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Open Gate. Emmanuel Bex Trio feat Bela Bartok

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Open Gate: Emmanuel Bex Trio feat Bela Bartok.

Un album Plus loin Music. Sortie le jeudi 10 novembre 2011.

Emmanuel-Bex.jpg

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre de l'Organique Juan Carlos HERNANDEZ.

L'Open Gate Trio est composé de

Emmanuel Bex: orgue Hammond

Francesco Bearzatti: clarinette, saxophone ténor

Simon Goubert: batterie

Pour cet album, le trio est accompagné de l'Orchestre des Pays de Savoie dirigé par Franck Tortiller, ancien chef de l'Orchestre National de Jazz (2005-2008).

Deux ans après avoir découvert l'Open Gate Trio en studio et sur scène, voici qu'Emmanuel Bex et ses compères s'agrandissent. Je connais peu la musique d'Emmanuel Bex et pas du tout celle de Bela Bartok, c'est dire si je suis peu qualifié techniquement pour parler de cet album qui voit se mélanger ces deux B, le Normand et le Magyar. Le pianiste et compositeur Olivier Calmel le ferait bien mieux que moi mais, tant pis, je me lance.

Emmanuel Bex est le fils d'un pianiste, professeur au conservatoire de Caen. Il est diplômé des conservatoires de Caen et de Paris. Puisque Bernard Lubat lui a appris à désapprendre, le voici qui se met à jouer Bela Bartok avec un trio de Jazz et un orchestre classique dirigé par un Jazzman. Pourquoi? Pourquoi pas! Bartok a inspiré les compositeurs de musiques de films hollywoodiens notamment Bernard Herrmann ( pour Alfred Hitchcock) et Eddie Sauter qui écrivit deux fois pour Stan Getz (" Focus " puis " Mickey One " d'Arthur Penn).

Il ne s'agit pas ici de musique de film quoique le morceau final " Pour Alain " (dédié à Alain Jean-Marie?) pourrait constituer un superbe générique de film d'aventure. Il s'agit ici de jouer, d'interpréter Bartok, pari audacieux s'agissant d'une musique " précise " comme disait Leonard Bernstein, ancrée dans le terroir hongrois et pourtant moderne, intemporelle, utopique ( qui n'a pas de lieu, littéralement). Pari tenu parce que les musiciens sont excellents, pétris d'amour pour cette musique, qu'ils soient Jazzmen ou symphoniques, que les arrangements sont dignes du Maître, que Bex et Bartok se mêlent, se succèdent, se respectent mutuellement. Ce n'est parce que Bela Bartok est mort en 1945 qu'il ne respecte pas Emmanuel Bex né en 1959. Sinon, leur rencontre n'aurait pas été aussi fructueuse. Si Bartok n'a pas écrit dans le but que Bex l'interprète un jour, du fait qu'il ait laissé une oeuvre, il a permis qu'elle soit interprétée. Cela peut se faire à la note près comme le font les orchestres classiques ou, en partant d'elle pour aller ailleurs, comme le fait Emmanuel Bex.

Les scholastiques avaient coutume de dire qu'en lisant les Anciens, nous, qui sommes des nains, voyons plus loin en montant sur l"épaule de géants. Bela Bartok est certes un géant et Emmanuel Bex n'est certes pas un nain. C'est dire si écouter cette musique nous permet de voir au loin. " Peu importe la source tant qu'elle est claire, fraîche et saine " disait Bela Bartok. En plongeant dans Bartok, Emmanuel Bex et son trio merveilleusement épaulés par l'Orchestre des Pays de Savoie dirigé de main de maître par Franck Tortiller nous transmettent ce message de clarté, de fraîcheur et de santé. Grâces leur en soient rendues.

Sans attendre la sortie de l'album, prévue le jeudi 10 novembre 2011, vous pourrez vous rendre le lundi 17 octobre 2011 à 20h à l'Alhambra de Paris (métro République) déguster cette musique vivante in vivo. Plaisir supplémentaire: un choeur d'une centaine de chanteurs s'ajoutera au trio et à l'orchestre. Les Savoyards auront l'avantage de découvrir ce programme en création mondiale au Savoie Jazz Festival à Chambéry, au Scarabée, le lundi 15 octobre 2011 à 20h30.

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Retour au Duc des Lombards pour le trio de Jean-Philippe Viret

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Trio de Jean-Philippe Viret

Paris. Le Duc des Lombards. Vendredi 23 septembre 2011. 22h.

Edouard Ferlet+ Jean Philippe Viret

La photographie de Jean-Philippe Viret et Edouard Ferlet est l'oeuvre de l'Elégant  Juan Carlos HERNANDEZ.

Jean-Philippe Viret: contrebasse, compositions, direction

Edouard Ferlet: piano, compositions

Fabrice Moreau: batterie

 

Huit mois après, me voici de retour au Duc des Lombards pour un nouveau concert du trio de Jean-Philippe Viret. Je ne puis me lasser de la beauté de cette musique.

La main gauche commence seule sur le piano. Léger cliquetis des balais. La contrebasse impulse. La fraîcheur, c'est bon. Après des années de travail en commun, ce qui distingue ce trio, c'est bien la fraîcheur. C'est frais, printanier comme la Vivonne à l'ombre des jeunes filles en fleur.Fabrice Moreau est passé aux baguettes. Ca attaque plus vite, plus fort.

Un morceau que j'aime particulièrement. Il m'évoque toujours la course éperdue en voiture d'un homme à la recherche de sa belle disparue, enlevée, perdue. La voiture tourne dans les virages. C'est une voiture de sport, basse, qui colle à la route. C'est la nuit, l'automne. La pluie, le vent, les feuilles mortes rendent la route dangereuse. Notre héros arrivera t-il à temps, sans encombres? Je me pose la question à chaque fois que j'écoute ce morceau. Vous vous en poserez d'autres en l'écoutant, vives lectrices, lecteurs éveillés. A la fin, je ne sais toujours pas s'il est arrivé. C'était " Elle est au Sud " (Ferlet) suivi de " Not yet " (Viret) titre qui laisse penser que le héros n'est pas arrivé.

" Co errance " (Viret). Ils errent ensemble virilement, joyeusement. Ca brinqueballe mais ça avance. Ils se réunissent dans un désordre maîtrisé. Ils font les bruits d'une mare la nuit. Charmant final.

Solo de piano en intro. Fabrice Moreau vient ajouter quelques touches de couleur à légers coups de balais. L'archet glisse et fait gémir la contrebasse. Fabrice est revenu aux baguettes. Jean-Philippe au pizzicato. Ca ondule souplement, tranquillement, comme un serpent non venimeux dans l'herbe. C'était " Equivoque " (Ferlet).

" La barge rousse " (Viret). La barge rousse est un oiseau migrateur capable de parcourir 12 000 km sans escale ni ravitaillement. En musique, cela donne un morceau propice à l'envol, à la rêverie, 12 000 km sans escale en quelques minutes. Effet garanti. Les maillets caressent les tambours et les cymbales. La contrebasse vibre doucement, à tire d'ailes. Duo contrebasse/batterie tout en douceur, en puissance contenue. Edouard vient trifouiller dans le corps du piano pour produire un son plus voyageur encore. Ca monte doucement en puissance. Nom de Zeus, que c'est beau! Même les rires idiots au fond de la salle se sont tus. La beauté s'impose d'elle même. Fabrice est passé aux baguettes. L'air vibre au rythme de la musique. C'est de la mécanique ondulatoire comme disent les physiciens. 

" Page 345 " (Ferlet). Le livre n'est pas précisé. Poust? Dostoievski? Céline? Vu l'intro, au piano, ce livre est plutôt mouvementé. Fabrice tapote un tambour de la main gauche, la main droite tenant un balai. Le piano vient alléger la tension.

 " Un mâle " (Viret). Un morceau nouveau. Ca swingue avec grâce. La contrebasse grogne souplement. Les tambours chantent sous les balais. Son cristallin du piano. Puis les baguettes crépitent sur les cymbales. Bon tonique pour finir le concert.

Voici une autre version de " Not yet " par le trio de Jean-Philippe Viret. A vous de créer votre histoire sur cette musique.

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Solution du jeu de l'été 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Estimables lectrices, respectables lecteurs, aucun d'entre vous n'a osé proposer de solution au jeu de l'été 2011. Timidité? Paresse? Inattention? Indécision? Personne n'a donc gagné d'album sur ce blog cet été.

En voici la solution. Il s'agissait du Lighthouse Café situé à Hermosa Beach, Los Angeles, Californie, Etats Unis d'Amérique, lieu mythique du Cool Jazz, toujours en activité.

L'objet vital, indispensable, c'était le phare (lighthouse in english) amélioré par l'ingénieur français Augustin Fresnel. Toute la West Coast a joué au Light House. Les musiciens dits Cool comme Stan Getz, Chet Baker, Gerry Mulligan comme ceux issus du Be Bop et du Hard Bop: Miles Davis, Lee Morgan, Joe Henderson.

 

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Le nouveau quintette d'Anne Pacéo au Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Anne Pacéo Quintet

 

Le Studio de l’Ermitage 

Paris. Mercredi 21 septembre 2011. 20h30 (ouverture des portes)

 

Anne Pacéo : batterie, compositions, direction

Antonin Tri Hoang : saxophone alto, clarinette basse

Leonardo Montana : piano

Johan Eche Puig : contrebasse

Federico Casagrande : guitare électrique

 

La demoiselle Anne Pacéo vient de recruter un contrebassiste et un guitariste qui font passer son groupe du trio au quintet. Le résultat des travaux en cours nous est présenté ce soir au studio de l’Ermitage.

 

Démarrage à la clarinette basse. Musique rêveuse, alanguie. Ca roule tranquille en beauté, en douceur, en souplesse. Antonin Tri Hoang est déjà un grand musicien et il n’a pas fini de nous émerveiller. Ca accélère, ponctué de « Hé, Hé, Yé, Hé » joyeux. Passage au sax alto. Antonin assure aussi. Ce jeune homme ne porte pas un prénom d’empereur romain pour rien. Son empire est voué à s’étendre. Joli dialogue entre guitare électrique et saxophone alto alors que la rythmique pousse derrière. Le guitariste n’est pas manchot : joli son mouillé, électro. Qu’il soit rêveur ou énergique, ce saxophoniste est toujours magique. Et la patronne conclut. C’était « Schwedagon » (la grande pagode de Rangoon au Myanmar).

 

« Toundra ». Sax alto. Une ballade. Il y a de la place, de l’espace comme dans la toundra. Anne Pacéo est une vraie batteuse. Elle fait de belles grimaces. Une ballade, c’est vite dit. Ca accélère doucement et ça pulse sous les baguettes de la patronne. Le sax d’alto reprend son vol avec des battements d’ailes marqués par des prises de bec puissantes. Jolies trouvailles sonores dignes d’un guitariste de Blues chez Frederico Casagrande.

 

Ca démarre énergiquement. Ca rappelle le Miles Davis de 1969. Le sax alto devient percussion. Puis tout s’allège sur un souffle du saxophone. Passage à la clarinette basse. Antonin reprend le même air mais différemment. Solo de guitare clair, à la Pat Metheny. Cet Antonin ne doit pas rester trop longtemps à Paris. Il doit partir conquérir le monde de New York à Tokyo, de Vladivostok à Tombouctou. Retour à la clarinette basse : son grave, profond comme sorti du fond d’un puits, celui où se cache la vérité. C’était « Toutes les fées étaient là ».

 

« Innocence » puis « Au large », deux ballades. Clarinette basse. Tout se passe en doux bruits étranges. Beau solo de contrebasse, souple, calme, puissant. Ca berce bien. Ca marche. Je m’endors content.

 

« Sérénité ». Le guitariste et le contrebassiste ont découvert la musique il y a une semaine. Respect. Morceau assez énergique. Clarinette basse. Une sérénité bien agitée, disons triomphante. Ca se calme pour laisser la place au solo de guitare puis au son ailé du sax alto. Là, oui, c’est serein. La rythmique s’énerve, met beaucoup de notes fort. Sax alto et guitare ramènent le calme, la sérénité sans mollesse. Montée en flèche vers le final. Solo de guitare poussé par la rythmique, ponctué par le sax. Ca sonne bien.

 

PAUSE

 

J’ai école demain et le marchand de sable est déjà passé. Je ne suis donc pas resté à la deuxième partie. Anne Pacéo est une patronne qui compose, propose, dispose mais ne pose, ni n’impose rien. Le groupe est soudé, les compositions efficaces et Antonin Tri Hoang, un soliste de haut vol voué à la plus haute destinée.

 

Voici " Schwedagon " en concert avec un quintette où le contrebassiste (Stéphane Kerecki) et le guitariste (Pierre Perchaud) n'étaient pas ceux de ce concert.

 

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Biréli Lagrène New Quartet sur scène au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Biréli Lagrène New Quartet

Paris. Le Duc des Lombards.

Jeudi 15 septembre 2011. 22h.

 

Biréli Lagrène : guitare électrique

Franck Wolf : saxophones ténor, soprano

Jean-Yves Jung : orgue Hammond

Jean-Marc Robin : batterie

 

Bon vieux son Blue Note des 60’s. Ca groove. Aucun guitariste manouche n’a assimilé les Américains comme Biréli. On dirait du Grant Green. Il jouerait avec des Noirs Américains, ça sonnerait encore mieux mais c’est déjà bien agréable. Rien de neuf en fait mais c’est terriblement efficace.

 

Voilà un homme qui a une maîtrise de la guitare électrique bien au dessus du lot mais qui ne se remet pas en question, ne sort pas de sa zone de confort comme disent les sportifs. C’est bien dommage vu son talent et son âge (45 ans dont plus de trente de carrière professionnelle). Imaginons le jouer avec Rick Margitza, saxophoniste ténor, descendant de Tziganes hongrois et qui vit à Paris. Quel pied ce serait ! Le public est là, ses affaires tournent bien. Pourquoi Biréli Lagrène se remettrait-il en question ?

 

Intro en solo de guitare avec effet. Enfin, ça sonne actuel ! Une ballade. Dès qu’il veut, il peut. Tiens, un souvenir du jeu de basse de Jaco Pastorius avec qui il jouait il y a 25 ans. Sax soprano. Ca devient un peu trop gentil à mon goût. La musique devient comme certaines statues de marbre : trop polie pour être honnête. La salle est archi comble. Il y a des gens debout.

 

Retour au son Blue Note classique. Ca ronronne tranquillement. Mon dernier souvenir sur scène de Bireli Lagrène, c’était en duo avec Martial Solal au théâtre du Châtelet en 2008. Ils chatouillaient les nuages. Ce soir, j’en suis loin. Biréli assure évidemment. Bien entendu, c’est bien mieux que tant d’autres guitaristes mais d’un tel musicien j’espère beaucoup plus.

 

Un morceau vif, léger, aérien. Ca chante entre la guitare et le soprano. Orgue et batterie poussent bien derrière. Cela fait presque penser à une cantate. Biréli redevient intéressant sortant de sa guitare des sons dont il a le secret. Il passe à un son plus sale, plus rock tout en gardant la vitesse, la grâce. Là, c’est très fort. Retour à la cantate en quatuor.

 

Retour à un son classique. Toujours le sax soprano. Ca se remet à ronronner. Le sax soprano fait son solo de vilain petit oiseau. Tiens, Biréli refait sonner sa guitare comme la basse de Pastorius.

 

Toujours classique mais un peu plus énervé. Retour au sax ténor. Bruyant et démonstratif. Ca, je n’aime pas du tout.

 

Un standard entre guitare et sax soprano. Four de Miles Davis ?

 

RAPPEL

 

Biréli revient seul sur scène. Il prend sa guitare et joue une ballade. C’est clair, léger, classe comme s’il jouait au coin du feu. Il crée une ambiance douce, intime, insensiblement. Un peu de tapping pour rendre ça plus funky. Il joue comme ça lui plaît, comme ça lui chante et il nous enchante à part quelques sourds qui trouvent le moyen de bavarder là-dessus. Ah, s’il avait joué tout le concert comme ça !

 

Pour se consoler, voici un extrait d'un autre concert de Biréli Lagrène en duo avec Sylvain Luc. D'aucuns diront que c'est facile. Qu'ils essaient un peu pour voir!

 

 


 

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Les dessins d'Hélène Poisson exposés au Baiser Salé à Paris jusqu'au 31 décembre 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Edouard Ferlet

 

 

 

 

 

 

La dame  Hélène Poisson expose ses dessins au Baiser Salé, 54 rue des Lombards, 75001 Paris (métro Châtelet) jusqu'au 31 décembre 2011.

 

Elle est notamment l'auteur de ce dessin du pianiste Edouard Ferlet.

 

Venez plonger dans son univers coloré et rythmé au Baiser Salé.

 

Bonne découverte, aimables lectrices, charmants lecteurs.

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Osez une autre rentrée littéraire avec le BSC News

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

Lectrices bibiophiles, lecteurs bibliomanes, osez un autre regard sur la rentrée littéraire, loin des prix concours, féminins ou masculins, avec le numéro de septembre du magazine BSC News. Vous y trouverez, de votre serviteur, l'entrevue avec le pianiste arménien Tigran Hamasyan et la rubrique Jazz Club. Vous y trouverez surtout une sélection de livres, BD qui méritent d'être lus, connus et que d'autres n'ont pas repéré. Vous y trouverez aussi la rencontre avec un Gepetto praguois. Vous y trouverez enfin les photographies de mon honorable associé Juan Carlos HERNANDEZ auteur notamment de cette photographie de  Martial Solal.

Martial Solal

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Où en est le Jazz? Conférences à la Cité de la Musique

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Honorables lectrices, respectables lecteurs, si vous vous demandez où en est le Jazz, sachez que le journaliste Vincent Bessieres vous apportera ses réponses à la Cité de la Musique, Paris 19e arrondissement, métro Porte de Pantin, le jeudi de 19h30 à 21h30 du 29 septembre au 15 décembre dans des conférences ouvertes au grand public.

 

Comme répondait Pierre Dac aux trois questions fondamentales:

Qui sommes nous? D'où venons nous? Où allons nous?

 

" En ce qui me concerne, je suis moi, je viens de chez moi et j'y retourne ".

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Denis Colin& la Société des Arpenteurs " Subject to live "

Publié le par Guillaume Lagrée

Denis Colin & la Société des Arpenteurs

" Subject to live "

Le chant du monde. Sortie en octobre 2011.

Denis Colin: clarinette basse, composition, direction

Philippe Sellam: saxophones alto et soprano

Fabrice Theuillon: saxophones baryton et soprano

Sylvaine Hélary: flûte, flûte en sol et piccolo

Antoine Berjeaut: trompette et bugle

Benjamin Moussay: claviers

Julien Omé: guitare

Stéphane Kerecki: contrebasse

Thomas Grimonprez: batterie sauf " Turkish women at the bath " avec Eric Echampard.

Lectrices patientes, lecteurs calmes, voici que presque deux ans après vous avoir chanté les louanges de Denis Colin & la Société des Arpenteurs en studio  et en concert, voici que je viens vous conter monts et merveilles de l'album vivant en concert de cet ensemble cosmicomique. Un seul regret, l'absence du saxophoniste américain Tony Malaby si puissamment présent tant dans l'album "  Subject to change " que dans le concert parisien au Café de la danse.

Il ne s'agit pas ici d'un concert mais de morceaux extraits de concerts complètement à l'Ouest. Certains morceaux ont été enregistrés à Angers, Pontchateau, Saint Brieuc. C'est dire si le groupe était à l'Ouest! Ne vous y trompez pas, la folie est ici tout à fait maîtrisée. Les démons de la danse rodent. Le lyrisme est de sortie. Les rythmes vous secouent les hémisphères cérébrales.

Benjamin Moussay, sorcier des claviers, est particulièrement inspiré. Le chef de bande laisse toute liberté à ses musiciens pour s'exprimer unis dans la même direction, même si certains passent par des raccourcis et des chemins de traverse. Le répertoire est proche de celui de l'album, mais pas identique. Quant à la façon de jouer, elle vient de Sun Ra mais ne s'y résume pas. La liberté ne se résume pas, elle se vit. Longue vie à Denis Colin et à la Société des Arpenteurs!

 

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Sixteen answers from Tigran Hamasyan/Seize réponses de Tigran Hamasyan

Publié le par Guillaume Lagrée

Tigran Hamasyan

 

La photographie de  Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Pétrifiant Juan Carlos HERNANDEZ.

Grâce à l'entremise de Véronique Guégan, de Universal Jazz France et au soutien de Nicolas Vidal, rédacteur en chef du magazine BSC News que je remercie tous deux, le pianiste et compositeur arménien Tigran Hamasyan dit Tigran a accepté de répondre à mes dix sept questions sauf une. D'où seize réponses en anglais et en français.

Questions for Tigran Hamasyan/ Questions pour Tigran Hamasyan
 
  1. What is your education at the piano ? Your technique seems to be an heritage of the Russian school: very strong with an extraordinary sense of space. You seem to push the walls out when you are playing. Quelle est votre éducation au piano? Votre technique semble un héritage de l'école russe: très solide avec un sens extraordinaire de l'espace. Vous semblez écarter les murs quand vous jouez
    1. I began playing the piano by ear. I was picking up Led Zeppelin and Black Sabbath songs by ear when I was 3 years old. When I turned 6 I went to a music school. The classical schools were Armenian with Armenian teachers. J'ai commencé à jouer du piano  à l'oreille. Je jouais les chansons de Led Zeppelin et Black Sabbath quand j'avais 3 ans. Les écoles classiques furent arméniennes avec des professeurs arméniens.
 2.A tree doesn’t grow without roots. You are solidly anchored in the Armenian culture even if You don’t live in Armenia anymore. Is it a nostalgia of your native country, a need to get back to your sources, to know where are you coming from before knowing where to go?  Un arbre ne pousse pas sans racines. Vous êtes solidement ancré dans la culture arménienne bien que vous ne viviez plus en Arménie. Est-ce une nostalgie de la terre natale, un besoin de revenir à vos sources, de savoir d'où vous venez avant de savoir où aller?
I was born and raised in Armenia and the Armenian culture is something that runs in my veins. Je suis né et j'ai grandi en Arménie et la culture arménienne est quelque chose qui court dans mes veines.
3. You musical curiosity is impressive. You go from medieval Armenian music to Swedish avant garde rock’n roll. How do You manage not to be overwhelmed, to master all this influences and to produce Tigran’s music? Votre curiosité musicale est impressionnate. Vous allez de la musique médiévale arménienne au rock suédois d'avant-garde. Comment faites vous pour ne pas être débordé, pour maîtriser toutes ces influences et produire du Tigran?

Discovering new music is inspiration, happiness and knowledge for me. Découvrir une nouvelle musique est une inspiration, un bonheur et une connaissance pour moi. 
 
4. Could You play with a Turkish musician or in Turkey? Pourriez vous jouer avec un musicien turc ou en Turquie?
 
I don’t play in Turkey. I have done it once with Dhafer Youssef but I can’t do it under my name. Why would i go to Turkey to play for the people who’s government has killed 1.5 million Armenians to wipe every living Armenian out of Turkey? Je ne joue pas en Turquie. Je l'ai fait une fois avec Dhafer Youssef mais je ne peux le faire sous mon nom. Pourquoi irais je en Turquie jouer pour un peuple dont le gouvernement a tué 1, 5 million d'Arméniens pour effacer tout Arménien vivant de Turquie?

5. Could You play with a big band whether a Jazz or a classical one? Pourriez vous jouer avec un grand orchestre, de Jazz ou de classique?
So far I prefer not to. But if the right opportunity comes I am sure I will. Pour l'instant je ne préfère pas mais si la bonne opportunité se présente, je le ferai certainement.

6. You have a love affair with France in general, with Paris particularly. Would You live there? What do You like so much there? Vous avez une histoire d'amour avec la France en général, avec Paris en particulier. Vivriez vous ici? Qu'aimez vous tant ici?
-------------------------------------------I like Paris. It’s a very beautiful city. I come to Paris so much that I have a feeling I live there. I do feel home when I am  there. J'aime Paris. C'est une très belle ville. Je viens à Paris si souvent que j'ai l'impression de vivre ici. Je me sens à la maison quand je suis là bas.

7. What did You find in New York which stimulates You as a man, as an artist? Que trouvez vous à New York qui vous stimule comme homme et comme artiste?
 
The people and the energy of the city. Also the coffee. Les gens et l'énergie de la ville. Le café aussi.

8. Your are becoming famous now: a contract with Universal, a special evening at the Chatelet theatre in Paris. What are your next challenges? Vous êtes en train de devenir célèbre: un contrat avec Universal, une soirée spéciale au théâtre du Châtelet à Paris. Quels sont vos prochains défis?

To keep developing and searching for new musical directions. De continuer à développer et chercher de nouvelles directions musicales.

9.Who are Your favourite pianists? Dead or alive, Jazz or classical. Quels sont vos pianistes favoris? Vivants ou morts? De Jazz ou de classique?
Thelonious Monk, Art Tatum. Herbie Hencock, Brad Mehldau, Vahagn Hayrapetyan, Arno Babadjanyan, Keith Jarrett, Vijay Iyer, Craig Taborn....

10. When You created Your solo album, did You have some models in your mind, Jazz or classical? Or did You deliberately chose not to listen to any solo piano before creating the album? Quand vous avez créé votre album solo, aviez vous certains modèles en tête, Jazz ou classique? Ou avez vous délibérément choisi de ne pas écouter de piano solo avant de créer l'album?
I was listening to many different kinds of music as usual. J'écoutais toutes sortes de musiques différentes comme d'habitude.

11. How does it feel for an old man of 24 like You to play with a young boy of 84 like Martial Solal? Quel effet cela fait à un vieillard de 24 ans de jouer avec un jeune homme de 84 ans comme Martial Solal?

Deeply honored and inspired! Profondément honoré et inspiré!

12. Among the living pianists, Jazz or classical, who do You respect the most? Parmi les pianistes vivants, de Jazz ou de classique, lesquels respectez vous le plus?

It is impossible to name one person. I like Thelonious Monk as much as I like Hariprasad Chaurasia. Il est impossible de nommer une personne. J'aime autant Thelonious Monk que Hariprasad Chaurasia.

13. John Lewis, the leader of the Modern Jazz Quartet, said that swing is a natural quality what some classical pianists possess like Ivo Pogorelich for instance and that some Jazz pianists do not possess (like Keith Jarrett according to Jacques Réda and I). Do You agree with this affirmation? John Lewis, le chef du Modern Jazz Quartet, disait que le swing est une qualité naturelle que certains pianistes classiques possèdent comme Ivo Pogorelich par exemple et que certains pianistes de Jazz ne possèdent pas ( comme Keith Jarrett selon Jacques Réda et moi). Etes vous d'accord avec cette affirmation?

If John Lewis heard your opinion he would be crying. Si John Lewis écoutait votre opinion, il pleurerait.
 
14. I heard You play at the Châtelet with Trilok Gurtu, an Indian percussionist. Could You play with African percussionists? Je vous ai entendu jouer au Châtelet avec Trilok Gurtu, un percussionniste indien. Pourriez vous jouer avec des percussionnistes africains?
No comment on that this one.... Pas de commentaire sur celle-ci...
 
15. Where will you be in 20 years? In life, in music. Où serez vous dans 20 ans? Dans la vie, dans la musique.
God knows.... Dieu le sait...
16. “ I make music because if I wouldn’t I would die. I record because it’s in my blood. It’s almost a curse to know what You can always do something new ” (Prince). Do You recognize yourself in this quotation? By the way, when will You play with Prince? " Je fais de la musique parce que si je n'en faisais pas j'en mourrais. J'enregistre parce que c'est dans mon sang. C'est presque un sort de savoir que vous pouvez toujours faire quelque chose de neuf  " ( Prince). Vous reconnaissez vous dans cette citation? Au fait, quand jouerez vous avec Prince?
I do agree with Prince! I am not sure when I will play with Prince maybe tomorrow after I will have a breakfast. Je suis tout à fait d'accord avec Prince! Je ne sais pas quand je jouerai avec Prince. Peut-être demain. Après je prendrai mon petit déjeuner
17. After an album with electric keyboard, You came back to the acoustic piano with You last solo album. Do You choose the piano like Keith Jarrett and Martial Solal or do You refuse to choose like Chick Corea and Herbie Hancock? Après un album avec clavier électrique, vous êtes revenu au piano acoustique avec votre dernier albim solo. Choisissez vous le piano comme Keith Jarrett et Martial Solal ou refusez vous de choisir comme Chick Corea et Herbie Hancock?
  1. 17 questions. 16 réponses. Merci à Tigran pour sa franchise et sa disponibilité.

 

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