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Bon anniversaire Sonny Rollins!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Sonny Rollins

 

 Theodore Walter Rollins dit Sonny dit Newk dit Saxophone Colossus dit The Buffalo dit The Boss of the tenor a eu 81 ans ce mercredi 7 septembre 2011. Il est photographié ici par l'Admirable  Juan Carlos HERNANDEZ.

Je ne vous résumerai pas sa carrière, vaillantes lectrices, solides lecteurs. Il y a des thèses, des livres sur cet homme.

Pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de voir sur scène le plus grand improvisateur de l'histoire du Jazz ( à Paris, à la Mutualité, le 4 novembre 1965, Gilbert Rovère à la contrebasse, Art Taylor à la batterie arrêtèrent de l'accompagner pendant un quart d'heure parce qu'ils ne pouvaient plus le suivre), vous pourrez, si vous êtes à Paris le lundi 14 novembre 2011, que vous avez mis de l'argent de côté pour les grandes occasions, l'écouter à l'Olympia.

Evidemment, ce ne sera pas aussi fou, aussi puissant que par cette soirée de 1963 où, dans l'ancien Olympia, avant et après le concert de Charles Aznavour, Sonny Rollins accompagné de Don Cherry (trompette), Henry Grimes (contrebasse), Billy Higgins (batterie) sculptait la musique comme un Brancusi du Jazz. Avant que le volcan ne s'éteigne, il faut aller le voir cracher ses flammes.

Pour vous échauffer, voici Sonny Rollins en concert à Paris, à la Mutualité, le 4 novembre 1965 avec Gilbert Rovère (contrebasse) et Art Taylor (batterie). Les amateurs reconnaîtront Oleo, une composition de Sonny Rollins. En deuxième partie de soirée, il y avait Ornette Coleman (saxophone alto, trompette, violon) en trio avec David Isenzon (contrebasse) et Charles Moffett (batterie). C'était le Paris Jazz Festival (affiche de Siné). Toute une époque!

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Michel Petrucciani, un film de Michael Radford

Publié le par Guillaume Lagrée

" Michel Petrucciani "

un film de Michael Radford.

Happiness Distribution.

En salles en France depuis le mercredi 17 août 2011.

DVD en vente dans le commerce.

Manhattan

La photographie de Manhattan est l'oeuvre de l'Atlantique Juan Carlos HERNANDEZ.

Je me souviens avoir entendu Michel Petrucciani en concert seul face à son piano à Rennes en 1994. C'était beau, drôle, émouvant, impressionnant mais pas novateur musicalement. Je me souviens d'une plaisanterie cruelle et inutile de Patrick Timsit: " Myopathe, myopathe. Oui, mais Petrucciani ! ".

Je ne change pas d'avis sur la musique de Michel Petrucciani après avoir vu ce film mais l'homme m'impressionne bien plus encore que le musicien. Naître avec une oestogénèse imparfaite (maladie dite des " os de verre ") à Orange, dans le Vaucluse, en France, dans une famille de musiciens, mesurer 99cm de haut, apprendre le piano en famille et partir conquérir l'Amérique à 17 ans sans parler anglais, quelle audace! Il a réussi, mettant à sa hauteur grands musiciens et belles femmes. Michel Petrucciani savait qu'il avait peu de temps à vivre et n'espérait pas jouer du piano dans une autre vie. Dans celle ci, de 1962 à 1999 (un titre de  Prince qu'il aimait tant: " Je suis un fan invertébré de Prince " aimait il dire), il a tout fait: l'amour, la musique, un enfant, mangé, bu, testé diverses substances illicites et nuisibles pour sa santé.

Plus qu'une leçon de musique, ce film est une leçon de vie. La prochaine fois que j'aurai envie de me plaindre des difficultés de l'existence, je me souviendrai de Michel Petrucciani qui lui ne se plaignait jamais. Il avançait comme une locomotive, un TGV, en avant toute.

Le film présente un défaut majeur. Vous ne savez pas qui parle. Il est assez aisé de faire la différence entre ses femmes, ses musiciens, son fils mais l'ajout du nom, du prénom en sous titre eut aidé à la compréhension du spectateur. Pour les témoignages, rien que pour le saxophone, il y a Charles Lloyd qui fut son mentor et à qui Petrucciani redonna l'envie de jouer (grâces lui en soient rendues), Joe Lovano,  Lee Konitz. Pas des manchots.

Au final, un film à voir. Quelques propos ne sont pas destinés aux enfants de moins de 12 ans. Cette leçon de vie est profitable à tout âge.

 

 

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Jazzoduc New York-Paris: Jeremy Udden's Plainville " If the past seems so bright "

Publié le par Guillaume Lagrée

Jeremy Udden's Plainville

" If the past seems so bright "

Sunnyside Records. 2011.

 

Jérôme Sabbagh

 

Ravissantes lectrices, charmants lecteurs, grâce à mon généreux correspondant à New York, le saxophoniste français  Jérôme Sabbagh photographié ici par mon honorable associé Juan Carlos HERNANDEZ, ce blog comprend désormais une nouvelle rubrique " Jazzoduc New York-Paris ". L'idée est de vous faire découvrir des musiciens dont on parle à New York mais pas encore à Paris. Cela commence avec Jeremy Udden, saxophoniste alto, soprano, clarinettiste américain qui n'est pas encore passé de ce côté-ci de l'Océan Atlantique, à ma connaissance.

Son nouvel album  " If the past seems so bright " est une petite merveille, mélangeant avec grandes délices Jazz, Rock, Folk, Blues. Je commence à peine à le découvrir. Je vous le conseille vivement lectrices curieuses, lecteurs affamés de nouveauté. Ca vous changera des scieurs de long et des enfileurs de perles qui encombrent les rayons Jazz chez les marchands de disques, en ligne ou en ville. Ce n'est pas tous les jours qu'on entend du banjo dans un contexte autre que le Dixieland. Ne vous fiez pas au titre. Cet album sonne neuf. Le présent et le futur lui appartiennent.

Vivement que ce groupe vienne tout fracasser sur son passage en France, de Brest à Strasbourg, de Dunkerque à Nice en passant par Paris.

Avant ces réjouissances, voyons ci-dessous ce que ce groupe donne sur scène, chez lui, aux Etats Unis d'Amérique.

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Julio Cortazar " Marelle "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Tour Eiffel

 

La photographie de la Tour Eiffel est l'oeuvre de l'Européen  Juan Carlos HERNANDEZ.

Julio Cortazar " Marelle " (" Rayuela "). Collection L'Imaginaire. Gallimard. Paris. 1979. 600p.

Traduit de l'espagnol par Laure Guille-Bataillon (partie roman) et Françoise Rosset (partie essai).

Cette chronique est dédiée à Mademoiselle L. qui m'offrit ce livre avec " L'autobiographie du Jazz " par Jacques Réda.

Je ne peux raconter un livre qui est voué au plaisir de raconter, de déparler comme on dit chez moi. En fait, comme chez Céline, à qui ce livre fait souvent allusion, il ne se passe rien dans Marelle de Julio Cortazar. Tout, même la mort d'un bébé, devient un jeu sans importance. Tout glisse sur les personnages. Stratégie de survie sans doute.

Le livre se divise entre deux villes, deux vies, Paris et Buenos Aires, celle où on vit, celle que l'on fuit, l'une devenant l'autre. Voilà un roman sans action mais pas sans improvisation ni préparation, captivant comme un morceau de Jazz dont le rythme de la phrase est imprégné, même en traduction française.

Il existe deux façons de lire ce livre. Le roman se lit d'une traite. Puis vient l'essai qu'il faut lire en chassé croisé avec le roman, l'un venant s'imbriquer dans l'autre, sautant d'un chapitre de l'un à un chapitre de l'autre comme une marelle, justement. J'avoue que, contrairement à Mademoiselle L. , je ne suis pas joueur. J'ai lu le roman d'une traite, sans rien y comprendre. " Vous n'avez pas à comprendre ma musique, vous avez à la ressentir " Ornette Coleman. C'est ainsi qu'il faut lire Marelle. Ne pas chercher à comprendre, juste se laisser aller au gré des flots, au fil des mots. Je ne suis pas joueur dis-je. C'est pourquoi j'ai vite laissé tomber le jeu d'allers et venues entre l'essai et le roman. L'auteur lui même me l'a pardonné d'avance puisqu'il nomme cette partie " chapitres dont on peut se passer ". Rien ne vous empêche d'essayer. A vous de jouer, lectrices curieuses, lecteurs aventureux.

Au fait, " Four o'clock drag " des Kansas City Six avec Lester Young au saxophone ténor se trouve cité dans le livre. Où? A vous de le trouver. Après tout, c'est une Marelle.

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Quelques concerts de Jazz à Paris en septembre 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Dans l'île de Ré
Ma belle adorée
Je t'emmènerai
Bientôt
Au mois le plus tendre
Le mois de septembre
Où l'on peut s'étendre
Bien seuls

Claude Nougaro " L'île de Ré "

Dave Liebman

 

La photographie de Dave Liebman est l'oeuvre du Surprenant Juan Carlos HERNANDEZ.

Aimables lectrices, charmants lecteurs, si en septembre vous n'êtes pas dans l'île de Ré mais à Paris, voici les concerts de Jazz que je vous recommande avec l'aplomb d'un gourou.

Au Duc des Lombards:

- Mercredi 14, jeudi 15, vendredi 16, samedi 17 à 20H et 22h: le New Quartet du guitariste Bireli Lagrene. Doit-on encore présenter un musicien né en 1966 qui mettait Montreux et Carnegie Hall à ses pieds à 12 ans et jouait dans le trio de Jaco Pastorius à 20?

- Lundi 19 à 20H et 22h: Fred Pallem invite Wild Mimi et Journal Intime. Ca sera bizarre. Vous voilà prévenus.

- Jeudi 22, vendredi 23 septembre à 20h et 22h, le trio du contrebassiste Jean-Philippe Viret qui est absolument indispensable tant il dispense de beauté et de rêverie.

- Lundi 26 à 20h et 22h: le trio du jeune guitariste manouche Brady Winterstein.

- Jeudi 29, vendredi 30 à 20h et 22h: les Voluntereed Slaves du saxophoniste ténor Olivier Temime.

Au Studio de l'Ermitage:

- Mercredi 21 à 20h30, le quintette de la batteuse Anne Pacéo.

- Mercredi 28 à 20h30, le quintette de la pianiste Leila Olivesi rend hommage aux reines d'Afrique. Un beau voyage en perspective.

Au Triton, aux Lilas (métro Mairie des Lilas, ligne 11):

- Vendredi 23 à 20h30, un trio inédit: Joëlle Léandre (contrebasse),  Elise Caron (chant), Edward Perraut (batterie). A découvrir sur pièces et sur place.

- Jeudi 29 à 20h30: Guillaume Perret & the Electric Epic invite Sir Alice. Attention, ça va chauffer sérieusement!

- Vendredi 30 à 20h30: Hasse Poulsen Progressive's Patriots. Le concert idéal pour démarrer la campagne électorale.

Au New Morning:

- Mardi 20 à 20h30: le trio du bassiste Reggie Washington avec Jeff Lee Johnson (guitare électrique). Funky mais pas seulement.

- Lundi 26 à 20h30: The John Scolfied R&B Quintet. Présente t-on encore un ancien guitariste de  Miles Davis (1982-1986)?

Au Sunset/Sunside:

- Vendredi 2 à 21h: le trio du contrebassiste  Stéphane Kerecki invite Tony Malaby (saxophone ténor). Sunset.

- Samedi 3 à 21h: Chuck Israels (contrebasse), Kirk Lightsey (piano), Karl Jannuska (batterie) rendent hommage au pianiste Bill Evans dont Chuck Israels fut l'accompagnateur. De grandes délices en perspectives. Sunside.

- Lundi 5, mardi 6, mercredi 7 à 21h: les trophées du Sunside vous permettront de découvrir gratuitement les jeunes pousses du Jazz qui deviendront de grands arbres, espérons le.

- Samedi 10 à 20h: Florin Niculescu Quartet invite le guitariste Christian Escoudé. Florin Niculescu, ce n'est pas le genre de violoniste roumain que vous entendrez dans le métro parisien. Sunside.

- Mardi 13 à 21h: Nicolas Dru Trio joue  Martial Solal. Enfin, des jeunes musiciens prennent au sérieux l'oeuvre du Maître le plus exigeant du piano Jazz. Sunside.

- Jeudi 22 à 21h: Vein Trio+ Dave Liebman. A partir du moment où des musiciens jouent avec Dave Liebman, c'est qu'ils ont quelque chose à dire. Sunside.

- Vendredi 23 à 21h: le trio du pianiste français Benjamin Moussay, habituel compagnon de route de Claudia Solal. Sunside.

- Dimanche 25 à 21h: le trio du pianiste Paul Lay. Sunside

- Mardi 27, jeudi 28 à 21h: Tony Malaby (saxophone ténor), William Parker (contrebasse), Nasheet Waits (batterie). Là, croyez moi, ça va vous  décoller la pulpe du fond. Sunside.

Par ailleurs, tout en restant à Paris et aux environs, il est possible d'aller musarder au festival Jazz à la Villette du 31 août au 11 septembre.

Enfin, pour vous aérer et finir l'été en beauté, rien de tel qu'un week end à la campagne, en Bretagne, au festival Jazz aux Ecluses à Hédé Bazouges, du vendredi 16 au dimanche 19 septembre 2011.

 


 

 





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Le nouveau trio de Paul Motian avec Jérôme Sabbagh et Ben Monder au Village Vanguard du 30 août au 4 septembre

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Jérôme Sabbagh

 

 

 

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, sachez qu'après avoir joué avec Daniel Humair au Sunside à Paris, le saxophoniste français Jérôme Sabbagh et le guitariste électrique  Ben Monder joueront au sein du New Trio d'une autre légende de la batterie, Paul Motian, du mardi 30 août au dimanche 4 septembre 2011 au Village Vanguard, à New York City, USA. Concerts à 21h et 23h (heure de New York bien sûr).

 

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre du Séduisant Juan Carlos HERNANDEZ.

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Festival Jazz à la Villette du 31 août au 11 septembre à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Sublimes lectrices, Magnifiques lecteurs, avant de courir en Bretagne au Festival Jazz aux Ecluses à Hédé-Bazouges du 16 au 18 septembre 2011, rendez vous à Paris, porte de Pantin, pour le festival Jazz à la Villette du mercredi 31 août au dimanche 11 septembre.

Aldo Romano

La photographie d'Aldo Romano est l'oeuvre du Fougueux  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Parmi la multitude d'événements sonores et visuels proposés, je vous recommande avec l'aplomb d'un agent immobilier le voyage en Orient du mercredi 31 août 2011 à 20h: une chanteuse berbère Hindi Zhara, un pianiste arménen Tigran Hamasyan et un trompettiste libanais Ibrahim Maalouf.

 

Je vous recommande aussi le voyage à Minneapolis, Minnesota, USA, que nous proposera le samedi 3 septembre à 20h Meshell Nedgeocello, bassiste, chanteuse  qui s'emparera du répertoire de son ancien employeur, Prince. On ne sait jamais. Des fois que Prince fasse une apparition surprise.

 

Je vous recommande enfin le voyage au pays merveilleux de Caroline le vendredi 9 septembre à 20h30 à la Dynamo de Balieues Bleues.

 

A vous de choisir selon votre bon plaisir. 20 ans après le dernier concert de Miles Davis à Paris, Jazz à la Villette est bel et bien vivant.

 

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Ari Hoenig&Chris Potter en duo au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Le Sunside.

Lundi 22 août 2011. 21h.

 

ari hoenig et chris potter

 

La photographie de Chris Potter et Ari Hoenig est l'oeuvre du Pacifique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Chris Potter : saxophone ténor, flûte traversière, piano

Ari Hoenig : batterie

 

Pour commencer, un standard du bebop. Du Monk. Ari Hoenig est un bon batteur. Il fait des grimaces magnifiques. Il joue avec les poignets curieusement raides. Gros son de sax ténor dans la lignée de Sonny Rollins. Pas de pulsation de la contrebasse, pas de ponctuation du piano. C’est du brut de décoffrage. Et pourtant très savant. Je suis assis au premier rang avec,à ma droite, l’homme qui était assis à ma gauche lors du concert du quartet de Laurent Coq avec Jérôme Sabbagh dans le même club. Etonnant, non ? C’était « Monk’s Dream » de Thelonious Sphere Monk, évidemment.

 

Ari Hoenig commence avec les mains sur les tambours. Ca roule bien mais ça ne sonne pas africain. Heureusement car ce serait de la copie. Il revient aux baguettes. Ca vibre dans les tambours et dans les ventres. Chris Potter à la flûte traversière. Délicat, charmant alors que la batterie pousse derrière, délicate, puissante mais sans trop monter le son. Chris repart au ténor. Ca déroule bien. Ca monte en puissance, part en volutes de fusée. C’est impressionnant certes mais ce n’est pas émouvant. Ce gars là sait clairement tout faire avec un sax ténor mais l’abondance de biens peut nuire si elle noie le discours. Décidément, je préfère Rick Margitza qui, lui, me parle. « La plupart des saxophonistes bavardent. Sidney Bechet, lui, vous parle » (Jean Cocteau). C’était « Togo », un air traditionnel ouest africain d’après Ari Hoenig.

 

Une ballade. Ari Hoenig a pris les balais en mains. « Ask me now » (TS Monk). Superbe ballade bien lancée. Non seulement Ari Hoenig grimace très bien mais il tire aussi très bien la langue. Le saxophoniste débite ses phrases comme un rhéteur. J’entends le public conquis. Une dame derrière moi en grogne de joie. Retour des baguettes. Ca devient rock’n roll. Après tout Monk déclarait aimer toutes les musiques mais il ne jouait que la sienne. Retour au thème, à la ballade, aux balais pour le final.

 

Encore un thème de Monk. C’est l’homme de la soirée. Les tambours vibrent très fort. Là, ils sont partis très loin de Monk. Très loin de moi aussi d’ailleurs. Et ça dure, ça dure. Dur, dur… C’est démonstratif au possible, nombriliste, pénible. Tout l’opposé de Monk en fait. C’était « Evidence », la preuve qu’ils ne jouent pas du Monk.

 

Chris Potter s’assoit au piano pour jouer un morceau de sa composition « Okinawa », île au Sud du Japon où se trouve toujours la principale base de l’US Navy pour la zone Asie-Pacifique. C’est une ballade. Chris Potter distille les notes. C’est assez touchant car il n’est pas pianiste. Le batteur s’ajoute aux maillets, créant une belle vague. Potter joue du piano d’une main, du sax ténor de l’autre. Belle prouesse. Le batteur tapote le tambour de ses mains. C’est joli, charmant. Chris Potter se remet au sax ténor. La démonstration technique reprend. Approchez, Mesdames et Messieurs ! Y en aura pour tout le monde ! « Un virtuose ne sert pas la musique, il s’en sert » (Jean Cocteau). Nouvel exemple ce soir. Joli solo de batterie aux maillets, le sax fait des percussions avec son anche sur les clefs. Ca c’est original. Ensuite le démonstrateur en saxophone reprend son boniment. Ca peut le mener loin. Bernard Tapie a bien commencé comme démonstrateur d’aspirateurs. Le batteur se met lui aussi à faire beaucoup de bruit. Pour rien.

 

PAUSE

 

C’est mon deuxième concert de Chris Potter dix ans après le premier. Je ne change pas d’avis. Pour moi, c’est sans intérêt. C’est bon pour ceux qui aiment comme disait ma grand-mère. Mon voisin de droite, batteur amateur, a aimé, lui. Je lui laisse donc le droit de réponse.

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Laurent Coq Quartet avec Jérôme Sabbagh au festival Pianissimo du Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Le Sunside. Jeudi 11 août 2011. 21h.

 

Festival Pianissimo.

Laurent Coq quartet avec Jérôme Sabbagh

 

La photographie de Laurent Coq est l'oeuvre du Magnifique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Laurent Coq 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Coq : piano, compositions.

Joe Martin : contrebasse

Donald Kontomanou : batterie

Jérôme Sabbagh : saxophone ténor, compositions.

 

Ca attaque vif et viril. Le quartet est en vitesse de croisière dès les premières notes. Ca swingue. La musique ondoie en souplesse. La chaleur de la musique équilibre la fraîcheur de la climatisation. La salle est pleine. Chapeau pour un jeudi 11 août à Paris. Et cela va ainsi, souplement, élégamment jusqu’à la fin.

 

Intro au piano solo. Plutôt grave. Le tempo est lâché, retenu, en vagues brisées. Puis ça part doucement en ballade. Le batteur fait le ménage aux balais. Le petit chant du saxophone ténor vient se glisser de ci, de là, par intermittences. Au saxophoniste de surfer sur la vague de la rythmique. Ca vous masse le cuir chevelu. C’est délicieux.

 

C’était « Drive » une première mondiale sur scène de Jérôme Sabbagh puis « KK » hommage au pianiste Kenny Kirkland par Laurent Coq.

 

« Sweet sounds of summer » (Laurent Coq). Un morceau adapté à la saison quoique vu la météo… C’est joyeux, sautillant mais pas naïf. Donald fait rouler les baguettes. Joe pose bien le tempo. Piano et saxo dialoguent comme de vieux amis, qu’ils sont d’ailleurs. Beau solo de contrebasse bien au centre de la rythmique. Ca swingue grave, lentement mais sûrement. Le sax repart. C’est funky et classieux jusqu’au final.

 

Un standard. Ca démarre en trio sans piano. Inévitablement, Sonny Rollins me revient en mémoire. Ce n’est pas la même dimension mais, indéniablement, ça balance (in english : it swings). En bon batteur, Donald Kontomanou fait de superbes grimaces en jouant superbement. La rythmique repart sans sax. Elle ne lâche pas le morceau. Cette fois, le contrebassiste est vraiment seul dans son solo. Ca bondit, vrombit sous les doigts de Joe Martin. C’était « Alone came Betty » (Benny Golson).

 

« Straight Song » (Jérôme Sabbagh). Donald est passé aux maillets. Ca roule sur les tambours et les maillets. Montée en tension dramatique, puissante, sans à coups. Solo de contrebasse sur lequel démarre un charmant contre chant. Le batteur malaxe la pâte.

 

PAUSE

 

La musique est bien agréable mais manque de délire comme le disent les sympathiques papys assis à ma droite. C’est impeccable mais ils ne se lâchent pas. Peut-être ont-ils mis plus de folie dans le deuxième et le troisième set. Je l’ignore car je suis rentré chez moi. Il y avait école le lendemain.

 

Ci dessous une version ancienne de " Sweet sounds of summer " par Laurent Coq et Jérôme Sabbagh dans l'ancien Duc des Lombards.

 


 

 

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Jacques Réda " Autobiographie du Jazz "

Publié le par Guillaume Lagrée

Jacques Réda " Autobiographie du Jazz "

Climats, Editions Flammarion, Paris, 2011, 360 pages.

Martial Solal

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre du Sincère Juan Carlos HERNANDEZ.

Cette chronique est dédiée à Mademoiselle L. qui m'offrit ce livre.

Respectables lectrices, honorables lecteurs, vous savez qu'il existe sur le marché de l'édition francophone de nombreuses histoires du Jazz et un " Dictionnaire du Jazz " dans la collection Bouquins, chez Robert Laffont. Cette Bible indispensable date de 1994 et n'est plus éditée. Que faire? 

Plonger avec amusement et agacement dans l'Autobiographie du Jazz de Jacques Réda, critique de Jazz depuis 1963, c'est-à-dire l'année où Miles Davis recruta sa dernière rythmique acoustique: Herbie Hancock (piano), Ron Carter (contrebasse), Tony Williams (batterie). Je n'étais pas né. C'est dire si je dois le respect du droit d'aînesse à ce poète et critique.

L'ouvrage se présente ainsi: d'abord une autobiographie du Jazz sous forme d'une nouvelle où cette musique est identifiée à une personne que l'on devine noire (je l'aurais choisie métisse comme la ruse des Grecs anciens et le mélange Europe-Afrique-Amérique que constitue cette musique) puis cinq propos liminaires sur le blues, le swing, improviser, commenter, enregistrer et publier. Le cadre de la pièce est posé avant que ne soient présentés les acteurs.

Ceux-ci sont tous musiciens, presque tous Noirs et tous Américains. Tous ou presque. Trois Français en ressortent et j'aurais choisi les mêmes: Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Martial Solal. Grâces soient rendues à Jacques Réda d'avoir écarté Keith Jarrett, pianiste surestimé à qui il manque à l'évidence deux qualités essentielles pour être un Jazzman: le swing et la clarté. Et la modestie nécessaire au processus démocratique d'élaboration de cette musique.

Le classement est surprenant puisque les musiciens sont annoncés dans l'ordre chronologique, de Scott Joplin né en 1868, l'inventeur du ragtime à James Carter, entrepreneur en fumisterie saxophonistique né en 1969. Ils sont divisés en deux albums; les Anciens et les Modernes pour résumer. Ils sont précédés des deux piliers: Louis Armstrong ou le soliste par excellence, Duke Ellington ou le chef par essence.

Les notices sont brèves, synthétiques, accompagnées d'une discographie minimale pour guider le lecteur dans ses découvertes sans le contraindre. Elles sont écrites dans le style de Jacques Réda mêlant informations biographiques et rêverie poétique. La lecture en est instructive, amusante, agaçante. L'auteur ne prétend ni à l'exhaustivité ni à l'objectivité. Il cite de petits maîtres dont je n'ai jamais entendu parler, oubliant volontairement des célébrités comme Chick Corea, Don Cherry, Keith Jarrett. Il parle d'Art Blakey sans mentionner ses expériences d'orgies rythmiques avec percussionnistes antillais et africains qui annonçaient la world music dès la fin des années 1950. 

Tel qu'il est, ce livre constitue une étrange initiation au Jazz pour ceux qui ne le connaissent, une nouvelle façon de le découvrir pour ceux qui croient le connaître. Bien sûr, ce livre est critiquable mais on n'attendait pas moins d'un si étonnant critique.

Pour finir, voici la réunion des deux piliers sur lesquels le Jazz repose: Louis Armstrong et Duke Ellington réunis " At Duke's place " (variation sur " C Jam Blues " pour les puristes). L'album s'intitule " Great summit ". Evidemment.

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