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Julien Lourau & Electric Biddle organisent le chaos au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

 

Julien Lourau & Electric Biddle

Paris. Le Sunset.

Samedi 4 janvier 2014. 21h30.

 

Julien Lourau: saxophones ténor, soprano, outillage électronique

Hannes Riepler: guitare électrique

Jim Hart: batterie

Dave Riepler: piano, claviers

Invité spécial

Antoine Berjeaut: trompette (2e et 3e set)

 

Julien Lourau Sunset 

 

      La photographie de Julien Lourau a été prise à Paris, en concert au Sunset, le samedi 4 janvier 2014 par la Grande Nathalie HOSPITAL. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Avis aux lecteurs:

Julien Lourau s'est présenté sur scène avec son nouveau groupe Electric Biddle. Je n'ai trouvé ni image ni son pour l'illustrer. Par choix esthétique, pour montrer l'évolution d'un créateur, cet article est donc illustré par des sons et des images tirés de groupes précédents de ce saxophoniste français. Allez l'écouter sur scène avec son Electric Biddle pour découvrir ce qui a changé ou non dans sa musique.

 

Ce groupe est né à Londres en 2013 au cours d'une résidence dans un pub. Cela promettait un concert orgiaque digne d'un  Guignol's Band. L'espoir ne fut pas déçu. Ce concert fut essentiellement improvisé.

 

Le guitariste commence très Jazz, très Cool. Le batteur ajoute aussitôt du volume sonore. Pédale wah wah ajouté au sax ténor comme Miles Davis à la trompette il y a 40 ans. Il revient à un son pur de ténor, aussi velu que sa couverture capillaire. Le clavier électrique remplace la basse absente. Solo de guiatre genre rock planant. Le batteur martèle ferme. " Le Rock, c'est du Jazz avec une base ryhmique plus dure " (Keith Richards). A l'instant, j'entends du piano plalant avec un son électrifié. Tout en restant ferme, le batteur joue plus souple, plus finement. Julien passe au sax soprano. Plus léger pour planer. La guerre interplanéraire a commencé. Ils cherchent la transe mais cela reste du Jazz, changeant.

 

Sax soprano. Son de guiatre trafiqué électrotechniquement. Ca décolle bien. Batteur aux balais. Des vagues puissantes nous emportent sans dommage. Ca monte de nouveau en transe. Ca marche. Je hoche la tête, d'arrière en avant, pris par la spirale. C'est puissant mais le volume sonore n'est pas assourdissant. Ils organisent et maîtrisent le chaos sonore qu'ils créent. Le clavier est en plein psychédélisme, version 2014. Ca marche aussi sur Monsieur G et Madame N, les amis parisiens que j'ai amené au concert. Ces Parisiens, il leur faut le passage d'un provincial pour sortir le soir! retour au sax ténor pour un blues décortiqué note par note. Un solo de batterue sonne le retour de la guerre intergalactique.Julien Lourau a un style de jeu et de musique diamétralement opposé à celui de Lenny Popkin. Cela m'apporte d'autres plaisirs. La musique devient digne de films de SF de série Z. Frank Zappa a de dignes continuateurs. Son de piano de bastringue pour changer d'ambiance. Ca repart sur autre chose. Le batteur a bien écouté Al Foster derrière Miles Davis entre 1972 et 1975 puis de 1981 à 1986.

 

Quelques spectateurs, effrayés par ce chaos organisé, s'en vont. La liberté fait toujours peur.

 

Sax ténor. Ca repart groupé, puissant, d'un bloc.

 

Avis aux lecteurs: chronique abrégée en raison de problèmes techniques indépendants de la volonté de son auteur.

 

PAUSE

 

Antoine Berjeaut s'est ajouté avec sa trompette et sa casquette. Batteur aux balais. Le pianiste accélère progressivement. Antoine joue avec une sourdine Harmon, la sourdine Miles. Trop rapide pour une ballade et pourtant c'est cet esprit là.Sax soprano. Julien reprend le solo de trompette mais plus haut, plus léger, plus volatile.Le sax ténor produit un son transformé par l'électronique, beaucoup plus aigu que celui de l'instrument au naturel. Son de claviers 70's. Groovy, baby. La trompette prolongée par l'électronique, ça le fait. Ca pulse de plus en plus fort dans les jambes et le ventre. Le clavier sort un son d'harmonica. Hommage à Stevie Wonder? Ca déménage de plus en plus. Un beau son de ténor s'élève au dessus de ce magma sonore.Le groupe enchaîne sans temps mort. Ils continuent de travailler l'ambiance avec plein d'électro réverbérée. Le batteur fait claquer les cymbales. Ca vibre comme une onde venue du fond de l'Océan.Le chant des sirènes est celui du sax soprano. Un dernier hoquètement et tout s'arrête.

 

Un son de kora recréé par l'électronique. Un joli son de piano s'élève au dessus. Antoine joue wah wah façon ancienne (avec la sourdine) et moderne (avec l'électronique) en même temps. Sax ténor. Ca vibre et pulse. C'est très bon.Après Julien Lourau invité sur scène par Antoine Berjeaut, j'écoute Antoine Berjeaut invité sur scène par Julien Lourau. Ca marche dans les deux sens. Ces deux là sont faits pour s'entendre.

 

Voici ce que jouait Julien Lourau en 2006 avec Bojan Z aux claviers. Pour découvrir sa musique en 2014, il faut aller le voir sur scène pour juger sur pièces et sur place comme disent les comptables. Pourquoi pas à Montréal, Québec, Canada, à la House of Jazz (ex Biddle's Jazz)?

 

 

 

 

 


 

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RIP Yusef Lateef (1920-2013)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Lectrices paisibles, lecteurs modérés, voici qu'en un mois le Jazz vient de perdre trois de ses doux Géants.

Le batteur Chico Hamilton le 25 novembre (92 ans), le guitariste Jim Hall le 10 décembre (83 ans) et le saxophoniste flûtiste hauboiste bassoniste percussionniste Yusef Lateef le 23 décembre (93 ans).

Yusef Lateef jouait de la World Music avant que les marchands ne lui donnent ce nom. Dès la fin des années 1940, il s'est intéressé aux musiques africaines et asiatiques, à des instruments extra européens comme le koto, le balafon, les flutes indiennes.

Le souffleur de l'album " African Beat " d'Art Blakey, c'est lui. Le saxophoniste qui joue la musique composée par Mal Waldron pour le film de Shirley Clarke " The cool world " , c'est lui aussi. Un autre passeur de frontières culturelles le découvrit, Dizzy Gillespie.

 

Yusef Lateef affirmait ne pas jouer du Jazz mais de l'Autophysiopsychic Music. Le voici en concert au Parc floral de Paris le 22 avril 1972 jouant un standard du Jazz " Yesterdays ". Kenny Barron est au piano, Robert Cunningham à la contrebasse, Albert " Tooty " Heath à la batterie. Les mélomanes distingués, les esthètes raffinées reconnaîtront dans le solo de flûte de Yusef Lateef une large citation de Syrinx, pièce pour flûte seule (1913) de Claude Debussy. Merci au pianofortiste Ziad Kreidy de m'avoir confirmé cette référence. " Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts " (Isaac Newton). Yusef Lateef faisait partie des constructeurs de ponts. RIP Yusef Lateef. 

 

 


 

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Jazz Archive: Duke Ellington et son orchestre. Paris. Salle Pleyel.1958.Un document INA&Mezzo

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Duke Ellington

et son orchestre

Paris. Salle Pleyel.

Diffusé en direct le 20 novembre 1958 par l'ORTF.

INA

Diffusé en différé par Mezzo le jeudi 2 janvier 2014 à 20h30.

DVD en vente libre. Durée: 31'49s.

 

Après son triomphe au Newport Jazz Festival, édition 1956 (60e édition du 1er au 3 août 2014, si vous êtes en vacances sur l'East Coast), Duke Ellington et son orchestre repartirent à la conquête du monde. A Paris, salle Pleyel, ce soir d'automne 1958, Boris Vian était dans la salle, forcément.

Si, contrairement à Boris Vian, vous n'étiez pas présents à ce concert, lectrices bluesy, lecteurs swinguants, voici, brièvement, ce qui s'y est passé.

L'orchestre joua surtout des thèmes récents. D'abord " Such sweet thunder " car, comme aime à le dire le Duke, " la pluie sur les toits, le tonnerre qui gronde dans le ciel, voilà ce qu'est la musique ". L'élégance du Duke se manifeste à tout instant: qu'il joue, qu'il dirige ou qu'il parle à son public.

Le Duke est toujours à l'affut de nouveautés qu'il asaissonne à sa sauce. Ainsi, il a écouté l'afro cubain de son admirateur Dizzy Gillespie. Il en a profité pour donner un coup de jeune au " Caravan " de Juan Tizol. Clark Terry est aux maracas. Sam Woodyard à la batterie, implacable et léger.Un solo de trombone à pistons pour commencer. Logique puisque Juan Tizol était tromboniste. Il était aussi Porto-Ricain d'où la couleur latine du morceau. Les observateurs avertis, les observatrices avisées auront noté que Juan Tizol ne jouait plus dans l'orchestre de Duke Ellington en 1958. Trop de tournées. Il préférait rester près de son épouse à Los Angeles. Respect. " Cette musique est si érotique qu'elle en devient mystique " (Boris Vian). La modernité du Duke au piano est stupéfiante. Comment jouer férocement avec le sourire. Solo de clarinette de Jimmy Hamilton. La couleur Nouvelle Orléans. " Je travaille comme un peintre. L'orchestre est ma palette et chaque musicien représente une couleur " (Duke Ellington). Solo de trompette de Clark Terry, le maître de Miles Davis. Ca joue, ça swingue, ça chauffe tout en douceur. Retour au thème et aux percussions avec un nouveau solo de trombone à pistons. Ce thème est toujour joué en 2013 mais seul l'orchestre de Duke Ellington le jouait comme ça. Un intermède où le pianiste de l'orchestre dialogue avec son batteur. Ouh la la, ça fait mal aux imitateurs! Il y en a qui se sont cachés dans leur piano depuis ce concert. Si ce n'est pas fait, ils devraient le faire. Et le final à l'unisson, saperlipopette!

" Newport up " avec les soli de Jimmy Hamilton (clarinette), Paul Gonsalves (sax ténor) et Clark Terry (trompette). " Pour l'avant-garde, j'ai Paul Gonsalves " (Duke Ellington). Là, ça swingue plus vite. " S'il devait y avoir un tremblement de terre pendant le concert, que la scène devait s'écrouler, une fois le calme revenu, on entendrait Sam Woodyard qui aurait gardé le beat " (Duke Ellington). Comment faire un solo exalté en pleine relaxation? Paul Gonsalves avait ce truc alors que tant de saxophonistes ténors hurlent, s'excitent, partent dans tous les sens, Paul Gonsalvec jouait à bloc et droit devant. Les 3 solistes se retrouvent et l'orchestre pousse. Le final à l'unisson, nom de nom!

" MC Blue " en souvenir de Newport encore qui marqua la résurrection de l'orchestre. " MC means Multi Colour Blue " explique le Duke. Rien à voir donc avec un quelconque Maître de Cérémonie. Ca commence avec un solo de Johny Hodges et, à, à moins d'avoir les oreilles bouchées, un coeur de pierre et une âme de fer, vous fondez comme neige au soleil. Est-il possible de jouer un Blues au sax alto plus doucement? Vient ensuite le crooner de l'orchestre. Mesdames, Mesdemoiselles, préparez vos mouchoirs car c'est à vous qu'il s'adresse. Les Messieurs peuvent sortir. Le spectacle n'est pas pour eux. Ce gars là a du métier et du savoir-faire. Quand il chante le Blues, il vous fait des bleus à l'âme. L'orchestre s'anime, Johny Hodges aussi. Ce n'est pas du velours, c'est du tweed, que dis-je du cachemire! Le crooner attaque de nouveau. Mesdames, Mesdemoiselles, prévoyez un second mouchoir propre. Johny Hodges ne s'en laisse pas conter. Ah, Johny Hodges! Un sax alto sur lequel le style de Bird a glissé comme l'eau sur les plumes d'un canard. ll n'en avait pas besoin. Son art était déjà parfait avant Charlie Parker. Pourquoi changer? 

Encore un nouveau morceau. " El Gato " défi de trompettistes entre Clark Terry, Shorty Baker, Cat Anderson et Ray Nance. Ca swingue, pétarade comme un feu d'artifices de cuivres, avec ce Latin Tinge cher à Jelly Roll Morton. Leandro Barbieri, né en 1934, a forcément écouté ce morceau avant de se faire appeler " Gato ". Duke Ellington se lève pour veiller sur l'orchestre. Ray Nance joue de la trompette avec un chapeau melon devant l'embouchure. Ca fait un sacré wouah wouah, nom d'un chien! Sam Woodyard tient le beat alors que l'orchestre se déchaîne derrière les trompettistes. Rappelons que Ray Nance était violoniste classique de formation. Aucun orchestre classique de l'époque n'aurait voulu d'un Nègre parmi ses membres. Alors, il est devenu chanteur, violoniste et trompettiste de Jazz. Tant pis pour le classique. Tant mieux pour le Jazz.

" Take The A Train " (Billy Strayhorn). Le thème habituel d'ouverture clôt ici ce concert de Duke Ellington. Numéro vocal de Ray Nance en duo avec Paul Gonsalves. Et les accords de Duke Ellington au piano! Quelles grandes délices musicales! Paul Gonsalves enchaîne en jouant le thème au ralenti. Il était alcoolique et pouvait s'endormir durant le concert. Ses voisins le réveillaient avant son solo mais, une fois lancé, personne ne le revoyait. Quelle accélération! et sans brutalité. Sam Woodyard marque un tempo de cheval au galop. L'orchestre se tait pour laisser jouer Paul Gonsalves jusqu'à la claque finale.

 

Lectrices bluesy, lectrices swinguants, si, contrairement à Boris Vian, vous n'étiez pas présents à ce concert de Duke Ellington, à Paris, salle Pleyel, le 20 novembre 1958, remerciez la télévision française qui en diffusa 31'48s en direct, images conservées pieusement par l'Institut National de l'Audiovisuel, vendues en DVD et diffusées par Mezzo le jeudi 2 janvier 2014 à 20h30 suivies d'une Jazz Session de Dizzy Gillespie en 1970. Une belle soirée de digestion du réveillon en perspective.

En 2014, cela fera 40 ans qu'Edward Kennedy " Duke " Ellington aura quitté ce monde. Il conviendra donc de célébrer comme il le mérite le plus grand compositeur et chef d'orchestre de l'histoire du Jazz tout au long de l'année. En commençant dès le jeudi 2 janvier sur Mezzo.

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Lenny Popkin de passage à l'Improviste en trio le vendredi 13 décembre 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Lenny Popkin Trio

Paris. Péniche l'Improviste.

Vendredi 13 décembre 2013. 21h.

Lenny Popkin: saxophone ténor

Gilles Naturel: contrebasse

Carol Tristano: batterie

 

La dernière fois que j'ai entendu Lenny Popkin en concert à Paris, c'était en septembre 2013 au Sunside. C'était encore l'été et le club était plein. Jean-Philippe Viret était à la contrebasse. Ce soir, Gilles Naturel a repris sa place dans le trio, tout naturellement. C'est la fin de l'automne, il pleut et nous sommes 5 spectateurs sur la péniche l'Improviste, quai d'Austerliz, à deux pas de la gare favorite des Auvergnats de Paris, pour écouter un géant méconnu du saxophone ténor, Lenny Popkin. Malheur aux absents! Que leur Q les gratte et que leurs bras raccourcissent!

" Out of nowhere ". Cette musique ne vient pas de nulle part. Elle vient d'un Cool Jazz sophistiqué, celui de Lennie Tristano, le père de Carol Tristano et le maitre de Lennie Popkin. Carol et Lennie sont conjoints. Bref, c'est une histoire de famille. Personne aujourd'hui ne joue aussi légèrement, suavement du saxophone ténor sans jamais être mièvre que Lennie Popkin. Avec Carol Tristano et Gilles Naturel derrière lui, tout coule comme disait Héraclite. Musique parfaite pour une péniche posée sur la Seine, à Paris, actuellement quai d'Austerlitz, dans le 13e, bientôt dans le 5e, quai de Montebello, face à Notre Dame, grande attractrice de touristes ébaubis.  Un sixième spectateur arrive. Mes lamentations sont entendues. Tout est mouvant, émouvant, sans effort apparent. Ce n'est pas de la licence puisqu'il y a un cadre mais quelle liberté! Un bateau mouche passe éclairant la salle. C'est une petite musique de nuit. Même sous le ciel de Paris, elle fait voir les étoiles.

" There will never be another you ". Il est bon de réviser ses classiques sous la direction d'un Maître, Lenny Popkin. Chet Baker chantait cette chanson à ravir. Carol est aux baguettes. Ca pulse. La douce complainte de Lenny, sans attaque, m'enchante toujours. C'est de la magie blanche. L'accompagnement paraît tout simple et le jeu de Lenny unique depuis le décès de Warne Marsh. Même Lee Konitz, autre élève de Lennie Tristano, paraît agressif à côté. Jouent-ils beaucoup ou peu de notes? Je ne sais plus. Ce que je sais, c'est qu'elles sont toutes bien choisies. Cette musique devrait être remboursée par la Sécurité sociale tant elle nettoie la tête de la bouillie sonore ambiante.

" 122 " (Gilles Naturel). Une composition dans le style des deux standards précédents. Une ballade. Carol est repassée aux balais. Non seulement la péniche l'Improviste a quitté les bassins de la Villette et le 19e arrondissement, pour la Seine et le 13e mais en plus le barman a changé et il n'y a plus de jus de fraise au bar. Décidément, Héraclite avait raison: " Tout coule ". Musique entre le liquide et le gazeux, impalpable, insaisissable. L'Improviste reste toutefois plus confortable et moins chère(20 euros) que les clubs de la rue des Lombards, dans le 1er arrondissement de Paris. De ma place, je vois par les hublots passer les péniches sur la Seine. Elles sont visibles mais pas audibles. Leur mouvement lent est en phase avec la musique. Rare conjonction entre l'esprit de la musique et du lieu. Dialogue de grande tenue entre contrebasse et batterie. La musique est pudique. Un piano serait de trop. Ce trio se suffit. 7 spectateurs. Dieux, quelle fluidité!

" E tray " ( Lenny Popkin). Titre SGDG. Carol aux baguettes. Un morceau plus rapide. A 72 ans, Lenny Popkin est toujours un petit oiseau chantant. Il reste un maître méconnu du Jazz actuel. Il faut dire qu'il nage à contre-courant. Ni free, ni hard bop, ni électrique, ni ethnique, son jeu est simplement l'essence du Cool, cérébral, élégant, suave, discret, pudique. Des valeurs qui ne sont pas à la mode, manifestement.

" What is this thing called love? ". Un standard. Rapide, aérien. Ce standard rabâché reprend toute sa fraîcheur sous le souffle de Lenny Popkin. Premier solo de batterie, aux baguettes. Carol mitraille bien. Seul le 7e spectateur, le batteur Philippe Soirat, applaudit. Les six autres écoutent attentivement.

PAUSE

Sur la Seine, la péniche bouge plus que sur les bassins de la Villette. Cela se sent. S'il y a aussi peu de monde, ce n'est pas seulement en raison de la saison, de la crise, de la météo mais aussi parce que la péniche est mal signalée, peu visible de l'extérieur. Il n'y a pas de panneaux lumineux avec néons, flashs, clignotants, indiquant " Péniche l'Improviste. Jazz Club ". Pas de réclame, pas de public. Telle est la loi du marché. Le prochain ancrage de la péniche, quai de Montebello, à Paris 5e, en face de Notre Dame, devrait la rendre plus visible pour les touristes et les puristes, les passants et les chalands.

" I am getting sentimental over You ". Carol aux baguettes. Morceau assez dynamique. Le charme opère instantanément. Leçon de mesure et de cadence. C'est beau comme un jardin anglais. Une nature foisonnante mais à hauteur d'homme. Gilles Naturel fait toujours aussi bien le lien entre le chant du saxophone ténor et les froissements de la batterie. Lennie Popkin dicte sans rien imposer. 

Les 7 fidèles spectateurs sont restés. Personne ne s'est ajouté. Tant pis pour les absents. " This is a Blues " annonce Lenny Popkin. Je l'ai déjà entendu jouer ce morceau en concert. Carol est aux balais mais pas au ménage. Un Blues blanc, grave, chaud qui balance pas mal du tout. Le thème est simple mais Lenny Popkin y ajoute les volutes bleues dont il a le secret. Beau solo de contrebasse superbement ponctué par la batteuse aux balais avec, de temps en temps, une ponctuation de pied sur la grosse caisse.

" Body and Soul ". La version définitive de ce standard date de 1939. Elle est l'oeuvre de Coleman Hawkins, le Père du saxophone ténor. Lenny le joue à sa manière suave, ineffable. Carol reste aux balais, tranquille avec Gilles. Ca vous frotte l'âme avec un chiffon doux.

" All the thoughts you have " (Gilles Naturel). Une variation sur un standard " All the things You are " comme son titre l'indique. Carol reste aux balais. La musique court, légère, joyeuse mais avec une pointe de mélancolie. La fatigue du voyage se fait sentir. Plus de 5h de train pour venir à Paris. Il n'est pas encore 23h et je m'endors déjà, bercé par cette musique douce et subtile. Gilles Naturel se taille la part du lion en solo toujours soutenu par Carol Tristano aux balais.

" You'd be so nice to come home to ". Un nouveau standard. Carol est revenue aux baguettes. Ca chante avec vivacité. Je ne rentrerai pas avec elle mais je sais qu'elle m'attend chez nous. La chanson me va aussi. Le 8e spectateur arrive. Le seul Noir. Un homme très élégant, en costume cravate et souliers bien cirés. Solo de batterie pétaradant.

PAUSE

Je suis fatigué et gorgé de beauté. Il est temps pour moi de rentrer. Espérons que ma voix ne soit pas perdue dans le désert et qu'il y ait bien de plus de spectateurs au prochain concert de Lenny Popkin, où qu'il joue. Il mérite l'attention et ses partenaires aussi.

 

 

 

 

Au Brucknerhaus, à Linz, en Autriche, le 1er mars 2011, le trio de Lenny Popkin joue " What is this thing called love? ". Comme Stéphane Grappelli, Lenny Popkin joue toujours de la même manière, la sienne. Il persévère dans son être, heureusement pour nous, ses auditeurs.

 


 

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Soutien à Benoît Lagrée disparu en Martinique depuis le 30 novembre 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Mon frère cadet Benoît Lagrée a disparu en Martinique depuis le samedi 30 novembre 2013.

Parti pour une randonnée de reconnaissance de la Transmartinique, il n'est pas réapparu depuis.

Policiers, gendarmes, sapeurs pompiers, chasseurs alpins, randonneurs, à pied ou en hélicoptère, tout le monde le cherche sur l'île.

Ses amis, ses collègues, sa famille ont créé une page de  Soutien à Benoît Lagrée, pour rassembler l'information le concernant et exprimer son soutien moral et/ou financier à sa compagne et ses amis partis le chercher.

C'est avec Benoît que j'ai été écouter en concert Sonny Rollins à Rennes en 1989, Miles Davis à Saint Brieuc en 1990 et Prince à Paris en 1993. Je compte bien aller de nouveau à un concert avec lui. Merci pour votre aide.

 

Comme mon frère préféré est un homme Superfunkycalifragisexy, voici en encouragement Stevie Wonder recevant Prince sur scène à Paris en 2010 pour une version mémorable de " Superstitition ".

 


 

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Jazz Archive: Mezzo & l'INA diffusent les grandes heures du Jazz à l'ORTF chaque jeudi à 20h30 de janvier à juin 2014

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Mezzo

&

l'Institut National de l'Audiovisuel

présentent

Les Géants du Jazz à la télévision française.

Chaque jeudi à 20h30 du jeudi 2 janvier au jeudi 26 juin 2014

 

Sonny Rollins

 

 

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre du Colossal Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, réservez tous vos jeudis soirs du 2 janvier au 26 juin 2014. Ces soirs là, si un importun vous demande ce que vous faites, vous direz que vous avez " Jazz sur Mezzo ". Bref, sauf cas de force majeure, vous ne serez pas disponibles. Si vraiment l'anniversaire de l'oncle Archibald, le mariage du cousin Germain, la réussite au permis de conduire de la nièce Aglaé, au baccalauréat du fils prodige, vous obligent à sortir, n'oubliez pas d'enregistrer l'émission ou de vous (faire) offrir les DVD.

En effet, grâce aux archives de l'INA, des heures de Jazz filmées et enregistrées par l'Office de la Radio et Télédiffusion Française ressurgissent pour le plus grand plaisir de tous ceux qui aiment le Jazz.

Vous salivez déjà? Vous trépignez d'impatience? Vous exigez le programme? Le voici:

- Jeudi 2 janvier 2014 à 20h30: Duke Ellington et son orchestre en concert à Paris, salle Pleyel, en 1958. " Chaque année, tous les Jazzmen du monde entier devraient se retrouver dans un même lieu, s'agenouiller et prier Dieu pour le remercier d'avoir créé Duke Ellington " (Miles Davis). Suivi de Dizzy Gillespie Jazz Session (1970). " La première fois que j'ai entendu Bird et Diz jouer ensemble, ce fut la plus grande sensation de ma vie habillé. Toute ma vie j'ai cherché à atteindre cette émotion dans ma musique. Je m'en suis parfois approché de très près mais n'y suis encore jamais arrivé. Je cherche encore " (Miles Davis).

- Jeudi 9 janvier 2014 à 20h30: Steve Kuhn Trio suivi de Gary Burton Quartet dans Jazz Harmonie (1970).Elegance et subtiiité au programme.

- Jeudi 16 janvier 2014 à 20h30: Don Cherry Jazz Session (1971). Ouvrez grand vos oreilles et vos esprits!

- Jeudi 23 janvier 2014 à 20h30: Ahmad Jamal Trio & Bill Evans Trio. Jazz Session (1971). Pour tous ceux qui aiment le piano.

- Jeudi 30 janvier 2014 à 20h30: Charles Tolliver (trompette). Jazz Session (1971, 1973).

- Jeudi 6 février 2014 à 20h30: Baden Powell Quartet  Jazz Samba (1971) suivi de Sun Ra and his Intergalaktic Arkestra (1972). Le Brésil suivi d'un voyage intergalactique, tout cela à la télévision française, saperpilpopette!

- Jeudi 13 février 2014 à 20h30: Illinois Jacquet Trio suivi de Dexter Gordon Quartet. Jazz Session (1973). " Pourquoi lire du Platon alors que le son d'un saxophone suffit à vous ouvrir la porte d'un autre monde? " (Cioran).

- Jeudi 20 février 2014 à 20h30: La leçon de piano de John Lewis (1980). Le Maître du Modern Jazz Quartet et de la Third Stream Music joue avec Christian Escoudé (guitare), Daniel Humair (batterie) et dispense son savoir à deux jeunes pianistes français ( Frank Amsallem et Christophe Soulier).

- Jeudi 27 février 2014 à 20h30: Sonny Rollins " La leçon de musique ". A la salle Wagram, en 1981, Sonny Rollins apprend la calpyso et la respiration circulaire à deux jeunes saxophonistes français: Charles Schneider (sax alto) et Marc Thomas (saxophone alto). Un grand moment de Jazz et de pédagogie. J'ai vu cette leçon à la télévision il y a 20 ans. Je m'en souviens encore.

- Jeudi 6 mars 2014 à 20h30: Thelonious Sphere Monk seul au piano (1969). Le Prophète en action, filmé par son ami français Henri Renaud le premier à l'avoir enregistré en solo à Paris, en 1954.

- Jeudi 13 mars 2014 à 20h30: John Coltrane Quartet en concert au festival de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins les 26 et 27 juillet 1965. John Coltrane, Mac Coy Tyner, Jimmy Garrison, Elvin Jones jouent la seule version jamais enregistrée et filmée en concert de leur album " A Love Supreme ". Une référence pour tout amateur de Jazz. Existe aussi en CD. Il m'a fallu une vingtaine d'écoutes pour entrer dans cette musique.

- Jeudi 20 mars 2014 à 20h30: soirée Blues avec Memphis Slim (piano, chant) en 1962 & John Lee Hooker (guitare électrique, chant) en 1970. Si vous aimez votre Blues servi sec, sans glaçons, ni jus de fruit, à consommer sans modération.

- Jeudi 27 mars 2014 à 20h30: Stéphane Grappelli (violon, piano) Quintet en 1961. S'il existe une école française du violon Jazz reconnue internationalement, c'est grâce à Stéphane Grappelli.

- Jeudi 3 avril 2014 à 20h30: Quincy Jones Big Band à l'Alhambra (1960). Pour ceux qui auraient oublié que Quincy Jones fut d'abord un fameux trompettiste et chef d'orchestre de Jazz avant de faire de Michael Jackson le King of Pop.

- Jeudi 10 avril 2014 à 20h30: Jazz at the Philarmonic (1960). Enregistré à Paris, salle Pleyel. Stan Getz, Cannonball Adderley, Dizzy Gillespie...Que voulez vous ajouter à des noms pareils sur scène en 1960? Qu'il faut se taire et écouter. C'est tout.

- Jeudi 17 avril 2014 à 20h30: Daniel Humair Special Show (1961) et Daniel Humair Jazz Session (1972). Daniel Humair, un jeune batteur très prometteur, comme disait Benjamin Moussay lors d'un concert d'octobre 2013. Il l'était déjà en 1961 et 1972. C'est dire!

- Jeudi 24 avril 2014 à 20h30: Erroll Garner Jazz Land (1973). Show le piano, show!  

- Jeudi 1er mai à 20h30: l'orchestre de Kid Ory à Paris, Salle Pleyel (1959). Do you know what it means to miss New Orleans? 

- Jeudi 8 mai 2014 à 20h30: Max Roach Quintet à l'Alhambra (1960). Les autres batteurs surnommaient Max Roach " The Professor ". Si vous ne savez pas pourquoi, vous allez vite comprendre.

- Jeudi 15 mai 2014 à 20h30: Johnny Griffin au festival de Jazz de Chateauvallon (1971). Little Giant en pleine forme, ça ne se manque pas.

- Jeudi 22 mai 2014 à 20h30:  Festival de Jazz de Cannes (1958). J'en ai déjà parlé sur ce blog. Rien à ajouter.

- Jeudi 29 mai 2014 à 20h30: Festival de Jazz de Cannes (1958). Cf supra.

- Jeudi 5 juin 2014 à 20h30: Jazz at The Philarmonic (1961,1962). Avec Dizzy Gillespie, Coleman Hawkins. Qu'ajouter à de tels noms? Si vous ne les connaissez pas encore, ouvrez vite le Nouveau Dictionnaire du Jazz et écoutez les, sapristi!

- Jeudi 12 juin 2014 à 20h30: Freddie Hubbard (trompette) Jazz Session (1973). Entre Swing et Groove. Irresistible Freddie!

- Jeudi 19 juin 2014 à 20h30: Rahsaan Roland Kirk en concert à Paris, au Grand Palais, en 1972. Esprits frileux et chagrins s'abstenir. 

- Jeudi 26 juin 2014 à 20h30: Art Blakey and The Jazz Messengers  (Wayne Shorter au sax ténor, Freddie Hubbard à la trompette) Live au Théâtre des Champs Elysées, Paris, 1959. Ce son Hard Bop que tant de jeunes musiciens copient encore aujourd'hui. En vain. Ecoutez le Tambour Majeur: Art Blakey (Abdullah Ibn Buhaina en religion)!

 

Puisque la vie est belle à Cannes l'été (Henri Salvador l'a chanté sur des paroles de son ami Boris Vian), voici quelques images et sons en souvenir du seul et unique Cannes Jazz Festival filmé en 1958 par Jean-Christophe Averty. A voir les jeudis 22 et 29 mai 2014 à 20h30 sur Mezzo avec l'INA.

 


 

 

 

 

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Le Jazz club d'Annecy fête ses 20 ans du 5 au 7 décembre 2013!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Jazz Club d'Annecy

Haute-Savoie, Rhône Alpes, France

Du jeudi 5 au samedi 7 décembre 2013

 

La Savoie a une longue histoire d'amour avec le Jazz grâce au critique Maurice Cullaz que son ami Louis Armstrong appelait "  Smoothie " et son fils, contrebassiste,  Alby Cullaz.

Cette histoire se poursuit depuis 1993 à Annecy avec le Jazz Club qui fêtera ses vingt ans du jeudi 5 au samedi 7 décembre 2013 avec un festival qui fera swinguer le lac.

Au programme:

- jeudi 5 décembre, à 19h30, salle Pierre Lamy, hommage à Chet Baker avec projection de films sur Chet et un concert du trio de Robin Mansanti (trompette)

- vendredi 6 décembre, à 20h30, Bonlieu-Théâtre des Haras, concert du Cubain Roberto Fonseca (piano)

- samedi 7 décembre, à 20h30, Bonlieu-Théâtre des Haras, concert des Ponty père et fille en quartet: Jean-Luc au violon et Clara au piano.

Né à Avranches, dans la Manche, en Normandie, en 1942, Jean-Luc Ponty sortit du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en 1960 avec le premier prix de violon. Déjà Miles Davis et John Coltrane l'avaient happé. Le Conservatoire ne put le conserver, le Jazz y gagna un soliste de haut vol, plus respecté aux Etats-Unis qu'en France, comme Michel Legrand. A Paris, à l'Olympia, en 1968, Jean-Luc Ponty partageait la scène avec Dizzy Gillespie et Jimmy Smith. Rien à ajouter.

 

 


 

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Chaud Acao! Irving Acao en concert au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Irving Acao

Paris. Le Sunside.

Samedi 23 novembre 2013. 21h.

 

Irving Acao: saxophone ténor, compositions

Leonardo Montana: piano

Felipe Cabreras: contrebasse

Lukmil Perez: batterie

 

La musique me rappelle le Herbie Hancock latino des années 60. Le sax attaque, un peu rêveur, à la Wayne Shorter. Ce n'est pas de la Salsa facile. La rythmique tourne, légère et puissante à la fois, oscillant comme un pendule. Le quartet repart et, nom de Zeus, ça pulse. Ca réchauffe par cette froide soirée de novembre. Il y a bien un air de danse latine mais sacrément enrichi. Résultat, ça s'écoute. Il n'y a pas la place pour danser au Sunside et, de toute façon, il faut être un excellent danseur avec une partenaire à la hauteur pour ne pas s'emmêler les pattes sur ces rythmes là. Irving Acao parle français avec un bel accent chantant. Ils jouent " Azabache " le premier album de ce quartet. Il s'agit d'une pierre noire dans laquelle on taille des porte-bonheurs. 

" Marco Polo y el pez ". Un petit air plaintif, dansant, mélancolique. Le batteur, très classe en costume cravate, mais qui grimace comme tout batteur qui se respecte. Beau solo de contrebasse au centre de la rythmique alors que le batteur malaxe aux balais. Solo de piano que ponctue le batteur passé aux baguettes. Une bonne vibration nous réchauffe. Le jeu de Lukmil Perez est vraiment cubain. Ce ne sont pas les mêmes rythmes qu'un batteur nord-américain. Pour comprendre la différence, voyez la démonstration de Dizzy Gillespie. Le quartet fusionne. Finie la ballade. Ca s'échauffe. Lukmil Perez joue comme un percussionniste cubain mais pas à mains nues sur une conga. Retour au calme pour le final. Beau voyage. Il est sûr qu'Irving Acao a beaucoup écouté Wayne Shorter mais il ne le copie pas.

" Atrifis ", c'est la façon dont le fils d'Irving désigne les feux d'artifice. Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur tapote doucement, à mains nues. Un climat naît de ce dialogue contrebasse/batterie. Il fait très doux. Le pianiste pince les cordes de son piano. Ca vibre d'un bout à l'autre de la scène. La rythmique repart, claire et ferme. Il manque à mes côtés un fidèle abonné Béninois pour analyser la parenté de ces rythmes avec ceux de son pays natal. Heureusement, le contrebassiste nous donne des points de repère car ce qui se passe entre le pianiste et le batteur est sidérant. Ca relance sans cesse, dans tous les sens. irving Acao a repris la main avec une rythmique sans faille, d'une souplesse et d'une éactivité à toute épreuve. Elle le propulse plus vite, plus haut, plus fort avant qu'il ne calme le jeu d'un souffle.

" El poeta brasileno ". Morceau dédié à Leonardo Montana, poète brésilien du piano. Une ballade toute en douceur. Irving Acao écrit de jolies mélodies qui restent en tête sans vous la prendre. Le pianiste mérite bien son surnom de " poeta brasileno " qui va aussi à Cesarius Alvim. Le batteur est passé aux maillets pour obtenir une vibration plus intense de ses cymbales et de ses tambours. 

" Reflexion ". Un morceau plus vif, plus dynamique avec une sacrée tension piano/contrebasse poussée par le batteur aux baguettes. Puis le sax attaque, tranchant mais jamais brutal. Le batteur joue par au dessous et par en dessous de la mélodie tout en maintenant la pulsation. Il est en symbiose avec les envolées rythmiques du pianiste. Un tour de magie sonore et le quartet revient à la mélodie de départ. Dieux, que c'est bon! Le pianiste maintient la tension de la main gauche, avec le bassiste, alors que sa main droite l'allège. Le batteur fait rouler ses tambours en tout sens. 

PAUSE

La semaine de labeur fut rude et j'ai fait 5h32 de train pour venir à Paris aujourd'hui. Le concert s'arrête donc ici pour moi. Madame G et Monsieur S, enchantés, sont restés au deuxième set. J'ai enfin découvert Irving Acao. Il était temps! La chronique de son album " Azabache ", autoproduit, figurera bientôt sur ce blog. Profitez en déjà avec un extrait ci-dessous. Rien à ajouter.

 

 

 

 

 

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Radio Vinyle: une immersion dans la collection de disques vinyl de Radio France!

Publié le par Guillaume Lagrée

RECLAME

Tour Eiffel 

La photographie de la Tour Eiffel, le plus célèbre relais radio au monde, est l'oeuvre de l'Helvète Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.
 
 

RADIO VINYLE

Une immersion dans la collection de disques vinyles de Radio France !

 

 

Sur une idée originale de la discothèque de Radio France, cette série est née d’une étroite collaboration entre les radios du groupe Radio France,  la Direction des Nouveaux médias et la discothèque.


Avec la complicité d’un producteur/animateur, l'équipe de la discothèque prépare une sélection de pépites musicales qui sert de fil conducteur à l’interview, enregistrée et filmée au cœur de la collection de vinyles de Radio France (plus d'un million de disques). L’artiste pioche ensuite dans cette sélection et réagit à l'écoute des disques en évoquant sa vie, sa carrière, sa passion pour la musique… 


Ces rencontres inédites sont diffusées à l'antenne et proposées en vidéo sur le site de la chaîne partenaire et sur celui de Radio Vinyle.

 

Retrouvez Françoise Hardy au micro de Didier Varrod pour France Inter, Rodolphe Burger, Greil Marcus au micro de Thomas Baumgartner pour France culture, Placebo, MadlibPedro Winter au micro de Laura Leishman pour le Mouv’,Portishead au micro de Nico Prat pour le Mouv,  Bertrand Tavernier au micro de Thierry Jousse pour France Musique,Blanca LiHigelinArno au micro de Sylvie Chapelle pour France Inter ou encore Archie SheppAhmad Jamal, Ibrahim Maalouf au micro d’Alex Duthil pour France Musique

 

La discothèque de Radio France est organisée autour d’une plateforme musique de plus de 1.900.000 titres, d’une collection de plus de 450.000 disques vinyles et de 600.000 cd. Elle est aujourd’hui au cœur du processus de diffusion de la musique au service de France Inter, Fip, France Info, Le Mouv, France Bleu, France Musique, France Culture et des formations musicales de Radio France.

 

Rodolphe Burger et Olivier Cadiot en concert au Centre culturel suisse, à Paris, en février 2013 jouent et chantent le " Dadasophe ". Rien à ajouter.

 

 


 

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Festival CinéJazz à Paris du 19 au 29 novembre 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Festival CinéJazz

Paris

Du mardi 19 au vendredi 29 novembre 2013

 

Lectrices cinéphiles, lecteurs mélomanes, réconciliez vous avec le festival Cinéjazz qui aura lieu à Paris du mardi 19 au vendredi 29 novembre 2013.

Au programme:

- des concerts de Jazz dont une Leçon de CinéJazz par Antoine Hervé le mardi 19 novembre à 21h dans le grand amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne. La classe, forcément la classe.

- un festival de courts métrages. Ils sont visibles sur le site Internet du festival.

- un colloque universitaire sur les Esthétiques du Jazz au musée Dapper présidé par le professeur Gilles Mouellic de l'université de Haute Bretagne Rennes 2.

- des films sur le Jazz projetés à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

J'en oublie sûrement.

Pour parrainer ce deuxième festival international du Jazz et du Cinéma, qui de mieux que Michel Legrand? 3 Oscars, 5 Grammy Awards, compositeur de standards du Jazz tels que " The windmills of your mind " (Oscar pour la musique de " The Thomas Crown affair " en 1968) et " What are you doing the rest of your life ? " qu'affectionnait Bill Evans, le seul Français qui ait dirigé deux fois Miles Davis (en 1958 pour " Legrand Jazz " et en 1991 pour la musique du film " Dingo " de Rolf de Heer, la regrettée Bernadette Laffont jouant l'épouse de Miles Davis).

 

Dans " Cléo de 5 à 7 " d'Agnès Varda (film culte pour Madonna!), " Bob " (Michel Legrand) et " Plumitif " (Serge Korber) créent, pour " Cléo " (Corinne Marchand), deux bijoux de chansons en 2mn46s: " La menteuse " puis " La joueuse ". Paroles d'Agnès Varda, musique de Michel Legrand. A savourer sans modération.

 


 

 

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