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Hommage à Thelonious Monk par le trio de Stéphane Tsapis au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Monk's Day

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Samedi 19 février 2022, 18h

Stéphane Tsapis: piano

Mathias Lévy: violon

Jean-Charles Richard: saxophones soprano & baryton

Lectrices Be, lecteurs Bop, comme vous le savez, le pianiste et compositeur américain Thelonious Sphere Monk est né le 10 octobre 1917 et mort le 17 février 1982. Cela fait donc 40 ans qu'il est mort et que son oeuvre demeure. Thelonious Sphere c'était son vrai prénom. Monk son vrai nom. La Sphère et le Moine, cela résume l'oeuvre et l'homme. 

Pendant le confinement dû à la pandémie de Covid, Stéphane Tsapis jouait chaque lundi avec des amis en studio. Every Monday is Monk's Day. Chaque lundi est le jour de Monk. Tel était le titre du concept diffusé sur l'Internet. Le lundi étant voué à la lune, cela aussi correspond bien à TS Monk. Cf vidéo sous cet article. 

Maintenant qu'il est de nouveau permis de jouer en public, sans écran interposé, Stéphane Tsapis a décidé d'emmener certains des groupes créés durant ces séances sur scène.

Ce samedi 19 février 2022, à 18h, à Paris, au Sunside, c'est le premier concert de ce trio piano, saxophones, violon. Pas de batterie, pas de contrebasse, pas de guitare, pas de cuivres. Une instrumentation originale pour une musique qui ne l'est pas moins.

Départ en piano solo. En trifouillant dans les cordes du piano ce que ne faisait jamais Monk.Le sax baryton et le violon reprennent un air bien connu de Monk, en l'étirant alors que Monk jouait saccadé. Excellent. Le baryton développe le thème en le faisant gonfler et flotter comme une grosse bulle de savon. Il faut trouver le thème derrière les masques que créent les musiciens. Le violon revient dans la danse. Le pianiste distille les notes, dans l'esprit monkien. C'est mieux que bien. Je ne peux m'empêcher de chanter le thème qui ressemble à un escalier qui descend toujours mais n'arrive jamais. " Jouer avec Monk, ça vous donne la sensation de tomber dans une cage d'ascenseur " (John Coltrane). C'est " Misterioso " à écouter en concert au Five Spot à New York en 1958 avec Johnny Griffin (sax ténor) & Roy Haynes (batterie) sur l'album " Misterioso " justement. 

" Thelonious ". Stéphane Tsapis joue le thème sautillant dans les cordes du piano. Cela remplace la contrebasse. Les mains du pianiste reviennent sur le clavier, le sax baryton se déploie gravement et le violon lie l'ensemble. Le pianiste prend la main dans un style monkien mais sans imitation. Il joue le thème dans les cordes du piano alors que piano, violon & baryton chantent joyeusement.

Solo de baryton pour commencer. Ca grogne, chante, vibre. Jean-Charles Richard installe le thème. Le pianiste joue un ostinato auquel répond le baryton puis le trio se lance. Je ne connais pas ce thème mais, assurément, c'est du Monk." Locomotive " thème que j'ignorais jusqu'à ce concert, je l'avoue.

" Pannonica ", hommage de Monk à la Baronne Pannonica de Koenigswarter (1913-1988), née Rotschild (branche anglaise). Héroïne de la France libre et mécène du Jazz. C'est dans la maison de la Baronne que Charlie Parker est mort en 1955 et que Thelonious Monk est mort en 1982 après plusieurs années de silence total. Elle s'appelait Pannonica à cause d'un papillon découvert par son père en Pannonie, province romaine d'Europe centrale (en gros, la Hongrie actuelle). Une ballade élégante à souhait. Le violon de Mathias Lévy met la touche qu'il faut. Le sax soprano vient ajouter de la légèreté. Duo piano violon romantique à souhait mais sans mièvrerie. Ca tourne à la valse. Splendide!

Solo de violon pour commencer. Ca file, s'arrête, pince, gratte, vibre. Mathias Lévy accélère et le soprano, puis le piano entrent dans la danse. Ca remue, secoue. Joli duo scintillant entre piano et soprano. Ca pulse et c'est acide. Bref, c'est du Monk. Solo de piano à la Monk. L'héritage du Boogie woogie transformé par un Génie. Ca y est, je reconnais un thème de Monk mais pas le titre. C'était " Four in one " pas la plus facile, mais la plus rigolote à jouer nous explique Stéphane Tsapis. C'est le premier concert public de ce trio après le travail en studio.

" Reflections ". Sax soprano. Le trio démarre par le thème. " Les miroirs feraient bien de nous réfléchir avant de nous renvoyer notre image " (Jean Cocteau, premier Président de l'Académie du Jazz). Sax et violon étirent le thème alors que le piano le décortique. Le soprano s'envole dans un solo méditatif discrètement soutenu par le piano. " Jean-Charles Richard a un immense talent et des possibilités infinies. Il fait partie de cette catégorie d'artistes jouant au saxophone soprano ce que je peux à peine imaginer " (Dave Liebman). 

" San Francisco Holiday ". Peut-être un souvenir agréable de l'enregistrement de l'album " Alone in San Francisco " de Thelonious Monk. " Il y a 3 villes aux Etats Unis: New York, La Nouvelle Orléans et San Francisco. Le reste, c'est Cleveland " (proverbe américain). Enchaîné avec " Bye Ya " (cf extrait audio au dessus de cet article). Stéphane Tsapis en fait une interprétation lacanienne y voyant un jeu de mots subtil entre " Bye Ya " et " Bahia " (Salvador de Bahia) donc un hommage au Brésil. Les jungiens et les freudiens de stricte obédience contesteront cette interprétation.

Ca sent les vacances. Morceau léger, joyeux qui dévale comme le tramway dans les rues de San Francisco. Solo de violon, virevoltant à souhait, poussé par le piano. Je bats la mesure du pied mais, moins énergiquement que Monk qui fut aussi organiste dans sa jeunesse et qui, parfois, quittait le piano pour danser sur scène comme un derviche tourneur. Retour au baryton qui ponctue doucement les envolées du piano.

Enchaînement direct avec " Bye Ya ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Toujours au baryton. Ca sautille comme il faut. Je bats toujours la mesure du pied droit. Si ça ne danse pas, ce n'est pas du Monk, ne l'oublions pas. La sonnerie du téléphone au bar du Sunside vient ponctuer la musique dans un esprit tout à fait monkien. Excellent.

Le concert doit finir à 19h10 afin de laisser le temps au personnel de préparer la salle pour le concert suivant. Il est 18h57. Un rappel est donc jouable. Stéphane Tsapis choisit le morceau préféré de sa mère. " Bravo, maman! " s'écrie une spectatrice enthousiaste juste devant moi . C'est " Blue Monk " qui est resté comme surnom à Monk avec " The Prophet " & " The Beard " (surnom repris depuis par le joueur de basket ball James Harden). Cf vidéo sous cet article. Sax soprano. Le pianiste installe le thème, le violoniste enchaîne ainsi que le saxophoniste. Solo de soprano tout à fait gracieux. Ici plane l'ombre de Steve Lacy (1934-2004), saxophoniste soprano qui fut le premier à jouer Monk sans piano. Le piano se tient discrètement à l'arrière plan. Solo de piano qui balance bien pour rester dans l'esprit. Pizzicato sur le violon pour remplacer la contrebasse absente. Mathias lévy enchaîne à l'archet. Il envoie et le violon s'envole. Je bats toujours la mesure du pied droit. Espérons que ce premier concert ne soit pas le dernier.

 

Prochain rendez-vous de Stéphane Tsapis avec Thelonious Monk en concert à Paris au Sunside le vendredi 25 février 2022 à 21h30. En trio piano, contrebasse, batterie avec un trio d'Enchanteuses. Camille Bertault au centre. Cf vidéo sous cet article.

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Sélection de concerts de Jazz en France pour mars 2022

Publié le par Guillaume Lagrée

Tony Malaby par Juan Carlos HERNANDEZ

Tony Malaby par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, armé de partialité et de mauvaise foi, je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz en France pour le mois de mars 2022. A écouter masqué et vacciné, bien entendu.  

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Mon émission Le jars jase jazz est consacrée à l'influence de la France sur le Jazz et lycée de Versailles  sous le titre générique Détours de France. La France à la lumière du Jazz. Diffusion chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) . En mars 2022, 16e épisode avec 8  diffusions: lundi 7 , 14, 21 & 28 mars à 22h; vendredi 4, 11, 18 & 25  mars à 12h. Jazz d'hier avec  Dizzy Gillespie, Count Basie, Ella Fitzgerald, Freddie Hubbard, Martial Solal, Henri Texier, Richard GallianoIndividus tous très favorablement connus de nos services. Cf extrait audio au dessus de cet article.

- Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.  

Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor français maintes fois célébré sur ce blog, programme un concert chaque mercredi à 19h30 (heure de New York) au Bar Bayeux à New York. 

Mercredi 2: Simon Moullier Trio (Alex Claffy, Jimmy Macbride)
Mercredi 9: Mark Shim Trio (Drew Gress, Eric Harland)

Mercredi 16: Sam Yahel Trio (Matt Penman, Jochen Rueckert). 
Mercredi 23:   Lawrence Fields trio

Mercredi 30: Miles Okazaki “Trickster” (Matt Mitchell, Anthony Tidd, Sean Rickman)

Concerts diffusés en direct sur Internet puis en différé pendant 6 jours. Un club de Jazz de New York livré chez vous sans autre frais que la connexion à la Toile. Vos dons sont les bienvenus. 

Chaque lundi à 14h (New York) , 20h (Paris), le pianiste franco-américain Dan Tepfer maintes fois célébré sur ce blog donne en direct un concert public gratuit sur sa chaîne Youtube et sa page Facebook. Parfois seul, parfois accompagné. Entrée libre.

A Paris, au Baiser Salé, CZ festival tout le mois. Mario Canonge & Michel Zenino jouent en duo au Baiser Salé tous les mercredis à 19h30 depuis 16 ans. Un mois par an, ils invitent des musiciens à les rejoindre sur scène. En 2022, c'est en mars que ça se passe.

En Auvergne Rhône Alpes, dans la Drôme, à Crest, Valence & Romans sur Isère, festival Jazz sur le Grill du mardi 1er au samedi 12 mars. Artiste fil rouge: Moondog (1916-1999).Avec notamment Sylvain Rifflet jouant Moondog mardi 1er mars.

En Ile de France, au Perreux sur Marne (94), 4e Biennale de Jazz du jeudi 10 au dimanche 13 mars 2022. 11 concerts, plus de 50 artistes et 15h de musique.

En Ile de France, à Conflans Sainte Honorine (78), festival Jazz au Confluent du samedi 12 au dimanche 20 mars avec le Blazin Quartet le samedi 12 mars à 21h & Echoes of Henri Cow de Michel Edelin samedi 19 mars à 21h.

En Ile de France, en Seine-Saint-Denis, 39e festival Banlieues Bleues du samedi 26 mars au vendredi 22 avril.

Mardi 1er mars, 21h30, Paris, Le Sunside: Dave Bristow Quintet avec Olga Amelchenko (sax alto). Je ne connais pas ce pianiste britannique mais si Olga Amelchenko joue avec lui, il ne peut être qu'intéressant. 

Vendredi 4 mars:

- 19h30, Paris, Le Baiser Salé: Charlotte Wassy (chant) & Felipe Cabrera (contrebasse). Duo caliente!

- 20h30, Paris, Le Sunset: Lenny Popkin (sax ténor), Gilles Naturel (contrebasse), Carol Tristano (batterie). Le dernier saxophoniste Cool Jazz en activité accompagné de son épouse Carol Tristano, la batteuse aux pieds nus, fille de Lennie Tristano, le Maître de Lennie Popkin. Indispensable! Cf vidéo sous cet article.

- 21h30, Paris, Le Sunside: Dexter Goldberg Trio. Jeune pianiste français à suivre. 

Samedi 5 mars, 20h30, Paris, Le Sunside: les frères Boulou & Elios Ferré (guitares), Alain Jean-Marie (piano), Pierre Boussaguet (contrebasse). Tellement bon que ça devrait être illégal!

Lundi 7 mars, 20h, Paris, La Rhumerie: Julien Coriatt Brand New Quintet. Avec Sonny Troupé (Gwo Ka). Entrée libre. Dîner concert. La nouvelle vague du Jazz antillais. 

Mardi 8 mars:

- 21h, Paris, le Café Laurent: Viktorija Gecyte (chant) & Dexter Goldberg (piano). Entrée libre. Pour fêter en beauté la journée internationale des Femmes. 

-21h30, Paris, Le Baiser Salé: Blazin Quartet & Magic Malik. Fait partie de mon meilleur du Jazz en 2021. Indispensable

Mercredi 9 mars, 21h, Paris, Le New Morning: Pierrick Menuau. Concert de sortie de l'album " Togetherness Ensemble " chroniqué sur ce blog

Jeudi 10 mars:

- 19h30, Paris, Le Sunside: Olga Amelchenko/ Ebobissé + Kemaca Kinetic. Suivez cette femme!

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: Les 1001 nuits du Jazz. Le Jazz New Orleans. Concert pédagogique avec Raphaël Imbert (sax, MC).

- 20h, Le Vésinet (78), Théâtre du Vésinet: Pierrick Pédron Quartet. Valeur sûre.

- 20h30, Strasbourg (67), Fossé des Treize: Colin Vallon trio. Un pianiste suisse par delà les montagnes.

- 21h30, Paris, Le Baiser Salé: Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) invitent Ricky Ford (sax ténor) & John  Betsch (batterie). Après le Carnaval, c'est le CZ Festival!

Vendredi 11 mars:

- 19h30 & 21h30, Paris, Le Sunside: Jacky Terrasson trio. Rare en club.

- 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Xavier Richardeau A Caribbean thing. Jazz antillais avec des locaux et des métros.

Samedi 12 mars:

- 18h30 & 21h30, Paris, Le Sunside: Jacky Terrasson trio. Rare en club.

- 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Xavier Richardeau A Caribbean thing. Jazz antillais avec des locaux et des métros.

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: Les 1001 Nuits du Jazz. Jazz et Classiques. Concert pédagogique avec Raphaël Imbert (sax, MC).

- 20h30, Vincennes (94), Espace Sorano: Jeremy Pelt Quintet. Plus pacifiquement qu'en 1917, les Américains débarquent à Vincennes.

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Michel Portal & Sylvain Luc. Duo vertigineux.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: Frédéric Borey, Christian Brenner, Bruno Schorp, Pier Paolo Pozzi. La Classe, tout simplement. Entrée libre.

- 21h30, Paris, Le Baiser SaléMario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) invitent Florin Niculescu (violon) & Bruno Ziarelli (batterie).  Après le Carnaval, c'est le CZ Festival!

Dimanche 13 mars:

- 14h30, Paris, Le Sunside: Musique et société. Conférence sur Duke Ellington avec Raphaël Imbert.

- 16h, Cerny (91), Au Sud du Nord: Henri Texier Chance Trio. Une chance pour les spectateurs de ce concert.

Mardi 15 & mercredi 16 mars, 20h30, Paris, Le Sunset: Fred Pallem Song book. Fred Pallem quitte son grand orchestre le Sacre du Tympan pour un trio en club autour des chansons de Michel Legrand à Steely Dan.

Vendredi 18 mars, 20h & 22h, Paris, le Baiser Salé: Annick Tangorra (chant) & Alain Jean-Marie (piano). La classe tout simplement.

Samedi 19 mars:

 - 19h30, Paris, Le Baiser Salé: Tricia Evy chante Georges Brassens en version Jazz créole. Réjouissant!

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: Novecento. L'histoire sur le piano, la croisière et Jelly Roll Morton d'Alessandro Baricco racontée par Frank Cassenti, accompagnée par Jacky Terrasson (piano).

Mardi 22 mars:

 20h30, Strasbourg (67), le Fossé des TreizeTony Malaby (sax ténor), Angelica Sanchez (piano) & Tom Rainey (batterie). Whaoouhh! Cf photographie de Tony Malaby au dessus de cet article. 

- 21h, Paris, Le Sunside: Wayne Escoffery Quartet avec David Kikoski (piano) & Ugonna Okegwo (contrebasse). La Classe à l'américaine.

Mercredi 23 mars, 20h, Paris, Le Bal Blomet: Suba. Seckou Keita (Sénégal): kora. Omar Sosa (Cuba): piano. Gustavo Ovalles (Venezuela): percussions. Aux sources du Jazz, le lien transatlantique entre Afrique et Amérique.

Jeudi 24 mars:

- 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Felipe Cabrera Quartet Mirror. Caliente!

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: Les 1001 Nuits du Jazz. Jazz Klezmer avec Raphaël Imbert (sax, MC). Concert pédagogique.

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Sylvain Cathala Trio. Ouvrez vos oreilles et vos cerveaux!

- 20h30, Paris, Le Sunside: Minino Garay & Manu Codjia. Concert de sortie de l'album " Speaking Tango " prochainement chroniqué sur ce blog.

- 21h, Paris, Le Studio de l'Ermitage: Julien Alour. Concert de sortie de l'album " Light in the Box "  chroniqué sur ce blog.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: duo Rémi Cormeille (piano) & Christophe Panzani (sax ténor). Révisez vos Classiques. 

- 21h, Paris, l'Entrepôt: Jazz en cinéma avec le trio Giovanni Cecarelli (piano), Mauro Gargano (contrebasse) & Patrick Goraguer (batterie).

Vendredi 25 & samedi 26 mars, 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Marquis Hill New Gospel Revisited. Terriblement Funky!

Vendredi 25 mars:

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Trio Louis Sclavis (clarinettes), Sarah Murcia (contrebasse) & Marc Ducret (guitare électrique). Ouvrez grand vos oreilles et vos cerveaux!

- 20h30, Paris, Le Sunside: Minino Garay & Manu Codjia. Concert de sortie de l'album " Speaking Tango " prochainement chroniqué sur ce blog.

- 21h, Paris, Le 38 Riv: Dave Bristow Quintet avec Olga Amelchenko (sax alto). Je ne connais pas ce pianiste britannique mais si Olga Amelchenko joue avec lui, il ne peut être qu'intéressant.

- 21h30, Paris, Le Sunset: Ulf Waknius & Paulo Morello (guitares). Il y a aura des guitaristes dans la salle.

Samedi 26 mars:

- 20h30, Paris, Le SunsideMinino Garay & Lionel Suarez. Concert de sortie de l'album " Speaking Tango " prochainement chroniqué sur ce blog.

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Bruno Angelini Trio. " Transatlantic roots ". Les Etats Unis d'Amérique racontés par des Jazzmen français.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: Quartet de Fabien Mary (trompette) avec Alain Jean-Marie (piano). Révisez vos Classiques.

Lundi 28 mars:

- 19h30, 21h & 22h30, Paris, Le Duc des Lombards: Nouvelle Scène. Neil Saidi Quartet. Entrée libre.

- 20h, Paris, La Rhumerie: Gaël Horellou Quartet avec Alain Jean-Marie. Entrée libre. Révisez vos Classiques.

Mercredi 30 mars:

- 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Manuel Rocheman Magic Lights Quartet avec Rick Margitza. Classieux.

- 20h30, Paris, Le 360 Music Factory: Camille Bertault (chant) et son Boy's Band de feu: Minino Garay (percussions), Christopher Minck (contrebasse) & Fady Farah (piano)

- 21h30, Paris, le Sunside: " For Virginia ". Le sextet de Sébastien Lovato (piano) rend hommage à Virginia Woolf. Qui a peur de Virginia Woolf? 

Jeudi 31 mars:

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: Feet. Une histoire des danses de Jazz du Cake Walk au Modern Jazz. 

- 20h30, Paris, Le Studio de l'Ermitage: Olivier Calmel Double Celli. Concert de sortie de l'album " Métamorphoses " célébré sur ce blog.

- 20h45, Fontenay sous Bois (94), Le Comptoir: " Home ". Papanosh. Un spectacle sur le refuge et le domicile.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: trio Pierre de Bethmann (piano), Bruno Schorp (contrebasse) & Pier Paolo Pozzi (batterie). Révisez vos Classiques.

- 21h, Paris, L'Entrepôt: Alba Obert. Jeune violoniste à suivre.

La photographie de Tony Malaby est l'oeuvre du Prodigieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Ricky Ford en trio sans basse au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Ricky Ford par Juan Carlos HERNANDEZ

Ricky Ford par Juan Carlos HERNANDEZ

Ricky Ford trio

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Samedi 12 février 2022, 20h30

 

Ricky Ford: saxophone ténor

Dexter Goldberg: piano

Chris Henderson : batterie

Ricky Ford tenait une galerie d'art où il exposait ses peintures et un festival de Jazz où il invitait jouer ses amis à Toucy (Yonne, Bourgogne Franche Comté, France) mais, selon la Toile, ni l'une ni l'autre ne sont plus en activité. Il est en concert à Paris, au Sunset, avec un vieux et un jeune complice, le batteur Chris Henderson et le pianiste Dexter Goldberg, maintes fois célébré sur ce blog. Pas de contrebasse. Ricky Ford (1954) a joué dans les derniers groupes de Charles Mingus (1922-1979). N'oublions pas de fêter les 100 ans de Charles Mingus en 2022. Cela rend très exigeant sur le choix du contrebassiste. Ce soir, il s'en passe.

Le trio commence par une Bossa Nova. Ca roule tranquille. Salle archi comble. Son de sax ténor chaud et viril à souhait. Dans la lignée de Dexter Gordon. Le saxophoniste américain en hommage auquel le saxophoniste français Michel Goldberg a prénommé son fils, Dexter Goldberg. Retardé par le magnifique match du XV de France (victoire 30-24 face à l'Irlande pour le 2e match du tournoi des 6 Nations) je suis arrivé à 20h35. Sanction immédiate. Toutes les places assises sont prises. Je me trouve debout au bar. Le pianiste est d'emblée au niveau de ses deux aînés. Il est le seul à lire une partition. Les deux autres musiciens savent où ils vont, sans carte routière. C'est bien monté en puissance. Chaud tout de suite. Solo du pianiste en croisière. Le batteur aux baguettes a baissé le son mais pas l'intensité. Puis le trio reprend s'étirant jusqu'au final. Du fond de la salle, je n'entends rien aux mots sans micro de Ricky Ford.

Un morceau de Jazz sans accent latin. Toujours énergique. Petite citation de TS Monk dans le solo de sax ténor. Ricky Ford jaillit comme un geyser. Chaud et abondant. Même les spectateurs qui bavardent applaudissent à la fin du solo de saxophone. Solo de piano toujours poussé par le batteur qui ne lâche rien. Premier break de batterie sur les tambours, aux baguettes. Bonne vibration comme s'il jouait de la contrebasse. Ca tombe bien. Il n'y en a pas ce soir.

Première ballade langoureuse à souhait. Le batteur reste aux baguettes mais joue tout en douceur. Je ne reconnais pas les thèmes mais ils sonnent comme des standards. Ricky Ford déroule le tapis rouge. Solo cristallin du pianiste. Le batteur est passé aux balais et masse doucement tambours et cymbales. Ca balance tranquille. Bel envol final. Public enthousiaste. 

Un morceau au tempo caribéen. Une calypso. Hommage à Sonny Rollins, le Colosse du saxophone ténor? Le batteur joue bien la syncope typique de la calypso. Le piano est bien dans la danse lui aussi. Chris Henderson a tombé la veste mais gardé la cravate. La classe à l'ancienne. Il tapote sur les bords de caisse pour restituer le son métallique des steel drums de Trinidad & Tobago. Joli duo piano & batterie bien dans l'esprit caribéen même si ce n'est pas Alain Jean-Marie (Guadeloupe) ou Mario Canonge (Martinique) au piano. Je bats frénétiquement la mesure du pied gauche ce qui est bon signe. Le public est encore plus enthousiaste.

PAUSE

Pendant la pause, je discute avec deux sympathiques gaillards. Un Germano-Américain prêt à suivre tous les concerts d'Olga Amelchenko suite au portrait que je lui ai dressé de cette saxophoniste russe. Un Slovène qui me promet de me faire découvrir le Jazz slovène. Si je reçois du Jazz slovène à mon goût, je vous en ferai part, lectrices raffinées, lecteurs distinguées.

Reprise avec un standard maintes fois repris par les DJ, " The Sidewinder " (1964) de Lee Morgan. Joe Henderson (1937-2001) était le saxophoniste du morceau original. Le trio s'y attaque sans la trompette de Lee Morgan (1938-1972), ni la contrebasse de Bob Cranshaw. Bref, c'est du très lourd. Ca tourne. Piano et batterie marquent implacablement le tempo. Le sax ténor se déploie. Le pianiste attaque bien. Le batteur groove terrible. Il ne relâche jamais la pression mais n'en met pas trop. Très efficace. Le trio fait chauffer la machine, remettant sans cesse du charbon dans le fourneau. 

Un morceau turc " Uz garduz " (?). Ricky Ford a enseigné à l'université Bilgi d'Istanbul de 2000 à 2006. Il en garde de bons souvenirs. Au 2e set, Ricky Ford parle dans le micro et j'entends donc ses annonces. Morceau rapide, dynamique. Ca sonne bien occidental, Jazz. Quel flux sort de ce sax ténor! Ca dépote sévère. Belles envolées du pianiste en solo. Belle vague de grave. Le batteur le pousse sans cesse. Breaks du batteur aux baguettes sur les tambours qui relancent la machine. 

Nous ne connaissons pas la chanson suivante annonce Ricky Ford. Solo de ténor pour commencer. Le piano vient ajouter quelques notes. Je reconnais un standard de la Pop. " Your are not alone " le 13e et dernier n°1 des ventes de Michael Jackson. Point pour les juristes. Droit pénal: R. Kelly, l'auteur de cette chanson, a, comme Michael Jackson, été accusé d'agression sexuelle sur mineurs. Michael Jackson est mort et le jugement concernant R.Kelly n'est pas encore rendu alors que j'écris cette ligne. Droit de la propriété intellectuelle: la cour d'appel de Bruxelles a jugé que cette chanson est un plagiat de " If we can start all over " des frères jumeaux belges Danny & Eddy Van Passel. " You are not alone " n'est plus diffusé en Belgique mais l'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles n'est valable que dans le Royaume de Belgique. " Le Jazz, cela consiste à transformer le saucisson en caviar " (Barney Wilen). Ricky Ford tire de cette chanson une ballade majestueuse à la Sonny Rollins. Batteur aux balais. Grande classe.  Miles Davis, lui, interprétait une autre ballade de Michael Jackson, " Human Nature ". 

" Mack the knife ". 3 notes me suffisent pour reconnaître ce standard immortalisé par Louis Armstrong & Ella Fitzgerald. Le trio nous joue une version lente mais intense, bien entendu. Ca marche. Une femme accoudée au bar danse au rythme de la musique. Le père et le fils assis devant moi sont musiciens. Ils comptent les mesures, notent les clefs. 40 ans et 12 ans à vue d'oeil. Pour l'analyse technique détaillée du concert, prière de les consulter, lectrices raffinées, lecteurs distingués. Solo de piano sans soutien du batteur. Dexter Goldberg balance à l'ancienne sans que ça sente la copie. Chris Henderson revient aux balais massant ses tambours et nos cerveaux. Le père imite la voix de Louis Armstrong pour amuser son fils. Curieux chemin que cette version américaine d' une chanson allemande de Kurt Weill & Bertold Brecht (tirée de " L"opéra de 4 sous " ) elle même inspirée d'un opéra anglais du XVIII° siècle The Beggar's Opera de John Gay. 

Enchaînement direct avec un autre standard du Jazz. " Lush Life " de Billy Strayhorn, le 2e cerveau de Duke Ellington. Sans nous laisser le temps de comprendre et d'applaudir le morceau précédent. Batteur aux baguettes. Une ballade jouée avec intensité. Son majestueux du saxophone ténor.

Retour au hard bop. Batteur aux baguettes. Le trio envoie bien.

PAUSE

La partie se joue en 3 sets gagnants mais le Germano Américain, le Slovène et moi avons eu notre dose de beauté. Pour nous, le concert est fini. 

 

Dans la vidéo sous cet article, vous trouverez le même trio en concert à Paris, dans la péniche Marcounet, en juillet 2021.

La photographie de Ricky Ford est l'oeuvre de l'Indélébile Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Togetherness Ensemble Pierrick Menuau

Publié le par Guillaume Lagrée

Pierrick Menuau

Togetherness Ensemble

Sortie le mercredi 22 février 2022

Concert de sortie à Paris au New Morning le mercredi 9 mars 2022 à 21h

Bienvenue au 64e abonné de ce blog.

Que les Dieux et les Muses le protègent!

Pierrick Menuau: saxophone ténor, compositions (1,2,3,4, 5 & 9)

Yoann Loustalot: trompette, compositions 7 & 11

Julien Touéry: piano, compositions 8 & 10

Sébastien Boisseau: contrebasse

Christophe Lavergne: batterie

 

Lectrices Free, lecteurs Jazz, ce blog vous a déjà chanté les louanges du trompettiste Don Cherry & du saxophoniste Gato Barbieri séparément. Le titre de cet album " Togetherness ensemble " est une allusion évidente pour vous, lectrices Free, lecteurs Jazz à l'album " Togetherness " (1965) de Don Cherry & Gato Barbieri. Figure d'ailleurs sur cet album de 2022 en 6e position une version du " Fourth Movement " de Don Cherry qui se trouve sur l'album de 1965. C'est la composition la plus belle, la plus spirituelle de cet album à mon avis. 

Par rapport à leurs aînés, ces musiciens sont bien plus sages. Il n'y a pas de vibraphone (Karl Berger) mais un piano (Julien Touéry), le tempo de Christophe Lavergne est bien plus régulier que celui d'Aldo Romano. Surtout, sans vouloir leur porter ombrage, Pierrick Menuau, Yoann Loustalot & Sébastien Boisseau sont d'excellents musiciens mais ce ne sont pas des révolutionnaires comme Don Cherry, Gato Barbieri & Jean-François Jenny Clarke. 

Ce Togetherness ensemble est donc bien moins surprenant et dérangeant que le " Togetherness " de 1965. Plus facile d'accès. Ils ont quand même le feu sacré et savent rendre hommage à leurs aînés sans les copier. Ils font vivre leur musique 57 ans après sa création et cela est juste et bon. Par exemple, " Moca " (5) où la trompette bouchée de Yoann Loustalot me fait vraiment penser à Don Cherry. Pierrick Menuau joue très bien du sax ténor mais je n'entends qu'un seul instrument alors qu'avec Gato Barbieri, j'en entends deux en même temps tant le son de son instrument est énorme. C'est le privilège des Géants. 

Là encore, la vérité de cette musique doit apparaître sur scène afin que les musiciens se lâchent plus qu'en studio. Rendez-vous, lectrices Free, lecteurs Jazz, à Paris au New Morning le mercredi 9 mars 2022 à 21h pour le concert de lancement de cet album.

 

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" Light in the box " Julien Alour

Publié le par Guillaume Lagrée

Julien Alour

" Light in the box "

Vita productions. Sorti le 4 février 2022

Concert de sortie à Paris, en France, au Studio de l'Ermitage jeudi 24 mars 2022 à 21h

Julien Alour: trompette, bugle, compositions

Simon Chivallon: Fender Rhodes

Yoni Zelnik: contrebasse

Elie Martin-Charrière: batterie

Camille Bertault: chant sur " Ballad for N

 

Honorables lectrices, respectables lecteurs, je vous ai déjà parlé de Julien Alour comme accompagnateur de Jean-Philippe Scali et Rhoda Scott avec sa soeur Sophie Alour, saxophoniste.

Le voici en leader avec son album " Light in the box ". Qu'en dire? Que c'est agréable et très sage. Trop sage pour retenir mon attention ou susciter mon admiration. Ca s'écoute très bien mais rien de saillant à mon goût.

Même Camille Bertault ne met pas de grain de folie dans la " Ballade for N " (4).

J'espère que le groupe se lâchera plus sur scène. A vérifier sur pièces et sur place à Paris, au Studio de l'Ermitage, jeudi 24 mars 2022 à partir de 21h.

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Ecoutez Couleurs Jazz Radio la radio 100% Jazz 24h/24

Publié le par Guillaume Lagrée

Ecoutez Couleurs Jazz Radio la radio 100% Jazz 24h/24

Lectrices Cool, lecteurs Hot, vous pouvez retrouver mon émission " Le Jars jase Jazz " sur Couleurs Jazz Radio chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris).

Couleurs Jazz Radio diffuse du Jazz d'aujourd'hui, de tout genre et de toute origine, 24h/24, sans publicité,  comme ce blog. Sur votre écran, cliquez sur " Ecouter le live radio " et le son commence. 

Vous pouvez adhérer à l'association ZebraJazz qui a créé et anime Couleurs Jazz Radio.  Si vous êtes redevables d'impôts directs en France, votre don est  déductible.

Bonnes découvertes musicales sur Couleurs Jazz Radio, lectrices Cool, lecteurs Hot.

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Martial Solal Concerto " Icosium " à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal

Concerto " Icosium "

+

Dimitri Chostakovitch

Symphonie n°9

Maison de la Radio 

Paris, Ile de France, France

Dimanche 30 janvier 2022, 16h

Concert diffusé ultérieurement par France Musique

 

Orchestre national de France dirigé par Cristian Macelaru. Luc Héry: violon solo. 

 

Martial Solal (1927). Concerto " Icosium " pour piano, trompette et orchestre.

Manuel Rocheman: piano

Thierry Caens: trompette

Jean-Charles Richard: coordination musicale.

ENTRACTE

Dimitri Chostakovitch (1906-1975)

Symphonie n°9 en mi bémol majeur opus 70

1. Allegro

2. Moderato

3. Presto- Largo - Allegretto - Allegro

 

 

Lectrices affutées, lecteurs affinés, ce blog vous a maintes fois chanté les louanges du pianiste, compositeur et chef d'orchestre français Martial Solal. Né en 1927 à Alger, Martial Solal ne joue plus sur scène ce qui s'entend pour un homme dans sa nonante cinquième année. Ses compositions sont toujours jouées. C'est ainsi que je me trouve de nouveau à la Maison de la Radio après deux concerts consacrés à Michel Legrand. Avec, à ma droite, le blogger Vieille Carne bien plus fou de musique que moi et qui, privilège de l'âge, n'a, à l'entendre, manqué aucun concert majeur de Jazz, de Classique ou de Contemporain depuis 1960. Il était présent par exemple aux 3 concerts dédiés à Michel Legrand, jeudi 27, vendredi 28 & samedi 29 janvier à la Maison de la Radio Respect. Tout comme ma charmante voisine de droite des 2 concerts Michel Legrand auxquels j'ai assisté. Celle du site Toute la culture.

Avant Alger, du temps de l'Imperium Romanum, il y avait Icosium sur les ruines de laquelle est bâtie la Casbah d'Alger. D'où le concerto " Icosium " pour piano, trompette et orchestre de Martial Solal. Au piano, le seul élève reconnu de Martial Solal, un pianiste très favorablement connu de nos services, Manuel Rocheman. A la trompette, un trompettiste contemporain que je ne connais pas mais qui est évidemment au niveau exigé, Thierry Caens. L'Orchestre national de France dirigé par le Roumain Cristian Marcelanu est une machine de paix de la plus haute qualité. Jean-Charles Richard,  saxophoniste lui aussi très favorablement connu de nos services, assure la coordination musicale. L'acoustique de l'Auditorium est à la hauteur de l'excellence des musiciens. Bref, tout est propre en ordre.

Sauf que, comme mon voisin de droite, le blogger Vielle Carne,  je suis resté perplexe à l'écoute de ce Concerto " Icosium ". Je sais que Martial Solal aime raconter plusieurs histoires en même temps, qu'il adore les surprises et abhorre la répétition. Dans ce concerto, il pousse cette logique jusqu'au bout puisque les thèmes changent toutes les 10 secondes ( je n'ai pas compté mais c'est l'impression que cela m'a donné) empêchant l'auditeur de suivre un fil directeur. Aucune continuité, aucune histoire. Cette musique ne me raconte rien. Elle suit un système dans lequel je ne trouve pas ma place en tant qu'auditeur. 

 

Après l'entracte, la 9e  des 15 symphonies de Dimitri Chostakovitch. Créée en 1945, juste après la victoire dans la Grande guerre patriotique (1941-1945), elle fit scandale. Pas assez guerrière. Effectivement, elle célèbre la paix. Joyeuse, légère, vive. J'y ai entendu la joie de l'homme qui marche dans l'immensité de la taïga mais dans l'Allegro final je me voyais bien à la place du Maréchal Joukov commandant l'assaut final de l'Armée rouge sur Berlin. Là, il y avait du mouvement, de l'allégresse, des belles histoires.

Martial Solal était présent dans la salle. Ainsi que le pianiste Benjamin Moussay, très favorablement connu de nos services et partenaire fidèle, en duo, de la chanteuse Claudia Solal, fille de Martial. 

Pour rapprocher Dimitri Chostakovitch et Martial Solal, je vous propose, lectrices affinées, lecteurs affutés, deux versions d'une chanson devenue un standard du Jazz, " Tea for two ". Celle de Dimitri Chostakovitch en extrait audio au dessus de cet article. Celle de Martial Solal en trio avec les frères jumeaux François (contrebasse) & Louis Moutin (batterie) en vidéo sous cet article. Comparaison n'est pas raison mais cela aide tout de même à faire le lien entre les deux auteurs.

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Fred Pallem & le Sacre du Tympan sacrent Michel Legrand à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Fred Pallem 

&

le Sacre du Tympan

jouent

Michel Legrand

Maison de la Radio

Paris, Ile de France, France

Samedi 29 janvier 2022, 19h30

Concert enregistré par France Musique

A diffuser dans l'émission " Jazz sur le Vif

 

Le Sacre du Tympan est composé de

Fred Pallem: guitare basse électrique, direction, arrangements

Vincent Taeger: batterie

Guillaume Magne: guitares

Fred Escoffier: claviers

Guillaume Lantonnet: percussions

Brice Pichard: trompette

Fabrice Martinez: trompette, bugle

Michaël Joussein: trombone, scat

Rémi Sciuto: saxophones, flûte

Frédéric Couderc: saxophones, clarinette

Sylvain Rifflet: saxophone ténor

Alice Lewis: chant

+

Orchestre de 21 cordes sous la direction de Mathieu Herzog: 3 violoncelles dont un solo, 3 altos dont un solo, 15 violons dont un solo.

Au programme ce soir:

Toutes les compositions sont l'oeuvre de Michel Legrand sauf indication contraire expresse.

" The race first lap " (extrait du film " Le Mans ") 

" The Boston Wrangler " (extrait du film " L'affaire Thomas Crown ")

" His eyes her eyes " (extrait du film " L'affaire Thomas Crown ")

" Cash and Carry " (extrait du film " L'affaire Thomas Crown ") 

" Nursery rhymes for all God's children " ( extrait de l'album de Stan Getz & Michel Legrand " Communications 72 ". Cf extrait audio au dessus de l'article).

" Gossiping " (extrait de l'album de Stan Getz & Michel Legrand " Communications 72 ")

" The Hunter "( thème principal de la musique du film)

" Brian's song "  (thème principal de la musique du téléfilm)

" Once upon a summertime " (Version américaine de " La valse des Lilas ") 

" La chanson de Delphine " (extrait du film " Les demoiselles de Rochefort ")

Jerk les Avignons

" On the road " (extrait du film " La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil " )

 " Theme from The Go Between " (thème principal de la musique du film)

Appelez-moi Mathilde!

" L'Odyssée " (Fred Pallem. Cf vidéo sous cet article) enchaîné avec " L'enfant dans la jungle urbaine " (Fred Pallem )

" Un été 42 " (extrait du film " Un été 42 ") 

Troisième concert du cycle Michel Legrand à la Maison de la Radio. Après le deuxième consacré à la musique de film, celui-ci est consacré à une interprétation de Michel Legrand par Fred Pallem et son orchestre, le Sacre du Tympan.

Pur hasard, je retrouve la même voisine à ma droite que la veille. Je laisse aux lectrices statisticiennes, aux lecteurs mathématiciens, le plaisir de calculer la probabilité que je me trouve assis deux soirs de suite, dans la même salle, pour deux concerts différents, à deux places différentes,  avec la même personne, à ma droite, .A ma gauche se trouvait Pierre de Chocqueuse, auteur du Blog de Choc, consacré au Jazz.

La citoyenne écrit des articles sur la musique pour le site Internet Toute la culture. Etait aussi présent à ce concert un spectateur auteur du blog Vieille carne. Il était présent aux 3 concerts Michel Legrand à la Maison de la Radio et le dernier est son préféré. Je n'ai su que le lendemain. Je vous expliquerai cela dans la prochaine chronique de ce blog, lectrices statisticiennes, lecteurs mathématiciens.

Michel Legrand aimait la musique sous toutes ses formes. Jazz, symphonique, chanson, musique du film, il ne se refusait rien. C'est à ce mélange permanent que rendent hommage ce soir Fred Pallem & Le Sacre du Tympan (11 musiciens + 1 chanteuse) avec le soutien d'un orchestre à cordes (21 instruments et un chef). C'est ainsi qu'ils se rapprochent au plus près de la vérité de ce compositeur et arrangeur hors concours. " Bach & Ravel, c'est ma langue maternelle. Le Jazz, c'est ma première langue vivante " (Michel Legrand). 

Mes notes prises dans l'obscurité sont illisibles. Je vais donc tâcher de rassembler mes impressions avec l'aide du programme. Votre indulgence est implorée, lectrices statisticiennes, lecteurs mathématiciens. L'ordre indiqué dans le programme ne correspond pas à celui des morceaux joués en direct. Pour faire simple, je suis le programme. 

Pour commencer, un extrait du film " Le Mans ". Si vous aimez les bagnoles, vous avez vu Le Mans, nous explique Fred Pallem. Il est donc logique que je n'ai pas vu ce film. Mais je comprends tout de suite de quoi il s'agit. La musique est rapide, agitée, faite d'accélérations, de virages serrés. Bref, la course automobile.

3 morceaux à suivre extraits de l'Affaire Thomas Crown, le film dont la musique de Michel Legrand a donné le tempo du montage. Premier Oscar de musique de film (1968). D'abord, " The Boston Wrangler ", morceau à l'image de la virilité du personnage incarné par Steve Mac Queen. Puis " His eyes her eyes " sur le jeu de séduction entre Steve Mac Queen et Faye Dunaway. Qui impressionne le plus l'autre? Et " Cash and carry " qui décrit le gars fier de son coup qui transporte les sacs de billets et de pièces après le casse de la banque. En écoutant le morceau, vous le voyez faire.

Puis deux morceaux extraits d'une rencontre au sommet. " Communications 72 " (1972). Stan Getz a demandé à Michel Legrand de lui composer un album. Michel Legrand créa ce qu'il appelait " Un banquet musical " inspiré par l'esprit des sonates de Mozart pour des grands solistes. Bref, comme explique Fred Pallem, Michel Legrand a tendu des pièges à Stan Getz. " The Sound " s'en est sorti brillamment comme d'habitude.

Sylvain Rifflet joue ici le rôle de Stan Getz. Il sort de l'orchestre et se met à l'avant-scène face au micro. Aux Etats Unis comme au Royaume Uni, les chansons pour bercer les bébés et petits enfants se nomment des " nursery rhymes ". Michel Legrand a donc composé pour Stan Getz des " Nursery rhymes for all God's children ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Ca sonne comme il  faut, à la fois d'une fraîcheur enfantine et savant comme un vieillard. Sylvain Rifflet relève le gant. Du même album, " Gossiping " permettait à Michel Legrand de scatter en duo avec Stan Getz dans un bavardage (gossiping in english). Michël Joussein sort de l'orchestre avec son trombone et vient se placer à côté de Sylvain Riffet. Il scatte, joue du trombone dans un dialogue frénétique avec le saxophone ténor de Sylvain Rifflet. Les deux orchestres se mêlent joyeusement.

Sylvain Rifflet & Michael Joussein regagnent leurs places respectives au sein de l'orchestre. Changement d'ambiance avec " The Hunter ", musique du dernier film de Steve Mac Queen (1980). C'est l'histoire d'un chasseur de primes qui court après des repris de justice. Sauf que j'entends plutôt un chasseur en forêt qui se fait le plus discret possible. Les producteurs n'ont pas voulu de la musique de Michel Legrand, la jugeant inadaptée à un film d'action. Le film est sorti avec la musique de Michel Legrand aux USA, avec une autre musique en Europe. 

" Brian's song " est une musique de téléfilm digne de Dallas, Dynasty, Santa Barbara nous explique Fred Pallem. Effectivement, ça ne lésine pas sur le sucre. Les violons collent aux dents. Les cuivres sont en guimauve. 

Pas de Michel Legrand sans chanson. Fred Pallem nous sort son arme secrète, cachée jusqu'ici. Alice Lewis, chanteuse de l'orchestre. Elle est Française et nous chante la version américaine de " La valse des lilas " devenue un standard du Jazz sous le titre " Once upon a summertime ". Chantée par Tony Bennett & Sarah Vaughan. Jouée par Miles Davis & Chet Baker. Ca vous situe le niveau, lectrices statisticiennes, lecteurs mathématiciens. Alice Lewis le chante très bien et le mélange entre orchestre de Jazz Rock et orchestre à cordes colle parfaitement à cette valse.

Chanson française avec " La chanson de Delphine " extraite de la BO du film " Les demoiselles de Rochefort ". Une chanson d'amour au féminin écrite avec finesse par un homme qui aimait les femmes. L'orchestre ronronne comme il faut. Solo de trombone bien dans le thème. Pour la version au masculin, avec le même thème musical , dans la même film, " La chanson de Maxence ". Pour les Américains, c'est un standard du Jazz sous le titre "You must believe in spring ". A écouter dans le duo Bill Evans (piano) & Tony Bennett (chant) bien entendu. 

Alice Lewis sort de scène. S'ensuivent " On the road " et " Jerk les Avignons ". Les souffleurs pétaradent joyeusement. Le chef d'orchestre dirige tout le monde, les cordes et le Sacre du Tympan en même temps. 

Guillaume Magne passe à la guitare acoustique à 12 cordes pour le thème de " The Go Between ", film de Joseph Losey ( 1971). Une fugue très élégante. 

Stéphane Lerouge, créateur de la collection d'albums Ecoutez le cinéma, a conseillé à Fred Pallem, " Appelez moi Mathilde! " Retour à la guitare électrique. Ca se danse et c'est une valse. Une valse funky. 

Une composition de Fred Pallem dérivée de Michel Legrand, " L'Odyssée ". Cf vidéo sous cet article. Le jeu consiste à deviner de quelle composition de Michel Legrand il est parti. Après écoute, personne ne sait répondre dans la salle.

Pour ne pas nous laisser dans l'ignorance plus longtemps, Fred Pallem et le Sacre du Tympan et les cordes enchaînent directement sur " Un été 42 ". Sans l'annoncer mais nous le reconnaissons immédiatement. " L'Odyssée " vient donc de là, nom de Zeus! Une version drôlement accélérée et transformée, sapristi! Quant à la fameuse ballade de l'été 42, deuxième Oscar de musique de film de Michel Legrand (1972), elle est jouée sentimentale à souhait, comme il faut. Avec des cordes chatoyantes et des souffleurs de brises légères et parfumées. 

RAPPEL

Fred Pallem estime qu'un morceau n'a pas été joué comme il fallait ce soir. Sa belle-mère ne lui pardonnerait pas. Trop dangereux. Ils le refont donc. Avec encore plus de brillant, d'énergie. " Cash and Carry " extrait de " The Thomas Crown Affair ". Sur l'original, Phil Woods était au sax alto. Ce soir, c'est Rémi Sciuto. Il est au niveau. 

Le public est enthousiaste et je m'inclus dedans. Ainsi que le blogger de Vieille Carne qui a assisté aux 3 concerts dédiés à Michel Legrand à la Maison de la Radio et estime que c'est le meilleur des 3 car c'est celui qui mélange le mieux symphonique, Jazz et chanson comme aimait le faire " Big Mike " (Jean Cocteau), " The Duke of Rochefort " (Michel Petrucciani), alias Michel Legrand.

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Le Cinéma de Michel Legrand à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Le cinéma de Michel Legrand

Prix France Musique

SACEM de la Musique de film. 2022

Studio 104

Maison de la Radio

Paris, lle de France, France

Vendredi 28 janvier 2022, 20h

Concert visible et audible sur France Musique

 

Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Bastien Stil

Henri Demarquette: violoncelle

Claude Egea: trompette

Denis Leloup: trombone

Hervé Sellin: piano Jazz

Erik Berchot: piano classique

Pierre Boussaguet: contrebasse

François Laizeau: batterie

Radio France a rendu hommage à Michel Legrand (1932-2019) avec 3 concerts à la Maison de la Radio jeudi 27, vendredi 28 et samedi 29 janvier. Le concert du jeudi 27 janvier " La musique enchantée " est visible et audible sur France Musique. Je n'y étais pas mais vous pouvez en lire la chronique sur Toute la culture et sur le blog Vieille Carne.

Première Partie

 

Musiques de films composées par Michel Legrand (1932-2019)

" Un été 42 " (Robert Mulligand). 1971. 2e Oscar de la Musique de film. 

" Vérités et mensonges " (F for Fake). Orson Welles. 1973.

" Dingo Suite " film " Dingo " de Rolf de Heer. 1991? Avec Miles Davis dans son propre rôle et Bernadette Laffont dans celui de son épouse.

" Yentl ". Barbara Streisand. 1983. 3e Oscar de la Musique de film.

" Suite Steve Mac Queen " (Extraits) sur des thèmes de " L' Affaire Thomas Crown " (Norman Jewison, 1968, 1er Oscar de la Musique de film), " Le Mans " (Lee H Katzin, 1971) & " Le Chasseur " (Buzz Kulik, 1980)

Ca commence par " Un été 42 " qui valut un 2e Oscar de Musique de film à Michel Legrand, celui des années 1970.Le thème est reconnaissable dès les premières notes de piano d'Hervé Sellin. Les violons se déchaînent. C'est du Michel Legrand. Ca ne lésine pas sur les effets. 

" F for Fake " (Orson Welles). Un film quasi documentaire sur  les faussaires. La musique colle parfaitement au thème du film. Pleine d'intrigues, de surprises, de fausses pistes. 

" Dingo Suite " tirée du film " Dingo " de Rolf de Heer (1991). Après " Legrand Jazz " (1958), c'est la deuxième fois que Michel Legrand dirige Miles Davis (1926-1991) quelques mois avant la mort de celui-ci. Une musique dans le style de Gil Evans (1912-1988), selon Miles Davis. Claude Egea sort de l'orchestre pour venir en avant scène jouer le solo de la trompette. Sa trompette est coudée comme celle de Dizzy Gillespie et bouchée avec une sourdine Harmon comme celle de Miles Davis (la sourdine Miles disent les musiciens). Il sonne entre Dizzy et Miles. L'orchestre pousse le soliste par vagues successives.

" Yentl ", 3e Oscar de Musique de film pour Michel Legrand, celui des années 1980. Montée immédiate du piano et du violon. Après le passage romantique, l'orchestre sonne la charge. C'est très hollywoodien.

3 musiques de films avec Steve Mac Queen. La Suite Steve Mac Queen. Cf vidéo sous cet article. Changement de pianiste. Erik Berchot, classique, succède à Hervé Sellin, Jazz. En commençant par " Le Mans ", film sur la course automobile qui a rendu célèbre Le Mans dans le monde entier, les 24h. Steve Mac Queen adorait conduire vite et voulait faire la course et tourner dedans. Les assureurs ont refusé. Le tournage fut un fameux bazar. La musique de Legrand évoque bien la vitesse, les bruits de la course, avec les chocs des percussions et des violons. Ca balance terrible. " Le chasseur " évoque lui la forêt, le chant des oiseaux (flûtes), le silence profond à peine troublé par les pas du chasseur (piano et percussions).  " L'affaire Thomas Crown " (1968) qui offrit à Michel Legrand son premier Oscar pour la Musique de film, celui des années 1960. La chanson " The windmills of Your mind ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Le jeu de la séduction entre le blond Steve Mac Queen et la blonde Faye Dunaway. 

ENTRACTE

Variations sur des thèmes de Michel Legrand par des élèves de la classe de composition de musique à l'image du CNSMD de Paris. Commande de Radio France. Création mondiale.

" Eté 42 degrés " Diego Ayala Raffalli

" M-I-C-H-E-L " sur le thème de Peau d'âne. Alexandre Bessonov.

" Variations sur un Eté 42 ". Baptiste Cathelin.

" Tous les mimes du monde " Joseph Dupont

" Sous le soleil d'août " Joseph Piras

" Variations sur Peau d'âne " Théodore Vibert. 

Remise du prix France Musique - SACEM de la musique de film 2022 à la classe de composition de musique à l'image du CNSMD de Lyon.

Michel Legrand

" Le messager " (Joseph Losey, 1970)

" The other side of the wind " (création au concert. Orson Welles, 2018): chapitre 19, chapitre 5, chapitre 2.

" Cléo de 5 à 7 " (Agnès Varda, 1962). " Sans toi ". 

" Suite Jacques Demy " (extraits)

Première variation. Me fait penser à une musique de film d'horreur. Bien envoyé.

Le deuxième beaucoup plus relax avec un duo harpe flûte. 

La troisième avec des cordes mélodieuses à souhait. 

La quatrième avec des cuivres qui pètent. Bien enlevé. 

La cinquième délicieusement sirupeuse comme l'appréciait Michel Legrand. 
La sixième, mes notes sont illisibles.

Retour à Michel Legrand en personne avec " Le messager " de Joseph Losey. Une musique qui respire la passion, l'angoisse et la culpabilité. Piano et violons flamboyants.

" The other side of the wind " film posthume d'Orson Wells (1970-1976). Dans un carnet, retrouvé après sa mort, Orson Wells avait écrit: " Pour la musique, appelez Legrand ". Le film fut achevé en 2018 et Michel Legrand composa alors la musique, juste avant de mourir à son tour. Interprétation plus Jazz avec la contrebasse et la batterie qui se font entendre. 

S'ensuit la chanson mélodramatique par excellence, " Sans toi " joué et chanté par Corinne Marchand dans " Cléo de 5 à 7 ", film d'Agnès Varda où Michel Legrand joue Bob le pianiste et compositeur, c'est-à-dire lui-même. Joué en duo piano & violoncelle avec Henri Demarquette qui joue superbement la voix de femme passionnée au violoncelle.

" La suite Jacques Demy " colle entre elles des musiques de films de Jacques Demy, écrites par Michel Legrand. Jacques Demy, époux d'Agnès Varda et ami de Michel Legrand. Ils étaient tellement unis qu'ils passaient leurs vacances ensemble, avec femmes et enfants. S'enchaînent en thèmes brefs " Les demoiselles de Rochefort ", " Les parapluies de Cherbourg " , " Peau d'âne " et j'en oublie. Un enchantement. Madame F, qui vient de revoir " Les demoiselles de Rochefort " le week end précédent, est ravie. Elle l'est encore plus avec le 

RAPPEL

Hervé Sellin (Jazz) & Erik Berchot (Classique) se partagent le piano à 4 mains pour jouer " La chanson de Maxence " tirée des " Demoiselles de Rochefort ". Cf vidéo sous cet article pour une autre version en duo à la Maison de la Radio en 2017 par Michel Legrand & Pierre Boussaguet présent sur scène ce soir. Rien à ajouter.

Voyez la chronique de ce concert par ma voisine de droite pour Toute la culture. Ainsi que par un autre spectateur pour son blog Vieille carne

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Médéric Collignon presse Miles Davis dans son Jus de Bocse au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon

Jus de Bocse

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Samedi 22 janvier 2022, 20h30

Médéric Collignon: cornet

Pierrick Pédron: saxophone alto

Yvan Robilliard: piano, Fender Rhodes

Emmanuel Harang: contrebasse

Nicolas Fox: batterie

Lectrices distinguées, lecteurs raffinés, ce blog vous a déjà chanté les louanges de Médéric Collignon et son Jus de Bocse jouant Miles Davis. C'était lors d'un concert à Paris au Sunside le samedi 2 octobre 2021. 3 mois après, Médéric Collignon est de retour au Sunside pour jouer Miles Davis avec le même pianiste et claviériste mais il a changé de contrebassiste et de batteur et a inclus dans le groupe le Breton Pierrick Pédron, saxophoniste alto très favorablement connu de nos services. J'y retourne aussi.

Miles Davis (1926-1991) était très fort pour diriger un groupe mais aussi pour s'approprier les oeuvres des autres. Médéric le surnomme le " pompositeur " car, comme les Shadoks, Miles Davis pompait. 

" Fran Dance " ouvre le concert. Cf extrait audio au dessus de cet article. Ce morceau a été composé en hommage à la danseuse Frances Taylor (1929-2018), épouse de Miles Davis, la première danseuse noire invitée à danser avec le corps de ballet de l'Opéra de Paris. Il est donc possible qu'il l'ait composé. Début assez classique et très élégant. Pierrick Pédron sonne comme Julian Canonball Adderley le sax alto de " Kind of Blue ", l'album le plus vendu de l'histoire du Jazz (Miles Davis, 1959). Médéric se met à chanter ajoutant son grain de folie. Solo de sax alto dans la veine Hard Bop. Assis, Médéric ajoute un son de trompette par en dessous. Je ne le vois pas mais je l'entends. Solo de piano délicatement ponctué par la contrebasse et le batteur aux baguettes. Les souffleurs y ajoutent une légère brise. Yvan Robilliard lance et relance le Blues comme Wynton Kelly. Le contrebassiste se prend pour Mr P.C, Paul Chambers. Pas aussi majestueux cependant.

" Eighty One " (Miles Davis + Ron Carter). De la fin des années 50 nous sommes passés à la fin des années 60. Transition vers le Jazz Rock. La rythmique groove terrible comme il faut. Ah ce chant des cuivres avec ces lignes qui s'étirent puis se brisent et repartent. La surprise, fondement de l'art du Jazz. La rythmique tourne solidement alors que le cornet se déploie sinueux. Je bats la mesure de la jambe droite. Ron Carter est le contrebassiste le plus enregistré de l'histoire du Jazz. Sa pulsation est toujours aussi efficace même quand ce n'est pas lui qui la joue. Au tour du sax alto ponctué par les interventions de Médo. Ca sonne, sapristi! La rythmique monte la pression. Pierrick est lancé, chauffé. Médéric est parti dans le numéro vocal dont il a le secret. Avec scat, gargarismes, borborygmes, claquements de joues et de langues. La créativité dans le respect des Anciens, c'est beau. " La tradition, ce n'est pas la vénération des cendres mais la préservation du feu " (Gustav Malher). Ca balance toujours aussi bien.

" Joshua " (Victor Feldman). Victor Feldman, le plus grand Jazzman produit par l'Angleterre, pianiste de studio de Miles Davis de 1961 à 1963. Il refusa de le suivre en tournée, Hollywood le payant bien mieux sans avoir à bouger. Contrebasse et batterie installent la tension. Pendant ce temps, le cornet ondule en parallèle de la mélodie. Retour groupé au thème. La tension descend doucement jusqu'au final. " Ca peut durer des heures " nous prévient Médéric. 

" All Blues " joué en mode mineur. La contrebasse commence et Médéric commente. La fameuse ligne de basse d'All Blues (Paul Chambers) jouée en mode mineur. Ca change tout même si le thème reste reconnaissable. Bel exercice de style. Solo de sax alto passionné avec des stridences et des moments de calme. Solo de cornet majestueux en mode mineur. Retour au thème et au came en quintette.

" Four " (?). A l'oreille, je n'entends pas le thème de " Four " mais c'est bien un Blues, à la Miles Davis. Ca tourne toujours mais m'intéresse moins. 

PAUSE

Médéric demande l'aide du public pour faire revenir sa section rythmique sur scène. Ca marche. Les trois hommes reviennent au travail.  " New Circle " (Miles Davis). La rythmique commence tranquille. Ca donne l'impression de tourner en rond mais fort agréablement. Normal, c'est " New Circle ". Une ballade tranquille, rêveuse. Bonne vague et bon massage. Médéric Collignon nous chante la ballade avec des surprises vocales de son secret. 

" Directions 2 ". (Miles Davis). C'est le début de la période électrique de Miles Davis. L'oeuvre était collective et il signait de son nom parce que le chef c'était lui. Yvan Robilliard, comme Herbie Hancock à l'époque (1968) , est passé du piano au Fender Rhodes, au jouet comme disait Herbie qui s'amuse encore avec. Musique cinglante comme il se doit. Contrebasse et batterie pulsent terrible. Le sax alto flamboie. Solo de batterie plutôt Rock et binaire dans le style. Très efficace. Médéric remet la pulsation avec la voix sans soutien de la contrebasse. Trop puissant. Le sax alto remet ça. Le quintette repart et ça dépote.

" Tout de suite " (Miles Davis). En français dans le texte. Tiré de l'album " Filles de Kilimanjaro " (1968) dont tous les titres sont en français. Un Blues lent malgré le titre. Clavier électrique. Le batteur reste aux baguettes mais tout en douceur. La rythmique nous berce doucement alors que les souffleurs entretiennent tranquillement la flamme. Solo de clavier brillant et paisible. Contrebasse et batterie ponctuent doucement. Ca sonne comme du Miles Davis. Avec les coups et les feintes du boxeur qu'il était aussi. 

RAPPEL

Excellente musique, excellent groupe auquel Pierrick Pédron apporte son feu personnel. Un seul regret: qui interdit au batteur Nicolas Fox de se servir d'autre chose que des baguettes pour jouer? Balais, maillets, mains nues sont-ils tabous pour lui?

 

Les photographies de Médéric Collignon & Pierrick Pédron sont l'oeuvre du Stupéfiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de ces images sans l'autorisation de leur auteur constituent une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

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