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Babord Amures en concert à Paris le samedi 24 mars: les Malouins débarquent sur la scène du théâtre de la Reine Blanche

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices au pied marin, lecteurs à l'âme voyageuse, rendez-vous à Paris 18e, au théâtre de la Reine Blanche le samedi 24 mars 2012 à 16h, pour un concert exceptionnel de Babord Amures, groupe malouin de chants de marins d'autrefois à aujourd'hui.

Ce n'est pas du Jazz mais il se trouve que le barbu au banjo et au chant dans le groupe se nomme Guy Lagrée et qu'il est un de mes oncles paternels. Je ne suis que le chroniqueur musical de la famille, lui c'est le musicien. Respect.

Pour aller de Paris à Saint Malo beau port de mer, en Bretagne, vous pouvez prendre le bateau, descendre la Seine jusqu'au Havre puis la Manche jusqu'à Saint Malo ou prendre un TGV direct à Paris Montparnasse, terminus à Saint Malo. Vous pouvez aussi prendre un véhicule automobile mais vous n'y ferez pas les mêmes rencontres en route. En attendant ce beau voyage, sans quitter Paris, Saint Malo se rend à vous au théâtre de la Reine Blanche. Soyez au rendez-vous prêts à chanter, danser, taper dans vos mains, avec vos pieds, avec vos enfants dès l'âge de 5 ans.

 

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TF1 diffuse un concert du Duke Orchestra le lundi 5 mars à 3h15

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices insomniaques, lecteurs victimes de décalage horaire, lectrices travailleuses de nuit, lecteurs levés avant l'aurore, si vous êtes réveillés le lundi 5 mars 2012 à 3h 15 du matin, à l'heure où même les frères chartreux dorment, vous pourrez allumer votre étrange lucarne, presser le bouton n°1 pour la première chaîne et regarder le  Duke Orchestra de Laurent Mignard jouer le répertoire de Duke Ellington dans le cadre divin du Collège des Bernardins à Paris.

Ce concert a été enregistré le 6 juin 2011. Durée 1h30. Le Duke Orchestra est un orchestre français composé de musiciens blancs dont deux femmes (la batteuse Julie Saury, la saxophoniste et clarinettiste Aurélie Tropez) qui joue exclusivement le répertoire de Duke Ellington célèbre ou méconnu, défend cette musique, la promeut avec un chef, Laurent Mignard, pédagogue et passionné. Il y a une volonté assumée de rester fidèle aux couleurs du Duke. Il n'y a ni chanteur, ni chanteuse, ni danseur, ni danseuse dans ce concert. Cela peut arriver dans d'autres. " Je suis un peintre. Mon orchestre est ma palette et chaque musicien apporte sa couleur " (Duke Ellington).

Monsieur Nonce Paolini, président directeur général de Télévision Française n°1, est un Jazz freak comme disent les Américains: 10 000 vinyls + 10 000 CD de Jazz dans sa collection personnelle. Vu l'absence du Jazz sur les chaînes historiques de la télévision française, il faut se réjouir de cette initiative. Si l'horaire de diffusion ne vous convient pas, sachez qu'un DVD du concert est disponible dans le commerce.

L'orchestre joue très bien son rôle: jouer la musique de Duke Ellington avec tout le respect qui est dû à un des plus grands compositeurs du XX° siècle, avec son alter ego, Billy Strayhorn. Le son est bien capté, l'image bien filmée même s'il est visible que le réalisateur n'est pas habitué à  capter un concert. Les titres et compositeurs sont bien lisibles à l'écran à chaque début du morceau mais l'insertion du nom et du prénom du soliste quand il joue constituerait un plus pour le téléspectateur.

Elégance, sensualité, énergie, cohésion, intelligence sont au rendez-vous. Pourquoi se priver de tels plaisirs?

Voici le Duke Orchestra dirigé par Laurent Mignard lors du festival Jazz à Vienne 2009. Ils jouent " Concerto for Cootie " avec François Biensan dans le rôle de Cootie Williams. Bonne dégustation.

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Elisabeth Kontomanou featuring Geri Allen: " Secret of The Wind "

Publié le par Guillaume Lagrée

Elisabeth Kontomanou featuring Geri Allen

" Secret of the wind "

Plus Loin Music. Distribué par Harmonia Mundi.

Sortie le lundi 5 mars 2012.

En concert à Paris, au Sunside, le lundi 12 et le mardi 13 mars à 21h.

Elisabeth Kontomanou: chant

Geri Allen: piano

kontomanou geri allen

La photographie des Dames Geri Allen et Elisabeth Kontomanou est l'oeuvre du Conceptuel Juan Carlos HERNANDEZ.Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Une voix, un piano. Deux Dames. De coeur, de pique, de carreau, de trèfle. Ce n'est pas un chef d'oeuvre comme " The newest sound around " de Jane Lee (chant) et Ran Blake (piano) mais c'est une oeuvre et non un ouvrage. 51 ans après, Elisabeth Kontomanou et Geri Allen relèvent le défi. La chaleur de la voix, la fraîcheur du piano. L'amplitude des émotions. La diversité des choix. Tout est réuni pour enchanter l'auditeur et elles le font.

 

Elles ne font pas oublier Nat King Cole dans " L.O.V.E " ou James Brown dans " If I ruled the world " mais elles ne les font pas regretter et c'est déjà énorme. Elisabeth apporte ses propres chansons (3 et 5). Elles se fondent au sein de standards du gospel, de la soul music plutôt que du Jazz même s'il y a " Nature Boy " (10) dont je découvre les paroles avec cet album. Il y aussi " Sometimes I feel like a motherless child " (7) dont Louis Armstrong a donné une version canonique dans " Louis and The Good Book ". Louis Armstrong était orphelin et c'était le Roi du Jazz. Pourtant, là encore cette version tient la comparaison. Chapeau bas, Mesdames.

 

Dès les premières notes de piano, j'ai été pris par cette musique qui ne m'a pas lâché jusqu'à la fin. Si je devais retenir une chanson de cet album, ce serait " People get ready " (11) de Curtis Mayfield parce que j'adore cette chanson, que j'éprouve un immense respect pour Monsieur Curtis Mayfield et parce que cette version épurée, acoustique me fait une forte impression.

 

Un film de Claude Chabrol se nomme " Une affaire de femmes ". Ici, c'est une affaire de Dames. Ce sont des Dames avec du vécu, de la technique, qui ont des choses à dire et qui les disent bien, haut et clair. Plaignons les misogynes d'abord parce qu'ils le sont, ensuite parce que cet album les clouera. S'il n'y parvient pas, tant pis pour eux. Laissons les croupir dans leur fange et baignons nous dans le vent secret des Dames Elisabeth Kontomanou et Geri Allen.

 

Prions les dieux et les muses que des producteurs avisés aient la bonne idée de faire tourner ce duo sur scène en France. En attendant, délectons nous de cet album enchanteur.

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Du Jazz pour les Vaches

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices agrestes, lecteurs champêtres, si Sonny Rollins dès 1957 posait sur la couverture de l'album " Way out West " déguisé en cow boy (garçon vacher en français) et jouait " I am an old cowhand " accompagné de Ray Brown (contrebasse) et de Shelly Manne (batterie), cavalier émérite qui joue si bien le pas du cheval, la question de la vache comme public du Jazz n'avait pas été posée sérieusement jusqu'ici.

Elle est maintenant heureusement résolue grâce à un groupe d'amateurs de style Nouvelle Orléans, le New Hot Five , originaire de l'Etat de l'Utah aux Etats Unis d'Amérique et leur programme tout terrain, Jazz for Cows. Evidemment, cela ne vaut pas le Père du Jazz, Monsieur Jelly Roll Morton ni le Roi du Jazz, Louis Armstrong.

Etant originaire du premier département laitier français, l'Ille et Vilaine en Bretagne, je ne puis que saluer cette initiative sans garantir toutefois aux éleveurs intéressés qu'elle accroisse les performances des laitières.

Tout a commencé sur un alpage en France, à Autrans dans le Vercors (Isère, Rhône Alpes) par " O when the saints ".

 

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RIP Whitney Houston (1963-2012)

Publié le par Guillaume Lagrée

Il existe plusieurs sortes de chanteuses.

 

Celles qui ont tout pour elles (voix, beauté, magnétisme, intelligence, détermination)  et n'ont besoin de personne pour les guider comme Aretha Frankin, Abbey Lincoln, Tina Turner.

 

Celles qui n'ont pas grand chose pour elles et ont la chance de recontrer un démiurge qui les mène au sommet comme Serge Gainsbourg pour Jane Birkin.

 

Et puis il y a celles qui ont tout pour elles et qui tombent dans les pièges mortels du show business comme Whitney Houston. Avec une telle voix et une telle présence, elle aurait pu chanter de l'opéra, du gospel, du Jazz, de la soul music. .. Même en chantant des bluettes avec un orchestre guimauve, elle pouvait faire dérailler un train, vous faire perdre la raison le temps d'une chanson. Il faut dire aussi qu'avec une mère choriste, une tante nommée Dionne Warwick, une marraine nommée Aretha Franklin, elle avait de qui tenir pour la chanson. Cela n'enlève rien à ses dons naturels mais cela explique pourquoi elle savait si bien s'en servir.

 

Ecoutez la et regardez le public scotché dès les premières paroles. Et pourtant il y a là des musiciens TRES exigeants comme Prince.Vivre tue. Les drogues accélèrent le processus. J'aimerai toujours Whitney Houston.

 

 


 

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Le régime des intermittents du spectacle: la persistance d'une dérive

Publié le par Guillaume Lagrée

 

En France, le régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle, dont relèvent les musiciens de Jazz, concerne 3% des cotisants et représente 1/3 du déficit de l'assurance chômage. Y a quelque chose qui cloche là dedans. J'y retourne immédiatement comme disait l'oncle bricoleur de Boris Vian dans " La java des bombes atomiques ".

 

C'est ce que fait la Cour des comptes  dans son rapport annuel 2012.

 

L'essentiel est que le carnaval ne s'arrête pas. Surtout si c'est Sonny Rollins qui joue comme ci-dessous. Au festival de Cascais, au Portugal, en 1976. Même l'Océan Atlantique dansait ce soir là.

 

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Ahmad Jamal " Blue Moon "

Publié le par Guillaume Lagrée

Ahmad Jamal " Blue Moon "

Jazz Village. Harmonia Mundi.

Sortie le mardi 7 février 2012.

En concert à Paris au théâtre du Châtelet le jeudi 9 février 2012 à 20h.

Ahmad Jamal: piano

Reginald Veal: contrebasse

Herlin Riley: batterie

Manolo Badrena: percussions

Ahmad Jamal et Herlin Riley

 

 

La photographie d'Ahmad Jamal et Herlin Riley est l'oeuvre du Charmant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Que dit le Nouveau dictionnaire du Jazz de Fritz Jones devenu Ahmad Jamal? Qu'il eut son meilleur trio avec Israel Crosby (contrebasse) et Vernell Fournier (batterie) entre 1958 et 1962, qu'il ne parvient plus à reconstituer un trio possédant le même niveau instrumental ni la même complémentarité entre les musiciens. Sa carrière se poursuit cependant avec, parfois, des silences discographiques (1973-1975) et un intérêt musical variable. Il faut reconnaître que son trio originel joua un rôle important dans l'évolution du trio piano/contrebasse/batterie au point d'influencer Bill Evans et qu'il fut le pianiste préféré de Miles Davis même si Miles ne joua jamais avec lui.

Quant à cet album, après plusieurs écoutes attentives, je reste sur mon impression de départ. Ce n'est pas du piano mécanique, c'est du piano qui roule des mécaniques. Que de rythmes , que d'échafaudages subtils mais une absence totale de propos, de mesure, de discours, d'émotion. Vous ne pourrez jamais prendre  en défaut techniquement un groupe aussi solide. Le problème, c'est qu'ils n'ont rien à dire. Ca bavarde mais ne parle pas. 

Pour lire un discours à l'opposé du mien, vous pouvez consulter, aimables lectrices, charmants lecteurs, le nuuméro de février 2012 de Jazz Magazine/Jazzman qui consacre des pages dithyrambiques de chroniques et d'interview d'Ahmad Jamal.

Pour ma part, pour ce qui est des pianistes octogénaires créatifs, je mets toujours au sommet de l'Art, Monsieur Martial Solal.

Cela n'empêche pas que le Live at the Pershing d'Ahmad Jamal reste un de mes albums favoris.

Voici ce merveilleux trio composé d'Ahmad Jamal (piano), Israel Crosby (contrebasse) et Vernell Fournier (batterie). La preuve qu'Ahmad et Israël peuvent jouer ensemble en harmonie avec Monsieur Fournier, c'est le nombre et la qualité des musiciens qui les écoutent admiratifs dans ce film de 1959. Le jeu consiste à les reconnaître. A vous de jouer.

 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris pour février 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

" In a silent way " a été enregistré par Miles Davis et ses hommes en février 1969 à New York. Depuis lors, le mois de février est indissociable de cet album.

Pour le mois de février 2012, c'est avec l'arrogance d'un capitaine de l'équipe de France de Fed Cup que je vous propose ma sélection de concerts de Jazz à Paris.

Duc des Lombards

Samedi 11 à 20h et 22h le nouveau quartet du tromboniste et conquiste français Sébastien Llado. Anti dépresseur non remboursé par la Sécurité Sociale mais à l'effet garanti.

Vendredi 24 et samedi 25 à 20h et 22h, le quintet de Bennie Maupin (flûte, clarinette basse) musicien indispensable au son de Miles Davis et Herbie Hancock dans les années 70. 

Lundi 27 et mardi 28 à 20h et 22h, le trio du pianiste suisse Colin Vallon que j'ai déjà beaucoup apprécié comme accompagnateur de la chanteuse albanaise Elina Duni. A découvrir en leader en Paris.

Pour les noctambules désargentés, les After Hours du Duc des Lombards sont gratuites du jeudi au samedi après minuit. Un groupe différent chaque nuit.

Daniel Humair

La photographie de  Daniel Humair est l'oeuvre du Genevois Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sunset/Sunside

Samedi 11 à 20h30 Jazz à Roland Garros avec le trio de  Daniel Humair. Le concert a lieu dans les locaux de la FFT au Stade de Roland Garros, porte d'Auteuil, à Paris. Vous pouvez aussi aller voir  et acheter les peintures de Daniel Humair à la galerie Virgile Legrand, à Paris, jusqu'au vendredi 24 février.

Vendredi 24 à 21h30 au Sunset, le trio d'Oliver Lake (saxophones) avec John Betsch (batterie) et Peter Giron (contrebasse). Libérez vos esprits!

Vendredi 10 à 21h au Sunside, le trio de Thierry Péala revient, après son triomphe au New Morning, défendre son album " Move is ". Prêts à voyager?

Samedi 11 à 19h30 au Sunside, le pianiste Edouard Ferlet viendra jouer " Upside Bach ". Attention, beauté!

Plusieurs hommages à Thelonious Sphere Monk, mort le 17 février 1982, à New York  chez la baronne Panonnica de Koenigswarte à qui  il dédia " Pannonica ", seront rendus au Sunside ce mois çi par différents pianistes.

Vendredi 17  à 21h, Bobby Few en trio.

Samedi 18, dimanche 19, mardi 21 à 21h, Laurent Coq en trio.

Mercredi 22 à 21h, Alain Jean Marie en quartet avec Pierrick Pédron (sax alto).

Caveau des légendes

vendredi 24 et samedi 25 à 21h30,  Eric Le Lann en trio avec Nelson Veras (guitare) et Gildas Boclé (contrebasse) rendra hommage à Chet Baker. Eric Le Lann fait partie des très rares trompettistes à avoir conservé cet art sur le fil du rasoir propre à Chet Baker qui n'est pas seulement le héros d'une chanson de Vanessa Paradis. Il sera accompagné par un duo d'une finesse et d'une élégance rares. Emotion et discrétion seront au rendez-vous.

La Java

Jazz à la Java le lundi 27 à 20h30 avec de multiples invités qui ont joué ensemble sur les scènes parisiennes depuis 30-40 ans. A découvrir sur place. L'ombre de Jimi Hendrix planera sur cette salle qui accueillit Django Reinhardt.

Le Triton (Les Lilas, métro Mairie des Lilas, ligne 11)

Vendredi 17 à 20h30 duo de pianistes: François Couturier et Yvan Robilliard.

Février est le mois de la Saint Valentin. La chanson du mois est donc " My funny Valentine ". Cette chanson est indissociable de Chet Baker. Si vous ne savez pas encore pourquoi, la vidéo ci-dessous devrait vous le faire comprendre, lectrices nostalgiques, lecteurs rêveurs. Chet Baker chante avec tant de douceur que les filles en tombent par terre disait un critique américain des années 50. Rien d'autre à ajouter.


 



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Retour du concert de Nicolas Kummert au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Le Sunset.

Jeudi 2 février 2012. 21h30.

Nicolas Kummert « Voices »

 

Nicolas Kummert : saxophone ténor, voix, composition, direction

Hervé Samb : guitares, voix

Alexi Tuomarila : piano

Lennart Heyndels : contrebasse

Lionel Beuvens : batterie

 

« Petit Simon millionnaire », morceau qui ouvre l’album. Nicolas commence en chantonnant une mélopée envoûtante. Doucement le groupe le rejoint. Les notes de guitare se détachent, nettes et précises. Ca, c’est de l’émotion ! Un sax ténor qui chante, c’est rare. Il y a Gato Barbieri mais, à part lui, je ne vois pas. Au saxophone ténor, il chante encore. Je ne connais pas le héros de cette histoire mais elle est prenante. Le piano sonne un peu bastringue mais c’est bien dans l’ambiance de la musique. Ca monte, ça monte. Bon son de sax ténor, très vocal. Un vrai Jazzman. L’instrumentation et les rythmes sont Jazz, l’émotion est digne des meilleures chansons populaires.

 

Solo de contrebasse pour commencer. Bien électrifié, puissant. Nicolas Kummert s’est fâché avec les héritiers de Jacques Prévert qui lui ont interdit de reprendre ses poèmes à sa façon. Il en a fait une chanson. « Compagnon des mauvais jours, je te souhaite une bonne nuit ». Ca gronde derrière, comme le texte. Il enchaîne au sax ténor et ça fait une belle vague puissante qui nous emporte. Si la musique ne provoque pas chez l’auditeur cette vague qui lui donne envie de se laisser emporter, à quoi bon l’écouter ? C’est très beau. Je peux pas mieux dire : c’est très beau. Oh, ils n’ont pas des voix de bel canto mais ils savent vous attraper l’âme. Beau solo de guitare, puissamment bluesy, bien soutenu par la rythmique. Le sax arrive, reprend l’air de la chanson alors que le guitariste poursuit son solo. C’est bon comme ça.  Tout se calme pour revenir à la chanson. Solo de piano toujours avec ce son amusant de bastringue. Basse et batterie rythment en douceur.

 

« Liberté », une composition plus ancienne. Morceau plutôt funky. La rythmique groove grave. Le sax ténor se détache calme au dessus d’une rythmique bien frappée. Le guitariste attend tranquillement son tour. Il arrive discrètement alors que la rythmique pulse toujours autant. Ils s’ébrouent librement effectivement.

 

« La théorie des cordes », hommage à la physique quantique. Le piano pleut doucement, pas des cordes, juste du goutte à goutte. Contrebasse sèche, précise, nette. Batteur aux balais. Le guitariste distille ses notes. Sax ténor de velours. Ca tient chaud. Ca fait du bien alors qu’il fait si froid dehors. Hervé Samb prend la main avec un gros son grave.

 

« Folon » (Salif Keita). Hervé Samb passe à la guitare électro acoustique. Il la fait sonner comme une kora. Très joli solo introductif à la guitare. Ca balance doucement. Le sax ténor entre dans le jeu, en duo avec la guitare, tout en douceur, à l’africaine lui aussi. Whaouash ! Tout le groupe s’y met. La batterie cliquète, les baguettes sur les bords de caisse. C’est parti. Ca chaloupe et ça chante. C’est tout bon. Tout le monde chante. Des jeunes filles aux grand-mères. Ya ya ya ya ya ya yeo. C’est la version malienne du Yeah Yeah des Américains je suppose. C’est tout aussi entraînant.

 

PAUSE

Ca démarre avec le batteur. Sax, guitare arrivent. Ca groove sévère. Toujours dans l’ambiance africaine. Encore un poème de Prévert qui a été refusé à Nicolas Kummert. La censure stimule la créativité des artistes. Ce morceau en est une nouvelle preuve. Solo bluesy, énergique de guitare électrique. Le sax ténor reprend la main. Le batteur tapote doucement. Nicolas joue et grogne alternativement. Une technique héritée du Free Jazz mais jouée ici plus harmonieusement. Ambiance tropicale mais pas frelatée. C’est bon en pleine semaine du froid à Paris.

 

«  (They long to beClose to You » (Burt Bacharach). Ca commence avec une boite à musique. Nicolas chante en harmonie avec la mécanique. C’est drôle et charmant. Ensuite, la ballade langoureuse et voluptueuse commence. Un petit retour de la boite à musique. La ballade redémarre. C’est le moment de faire craquer les mignons minets ou les mignonnes minettes selon vos goûts, envoûtantes lectrices, séduisants lecteurs. « Ah ah ah ah ah, close to You », vous voyez le film, n’est-ce pas ?

 

« Paseo de los tristes », une composition plus ancienne. Lennart Heyndels est actuellement l’élève de Riccardo del Fra au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris , section Jazz. C’est un bon élément. Cela s’entend. Le groupe repart. Ca chante, ça vibre. Le blues à l’africaine d’Hervé Samb, c’est sacrément efficace et parlant.

 

« Mourir vivant ». Une chanson de Nicolas Kummert qui est un hymne à la vie comme son titre l’indique. Quant aux paroles, je vous laisse les découvrir en écoutant l’album, lectrices curieuses, lecteurs impatients. C’est une très belle chanson malheureusement gâchée par un couple de jeunes pies, mâle et femelle, assis près de moi qui n’y prête aucune attention.

 

« Monk’s Dream » (Thelonious Sphere Monk). Monk joué en reggae. C’est dans l’esprit. Ca balance bien. Les pies s’admirent, se parlent, s’écoutent et n’écoutent pas. Les musiciens, eux, nous font partager un rêve éveillé, à la Monk. Il a vraiment un beau gros son, ce contrebassiste. Après nous avoir fait chanter, le groupe repart à bloc. Nous chantons à nouveau. Le couple de jeunes Italiens près de chez moi chante bien. Les pies, elles, jacassent.

 

L’album m’avait plu. En concert, cela me plaît aussi parce que c’est vivant, chaleureux, rythmé, varié, authentique. De plus, ce saxophoniste-chanteur-poète sait communiquer avec le public. Bref, il faut suivre les Voix de Nicolas Kummert.

 

Voici ce groupe jouant à domicile, en Belgique, à Bruxelles, sur la Grand Place. " Compagnon des mauvais jours, je te souhaite une bonne nuit ". A vous aussi, lectrices raffinées, lecteurs distingués.

 

 

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Dan Tepfer explique ses Variations sur les Variations Goldberg

Publié le par Guillaume Lagrée

Le jeune pianiste franco américain Dan Tepfer vient de nous offrir ses Variations sur les Variations Goldberg de Jean Sébastien Bach. Une interprétation qui fera date. Il a bien voulu répondre à mes questions sur ce projet musical. Que les dieux et les muses le protègent!

1. Pourquoi les Variations Goldberg? N'y a t-il pas déjà assez de versions de cette oeuvre sur le marché?


Il y en a effectivement beaucoup — c'est une oeuvre qui inspire beaucoup de musiciens (et pas seulement les pianistes). Mais je ne pense pas qu'il y en aura jamais 'assez', car c'est une œuvre qui est infiniment renouvelable. Le but de chaque interprète, face à une œuvre de cette profondeur, c'est de s'y retrouver à un niveau personnel, ce qui veut aussi dire y retrouver sa propre époque — trouver le présent dans le passé. Pour moi, cela passe par l'improvisation. 

2. Quelle interprétation t'a le plus inspiré? Pourquoi? Comment t'en es tu détaché pour créer ta version?

J'ai quelques enregistrements fétiches: les deux versions de Glenn Gould ('55 et '81), et le deuxième enregistrement de Pierre Hantaï, au clavecin, que je trouve tout aussi palpitante que les versions de Gould, tout en étant très différente. Et j'en aime également d'autres, par exemple l'enregistrement d'origine de Wanda Landowska, sombre et mystérieux, ou l'enregistrement ultra précis mais plus académique de Murray Perahia. Le travail de détachement se fait en intériorisant le texte le plus possible; à un certain point, on sent que la musique sort de nous-même. C'est à partir de ce moment là que ça devient personnel.

3. Pourquoi Bach? JS Bach me semble être le compositeur préféré des musiciens de Jazz. Pourquoi?

La réponse facile est que Bach est tout simplement excellent. En terme de qualité, de diversité, de structure, d'inventivité, il est indépassable. C'est le genre de musique qu'on aime d'avantage plus on l'étudie, car elle est infiniment profonde — on n'arrête pas d'y découvrir de nouvelles choses. Comme les grands romans, elle peut être lue à un nombre de niveaux différents. La relation avec le jazz est plus subtile. Je crois que ça à voir avant tout avec la ligne: à un niveau superficiel, Bach suit un procédé qui ressemble à celui du musicien de jazz. Il prend une base harmonique et trouve une mélodie à mettre par dessus, souvent en croches. Les musiciens de jazz sont amoureux de la ligne, et Bach en a composé des milliers, toutes magnifiques. C'est aussi une musique qui groove, issue de la danse, tout comme le jazz.

4. Comment une oeuvre composée au XVIII° siècle peut-elle inspirer la créativité d'un musicien de moins de 30 ans en 2011?

C'est bien ce qu'on se demande. Cela montre l'universalité de cette musique. Bach écrivait une musique d'une telle pureté qu'elle est difficilement démodable. Bach m'a toujours parlé, depuis mes premiers jours au piano. Et j'ai toujours eu envie de lui répondre avec mes propres paroles.

5. Bach n'est il pas d'une fausse simplicité et finalement dangereux à jouer?

Bach, c'est probablement ce qu'il y a de plus difficile à jouer dans la musique classique. Chaque note est essentielle; on ne peut pas se cacher derrière un brouillard de pédale. Oui, sa grande clarté extérieure peut lui donner un certain air de simplicité, mais ce n'est pas du tout une musique simple. C'est une musique extrêmement détaillée, avec plein de circularités internes, ce qui la rend difficile à mémoriser. Et en plus, le rythme y est essentiel; on ne peut pas jouer Bach bien sans avoir un sens profond de la pulsation, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Mais c'est justement cette difficulté qui m'attire, chez Bach. On ne peut pas tricher; chaque concert est un vrai défi.

6. Beaucoup de Jazzmen se sont attaqués à Bach avec plus ou moins de bonheur. La version des Variations Goldberg par Keith Jarrett a été décriée. Les interprétations de Jacques Loussier jugées trop commerciales. John Lewis, lui, a suscité plus de respect et joué les Variations Goldberg en duo avec sa femme, claveciniste.

Il y a aussi la version complètement loufoque des Variations Goldberg par Uri Caine. C'est de la musique qui inspire, avec des résultats variés, effectivement.

7. Comment as tu créé tes improvisations? Sont elles improvisées sur l'instant ou as tu écrit quelque chose auparavant?

Elles sont improvisées sur l'instant, et sont différentes à chaque concert. Mon procédé est proche de l'art Zen, où, par exemple, un peintre étudie pendant longtemps une fleur sans faire le moindre dessin, pour pouvoir ensuite la rendre dans un instant, avec un seul coup de pinceau. J'étudie chaque variation pour en cerner l'essence (ou, du moins, celle que j'y voie), et c'est cette essence que j'essaie alors de rendre dans mon propre langage, dans l'instant. C'est ma façon d'exprimer ce que chaque variation veut dire pour moi. Note: c'est à la peinture zen que le pianiste Bill Evans fait référence dans les notes de l'album " Kind of Blue " de Miles Davis (1959). Sauf que cela convient mieux à l'album de Dan Tepfer puisque lui fait des variations, justement.

8. Les amateurs de baroque trouveront ton interprétation romantique donc à proscrire. Que leur répondre?

Comme je l'ai dit, Bach a écrit de la musique universelle. De plus, c'était un grand improvisateur qui a eu vingt enfants. Je ne pense pas qu'il était fermé d'esprit. Ce qui m'intéresse beaucoup plus que l'intégrité "historique" d'une interprétation, c'est sa force, sa vitalité. Il y a des interprétations baroques que j'aime car elles sont vivantes, et d'autres que je n'aime pas car elles sont trop académiques et ne m'engagent pas. La vérité est là, et non dans l'application de règles rigides.

9. Cet album te permet de concilier ta culture classique avec ta culture Jazz. D'autres compositeurs classiques pourraient ils t'inspirer aussi?

Oui, bien sûr. Je pense notamment à György Ligeti. Mais je ne pense pas sortir un autre album contenant de la musique classique avant longtemps. Mes racines, et ma vraie identité, se situent dans l'improvisation et le jazz.

10. En Europe, le pianiste italien Enrico Pieranunzi mêle avec bonheur cette double culture classique/Jazz depuis des décennies. S'il a abandonné son enseignement du piano classique au conservatoire de Rome, il a enregistré récemment ses versions de Scarlatti, Bach, Haendel. L'as tu écouté? Jouerais tu avec lui?

Oui, bien sûr, j'ai entendu Enrico. C'est un superbe pianiste, et effectivement, je pense qu'on s'amuserait pas mal si on faisait un jour un bœuf en duo...

 

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