjugés habituels à l'époque sur une musique instinctive, sans intelligence, sans raisonnement. Le Jazz est une musique qui appartient aux Nègres d'Amérique. 3e erreur: dès sa naissance, le Jazz est une musique métisse. Son inventeur autoproclamé, Ferdinand Joseph La Mothe dit Jelly Roll Morton, était créole. Le Jazz est la musique des minorités: Noirs, Juifs, Italiens, Tziganes. 

Le Jazz est une musique rythmique qui ne cherche un effet que sur le corps. 4e erreur: nos experts sont tous Blancs, Européens et chrétiens, formatés à séparer l'âme du corps, ce qui est contraire à la rationalité africaine. Le Jazz n'est pas une musique créée par des Prix de Rome comme Claude Debussy qui s'y intéressa comme il s'intéressa à la musique javanaise.

Le Jazz s'est cantonné à la variation sur un thème donné. C'est vrai que c'est un défaut du Jazz dont est sorti depuis longtemps Martial Solal par exemple.Les Variations Goldberg de JS Bach ou les Variations Diabelli de Beethoven sont -elles autre chose qu'une variation sur un thème donné?

" L'improvisation était à la mode dans les siècles passés mais les musiciens actuels l'ont quelque peu oublié ". C'est justement ce que l'on reproche au classique. C'est pourquoi tant de musiciens issus des conservatoires passent au Jazz pour avoir le droit d'improviser sur des formes complexes.

" Les véritables musiques populaires autochtones ont de la spiritualité (...) alors que le Jazz est une musique populaire dans un milieu extrêmement civilisé " (Ernest Ansermet). C'est une spiritualité non détachée du corps (le Gospel puis le Hard Bop, la Soul Music) ce que n'imaginent même pas nos experts.  

Dans le Jazz, survivance des rythmes africains. Ca, c'est vrai. Les experts en rythmes reconnaissent des figures rythmiques traditionnelles congolaises dans le jeu de Warren Baby Dodds, géant de la batterie New Orleans

Le Jazz ne naît pas par nécessité vitale mais pas besoin commercial. Décidément, ils ne connaissent pas le Be Bop. Pourtant, les premiers vinyls de Charlie Parker et Dizzy Gillespie étaient arrivés en Suisse en 1946.

Pour le docteur Boven, psychiatre, le Jazz est un narcotique. Jazz et stupéfiants, c'est un sujet de thèse. De là à en faire un opium du peuple. Toutefois, il n'a pu constater les méfaits du Jazz dans la population helvète. 

Pour nos experts, les Noirs en Amérique sont une race primitive déracinée. L'UNESCO venait de naître. Race primitive était encore un concept à la mode chez les savants.

" Le Jazz a apporté des matières premières, des vitamines dans la musique " (Ernest Ansermet). Le Jazz à lui tout seul ne constitue pas la possibilité d'un nouveau style. Toutefois, ces messieurs notent que les Jazzmen sont de plus en plus cultivés: Benny Carter, saxophoniste, chef d'orchestre a fait des études musicales complètes.Duke Ellington s'est inspiré des grands compositeurs occidentaux. Influence certaine du classique sur le Jazz, ça c'est vrai. En 1946, John Lewis n'était venu en France que pour la libérer, pas pour y jouer;     quoiqu'il ait rencontré Kenny Clarke autour du piano dans le salon d'un château normand selon la légende.

" Le Jazz authentique est plus difficile à comprendre et la masse opte toujours pour l'effort le moindre ". Cela est bien dit. Aux Etats-Unis, pays de la propagande, de la réclame, du business, " le Jazz de seconde main édulcoré flatte les goûts les plus bas de la foule " (Ernest Ansermet). Là encore c'est vrai mais encore faut-il distinguer le Jazz de la variété ce que nos mélomanes ne font pas alors que Charles Delaunay et Hugues Panassié le faisaient déjà depuis 15 ans en France. 

" Les Nègres d'Amérique, suivant la tradition de leur race, ne séparent pas la musique de la danse " pas plus qu'ils ne séparent l'âme du corps, Messieurs. C'est une logique animiste pas monothéiste. 

Enfin, à la 30e minute de péroraison collective, vient la musique. " Blue Serge " de Mercer Ellington, fils du Duke, composé pour l'orchestre de Sy Oliver en 1940. Très classe. Du Jazz sérieux mais ça manque de Swing. La version de Serge Chaloff est bien meilleure. Il a fait sienne une composition qui n'est pas de lui. Tout l'art du Jazzman.

Il existe des artistes nègres mais ce n'est pas ce que les foules acclament dans le Jazz. Normal puisque les foules d'alors confondaient le Jazz et la variété comme ne cessait de le clamer Boris Vian dans ses Chroniques de Jazz

 

Après tant de pensées assenées sentencieusement, place au Jazz. Pour écouter du Jazz à Lausanne en 2014, rendez-vous à l'excellent club Chorus où je découvris  sur scène Tigran Hamasyan puis Martial Solal en 2003.

En 1946, Django Reinhardt était en tournée, à la guitare électrique, aux Etats-Unis d'Amérique comme soliste invité par Duke Ellington et son orchestre. En concert à Chicago, ils improvisent sur un " Blues Riff ". Est-ce du Jazz sérieux ou commercial? Peu importe. Qu'est ce que c'est bon! Rien à ajouter.


 

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Jérôme Sabbagh " The Turn "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Jérôme Sabbagh

" The Turn "

Bee Jazz. Distribué par Abeille Musique.

Sortie de l'album le jeudi 28 août 2014

Jérôme Sabbagh: saxophone ténor, compositions (sauf n°7)

Ben Monder: guitare électrique

Joe Martin: contrebasse

Ted Poor: batterie

 

 

Jérôme Sabbagh

 

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre du Troublant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices exigeantes, lecteurs rigoureux, il ne vous a pas échappé que le quartet de Jérôme Sabbagh avec Ben Monder, Joe Martin, Ted Poor a été créé en 2003, qu'il a déjà enregistré deux albums " North " en 2005 et " Pogo " en 2007 et que ce blog n'en a jamais parlé.

Toutefois, j'ai une excuse valable: ce blog a été créé le 4 juillet 2009. Comme Tom Cruise, le Jars jase Jazz est né un 4 juillet!

Après 5 ans d'existence, le 922e article de ce blog est donc consacré au troisième album de ce quartet " The Turn " qui sortira chez le label français Bee Jazz le jeudi 28 août 2014.

Sur les 8 morceaux, seul le 7e " Once around the park " n'est pas l'oeuvre de Jérôme Sabbagh mais du batteur Paul Motian que Jérôme accompagna dans ses derniers concerts au Village Vanguard en 2011.

Cet album est un recueil de nouvelles. Chaque morceau raconte sa propre histoire. Voici ma version. A vous de vous faire la votre, lectrices exigeantes, lecteurs rigoureux.

1. " The Turn " semble une ballade bien tranquille  mais prend un tournant avec le solo de guitare puissant, sans monter le volume, de Ben Monder.

2. " Long gone ". Une ballade comme son titre l'indique. Le batteur est aux balais. Dans les Maîtres de Jérôme Sabbgh, il y a Stan Getz. Cela s'entend ici mais ce n'est pas de la copie.Jeu suave mais pas mièvre du ténor. Belle assise rythmique, souple et ferme, comme un bon matelas.

3. " Banshee ". Morceau énergique, très rock avec montées en vrilles parallèles de la guitare et du sax ténor.

4. " Ascent ". Retour au calme avec une sorte de ballade mystérieuse, très classe. Coltranien dans le titre et le jeu.

5. " The Rodeo ". Comme son titre l'indique, ça balance bien mais sans désarçonner l'auditeur de sa selle.

6. " Cult ". Morceau mystérieux, lent, avec des climats créés par la guitare. Bonne musique pour une cérémonie d'intrionisation dans une secte.

7. " Once around the park " (Paul Motian). Un petit air tranquille, léger. Une ballade sur un parc, thème typiquement new yorkais qui inspira à John Lewis son fameux " Skating in Central Park ".

8. " Electric Sun ". Un morceau pop classe particulièrement efficace en concert et délectable en studio. Le soleil se lève devant vous à toute heure avec cette musique.

 

Pour les mangeurs de galette en plastique, une édition vinyl de l'album est en préparation. Afin de la réaliser, un appel à financement est lancé sur Kickstarter jusqu'au samedi 18 octobre 2014. Avis aux amateurs.

 

Pour écouter ce groupe vivant en concert, il faut vous rendre, lectrices exigeantes, lecteurs rigoureux:

 

 Aux Etats-Unis d'Amérique

vendredi 12 septembre 2014,  Cornelia Street Café, New York 

lundi 29 septembre 2014, Smalls, New York 

 

En France

lundi 18 octobre 2014, Association Maquizart, Eymet, Dordogne, Aquitaine

jeudi 23 octobre 2014, Festival Jazz sur son 31, Toulouse,  Haute-Garonne, Midi-Pyrénées

vendredi 24 et samedi  25 octobre 2014, Sunside, Paris, Ile de France

 

En Espagne

mardi 28 octobre 2014, Jimmy Glass, Valencia

mercredi 29 octobre 2014, Refugio Jazz Club, Alicante

jeudi 30 octobre 2014, La Bilbaina, Bilbao

vendredi 31 octobre 2014, Sunset Jazz Club, Girona

 

 

Voici le quartet de Jérôme Sabbagh jouant " The Turn " à la Jazz Gallery de New York, USA, le samedi 14 juin 2014. Rien à ajouter.

 

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" Great Black Music Roots (1927-1962) ". Le coffret de l'exposition.

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Great Black Music Roots 

(1927-1962)

Fremeaux & Associés + Cité de la Musique

Coffret 3 CD de l'exposition " Great Black Music "

Paris. Cité de la Musique. Exposition visible et audible jusqu'au dimanche 24 août 2014.

 

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La photographie de Harlem est l'oeuvre du Multicolore Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices Funky, lecteurs Groovy, je vous ai déjà parlé de l'exposition "  Great Black Music " qui se tient à Paris, à la Cité de la Musique jusqu'au dimanche 24 août 2014. Sachant qu'il y a plus de 11h de musique à voir et à écouter sur place, quel souvenir en ramener?

La compilation " Great Black Music Roots (1927-1962) " qui, en 3 CD, avec un livret de 40 pages en français et in english permet à l'auditeur curieux, à l'auditrice audacieuse, de se gorger de rythmes et de mélodies. La maison Frémeaux et associés  est justement réputée pour son travail de réédition de trésors sonores du XX° siècle. Cela commence ici en 1927 et j'en ignore la raison. Le Jazz commence sur disque en 1917, cette même année où les Harlem Hell Fighters donnèrent le premier concert de Jazz en France, à Saint Nazaire où débarqua l'US Army. 1927 pour commencer donc. 1962 pour finir. Là, j'ai une idée. Sous réserve de l'avis des spécialistes du droit de la propriété intellectuelle qui lisent ce blog, il me semble, qu'en droit international, les enregistrements sonores ne sont protégés que 50 ans après leur enregistrement. Après il n'y a plus de droits d'auteurs à verser. Cela coûte moins cher à éditer.

Cette sélection est surtout Nord américaine: Jazz, Blues, Gospel. Il y a aussi des pincées de musique africaine et antillaise. Bob Marley, métis jamaïcain, finit la sélection en 1962 avec " Judge Not ", du ska. J'ai reconnu beaucoup de morceaux avec plaisir mais je préfère vous parler de mes découvertes.

Sur le CD1, Mbube de Salomon Linda (Afrique du Sud. 1939). Cette chanson a fait le tour du monde sous d'autres titres ( The lion is dead tonight in english, Le lion est mort ce soir en français). Son auteur n'a pas touché un rand dessus. Rendons lui hommage en l'écoutant. Vous y trouverez aussi le " Manbo n°5 " de Perez Prado (Cuba) repris il y a quelques années en version électro par un métis germano-américain. Superbe calypso " JP Morgan " de Blind Blake (rien à voir avec le Bluesman homonyme)  and his Royal Victory Orchestra. En 1951, les Bahamas étaient déjà un paradis fiscal et le chanteur explique à sa chérie qu'il s'appelle Morgan mais qu'il n'est pas riche comme la banque JP Morgan.

Sur le CD2, superbe version salace et bluesy de " Hound Dog ", écrit par deux Juifs Leiber et Stoller, par Big Mama Thornton. La reprise blanchie par Elvis Presley fut un hit mondial.Une autre chanson salace, cubaine cette fois, " El bombon de Elena " par Cortijo y su combo suivi de " I just wanna make love to You " de et par Muddy Waters. Trop chaud. Pour calmer le jeu, Ray Charles mélange Gospel et Jazz pour créer la Soul Music avec " Sinner's Prayer ". Impossible de chanter des paroles profanes sur du chant grégorien. Dans la musique noire américaine, sacré et profane se mélangent sans problème. C'est culturel. Quanrt à Louie Louie de Richard Berry, même Iggy Pop l'a reprise. Sun Ra invente la musique électro en 1956 avec " India ". Un vrai choc musical. Quant au Cinemascope de Count Lasher, la façon de chanter, l'accent, tout annonce le raggamuffin, 30 ans avant. Comment ne pas succomber à la douceur de l'African Jazz de Grand Kalle avec Manu Dibango au sax sur " Miwela Miwela "?

Dans le CD3, l'Afrique rencontre Cuba avec " El Congo " de la diva Celia Cruz. " Umqozo " de Miriam Makeba (chant) avec Hiugh Masekela (trompette), c'est la mélodie que reprit Serge Gainsbourg pour sa " Lola ". J'ai succombé au charme de la " Contre Danse 8 " du Haïtien Jean-Baptiste Nemours. La " Trumpet High Life " du Nigérian Dr Victor Olaiya africanise les Big Bands du Jazz nord américain. L'appel de la Cumbia colombienne nous entraîne avec " La cumbia te esta llamando " de Gaston el Isleno et Jaime Simanca. Quant à la Soul Bossa Nova de Quincy Jones, elle devint " My definition of a boombastic Jazz style " chez des rappers canadiens 30 ans plus tard.

Vous l'aurez compris, lectrices Funky, lecteurs Groovy, que vous vouliez faire découvrir à des jeunes rappers les sources de leurs beats et de leurs breaks, animer vos soirées dansantes avec des rythmes typiques entrainants, découvrir les musiques noires d'Afrique en Amérique en passant par les Antilles, vous réchauffer le corps et l'âme, entraîner dans la danse vos amis et vos amours, cette compilation " Great Black Music Roots (1927-1962)  " est faite pour vous. Le livret de 40 pages en français et en anglais vous permettra de connaitres les noms des artistes, les dates, les lieux d'enregistrement, de parcourir les styles de musique noire y figurant. Du beau travail goûté et approuvé.

Que Ludwig lui pardonne mais il n'y a qu'un seul Roi du Rock'n Roll, il est Noir, né à Saint Louis (Missouri) le 18 octobre 1926 à quelques mois et miles de Miles Davis et il s'appelle Chuck Berry. " Roll over Beethoven " en direct à la télévision française en 1958. Eddy Mitchell ne s'en est jamais remis. Quant au " duck walk " inventé par Chuck Berry, un de ses plus célèbres fans, l'Australien Angus Young d'AC/DC le fait toujours sur scène. Rien à ajouter.

 

 

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RECLAME: Le Bounce Trio de Matthieu Marthouret bondit encore!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

RECLAME

 

Le Bounce Trio de Matthieu Marthouret bondit encore!

 

ALBUM A PARAÎTRE
Voici en exclusivité, une image de l'album du Bounce Trio à paraître.
Tous les souscripteurs le recevront en avant première début juillet et il sera disponible à la vente lors de nos prochains concerts. Pour les autres il faudra patienter encore un peu: la sortie officielle étant prévue en septembre

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AGENDA
Quelques dates cet été pour écouter entendre écouter et voir des musiciens et artistes se donner corps et âmes à leur activité favorite sans filet, sueur au front...
Matthieu-Martouret-.jpg

 

 

La photographie de Matthieu Marthouret est l'oeuvre de l'Intense Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

Jeudi 3 juillet
BOUNCE TRIO se produira au
 Bar’Ouf, au Mans (72), avec le guitariste Pierrick Lefranc en invité.

 

Vendredi 4 juillet 
BOUNCE TRIO se produira à Vasles (79), région de Poitiers, dans le cadre de 
Jazz Commandos organisés par l'équipe du festival " Le Jazz bat la Campagne ".

 

Jeudi 31 juillet
j'aurai le plaisir de jouer à nouveau dans un trio réuni par l'excellent guitariste 
Etienne Vincent, au très sympathique bar/ restaurant Le Rouge-Gorge à Montrouge (92).

Jeudi 14 Aout
BOUNCE TRIO continuera sa tournée estivale dans le cadre du
 Festival Jazz St Thibery (34), entre Agde et Béziers.


Autant d'occasions pour venir passer un bon moment avec nous et vous procurer l'album avant sa sortie officielle!

 

Assez causé. Voici le Bounce Trio de Matthieu Marthouret à l'oeuvre. Rien à ajouter.

 

 

 


 
 


 

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John Coltrane: " Je pars d'un point et je vais le plus loin possible "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

John Coltrane

" Je pars d'un point et je vais le plus loin possible "

Entretiens avec Michel Delorme (1962, 1963, 1965) suivis d'une lettre à Don Michael (1962)

Paris. Editions de l'Eclat. 2011. 72 pages.

 

Alain Gerber a étudié " le cas Coltrane " titre d'une longue étude stylistique. Pour faire plus court et aller au coeur du sujet, je vous conseille, lectrices expertes, lecteurs savants, de lire ces trois entretiens de John Coltrane avec le journaliste français Michel Delorme en 1962, 1963, 1965, où John Coltrane explique sa méthode. Il s'agit d'un univers en expansion continue, tendant vers l'infini comme disent les astronomes. " Partir d'un point et aller le plus loin possible " comme dit Coltrane. Au risque de perdre des spectateurs en route. A Paris, à l'Olympia, en mars 1960, au sein du quintette de Miles Davis, John Coltrane se faisait siffler par une partie du public qui, ne comprenant rien à ce qui se passait, au lieu de partir poliment, manifestait publiquement sa désapprobation. Coltrane savait ce qu'il faisait et il estima que ces sifflets montraient qu'll n'allait pas encore assez loin.

En 1965, après le concert d'Antibes, où il joua d'une traite en 48mn sans dire ni bonjour, ni au revoir, ni merci, son album " A Love Supreme " (la version studio dure 34mn et est bien plus sage), le journaliste le critique lui disant qu'il a eu tort de jouer ainsi, qu'il perd son public. Comment un journaliste peut-il oser reprocher une démarche créative à un créateur? S'il ne peut pas suivre, tant pis pour lui.

En 1972, un critique de Jazz perdu par le Miles Davis électrique, funky, agressif d'On the corner dit à Miles: " Miles je t'ai suivi jusqu'ici mais là je ne peux pas ". Miles lui répondit: " Que veux tu de moi, connard? Attendre que tu sois capable d'arriver là? ".

John Coltrane était beaucoup plus poli et gentil que Miles, son ancien patron mais il restait déterminé. Il avait un plan, savait ce qu'il allait jouer, se projetait toujours vers l'avant, vers le nouveau, l'inouï au sens littéral du terme même s'il se sentait dépassé par la New Thing d'Albert Ayler et Archie Shepp. Pour les rattraper, il brisa toutes les conventions harmoniques après 1965 et, là, j'avoue que je ne le suis plus. Comme Thelonious Sphere Monk, un autre de ses Maitres, John Coltrane joue toujours faux, au sens technique, mais cela n'a aucune importance tant il est lyrique, cosmique, unique.

Bref, ce petit livre est à lire si, en plus de vouloir ressentir la musique de John Coltrane, vous voulez la comprendre, lectrices expertes, lecteurs savants.

 

Voici un parfait exemple de la méthode Coltrane. Plus de 20mn de voyage à travers un thème simple " My favorite things " au festival de Jazz de Combiain-la-Tour en Belgique le 1er août 1965. Au départ il s'agit d'une mélodie de comédie musicale pour Broadway " The sound of music " (1959). Adapté au cinéma en 1965 sous le même titre (en français, La mélodie du bonheur), chanté par Julie Andrews en VO et Mathé Altéry en VF. John Coltrane (saxophone soprano), Mac Coy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) en font un hymne mystique. Rien à ajouter.

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Copinage: Eoth en concert à La Chapelle-Bouexic (35) le samedi 28 juin 2014 à 21h

Publié le par Guillaume Lagrée

COPINAGE

Eoth

La Chapelle-Bouexic, Ille et Vilaine, Bretagne, France

Concert samedi 28 juin 2014 de 21h à 1h

en alternance avec " Job "

Lectrices jansénistes, lecteurs rigoristes, il n'y a pas de raison que ce blog fabriqué en France par un artisan français échappe à un mal typiquement français, le copinage.

C'est pourquoi, sans aucune vergogne, je vous recommande le concert de mes copains d'EOTH.

EOTH jouera ce samedi 28 juin 2014, à la Chapelle-Bouexic (35) près de Rennes.
Concert en plein air: 21h-1h (en alternance avec le groupe "Job")

EOTH joue une musique labyrinthique d'où leur magnifique logo que vous pourrez, comme eux, vous amuser à reproduire sur les plages cet été. Cela occupera les enfants et divertira les passants. 

eoth.fr

Actualités: 

Anthony Lecomte, nouveau bassiste d'Eoth, est arrivé dans le groupe depuis quelques mois.
Ils travaillent aussi avec lui sur une version acoustique de leurs compositions, avec violon, sax, flûte traversière, piano, contrebasse, batterie, percussions, voix... A découvrir bientôt !

Voici ce que fabriquaient ces talentueux jeunes gens il y a un an. Eoth: " Ma muse m'amuse ".

 

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Le décès de mon frère Benoît Lagrée officiellement déclaré

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices attentionnées, lecteurs chaleureux, merci à tous pour votre soutien depuis la disparition de mon frère préféré Benoît Lagrée, le samedi 30 novembre 2013, dans la forêt d'Absalon en Martinique.

Les recherches, tant privées que publiques, étant demeurées vaines, le tribunal de grande instance de Fort-de-France l'a reconnu mort ce qui permet, juridiquement et financièrement, de solder les comptes. Il laisse derrière iui, à 35 ans, une veuve, 3 enfants, une mère, une soeur et un frère sans compter les cousins, amis, voisins, oncles, tantes, collègues, relations.

J'ai déjà raconté, sur ce blog, comment j'avais emmené Benoît, pour ses 12 ans, écouter Miles Davis en concert à Saint Brieuc (22) le vendredi 26 octobre 1990.

En souvenir, voici Miles Davis sur scène en 1989 au Montreux Jazz Festival jouant " Human Nature " de Mickael Jackson et Quincy Jones. Chaka Khan s'invite sur scène pour chanter et scatter avec Miles. Rick Margitza est au saxophone ténor. Miles s'amuse à citer un vieux standard, chanté par Ella Fizgerald " A ticket a tasket ".

Comme la vie est lente et comme l'Espérance est violente " (Guillaume Apollinaire).

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RECLAME: 35e festival Django Reinhardt à Samois sur Seine (77) du 25 au 29 juin 2014

Publié le par Guillaume Lagrée

 

RECLAME

35e festival Django Reinhardt

Samois sur Seine, Seine et Marne, Ile de France, France

du mercredi 25 au dimanche 29 juin 2014

 

Lectrices vagabondes, lecteurs rêveurs, si vous passez en péniche sur la Seine entre le mercredi 25 et le dimanche 29 juin, arrêtez vous à Samois sur Seine (77) rendre hommage à Django Reinhardt. C'est là qu'il jouait au billard, pêchait à la mouche, est mort, est enterré (sa tombe se trouve dans le cimetière du village avec d'autres Reinhardt dont son fils Babik, lui aussi guitariste), est statufié dans un jardin public et c'est là que, depuis 35 ans,fin juin, guitaristes, mélomanes, Gitans et Gadjos viennent lui rendre hommage lors du festival qui lui est dédié.C'est l'Ile de France comme la chantait le poète Stéphane Mallarmé qui, lui, finit sa vie sur l'autre rive du fleuve, à Valvins.

Voici le programme pour l'édition 2014. 

 

MERCREDI 25 JUIN

20H00 LEVIS ADEL REINHARDT 

21H15 PAT METHENY UNITY GROUP

 

JEUDI 26 JUIN

20H00 GYPSY EYES

21H15 CYRILLE AIMEE

22H45 THOMAS DUTRONC

 

VENDREDI 27 JUIN

20H00 GISMO GRAF TRIO

21H15 RODOLPHE RAFFALLI TRIO

22H45 CARTE BLANCHE A GONZALO BERGARA

 

SAMEDI 28 JUIN

16H30 RP QUARTET présente "Goat Rhythm"

17H30 CHRISTINE TASSAN ET LES IMPOSTEURES

18H45 SAMY DAUSSAT "Nouvelle vague" invite TCHAVOLO SCHMITT

20H30 SNARKY PUPPY présente "We Like It Here"

22H15 THE GIPSY KINGS, 25ème anniversaire

 

DIMANCHE 29 JUIN

16H00 L'ECOLE DE MUSIQUE DE FONTAINEBLEAU

16H45 MATHIAS GUERRY SWINGTET 

18H00 GILAD HEKSELMAN TRIO 

19H15 ELI DEGIBRI QUARTET

20H30 ROMANE CHAVE : Feat. STOCHELO et MOZES ROZENBERG, 

COSTEL NITESCU, GIANI LINCAN, ADRIEN MOIGNARD,

SEBASTIEN GINIAUX

 

En attendant le concert du dimanche 29 juin 2014 à 18h, voici le quartet du guitariste israélien Gilad Heskelman en concert. Rien à ajouter.

 

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En revenant de l'exposition " Great Black Music " à la Cité de la Musique à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Great Black Music

Paris. Ile de France. France.

 Cité de la Musique.

Exposition visible et audible jusqu'au dimanche 24 août 2014

Ron Carter

 

 

La photographie de Ron Carter est l'oeuvre de l'Authentique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

Lectrices aventurières, lecteurs aventureux, défiant la grève de la SNCF, j'ai réussi à venir à Paris le samedi 14 juin et à en revenir le dimanche 15 juin 2014.

Avant de reprendre le seul TGV de l'après-midi, celui de 16h45, j'étais à 10h le dimanche matin à l'exposition " Great Black Music " à la Cité de la Musique. Cette exposition ressemble à un titre de Weather Report, " Black Market ". Riche, colorée, rythmique et chaotique. Plus de 11h de musique à voir et à entendre. 6 parties. Un casque avec téléphone portable vous est donné à l'entrée. Quand vous passez devant un écran, vous choisissez le film qui vous plaît. Si cela ne vous plaît pas, vous passez à autre chose. Si cela vous plaît, vous restez. A 10h le dimanche matin, pas de concurrence, personne ne se bat pour s'asseoir, voir un écran. Par contre, le samedi à 15h, je ne sais pas ce que cela donne. Par ailleurs, il y a des instruments, des exposés historiques, des jeux (apprendre à danser, dessiner, graffer, jouer). Bref, c'est une exposition à laquelle il faut venir en famille car les enfants ne peuvent pas s'y ennuyer.

Voici ma sélection arbitraire, partielle et partiale de sons et d'images glanés au cours de mes 2h de visite. 

Je ne me suis pas arrêté sur la partie 1 consacrée aux Stars de la Great Black Music comme Fela (Noir), Bob Marley (métis), Prince (métis) et Michael Jackson (mal dans sa peau).

La partie 2 est consacrée à Mama Africa comme disait Dizzy Gillespie qui vint prendre des leçons de rythme chez les Maitres tambours Yoruba au Nigéria. Des films pédagogiques nous font découvrir les divers aspects de la musique africaine, du Nord influencé par les Arabes à l'Est influencé par les Indiens, au Sud, à l'Ouest d'où vint le Jazz par la traite des esclaves. 

Exemple avec le guitariste et chanteur malien Ali Farka Touré et son " Mali Groove ", le cousin africain de John Lee Hooker, en bambara. Le Mali est aujourd'hui victime de fanatiques armés qui interdisent la musique, la danse, la fête, la joie dans les zones qu'ils contrôlent. Heureusement, cette musique est toujours là. Ca groove, nom de Zeus! Que les Maliennes sont belles quand elles dansent au son d'Ali Farka Touré! 

Une cérémonie par Malaam Mahmoud en Guinée rappelle le rite de possession du  Moshi qui inspira Barney Wilen & Caroline de Bendern. Musique frontière entre le monde noir et le monde maghrébin. Quelle pulsation rythmique!

Ici, je suis revenu en arrière à la partie 1 pour Fela et sa Kalakuta Republic. Un héros musical et politique de l'Afrique. Un portrait de ce Nigérian fasciné par John Coltrane et James Brown et qui les mixa avec la High Life Music pour créer l'Afro Beat qui conquit le monde. Fela, ses femmes, ses musiciens, ses enfants, ses danseuses, son quartier, ses combats contre la corruption, la dictature militaire, la violence policière. Un homme libre mort du SIDA. Quand il mourut, 1 000 000 de Nigérians lui rendirent hommage dans la rue et 4 jours de deuil national furent proclamés.

Après Fela, en toute logique, je suis revenu dans les bras de Mama Africa (partie 2 de l'exposition). 26: Amandla danse de résistance. Amandla, c'est le titre du dernier album anthume de Miles Davis sorti en 1989. Myriam Makeba et l'Afrique du Sud de l'apartheid. La musique, la danse contre arme de mobilisation contre l'oppression raciale. Une chanson venue du ghetto de Soweto " Mbube " devint un tube mondial repris en anglais par  Harry Belafonte  " The lion is dead tonight " et en français par Henri Salvador puis Pow Wow " Le lion est mort ce soir " sans que jamais l'auteur de la chanson ne touche un rand de droit. Myriam Makeba et Hugh Masekela (trompette) durent s'exiler pour échapper à l'apartheid. Malhalin and the Maholla Queens furent reprises en français par Lizzy Mercier Desclous, fan de musique africaine, dans " Mais où sont passées les gazelles? ". Lady Smith Black Mabazo fut elle reprise par Paul Simon. Quant à Johny Clegg, non il ne fut pas le premier Suf Africain blanc à jouer et chanter avec des Noirs. Chris Mac Gregor, le Jazzman et son Brotherhoood of breath le faisaient déjà dans les années 60.Hugh Masekela joue et chante sur scène, " Bring back Nelson Mandela ", en 1987. Madiba sortit de prison en 1990. Ca c'est puissant, entre Jazz et Soul sud africaine. 

25:  Afrique de l'Est Lacs et rifts. Pour les Jazzmen, il s'agit des rifts géographiques, pas des riffs rythmiques. Un voyage de tribus en chants. Avec les tambours du Burundi qui ont conquis le monde entier. Addis-Maputo montre le lien entre monde arabe et monde noir de l'Egypte au Mozambique en passant par le Soudan et l'Ethiopie. En Afrique, pas plus qu'en Europe, il n'y a de musique ethniquement pure. Si les Soudanais jouent du violon, cela leur vient des musiciens du Caire. Abdul Azi El Mubarak (Soudan). Mahmoud Ahmed, l'Ethiopien dont le groove inspira Donald Byrd en 1971 et les Français d'Arat Kilo en 2013. En Afrique centrale, l'influence des Cubains dans les années 1950 donna naissance à la rumba congolaise (la conga, le grand tambour cubain, ne vient-elle pas du Congo?) comme un retour à l'envoyeur. Brazzaville et Léopoldville (Kinshasa) les deux capitales situées face à face, sur chaque rive du fleuve Congo, eurent chacun leur héros: Wendo Kolossy (à Kin) et Antoine Moudanda (à Brazza). Le Jazz influenca aussi cette musique. L'African Jazz régna de 1953 à 1960 en Afrique centrale. Tabou Ley Rochereau fut le premier Africain à l'affiche de l'Olympia, à Paris, bien après les Noirs américains. Cette musique me rappelle des souvenirs d'étudiant avec des camarades congolais qui me firent découvrir leur musique. Avec l'Ok Jazz de Franco (guitariste formé par un Belge fan de Django Reinhardt), " on entre OK, on sort KO ". En 1960, Joseph Kabassele chantait " Independance Cha Cha " l'hymne officieux de l'indépendance du Congo ex belge. Un an après, son premier président, Patrice Lumumba, était abattu comme un chien errant. Manu Dibango , en concert à Kinshasa, joue au sax ténor et chante " Soul Makossa ", un tube mondial, pillé par Quincy Jones pour Michael Jackson avec " Wanna start somethin ". Après 20 ans de procès, Manu a gagné mais tout est parti dans les frais d'avocat. Pour lui, c'était une question de principe. Francis Bebey, Camerounais, fait découvrir la musique pygmée à la télévision française. Pierre Akadenge, Gabonais, chante à Paris pour échapper à Omar Bongo, président du Gabon et ami de la France. Bonga, Angolais, athlète et chanteur, lui aussi exilé en France. Son chant me donne la chair de poule, comme Bessie Smith dans un autre genre de musique noire.

 

Rythmes et rites sacrés: une série de films sur des rites musicaux de masse à Haîti, à Cuba, au Brésil, à la Réunion et à New York. 

Changement d'étage pour aller d'Afrique en Amérique. Il faut descendre. Clin d'oeil aux navires de la traite négrière? Une série de photographies sur La Nouvelle Orléans avant et après l'ouragant Katrina (2005). Emouvant. Au mur, est écrite une définition des musiques noires tout à fait sensée. A retenir, il n'existe pas de musique noire " pure et authentique ". 

 

5. Les Amériques Noires

56. BB King jouet et chante " Everybody wants to know why I sing the Blues ". " Ils m'ont mis dans un bateau, à fond de cale. Des hommes se tenaient debout au dessus de moi, la plupart avec un fouet et tout le monde veut savoir pourquoi je chante le Blues ". Rien à ajouter. Louis Armstrong joue et chante "  Dinah " au Danemark en 1933 devant un public de blonds aryens qu'il rend fous de joie et de désir. Dès que Louis joue, il éclipse l'orchestre. Le journaliste: " Monsieur Armstrong, pourquoi souriez vous tout le temps? " . Louis Armstrong: " Parce qu'on me paie pour ça ".

57. Rhythm and Blues, Soul, Funk, la marche vers les droits civiques. Comme le chantait Big Bill Broonzy, " If you are white, it's all right. If you are brown, stick around but if You are black, hum, brother, get back, get back ". Le Rock 'n Roll, musique noire que les Blancs se sont appropriés. " Seuls ces crétins de Blancs américains croient qu'Elvis Presley est le Roi du Rock'n Roll. Le reste du monde sait que c'est Chuck Berry " (Miles Davis). " Si on devait donner un autre nom au Rock'n Roll, on devrait l'appeler le Chuck Berry " ( John Lennon). En réaction, les Noirs américains créèrent la Soul Music avec Otis Redding, Sam Cooke. Les ouvriers noirs travaillaient dans l'automobile à Detroit, Motor City d'où le label Tamla Motown qui lança Stevie Wonder, Diana Ross, The Jackson Five, The Temptations, Smokey Robinson. James Brown chante " Say it loud, I am black and proud ". Chuck D, le leader du groupe de rap Public Enemy raconte que dans son bus scolaire le chauffeur craignait les passages de James Brown à la radio car alors, tous les gamins se mettaient à danser et la conduite devenait TRES dangereuse.La guerre du Vietnam éclate, le ghetto explose et Marvin Gaye chante " What's going on? ". Berry Gordon, le patron de Motown, ne voulait pas sortir l'album, le trouvant trop politique. Heureusement pour lui, il finit par céder et l'album se vendit comme des petits pains. Funk: puant, suant, la musique la plus africaine d'Amérique du Nord. James Brown chante et danse " Get on the good foot ".Puis viennent Isaac Hayes, Curtis Mayfield et les musiques de films de la Black Exploitation que Quentin Tarantino exploite toujours aujourd'hui. Sly and The Family Stone: le 1er groupe mélangeant hommes et femmes, Noirs et Blancs, le modèle de Prince. George Clinton et ses deux groupes, Parliament et Funkadelic, le Sun Ra du Funk, un musicien tellement pillé par les rappers qu'il finit par sortir des singles intitulés " Sample that " pour que les DJ lui paient ses droits d'auteur. 

60. Nous descendons au Sud de l'Amérique avec Antonio Carlos Jobim, un Blanc, influencé par Chopin qui a adouci la Samba, musique noire, faisant de la Bossa Nova un succès mondial qui dure encore. Justo Valdez y la Rumba palenque: un chanteur et des tambours. Ca, c'est noir. " Pour moi, l'avenir de la musique, c'est le retour aux sources: un homme avec un tambour. Pourquoi avoir tant de machines si vous n'avez pas d'idées? " (Dizzy Gillespie).

65. Suites caribéennes. Calypso Rose, de Trinidad et Tobago, chante " Rum and Coca Cola ". Je reconnais l'air. Il me semble que Dizzy Gillespie l'a joué.

63. Cuba Musical Club. La conga de Cuba vient du Congo comme son nom l'indique. La musique cubaine vient du mélange entre la musique espagnole (elle même influencée par la musique arabe) et celle des esclaves venus d'Afrique. Documentaire pédagoque. Le danzon (vient de la contredanse française) est interprété par des orchestres à cordes (les charangas), venus des Espagnols. Le danzon + le son (musique noire) = le mambo qui triompha dans les années 40-50 avec, en France, Dario Moreno (un Juif de Turquie. Autre métissage). Le mambo adouci, c'est le cha cha et le fameux crooner cubain Benny Moré. Le mythe vit toujours avec le Buena Vista Social Club, disparu avec la révolution et ressucité 40 ans après grâce à un film de Wim Wenders, un Allemand. Le boogalo est né aux USA de la rencontre entre Noirs américains et cubains exilés. La Salsa est une musique mélangée comme son nom l'indique (la sauce). Pas un mot sur Dizzy Gillespie et Art Blakey, sapristi!

58. Rhythm and Blues, Soul, Funk. Après le film pédagogique (cf. 57 supra), des exemples. James Brown en concert à l'Apollo, à Harlem, NYC, USA: " I got the feelin ". The Godfather of Soul nous soulève de terre par l'énergie déployée et nous y ancre avec la basse, la batterie. Ca sue, ça pue, ça sent le mâle en rut, bref, c'est du Funk! L'héritage de la transe africaine revisitée par les Noirs américains. Stevie Wonder "  Superstition " (1973). Sophistiqué, puissant, enivrant, cosmique bref Litlle Genius at work, Mr Stevie Wonder. Quel son des claviers se confondant avec la guitare!

Plusieurs ateliers permettent aux visiteurs de se tester sur des instruments typiques des musiques noires.

Club Mix

68. Hip Hop. Les racines nord américaines. Grand Master Flash " The Message " (1982). un portrait à l'acide de la vie dans le ghetto. " C'est comme une jungle. Parfois je me demande comment je fais pour ne pas descendre ". Documentaire pédagogique sur la naissance de la culture Hip Hop: musique, danse, graff, DJ. Toujours Grand Master Flash  avec " Wild Style " démonstration de DJ en 1982. Il y a même des timbales dedans. Le hip hop fut inventé par des gens qui n'avaient pas les moyens de s'acheter une guitare. Ils jouaient avec les vinyls. Afrika Baambata " Beat Street " (1984). Une musique qui annonce la house et la techno. Le look vient de George Clinton mais il n'y a plus d'instrument.

71. Quincy Jones " Dirty dozens ". Montreux Jazz Festival. 1996. Un boogie woogie. Une chanson truffée d'allusions obscènes chantée par deux Noires en forme(s). Jimi Hendrix " Foxy Lady " au Monterey Pop Festival. 1967. The Space Bluesman comme le surnommait John Leee Hooker était métis (père Noir, mère Amérindienne) comme Don Cherry.

Un fim de démonstration de danse cubaine. Il n'y a qu'à suivre les pas. Deux jeunes visiteuses noires s'amusent beaucoup à danser la salsa d'autant plus qu'elles se voient sur un autre écran. Même dispositif pour le rap avec " Fight the power " de Public Enemy. 

Il y a aussi des juke boxes, en l'occurence des PC contenant des morceaux sélectionnés de musique urbaine africaine. Je découvre les Congotronics. Surpuissant. De Centre Afrique vient la musique à penser, pour choeurs d'hommes, des Gbaya. Envoûtant. Un solo de djembé par Adama Dramé, ça change des petits blancs qui en jouent TRES mal les soirs d'été sur les pelouses du parc de la Villette où se trouve la Cité de la Musique. Ca c'est de la pulsation. Un Maître tambour. 

Cet article ne reflète que brièvement mes 2h de visite dans une exposition où il y a 11h de musique à voir et écouter. C'est dire s'il faut y aller, y venir, y revenir, surtout avec des enfants car elle est ludique et participative. D'autant plus que n'étant que de passage à Paris, je n'ai pu profiter des visites guidées, des ateliers d'initiation musicale, des concerts liés à l'exposition " Great Black Music ".  Quel beau voyage!

 

 

Ali Farka Touré (1939-2006) en concert chez lui, au Mali, au Segou Festival en 2005. Vu la situation politique et militaire au Mali aujourd'hui, je déconseille à mes compatriotes français de se rendre à ce festival. Musicalement, la parenté de style avec John Lee Hooker est évidente. Rien à ajouter.

 

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RECLAME: Herbie Hancock & Wayne Shorter en concert à l'Olympia le 15 juillet 2014

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

RECLAME

 

Wayne Shorter

&

Herbie Hancock

en concert à Paris, à l'Olympia, le mardi 15 juillet 2014 à 20h.

 

Herbie Hancock

 

La photographie d'Herbie Hancock est l'oeuvre de l'Impeccable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices avisées, lecteurs aguerris, si vous avez écouté du Jazz depuis 1959, il est inutile de vous présenter Herbie Hancock et Wayne Shorter, inutile de vous expliquer la rareté de leur duo sur scène, inutile de vous exclamer devant le prix gastronomique des places pour ce concert (ce qui est rare est cher).

Il n'y a rien d'autre à dire qu'il vous faut casser votre tirelire et réserver votre place derechef si vous désirez assister à ce concert de deux Géants du Jazz contemportain pendant qu'ils nous enchantent encore sur cette planète, hic et nunc.

En concert au Japon, Herbie Hancock (piano) et Wayne Shorter (saxophone soprano) jouent " Footprints ", composition de Wayne Shorter devenue un standard du Jazz contemporain. Rien à ajouter.

 

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