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L'If Duo Bruno Angelini/Giovanni Falzone présente son deuxième Opus au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Les Lilas. Le Triton.

Samedi 3 mars 2012. 20h30

If Duo

Bruno Angelini: piano

Giovanni Falzone: trompette

 

Giovanni Falzone + Bruno Angelini

 

La photographie de Bruno Angelini et Giovanni Falzone est l'oeuvre du Pianissimo Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Après un premier opus composé par Giovanni Falzone " Songs. Volume 1 ", voici le temps de présenter au public le deuxième opus de l'If Duo composé par Bruno Angelini et enregistré au Blanc Mesnil.

Ca commence par quelques grincements de cordes du piano, le souffle de Giovanni dans le micro puis la trompette. Il faudrait écouter cette musique en plein air pour qu'elle entre en résonnance avec le vent. Giovanni fait encore quelques bruitages. Il visse la sourdine Harmon dite la sourdine " Miles " en hommage à Miles Davis qui l'utilisait si bien. Giovanni, lui, en joue avec un son wah wah mais actuel, pas copié des années 30. Il souffle même dans un goulot de bouteille. Bruno poursuit son chemin au piano, fluide, tranquille. Giovanni enlève la sourdine. Ca démarre. Giovanni sort des sons ahurissants de son instrument alors que Bruno fouille, creuse son piano. C'était " La vie est un mensonge ".

" Déontologie Blues ", composition dédiée à une certaine frange de la classe politique française. Giovanni commence en wah wah avec le bouchon qui ouvre et ferme le pavillon de sa trompette. Ce n'est pas Bubber Miley chez Duke Ellington. Nous sommes bien en 2012. Ca grogne fermement. Bruno attaque dans le grave. Giovanni joue maintenant à pavillon ouvert. Ca bataille dur entre le piano et la trompette. Ils sont très fâchés et cela s'entend. Giovanni sonne l'alarme à la trompette alors que le piano tempête.

Retour au calme avec une belle ballade qui s'installe au piano. Bruno n'enseigne pas à la Bill Evans Academy de Paris pour rien. Il sait jouer les ballades. Trompette de velours. Une sorte de berceuse élégante. C'est la Méditerranée par temps calme, sous le soleil, avec une brise légère. Tout est doux: la température, la lumière, l'ambiance. C'était " A place.zen " une musique qui atteint son objectif.

" Il fanfarone " un hommage au " Fanfaron " de Dino Risi (en italien, " Il sorpasso "). Je connais ce morceau de Bruno Angelini dans la version chantée par Thierry Péala avec Bruno Angelini bien sûr et Francesco Bearzatti (saxophone ténor, clarinette). Giovanni se lance dans des jeux insensés avec sa trompette, un sifflet. La musique chante, danse, se moque, joyeuse, m'as tu vu et irrésistible comme Vittorio Gassman dans le film. Giovanni fait du wah wah avec les pistons sans bouchon. C'est drôle, mouvant et émouvant. Solo schotchant de trompette rejoint par les notes distillées du piano. Je sens la fin tragique arriver. Je ne la raconte pas pour ceux qui n'ont pas vu le film. Ceux qui l'ont vu voient ce que je veux dire. La mélodie demeure mais elle est devenue triste.

" Révolution? ", composition dédiée au printemps arabe à l'origine, aux Syriens en lutte ce soir. Bruno commence une ballade nostalgique alors que Giovanni crée différents bruitages animaliers avec sa voix, son souffle. Giovanni prend sa trompette, souffle doucement puis monte à incandescence, à ébullition alors que le piano vibre doucement sous les doigts de Bruno. Giovanni a vraiment un scat très personnel. Son jeu de trompette l'est aussi. Bref, c'est un créateur. Ca tombe bien, Bruno Angelini l'est aussi. C'est pourquoi les écouter ensemble sur scène est une expérience si stimulante, si enrichissante. Maintenant, c'est la révolution sur scène. Ca gronde, crie même.

BIS

" Salto nel vuoto " extrait de leur premier album " Songs volume 1 ", composé par Giovanni Falzone. Un morceau vertigineux, à nous faire perdre la tête comme son titre l'indique. Une fin gag comme ils savent le faire.

Lectrices avenantes, lecteurs sympathiques, faites comme moi: écoutez l'If Duo de Giovanni Falzone et Bruno Angelini, parlez en autour de vous. Ne soyez pas égoîstes. Ne gardez pas cette merveille pour vous.

PAUSE

Francesco Bearzatti

Le deuxième concert était l'oeuvre d'un autre duo:

Francesco Bearzatti: clarinette, saxophone ténor photographié par le Lyrique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

François Merville: batterie

J'apprécie Francesco Bearzatti en leader de son Tinissima Quartet qui comprend d'ailleurs Giovanni Falzone, en accompagnateur du chanteur Thierry Péala avec Bruno Angelini ou de l'organiste Emmanuel Bex.

Là, je n'ai pas aimé du tout. Le batteur frappait sans dégager la moindre pulsation. Le saxophoniste utilisait de l'outillage électronique pour faire sonner son biniou comme une guitare électrique.

Face à cette agression sonore, Mademoiselle L et moi avons fui avant la fin du premier morceau. D'autres sont restés, ont apprécié je le suppose. Demandez leur donc leur avis. 

Bruno Angelini sera de nouveau en concert à Paris, le vendredi 7 mars 2012 à 21h, sur la péniche l'improviste. Il jouera en trio avec Mauro Gargano (contrebasse) et Fabrice Moreau (batterie) l'album " so now " louangé sur ce blog.

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Festival de Gospel à Rueil Malmaison du 17 au 25 mars

Publié le par Guillaume Lagrée

Précision historique: contrairement à ce qu'affirme faussement Deezer, c'est bien Jane Lee qui chante " He's got the whole world in His hands " sur son album " The newest sound around " (1961). Perry Como n'a rien à voir là dedans.

Lectrices impies, lecteurs hérétiques, réjouissez vous. Vous pourrez communier dans la joie du Gospel, que vous croyez au Ciel ou non, à Rueil Malmaison, Hauts de Seine, Ile de France, France du vendredi 17 au samedi 25 mars 2012 avec le festival Gospelnrueil.

Parmi les artistes présents, la Grande Dame Liz Mac Comb. La voici en concert à Paris, au Palais des Sports, en 2007.

 

 

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Claude Debussy, la musique et les arts au musée de l'Orangerie à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices subtiles, lecteurs raffinés, réjouissez vous. Le musée de l'Orangerie, à Paris, dans le Jardin des Tuileries, consacre une exposition à Debussy, la musique et les arts jusqu'au 11 juin 2012. Il s'agit d'une des célébrations du 150e anniversaire de la naissance de ce compositeur français.

C'est l'occasion de découvrir les correspondances entre musique, peinture, sculpture, littérature d'un compositeur, ouvert au Jazz naissant et dont l'influence sur le Jazz fut et demeure immense. Claude Debussy (1862-1918) était ainsi le compositeur préféré de Duke Ellington et Charlie Parker.

Lorsque Claude Debussy écrivit pour sa fille Chouchou, Children's Corner, il y inséra un Golliwog Cake Walk qui montre son attention aux premiers sons du Jazz naissant.

Ayant visité l'exposition, je confirme qu'elle est riche, instructive et qu'elle ne néglige aucun art. Peinture, sculpture, prose, poésie, musique même, Claude Debussy faisait son miel de toutes fleurs.

J'ai toutefois trois bémols, ici et là bien sûr, à émettre:
- pas une note de Debussy n'est diffusée pendant la visite. Je suppose qu'il faut payer 5 euros de plus (place à 7.50 euros) pour avoir l'audioguide et bénéficier de ce privilège. Ma religion m'interdit l'audioguide surtout à 5 euros de plus. Le Musée de l'Orangerie n'est manifestement pas destiné aux êtres humains désargentés avides de culture.
-certaines oeuvres sont masquées derrière un rideau grillagé. On les voit mal alors qu'elles sont déjà sous verre. Quant aux panneaux explicatifs, ils sont alors carrément illsibles.
- l'exposition s'arrête à 1918, la mort de Debussy. Il eût été intéressant d'envisager l'influence de Debussy post mortem sur le Jazz notamment mais pas seulement.
Par ailleurs, écouter du Debussy en plongeant dans les " Nymphéas " de Claude Monet serait une expérience magnifique si les guides touristiques voulaient bien cesser de parler pendant la diffusion de la musique. Comme personne ne leur demande de se taire, ils parlent et ils vous gâchent le plaisir.
Les Nymphéas ont été conçus et créés comme une expérience sensorielle destinée à reposer les âmes des visiteurs éprouvés par les sollicitations et les excitations du monde moderne. Devant les Nymphéas, il convient de se taire, de regarder, de plonger dans l'oeuvre si elle vous plaît, de partir au plus vite si elle ne vous plaît pas afin de céder la place à ceux qui l'aiment. Il n'y a pas à comprendre, il y a à ressentir. Guides et audioguides ne peuvent qu'y nuire.
En résumé, dans l'exposition sur Debussy, vous n'entendez pas de musique de Debussy. Dans les salles des Nymphéas, de la musique de Debussy est diffusée à intervalles réguliers mais les conditions de la visite ne vous permettent pas d'en profiter. Il ne reste donc qu'à venir avec votre propre casque et vos propres enregistrements préférés de Debussy pour accompagner l'exposition.

Vous pouvez aussi profiter des concerts Debussy donnés au Musée de l'Orangerie durant l'exposition.    

Voici un des premiers clips de l'histoire de la musique. Ce petit film surréaliste de Marcel L'Herbier (1930) montre en action un des plus grands pianistes du XX° siècle, Alfred Cortot jouant le Children's Corner de Claude Debussy. A montrer aux enfants dès l'âge de 4 ans, l'âge de Chouchou lorsque cette musique fut écrite pour elle.

 


 

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Hommage à Maurice André, l'homme à la trompette d'or

Publié le par Guillaume Lagrée

Hors du Jazz, le Français Maurice André (1933-2012) fut certainement le plus grand trompettiste du XXe siècle.

Il respectait autant les Jazzmen que ceux-ci le respectaient.

C'est ainsi qu'un soir, à la télévision française, dans l'émission " Le Grand Echiquier " de Jacques Chancel, il fit un duo magnifique avec  Dizzy Gillespie.

Ils jouent " Manha de Carnaval " du compositeur brésilien Luiz Bonfa. En 2mn 20, hormis la joie qui vous remplira, lectrices vénérées, lecteurs vénérables, vous aurez tout le loisir d'entendre la différence entre un Maitre du classique et du contemporain, Maurice André et un Maître du Jazz, Dizzy Gillespie. Maurice joue le thème, Dizzy improvise autour. Maurice joue legato alors que Dizzy joue alternativement staccato et legato dans le même morceau, style qu'il inventa selon ses dires. Je laisse aux éminents musicologues lecteurs de ce blog le soin de discuter voire contredire cette assertion. Pour ma part, je me contente de me réjouir à chaque nouvelle écoute de ce petit bijou sonore.

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Dizzy Gillespie montre la différence rythmique entre Jazz, Salsa et Bossa Nova

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices assoiffées de savoir, lecteurs affamés de connaissance, voici un document essentiel pour saisir immédiatement la différence entre les rythmes du Jazz nord américain, de Cuba, du Brésil.

Dizzy Gillespie (1917-1993), trompettiste, chanteur, chef d'orchestre, pianiste, compositeur, clown, philosophe, militant politique l'explique tout simplement avec les deux mains à son ami Français Maurice Cullaz, éminent critique, père du contrebassiste Alby Cullaz. Le film de Jean-Henri Meunier se nomme " Smoothie ", le surnom que Louis Armstrong donnait à son ami Maurice. Dans l'extrait ci dessous, la démonstration de Dizzy commence à 3mn30 environ. Ouvrez grand les yeux et les oreilles, c'est parti. Les amateurs reconnaîtront la " Samba de una nota so " (One note Samba en anglais) d'Antonio Carlos Jobim jouée et chantée par Dizzy sans instrument de musique.

 

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Le fluturiste André Stochetti remonte la Côte Ouest de la France de mars à avril 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Le fluturiste André Stochetti dont j'apprécie l'oeuvre tant sur son album que sur scène est de retour avec l'arrivée du printemps.

Il remonte la West Coast française depuis Dax (Landes) jusqu'à Dunkerque (Pas de Calais) et même au delà jusqu'aux Pays Bas(Maastricht) en passant par Rennes, ma ville natale, en Bretagne.

Allez le saisir au vol avant qu'il ne décolle vers une autre ville, une autre salle. Spectacle visible à partir de 6 ans. Peut-être en dessous pour la version jeune public que je ne connais pas. Emmenez y vos enfants, cela stimulera votre imaginaire et le votre.

Il fut un temps où André Stochetti jouait de la musique baroque. Il n'en joue plus, il l'est.

 


10 mars : 
La rochelle (17), galerie Etre et Connaître (Flûturiste, cabaret poétique)
12 mars : Dax (40), salle Atrium  (version jeune public)
13 mars : Dax (40), salle Atrium  (version jeune public)
14 mars : Conservatoire, (Master class, instruments anciens et nouvelles technologies)

16 mars : Dax (40), salle Atrium  (Famille Flûturiste)
19 mars : Niort (79), Petit Théâtre Jean Richard (version jeune public)
20 mars : Niort (79), Petit Théâtre Jean Richard (version jeune public)
20 mars : Parthenay (79), Foyer Gabriel Bordier (Flûturiste, cabaret poétique)

21 mars : Parthenay (79), Conservatoire de musique (Master class + cabaret poétique) 
22 mars : La Crèche (79), (version jeune public)

  24 mars : Rennes (35), La Cour des Miracles (Flûturiste, cabaret poétique)
27 mars : Bourgtheroulde (27), Centre Socio-Culturel G. Martin (version jeune public)
28 mars : Flers (61), Hôpital de Flers (Rencontre autour de la flûte)
29 mars : Flers (61) Salle Madeleine Louaintier (version jeune public)
30 mars : Flers (61) Salle Madeleine Louaintier (version jeune public)
02 avril : Coudekerque-Branche, salle Chaplin (Flûturiste, cabaret poétique)

08 avril : Maastricht (Pays bas), (Flûturiste, cabaret poétique)
14 avril : Liège (Belgique), Salle 302, (Flûturiste, cabaret poétique)
17 avril : Luxembourg 
- Theater Online
 (Création "The Duo")

 

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Musique et poésie pour petits et grands: Yves Rousseau et Elise Caron en concert en France en mars 2012

Publié le par Guillaume Lagrée


Duo "musique et poésie"
Par 
Eleonor Agritt (voix) et Yves Rousseau (contrebasse)
à La Java
105, rue du Faubourg du Temple - 75010 Paris - M°: Belleville ou Goncourt
le dimanche 4 mars 2012 à 17h

Ce duo musical se déroulera aussi à la médiathèque George Sand d'Enghien les Bains (95880)
le 
samedi 10 mars 2012 à 17h.

« Un dialogue dont l'argument est la mise en musique d'oeuvres écrites par des poètes contemporains de la langue française. On y retrouve des noms connus et d'autres qui le sont moins, tous choisis conjointement. Citons pêle-mêle Fabrice Melquiot, Jean-Louis Novert, Serge Wellens ou bien encore Jean-Patrice Courtois, jusqu'à Rainer Maria Rilke et son « Portrait intérieur » initialement écrit en français par le poète, ou encore la contrebassiste Joëlle Léandre qui fut auteur en son temps d'un recueil intitulé « Caraque ».»
Yves Rousseau, artiste musicien, compositeur et interprète est en résidence au Centre des arts d'Enghien-les-Bains depuis 2009.

En partenariat avec le centre des arts.
Entrée libre - Tout public - Salle Mora
Médiathèque George Sand - 5 / 7 rue de Mora - 95880 Enghien-les-Bains
Renseignements : 01.34.28.45.91
www.georgesand95.fr
En transports en commun : Train de banlieue Paris Gare du Nord - Direction Pontoise ou Valmondois  - La gare est à 200m de la médiathèque

 

Elise-Caron.jpg

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Sentimental Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'utilisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.
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"Chansons pour les petites oreilles"
Elise Caron, voix - Christine Chazelle, piano et Michel Musseau, piano-jouet et scie musicale.

le mercredi 7 mars 2012 à 17h 
Salle Patrice Leconte - rue du château 37800 Sainte Maure de Touraine


les lundi 12 et mardi 13 mars à 11h15 et 15h au Théâtre de Mende - Foirail - 48000 Mende 

le 27 mars à 14h30 et 18h30 au Théâtre de Fos sur mer - Avenue René Cassin - 13270 Fos-sur-Mer

 


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Le trio de Colin Vallon ou la nouvelle vague suisse sur Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Colin Vallon Trio

Paris. Le Duc des Lombards.

Mardi 28 février 2012.20h.

 

 

Colin Vallon : piano

Patrice Moret : contrebasse

Samuel Rohrer : batterie

 

Colin Vallon

 

La photographie de Colin Vallon est l'oeuvre de l'Helvétique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

J’ai découvert Colin Vallon comme accompagnateur de la chanteuse Elina Duni. Le voici en leader.

 

Après un long instant de concentration, le pianiste se lance rejoint, à l’instant, par ses complices. Le piano sonne comme les cloches d’une église de campagne dans le lointain. Le batteur percussionniste fait des bruits de torrent. La contrebasse trace la voie. C’est très frais. Il y a maintenant trois chants parallèles coordonnés. Petit à petit, le pianiste prend la main. C’est étrange C’est du romantique dans l’esthétique ECM qui édite ce trio d’ailleurs. Le batteur trouve de jolies couleurs sur la caisse claire avec une baguette main droite et un balai main gauche. Le batteur passe aux baguettes et martèle avec le piano alors que la contrebasse poursuit son chemin, tranquille. Ca s’agite franchement avec un pianiste dans l’ostinato et un son de batterie plutôt rock’n roll.

 

Ils relâchent la pression et enchaînent sans que le public ait le temps d’applaudir. Une petite ballade toute douce au piano. Ca monte joliment dans le grave. Ca chante. Il n’accompagne pas une chanteuse pour rien, ce jeune homme. Le trio démarre. Relâché, souple. Le batteur semble se tenir à distance de sa batterie mais c’est pour mieux en maîtriser les sonorités.. Un joli friselis de cymbales aux balais pour finir.

 

Applaudissements. Silence. Concentration. Tout grince. La contrebasse sous l’archet, la batterie sous les pointes des baguettes, les cordes du piano. Amis dépressifs, bonsoir ! Ah, le trio démarre doucement une valse sentimentale, pas légère du tout. Ces garçons jeunes, beaux, talentueux ont donc le cœur lourd. Le piano résonne, à coffre ouvert, avec une étrange pulsation dont je ne sais expliquer la puissance. Bien joué. Le trio repart doucement avec des tintements, des frottements, des chuchotements. La musique monte en puissance mais leur cœur reste lourd malgré la pulsation de la basse, le cliquetis de la batterie, le chant du piano. C’est bien fait mais je reste à distance, pas impliqué.

 

Le batteur commence, en bon « barman de sons » comme disait Jean Cocteau, premier président de l’Académie du Jazz. Un solo surréaliste et déconstructiviste. Le pianiste doit utiliser une machinerie cachée pour obtenir des sons de cette nature, prolongés comme un orgue. J’ai vu une lueur bleue dans le corps du piano. C’est bien cela. Il trafique les sons. Les amis de la dépression sont de retour. Tout se calme pour revenir à une mélodie douce et simple au piano, ponctuée par la contrebasse. Jolis frôlements des balais sur les cymbales. Ces jeunes gens ont beaucoup trop écouté Keith Jarrett (lui aussi édité par ECM) et comme Keith Jarrett m’ennuie…

 

Ah, enfin, un truc léger qui swingue ! Ouf ! Et qui chante balkanique comme les chansons de l’Albanaise de Suisse Elina Duni. Après presque une heure de concert, enfin, ils jouent ce que j’espérais, attendais. Ils ne me doivent rien, ils font ce qu’ils veulent mais ça, ça me plaît vraiment. C’est ce que j’ai apprécié derrière Elina Duni, c’est ce que j’apprécie sans elle. Le batteur malaxe ses tambours vite et bien avec les balais. Le bassiste tient sa ligne. Le piano balance, hoquète, bouge, décolle. Finie la dépression ! Vive le vent du bon temps ! La preuve, pour la première fois depuis le début du concert, je bats la mesure du pied droit. Le batteur est passé aux baguettes, hache plus vite, plus fort. Solo de batterie. Les tambours vibrent bien. C’est un batteur coloriste. Ce n’est pas si fréquent.

 

C’est sur cette note positive et bulgare que se termine ce concert. Il me reste à maintenant à découvrir l’album « Rruga » du trio de Colin Vallon.

 

Pour illustrer mon propos, vous trouverez ci-dessous, bienveillantes lectrices, attentifs lecteurs, un extrait d'un autre concert de ce trio suisse.

 

 

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Le trio d'Eric Le Lann rend hommage à Chet Baker

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Eric Le Lann Trio 

Paris. Le Caveau des Légendes

Samedi 25 février 2012. 21h30.

 

Hommage à Chet Baker

 

Eric Le Lann : trompette

Gildas Boclé : contrebasse

Nelson Veras : guitare

 

En première partie, un tour de chant « humoristique ». Un homme seul au micro avec sa guitare électrique. Il sait jouer, il sait chanter mais pour l’humour, par contre…

 

Les cordes s’accordent. Eric joue sans micro. Ca résonne bien sous les voûtes de pierre de cette cave médiévale et germanopratine. Gildas tient le rythme. Nelson joue légèrement derrière mais bien présent. C’est un hommage à Chet Baker (1929-1988, trompettiste et chanteur blanc américain). Ils jouent donc des morceaux que jouait Chet, des standards du Jazz pour la plupart. La différence, c’est qu’Eric Le Lann ne chante pas. Sa trompette chante pour lui. Eric se met en mode pause. Nelson, souple, léger, enrichit la mélodie, la pare de mille atours. Gildas et Nelson ont joué ensemble pour la première fois en 1995. Tour à tour, chacun prend la main. Ca joue, nom de Zeus ! Eric ajoute un supplément d’âme, quelque chose qui nous touche, nous écorche mais ne nous blesse pas. Je chantonne avec la trompette. C’était « Night Bird » d’Enrico Pieranunzi, ancien pianiste de Chet Baker.

 

« Summertime » (George Gershwin).  La trompette commence puis la contrebasse, puis la guitare la rejoignent. C’est dense, riche en émotions. Ca trio conserve la tradition mais ça ne sent pas la copie. C’est authentique. Nelson ajoute ses couleurs brésiliennes. Des mystères se déroulent entre Gildas Boclé et Nelson Veras. Je ne veux pas les éclaircir de peur qu’ils ne perdent leur charme. A l’archet, Gildas est particulièrement reconnaissable par la sûreté, la grâce de ses traits. Eric joue acide, mordant, d’une force contenue qui joue en douceur dans une dernière déchirure.

 

« The more I see You, the more I love You », standard du Jazz et de la Pop. Morceau plus vif, plus joyeux mais toujours avec cette part de mystère, de blessure propre à Eric Le Lann. Il y a des trompettistes qui m’impressionnent plus techniquement mais, émotionnellement, parmi les trompettistes vivants, aucun ne me touche comme Eric Le Lann. Nelson Veras jugule sa virtuosité pour se concentrer sur l’émotion, la mélodie.

 

« Milestones » (Miles Davis). Joué en trio, ça fonctionne aussi. Avec trois musiciens de cette trempe, une batterie serait trop lourde, un piano trop présent. Il leur faut cette place pour s’exprimer. Nelson Veras utilise des cordes en nylon ce qui explique, en partie, la souplesse, la chaleur de son jeu. Gildas reprend l’archet. Ca file, vibre.

 

« I am a fool to love You, I am a fool to want You ». Une ballade comme savait l’interpréter Chet Baker et comme sait l’interpréter Eric Le Lann. Ils nous prennent au sentiment et ça marche. L’ambiance intime de cette cave voûtée aux pierres irrégulières, où mon imagination me fait voir des personnages dessinés, plutôt diaboliques que divins, correspond parfaitement à cette musique. Cette fois, ils ont joué groupés, sans solo. C’est bien aussi.

 

« Love for sale ». Avec un petit air latin qui va bien. Devant Mademoiselle A et Mademoiselle F, un monsieur à tête blanche ne cesse de la hocher. Il est heureux. Nelson réalise des prodiges de discrétion. Gildas fait le lien. Eric dirige. Eric a cessé de jouer. Gildas fait la ligne de basse et Nelson décolle en douceur, sans qu’on s’en aperçoive. Il nous emmène de plus en plus loin. Clair, précis dans chaque note et toujours en suspens, en mouvement. Ca repart à trois. Nom de Zeus, c’est beau !

 

PAUSE

 

Eric attaque un standard dont le nom m’échappe. Les cordes arrivent. Gildas tient la baraque. Nelson, à distance, dialogue avec Eric. Un air rapide. Nelson est lancé sur le tapis que lui déroule Gildas. Ils ont repris à trois, avec un dialogue constant trompette-guitare, la contrebasse liant l’ensemble.

 

« You don’t know what love is ». Eric commence seul cette ballade que Chet chantait si bien. Ca chante. Solo à l’archet de Gildas Boclé, toujours admirable de précision et d’émotion.

 

Un standard dont le titre m’échappe, lancé par la trompette. Ca tourne, tourbillonne, nous emporte.

 

Une ballade dont le titre m’échappe. Le vieux Monsieur devant nous continue de hocher la tête. Mademoiselle A, Mademoiselle F et Madame G écoutent attentivement, elles aussi. Ca avance en glissant doucement, en flottant dans l’air. La trompette nous prend aux tripes. Solo cristallin de guitare porté par la contrebasse.

 

« So What » (Miles Davis). La plus célèbre ligne de basse de la musique de Jazz. Pour l’original, écoutez Paul Chambers sur l’album « Kind of Blue » (Miles Davis, 1959). Nelson joue à la place du piano dans un rôle plus discret. Où sont cachés la deuxième guitare et le deuxième guitariste ? Ah, c’est vrai, c’est Nelson Veras qui joue. Gildas Boclé passe à l’archet et fait sonner sa contrebasse comme des grandes orgues. Retour de la trompette et de cette fameuse ligne de basse. Nelson fait le contrechant de John Coltrane (sax ténor) et Julian Canonball Adderley (sax alto) avec une guitare électro-acoustique. C’est dire.

 

BIS

 

«  My one and only love ».  Je n’écris plus, je savoure.

 

Voici le commentaire enthousiaste de Monsieur T, un fidèle lecteur de ce blog, sur le premier concert de ce trio. Merci à lui.

 

Vendredi 24 février 2012, au Caveau des légendes s'est déroulé dans une ambiance extraordinaire, une véritable communion autour du trio d'Eric Le Lann. L'hommage donné à Chet Baker était d'un niveau très élevé et ceci grâce aux sons de la trompette d'Eric Le Lann ! Nous nous réjouissons d'avance que ce trio soit à nouveau présent au même endroit dès le mois de mars. Tous les adeptes du jazz ayant le bon goût de la musique viendront écouter ce trio d'Eric Le Lann.

 

" Milestones " joué par le trio d'Eric Le Lann. Ce trio sera de retour à Paris, au Caveau des Légendes, les vendredi 23 et samedi 24 mars, vendredi 20 et samedi 21 avril à 21h30. Ils nous rappelleront à nouveau que Chet Baker n’est pas seulement le titre d’une chanson de Vanessa Paradis…

 

 

 

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Oliver Lake remue le Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Oliver Lake Trio

Paris. Le Sunset.

 Vendredi 24 février 2012.21h30.

 

Oliver Lake : saxophone alto, poésie

Peter Giron : contrebasse

Benjamin Sanz : batterie

 

Peter Giron

 

 

La photographie de Peter Giron est l'oeuvre de l'Emouvant Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Gros son. C’est plus aigu qu’un ténor mais ça sonne aussi puissant. Ca vibre et pulse derrière. C’est libre avec une mélodie tout de même. Ce n’est pas le genre de musique propice à emballer les minettes ou les minets au bar. Ca me rappelle le Sonny Rollins de 1963-1966 mais à l’alto. C’est dire si ça déménage. Ils nous plongent dans le shaker et ne nous laissent pas nous reposer. Oliver Lake a certainement beaucoup écouté Ornette Coleman mais son jeu est plus brutal, moins chantant. Quelle pulsation de la contrebasse ! Bien amplifiée, elle nous enveloppe, nous propulse stimulée par le cliquetis de la batterie. Oliver Lake repart avec un vibrato très étrange. Rick Margitza rejoint le public. Il n’a pas amené son saxophone ténor. Dommage. Le trio est reparti à l’attaque : le suraigu de l’alto, la souplesse de la contrebasse, le foisonnement de la batterie. Tout est fait pour que l’auditeur fuie ou perde la tête. Le public reste. Nous optons donc pour la perte momentanée de la raison. Partis comme ça, ils peuvent jouer des heures sans s’arrêter. Les mélodies s’enchaînent, les rythmes sont malmenés.

 

Ils nous laissent le temps d’applaudir et c’est reparti. Le tempo est plus lent mais l’humeur reste agitée. Le sax alto nous fait des croassements de crapauds, des grincements de dents, des rires d’oiseaux moqueurs et bien d’autres choses encore. La pulsation est bien là. Je bats la mesure des pieds. Des claquements de langue sur l’anche, contrebasse et batterie tout en douceur.

 

Maintenant, c’est la porte qui grince. Avant de passer à un chant doux et plaintif l’instant d’après. Oliver Lake joue propre quand il veut. Basse et batterie entretiennent le suspens avant le retour du saxophone. Le chant se poursuit, doux, étrange, troublant. Un instant de recueillement avant d’applaudir.

 

Tiens, il chante maintenant. Plutôt un rap rapide, un slam. Welcome to Black America ! Si un DJ passe par là, il n’a qu’à enregistrer et sampler autour . Cela me rappelle le regretté Gil Scott Heron. « What can I do ? » est le refrain. Un roulement de cymbales et la musique commence. Oliver Lake passe en un instant de la sirène d’alarme à la ballade qui tue. L’auditeur n’a pas le temps de s’habituer que la musique a déjà changé. Ca balance, ça fouette. Il y a même une allusion de 2s à « Night in Tunisia » (Dizzy Gillespie). Rythmique funk mais d’un funk très étrange. Beau duel funky basse/batterie. Beau solo de batterie funky, bien construit. Surtout sur les tambours qui roulent avec des bonnes claques de cymbales pour ponctuer. C’est reparti en trio, à fond les manettes. Ca descend doucement. La contrebasse flotte en suspens. La batterie tintinabule. Oliver Lake reprend son slam. Ca sonne. « What if ? ». Plein de rapeurs à la noix de cajou pourraient en prendre de la graine. Il repart propulsé par la rythmique souple, puissante.

 

Basse et batterie repartent sur un air funky. Je bats la mesure du pied et hoche la tête. Ca marche. Le sax reprend sa plainte aigre douce. La musique nous raconte une histoire fière et belle. La contrebasse tire sa ligne, la batterie virevolte autour et le sax plane, vole, chante. C’est dansable à condition d’avoir l’esprit aussi libre qu’eux. Pas facile. Oliver Lake se remet à parler, de sa mère. « Breaking glass ». La rythmique groove doucement et efficacement derrière. Sa mère cassait du verre avec un marteau. Je laisse les freudiens et les lacaniens se disputer sur l’interprétation de ce texte. Oliver Lake ne brise pas le verre avec son sax alto. Au contraire, il en joue doucement, chaudement pour changer. La contrebasse, seule, remplit l’espace de sa vibration. Maestro Peter Giron. Oliver Lake lit ses poèmes qui sont édités.

 

PAUSE

 

Le Free Jazz, c’est comme l’alcool, je le consomme avec modération. J’ai fait le plein d’émotions fortes pour ce concert. Je quitte ce concert ému et remué.

 

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