Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le trio Angelini/Gargano/Moreau joue So Now à l'Improviste

Publié le par Guillaume Lagrée

 So Now

Péniche l'Improviste. Paris.

Vendredi 9 mars 2012; 20h30.

Bruno Angelini: piano

Mauro Gargano: contrebasse

Fabrice Moreau: batterie

 

 

Bruno Angelini

 

La photographie de  Bruno Angelini est l'oeuvre de l'Essentiel  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices limpides, lecteurs clairs, après vous avoir chanté les louanges de l'album " So Now " du trio Bruno Angelini/Mauro Gargano/Fabrice Moreau, voici venu le moment de vous donner mes impressions de cette musique donnée en concert à Paris, dans le cadre confortable d'une péniche aménagée avec soin, à quai près des bassins de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris.

Bruno Angelini a présenté cette musique comme créée à trois, de concert. Cela s'entend dès les premières notes du concert, justement. Nous sommes en promenade au bord de l'eau sans que la pénicje ait quitté le quai de l'Oise. Ca scintille, ça brille mais ce n'est pas clinquant. Ca se calme avec la contrebasse bien centrée et quelques notes distillées au piano pour, non pas conclure, mais enchaîner sur le morceau suivant. Un tempo plus lent. Une sorte de ballade étrange. C'est comme un concerto. On n'applaudit pas entre les parties. Mauro gratte sa contrebasse d'un gest vif. Fabrice fait chanter les tambours sous les maillets. Bruno est cristallin, aqueux, insaisissable. Dehors, le courant glisse doucement à la surface de l'eau. Ils jouent à ce rythme là. Ca commence à pulser doucement avec la batterie aux baguettes et la contrebasse qui tient sa partie. C'est bien une oeuvre trinitaire. Le fluide sympathique circule librement d'un bout à l'autre de la scène. Face au public, le piano à gauche, la batterie à droite et la contrebasse au milieu, bien sûr. Ils ont joué " Caroline " (clin d'oeil à Sarah Murcia?) puis " Two lonely people " (Bill Evans). 

" Song equals " (Steve Swallow). Mauro Gargano prend son archet. C'est tout en vibration. Celle des cordes de la contrebasse sous l'archet, des cordes du piano actionnées par les touches du clavier, celles des tambours malaxés par les balais de Fabrice Moreau. Cela monte en puissance avec les baguettes mais la beauté de la mélodie demeure. Tout se calme pour une autre mélodie qui descend sur nous au compe gouttes. La batterie ronronne sous les balais, la contrebasse fait entendre sa voix souple et chaude. Le piano, lui, a décollé. En descend une mélodie qui nous fait décoller à notre tour. Ca se termine sur une dernière vibration de la contrebasse. 

Bruno Angelini attaque seul, dans le grave, comme s'il cherchait la mélodie. Ca swingue vite mais léger, gracieux. Avec une énegrie maîtrisée. J'en hoche la tête de joie. C'est dansant à condition de pouvoir suivre le rythme. Le piano chante et enchante. Je reconnais que l'allitération est facile mais, en l'espèce, elle est inévitable. C'est devenu plus rapide, plus viril mais toujours chantant et superbement coordonné. Je bats, mal, la mesure des deux pieds. C'est dire ma joie. 

Mauro commence seul. La contrebasse vibre de mille éclats de voix. Piano et batteur aux balais le rejoignent pour une ballade. Le ton devient plus passionné, plus lyrique, plus fougueux. D'ailleurs, le batteur est passé aux baguettes. Puis ils décomposent la mélodie, le pianiste l'accélérant alors que le batteur et le contrebassiste la ralentissent. Effet saisissant. C'est monté en puissance puis ça descend. La contrebasse donne le ton. C'était " 1903 " (Mauro Gargano) précédé de " Adrien danse ' (Bruno Angelini). 

" Ida Lupino ' (Carla Bley) arrangé par Bruno Angelini. Bruno commence seul au piano cette ballade. Ce thème chante tant qu'il nous hante. Chante et hante, ça change de chante et enchante, n'est ce pas, généreuses lectrices, bienveillants lecteurs? Contrebassiste et batteur aux balais le rejoignent faisant eux aussi onduler cette musique par vagues douces. Ca s'agite, la mer se creuse. Le batteur est aux baguettes, la tempête n'est pas loin. D'ailleurs, la contrebasse sous l'archet grince comme une coque de navire. Le piano joue à plein coffre alors que la batterie claque, rugit sous les assauts de Fabrice Moreau qui la mène aux baguettes. Bel envoi final pour mettre le public ko avant de lui laisser la pause pour se remettre de ses émotions. Le temps suspend son vol pour le final.

PAUSE

Le concert tient les promesses de l'album. Je me régale mais je suis fatigué. Je débarque donc de la péniche l'Improviste et je laisse les lecteurs qui ont écouté la deuxième partie du concert la raconter.

Voici ce que donne " Caroline " sur l'album " So now " du trio angelini/gagrgano/moreau. A découvrir sur scène lors du prochain concert de ce trio.

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

Jazzoduc New York-Paris: Scott Tixier " Brooklyn Bazaar "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Scott Tixier

" Brooklyn Bazaar "

Sunnyside Records.

 

Scott Tixier: violon, compositions

Douglas Bradford: guitare

Jesse Elder: piano, Fender Rhodes

Massimo Biolcatti: contrebasse

Arthur Vint: batterie

Emilie Weibel: chant (3)

Sortie le mardi 13 mars 2012.

Pochette Scott Tixier

Lectrices aux aguets, lecteurs à l'affût, voici un nouveau talent new yorkais à découvrir: le violoniste français Scott Tixier amené par le Jazzoduc de New York à Paris par l'entremise de mon honorable associé Genevois, le photographe Juan Carlos HERNANDEZ. Un Genevois est donc allé à New York chercher un musicien français afin que je découvre sa musique à Paris et la fasse connaître urbi et orbi via ce blog. Telles sont les grandes merveilles du monde mondialisé dans lequel nous vivons.

L'école française du violon Jazz demeure la meilleure au monde. Cocorico! Après les pères fondateurs comme Stéphane Grappelli, Michel Warlop, les passeurs de mondes comme André Hodeir, les stars comme Didier Lockwood et Jean-Luc Ponty, les esprits libres comme Dominique Pifarély, voici que la nouvelle génération s'avance, calme et droite avec Scott Tixier, natif de Montreuil sous Bois en 1986 et aujourd'hui artiste émergent de la scène new yorkaise.

Son premier album " Brooklyn Bazaar ", entièrement de sa composition, ne saurait porter un meilleur titre. D'abord parce que Scott Tixier vit à Brooklyn. Pensez à le saluer de ma part la prochaine fois que vous y passerez aimables lectrices, charmants lecteurs. Ensuite parce que cet album fourmille de couleurs, de parfums, de sonorités venues de partout et passées au filtre des imaginations de Scott Tixier et de ses complices. Les cordes du violon entrent en résonnance avec celles de la guitare. Le chant d'Emilie Weibel se fond dans la sonorité d'ensemble du groupe tout en étant immédiatement identifiable (" Arawaks ", 3e morceau). L'influence de Jean-Luc Ponty qui se fend d'un mot aimable dans la pochette de l'album est évidente mais Scott Tixier n'est pas un disciple servile. Il crée son propre univers. L'usage du piano et du Rhodes permet de passer dans le même morceau de l'évocation de "  Bitches Brew " de Miles Davis à un bon vieux blues des familles. Batteur et bassiste sont là, à l'écoute, toujours prêts à stimuler, lancer, propulser les solistes.

Outre la qualité des compositions et des interprétations, il faut insister sur la qualité du son de cet album. L'ingénieur du son a déjà eu deux Grammy Awards pour ses travaux et cela s'entend. Tout est net, distinct, les solistes sont mis en valeur, spécialement la sonorité ferme, audacieuse, tenue de Scott Tixier et les accompagnateurs sont bien présents, solides à leurs postes. La voix d'Emilie Weibel, elle, semble descendue du ciel.

Comme au bazar, l'auditeur peut faire son marché dans cet album. Ecouter tout d'un coup, sélectionner les morceaux, en écouter au hasard d'une programmation aléatoire. Bien sûr, il y a un ordre, les morceaux s'enchaînent mais une des leçons de cette musique, c'est qu'elle invite à briser les codes. Suivons la, suivons Scott Tixier.

Concert de lancement de l'album à New York City, USA, au Cornelia Street Cafe, dans Greenwich Village, le mardi 13 mars 2012 à 20h30. Entrée à 20$US, boisson comprise. Moins cher que les clubs parisiens de la rue des Lombards.

Espérons que ce talentueux compatriote viendra bientôt en France jouer cet album de Bretagne en Provence, de Calais à Hendaye en passant par Paris. D'ici là, son album est à la disposition des esprits libres qui veulent passer jour et nuit au violon.

 

Partager cet article

Repost 0

Jeudis Jazz à l'aéroport d'Orly à partir du 8 mars 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices en voyage, lecteurs en partance, si vous prenez l'avion le jeudi à Orly, vous n'y trouverez pas Gilbert Bécaud qui y chantait le dimanche mais un concert de Jazz gratuit de 17h à 19h, à partir du jeudi 8 mars 2012.

Pour connaître le programme des réjouissances, il vous suffit de cliquer ICI

Les biographies et photographies des artistes présents sur la scène de l'aéroport d'Orly de mars à mai 2012 se trouvent LA

Le pianiste Paul Lay sera de la partie le jeudi 10 mai 2012. Le voici dans un autre concert en trio à Paris au Duc des Lombards.

Bon concert et bon voyage.

 

Partager cet article

Repost 0

Master Class Jazz Vocal dirigée par Michèle Hendricks les 9 et 10 juin 2012 à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Michèle Hendricks, digne fille de Jon Hendricks , donnera une Master Class de Jazz Vocal à Paris les samedi 9 et dimanche 10 juin 2012.

Renseignements et inscriptions jusqu'au 30 avril 2012. 

Cette formation est organisée par Art et Muses.

 

Partager cet article

Repost 0

La flûtiste Linda Jozefowski en concert en Suisse romande du 8 au 10 mars

Publié le par Guillaume Lagrée

Linda Jozefowski

 

 

 

 

La flûtiste Linda Jozefowski photographiée ici par le Vibrant Juan Carlos HERNANDEZ sera en concert en Suisse romande cette semaine. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

jeudi 8 mars à 21h30
Festival "les jeunes parmi le jazz"
Ferme Marignac
28 Eugène Lancy
1212 Grand-Lancy

vendredi 9 mars à 21h
Diagonal 
rue de l'Hôtel-de-Ville 
61920 Martigny/VS

samedi 10 mars à 21h
Caveau du Coeur d'Or 
Rue du Bourg 22
1071 Chexbres

Si, comme moi, vous ne pouvez assister à ces concerts, vous pouvez toujours écouter avec attention son album " For my dead folks ".

 

 

En attendant de la voir sur scène en France, la voici en concert en Suisse, à Lausanne, le 6 juin 2011.


 

Partager cet article

Repost 0

L'If Duo Bruno Angelini/Giovanni Falzone présente son deuxième Opus au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Les Lilas. Le Triton.

Samedi 3 mars 2012. 20h30

If Duo

Bruno Angelini: piano

Giovanni Falzone: trompette

 

Giovanni Falzone + Bruno Angelini

 

La photographie de Bruno Angelini et Giovanni Falzone est l'oeuvre du Pianissimo Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Après un premier opus composé par Giovanni Falzone " Songs. Volume 1 ", voici le temps de présenter au public le deuxième opus de l'If Duo composé par Bruno Angelini et enregistré au Blanc Mesnil.

Ca commence par quelques grincements de cordes du piano, le souffle de Giovanni dans le micro puis la trompette. Il faudrait écouter cette musique en plein air pour qu'elle entre en résonnance avec le vent. Giovanni fait encore quelques bruitages. Il visse la sourdine Harmon dite la sourdine " Miles " en hommage à Miles Davis qui l'utilisait si bien. Giovanni, lui, en joue avec un son wah wah mais actuel, pas copié des années 30. Il souffle même dans un goulot de bouteille. Bruno poursuit son chemin au piano, fluide, tranquille. Giovanni enlève la sourdine. Ca démarre. Giovanni sort des sons ahurissants de son instrument alors que Bruno fouille, creuse son piano. C'était " La vie est un mensonge ".

" Déontologie Blues ", composition dédiée à une certaine frange de la classe politique française. Giovanni commence en wah wah avec le bouchon qui ouvre et ferme le pavillon de sa trompette. Ce n'est pas Bubber Miley chez Duke Ellington. Nous sommes bien en 2012. Ca grogne fermement. Bruno attaque dans le grave. Giovanni joue maintenant à pavillon ouvert. Ca bataille dur entre le piano et la trompette. Ils sont très fâchés et cela s'entend. Giovanni sonne l'alarme à la trompette alors que le piano tempête.

Retour au calme avec une belle ballade qui s'installe au piano. Bruno n'enseigne pas à la Bill Evans Academy de Paris pour rien. Il sait jouer les ballades. Trompette de velours. Une sorte de berceuse élégante. C'est la Méditerranée par temps calme, sous le soleil, avec une brise légère. Tout est doux: la température, la lumière, l'ambiance. C'était " A place.zen " une musique qui atteint son objectif.

" Il fanfarone " un hommage au " Fanfaron " de Dino Risi (en italien, " Il sorpasso "). Je connais ce morceau de Bruno Angelini dans la version chantée par Thierry Péala avec Bruno Angelini bien sûr et Francesco Bearzatti (saxophone ténor, clarinette). Giovanni se lance dans des jeux insensés avec sa trompette, un sifflet. La musique chante, danse, se moque, joyeuse, m'as tu vu et irrésistible comme Vittorio Gassman dans le film. Giovanni fait du wah wah avec les pistons sans bouchon. C'est drôle, mouvant et émouvant. Solo schotchant de trompette rejoint par les notes distillées du piano. Je sens la fin tragique arriver. Je ne la raconte pas pour ceux qui n'ont pas vu le film. Ceux qui l'ont vu voient ce que je veux dire. La mélodie demeure mais elle est devenue triste.

" Révolution? ", composition dédiée au printemps arabe à l'origine, aux Syriens en lutte ce soir. Bruno commence une ballade nostalgique alors que Giovanni crée différents bruitages animaliers avec sa voix, son souffle. Giovanni prend sa trompette, souffle doucement puis monte à incandescence, à ébullition alors que le piano vibre doucement sous les doigts de Bruno. Giovanni a vraiment un scat très personnel. Son jeu de trompette l'est aussi. Bref, c'est un créateur. Ca tombe bien, Bruno Angelini l'est aussi. C'est pourquoi les écouter ensemble sur scène est une expérience si stimulante, si enrichissante. Maintenant, c'est la révolution sur scène. Ca gronde, crie même.

BIS

" Salto nel vuoto " extrait de leur premier album " Songs volume 1 ", composé par Giovanni Falzone. Un morceau vertigineux, à nous faire perdre la tête comme son titre l'indique. Une fin gag comme ils savent le faire.

Lectrices avenantes, lecteurs sympathiques, faites comme moi: écoutez l'If Duo de Giovanni Falzone et Bruno Angelini, parlez en autour de vous. Ne soyez pas égoîstes. Ne gardez pas cette merveille pour vous.

PAUSE

Francesco Bearzatti

Le deuxième concert était l'oeuvre d'un autre duo:

Francesco Bearzatti: clarinette, saxophone ténor photographié par le Lyrique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

François Merville: batterie

J'apprécie Francesco Bearzatti en leader de son Tinissima Quartet qui comprend d'ailleurs Giovanni Falzone, en accompagnateur du chanteur Thierry Péala avec Bruno Angelini ou de l'organiste Emmanuel Bex.

Là, je n'ai pas aimé du tout. Le batteur frappait sans dégager la moindre pulsation. Le saxophoniste utilisait de l'outillage électronique pour faire sonner son biniou comme une guitare électrique.

Face à cette agression sonore, Mademoiselle L et moi avons fui avant la fin du premier morceau. D'autres sont restés, ont apprécié je le suppose. Demandez leur donc leur avis. 

Bruno Angelini sera de nouveau en concert à Paris, le vendredi 7 mars 2012 à 21h, sur la péniche l'improviste. Il jouera en trio avec Mauro Gargano (contrebasse) et Fabrice Moreau (batterie) l'album " so now " louangé sur ce blog.

Partager cet article

Repost 0

Festival de Gospel à Rueil Malmaison du 17 au 25 mars

Publié le par Guillaume Lagrée

Précision historique: contrairement à ce qu'affirme faussement Deezer, c'est bien Jane Lee qui chante " He's got the whole world in His hands " sur son album " The newest sound around " (1961). Perry Como n'a rien à voir là dedans.

Lectrices impies, lecteurs hérétiques, réjouissez vous. Vous pourrez communier dans la joie du Gospel, que vous croyez au Ciel ou non, à Rueil Malmaison, Hauts de Seine, Ile de France, France du vendredi 17 au samedi 25 mars 2012 avec le festival Gospelnrueil.

Parmi les artistes présents, la Grande Dame Liz Mac Comb. La voici en concert à Paris, au Palais des Sports, en 2007.

 

 

Partager cet article

Repost 0

Claude Debussy, la musique et les arts au musée de l'Orangerie à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices subtiles, lecteurs raffinés, réjouissez vous. Le musée de l'Orangerie, à Paris, dans le Jardin des Tuileries, consacre une exposition à Debussy, la musique et les arts jusqu'au 11 juin 2012. Il s'agit d'une des célébrations du 150e anniversaire de la naissance de ce compositeur français.

C'est l'occasion de découvrir les correspondances entre musique, peinture, sculpture, littérature d'un compositeur, ouvert au Jazz naissant et dont l'influence sur le Jazz fut et demeure immense. Claude Debussy (1862-1918) était ainsi le compositeur préféré de Duke Ellington et Charlie Parker.

Lorsque Claude Debussy écrivit pour sa fille Chouchou, Children's Corner, il y inséra un Golliwog Cake Walk qui montre son attention aux premiers sons du Jazz naissant.

Ayant visité l'exposition, je confirme qu'elle est riche, instructive et qu'elle ne néglige aucun art. Peinture, sculpture, prose, poésie, musique même, Claude Debussy faisait son miel de toutes fleurs.

J'ai toutefois trois bémols, ici et là bien sûr, à émettre:
- pas une note de Debussy n'est diffusée pendant la visite. Je suppose qu'il faut payer 5 euros de plus (place à 7.50 euros) pour avoir l'audioguide et bénéficier de ce privilège. Ma religion m'interdit l'audioguide surtout à 5 euros de plus. Le Musée de l'Orangerie n'est manifestement pas destiné aux êtres humains désargentés avides de culture.
-certaines oeuvres sont masquées derrière un rideau grillagé. On les voit mal alors qu'elles sont déjà sous verre. Quant aux panneaux explicatifs, ils sont alors carrément illsibles.
- l'exposition s'arrête à 1918, la mort de Debussy. Il eût été intéressant d'envisager l'influence de Debussy post mortem sur le Jazz notamment mais pas seulement.
Par ailleurs, écouter du Debussy en plongeant dans les " Nymphéas " de Claude Monet serait une expérience magnifique si les guides touristiques voulaient bien cesser de parler pendant la diffusion de la musique. Comme personne ne leur demande de se taire, ils parlent et ils vous gâchent le plaisir.
Les Nymphéas ont été conçus et créés comme une expérience sensorielle destinée à reposer les âmes des visiteurs éprouvés par les sollicitations et les excitations du monde moderne. Devant les Nymphéas, il convient de se taire, de regarder, de plonger dans l'oeuvre si elle vous plaît, de partir au plus vite si elle ne vous plaît pas afin de céder la place à ceux qui l'aiment. Il n'y a pas à comprendre, il y a à ressentir. Guides et audioguides ne peuvent qu'y nuire.
En résumé, dans l'exposition sur Debussy, vous n'entendez pas de musique de Debussy. Dans les salles des Nymphéas, de la musique de Debussy est diffusée à intervalles réguliers mais les conditions de la visite ne vous permettent pas d'en profiter. Il ne reste donc qu'à venir avec votre propre casque et vos propres enregistrements préférés de Debussy pour accompagner l'exposition.

Vous pouvez aussi profiter des concerts Debussy donnés au Musée de l'Orangerie durant l'exposition.    

Voici un des premiers clips de l'histoire de la musique. Ce petit film surréaliste de Marcel L'Herbier (1930) montre en action un des plus grands pianistes du XX° siècle, Alfred Cortot jouant le Children's Corner de Claude Debussy. A montrer aux enfants dès l'âge de 4 ans, l'âge de Chouchou lorsque cette musique fut écrite pour elle.

 


 

Partager cet article

Repost 0

Hommage à Maurice André, l'homme à la trompette d'or

Publié le par Guillaume Lagrée

Hors du Jazz, le Français Maurice André (1933-2012) fut certainement le plus grand trompettiste du XXe siècle.

Il respectait autant les Jazzmen que ceux-ci le respectaient.

C'est ainsi qu'un soir, à la télévision française, dans l'émission " Le Grand Echiquier " de Jacques Chancel, il fit un duo magnifique avec  Dizzy Gillespie.

Ils jouent " Manha de Carnaval " du compositeur brésilien Luiz Bonfa. En 2mn 20, hormis la joie qui vous remplira, lectrices vénérées, lecteurs vénérables, vous aurez tout le loisir d'entendre la différence entre un Maitre du classique et du contemporain, Maurice André et un Maître du Jazz, Dizzy Gillespie. Maurice joue le thème, Dizzy improvise autour. Maurice joue legato alors que Dizzy joue alternativement staccato et legato dans le même morceau, style qu'il inventa selon ses dires. Je laisse aux éminents musicologues lecteurs de ce blog le soin de discuter voire contredire cette assertion. Pour ma part, je me contente de me réjouir à chaque nouvelle écoute de ce petit bijou sonore.

Partager cet article

Repost 0

Dizzy Gillespie montre la différence rythmique entre Jazz, Salsa et Bossa Nova

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices assoiffées de savoir, lecteurs affamés de connaissance, voici un document essentiel pour saisir immédiatement la différence entre les rythmes du Jazz nord américain, de Cuba, du Brésil.

Dizzy Gillespie (1917-1993), trompettiste, chanteur, chef d'orchestre, pianiste, compositeur, clown, philosophe, militant politique l'explique tout simplement avec les deux mains à son ami Français Maurice Cullaz, éminent critique, père du contrebassiste Alby Cullaz. Le film de Jean-Henri Meunier se nomme " Smoothie ", le surnom que Louis Armstrong donnait à son ami Maurice. Dans l'extrait ci dessous, la démonstration de Dizzy commence à 3mn30 environ. Ouvrez grand les yeux et les oreilles, c'est parti. Les amateurs reconnaîtront la " Samba de una nota so " (One note Samba en anglais) d'Antonio Carlos Jobim jouée et chantée par Dizzy sans instrument de musique.

 

Partager cet article

Repost 0