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" Claude Nougaro, quand le Jazz est là " TSF Jazz. Mercredi 5 mars 2014. 20h.

Publié le par Guillaume Lagrée

 

" Claude Nougaro,

quand le Jazz est là "

TSF Jazz

Mercredi 5 mars 2014. 20h-21h.

Emission conçue et réalisée par Thierry Lebon.

 

Claude Nougaro, né en 1929 à Toulouse, nous a quitté le 4 mars 2004 à Paris. Je me souviens de lui en duo avec son pianiste Maurice Vander dans la tournée " Une voix, dix doigts " en 1994. Inoubliable.

Heureusement, Claude Nougaro n'est pas oublié, dix ans après son départ. Thierry Lebon, lui rendra hommage sur TSF Jazz, le mercredi 5 mars 2014, de 20h à 21h, avec les témoignages de ses musiciens: Michel Legrand qui le poussa à chanter puisque Michel avait écrit les musiques, Claude les textes et que personne ne voulait les chanter, André Cecarelli (batteur) qui explique le sens rythmique très poussé pour un chanteur français de Monsieur Claude, Aldo Romano (batteur) qui parle du Nougaro nocturne, dépressif et alcoolique, Yvan Julien (trompettiste) qui parle de ce patron surprenant, Jean-Marie Ecay (guitariste) qui évoque ce poète en état de création verbale permanente, Marcus Miller (bassiste) qui jouait avec lui, après Dizzy Gillespie et Miles Davis, sans parler alors le français et pourtant dégustant ses paroles, Stéphane Guillaume (saxophonste) qui évoque ce Monsieur qui se souciait toujours des nouveaux courants musicaux.

David Linx (chanteur) qui vient de sortir un album hommage à Nougaro (pas à mon goût d'ailleurs. A vous de juger, lectrices hot, lecteurs swing), souligne la trace qu'il a laissé dans la chanson. Maxime Le Forestier explique le talent de Monsieur Claude pour faire swinguer la langue française y compris sur des rythmes complexes comme ceux de Dave Brubeck ou Wayne Shorter.

Il y a aussi le témoignage de son agent, de son coach vocal, de comédiens.

Il y a enfin le témoignage de Cécile Nougaro, celle pour laquelle il écrivit " Cécile, ma fille ", chanson qui l'émeut toujours dès les premières notes.

" Claude Nougaro, c'est gentll mais, musicalement, il en est resté à mon quatrième album " (Serge Gainsbourg). Parole cruelle et injuste car Nougaro a su se remettre totalement en question et rebondir en 1987 avec " Nougayork " alors que sa maison de disques l'avait jeté, ne le trouvant plus assez rentable.

L'émission est rythmée comme une chanson de Claude Nougaro. Elle a du punch, du peps, de la répartie. La part belle est laissée à l'artiste, sa musique, ses paroles. Les témoignages sont brefs, pertinents. Bref, je vous la recommande vivement, lectrices hot, lecteurs swing.

Parmi les témoins, il en manque deux: Eddy Louiss (orgue Hammond), Daniel Humair (batterie). Les voici justement, accompagnant Claude Nougaro sur une de ses rares chansons politiques, " Paris Mai ", écrite après les événements de Mai 68. Rien à ajouter.

 

 


 
 

 


 
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La collecte des droits d'auteur en France en 2013 par la SACEM

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Lectrices expertes, lecteurs comptables, après l'importance de la musique dans le commerce, étudions, grâce à la SACEM, la répartition des droits d'auteur en France en 2013.

La société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique compte 149 263 membres représentant 164 nationalités différentes. 88% des sociétaires sont Français.

En 2013, 810 000 000€ de droits d'auteurs ont été collectés par la SCAEM (+ 1,7%).

Avec 281 700 000€, les concerts, spectacles, tournées, discothèques, musiques de sonorisation progressent de 3,1% par rapport à 2012 et constituent le premier secteur de revenu (34%) des sociétaires de la SACEM. 

Le spectacle vivant (concerts, tournées, festivals) en progression de 16,6% représente à lui seul 11% de l'ensemble des revenus de 2013. Pour le Jazz, musique d'improvisation, composition de l'instant, la pensée de Jean-Paul Sartre est toujours valable: " Le Jazz, c'est comme les bananes, ça se consomme sur place ".

Avec 24 700 000€, Internet représente 3% des revenus collectés par la SACEM, soit +20,5% par rapport à 2012. Ce blog y contribue à sa mesure.

Avec 236 700 000€, les médias audiovisuels (radio,TV) restent stables (-0,1%) et forment la 2e source de revenus pour les autteurs, compositeurs, éditeurs de musique en France.

Avec 80 000 000€, l'international baisse de 2,3% par rapport à 2012 notamment à cause de l'Euro fort. Le répertoire de la SACEM est le 2e à l'étranger après le répertoire anglo-américain.

Il reste 67 000 000€ pour la copie privée et 65 400 000€ pour le secteur phono vidéo.

En lisant attentivement ce blog, vous vous apercevrez que plusieurs albums chroniqués ont reçu une aide à la création de la SACEM. En 2013, 14 900 000€ ont été investis dans la création pour soutenir 1630 projets contre 1537 en 2012 (+6%). Sur 810 000 000€ collectés, cela fait 1,84% de réinvestis dans la création. Pour une société d'auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, il y a certainement moyen de faire plus et mieux.

Le 27 juillet 1965, au Festival de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins,en France, dans les Alpes Maritimes,sur la rive Nord de la Mer Méditerranée, le quartet composé de John Coltrane (saxophone ténor), Mac Coy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) jouait " Naima ". Document conservé par l'INA et diffusé par Mezzo dans le cadre de son programme Jazz Archive le jeudi 13 mars 2014 à 20h30. Pour de telles sensations, le retour sur investissement après avoir payé sa place de concert est inestimable. C'est dire s'il faut aller aux festivals de Jazz écouter la beauté se créer dans la nuit et le moment. Rien à ajouter.

 

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Les Français et la musique: étude de la SACEM

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, si vous lisez ce blog, c'est que vous faites partie d'une élite cachée, ceux qui aiment le Jazz.

En effet, la dernière étude de la SACEM sur les Français et la musique est formelle.

Les Français aiment avant tout la variété française, internationale, le rock et la pop. Viennent ensuite la musique classique, la R'n'B et la Soul, les musiques de film et du monde. Le Jazz n'y figure pas. Les faits sont têtus comme disait le regrettable camarade Lénine.

Allons plus avant dans les pratiques musicales des Français comme auditeurs.

99% des Français écoutent de la musique et 75% ne pourraient pas s'en passer. Chaque jour, les Français écoutent en moyenne 2h25 de musique, en voiture pour plus de 65% d'entre eux ou à la maison pour 60%. Dans l'ordre décroissant, ils l'écoutent sur l'ordinateur, à la radio, sur une chaîne hi fi, à l'autoradio.

9 Français sur 10 sont curieux de l'actualité musicale. Pour découvrir nouveaux titres et nouveaux talents, la radio réunit 60% des suffrages. Après les médias traditionnels, Internet recueille 50% des voix pour découvrir de la musique. La preuve, vous lisez cet article. Enfin, près de 40% des Français découvrent de la musique grâce à leur entourage. 

La musique est bonne pour le moral. Elle met 92% des Français de bonne humeur et, pour 85% d'entre eux, elle donne de l'énergie. Pourtant, à quelques exceptions près, ils ne connaissent pas " Boogie Stop Suffle " de Charles Mingus!

70% des Français écoutent de la musique en ligne au moins une fois par semaine. Par exemple, en lisant cet article. 

Enfin, 6 Français sur 10 vont au concert ou à un festival au moins une fois par an. Par exemple, au festival Jazz à l'Etage ou à celui de l'AMR selon qu'lls vivent à l'Ouest ou au Sud-Est de la France.

En 1969, déjà, les Français se rendaient nombreux au festival international de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins, dans les Alpes Maritimes, en France, au Nord de la Mer Méditerranée, pour y écouter Nina Simone chanter et jouer " Four women " entre français et anglais. Ils étaient fascinés. 45 ans après, grâce au film du concert conservé par l'INA, le charme opère encore. La preuve ci-dessous.

 

 

 

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Par Hermès, la musique est bonne pour le commerce!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices consommatrices, lecteurs consommateurs, vous avez certainement remarqué qu'il est impossible d'entrer dans une boutique sans y entendre de la musique, souvent de la muzak d'ailleurs, à un volume sonore le plus souvent élevé. Comme disait mon père préféré Michel Lagrée, " Vivaldi était un génie si visionnaire qu'il avait prévu les supermarchés et la musique qui va dedans ". Michel Petrucciani, lui, lorsqu'il faisait ses courses, s'arrêtait pour écouter la musique et se disait: " Mais pourquoi le mec il joue cet accord? Ca sonnerait bien mieux comme ça " et il refaisait la musique dans sa tête jusqu'à ce qu'il se dise: " Arrête de déconner, Michel, tu n'es pas au boulot, tu fais tes courses! ".

L'évaluation de l'impact de la musique dans le processus d'achat a fait l'objet d'une étude scientifique grâce à la SACEM.

Les résultats sont clairs:

71 % des professionnels de la vente diffusent de la musique dans leurs magasins

75% des professionnels estiment que la musique est un élément important qu'ils soient coiffeurs ou dirigeants de grandes surfaces

71% des clients auraient trouvé le lieu triste et 61% des clients auraient été plus gênés par le bruit ambiant sans musique.

La musique motive les employés à  89% et les met de bonne humeur à 96% ( les 4% restants doivent souffrir en silence, je suppose)

70% des clients trouvent agréable d'écouter de la musique au supermarché et la diffusion de musique réduit de près de 10% le sentiment d'attente en caisse.

En grande surface, quand de la musique connue est diffusée, les clients l'apprécient à 65% parce qu'elle est moderne, joyeuse et dynamique.

Surtout pas d'audace, pas de découverte! Cela ferait peur aux clients. Ce serait mauvais pour les ventes. 88% des clients indiquent qu la musique diffusée correspond à l'image du magasin. Tout à fait d'accord. Quand je trouve la musique du magasin agressive et bruyante, j'en ai une mauvaise image. C'est sûrement pour cela que je n'aime pas magasiner. 80% des clients des magasins d'habillement souhaitent spontanément de la musique avec des artistes ou des groupes connus (les 20% restants, souffrent en silence, pour ne pas vivre nus).

Aucun magasin d'habillement contacté pour l'enquête n'a voulu prendre le risque de supprimer la musique pendant une semaine. S'ils pouvaient déjà baisser le son, ça m'éviterait de devoir hurler dans l'oreille de la vendeuse pour me faire comprendre. Même si la vendeuse a l'oreille charmante, c'est désagréable de devoir lui hurler dedans.

Au final, la musique est indispensable au soutien des ventes en magasin d'habillement et amortit d'une tiers la baisse du chiffre d'affaires dans la grande distribution alimentaire.

Bref, comme le disait Friederich Nietzsche, gourou méconnu du commerce, " Sans musique, la vie serait une erreur ".

Dans les débits de boisson, les cafés, les tavernes, les auberges, les restaurants, les estaminets, les hôtels, quoi de plus essentiel que la musique? Mettez Louis Armstrong derrière le bar. Faites lui chanter " I can't give You anything but love, baby. Love is the only thing I've got plenty of ". Les clientes se dandinent joyeusement sur leurs tabourets. Les clients en perdent la tête, font des folies, consomment sans compter. Les affaires fleurissent, l'argent rentre dans les caisses, le propriétaire est ravi, le percepteur aussi. Bref, c'est le Paradis ici et maintenant. La preuve ci-dessous.

 


 
 
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Accord sur les droits d'auteur entre Deezer, Youtube, Beatport, Google et Armonia

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices honnêtes, lecteurs réguliers, vous avez certainement remarqué que ce blog fonctionne en partenariat avec deezer pour l'audio, youtube pour la vidéo. Sachez aussi que le fruit du travail des artistes exposé ici ne leur est pas volé puisqu'Armonia qui regroupe la SACEM (France), le SIAE (Italie), la SGAE (Espagne), Artisius (Hongrie) et la SABAM (Belgique) vient de passer un accord avec youtube, deezer, google, beatport afin de s'assurer du respect des droits des auteurs, compositeurs, interprètes, éditeurs de musique lors de la diffusion et de la reproduction des oeuvres musicales en ligne.

Pour plus d'informations, vous pouvez vous adresser à chacune des sociétés de défense des droits d'auteur concernées. Pour la France, la Société des auteurs compositeurs éditeurs de musique (SACEM).

Profitez donc pleinement, lectrices honnêtes, lecteurs réguliers du trio composé d'Eric Le Lann (trompette), Nelson  Veras (guitare), Gildas Boclé (contrebasse), se souvenant de Chet Baker. Album " I remember Chet ". Ici " I should care " (Je devrais faire attention, pour les francophones).

 

 


 
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Festival Jazz à l'Etage à Rennes et Saint-Malo (35) du 28 février au 29 mars 2014

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Festival Jazz à l'Etage

de Rennes à Saint-Malo

Ille et Vilaine, Bretagne, France

du vendredi 28 février au samedi 29 mars 2014

 

Joe Lovano

 

La photographie de Joe Lovano est l'oeuvre du Sexy M.F Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'utilisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

Grandes lectrices, Bretons lecteurs, retrouvez vous à l'Est de l'Ouest, en Ille et Vilaine, du vendredi 28 février au samedi 29 mars 2014 pour le festival Jazz à l'Etage.

Au programme, le batteur Franck Agulhon jouera son spectacle Solisticks en solo de batterie et de percussions et animera une master class de batterie, des concerts conférences, des ateliers découvertes du Jazz pour les enfants dans différents endroits du département, des concerts à Rennes et Saint-Malo.

Voici quelques suggestions de concerts:

- dimanche 2 mars à Saint-Malo, beau port de mer, ciné concert " Charley Bowers " mis en musique par Denis Colin.

- mercredi 26 mars à Rennes, 2 concerts: le magnifique pianiste transatlantique Dan Tepfer maintes fois louangé sur ce blog suivi du quatuor Monk, quatuor à cordes qui joue la musique de Thelonious Sphere Monk, auquel s'ajoutera le saxophoniste Vincent Jourde.

- jeudi 27 mars à Rennes: le flûtiste électronique Magic Malik sera précédé de Dr Poulpe et suivi de DJ Oil. Une soirée entre Jazz et électro. Le dernier album de Magic Malik "  Tranz Denied " , auquel a largement contribué DJ Oil, sera prochainement chroniqué sur ce blog.

- samedi 29 mars à Rennes, Maxence Ravelomanantsoa (sax ténor) aura l'honneur de précéder sur scène un quartet de stars made in USA composé de Joe Lovano (sax ténor), Leo Genovese (piano), Esperanza Spalding (contrebasse) et Jack de Johnette (batterie).

Puissent musiciens et spectateurs avoir une pensée durant ce festival pour mon frère Benoît Lagrée, un Rennais amateur de Jazz et de Funk, disparu en Martinique depuis le samedi 30 novembre 2013.

Dan Tepfer, en concert à New York, joue ses Variations sur les Variations Goldberg de Jean Sébastien Bach. Silence et respect.

 

 


 
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33e Festival de Jazz de l'AMR à Genève du 18 au 23 mars 2014

Publié le par Guillaume Lagrée

 

33e Festival de Jazz de l'AMR

Genève, Suisse

Du mardi 18 au dimanche 23 mars 2014

 

Nasheet Waits

 

La photographie de Logan Richardson (sax) et Nasheet Waits (batterie) a été prise lors du 32e festival Jazz de l'AMR en 2013 par le Genevois Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices vaillantes, lecteurs bien-portants, ouvrez grand la bouche et dites: 33 comme le 33e festival de Jazz de l'AMR qui se tiendra à Genève, en Suisse, du mardi 18 au dimanche 23 mars 2014.

2 à 3 concerts par soirée, de 20h30 à 0h et plus si affinités, avec des musiciens helvètes et américains pour l'essentiel mais pas uniquement.

Avec la mauvaise foi et la partialité qui me caractérisent, je vous conseille les concerts suivants:

mardi 18 mars à 22h: Craig Taborn en piano solo

mercredi 19 mars à 20h30: un groupe helvéto-américano-israélien avec Ohad Talmor (sax ténor)

jeudi 20 mars à 22h: Myra Melford (piano) Snowy Egret

vendredi 21 mars à 22h: Steve Kuhn trio

samedi 22 mars à 22h: James Blood Ulmer en guitare solo

 

Voici James Blood Ulmer jouant et chantant seul " Are you glad to be in America? ". Rien à ajouter.

 


 
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Le Jazz a cessé de m'intéresser en 1923 (Darius Milhaud)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Cet article est dédié au pianiste et musicologue Ziad Kreidy qui m'a mis sur ces pistes entre Jazz et classique. Les élucubrations qui suivent sont miennes.

 

 

Lectrices raffinées, lecteurs esthètes, vous connaissez forcément le compositeur français Darius Milhaud.(1892-1974). En 1923, Darius Milhaud, marqué par le Jazz qu'il avait découvert à Londres en 1918, dans la même ville que Louis-Ferdinand Céline un an auparavant, composa " La création du monde " oeuvre inspirée par le Jazz. Ensuite, déclare t-il dans une interview de 1958, le Jazz ne m'a plus intéressé.

Dommage pour Darius. C'est en effet en 1923 que Duke Ellington (1899-1974) créa son orchestre qu'il fit évoluer sans discontinuer pendant plus de 50 ans. S'il avait écouté son ami Jean Cocteau, premier président de l'Académie du Jazz, spectateur passionné du festival de Jazz de Cannes 1958 (conservé par l'INA et diffusé par Mezzo les jeudi 22 et 29 mai 2014 à 20h30), Darius Milhaud aurait pu ouvrir son esprit.

Il aurait aussi pu apprendre qu'il n'existe pas de la musique sérieuse et de la musique légère comme il dit mais seulement de la bonne et de la mauvaise musique comme disait Duke Ellington. " Je me méfie des gens sérieux. Ce sont toujours eux qui font les pires conneries " (Pierre Dac). Le Jazz porte depuis ses débuts la dignité des persécutés (Noirs, Juifs, Italiens, Tziganes). Le Français de confession isréalite, comme il aimait se qualifier, Darius Milhaud, qui dut quitter son pays en 1940 pour échapper à l'envahisseur allemand et à ses collaborateurs français, aurait dû le comprendre.

Darius Milhaud qualifie le Jazz de musique de compositeurs anonymes ce qui prouve qu'il confond les musicals de Broadway avec le Jazz, qu'il ignore les compositeurs du Jazz comme Duke Ellington, le plus grand compositeur et chef d'orchestre de l'histoire du Jazz.

Il estime aussi que le Jazz a chassé les miasmes de l'impressionnisme ce qui était vrai en 1923 mais partiellement faux en 1958. Claude Debussy était le compositeur préféré de Duke Ellington et son influence sur Bill Evans était immense. Les miasmes avaient disparu, pas l'impressionnisme en musique.

Bref, en 2mn, Darius Milhaud dit à la fois des choses intelligentes et des âneries énormes. Il stimule et dérange. C'est le propre des grands esprits.

 

A titre de comparaison,voici l'effet que pouvait faire le Jazz sur un musicologue allemand, Gustav Kühl, en 1903. Impressionnant.
 
“Mais, en dépit de ma volonté, mes sens furent captivés par une musique qui semblait produite par une petite armée de diables à ma gauche. Je ne pus d’abord du tout comprendre comment qui que ce soit pouvait danser ne serait-ce qu’un pas sur cette accumulation de sons bruyants et irréguliers, et il m’était encore plus difficile de saisir comment on pouvait produire un bruit si compliqué, qui à mon avis n’avait absolument rien de musical. (…) Un nègre musclé aux cheveux courts, jouant des bras et des coudes, tirait des doubles croches d’un piano totalement déglingué, avec une facilité et une adresse que tous les pianistes voudraient posséder. Et, en fait, il produisait cette musique tout seul, accompagné d’un unique collègue qui, à force de coups d’archet énergiques et bourdonnants, renforçait les basses sur sa contrebasse à laquelle manquait une corde. (…) Les accents qui reviennent et se succèdent sans cesse sur les temps faibles, ainsi que leur prolongation contre nature, imposent au corps une sorte de contrainte rythmique absolument irrésistible (…). Je sentis soudain que mes jambes étaient dans un grand état d’agitation. Elles se croisaient comme si elles étaient chargées d’électricité et montraient une forte et fâcheuse tendance à m’arracher de ma chaise.”[1]
 
[1] Cité in : Dieter HILDEBRANDT, Le roman du piano, Actes Sud, 2003, p. 303-304.

En 1958, Darius Milhaud n'était pas au concert de Duke Ellington à Paris, salle Pleyel. Il avait bien tort. Heureusement, l'INA a conservé pieusement l'image et le son et les vend avec Mezzo en DVD chez tous les marchands dignes de ce nom. Quelle évolution dans le son de l'orchestre depuis 1923! Darius Milhaud s'en serait certainement aperçu s'il avait voulu l'écouter.

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Barney Wilen " Dear Prof Leary "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Barney Wilen

and his amazing free rock band

" Dear Prof Leary "

MPS Records 1968. Réédité par Promising Music en 2008.

 

Barney Wilen: saxophones soprano, ténor

Joachim Kühn: piano, orgue

Aldo Romano: batterie

Mimi Lorenzini: guitare électrique

Gunter Lenz: contrebasse, guitare basse électrique

Wolfgang Paap: batterie

 

Fin juin 1968. De Paris à Prague, la jeunesse a secoué l'Europe mais le soufflé est retombé. Barney Wilen, né en 1937, se cherche. Il a déjà épuise les charmes du Hard Bop et du Free Jazz. Lors des événements, il a rencontré sa Muse, Caroline de Bendern. Il commence à écouter la Beat Music et, comme Miles Davis, accroche sur Jimi Hendrix. Il crée alors un Free Rock Band avec de purs Jazzmen (Joachim Kühn et Aldo Romano) et des musiciens venus de la pop et du rock ( Mimi Lorenzini était alors le guitariste attitré de Claude François que Barney avait connu, à ses débuts, comme batteur). Il crée ce mélange un an avant Miles Davis, son ancien leader (en 1957, Barney accompagnait Miles sur scène et pour la musique du film " Ascenseur pour l'échafaud " de Louis Malle).

Que jouent-ils donc dans ce studio allemand? Des classiques de l'époque: superbes reprises de " The fool on the hill " des Beatles et de deux standards de la Soul Music " Why do You keep me hanging on? " et " Respect " d'Otis Redding. Il y a aussi une étonnante version d'un standard du Jazz moderne " Lonely woman " d'Ornette Coleman. Comme la mode est au psychédélisme, Joachim Kühn largue les amarres dans son hommage à " Dear prof Leary " apôtre de la non violence et de la consommation de substances illicites et mortelles. Quant à Barney Wilen et Mimi Lorenzini, en vrais Français, ils jouent " Dur Dur Dur " , composition bien nommée tant le saxophone et la guitare vous mordent.

Bref, du Free Jazz, à la Soul Music, en passant par la Pop et le psychédélisme, Barney Wilen cherche dans plusieurs directions sans savoir laquelle choisir. Il trouvera sa voie en quittant l'Europe aux anciens parapets pour l'Afrique, terre mère du Blues, sa vraie musique. Avec " Moshi ", Barney Wilen, un Blanc, créera de la Great Black Music , comme  à l'inverse, Herbie Hancock, un Noir, commença sa carrière à 11 ans en jouant Mozart au piano sur scène avec le Chicago Symphony Orchestra. " Parfois, j'ai envie de vivre dans mille ans, quand toutes ces histoires de races, de Blancs, de Noirs, n'auront plus de sens " (Stan Getz).

 

 

 

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Great Black Music, à la Cité de la Musique, à Paris, de mars à août 2014

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Great Black Music

La Cité de la Musique

Paris, Ile de France, France 

Exposition visible et audible du mardi 11 mars au dimanche 24 août 2014

 

Sonny Rollins

 

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre de l'Impétueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices prévoyantes, lecteurs organisés, veuillez graver sur vos tablettes de marbre l'information suivante: vous rendre en France, à Paris, à la Cité de la Musique, entre le mardi 11 mars et le dimanche 24 août 2014, pour aller écouter et voir l'exposition " Great Black Music ".

Au programme: un voyage à travers les musiques noires de l'Afrique à l'Europe en passant par l'Amérique et les Caraïbes. Sonny Rollins, citoyen des Etats Unis d'Amérique, né à New York de parents antillais (Iles Vierges américaines), descendants d'esclaves africains, en est un bon exemple. Quant à ses liens avec l'Europe dont la France, ses concerts en trio sans piano de 1959 en montrent toute la richesse.

L'exposition fera 900 mètres carrés, contiendra 11h de contenus audiovisuels divisés en 6 contenus thématiques. Des activités seront prévues pour les enfants, les adultes, les handicapés. Visites guidées, concerts, ateliers, rencontres, projections. Si vous voulez tout voir et tout écouter, il vous faudra venir plusieurs fois. A défaut, des choix cruels s'imposeront.

Fela, saxophoniste, chanteur, militant politique nigérian, a découvert en Amérique John Coltrane, Jimi Hendrix, James Brown, mis tout cela à sa sauce pour créer l'Afro Beat. Quand James Brown et ses musiciens sont arrivés à Lagos, ils croyaient être les musiciens les plus funky au monde. Après avoir été écouter Fela sur scène dans sa Kalakuta Republic, ils se sont aperçus de leur erreur. En concert à Berlin en 1978, Fela et son Power Show. Même le Mur a dansé ce soir là.



 
 
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