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Nuzut Trio " The Bowhopper "

Publié le par Guillaume Lagrée

Nuzut Trio

" The Bowhopper "

Album Da Vinci. 2019.

 

Le Nuzut Trio est composé de

Flavio Perrella: contrebasse, compositions, direction

Simon Martineau: guitare électrique

Thomas Delor: batterie

 

Lectrices Italiennes, lecteurs Français, je vous ai déjà chanté les louanges urbi et orbi du Nuzut Trio, petit ensemble franco-italien, en concert à Paris, le 15 décembre 2019.

Après plusieurs écoutes attentives, il est temps de parler de l'album " The  Bowhopper " de ce trio. D'abord le titre de l'album. Il y a beaucoup d'archet dans le jeu du contrebassiste. D'où l'archet sautillant qui donne son titre à l'album ainsi que la sculpture qui orne la pochette de l'album et ressemble beaucoup à un personnage d'Alberto Giacometti (1901-1966). Une sculpture sur bois d'Antonio Padovani nommé " The Bowhopper " justement. Si le trio est majoritairement français, le chef et compositeur est italien. D'où le nom du trio Nuzut et des titres comme " Povero Spirito " (3) et " Un po Zut " (9).

Le contrebassiste  et compositeur Flavio Perrella a obtenu ses diplômes de musicien classique en Italie avant de se consacrer au Jazz en France.  D'où sa prédilection pour le jeu à l'archet plutôt que le pizzicato comme disent les Classiques (slap disent les Jazzmen). Son trio reprend la formule classique du trio du Rock'n Roll, guitare électrique, basse, batterie. Sauf qu'il s'agit d'une contrebasse, pas d'une guitare basse électrique et d'un musicien venu du classique disais je. 

Le ton général est donc à la puissance contenue. Energie du Rock, liberté du Jazz, sens mélodique venu du Classique, ce mélange est irrésistible à mes oreilles.

Pour que la musique respire mieux, 3 interludes sont placés dans l'album en 2e, 5e et 7e position. Cf l'interlude 1 mis en extrait audio au dessus de cet article. 

Le Nuzut Trio a le sens du jeu. Il sait retenir notre attention avec humour et légèreté. Ecoutez " Un po zut " (9) par exemple avec ses éclats de Blues. Il y a tout de même une chanson triste, une ballade grave mais sans rien de pesant, " X Time " (8).  Le Blues final " Zoldog " (10) progresse lentement dans une transe contenue qui monte en puissance, vous saisit dès le départ et vous emmène loin à l'arrivée.

Mon seul reproche sur cet album est que mon morceau préféré, celui que j'ai envie d'écouter en boucle, en me passant de la suite, est placé en ouverture. " The grasshopper " (1). La sauterelle (Grasshopper in english) . L'invasion des sauterelles fait partie des Dix plaies d'Egypte dans le livre de l'Exode (Bible, Ancien Testament). Ici, c'est bien plus pacifique et entraînant, irrésistible à mon goût avec cette tension dès le départ et ce lâcher prise à l'arrivée. De manière sage tout de même car le Premier de ces trois Consuls, le Latin Flavio Perrella, vient du classique, ne l'oublions pas. A chaque écoute de ce morceau, je ne peux m'empêcher de hocher la tête avec un sourire béat et de chantonner. Un instant de Grâce passe. Cf vidéo sous cet article.

Ordre et mesure caractérisent cette musique. Les mélodies sont simples et efficaces. Le jeu est élégant et raffiné sans démonstration technique. L'interaction est permanente. Ni la guitare électrique, ni la batterie, instruments à fort volume sonore, ne couvrent jamais la contrebasse. Grâce au Français Henri Texier, au Portugais André Carvalho, la grand-mère (surnom affectueux de la contrebasse chez les musiciens) poursuit son émancipation avec l'Italien Flavio Perrella. Chacun d'eux sait nous raconter de belles histoires. Profitons en sans modération, lectrices Italiennes, lecteurs Français. 

Que les Dieux et les Muses fassent jouer le Nuzut Trio sur scène en France, en Italie, dans tout l'Imperium romanum et même au-delà! 

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Nuzut Trio en escale à la Péniche Marcounet

Publié le par Guillaume Lagrée

Nuzut Trio

Péniche Marcounet

Paris, France

Dimanche 15 décembre 2019. 18h.

Concert de sortie de l'album " The Bowhopper "

Le Nuzut Trio est composé de

Flavio Perrella: contrebasse, compositions

Simon Martineau: guitare électrique

Thomas Delor: batterie

Lectrices curieuses, lecteurs fureteurs, sachez que j'ignorais tout du Nuzut Trio avant ce concert. Le guitariste  Simon Martineau m'avait écrit & envoyé un lien. Quelques secondes d'écoute suffirent à me convaincre de me déplacer un dimanche de grève à Paris. Ni remords, ni regret. Une chronique de l'album " The Bowhopper " suivra. 

Belle pulsation de la contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute du volume aux baguettes. La guitare vibre en fusion avec les tambours. C'est puissant, doux et lent. La péniche Marcounet se balance au rythme de la Seine. La musique est en phase. C'est hypnotique. La guitare tourne en boucle, la contrebasse et la batterie assurant les variations. Puis le guitariste se lance. Tout en maintenant le thème en arrière-plan, il attaque et la rythmique suit. Vibration de la contrebasse en solo sous l'archet. Une ambiance méditative s'installe. Le bruit de fond de la climatisation nuit à l'écoute mais mon cerveau finit par en faire abstraction. 

La guitare enchaîne sur un autre thème. Pas d'applaudissement. C'est une suite. Ballade. Batteur aux balais. Douce montée en tension. Le public écoute religieusement. Pas même un chuchotement. Une belle musique inspire un silence respectueux à ceux qui en sont capables. La pulsion se fait plus forte puis redescend calmement. Dehors coule la Seine éclairée par les projecteurs. Je la vois par les hublots de la péniche. La musique, art liquide, est en phase avec le décor. 

Il me semble que le guitariste, en solo, introduit un nouveau thème. Toujours dans le silence attentif de la salle. Le trio va t-il jouer son concert d'une traite? Il repart sur un morceau bien secoué. Batteur aux baguettes. Rythme haché, saccadé. Breaks de batterie très secs, très vifs aux baguettes pendant que les cordes maintiennent la pulsation. Intéressant. 

3 morceaux enchaînés en 30 mn. Tout s'est bien passé. Flavio Perrella nous remercie d'être venus si nombreux, malgré les problèmes logistiques. Ils ont joué " Zoldog " suivi de " Povero spirito " & " Clacsong ". 

Un morceau qui ne figure pas sur l'album " The Bowhopper ". " Lettre à Poussin " ou " Poussin 2, 3 " . Est-ce un hommage au peintre classique français Nicolas Poussin (1594-1665) qui passa l'essentiel de sa vie à Rome où il mourut et est enterré? Batteur aux balais. A pas lents. C'est équilibré, posé comme un tableau de Poussin mêlant réel et idéal. Une certaine idée du classicisme. Solo de contrebasse calme et tranquille conforté par le jeu des balais sur les tambours et les ponctuations raffinées de la guitare. Thomas Delor bat ses tambours à mains nues. Cela ajoute de la chaleur au jeu. La pulsion remonte en trio. Glissendo final très élégant.

Je n'ai pas compris le titre. Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute une pulsation vive et douce aux baguettes sur les cymbales et les bords de caisse. Guitare au son liquide. Ca roule pour nous. La péniche Marcounet est amarrée mais nous partons en voyage. Belle impression de grands espaces. Comme si la grand route s'ouvrait devant nous. Y a une route. Tu la prends, qu'est-ce que ça te coûte? Ca avance vraiment. D'un pas rapide. Et s'arrête d'un coup comme s'ils étaient arrivés.

Un nouveau morceau, sans titre pour l'instant. Ne figure pas dans l'album " The Bowhopper " évidemment. Un air étrange, inquiétant. Grosse pulsation de la contrebasse. Le batteur décompose le temps aux baguettes. Coups tranchants de la guitare. Thomas Delor nous reproduit même les coups des fantômes sur les portes avec des baguettes. Nous sommes plongés dans un château hanté. Ca repart avec un solo de contrebasse à l'archet. Rapide. La guitare reprend le thème. Le batteur tapote de ses mains. Nous quittons le château pour chevaucher dans la lande et la brume. Solo de contrebasse à l'archet. Flavio Perrella utilise beaucoup l'archet sur sa contrebasse, d'où le titre de l'album " The Bowhopper ". Peut-être vient-il de la musique classique comme le contrebassiste français Jean-Philippe Viret, lui aussi grand manieur d'archet. 

Le premier titre de l'album, " The  Grasshopper ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Est-ce un hommage aux sauterelles, au club de football de Zürich ou à JJ Cale? Flavio Perrella parle français avec un charmant accent italien et un humour délicieux. Batteur aux baguettes qui reproduit une boite à rythmes. Sec, répétitif mais pas mécanique. Le morceau pulse bien. Là encore, les défricheurs avancent. Le son de guitare est plus mordant. Ils envoient dans le final comme un coureur de 1500m dans la dernière ligne droite. Finish irrésistible. Pas besoin de photo. Energie du Rock, liberté du Jazz. Bref, de la bonne musique. Ils restent sur le thème en jouant mezzo voce, en ralentissant progressivement vers le final. Ca, c'est bon!

RAPPEL

Puisqu'ils sont tristes de nous quitter, un morceau triste, " X Time ", annonce Flavio Perrella. Je ne suis pas triste car je sors d'un bon concert et que je vais pouvoir désormais savourer l'album " The Bowhopper " en espérant que le Nuzut Trio joue en concert en France, en Italie et partout où des esprits comme les vôtres sauront l'accueillir, lectrices curieuses, lecteurs fureteurs. 

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" Tell me something new " Dexter Goldberg Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Dexter Goldberg Trio

" Tell me something new "

Un album Jazz & People. 2018

 

Dexter Goldberg: piano, compositions

Bertrand Beruard: contrebasse

Kevin Lucchetti: batterie

Lectrices rigoureuses, lecteurs sérieux, mes bonnes résolutions de la fin de l'an neuf 2019 se poursuivent. Après " Zouk Out " de Mario Canonge (piano), " A l'air libre " du trio Paloma, me voici à vous parler d'un album déjà sorti que j'avais négligé jusqu'ici, " Tell me something new " du trio de Dexter Goldberg (piano). 

J'ai déjà chanté les louanges de ce trio pour un concert à Paris, au Sunside, le jeudi 15 août 2019. J'ai aussi célébré sur ce blog le duo de Dexter Goldberg avec Robin Mansanti (trompette, chant) et avec son père, Michel Goldberg (saxophones). 

Revenons à ce trio. Dit -il quelque chose de nouveau comme il l'affiche dans le titre et le morceau d'ouverture, " Tell me something new " (1)? 

Dans l'instrumentation non puisque le format piano, contrebasse, batterie est aussi classique dans le Jazz que le format guitare, basse, batterie dans le Rock'n Roll. Dans le jeu non plus car le pianiste est clairement le leader, contrebassiste et batteur les accompagnateurs. 

Dans les compositions, oui, puisqu'elles sont toutes neuves et oeuvres du leader. Dans les thèmes et les émotions aussi car Dexter Goldberg n'est pas que gentil, dans la lignée de Bill Evans et ne semble pas narcissique comme Keith Jarrett. 

En fait, il semble que Dexter Goldberg, sans jouer les standards, en crée de nouveaux, tant ses mélodies sont claires et élégantes. En pleine période de grève des services de transports publics en lle de France, RATP et SNCF, j'ai choisi comme extrait audio , " RER B " (3) qui décrit bien les mouvements de ce train qui traverse l'Ile de France du Nord au Sud, de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle ou Mitry Claye à Robinson ou Saint Rémy les Chevreuses C'est ce train , sous un autre nom, que prenait déjà Paul Léautaud pour venir travailler à Paris au Mercure de France. 

A ces mouvements brusques succèdent la douceur de " Rainbow " (4) et " Osmose " (5). Son père, Michel Goldberg, saxophoniste, vit à Saint-Malo, beau port de mer. Peut - être en souvenir du vent sur la plage du Sillon, le souffle puissant de " Waves of Sand " (8) nous emporte. Cf vidéo sous cet article.

Ne vous inquiétez pas pour Dexter Goldberg, lectrices rigoureuses, lecteurs sérieux, c'est bien parti pour lui. C'est ce qu'il joue avec le morceau final, " I'll be OK " (9). 

Des albums en trio piano, contrebasse, batterie, il en tombe comme la pluie en novembre à Paris. Mais de ceux qui nous disent quelque chose de neuf, d'intéressant, de touchant, de stimulant, il y en a peu. J'en ai repéré deux dans la génération des trentenaires, Dan Tepfer et ses " Eleven Cages " (2017), Dexter Goldberg et cet album " Tell me something new " (2018). La génération précédente de pianistes, celle d'Alain Jean-Marie et Mario Canonge reste aux avants-postes avec " Tropical Jazz Trio " et " Pensativa " pour AJM et " Zouk Out " pour MC. Dexter Goldberg est né en 1987. Son jeu est déjà bien en place mais je gage qu'il va mûrir et nous offrir mieux encore dans l'avenir. 

 

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" A l'air libre " Trio Paloma

Publié le par Guillaume Lagrée

Trio Paloma

" A l'air libre "

 

Le Trio Paloma est composé de

Chloé Cailleton; chant, percussions & compositions (2, 7 & 8)

Leonardo Montana: piano, compositions (3, 4, 5, 6, 8 & 9)

Joan Eche Puig: contrebasse, composition (7)

Lectrices sérieuses, lecteurs rigoureux, dans mes résolutions de fin d'an neuf 2019, figure celle de vous faire part d'albums déjà sortis que je n'avais pas pris le temps de chroniquer jusqu'ici. Après Mario Canonge et son concept " Zouk Out ", voici venir la chanteuse Chloé Cailleton à l'Air Libre avec son trio Paloma. 

J'ai découvert ce trio en concert au cinéma Balzac à Paris en 2019. D'enthousiasme, j'ai acquis l'album en sortant. Avec une formule aussi restreinte, un trio sans tambour ni trompette (il paraît qu'il y a quelques percussions), la musique est libre et fluide comme l'air. Légère sans autre ancrage que la pulsation de la contrebasse de Joan Eche Puig.

La citoyenne Cailleton, de nationalité française, chante en français, anglais et portugais. Puisque l'hiver approche dans l'hémisphère Nord, je vous recommande sa " Cold Season " (2). Cf vidéo sous cet article. L'ambition est tout de suite affichée avec le titre initial " Melody " (1). En effet, ce trio a le souci de la mélodie. La voix peut devenir un instrument chantant une romance sans parole comme dans " Entre deux jeux " (5), composé par le pianiste. Leonardo Montana est l'homme orchestre qui habille ces chansons. Joan Eche Puig y ajoute la touche finale qui fait que Chloé Cailleton n'a plus qu'à les porter pour être irrésistible. 

Sur les 9 chansons de l'album, une me bouleverse, me renverse, me touche en plein coeur. Une sur 9, c'est déjà beaucoup. Je passe le stade de la sensation agréable pour atteindre celui de l'émotion forte. Une chanson d'amour libre comme l'air, " Et voguent " (7) à laquelle ont contribué la chanteuse, le contrebassiste et une 3e personne que je n'identifie pas (B.Laurent). Je souhaite que l'homme pour qui cette chanson a été écrite la mérite vraiment. Cela fait partie des très rares chansons (il n'y en a pas 10) qui me donnent un frisson dans l'échine à l'écoute ( " Saint Louis Blues " par Bessie Smith & Louis Armstrong en fait partie aussi). Bref, je place " Et voguent " du Trio Paloma très haut dans mon Panthéon personnel de chansons. 

Le trio Paloma sera en concert à Tarbes (Hautes Pyrénées, Occitanie, France) le vendredi 24 avril 2020.

C'est tout, lectrices sérieuses, lecteurs rigoureux.

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" Zouk Out " Mario Canonge

Publié le par Guillaume Lagrée

Mario Canonge

" Zouk Out "

Aztec Musique. 2018

Mario Canonge: piano, percussions, choeurs, compositions, arrangements, direction musicale

Michel Alibo: guitare basse électrique, percussions, choeurs

Arnaud Dolmen: batterie, percussions, choeurs

Adriano Tenorio: percussions

+ 13 invités détaillés dans l'album " Zouk Out ".

 

Bienvenue au 49e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

 

Lectrices Afro, lecteurs Caribéens, en 2019, je vous ai chanté les louanges de deux albums en trio du pianiste Guadeloupéen Alain Jean-Marie: " Tropical Jazz Trio " & " Pensativa ".

Je vous ai aussi chroniqué un concert du programme Zouk Out du pianiste Martiniquais Mario Canonge. C'était en trio à Paris, au Sunside, fin août 2019. 

Il est temps de vous vanter les mérites de l'album " Zouk Out " sorti le 2 novembre 2018. A un quartet percutant (piano, basse, batterie, percussions), s'ajoutent au fil des morceaux 13 musiciens et chanteurs différents. 

Mario Canonge est Martiniquais donc Antillais, Caribéen, Américain, Français, Européen, avec des ancêtres Africains. Ses identités multiples se reflètent dans sa musique. En partant du Zouk, musique populaire antillaise, il l'enrichit, l'affine, le sculpte à la flamme du Jazz. 

Le Zouk s'entend dans la pulsation de la basse et de la batterie. Le Jazz  et la Biguine dans le jeu du pianiste. Le Brésilien Adriano Tenorio ajoute d'autres couleurs aux percussions. Pas de Zouk sans chanson sucrée (au sucre de canne, bien sûr!). Ralph Thamar s'en charge pour les chansons 5 & 8 avec Annick Tangorra. Pas trop mon truc. Après écoute, un ami Martiniquais estime aussi que cette voix ne colle pas avec le raffinement de cette musique.

Comme le titre l'indique, Zouk out, le zouk n'est que le point de départ de cette musique. C'est ainsi que Mario Canonge et ses hommes créolisent le thème " Shaft " du Black Moses, Isaac Hayes (1942-2008), grand classique de la Soul Music, avec " Shaft Zouk " (6). 

Je suis particulièrement charmé par le morceau d'ouverture " Yekri " (1). Auquel répond celui de clôture " Yekri Elwa " (11) en version chanson. La puissance du " Karnaval Blues " (3) & l'élégance des " Murmures rebelles " (4) ne manqueront pas de vous séduire, lectrices Afro, lecteurs Caribéens. 

Vous pouvez danser enlacés sur le " Zouk Out " ou l'écouter sagement, selon votre bon plaisir, lectrices Afro, lecteurs Caribéens. Espérons retrouver ce programme sur scène en formation élargie mais, même en trio, cette musique vaut d'être savourée en concert

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" Pensativa " Alain Jean-Marie Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Darryll Hall par Juan Caros HERNANDEZ

Darryll Hall par Juan Caros HERNANDEZ

Alain Jean-Marie Trio

" Pensativa "

Let my music grow. 2019.

Alain Jean-Marie: piano, compositions (9, 11)

Darryll Hall: contrebasse

Lukmil Perez Herrera: batterie & percussions

 

Lectrices rêveuses, lecteurs penseurs, sachez que c'est en hommage à la rêverie féminine qu'Alain Jean-Marie a pensé son nouvel album en trio " Pensativa ", composition de Clare Fischer (4). D'abord, celle de sa compagne Morena Fattorini , auteure de la vidéo sous cet article. Je vous ai déjà chanté les louanges de ce trio en concert , à Paris, au Sunside, en novembre 2019 avec le Français Donald Kontomanou à la batterie. Sur l'album, c'est le Cubain Lukmil Perez Herrera qui officie. Alain Jean-Marie est Français, natif de Guadeloupe. Darryll Hall, citoyen des Etats Unis d'Amérique.

Comme vous l'avez deviné, lectrices rêveuses, lecteurs penseurs, si cet album est plus Jazz que celui du Tropical Jazz Trio où rayonne aussi Alain Jean-Marie, avec un pianiste Gwada et un batteur & percussionniste Cubano, les rythmes caribéens sont bien présents dans cet album. Dès le départ, avec le traitement spécial réservé à " We'll go alone " ( 1) du Canadien Kenny Wheeler. Plus encore avec la " Calypso " (3) de l'Américain Kenny Barron. Cf extrait audio au dessus de cet article. Même Charlie Parker est créolisé avec " Bongo Bop/Cheryl " (2). Pour faire honneur au batteur, le trio joue un standard absolu du Boléro cubain, " Dos gardenias " (8) d'Isolina Carrillo. 

Joséphine Baker avait deux amours, son pays et Paris. Alain Jean-Marie en a deux, lui aussi, le Jazz et la Biguine. Il est le pianiste de Jazz français avec qui tous les grands solistes américains veulent jouer quand ils passent à Paris. Rôle que jouait à merveille avant lui Georges Arvanitas. Une sorte d'assurance tous risques pour le soliste. Le genre de pianiste qui vous rend le piano mieux accordé qu'il ne l'a trouvé comme me dit un soir un patron de club. Il suffit de l'écouter sur les standards pour s'en apercevoir. " You don't know what love is " (5), " You are my everything " (7) & " With a song in my heart " (10). Technique, toucher, sensibilité, sensualité, imagination, fraîcheur, tout ce qui fait un grand pianiste, Alain Jean-Marie le possède au centuple.

Deux amours, c'est le limiter. Il sait aussi jouer la Bossa Nova. Ecoutez sa version de " Ela e carioca " (6) d'Antonio Carlos Jobim. A ce propos, écoutez mon émission " Brasil " sur Couleurs Jazz Radio de décembre 2019 à mars 2020, lectrices rêveuses, lecteurs penseurs. Il y a aussi le Blues mais joué à la Guadeloupéenne avec " AJM Blues "  (9) d'Alain Jean-Marie. Un clin d'oeil à l'Italie et donc à sa compagne avec " Italian Sorrow " (11). Pour conclure en douceur mais de manière définitive, une courte ballade de 97 secondes, " Quiet now " (12) de Denny Zeitlin. 

Il ne s'agit pas d'un album solo mais bien en trio. Avec Darryll Hall à la contrebasse et Lukmil Perez Herrera, Alain Jean-Marie a choisi des partenaires de dialogue à son niveau. Légers, subtils, inventifs, dansants, caressants, émouvants sans jamais être mièvres, énergiques sans jamais être envahissants. 

En deux albums sortis en 2019, " Tropical Jazz Trio " puis " Pensativa ", Alain Jean-Marie renouvelle l'art du trio. Le premier dans un rôle d'accompagnateur , Patrice Caratini étant le leader, le second comme chef mais les deux dans un exercice démocratique de discussion libre et ouverte. Au sein d'un cadre clair structuré par les règles de l'harmonie, la voix est libre. Sans le vouloir ni le savoir, sa musique est devenue l'ange gardien d'une amie, Madame M-H. 

Merci pour tout, Monsieur Alain Jean-Marie. 

 

La photographie de Darryl Hall est l'oeuvre du Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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" Cuba Cuba ! " Manuel Anoyvega Mora

Publié le par Guillaume Lagrée

Manuel Anoyvega Mora

" Cuba Cuba ! "

Fo Feo productions. 2019.

Manuel Anoyvega Mora: piano, composition

Pierre Guillemant: contrebasse

Abraham Mansfarroll: batterie

Inor Solotongo: percussions

Guillaume Naturel: saxophone, flûte

Lectrices Afro, lecteurs Cubains, le premier album du pianiste Manuel Anoyvega Mora, " Cuba Cuba " ne saurait vous échapper. Né en 1960 à Cuba, il vit, joue et enseigne en France depuis 1995. Il lui a fallu 20 ans de réflexion avant de sortir son premier album en Lider. Il fut notamment le pianiste du grand orchestre de Ernesto Tito Puentes (1928-2017), trompettiste cubain installé en France depuis 1953. 

Manuel Anovyvega Mora a pris le temps de mûrir son projet, d'écrire les morceaux. Dans le style afro cubain mais pas dans le genre clinquant et facile. D'abord parce qu'il s'agit d'un quartet, pas d'un grand orchestre. Ensuite parce qu'il n'en avait pas envie. Bien sûr, ça danse  et chante mais en souplesse. Ecoutez par exemple " Ilduara Carrandy " (5). Guillaume Naturel serait-il le frère de Gilles Naturel (contrebasse)? Avec le saxophone ténor et la flûte, il est le seul souffleur du groupe, très percutant, puisque la rythmique est renforcée par les percussions d'Inor Solotongo, un autre Cubain de Paris. 

Le pianiste a manifestement beaucoup écouté de musique classique. Cela s'entend dans son morceau en solo " Soplos de Musas " (6). Après cet intermède méditatif, le groupe conclut en dansant avec les deux airs les plus entraînants de l'album " Cuba Cuba! Perla preciosa  " (7) & " Frescoson " (8).

Que vous vouliez danser ou écouter, " Cuba Cuba " de Manuel Anoyvega Mora est fait pour vous, lectrices Afro, lecteurs Cubains. Un ami Martiniquais, bien plus connaisseur que moi dans ce genre de musique, la qualifie de voluptueuse. A consommer sans modération.

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Une petite histoire de l'opéra. Opus 2. Laurent Dehors

Publié le par Guillaume Lagrée

Une petite histoire de l'opéra

Opus 2

Direction artistique: Laurent Dehors

Tous Dehors

Laurent Dehors: composition, saxophones, clarinettes, cornemuse, guimbarde, voix

Jean-Marc Quillet: percussions, clavier, batterie, voix

Gabriel Gosse: guitare électrique 7 cordes, banjo, percussions, clavier, batterie, voix

Michel Massot: tuba, trombone, voix

Mathew Bourne: piano, piano préparé, voix

Tineke Van Ingelgem: soprano

 

" L'opéra, c'est le seul endroit où quand un type se prend un coup de poignard dans le dos, au lieu de mourir, il chante " (Boris Vian). Lectrices baroques, lecteurs classiques, j'avoue en être resté à cette définition de Boris Vian concernant l'opéra, spectacle total d'invention italienne. Le premier chef d'oeuvre du genre est l'Orfeo de Claudio Monteverdi, natif de Crémone (la ville du violon). Justement, c'est par Monteverdi que Laurent Dehors commence son Histoire de l'Opéra, opus 2 avec la Toccata, d'abord introduite au balafon (1) puis jouée par le groupe (2). 

Tout de suite, la barre est placée haut. Elle ne redescend jamais. Je vous ai déjà chanté, lectrices baroques, lecteurs classiques, les prouesses de ce groupe en concert à Paris, au Studio de l'Ermitage, en septembre 2019. Enthousiasmé, j'ai acheté l'album en sortant. Le temps de digérer le choc, je vous en parle.

Seulement 5 musiciens mais avec une telle diversité d'instruments (cf liste en haut de cet article) qu'ils sonnent comme un grand orchestre. Ni alto, ni violon, ni violoncelle, ni contrebasse. Mais le piano, la guitare électrique, diverses percussions, le clavier électrique, le tuba, le trombone, les saxophones, les clarinettes, la cornemuse, la guimbarde, le banjo... Pour suivre le groupe dans ses improvisations tout en préservant le coeur et l'âme de l'opéra, il fallait une chanteuse à la hauteur. Elle est trouvée en la personne de Tineke Van Ingelgem. Une voix de soprano à tutoyer les anges, un abattage de diablesse, un port de Reine, séductrice et impérieuse, Dame Van Ingelgem, vraie chanteuse d'opéra, s'amuse avec des airs qu'elle connait par coeur, ressuscite, repeint, revivifie.

Le résultat est d'une beauté sidérante. Ecoutez la en séductrice dans la " Habanera " de Bizet (6)? Cf extrait audio au dessus de cet article. Quand elle chante " Si je t'aime, prends garde à toi ", l'homme prudent se cache sous son canapé, l'aventurier se jette à ses pieds. Elle est aussi l'amoureuse éperdue dans " l'air de Didon " (10) tiré du " Didon et Enée " de Purcell. Elle donne envie d'être consolée dans " Sento in seno " (12) d'Antonio Vivaldi ou " Una furtiva lagrima " (14) de Donizetti. Elle s'amuse même à rapper sur des airs d'opéra flamand dans " Les oiseaux " (15) qui conclue l'album avec le joli chant de clarinette de Laurent Dehors. 

Tineke Van Ingelgem respecte le chant, le groupe respecte les airs mais en s'octroyant la liberté des jazzmen tant dans l'instrumentation que l'improvisation. Des esprits puristes et chagrins, des égoïstes, des avares peuvent avoir peur de cette musique et de cette liberté mais ce ne sont pas des gens fréquentables. Quant à vous, lectrices baroques, lecteurs classiques, que vous aimiez ou non l'opéra, réjouissez vous, étreignez vous avec l'opus 2 de l'histoire de l'Opéra par Laurent Dehors et ses complices. Evviva la musica!

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" The garden of earthly delights " André Carvalho

Publié le par Guillaume Lagrée

André Carvalho

" The garden of earthly delights "

Album Outside in music. 2019.

André Carvalho: contrebasse, compositions, direction, papier froissé (9)

André Matos: guitare

Rodrigo Recabarren: batterie, percussions, bombo leguero (7)

Jeremy Powell: saxophone soprano (1, 2, 4, 5 & 10), ténor (6, 8 & 11), flûte (5)

Eitan Gofman: saxophone ténor (2, 4, 5 & 10) , flûte (3 & 4), clarinette basse (1, 7 & 11)

Oskar Stenmark: trompette, bugle (6)

 

Lectrices esthètes, lecteurs sélects, la musique du contrebassiste lisboéte, résidant new yorkais, André Carvalho, ne peut vous échapper. Je viens à peine de la découvrir lors d'un concert à Paris, au centre culturel tchèque, le samedi 16 novembre 2019. Un groupe mené par un Portugais qui vit à New York jouant chez les Tchèques, à Paris, en France, voilà un aspect agréable de la mondialisation.

Revenons à la musique. Elle est d'inspiration picturale. Plus précisément, André Carvalho a fait travailler son imagination à partir d'un chef d'oeuvre de la peinture européenne, le " Jardin des délices terrestres " du Flamand Jérôme Bosch (1453-1516) qui est visible en Espagne, à Madrid, au musée national du Prado. Cette oeuvre est si complexe et si riche que personne ne sait avec certitude l'interpréter. Voici diverses versions présentées dans un excellent documentaire d'ARTE. 

Inspiré par cette oeuvre, André Carvalho crée, avec un groupe de 6 musiciens, une musique plus riche que bien des orchestres. La musique parle d'elle même comme disait Miles Davis. " The fountain " (3) coule de source et nous rafraîchit. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Autant " The towers of Eden " (7) est rassurant, autant " Evil Parade " (8) est inquiétant. Cf vidéo sous cet article. " Cherries, brambles and strawberries " (6) nous fait goûter aux fruits du Jardin des délices même en plein hiver. 

Avec une instrumentation classique pour le Jazz moderne (contrebasse, guitare, batterie, saxophones, trompette), André Carvalho crée une musique neuve, originale, stimulante pour nos neurones. Non seulement il y a de la virtuosité mais il y a aussi de l'imagination et de la sensibilité. Quand ces trois éléments sont réunis, vous savez que vous écoutez de la Grande musique.

Espérons retrouver ce sextet prochainement de ce côté ci de l'Océan Atlantique, au Portugal, en Espagne, en France, partout où ce Jardin des délices peut fleurir et s'épanouir.

 

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Jowee Omicil en mission au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Jowee Omicil Quartet

Le Duc des Lombards

Paris, France

Vendredi 6 décembre 2019, 21h45

Jowee Omicil: saxophones alto, soprano, ténor

Randy Kerber: piano, clavier électrique

Jendah Manga: guitare basse électrique

Arnaud Dolmen: batterie

Gros son de basse. Piano léger. Batteur aux baguettes. Eclairs du sax ténor. J'entends une trace de Kenny Garret dans son jeu. Jowee Omicil est très participatif. Il fait chanter le public dès le premier morceau. En français puisqu'il est né à Montréal (Québec, Canada) de parents haïtien le 1er décembre 1977. Il a écouté le Miles Davis des annes 80, ses airs simples et funky. Il joue même de la trompette mais pas ce soir.

Démarrage délicat et funky entre basse et batterie. " Take five " ( Paul Desmond). Le thème est reconnaissable mais créolisé. Ils conservent la métrique propre au morceau (5/4) mais le chaloupé est bien caribéen. Joli solo de piano soutenu en finesse par le dialogue percutant entre basse et batterie aux baguettes. Progressivement, le batteur prend la main par des roulements rapides. 

Sax soprano. Batteur aux balais. " Les feuilles mortes " (Autumn leaves en version anglaise). Son très doux. Jowee Omicil gomme l'acidité de l'instrument. Il attaque et elle revient. Quoi? L'acidité du soprano bien sûr. Jowee Omicil joue le mort quelques longs instants pour mieux nous réveiller en attaquant d'un coup sec pour le final. Cela aussi, c'était un truc de Miles Davis.

Un peu de chant en créole haïtien. Au public de chanter à son tour . " Oyago " (?). Je ne garantis pas la transcription n'étant pas créolophone. Le quartette attaque. Sax soprano. Batteur aux baguettes. Cela repart sur un rythme plus souple mais toujours rapide. Puis un air balancé, caribéen. Là, ça danse! Ca balance bien souplement. La dame à ma droite qui a commencé le concert énervée par l'attente, stressée par sa place au fond de la salle, se met à battre des mains. Elle va visiblement nettement mieux. Le piano domine la rythmique. Le leader chante, danse. Il a ôté ses lunettes noires et s'est mis en tshirt. 

Sax ténor. Passage au clavier électrique. Un air funky. Ca sonne nord américain et moins vécu, authentique que le précédent.

Une version personnelle du " Mannish Boy " de Muddy Waters. " When I was a little boy in Montreal ". Un duo avec le piano qui joue bien la mélodie. Charmant interlude. 

Duo piano & sax ténor pour commencer. Une ballade a priori. Le batteur crée un flux léger et rapide avec ses baguettes sur les cymbales et bords de caisses. Solo de piano rêveur, impressionniste à souhait alors que la rythmique maintient la pulsation. Un petit délire Free entre sax ténor et batterie. Souvenirs d'Albert Ayler & Sunny Murray. Juste quelques secondes. Pas durant des heures comme les Grands Anciens. 

Sax soprano. Un clavier électrique. Un petit air funky spécialement pour la soirée " Bash friday". Ca balance tranquille. Conclusion très professionnelle. 

Duo piano, sax alto. Ca ressemble bien à un air caribéen. Joli final toujours en duo.

Duo sax alto, batterie. Du Monk. La rythmique repart sur un air dansant. Le public bat la mesure. Retour au calme voire au sirupeux. Avec des breaks énergiques tout de même. Passages au clavier pour l'air mièvre. Courte citation de " A Love Supreme " de John Coltrane au saxophone. Un air magique pour tous les saxophonistes de Jazz. Si simple et si puissant. Jolie idée de le jouer en decrescendo avec le batteur jusqu'au final. A l'alto, pas au ténor ou au soprano.

Clavier électrique. Arnaud Dolmen, de Guadeloupe, mouline vite et doucement aux baguettes. Sax ténor méditatif. Puis qui s'enflamme porté par la rythmique. Un morceau de Miles Davis paraît-il. 

Un dernier morceau. Sax soprano. Retour aux Caraïbes avec un morceau précédemment joué. Après recherche, " Pipillita " est l'oeuvre du Cap-Verdien Luis Morais. Rien de caribéen à l'origine mais joué ainsi,, le morceau le devient. Cf extrait audio au dessus de cet article. Mes voisines Caribéennes sont ravies. Moi aussi. C'est énergique, dansant. Le pianiste est bien chaud, aux commandes de la rythmique.

Né au Canada de parents haïtiens, Jowee Omicil a vécu aux Etats-Unis d'Amérique (élève puis professeur de la Berklee School of Music), complice de Roy Hargrove qui le poussa à créer son propre groupe. Il vit désormais à Paris en France. Profitons en avant qu'il ne s'installe ailleurs. 

 

Dans la vidéo ci-dessous, Jowee Omicil est en concert dans le décor grandiose de l'abbaye de l'Epau (ordre cistercien, XIII° siècle), au Mans (72), à l'Europa Jazz Festival, édition 2018. Rien à ajouter.

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