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Festival Orléans Jazz du 20 au 30 juin 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

Si le Jazz est né à La Nouvelle Orléans, il vit intensément à Orléans, Loiret, Centre, France lors du Festival dont la prochaine édition aura lieu du mercredi 20 au samedi 30 juin 2012.

 

Tigran Hamasyan

 

La photographie de Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Somptueux  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Le Jazz envahit la ville avec 4 lieux principaux:

- le jardin de l'hôtel Groslot

- la place de la Loire

- le Campo Santo

- la Médiathèque

Dans le Jardin de l'hôtel Groslot, des jeunes musiciens, souvent originaires d'Orléans, du Loiret, de la région Centre. A découvrir gratuitement.

Place de la Loire, place au Jazz avec du Jazz plutôt classique, comme les Pommes de ma douche (swing manouche)et le Gramercy Five de Claude Tissendier (Jazz Swing). Autour de la place de la Loire, animations Jazz dans les brasseries, cinémas, librairie et bateaux.

A la Médiathèque, exposition de BD sur le Jazz et concerts de Jazz.

Les étoiles seront au Campo Santo (logique,non?) avec 3 voire 4 concerts par soirée. Prévoyez vous des orgies de musique, lectrices assoiffées, lecteurs affamés!

Par exemple, le deuxième concert à 20h30 le samedi 23 juin sera celui du New Quartet de Daniel Humair. Dimanche 24 juin, les festivités commenceront à 18h avec le quartet du tromboniste à coulisse Sébastien Llado suivi à 20h30 du trio du pianiste cubain Harold Lopez Nussa. Bref, programmation Lauréats du monde du samedi 23 au mardi 26 juin.

Du mercredi 27 au samedi 30 juin, programme International Jazz toujours au Campo Santo.

Par exemple, pour finir la soirée à 22h30 le mercredi 27 juin, Earth Wind and Fire vous fera groover à l'ancienne. Le jeudi 28 juin, le pianiste cubain Roberto Fonseca sera suivi du chanteur américain Al Jarreau.

Pour les amateurs de piano, l'Arménien Tigran Hamasyan sera de retour à Orléans le mercredi 29 juin à 20h30 en trio avec des complices à sa démesure, Sam Minaie (contrebasse) et Nate Wood (batterie) suivi à 22h30 du quartet de l'Américain Ahmad Jamal.

Le feu d'artifice final aura lieu le samedi 30 juin avec 4 concerts à dominante africaine dont à 20h30 le bassiste camerounais Richard Bona que New York s'arrache, le chanteur et saxophoniste nigérian Seun Keuti, fils de Fela, à 22h30 puis la chanteuse camerounaise Sandra Nkake à 0h.

Durant votre séjour à Orléans, vous pourrez, lorsque vous ne serez pas aux concerts de Jazz, parcourir le Val de Loire à la poursuite de l'exposition Véhicules rêvés organisée par le Fonds Régional d'Art Contemporain de la région Centre en collaboration avec les FRAC des Pays de la Loire et du Poitou Charentes. Bon voyage.

Pour vous en mettre en appétit, voici le trio de Tigran Hamasyan en concert à la Maroquinerie, à Paris, le 21 novembre 2011 avec pour invité spécial le guitariste franco vietnamien Nguyen Lé.

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Le mystère des voix vulgaires: Anne Ducros, Mina Agossi, Melody Gardot, Norah Jones

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, vous avez certainement remarqué que, pour les chanteuses de Jazz, ce blog parle essentiellement des Dames du temps présent  Claudia Solal et  Elise Caron. Pourquoi? Parce qu'elles sont passionnantes, flamboyantes, intelligentes, surprenantes, émouvantes, pardi! 

Elise-Caron.jpg

 

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre de l'Espoustouflant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Pour faire exception, cet article ne parlera pas des Dames Elise Caron et Claudia Solal mais de quelques Reines des ventes du genre musical nommé Jazz dans les magasins réels et virtuels, les Françaises Anne Ducros et Mina Agossi, les Américaines Melody Gardot et Norah Jones. Il s'agit ici d'une chronique de stroncatura comme disent les Italiens. Je n'en avais pas écrit depuis  Chilly Gonzales. Ames sensibles, s'abstenir. 

Anne Ducros a commencé à chanter de la musique baroque. Ca ne marchait pas. Elle est passée au Jazz. Là, ça marche pour elle. Cela prouve que l'amateur de Jazz est moins exigeant que l'amateur de Baroque. C'est regrettable mais c'est ainsi. Malgré son nom, la voix de la Ducros est insipide, inodore, incolore. Quant à son oeuvre, c'est de la copie et pâle en plus. Elle imite conscieusement les Reines du Jazz. Elle voudrait bien mais elle ne peut point J'avais reçu son dernier album en hommage à Ella Fizgerald. Je n'ai pas eu la force d'aller au bout du deuxième morceau. Elle n'a pas ce qu'Ella, elle, a.

Mina Agossi incarne le triomphe de la vulgarité. Une voix fausse, une absence totale de sens rythmique (elle ne capte pas les cycles), un jeu de scène démonstratif jusqu'à l'esbroufe, des manoeuvres de séduction insupportables de flagornerie. J'avoue avoir été séduit par cette chanteuse il y a 7 ans jusqu'à ce que je la rencontre, que je discute avec elle pour citizenjazz. Son attitude et ses réponses m'ont ouvert les yeux, les oreilles, l'esprit. Je ne lui ai plus jamais prêté attention. Désormais, ma religion me l'interdit.

Melody Gardot, vu son nom de scène, doit être une admiratrice de deux monuments de la chanson française, Brigitte Bardot et Frigide Barjot, toutes deux célèbres pour leur goût du métissage culturel et leur esprit tolérant. C'est dire si Melody Gardot vise haut, très haut d'une voix languissante, mourante, horripilante. Une amie, Mlle N m'offrit un de ses albums. Ma patience ne m'a pas permis d'aller au delà du deuxième morceau. Je ne sais plus ce que j'ai fait de cet album. Je suis resté ami avec Mlle N. Melody Gardot continue de chanter. Malheureusement.

Norah Jones doit tout à son seul talent. La preuve, son père s'appelle  Ravi Shankar. Il est vrai que Norah Jones est ravissante et que sa voix est douce. D'ailleurs, sa musique est si douce que la seule surprise sonore qui puisse vous arriver pendant que vous l'écoutez, c'est que votre téléphone sonne.

Comme chanteuses lénifiantes et endormitoires, j'aurais pu écouter Diana Krall et Stacey Kent mais cela suffit pour cette fois-ci.

Pour celles et ceux qui pourraient croire à ma misogynie, je précise que ce n'est pas ma faute si ces chanteuses représentent l'essentiel des ventes du genre musical nommé Jazz et je les invite à voir et écouter une Dame du temps présent, toujours bouillonnante de vie et de créativité, la Citoyenne Elise Caron.

D'ailleurs, puisque cette chronique parle des Reines des ventes, des têtes de gondole des rayons Jazz, voici la Citoyenne Elise Caron nous donnant un cours d'économie dans le spectacle " L'argent nous est cher " du tromboniste et compositeur Yves Robert. Belle leçon au Triton.


 

 




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Quelques chiffres sur le spectacle vivant en France en 2011 avec la SACEM

Publié le par Guillaume Lagrée

Sonny Rollins

 

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre du Festif Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices expertes, lecteurs comptables, la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique ( SACEM) nous livre dans une étude inédite des éléments chiffrés sur l'économie des festivals en France.

Cette étude a été présentée au Printemps de Bourges le jeudi 26 avril 2012.

Voici ce que j'en ai retenu.

Définissons d'abord le sujet de l'étude.

Un festival, c'est un ensemble de représentations qui revient de façon périodique avec une programmation identifiée. Ce sont aussi des représentations consacrées à un ou des genres musicaux ou des artistes pouvant figurer dans la programmation d'un ou des lieux ou centres culturels.

En 2011, les concerts de musique actuelle, symphonique et les spectacles d'humour ont représenté 80% des séances et 90% des droits d'auteur perçus. La SACEM a perçu en 2011 76 900 000 euros de droits d'auteur au titre du spectacle vivant.

Dans les genres retenus figurent le Jazz et les musiques improvisées. 

Les 841 festivals en France en 2011 représentent 15,6% des droits d'auteur perçus au titre du spectacle vivant soit 12 000 000 d'euros, c'est à dire moitié moins que les tournées du genre Le Roi Lion, Mozart l'Opéra rock etc.

Parmi ces festivals, 171 soit 20% sont du Jazz et des musiques improvisées. C'est le deuxième genre représenté après les musiques amplifiées (250 festivals soit 30% du total).

Par région, Provence Alpes Côte d'Azur est la première pour le nombre de festivals et les droits d'auteur perçus. Le festival de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins (Alpes Maritimes) est ainsi le plus ancien de France. Charles Mingus le transformait en église baptiste en 1960 pour sa première édition. Cf le lien musical en tête de cet article. 52e édition du 12 au 22 juillet 2012.

La région Rhône Alpes est la deuxième pour le nombre de festivals et la troisième pour les droits d'auteur perçus. Jazz à Vienne (Isère) est bien connu des Jazz Freaks. Prochaine édition du 28 juin au 13 juillet 2012.

La région Bretagne (au sens administratif donc sans la Loire Atlantique) est la sixième pour le nombre de festivals et la deuxième pour les droits d'auteur perçus. L'Interceltique de Lorient est le festival avec le plus grand nombre de spectateurs en France. Pour les amateurs de Jazz, Jazz à Vannes (Morbihan) vaut le détour chaque été. 33e édition du 30 juillet au 4 août 2012.

La suite de l'étude portant sur les aspects budgétaires (qui finance et anime les festivals?) sera publiée en octobre 2012.

N'oublions pas que les festivals n'existeraient pas sans les intermittents du spectacle dont le régime d'indemnités chômage fait toujours débat en France.

Sonny Rollins sera de retour au festival d'Antibes-Juan-les-Pins cet été. En attendant, le voici sur scène dans une précédente édition. Bons festivals à tous!

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " MacCoy Tyner: tempête sur les musiques du monde "

Publié le par Guillaume Lagrée

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé

« Mac Coy Tyner : tempête sur les musiques du monde »

 

Paris. Auditorium Saint Germain.

Jeudi 10 mai 2012. 19h30.

 

 

 

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

Sylvain Romano : contrebasse

Dré Pallemaerts : batterie

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Républicain Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Lectrices exigeantes, lecteurs pointilleux, sachez que je ne porte pas de lampe frontale pendant les concerts. Si l’obscurité est propice à l’écoute et à la méditation, elle ne l’est pas à l’écriture. Je vous transcris ici ce que j’ai pu relire de mes notes. Les erreurs et les lacunes sont donc miennes. En élève consciencieux, j’ai toutefois relevé une ou deux erreurs factuelles dans les propos du Professeur Antoine Hervé qui n’invalident en rien la qualité de cette leçon consacrée au pianiste Mac Coy Tyner, né en 1938, dont la carrière ne saurait se résumer à son brillant passage dans le quartet de John Coltrane (sax ténor, soprano) avec Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) de 1960 à 1965.

 

Cette Leçon de Jazz est consacrée uniquement aux compositions de Mac Coy Tyner. Rappelons d’abord que dans le quartette de John Coltrane les soli de chaque musicien étaient si longs que le chef avait le temps de manger son assiette de spaghetti posée sur le piano pendant que ses musiciens improvisaient. Une utilisation judicieuse du temps de travail, évitant la pause déjeuner (payée mais pas travaillée) qui devrait inspirer les DRH, comme le fait remarquer judicieusement le professeur Hervé.

 

Le trio commence par « Uptown ». C’est joli, entraînant et puissant. Bref c’est du Mac Coy (le pianiste pas le héros de BD ou l’auteur de polars). Le batteur peut jouer plein pot en même temps que le pianiste. Le contrebassiste fait entendre sa vibration au centre.

 

Mac Coy Tyner tient l’Afrique (l'Afrique, c'est Chic!) et les musiques du monde au bout de ses doigts. Ses mélodies sont simples et efficaces, très bien construites avec des répétitions de phrases. Ce système se trouve dans toute la musique populaire du XX° siècle mais est rejeté par la musique dite contemporaine. Mac Coy Tyner est né à Philadelphie, ville riche en musiciens de qualité (le batteur « Philly » Joe Jones, le pianiste Bud Powell, le saxophoniste ténor Benny Golson, les frères Heath). Par contre, je dois reprendre le Professeur Hervé sur un point : John Birks « Dizzy » Gillespie est né à Cheraw, Caroline du Sud et non pas à Philadelphie. Cependant, il  a passé son adolescence à Philadelphie. 1-1. La balle au centre.

 

Pour le Professeur Hervé, le Jazz ce sont les Pan Africains (les Pan Américains ont fait faillite. Blague personnelle), les Créoles et les Latins. Je ne suis qu’un modeste élève du Professeur Hervé mais je ne peux accepter cette théorie. Et les Juifs, les Italiens et les Gitans ? N’ont-ils rien apporté au Jazz ? Stan Getz, Benny Goodman, Lee Konitz, Al Cohn, Eddie Rosner, John Zorn, Artie Shaw, Martial Solal, Lou Levy, Dean Martin, Tony Bennett, Frank Sinatra, Frank Rosolino, Django Reinhardt et sa famille, les frères Ferré, Christian Escoudé, c’est de la roupie de sansonnet, peut-être ? Le minority factor ne vaut pas que pour les Noirs et les Métis dans le Jazz, musique métisse. Il vaut aussi pour les Blancs de peau comme le chantait Claude Nougaro. Aujourd’hui, il y a même des Bretons dans le Jazz : Pierrick Pédron (sax alto), Eric Le Lann (trompette) et Antoine Hervé (piano) qui est au moins Breton de nom. C’est dire la tolérance qui règne dans ce genre musical.

 

Après relecture de ma copie par le Professeur Hervé, je dois battre ma coulpe deux fois:

- d'abord il voulait parler de la Nouvelle Orléans des origines du Jazz où il y avait bien les Pan Africains, les Créoles dont l'auto proclamé Inventeur du Jazz, Mr  Jelly Roll Morton et les Latins.

- ensuite Hervé vient des Vikings, les North Men en anglais, les Normands en français et s'est ensuite répandu en Bretagne. Cela signifie le Chef comme Guillaume en germanique d'ailleurs. C'est dire si je suis qualifié pour résumer les Leçons de Jazz du Professeur Antoine Hervé.


 

Le Professeur Hervé montre par l’exemple le passage d’une mélodie de Mac Coy à une mélodie caraïbe. Imparable.

 

« Opus » tiré de l’album « Inner Voices » avec chœur d’enfants brésiliens. Tchick, tchick fait le batteur. Effectivement, ça sonne latin mais à la mode Mac Coy Tyner. La contrebasse lance une autre mélodie dans le morceau. Ca swingue toujours aussi grave.

 

Dans les années 50-60, les musiciens noirs américains recherchaient leur africanité fantasmée. John Coltrane a beaucoup appris en jouant avec Thelonious Monk : « Jouer avec Monk c’est comme entrer dans un ascenseur. Les portes s’ouvrent, vous faites un pas en avant et il n’y a pas d’ascenseur ». Bref, ce n’était pas facile mais c’était formateur. « High Priest » composition de Mac Coy dédiée au « Prophète » Thelonious Sphere Monk. Monk aimait les clusters, deux notes proches l’une de l’autre jouées en même temps. Variations Jazz au piano sur « Au clair de la lune ». Monk aimait aussi les tonks, les notes graves frappées. Avis aux pianistes : si vous voulez travailler votre toucher, n’écoutez pas Monk.  Le rock’n roll se jouer sur des quintes. Ex : « Smoking on the water » (Deep Purple, morceau composé suite à un incendie au festival de Jazz de Montreux lors d’un concert de Frank Zappa). Le Jazz moderne lui se joue avec des quartes. 

 

Le Professeur Hervé nous explique ensuite le Jazz modal qui vient de la West Coast (Gerry Mulligan, Chet Baker) et a été repris par Miles Davis grâce à un pianiste blanc qui lui a fait écouter Ravel et Stranvinki, Bill Evans. Rappel historique : les 7 notes de la gamme occidentale dite dorienne (do, ré, mi, fa, sol, la, si) correspondent aux 7 planètes que connaissaient les Grecs anciens. C’est une invention de Pythagore, géomètre et gourou philosophique, auteur notamment de cette pensée mémorable : « Il y a un principe bon qui crée l’ordre, la lumière et l’homme et un principe mauvais qui crée le chaos, les ténèbres et la femme ». Pythagore vivait seul entouré de jeunes et beaux garçons. Ceci explique cela.

 

Après cela, les explications du Professeur Hervé sont devenues vraiment complexes et mathématiques (comme Pythagore mais sans jeunes et beaux garçons autour de lui) et mes notes illisibles. Je retiens la filiation avec Claude Debussy pour le travail sur les touches blanches du piano (le pianiste de Jazz est un « ivory tickler »).

 

J’ai noté aussi les propos sur la polyrythmie aussitôt démontrés par Dré Pallemaerts aux maillets. 4 mesures à 3 temps ou 3 mesures à 4 temps, cela fait toujours 12 temps, n’est-ce pas ?

 

« Island Birdy », composition influencée par la musique caribéenne. Celle-ci vient de la musique espagnole, la habanera. Logique puisque Christophe Colomb a débarqué, pour le compte du Roi d’Espagne, sur l’île de Saint Domingue. Exemple avec le grand air « Carmen » de Bizet joué par un trio de Jazz. « Si tu ne m’aimes pas, je t’aime et si Je t’aime, prends garde à toi ». Ils enchaînent directement sur le morceau de Mac Coy.

 

« Fly with the wind », mélange d’Afrique et de Caraïbes. Je hoche la tête, bats du pied. Ca swingue terrible. La composition est simple et diaboliquement efficace.

 

Mac Coy Tyner est allé au Brésil. Ce qu’il en a tiré n’est pas du Jobim mais du Mac Coy Tyner. Changer tout en gardant son identité, c’est le propre des créateurs. « Festival in Bahia ». Le Brésil manié par la patte puissante de Mac Coy cela donne une nouvelle mélodie entêtante et irrésistible.

 

Le Professeur Hervé teste les capacités de ses élèves en calcul mental. La musique est un art mathématique. C’est une évidence que je retrouve à chaque Leçon de Jazz. Démonstration de gamme par tons (6 notes) chère à Claude Debussy et Walt Disney (le compositeur préféré de notre ex président précise le professeur Hervé. Qui connaît le compositeur préféré du nouveau président, d’ailleurs ?). Ici, les mesures asymétriques. Par exemple, le 5/4 de Dave Brubeck (« Take Five » composition de Paul Desmond d’ailleurs) ou Bill Evans. Un cycle de 4 mesures à 4 temps donne 16 temps. Un cycle de 4 mesures à 5 temps ou de 5 mesures à 4 temps donne 20 temps. Logique. Exemple avec « Four by five », composition de Mac Coy. Rien à voir avec le football où une composition en 5-4-1 (le gardien ne comptant pas) dénote un jeu ultra défensif. Là, ce n’est pas du tout le cas.

 

Après les 5 temps, les 3 temps de la valse. 3 * 3 = 9. Solo de contrebasse magique pour commencer (joué par Ron Carter dans l’enregistrement de Mac Coy). Une valse bien loin de Chopin.

 

Démonstration sur la pentatonique,  les touches noires du piano. Démonstration de musique chinoise puis de Pop Music occidentale reposant sur la pentatonique. A partir d’une basse, on peut faire défiler les tonalités pour donner des effets multicolores. Lorsque John Coltrane est allé complètement dans le Free, entre 1965 et 1967, Mac Coy Tyner est parti parce qu’il ne ressentait plus cette musique. Il aime la liberté dans la contrainte, celle des grilles harmoniques. JS Bach faisait de même lorsqu’il écrivait ses canons. « Comprendre, c’est ramener au déjà vu » (Nietzsche). D’ailleurs, c’est aussi Nietzsche qui a écrit « Sans musique, la vie serait une erreur » et « Dieu doit beaucoup à Bach ».

 

« Song of the new world ». Enfant du Nouveau Monde, Mac Coy Tyner le compose différemment de Dvorak. Le point commun, c’est l’énorme énergie vitale qui se dégage de ces deux musiques. Ca désensable les portugaises. Ca envoie du puissant. Un dernier roulement de tambours, une dernière frappe de cymbales et c’est fini.

 

RAPPEL

 

« Blue for ball » ( ?). C’est un Blues à la Mac Coy , puissamment énergisant. Cet homme devrait être sponsorisé par l’industrie énergétique. En sus de l’aspect pédagogique, c’est un fameux trio qui joue ce soir. Ils ne sont pas Bretons mais ils déménagent ! Solo de batterie bien construit aux baguettes. C’est Dré Pallemaerts aux commandes. Pas d’étalage.

 

J’ai beaucoup appris et beaucoup apprécié. Que demander de plus ? Redoubler cette leçon car je n’ai pas tout compris, tout saisi, tout noté, élève ignorant que je suis.

 

Même si je suis loin de maîtriser le sujet, il faut déjà se préparer à la prochaine de Leçon de Jazz d’Antoine Hervé, à Paris, à l’Auditorium Saint Germain le lundi 4 juin 2012 à 19h30. Thème : Monsieur le Baron Thoots Thielemans, Belge et harmoniciste de Jazz. Invité : Olivier Ker Ourio, Réunionnais, descendant de marins bretons (Sous chaque vague, un Breton!) et harmoniciste de Jazz. A écouter pour préparer la leçon, l’album duo Martial Solal (piano)&Toots Thielemans (harmonica) (Erato, 1992).

 

 

 

 

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Le Tatiphone débarque à Saint Nazaire le samedi 26 mai 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices plagistes, lecteurs balnéaires, rendez-vous à Saint Nazaire, Loire Atlantique, Pays de Loire, France le samedi 26 mai 2012 pour célébrer la mémoire de Jacques Tatischeff, fils d'immigrés russes connu sous le nom de Jacques Tati, avec le Tatiphone.

C'est à Saint Marc sur Mer, à l'été 1951, dans l'Hôtel de la plage que Jacques Tati créa le personnage de M.Hulot en vacances, personnage lunatique, joueur de tennis, amateur de Jazz Hot, pilote automobile, gaffeur invétéré, pêcheur de crabes, kayakiste, artificier et autres activités estivales et balnéaires

Pour fêter les 60 ans de la sortie du film, 7 musiciens dont le saxophoniste Guillaume Saint James se sont alliés pour créer un spetacle ludique, mélodique, rythmique en son honneur. Une vidéo sera créée en même temps que la musique. Spectacle à entrée libre.

Le concert se passera sur l'esplanade M. Hulot où se trouve la statue de Jacques Tati alias Monsieur Hulot, devant la plage de Saint Marc sur Mer à Saint Nazaire à partir de 21h30. Le concert sera précédé d'un apéro dansant, ambiance années 1950, à partir de 18h au même endroit. La dernière fois que j'ai été à cette plage, la statue de M. Hulot avait perdu sa pipe. L'a t-il retrouvé ou les comités de moralisation anti tabac la lui ont ils définitivement supprimé?

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Un CD à gagner sur ce blog avec le jeu concours du printemps 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Lectrices joueuses, lecteurs joueurs, l'un d'entre vous, Olivier, l'auteur de l'excellent site Mozaic Jazz,  a trouvé, lors de l'été 2010, à quel grand Jazzman, le titre de ce blog fait allusion: le tromboniste Jay Jay Johnson ( JJJ come le JarsJaseJazz).

 

Pour le printemps et l'été 2012, je vous propose un autre défi:

A quel album le titre de ce blog fait-il allusion?

 

2 indices:

- cet album n'est pas chroniqué sur ce blog

- le leader de l'album est mort

 

Celui ou celle qui trouvera en premier la bonne réponse gagnera un CD à choisir parmi ceux chroniqués sur ce blog.

 

Bonne recherche. Vous avez jusqu'à la fin de l'été pour trouver soit le vendredi 21 septembre 2012.

 

Bien entendu, le Jars Jase Jazz n'a rien à voir avec le Canard (O Pato).  En français, j'ai appris que le canard fait coin coin. Grâce à Joao Gilberto, je sais qu'en portugais il fait quem quem. Qu'en pensent les canards?

 

 

 


 

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RAPPEL: Master Class Jazz Vocal dirigée par Michèle Hendricks les 9 et 10 juin 2012 à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Joyeuses lectrices, heureux lecteurs, je vous annonce qu'il reste des places pour la Master Class de Jazz Vocal dirigée par Michèle Hendricks, la digne fille de Jon, les samedi 9 et dimanche 10 juin 2012 à Paris.

 

Lift up every voice and Sing!

 

En 2011, à la délégation des Etats Unis d'Amérique à l'UNESCO, Michele Hendricks explique et démontre ce qu'est le scat. Cela vous donne une idée du travail qu'il vous reste à accomplir, futurs stagaiaires.

 


 

 

 

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Je me souviens de la Première Journée Internationale du Jazz à l'UNESCO le vendredi 27 avril 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Première Journée Internationale du Jazz.  UNESCO.

Paris. France. Vendredi 27 avril 2012.

 

Lectrices exigeantes, lecteurs exhaustifs, je ne prétends pas ici raconter tout ce qui s’est passé à l’UNESCO lors de la première Journée Internationale du Jazz. Je n’ai pas le don d’ubiquité et il y avait tant à voir et à écouter. Par exemple, comme je ne suis pas musicien, je n'ai pas été aux master classes de Marcus Miller (guitare basse électrique) et de Bireli Lagrène et Lionel Louéké (guitare). Les places étant limitées, j'ai préféré ne pas prendre la place d'un musicien. La radio TSF Jazz couvrait la journée. Les archives sont en ligne sur le site Internet de l’UNESCO. Le concert final, auquel je n’étais pas convié, est visible pendant 6 mois sur ARTE Live Web TV.

 

Voici mes impressions prises sur le vif.

Le parrain de la journée était  Herbie Hancock (né en 1940), pianiste et compositeur connu bien au-delà du cercle restreint des amateurs de Jazz.

Herbie Hancock

La photographie d'Herbie Hancock est l'oeuvre du Renommé Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Il était interviewé par Frédéric Goaty, rédacteur en chef de Jazz Magazine, manifestement très ému.

 

J’ai noté les échanges suivants. Les erreurs de compréhension et de transcription sont miennes.

 

C’est Herbie Hancock qui demande à Frédéric Goaty de poser les questions en français. D’abord parce que nous sommes en France, à Paris, ensuite parce que le français est une des langues officielles de l’UNESCO, enfin parce que cela lui laisse le temps de préparer ses réponses. Herbie nous prie d’excuser l’interviewer pour sa nervosité. Rires dans la salle.

 

Herbie raconte comment il  a découvert le Jazz. A 14 ans, en écoutant un ami. Il a trouvé fascinant cette possibilité d’improviser en jouant et, en plus, ça plaisait aux filles. Il a alors décidé d’apprendre le Jazz. Il n’écoutait plus que du classique et du Jazz, oubliant le rhythm’n blues que tout le voisinage écoutait. Il s’est mis dans une boite et il est resté comme ça jusqu’à l’âge de 23 ans. Là, il a commencé à jouer avec Miles Davis. Il s’est aperçu que Miles écoutait de tout : du Jazz, du classique mais aussi James Brown, Cream, Janis Joplin, Manitas de Plata. Et pourtant Miles était cool, le mec le plus cool du monde. Miles était cool car il était ouvert. Alors Herbie a fait comme son patron. Il a écouté James Brown, entre autres. « Miles était bavard, très drôle. Pour comprendre son humour, il fallait parfois 5 minutes ou 5 jours ». Un mec cool, drôle, ouvert, ce n’est pas l’image de Miles Davis que je m'étais faite mais Herbie sait de qui il parle.

 

Comment avez-vous créé « Watermelon man » ?

 

C’était avant Miles (en 1962). J’ai commencé à mélanger mes ingrédients à d’autres ingrédients. Watermelon man a des ingrédients Rhythm and Blues. Donald Byrd est mon mentor, mon grand frère. C’est lui qui m’a aidé à décrocher mon premier contrat chez Blue Note. Il m’a dit : la moitié de l’album est pour le label, l’autre moitié est pour toi. Qu’est ce que ça veut dire ? lui ai-je demandé. La moitié est originale, de ta composition, pas forcément attractive. L’autre moitié est basée sur des choses connues, familières comme Gershwin, Irving Berlin, le Blues. Donc je devais enregistrer 3 compositions et 3 standards. Je me suis dit : Horace Silver écrit des compositions personnelles qui plaisent aux gens, qui se vendent et que je pouvais faire pareil. Je me suis demandé ce qui faisait que les compositions d’Horace Silver touchaient le grand public. Parce qu’elles étaient funky, noires. C’était la musique de mon quartier, de mon enfance. Je me suis dit que je pouvais écrire quelque chose qui venait de mon expérience de Noir américain. Le personnage le plus familier de ma communauté c’est le vendeur de melons d’eau, de pastèques (Watermelon man). La mélodie raconte les femmes qui crient de leur balcon « Hey Watermelon man ». Pour les rythmes, j’ai été inspiré par les bruits des roues de la charrette du vendeur ambulant. Note: c'est le procédé classique, dans la musique noire américaine, du " Call and response " que l'on trouve aussi bien dans les Work Songs que dans les Gospel Songs.

 

Vous êtes devenu instantanément un compositeur de standards.

 

Je ne m’en rendais pas compte. La chanson vit encore. Elle a cinquante ans puisqu’elle a été écrite en mars ou avril 1962. NB : «  Watermelon Man », première composition d’Herbie Hancock est un standard du Jazz dont il existe plus de 200 enregistrements.

 

Au passage, j’écoute la chanteuse Dee Dee Bridgewater en duo avec le pianiste Gerald Clayton sur « All Blues » (Miles Davis). Dee Dee pareille à elle-même. Talentueux pianiste que je découvre à l’instant.

 

Je note aussi une définition du Jazz par Duke Ellington : « Le Jazz ne peut être limité par une définition, par des règles, le Jazz est avant tout une totale liberté d’expression. Si une seule définition de cette musique est possible, c’est bien celle là ».

 

Le Montreux Jazz Festival (Montreux, canton de Vaud, Suisse), partenaire de l’événement, diffuse des vidéos de ses concerts sur un grand écran. Il y a des casques pour écouter. Je lis le Courrier de l’UNESCO, numéro spécial d’avril 2012 consacré au Jazz avec interviews d’Herbie Hancock et de Manu Dibango, chroniques d’Isabelle Leymarie, éminente musicologue française (son Que sais je ? sur le Latin Jazz est très recommandable) en écoutant Chick Corea avec son groupe Electrik et Acoustik. Impressionnant mais pas émouvant.

 

Fabien Ruiz, le chorégraphe de The Artist, fait une démonstration de claquettes en duo avec un pianiste devant un mur peint par Pablo Picasso. Comme me le dit Michel Goldberg, saxophoniste malouin, on a tellement l’habitude que le Jazz soit confiné dans des petits endroits qu’entendre une telle profusion de Jazz dans un lieu aussi prestigieux que le palais de l’UNESCO, cela surprend.

 

Danilo Perez et  Wayne Shorter nous attendent depuis New York pour parler du Jazz et de la Paix via Internet, avec le son et l’image. A Paris, se trouvent les jeunes musiciens du Berklee Global Jazz Institute dont le Panaméen Danilo Perez est le fondateur et directeur artistique.


Le groupe est composé ainsi : piano, contrebasse, batterie, percussions, violon, sax alto, sax ténor. Riccardo del Fra, contrebassiste italien, directeur du département Jazz au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris est à l’UNESCO pour dialoguer avec eux.

 

Problème de son avec New York. C’est le Jazz. Il faut savoir improviser. Le groupe joue en attendant. Les alliances sonores sont originales et ça sonne bien coordonné. Excellent percussionniste en duo avec le sax ténor, plus léger. Le violon vient ajouter une couleur tzigane à cette musique au Latin Tinge comme disait Jelly Roll Morton. Beau duo final entre batterie et percussions.

 

Le son est revenu et Danilo Perez parle : le Jazz n’a pas de frontières, nous permet de nous connecter entre êtres humains. Le Jazz permet de développer la diplomatie en nous-mêmes. Le Jazz est un moyen pratique pour échanger entre les cultures. Le but est la recherche de la paix grâce aux échanges culturels sans préjugé, sans violence. Dizzy Gillespie, mon premier maître, était l’ambassadeur d’un Jazz global (Note : le dernier groupe de Dizzy, dont Danilo Perez était le pianiste, s’appelait le United Nations All Stars Orchestra sans être lié à l’ONU). Il est crucial de développer votre individualité dans un groupe où plusieurs personnes vont se connecter. Dizzy essayait de réunir des gens de différentes cultures mais, pour lui, l’origine des gens était très importante. Il avait une façon incroyable d’encourager les gens.

 

Le groupe joue un morceau qui traduit ce message de Dizzy. Chaque musicien apporte un morceau de sa culture et la réunion de tous fait le morceau. Duo entre le percussionniste qui sonne argentin et la saxophoniste israélienne. Puis avec le violoniste qui sonne irlandais avec un morceau venu des Appalaches.  Après avoir joué ensemble, chaque musicien joue à son tour son extrait en expliquant son origine culturelle.

 

Danilo Perez : le développement durable suppose aussi la coopération des cultures. Le Jazz est un outil pratique pour construire la paix et la diplomatie. Il demande à Wayne Shorter : Pourquoi ne cesses tu jamais ? (sous entendu, de créer, je suppose)

 

Wayne Shorter : tout dépend de votre regard sur la vie. Dans chaque moment, il y a l’inconnu.

 

Danilo Perez lance en chantant et en tapant des mains « Oyo como va » (standard latin) et « Speak No Evil » (composition de Wayne Shorter). Le groupe reprend depuis Paris et ça sonne.

 

Danilo Perez demande à Wayne Shorter pourquoi il a composé «  Aung San Suu Kyi »

 

Wayne Shorter : J’ai composé ce morceau pour la New York University. Plus de 22 ans après, j’ai lu dans le journal la nouvelle de l’arrestation de cette femme en Birmanie (le Myanmar en termes officiels) et de son prix Nobel de la paix. Je me suis dit qu’il ne fallait pas seulement écrire de la musique mais faire quelque chose. Chaque individu doit être le réalisateur de sa propre vie non pas le suiveur de celle des autres.

 

Danilo Perez : le Jazz global peut être un passeport pour la tolérance universelle.

 

C'est sur ce message optimiste que se termina pour moi la Première Journée Internationale du Jazz à l'UNESCO. Je ne doute pas que les festivités musicales à La Nouvelle Orléans et la Nouvelle York à l'Assemblée Générale de l'ONU le lundi 30 avril furent elles aussi grandioses. J'espère que cette initiative se prolongera et essaimera à travers le monde au fil du temps.

 

Vénérées lectrices, vénérables lecteurs, voici le quartet de Wayne Shorter avec Herbie Hancock jouant " Aung San Suu Kyi " lors du festival allemand Baltica Jazz de 2004 (Dave Holland à la contrebasse, Brian Blade à la batterie). Je vous laisse le plaisir de trouver, pour comparer, la video du même morceau joué par le quartet habituel de Wayne Shorter avec Danilo Perez au piano, John Pattitucci à la contrebasse et Brian Blade à la batterie.

 

 

 

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Sélection de concerts de Jazz de Paris à la Bretagne pour mai 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Citoyennes lectrices, citoyens lecteurs, c'est avec l'aplomb d'un candidat au suffrage universel direct que je vous propose, en ce mois électoral, une sélection personnelle de concerts de Jazz à Paris, en Ile de France et en Bretagne.

 

Si vous voulez quitter Paris, partez d'abord en Ile de France à la rencontre du contrebassiste  Yves Rousseau.

 

En allant de Paris à Brest par la N12, faites, comme les Rois de France, étape à Versailles le jeudi 3 mai à 20h30 à la Royale Factory pour le duo Claudia Solal (chant)/Benjamin Moussay (claviers). Ces deux là n'ont pas fini de nous surprendre.

 

Si vous avez des envies royales à l'Est de Paris, faites halte à Vincennes (le seul château royal médiéval en Europe) au Théâtre Daniel Sorano le samedi 5 mai à 20h30 pour un trio inédit Pierre de Bethmann (piano)/Olivier Ker Ourio (harmonica)/Nelson Veras (guitare). A découvrir sur pièces et sur place comme disent les comptables.

 

Pour respirer le grand air de l'Océan Atlantique tout en voyageant dans la jungle urbaine, allez à Guidel, Morbihan, Bretagne, France le vendredi 4 mai pour le Megapolis de Guillaume Saint James.

 

Si vous restez dedans Paris, ville jolie, voici ce que je vous propose. Ensuite, vous disposez selon votre bon plaisir.

 

Au Sunside

 

Vendredi 4 mai, 21h, Lalo Zanelli et Ombu Quintet. De l'Argentine à la France, un puissant mélange. L'album plaît aux enfants dès l'âge de 18 mois. Je l'ai vérifié personnellement.

Lundi 7 mai, 21h, carte blanche au contrebassiste Jean-Philippe Viret. Deux groupes à suivre dont son trio déjà largement chroniqué sur ce blog.

Lundi 14 mai, 21h, duo  Fred Hersch (piano)&Nico Gori (clarinette). La chronique de leur album devrait bientôt paraître sur ce blog. Pour écouter Fred Hersch pendant une semaine, du mardi 22 au dimanche 27 mai, il vous faudra aller à New York City, USA, au Jazz Standard. Le vendredi 25 mai, il y jouera en trio avec Dave Holland (contrebasse) et Billy Hart (batterie). Miam, miam!

Vendredi 18 mai à 21h, Mauro Gargano " Mo'Avast Band " avec Mauro Gargano (contrebasse), Francesco Bearzatti (saxophones, clarinette), Stéphane Mercier (saxophone), Fabrice Moreau (batterie).

 Tony-Malaby.jpg

La photographie de Tony Malaby est l'oeuvre du Fougueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.


Au Sunset    

 

Un mois rêvé pour les amateurs de guitare électrique.

Mardi 15 mai, 21h30, David " Fuze " Fiuczynski " Planet Microjam "    

Mercredi 16 mai, 21h30, Tony Malaby (sax ténor)/Ben Monder (guitare)/ Drew Gress (contrebasse)/John Hollenbeck (batterie). Un Power Quartet version Jazz.

Samedi 19 et dimanche 20 mai à 19h et 21h, Allan Holdsworth Band. Un mythe vivant en club. A ne pas manquer.


Auditorium Saint Germain

Jeudi 10 mai à 19h30.  Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " Mac Coy Tyner. Tempête sur les musiques du monde " avec Sylvain Romano (contrebasse) et Dre Pallemaerts (batterie). Je m'en réjouis d'avance.

 

Le Triton (Les Lilas, métro Mairie des Lilas)

Samedi 5 mai, 21h: duo Dominique Pifarely (violon)/Bruno Chevillon (contrebasse). Ils joueront aussi avec des moyens électroniques. Ames pesantes s'abstenir.

Samedi 12 mai, 20h30. Médéric Collignon " Jus de Bocse joue King Crimson ". Le concert aura lieu au Palais des Fêtes de Romainville, Seine Saint Denis, Ile de France, dans le cadre du festival " Unis Sons 93 ". Ca va chauffer pour nos matricules!

Samedi 19 mai à 21h, Denis Charolles " Duke & Thelonious ". Les classiques du Jazz revisités.

 

Studio de l'Ermitage

 

Mercredi 23 mai à 20h, Christophe Marguet Quintet + avec Christophe Marguet (batterie),  Bruno Angelini (piano), Mauro Gargano (contrebasse), Sébastien Texier (saxophone alto, clarinette), Jean-Charles Richard (saxophones baryton, soprano) puis le trio Jean-Charles Richard avec Peter Herbert (contrebasse) et Wolfgang Reisinger (batterie). Ames sensibles, ne pas s'abstenir.

Jeudi 31 mai à 20h30, Alter Quintet, un quintet à cordes franco argentin entre Classique, Jazz et Tango.

 

Duc des Lombards

 

Samedi 5 mai à 20h et 22h, le trio de Frank Amsallem (piano, chant). Un classicisme contemporain.

Jeudi 31 mai à 20h et 22J, le quartet de Lou Donaldson (sax alto), un des derniers survivants du Hard Bop des années 50. Une leçon de vie et de musique toujours bonne à prendre.

 

La Java

 

Vendredi 25 mai de minuit à l'aube, Jazz dance floor avec la Jazz Attitude Party. DJ et musiciens réunis toute la nuit. Comme le chante  Prince " We are beautiful. It's gonna be a beautiful night ".

 

Le New Morning

 

Mercredi 9 mai à partir de 21h, soirée Gaël Horellou (sax ténor) avec deux groupes et deux concerts, le premier électrique, le second acoustique.

Lundi 14 mai à 20h30, Roy Hagrove Quintet. Certainement, le plus intéressant des disciples de Miles Davis parmi les trompettistes américains.

Mardi 15 mai à 20h30, The Bad Plus, trio US piano/contrebasse/batterie avec une énergie rock'n roll. Ils parlent français (le mot " pamplemousse " est leur préféré), dégagent une joie, une énergie, une vitalité communicatives. Les spectateurs en ont pour leur argent avec ces gaillards.

Jeudi 31 mai, 20h30, Pierrick Pédron (sax alto) et les Petites Mains Symphoniques. Enfin sur scène, Pierrick joue vraiment son dernier album avec un Brass Band d'une vingtaine de musiciens. Y aura t-il des majorettes? A voir sur place.

 

" N'importe qui aurait mieux valu que le Président de l'époque qui nous endormait avec ses histoires de droits civiques pour les Noirs et pendant ce temps s'arrangeait pour faire la guerre en douce à des tas de gens un peu partout dans le monde " Dizzy Gillespie à propos de John Fitzgerald Kennedy. Le 20 septembre 1963 ,pour conclure son concert au Monterey Jazz Festival  (55e édition du 21 au 23 septembre 2012), Dizzy Gillespie faisait monter sur scène Jon Hendricks pour chanter, sur l'air de " Salt Peanuts ",  sa chanson de campagne électorale intitulée tout simplement " Vote Dizzy! ". Si quelqu'un vous demande pour qui vous votez le dimanche 6 mai 2012, répondez: " Je vote Dizzy! ". 

 

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Caroline de Bendern raconte " Moshi " aventure humaine et artistique en Afrique avec Barney Wilen

Publié le par Guillaume Lagrée

 

      Caroline de Bendern raconte « Moshi ». Entretien téléphonique du jeudi 26 avril 2012.

 

Splendides lectrices, superbes lecteurs, je vous ai déjà raconté à ma manière l'album "  Moshi " (1972) de Barney Wilen (1937-1996). 40 ans après sa sortie, Caroline de Bendern qui a réalisé cette aventure humaine et artistique avec Barney Wilen a eu la gentillesse de me raconter ses souvenirs sur ce sujet. Les voici.

 

Comment est née l’aventure « Moshi » ?

 

J’avais fait deux films avec Serge Bard, devenu musulman depuis. Barney Wilen avait fait la musique d’un film de Serge avec Sunny Murray, « Fun and games for everyone » tourné à la galerie Rive Droite en 1968 pour un vernissage du peintre suisse Olivier Mosset (Salvador Dali, Amanda Lear apparaissent dans le film). J’ai rencontré Barney après les événements de Mai 68. Nous nous sommes mis ensemble. Serge voulait faire un film en Afrique financé par Sylvina Boissonas, des productions Zanzibar. Nous avions écouté la musique pygmée et ça nous surmotivait. Nous voulions partir l’écouter sur place. Serge Bard voulait traverser l’Afrique en six mois mais on ne traverse pas l’Afrique en six mois. Il y a tant de choses à voir, de gens à rencontrer, de musiques à écouter. Et puis, en Afrique, si vous roulez vite, vous avez un accident. 

 

Comment ça s’est passé sur place ?

 

Nous sommes restés plusieurs mois au Maroc parce que nous avions des problèmes. Daniel Pommereulle y a fait un film, « Vite ». Serge Bard ne filmait pas. Les techniciens sont partis, fâchés. Serge est reparti pour Paris chercher du matériel puisque les techniciens étaient rentrés avec. Il a disparu pendant six mois. Du Maroc, Barney et moi sommes allés en Algérie. Barney a enregistré Archie Shepp jouant dans la casbah, devant la mosquée avec les Gnaoua (cf Archie Shepp : «  Live at the Panafrican Festival. 1969 »). Un fanatique a surgi et poignardé un des musiciens parce qu’ils jouaient de la musique profane devant un lieu saint. Barney et moi sommes partis pour l’Afrique Noire. Nous avons rencontré les Peuls Bororo. Nous avons loué une maison au grand marabout. Les gens venaient nous voir, les musiciens jouaient, Barney enregistrait. Quand Serge est revenu, il a dit qu’il ne ferait pas de film, qu’il était devenu musulman et que sa religion lui interdisait de filmer des êtres humains. Il ne nous a même pas donné sa caméra. Barney et moi étions très déçus.

 

Qui finançait tout ça ?

 

Sylvina Boissonas et la compagnie Zanzibar nous donnaient de l’argent, fournissait le matériel (Land Rover, caméras, films, appareils photos, appareils d’enregistrement). Nous l’avons rejoint à Niamey au Niger. Elle aussi déçue par Serge Bard, elle nous a donné de quoi rentrer en France. Nous avons mis les voitures avec nous dans le train pour Dakar où nous avons pris le bateau pour rentrer en France.

 

Comment s’est créée cette musique ?

 

A Bamako, Barney a enregistré un griot. Il a acheté des balafons, des percussions. Nous avons adopté un petit chien. Tout cela s’entend dans l’album. Rentrés à Paris, j'ai rassemblé des filles, écrit des chansons, chanté avec elles. La musique a été mixée avec les enregistrements faits en Afrique. Deux chansons sont basées sur des chansons africaines. « Zombizar » raconte le voyage. Ensuite nous sommes revenus en Afrique pour que je réalise mon film autoproduit « A l’attention de Mademoiselle Issoufou à Blima », une phrase que dit un «  Grand Bandit », un des gamins que nous voyions en Afrique, qui imitait la radio. Cette phrase s’entend sur l’album. Puis nous sommes rentrés à Paris promouvoir l’album.

 

Aviez vous conscience de la nouveauté de ce que vous créiez? En 1972, la World Music n'était pas à la mode.

 

 

Je pense que la nouveauté n'est pas un but en soi, le recul permet de la discerner.
Il y eut auparavant des expériences avec la fusion: Dizzy Gillespie avec Cuba, Les Beatles (Inde)
et Barney avait déjà fait " Jazz meets India ". La nouveauté ici, c'est l'Afrique et la façon dont c'est realisé.  

 

Qu’est ce que le « Moshi » ?

 

Des Peuls Bororo ont été emmenés à Paris pour faire l’objet d’une étude ethnographique. Le séjour les a traumatisés. De retour chez eux, ils ont créé le Moshi, un rite de transe pour évacuer ce stress venu de France.

 

Un « Moshi 2 » sortira bientôt grâce à Patrick Wilen, le fils de Barney et de sa première épouse. Il paraît que je chante et joue de la guitare dedans. Je me demande ce que cela va donner.

 

 

Merci à Caroline de Bendern pour sa gentillesse, sa disponibilité et pour m’avoir raconté cette aventure humaine et artistique, irréalisable aujourd’hui ( le Sahel étant une zone rouge pour les Occidentaux, surtout Français, désormais).

 

     Dans l'extrait ci-dessous du film " Barney Wilen. The rest of your life ", la vie de Barney est racontée depuis " Moshi " jusqu'à son retour sur le devant de la scène au milieu des années 1980 après une relative disparition.

 


 

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