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Marc Benham " Fats food "

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Benham

" Fats food "

Autour de Fats Waller

Frémeaux. 2016.

Marc Benham: piano

Après " Herbst " voici le deuxième album de Marc Benham, de nouveau seul face au piano. Le manchot est de retour sur la pochette. Un animal fétiche forcément satirique tant l'artiste n'est pas manchot, justement. Formé au classique, fan de stride, né dans les années Disco, Marc Benham fait le pont entre Tin Pan Alley et les mangas.

Il s'empare ici d'un génie cosmicomique du Jazz, le pianiste et compositeur Theodore Fats Waller.

Contrairement à Jason Moran qui, à partir du même sujet, produisit un pudding indigeste à base de sirop de synthétiseur et de nappes de voix sucrées, Marc Benham nous offre un Saint Honoré fondant et croquant, un pur délice fait maison.

Que les compositions soient de Fats Waller ou de lui même, Marc Benham fait chanter le piano, nous raconte des histoires joyeuses ou tristes mais toujours légères, d'un rythme impair sur lequel rien ne pèse ni ne pose.

Pour un hommage aussi respectueux à la tradition mais sans copie, rien de tel que les éditions Frémeaux et associés, la librairie sonore, spécialisées dans les éditions soignées, l'équivalent en France pour la musique de la collection Pléiade chez Gallimard pour la littérature.

Le titre de l'album " Fats food " comme le manchot sur la pochette révèle chez Marc Benham un sens de l'autodérision hérité d'un de ses Maitres au piano, Martial Solal.

Pour résumer les influences de Marc Benham et ce qu'il en produit, écoutez sa petite fantaisie baroque " Les barricades mystérieuses " (n°12) où François Couperin , Maître du baroque français se retrouve transporté au rythme du boogie woogie.

Après un concert et deux albums en piano solo, j'ai hâte de découvrir Marc Benham en leader de formation. A lui de jouer.

Lectrices exigeantes, lecteurs insatiables, j'ai le regret de vous annoncer que je n'ai trouvé aucun extrait audio ou vidéo de l'album " Fats food " de Marc Benham pour illustrer cet article. A vous de l'écouter et d'en faire vos grandes délices.

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Palmarès des Victoires du Jazz 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Victoires du Jazz 2016

Mardi 13 juillet 2016. 20h.

56e Festival de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins.

Lectrices victorieuses, lecteurs triomphateurs, saluez les lauréats de l'édition 2016 des Victoires du Jazz.

Artiste de l'année: Anne Pacéo, batteuse que je ne suis plus guère, à tort certainement.

Révélation de l'année: Laurent Coulondre, pianiste et organiste inconnu de mes services.

Album de l'année: " Mechanics " du saxophoniste Sylvain Rifflet déjà célébré sur ce blog.

Parmi les nominés comme Révélation de l'année, figurait aussi le guitariste Pierre Perchaud fêté sur ce blog en studio et en concert.

Pour ceux qui l'ont manquée, l'émission est visible sur France 3 et audible sur FIP.

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Pharoah Sanders en mission au New Morning

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival All Stars

New Morning

Paris. Mardi 12 juillet 2016. 21h.

Pharoah Sanders: saxophone ténor

William Henderson: piano

Oli Hayhurst: contrebasse

Gene Calderazzo: batterie

Lectrices passionnées, lecteurs éveillés, je n'ai pas assisté au concert de Pharoah Sanders au New Morning mardi 12 juillet dans le cadre du festival All Stars mais une Dame du temps présent, Dame M, y était. Voici ses souvenirs de cet intense moment d'élévation musicale et spirituelle.

" Dans le cadre du Festival All Stars, la légende vivante du saxophone ayant été appelée par John Coltrane à rejoindre son groupe, Pharoah Sanders s'est à nouveau exceptionnellement produit mardi 12 juillet 2016 au New Morning dont il est un fidèle et qu'il retrouve après son dernier concert de mai 2013.

Dans la salle on aura relevé la présence de l'ami Lonnie Liston Smith, complicité des barbichettes de ces deux sages qui ont tout vu, Smith est également programmé dans le cadre du Festival All Stars.

Pharoah Sanders un géant, un prophète, un démiurge qui rappelle au son chaleureux de sa voix The Power of God et à la puissance édifiante de son saxophone que The Creator has a Master Plan! Présence mystique, les mains au ciel, son souffle divin fait ressurgir des sons cristallins, les fidèles sont en véritable communion, incités à l'adoration de celui qui rappelle que la musique ainsi incarnée est une rédemption!

Pharoah Sanders invoque Dieu et clôt son concert de deux heures et demi par un God bless mais c'est lui le Dieu sur scène.

C'est du géant, du puissant, du saxo rayonnant. Généreux, savoureux, délicieux, Pharoah Sanders prodigue un acte d'amour fol et pur, le plaisir est immense et sûr. "

Lonnie Liston Smith sera en concert au New Morning, à Paris, le lundi 18 juillet à 20h30 dans le cadre du festival All Stars.

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" 3 minutes pour comprendre: les 50 concepts, styles et musiciens du JAZZ "

Publié le par Guillaume Lagrée

3 minutes pour comprendre

Les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz

Dave Gelly. Traduit de l'anglais par Michel Rudel Tessier

Paris. Le Courrier du Livre, Editions Guy Tredaniel, 2016, 160p.

Titre original: " 30 seconds Jazz " The Ivy Press Limited

Lectrices novices, lecteurs néophytes, je vous ai déjà conseillé " Le nouveau dictionnaire du Jazz " pour votre instruction et votre édification morale et spirituelle.

Si la lecture de cette Bible vous impressionne, commencez par un ouvrage plus accessible, bref, imagé, " 3 minutes pour comprendre: les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz " du musicien et journaliste britannique Dave Gelly.

Que ce soit par style, époque ou instrument, vous y trouverez l'essentiel pour vous retrouver dans les méandres de cette musique qui a effectué en 100 ans, grâce à la radio et au disque, le chemin de la musique classique en 500 ans.

Vous y trouverez aussi un glossaire, des portraits de musiciens, des albums essentiels dont " The Atomic Mr Basie " de Count Basie et " Kind of Blue " de Miles Davis qui illustrent cet article et figurent dans ma discothèque, bien sûr.

Cet ouvrage se lit vite et aisément. Il est fait pour ceux qui, comme moi, ne savent ni lire, ni écrire, ni jouer de la musique mais qui ont faim et soif de découvertes sonores.

C'est un bon ponton pour plonger dans l'Océan du Jazz sans perdre pied ni la rive de vue. Bon voyage.

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Natalia M King " Bluezzin t'il dawn "

Publié le par Guillaume Lagrée

Natalia M King

" Bluezzin t'il dawn "

Challenge Records . 2016.

Natalia M King: guitare, chant

Anthony Honnet: piano

Anders Ulrich: contrebasse

Davy Honnet: batterie

Ronald Baker: trompette

Xavier Sibre: saxophone, clarinette, flûte.

Lectrices bluesy, lecteurs groovy, retrouvez vous autour de la voix de Natalia M King. Née en 1969 à New York, d'une famille dominicaine (la République, pas l'ordre monastique!), elle a fait la route d'Est en Ouest, de New York City à Los Angeles et a fini par poser guitares et bagages en France.

Elle chante le Blues jusqu'à l'aube car le Blues n'a rien de désespéré. Il existe des Blues sarcastiques, érotiques, politiques. Elle chante un classique " Don't explain " (n°2) sans faire oublier Billie Holiday ou Abbey Lincoln. Elle peut implorer comme dans " Love You madly " ( n°5) ou être sensuelle dans " Baby brand new " (n°6). Elle peut être tour à tour emportée et suppliante dans ' " You came and go " (n°8) et elle finit sur une pluie bienfaisante " A little bit of rain " (n°9) pour saluer l'aurore.

Ses musiciens sont à son service et ils font le job avec précision et émotion.

Quand vous vous nommez King comme Freddie King ou BB King et que vous prétendez jouer et chanter le Blues, vous avez intérêt à assurer.

Natalia M King assure et le Blues est toujours en vie jusqu'au bout de la nuit.

Natalia M King sera en concert en France:

- le samedi 23 juillet au festival de Jazz d' Andernos les Bains (Gironde, Aquitaine)

- le mardi 23 août au festival Musique en Champagne (Marne, Champagne)

- le vendredi 14 et le samedi 15 octobre au Jazz Club Etoile du Méridien à Paris (Ile de France)

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Omer Avital " Abutbul Music "

Publié le par Guillaume Lagrée

Omer Avital

" Abutbul Music "

Un album du label Jazz Village.

Distribué par Harmonia Mundi. 2016.

Omer Avital: contrebasse, compositions, direction

Yonathan Avishai: piano

Ofri Nehemya: batterie

Asaf Yuria: saxophones ténor et soprano

Alexander Levin: saxophone ténor

Lectrices cosmopolites, lecteurs polyglottes, je vous ai déjà parlé d'Omer Avital en studio et sur scène. Né en Israël d'un père Marocain et d'une mère Yéménite, domicilié à New York City, USA, cet homme est un melting pot à lui seul.

Sa musique mélange l'Orient et l'Occident, selon le principe du métissage qui est au coeur du Jazz. Les saxophones évoquent le chophar de la liturgie juive, la contrebasse a la puissance de celle de Charles Mingus, le batteur mêle rythmes orientaux et africains et le pianiste vient apporter une couleur occidentale.

L'ensemble est chatoyant, coloré et épicé . Une musique de bazar oriental, de dîner entre amis, de fête.

Si le Proche Orient vit un jour en paix, ce sera au son de la contrebasse d'Omer Avital.

Que signifie " Abutbul "? C'est un nom de famille typique des Juifs du Maroc, notamment celui d'une famille majeure du crime organisé israélien. Rien de criminel dans cette musique à moins de penser comme Fats Waller " It's so good it must be illegal ".

Cette musique de chaleur et de partage est faite pour la scène.

A ce propos, Omer Avital sera en concert à Paris au Sunside le jeudi 21 juillet 2016 à 19h30 et 21h30 et au Petit Journal Montparnasse le vendredi 22 juillet à 21h30.

La photographie d'Omer Avital est l'oeuvre du Bouillonnant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Omer Avital par Juan Carlos HERNANDEZ

Omer Avital par Juan Carlos HERNANDEZ

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" Une poule sur un piano " première projection à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Une poule sur un piano

Cinéma Le Balzac
Paris. Samedi 25 juin 2016. 11h.

Lectrices duchesses, lecteurs ducaux, je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises du documentaire de Laurent Lukic " Une poule sur un piano " consacré au séjour de Duke Ellington au château de Goutelas (Forez, France) en février 1966.

Séjour qui inspira à Duke Ellington la " Goutelas Suite " (1971) et un chapitre de ses Mémoires " Music is my mistress " (1973).

Que raconte ce film? Je l'ai appris en assistant à la première projection parisienne au cinéma Le Balzac le samedi 25 juin à 11h en compagnie de Ziad Kreidy le seul pianofortiste référencé sur ce blog.

Il s'agit d'une aventure humaine. Comment des hommes tombés amoureux d'un lieu, le château de Goutelas, l'ont ressuscité en y impliquant d'autres hommes, ceux qui croyaient en Dieu et ceux qui n'y croyaient pas, des paysans catholiques du Forez et des ouvriers communistes espagnols avec des intellectuels parisiens et lyonnais, au coeur à gauche sans avoir le portefeuille à droite.

Parmi ces hommes se distingue la figure de Paul Bouchet (1924), résistant, avocat, conseiller d'Etat, président d'ATD Quart Monde et de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, bref une pointure. Le citoyen Bouchet achète le château de Goutelas avec quelques amis à un paysan de Marcoux, Marcel Durand, propriétaire du château, qui ne sait qu'en faire mais ne veut pas rester dans l'Histoire comme celui qui a laissé ce château mourir. Il ne veut pas le laisser mourir mais il ne veut pas non plus que le château devienne une propriété fermée interdite d'accès aux gens du village.

Paul Bouchet convainc le propriétaire, le maire et le curé et tout le monde se met à travailler. Tout le monde, c'est vraiment tout le monde. Les propriétaires et leurs amis intellectuels citadins, les paysans et les ouvriers du village tous viennent bénévolement déblayer, étayer, installer l'eau courante et l'électricité. 150 000h de travail bénévole en 10 ans.

Dès 1962, le château devient officiellement un centre culturel où sont organisés des spectacles et des expositions.

Et Duke Ellington dans tout cela, me direz vous lectrices duchesses, lecteurs ducaux?

En 1965, alors que Duke Ellington est en concert à Lyon et voit son ami Bernard Cathelin, peintre et graveur, Cathelin présente Paul Bouchet à Duke Ellington. L'avocat plaide sa cause et Duke est conquis. Il veut venir à Goutelas prendre sa part à l'oeuvre commune.

Début 1966, il appelle de Madrid pour dire qu'il se rend à Genève et que de là, il est prêt à se rendre à Goutelas. Branle bas de combat au château. Une salle de spectacle est créée pour l'occasion dans le château, un grand piano à queue Steinway est amené exprès de Lyon et une voiture vient chercher le Duke à l'aéroport de Genève Cointrin et le ramène à Goutelas dans la nuit et la neige.

Pour l'accueillir, une haie d'honneur avec des torches enflammées (Mme Bouchet a même craint que Duke se sente accueilli par le Klux Klux Klan!) et un orchestre de Jazz amateur local, les Flagada Stompers, qui joua, pétrifié par le froid et le trac, un thème de Duke Ellington, " Mood Indigo ".

Duke Ellington salua le public composé des ouvriers, paysans et intellos qui avaient reconstruit le château d'un vibrant " Je vous salue, mes frères " .

Il joua une composition créée pour l'occasion " Symphonie pour un monde meilleur " et quelques uns de ses standards. L'enregistrement de ce concert est en vente au château de Goutelas et pas ailleurs. Un bijou.

Duke séjourna trois jours sur place dégustant fourme de Montbrison et vins des côtes du Forez, se réchauffant même au brûlot, le ty punch des Foréziens.

Son séjour galvanisa les troupes. D'autres châteaux furent reconstruits, le tourisme rural naquit en Forez, des activités culturelles furent lancées.

50 ans plus tard, le château de Goutelas est toujours un centre culturel bien vivant, il est toujours en forme de H comme Humanisme, à la fois Renaissance et renaissant.

Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté (Evangile selon Saint Luc). Duke Ellington, grand lecteur de la Bible, avait trouvé ce message mis en action au château de Goutelas. Il l'est toujours, pour tous les hommes de bonne volonté, qu'ils croient en Dieu et/ou en l'Homme.

Le mot de la fin revient à un paysan du Forez qui passa des heures à rebâtir le château de Goutelas: " Il y a des gens qui souffrent de réunionnite. Ils se réunissent pour décider le jour et l'heure de la prochaine réunion. Nous, on travaillait d'abord, on se réunissait ensuite ".

La photographie de Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas est la propriété de Paris Match. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son propriétaire constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civils et pénales.

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas

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Rick Margitza Trio en lévitation au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Rick Margitza Trio

Paris. Le Sunside.

Vendredi 24 juin 2016. 21h.

Rick Margitza: saxophone ténor

François Moutin: contrebasse

Clarence Penn: batterie

Ca attaque tout de suite avec le batteur aux baguettes. Gros son du sax ténor. Impossible de ne pas penser aux pianoless trios de Sonny Rollins, un des Maîtres de Rick Margitza, mais ça tient la comparaison. Assise impeccable de la rythmique, volutes subtiles du ténor. Personne ne présente les musiciens ce soir. Avec des musiciens de ce calibre, les spectateurs ne sont pas là par hasard. C'est loin d'être plein d'ailleurs. Les absents ont vraiment tort. Sans piano pour remplir l'espace, la contrebasse doit prendre beaucoup plus de place. Avec François Moutin, elle est bien tenue. Ca joue avec densité. C'était " Speak low ".

Une composition dont le titre m'échappe. Ca roule sous les baguettes. La contrebasse impulse et le saxophone gémit. Une sorte de déambulation nocturne. Pas besoin de monter le volume sonore pour obtenir puissance et silence.

Une ballade avec le batteur aux balais. Tout en finesse. Quelle jolie valse. Bonne ondulation. C'est de la mécanique céleste. Le jeu se muscle comme disait Aimé Jacquet. Premier vrai solo de batterie. Ca roule et claque. " Le batteur est un barman de sons " (Jean Cocteau). Un final crescendo.

Rick Margitza annonce les morceaux sans micro. Nous n'entendons rien et devons deviner les titres. Pas grave, la musique parle d'elle même. Silence total dans la salle. La rumeur de la terrasse nous parvient. C'est la vie de club. Solo de ténor en intro. Quelle entrée magistrale! Contrebasse puis batteur aux maillets le rejoignent. Sottilissimo. Des saxophonistes ténor, il en sort par fournées des conservatoires mais il n'existe qu'un seul Rick Margitza.

PAUSE

Le batteur tapote ses tambours. Pulsation continue de la contrebasse. Jeu en douceur du ténor. D"un coup ça monte en puissance. Beau thème. Douce plainte. Ce sont trois leaders qui échangent en permanence.

Le batteur enchaîne sur un thème fétiche de Rick Margitza, descendant de Tziganes magyars, " For the gypsies ". Contrebassiste et batteur installent une belle pulsation de ce thème que j'aime beaucoup. Une splendide chevauchée dans la puszta. Comme Stan Getz, Rick Margitza joue du violon au saxophone ténor.

" Cry me a river " ( " Pleurer des rivières " en version française). Une torch song comme disent les Américains (une chanson d'amour brûlé dont " Ne me quitte pas " de Jacques Brel serait l'archétype pour les francophones). Batteur aux balais, contrebasse tranquille, sax ténor qui ronronne. Ca marche. Une femme se love sur l'épaule de son homme. Dans la chanson, ça se passe beaucoup moins bien (" You can cry me a river, cry me a river. I cried a river over You "). Quel massage tympanique! Un solo inspiré du ténor.

" E. Jones ", une composition de Rick Margitza dédiée au batteur Elvin Jones. Jeun énergique et brillant du batteur. Obligé pour Elvin Jones. Pour écouter Elvin Jones en trio sans piano, écoutez l'album " East Broadway run down " de Sonny Rollins (1966). Un chef d'oeuvre. Ce soir, le trio envoie du bois, saperlipopette! Joli dialogue bassiste-batteur aux baguettes. Retour au thème avec le sax.

Comme Rick Margitza ne parlait pas dans le micro, je n'ai pas compris si la partie se jouait en 2 ou 3 sets. Mon ami Monsieur L et moi étant rassasiés de beauté à la fin du deuxième set, nous sommes partis heureux de ce concert d'un trio créé pour l'occasion. Il fallait la saisir cette occasion ce que nous fîmes ce soir là au Sunside.

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Ronnie Lynn Patterson Quartet fête la Musique

Publié le par Guillaume Lagrée

Ronnie Lynn Patterson Quartet

Fête de la Musique

Mona Bismarck American Center.

Paris. Mardi 21 juin 2016. 19h.

Ronnie Lynn Patterson: piano

Joe Sanders: contrebasse

John Betsch: batterie

Kevin Davy: trompette, bugle

Le jeu est plus classique que je ne le supposais mais le quartet envoie de bonnes vagues de musique. Enfin classique dans le genre du dernier quartet acoustique de Miles Davis en 1967. Libre et structuré. Concert sur une terrasse couverte. Les spectateurs les mieux avisés sont en face d'eux sur la terrasse. Des prudents comme le jars se trouvent dans le salon aux fenêtres grandes ouvertes. Des braves écoutent depuis le jardin se couvrant d'une pluie fine. En effet, pour respecter une tradition parisienne remontant à 1982, il pleut pour la Fête de la Musique. Le Jazz étant l'apport majeur des Etats Unis d'Amérique à la culture mondiale, il est normal que le Mona Bismarck American Center lui fasse place ce soir. En tout, 200 personnes d'après les organisateurs. Je ne dispose pas du décompte de la police pour cette manifestation légalement autorisée.

Un air dansant, un poco latino joué par la rythmique alors que le trompettiste joue de subtiles variations avec sa sourdine Harmon sans copier Miles Davis. Excellente vibration. Je bats la mesure du pied. Le quartet donne de la couleur à cette soirée grise de pluie. Le batteur tapote aux baguettes, le contrebassiste pose le tempo, le pianiste brode élégamment. Tout va bien. Le public est réservé ou trop habitué aux concerts classiques. Il n'applaudit qu'à la fin des morceaux. Bons breaks de batterie portés par le piano et la contrebasse. Le trompettiste a enlevé la sourdine et joue brillant avec brio. Quel feeling, nom de Zeus!

Un standard du Be Bop dont le titre m'échappe. Qu'est ce que ça swingue! Ca fait du bien d'entendre du bon Jazz. Premier solo de contrebasse bien chantant dans les graves ponctué par le batteur aux balais. Je ne le vois pas mais j'entends le contrebassiste chanter avec sa contrebasse. La rythmique enchaîne, toujours claire. Ancrée dans le Blues mais sans que cela pèse. Solo de batterie aux baguettes. Ca danse sec. Le batteur baisse le son pour dialoguer avec la contrebasse puis le quartet reprend pour un final groupé.

Le quartet a donc joué " Solar " (Miles Davis), " Star Eyes " et " Straight no chaser " (Thelonious Monk).

Le pianiste se lance seul dans un style marqué par Claude Debussy. Cela devient plus rythmique avec l'arrivée du groupe. Même quand ils jouent une ballade, ils swinguent. Des vrais Jazzmen! Ca m'évoque la Mer par temps calme, légèrement agitée par une douce brise, quelques nuages pour ponctuer le décor. Dehors, il ne pleut plus. Magie de la musique. Ca respire, ondule. Quelles grandes délices!

Solo de piano heurté avec subtilité. La trompette le rejoint. Ca c'est un thème joué par Miles Davis. Ca touche en plein coeur. Batteur aux balais et la rythmique enchaîne. Ajout de la sourdine Harmon à la trompette alors que la rythmique suit souplement. Stella by starlight bien sûr! Cela évoque Miles Davis et Chet Baker mais sans copie. Crescendo final.

PAUSE

J'en profite pour savourer un hamburger et un soda. C'est l'Amérique.

Le quartet repart avec What is this thing called love? joué joyeusement et énergiquement. Breaks de batterie secs et précis aux baguettes sur les tambours. Ca swingue dur, nom de Zeus!

Un morceau de Thelonious Sphere Monk mais rapide. Heurté, sautillant comme il se doit. Le cens culturel fonctionne. Le concert est gratuit, en accès libre sans réservation mais il s'agit d'un concert de Jazz dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement de Paris. Le public est gentryfié comme disent les époux Pinçon-Charlot, sociologues de la grande bourgeoisie. Beau dialogue contrebasse-batterie. Quelle pulsation, sapristi!

Solo de piano pour introduire une ballade. Le batteur est aux balais. Ca masse le cerveau. Le titre m'échappe mais c'est bien joué. Beau solo de contrebasse, profond, au centre de la rythmique. Joe Sanders chantonne. C'est charmant. Le pianiste reprend la main avec grâce. Nouveau solo de contrebasse. Deux belles femmes se lèvent pour admirer le contrebassiste à l'oeuvre. Le trompettiste n'a pas joué ce morceau.

Il se remet à l'oeuvre justement. Un standard du Be Bop. Ca swingue toujours. Il ne reste plus q'une grande et belle femme debout qui bat la mesure du pied au rythme du solo de Joe Sanders qui chantonne de nouveau. Subtile ponctuation du bassiste et du batteur aux balais. Heureusement que c'est une belle femme car elle me bouche le peu de vue que j'avais sur les musiciens. Seule la trompette dépasse de son épaule. Je ne le vois pas mais il me semble entendre un deuxième trompettiste. Fin surprise. Pas de bis.

La musique fut bien fêtée ce mardi 21 juin 2016 au Mona Bismarck American Center à Paris par le quartet de Ronnie Lynn Patterson. Merci pour les souvenirs.

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Tenue de soirée pour Billie Holiday

Publié le par Guillaume Lagrée

Tenue de soirée pour Billie Holiday

Festival " Jazz et Images "

Cinéma Le Balzac. Paris.

Vendredi 17 juin 2016. 20h30.

Après Daniel Humair, Stan Getz, Duke Ellington et Aldo Romano, le premier festival " Jazz et images " au cinéma Le Balzac se clôt par un hommage à Lady Day, alias Billie Holiday.

La programmation cinématogaphique et le concert qui le précédait étaient assurés par le saxophoniste Vincent Le Quang.

Pour la première fois en 5 soirées, je me suis ennuyé.

Le leader avait décidé de rendre hommage à Billie Holiday sans chanteuse car Lady Day est inimitable. Le point de vue est défendable.

Le groupe était constitué d'un trio Jazz

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano, compositions

Bruno Ruder: piano

Guido Zorn: contrebasse

et du Quatuor Eleanora

Elsa Moatti: violon

Thomas Lefort: violon

Hélène Hadjiyiassemis: violon alto

Eric Tinkerhess: violoncelle

Il est vrai que Billie Holiday a enregistré avec des cordes mais ça sonne sirupeux (album " Lady in Satin " pour les amateurs de sucreries)

Comme disait un Jazzman de son époque;

" Quand Ella Fitzgerald chante " My man's gone now " vous vous dites que le gars est parti acheter des cigarettes mais quand Billie Holiday le chante, vous voyez le gars dans la rue avec ses valises et vous savez qu'il ne reviendra jamais. "

C'est le genre d'émotion que procure l'écoute de Billie Holiday. Avec ce projet à cordes, nous n'avons eu qu'une musique polie, blanchie et affadie. Le président Jacques Chirac avait une expression pour qualifier ce genre de spectacle. Je m'abstiendrai de l'écrire ici.

Le film " Lady Billie Holiday " date de 1960 et est l'oeuvre de Frédéric Rossif et François Chalais.

Le film, en noir et blanc, raconte la vie de Billie Holiday (1915-1959), nous la fait voir et entendre et se termine par une séance très émouvante.

A Paris, dans un club de Jazz, des musiciens et une chanteuse sont réunis pour nous raconter et nous jouer leurs souvenirs de Billie Holiday.

A chaque mot, à chaque solo, Billie est là. Parmi ces musiciens Kenny Clarke, l'inventeur de la batterie be bop, qui joue intelligemment avec un sourire idiot, ce qui est bien préférable à l'inverse pour l'auditeur.

L'influence de Billie Holiday perdure. Il suffit d'écouter Amy Winehouse et Lady Gaga pour s'en convaincre.

La 2e édition du festival Jazz et Images devrait avoir lieu au cinéma Le Balzac à Paris de février à juin 2017.

Si les Dieux et les Muses me le permettent, j'y serai.

La vidéo ci-dessous est mal intitulée. Il s'agit bien entendu de " Fine and Mellow " dans une séance de 1957 pour CBS où Lady Day est entourée de la fine fleur du saxophone dont son ami Prez alias Lester Young au saxophone ténor.

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