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Colin Vallon Trio " Ailleurs "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Colin Vallon Trio

« Ailleurs »

Hat Hut  2006

 

Colin Vallon

 

 

La photographie de Colin Vallon est l'oeuvre du Suisse  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 


Colin Vallon : piano, piano préparé

Pat Moret : contrebasse

Samuel Rohrer : batterie

12 morceaux. 56’45.

Lectrices des montagnes lecteurs des vallées, je rendrai aujourd'hui hommage à la Suisse. D'abord, en raison de décès de Claude Nobs, fondateur et infatigable directeur du Montreux Jazz Festival. Ensuite pour vous présenter un album, " Aileurs ", d'un label suisse, Hat Hut, d'un groupe suisse, le trio de Colin Vallon, pianiste photographié par mon honorable associé suisse, Juan Carlos Hernandez. Hop Suisse!

Voici un album qui porte bien son titre. « Ailleurs » n’est pas le titre d’un morceau mais celui de l’œuvre. Aucun autre ne saurait mieux le définir. Apparemment, il s’agit d’un trio classique en Jazz, format piano/contrebasse/batterie. Apparemment seulement.

 

 D’abord, parce que Colin Vallon joue aussi du piano préparé. Ensuite, parce que le trio ne joue qu’un seul standard, un gospel, « Swing low, sweet charriot » (n°3) dans une version bien éloignée de celle que chantent les supporters du XV de la Rose pour soutenir leur équipe. Aussi par la variété des thèmes, des climats joués. Il y a des compositions collectives, du leader, des interludes, du Brel, un chant folklorique bulgare, de la Pop Music. Enfin, s’il existe encore des trios de Jazz qui se contentent du sempiternel déroulement thème/soli/thème, le trio de Collin Vallon ne joue pas dans cet esprit. Il existe entre ces trois musiciens un échange permanent d’émotions, de vibrations qui évite à tout prix les clichés du genre.

 

La musique est bien ailleurs au point de dérouter le chroniqueur qui ne sait la saisir, la caractériser. Dans cette petite heure de musique, l’auditeur ne cesse d’être dérouté, surpris, pour finir par se retrouver dans ce qui est, à l’évidence, une chanson d’amour « Elle » (n°12). Mais, même là, le doute demeure : amour heureux ou brisé ? 

 

Si vous voulez être rassurés, n’écoutez pas cette musique. Si vous êtes prêts à l’aventure, partez sur les traces du « Paradis perdu » (n°1), en voyage à « Babylone » (n°2) sans bus, plongez avec « Le sous-marin » (n°6) et, le voyage fini, vous vous direz « Quand même » (n°11), c’était rudement bien. Alors, vous voudrez y repartir derechef.

Lectrices des montagnes, lecteurs des vallées, puisque je n'ai pas d'extrait de cet album à vous proposer sur deezer, voici comment ce trio joue en concert un morceau figurant sur l'album " Ailleurs ", " Zombie " des Cranberries ( les Canneberges en français). L'énergie du morceau original est toujours là. Bon voyage.



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RECLAME: La Sacem au MIDEM à Cannes (06) du 26 au 29 janvier 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 


La Sacem au Midem 2013

Les samedi 26, dimanche 27, lundi 28 et mardi 29 janvier 2013

à Cannes, Alpes Maritimes, Provence Alpes Côte d'Azur, France.

  

 

 

Dimanche 27 janvier

  

17h45 - Point presse

Palais des Festivals Midem Academy / Niveau 01

Laurent Petitgirard, président du Conseil d'administration et Jean-Noël Tronc, Directeur général, livreront les premières estimations de résultats pour 2012.

 

Giovanni-Mirabassi.jpg

 

 

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre du Brillant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

20h30 - Concert Sacem - Scène Jazz

Espace Miramar : Dominique Fillon quartet / Giovanni Mirabassi trio

Dominique Fillon est bien le frère de François Fillon, Premier ministre de la République française de 2007 à 2012. Il y a des municipalités qui refusent de l'engager en raison de son nom. Pas Cannes, bien sûr.

  

Lundi 28 janvier

  

17h15 > 18h15 - Visionary Monday

Auditorium Debussy / Niveau 01

How the Music industry manages innovation?

 

Jean-Noël Tronc échangera sur ce thème avec Robert Ashcroft, CEO, PRS for Music (UK), Rolf Budde, President, Budde Music (Germany)Mark Hoppus, Musician & Record Producer, Blink-182 (USA)Johan Lagerlöf, CEO, X5 Music (Sweden) et Steve Rennie, Manager of Incubus, Host & Founder, Renman Music and Business (USA)

 

 

  • Retrouvez la SACEM sur son stand : L05.1 - Hall Lérins.

 

  

Et toujours ... French Vip 2013 

  

Les 3 éditeurs sélectionnés par la Csdem cette année : IPANEMA - Philippe Hébrard / UPTON PARK - Julien Banes / YOTANKA - Clarisse Arnoux

Une opération initiée par la Sacem en janvier 2011 avec le Midem, le Bureau Export et la Csdem, destinée à accompagner et valoriser, lors de grands rendez-vous musicaux (salons, festivals) le travail de jeunes éditeurs indépendants.

 

Il y a toujours eu du Jazz et de la chanson française au Marché International de l'Edition Musicale (MIDEM) à Cannes. Par exemple, en 1981, avec Ahmad Jamal (piano) jouant avec Gary Burton (vibraphone) " Les feuilles mortes " (musique de Vladimir Kosma, paroles de Jacques Prévert).

 

 

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Django Reinhardt " Swing de Paris " (le coffret de l'exposition)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Django Reinhardt

" Swing de Paris "

Un voyage musical en 5 CD. Le coffret de l'exposition.

Cité de la Musique. Le Chant du Monde. 2012.

 

Nuages

 

La photographie des Nuages est l'oeuvre du Romantique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Adorables lectrices, délicieux lecteurs, je vous ai déjà parlé de l'exposition "  Django Reinhardt. Swing de Paris " qui a lieu à Paris, à la Cité de la Musique jusqu'au mercredi 23 janvier 2013.

Quel souvenir en conserver que vous y ayez été ou non? La compilation de l'oeuvre de Django réalisée par le commissaire de l'exposition, Vincent Bessières.

Bien entendu, les puristes et intégristes du Guitariste Gitan Génial s'offriront son Intégrale en 20 volumes chez Frémeaux et Associés.

Pour ceux qui, comme moi, souhaitent seulement avoir une sélection réalisée avec goût et soin du meilleur de l'oeuvre du premier Guitar Hero (le seul reconnaissable immédiatement à l'acoustique comme à l'électrique, à mes oreilles), celle réalisée pour l'exposition s'impose.

Les cinq CD recouvrent les épisodes de la vie de Django Reinhardt (1910-1953).

CD1:

I L'enfance tzigane (1910-1924) ; II Paris musette (1924-1928) ; III De la java au jazz (1928-1933)

CD 2:

IV Jazz Hot (1934-1939)

CD 3:

V Nuages: Swing sous l'Occupation (1940-1944)

CD 4:

Vi Rêves d'Amérique (1944-1950)

CD 5

VII Nuits de Saint-Germain-des-Prés (1951-1953)

Le choix est avec fait avec goût et soin disais-je. D'abord, par le choix des morceaux. Aucun essentiel n'y manque et il y a des raretés qui satisferont l'amateur le plus raffiné et le plus blasé. Le son est propre mais pas lissé. Le livret est superbe: photographies et texte de présentation en français et en anglais. Rien ne manque: dates et lieux d'enregistrement, noms et prénoms des musiciens avec leurs instruments, identité des compositeurs.

A l'évidence, le style de Django s'est affiné dès qu'il s'est mis au Jazz et à la chanson française de qualité (grand merci à Jean Sablon). Il n'a cessé d'évoluer, passant de l'accordéon au violon (avec Stéphane Grappelli surtout, avec Michel Warlop aussi), de la petite formation au big band (soliste invité par Duke Ellington dans son orchestre. Quel autre musicien français peut en dire autant?), de la guitare acoustique à la guitare électrique (il a compris le be bop et le cool jazz sans problème et serait certainement allé plus loin encore si la Mort ne l'avait pas fauché en plein renouvau créatif), des pavés des fortifs aux clubs de Saint-Germain-des-Prés avec pour dernier pianiste Martial Solal qui en parle encore avec émotion 60 ans après. 

J'ai déjà offert 5 exemplaires de cette compilation dont un pour moi. Je n'ai pas d'intérêt dans l'affaire mais je vous la recommande vivement.

Les films où Django Reinhardt apparaît se comptent sur les doigts valides de sa main gauche. Voici le plus fameux. Avec Stéphane Grappelli (violon) et le quintet du Hot Club de France (le premier groupe de Jazz sans piano, tambour ni trompette), ils jouent pour la BBC en 1939 " J'attendrai " célèbre chanson d'amour française sortie en 1938. A cette époque, les Jazzmen improvisaient sur les tubes de leur époque pas sur ceux de 70 ans avant eux.

 

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Elise Caron chante pour les petites oreilles en janvier et février 2013 à Clamart (92) et au Havre (76)

Publié le par Guillaume Lagrée




" CHANSONS POUR LES PETITES OREILLES "

Elise CARON
voix
Christine CHAZELLE
piano
Michel MUSSEAU
piano-jouet, scie musicale


Elise-Caron.jpg

 

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Précieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

au Théâtre Jean Arp à Clamart, Hauts de Seine, Ile de France, France
les lundi 14 et mardi 15 janvier 2013 à 10h et 14h15
le mercredi 16 janvier à 15h.

au Volcan - Scène Nationale du Havre, Seine Maritime, Haute Normandie, France
le mardi 5 février 2013 à 10h et 14h30
le mercredi 6 février à 15h30
le jeudi 7 et le vendredi 8 février à 10h et 14h30.

 

Estimables lectrices, respectables lecteurs, que vous soyez enfants, parents ou grands-parents, il faut absolument que vous savouriez les " Chansons pour les petites oreilles " d'Elise Caron. Mère et grand-mère, elle sait de quoi elle parle et elle ne prend pas pour les enfants pour des idiots ou des adultes en miniature. Elle les considère à part entière et ses chansons pour les petites oreilles les font grandir. Rêvons avec " La belle au bois dormi ". 

 


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Où écouter Jean-Charles Richard en janvier 2013?

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Respectables lectrices, vénérables lecteurs, la multiplicité des talents du souffleur Jean-Charles Richard s'exprime sur diverses scènes, dans différents spectacles en France en janvier 2013. Vous avez demandé le programme. Le voici.

 

Jean-Marie MACHADO "Danzas" / André MINVIELLE "La fête à Boby"

Jean-Marie Machado (piano-compositions-arrangements), André Minvielle (voix-textes) François Merville (Batterie), Jean-Marc Quillet (percussions-claviers), Gueorgui Kornazov (trombone), François Thuillier (tuba), Joce Mienniel (flûtes), Didier Ithurssary (accordéon), Jean Charles Richard (saxophones)

Le mardi 8 Janvier à Niort à 20h30

Théâtre Le Moulin du Roc, 9 boulevard Main 79000 NIORT (tel : 05 49 77 32 30)

 

+

 

Jean-Marie MACHADO "Les âmes papillons" 

Jean-Marie Machado (piano-compositions-arrangements), Jean Philippe Viret (contrebasse), Stéphane Guillaume (flûtes), Nicolas Larmignat (batterie) et Jean Charles Richard (saxophone soprano)

Le vendredi 11 janvier à Périgueux à 20h30

Théâtre l'Odyssée , Esplanade Robert Badinter 24000 Périgueux (tel : 05 53 53 18 71)

 

+

 

Stéphane GUILLAUME Quintet et orchestre Symphonique "Cityscape"

Stéphane Guillaume (sax, compositions), Paul-Christian Staicu (arrangements), Marc Buronfosse (contrebasse), Antoine Banville (batterie), Sébastian Quezada (perc), orchestre symphonique lorrain direction Jean Charles RICHARD

Le  mardi 15 janvier à 20h30 à Pont à Mousson

 

 

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Macha Gharibian " Mars "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Macha Gharibian

« Mars »

Sortie le mardi 22 janvier 2013.

Bee Jazz

 

Macha Gharibian: chant, piano, Fender Rhodes

Théo Girard: contrebasse

Fabrice Moreau: batterie

David Poteaux-Razel: guitare électrique

 

Sages lectrices, prudents lecteurs, méfiez vous de cette musique car elle est dangereuse. D’abord parce qu’elle commence par une fausse piste. Le titre de l’album « Mars » n’est pas un morceau de l’album ? Est-ce un hommage au mois, au dieu romain de la guerre amant de Venus, à une sucrerie chocolatée américaine, au récit de Fritz Zorn ? Ou une allusion à un autre Mars que je ne connais pas ? Ensuite, parce que cette musique paraît innocente voire inoffensive au premier abord. Mars n’attaque pas. Ce qui ne signifie pas que cette musique ne soit pas énergique mais elle est d’une énergie sourde, voilée, comme celle du magma sous la croûte terrestre. Une pianiste et chanteuse française aux racines arméniennes qui joue du Komitas ne serait-elle pas influencée par Tigran Hamasyan ? Oui elle l’est mais cela ne suffit pas à la définir.

 

Mars n’attaque pas. Il vous envahit, lentement, doucement, sans coup férir, au fur et à mesure des écoutes. Ensuite, il ne vous lâche plus. « La douceur » (n°4) porte aussi bien son nom que « Finesse » de Django Reinhardt. La guitare électrique est souvent utilisée comme un violon créant un trouble supplémentaire. Fabrice Moreau produit mille sortes de clartés obscures depuis sa batterie. Le contrebassiste tient fermement et souplement le tempo, sans accroc. Les claviers coulent de source, la voix aussi. « Kele Kele » (n°5) est chanté et publié en arménien. Je ne parle pas un mot de cette langue. Je n’y comprends rien. Peu importe, je n’ai qu’à me laisser porter. Macha Gharibian aime le mystère. Ce n’est pas un hasard si elle chante un poème de William Parker intitulé « Ritual Prayer » (n°1), un autre de William Blake nommé « Night » (n°3). Enfin, elle sait finir un album en y laissant un goût d’au revoir, de revenez-y à l’auditeur, « Sei Kei » (n°9).

 

Bref, qu’elle joue des claviers ou qu’elle chante, Macha Gharibian, c’est « Byzance » (n°2) !

Elle est à découvrir dans tous ses fastes et son mystère, avec ses hommes, sur la scène du Studio de l’ermitage à Paris le jeudi 31 janvier 2013 à 20h30.

 

 

 

 

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Dizzy Gillespie, vingt ans après: Birks works!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices Be, lecteurs Bop, je vous invite aujourd'hui à vous souvenir de John Birks " Dizzy " Gillespie, mort le 6 janvier 1993, le même jour que Rudolf Noureev. Le lendemain, Plantu dessinait à la une du Monde, sur des nuages, Dizzy jouant de la trompette coudée, Noureev dansant et la Mort, souriante, qui applaudissait.

 

Vingt ans après sa mort, alors que la quasi totalité des trompettistes de Jazz actuels dérive de Miles Davis, artiste lunaire, voici quelques raisons personnelles d'aimer cet artiste solaire dont la musique ne cesse de me réjouir et de m'enflammer.

 

- Dans la discothèque de mon père, il y avait le concert de Dizzy Gillespie à Paris, salle Pleyel, en 1953 qui commence ainsi, " Bonsoir Mesdames, Messieurs et ... Enfants ". Dans ma tête de gamin de 6 ans, cela me faisait grand plaisir. Tout ce concert est une fête. Sarah Vaughan, " America's premire young singing starlet " comme la présente Dizzy s'en sort magnifiquement avec ces olibrius qui font tout pour la perturber alors qu'elle chante divinement " Embraceable You ".

 

- J'ai vu Dizzy Gillespie en concert à Rennes à la Maison de la Culture, avec mon père, en 1987. Dizzy avait 70 ans, il est arrivé avec 2h de retard et son batteur, les autres musiciens dont Clifford Jordan au sax ténor n'ayant pu arriver à temps. Pour nous faire patienter, un trio amateur rennais a occupé la scène. Ce trio était mené par un pianiste, professeur d'anglais, ami de mon père. Ensuite, ce pianiste a donc assuré le concert avec Dizzy. Mon père était fier de voir sur scène son ami avec Dizzy sauf que ce vieux grigou n'annonçait ni les morceaux, ni les tempi avant de démarrer, qu'il n'y avait pas eu de répétition et que, si ses musiciens n'étaient pas là, c'est parce qu'il ne les payait pas. Cela reste un beau souvenir tout de même. Quand Dizzy nous a parlé en anglais et a compris que le public ne comprenait rien, il a dit: " I know, I know, I should speak sloooowwwwwwllllyyyyy ".

 

- " La première fois que j'ai vu Bird et Diz ensemble sur scène, ce fut la plus grande émotion de ma vie habillé. Depuis, j'ai toujours cherché à atteindre cette émotion dans ma musique. Je m'en suis parfois approché de près mais je n'y suis encore jamais arrivé. Je cherche encore " ( Miles Davis, Autobiographie).

 

- " Le ryhthme afro-cubain est comme la joie de l'homme qui a découvert le feu " (Michel Leiris). S'il y avait déjà des orchestres cubains à New York avant que Dizzy n'intègre Chano Pozo (congas, chant) à son orchestre (1946-1948), c'est cet orchestre (l'Atomic Big Band) qui est la matrice originelle de la Salsa. Un jour, dans un bar branché à Paris, j'ai entendu " Manteca " transformé par un DJ. Ca sonnait encore très bien mais je préfère l'original à la copie.

 

- Chano Pozo était Cubain, ne parlait pas anglais, ne savait ni lire ni écrire la musique. Dizzy Gillespie ne parlait pas espagnol mais avait une connaissance encyclopédique de la musique. Quand un journaliste lui demanda comment il faisait pour communiquer avec Chano Pozo, il répondit: " Nous parlions en rythmes ". 

 

- Quand le grand orchestre de Dizzy Gillespie a joué à Paris, salle Pleyel, en 1948, ce fut le premier concert de Jazz moderne à Paris depuis la Libération. Serge Gainsbourg était dans la salle. Il avait 20 ans. 40 ans après, il racontait qu'il avait été incapable d'applaudir tant la puissance de cette musique l'écrasait sur son siège. L'enregistrement existe. Vérifiez vous même.

 

- Quand Dizzy Gillespie a enregistré " The eternal triangle " avec Sonny Rollins et Sonny Stitt aux saxophones ténors, il a dit à chacun, séparément, que l'autre était en grande forme, allait l'exploser et qu'il avait intérêt à assurer. D'où le résultat, gravé pour l'éternité.

 

- Quand Chet Baker s'est fait casser les dents par un dealer mécontent, qu'il a cessé de jouer de 1968 à 1974, c'est Dizzy qui l'a retrouvé, pompiste à une station service, lui a payé un dentier et appelé Max Gordon, le patron du Village Vanguard pour qu'il embauche Chet pour une semaine. Dizzy ne l'a pas lâché jusqu'à ce que Chet ait son contrat. Et Chet est redevenu Jazzman.

 

- " Be Bop " est une composition de Dizzy Gillespie. Pour clore toute discussion, chaque fois qu'un journaliste lui demandait " Qui a inventé le Be Bop ? " il répondait " Bird " (Charlie Parker) pour clore le débat. Disons que ce genre musical est une création collective née des séances after hours au Minton's play house à New York et de la rencontre entre Charlie Parker et Dizzy Gillespie.

 

- Ayant inventé le Be Bop  et la Salsa, Dizzy aurait pu se reposer sur ses lauriers. Au lieu de ça, il s'est contenté de découvrir, rien que pour le piano, Lalo Schifrin et Kenny Baron dans les années 60, Danilo Perez et Gonzalo Rubalcaba dans les années 80. Ce sont des musiciens qui comptent encore dans le Jazz en 2012 et qui savent tout ce qu'ils doivent à Dizzy.

 

- " Est ce que je suis heureux? Oui, mec. Heureux comme un chat dans une poissonnerie, heureux comme un pédé dans un camp de boy scouts " (Dizzy Gillespie, dans une interview à Jazz Magazine en 1970).

 

- Grâce à Dizzy Gillespie, j'ai compris en une minute la différence rythmique entre le Jazz, la Salsa et la Bossa Nova. Quel pédagogue!

 

- Lorsque Dizzy vint avec son Grand Orchestre jouer en Europe en 1948, sur 17 musiciens, seuls lui et son pianiste, John Lewis, n'étaient pas toxicomanes. La traversée se faisait en bateau. Elle était longue. Certains jours, tout l'orchestre était malade sauf John et Dizzy qui, à deux, mangeaient un petit déjeuner pour 17 personnes.Cet homme était plus grand que la vie. Un appétit digne d'Alexandre Dumas.

 

- En 1999, John Lewis eut droit à une soirée spéciale à Paris au théâtre des Champs Elysées. J'eus la chance d'y être. Il joua en solo, en trio avec Didier Levallet (contrebasse) et je ne sais plus quel batteur, puis avec l'Orchestre National de Jazz dirigé par Didier Levallet. L'ONJ devait jouer le répertoire du grand orchestre de Dizzy, période 1946-1948 et un jeune trompettiste français devait jouer le rôle de Dizzy. Il a souffert de la comparaison. Techniquement, il était incapable de jouer aussi vite, aussi haut, aussi fort que Dizzy. Comme disait Dizzy à son élève Miles Davis: " Miles, tu joues les notes. Tu les joues juste une octave moins haut que moi ".

 

- Dizzy Gillespie avait choisi une femme comme arrangeur pour son orchestre dans les années 50, Melba Liston (trombone). Dans le milieu macho du Jazz de l'époque, c'était simplement incroyable.

 

- Dizzy Gillespie fut un ambassadeur du Jazz, jouant avec son orchestre, pour le Département d'Etat des années 50 à 70, triomphant dans le monde entier, jouant avec les musiciens locaux, rencontrant les gens, toujours curieux, avide de rencontres et de découvertes. Son dernier orchestre s'appelait le United Nations All Stars Orchestra. Il n'était pas sponsorisé par l'ONU mais aucun autre titre n'aurait pu mieux le définir.

 

- Dizzy Gillespie a joué avec Stevie Wonder sur " Do what I do " (1982). Il avait 65 ans et groovait toujours monstrueusement. " Ladies and Gentlemen, I have got the pleasure to present You on my album, Mr Dizzy Gillespie " annonce Stevie Wonder avant que Dizzy ne joue.

 

- Dizzy Gillespie fit des apparitions mémorables au " Muppet Show " et au " Cosby Show ". C'est dans un autre show, en direct à la télévision américaine, qu'interrogé sur la méthode pour sonner puissamment à la trompette, il répondit, au grand effroi de son épouse Lorraine ( il composa pour elle une superbe ballade " Lorraine "): " Il faut serrer le trou du cul. Ca contracte le diaphragme et rend plus puissante votre colonne d'air ".

 

- Au festival d'Antibes Juan les Pins en 1962, il joua de la trompette dans la Mer Méditerranée, lui en haut, le pavillon de la trompette en bas. Malheureusement, ce ne fut pas enregistré, juste photographié. L'album enregistré sur place le fut sans public, les applaudissements, bruits de la Mer et des enfants étant rajoutés. Il demeure pourtant mon anti stress préféré.

 

- Parmi les nombreuses compositions de Dizzy Gillespie, il y a en au moins une qu'aucun Jazzman digne de ce nom ne peut ignorer, c'est " A night in Tunisia " composée en 1942 lors de la bataille de Tunisie entre Alliés et Afrika Korps, subtile évocation de la musique orientale.

 

- Dizzy Gillespie a toujours été fier d'être Noir. Après les Cubains, les Jamaïcains, les Brésiliens, il a été au Nigeria apprendre les rythmes des maîtres Yoruba. " L'avenir du Jazz? Le retour aux sources. Un homme seul avec son tambour " ( Dizzy Gillespie).

 

- Dizzy Gillespie fut deux fois candidat à la présidence des Etats Unis d'Amérique, en 1964 et en 1972. Pas une campagne sérieuse mais, à l'époque, il était impensable qu'un Noir devienne président des Etats Unis. Alors, pourquoi le faire sérieusement?

 

- Dizzy Gillespie jouait d'une trompette coudée avec les joues gonflées. Personne ne vous apprendra à jouer de la trompette comme ça. Lui non plus ne l'a pas appris de cette manière. Il a juste fait comme il le sentait. Même Maurice André, trompettiste classique par excellence, l'admirait.

 

- Né Noir à Cheraw, Caroline du Sud en 1917, Dizzy Gillespie reconnaissait qu'il ne savait pas jouer le Blues, ce n'était pas son truc. Par contre, entendre des petits blancs anglais prétendre savoir jouer le Blues l'énervait au plus haut point.

 

- Dizzy Gillespie était un grand ami de Yannick Noah. Malheureusement, musicalement, il n'a exercé aucune influence sur lui.

 

- Lorsqu'il fut convoqué à l'examen médical pour entrer dans l'US Army en 1941, suite à Pearl Harbor, John Birks Gillespie se présenta devant le médecin, nu, tenant sa trompette enveloppée dans du papier journal devant son sexe. Devant le médecin médusé, il déclara: " Vous voulez me donner une arme pour aller tuer des Allemands en Europe. Personnellement, je n'ai rien contre les Allemands, ils ne m'ont jamais rien fait. Par contre, qui me fait c...depuis ma naissance aux Etats Unis d'Amérique, l'homme blanc. Si vous me donnez un fusil, je risque de tuer le premier officier blanc américain qui me passera sous le nez ". John Birks Gillespie fut déclaré fou, inapte au service militaire et resta à New York jouer de la musique alors que deux des futurs membres de son orchestre, John Lewis (piano) et Kenny Clarke (batterie) se rencontraient en Normandie, dans le salon d'un château, autour du piano. C'est en raison de ce genre d'attitude qu'il fut appelé Dizzy (le Dingue).

 

Pour en savoir plus sur Dizzy Gillespie, écoutez sa musique (surtout les enregistrements avec Charlie Parker en petite formation et Chano Pozo en grande formation qui demeurent des moments marquants de la musique du XX° siècle; Avec Stan Getz, il sonne terriblement bien aussi.) et lisez son Autobiographie " To be or not to bop ", traduite en français par sa douce amie Mimi Perrin, créatrice des Double Six, groupe de Jazz vocal français avec lequel Dizzy Gillespie et son élève Quincy Jones jouèrent.

 

Dizzy Gillespie était même capable de diriger un orchestre avec des mouvements de hanche et du bassin contraires à l'ordre public et aux bonnes moeurs. Sa musique devrait être recommandée par la Faculté de médecine, remboursée par la Sécurité Sociale pour ses vertus anti dépressives, vitalisantes, dynamisantes, euphorisantes. La preuve ci-dessous.

 

" Jivin in Be Bop " date de 1947. Dizzy Gillespie en est la vedette tout du long avec son grand orchestre (sans Chano Pozo malheureusement), chanteuse, danseuses, danseurs. Le spectacle dure 57mn. C 'est parti.

 

 


 

 

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Dan Tepfer en concert à New York et en Europe en janvier 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Eminentes lectrices, majestueux lecteurs, voici l'actualité, pour le mois de janvier 2013, du pianiste franco-américain  Dan Tepfer qui réjouit nos esprits des deux côtés de l'Océan Atlantique.

 

Dan Tepfer et Ben Wendel

 

 

Le portrait de Dan Tepfer en duo avec Ben Wendel est l'oeuvre de l'Eminente Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitute une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

A New York City, USA:

 

- Samedi 5 janvier de 13h à 14h, concert solo sur les Variations Goldberg à la Chapelle Saint Paul de Manhattan. Pour ceux qui, comme moi, ne pourront y assister, le concert sera filmé.

 

- Vendredi 11 janvier à 20h au Zinc Bar dans le cadre du Winter Jazz Fest, duo avec Lee Konitz auquel s'ajoutent un quartet àcordes et des iPhones. Nouveau concept pour ce duo augmenté.

 

- Samedi 12 à 21h15 au Zinc Bar dans le cadre du Winter Jazz Fest, Dan Tepfer jouera au sein du Alexis Acuardo's A Lorca Sound Project. A découvrir sur pièces et sur place comme disent les comptables.

 

En Europe:

 

- Mardi 15 janvier: solo à Gand (Belgique)

 

- Jeudi 17 janvier: solo à Paris (France)

 

- Vendredi 18 janvier: trio avec Stéphane Kerecki (contrebasse) et Anne Pacéo (batterie) à Lausanne (Suisse) au Club Chorus.

 

- Mardi 22 janvier: trio à Munich (Allemagne)

 

Enfin l'album du duo Dan Tepfer/Ben Wendel sortira chez Sunnyside Records, aux Etats Unis d'Amérique et en Europe, le mardi 12 mars 2013.

 

Voici Dan Tepfer en trio à Paris, au Sunside en 2009. La musique a mûri depuis. Vous pourrez vous en apercevoir, éminentes lectrices, majestueux lecteurs à Lausanne ou à Munich en janvier 2013.

 

 

 


 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris pour janvier 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Sages lectrices, prudents lecteurs, fidèles abonnés au Jazz et à l'électricité, recevez tous mes voeux de santé et de prospérité pour 2013, année à l'aise.

Pour bien commencer l'année, voici ma sélection de concerts de Jazz à Paris pour le mois de janvier 2013 choisis avec le même respect des règles démocratiques qu'un président de parti politique français (celui de votre choix).

Sarah Murcia

 

La photographie de Sarah Murcia est l'oeuvre du Philogyne Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Péniche l'Improviste

Vendredi 18 à 21h30: le trio Bruno Angelini (piano)/Mauro Gargano (contrebasse)/Fabrice Moreau (batterie). Je vous ai déjà chanté les louanges de l'album et d'un précédent concert de ce trio. Allez y donc, saperlipopette! Pour ceux qui ne peuvent y assister en direct, la 2e partie du concert sera diffusée en direct à partir de 22h30 dans le Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique. La première partie sera diffusée en différé dans une émission ultérieure. Pour tout vivre en direct, il faut y être.

Mercredi 23 à 21h30: Pierre Durand (guitare) invite Sébastien Texier (saxophones) et Christophe Marguet (batterie). A découvrir sur pièces et sur place. Rien n'est prévisible avec ces gaillards.

Le Triton (Les Lilas, métro Mairie des Lilas)

Samedi 19 à 21h: Caroline de Sarah Murcia. Là encore, je vous ai déjà chanté les louanges de l'album (concept autour de Caroline , chérie et bibi) et d'un précédent concert. Toute absence devra être motivée sérieusement.

Jeudi 31 à 21h: Birge/Hoang/Perraud " Rêves et cauchemars ". Jean Jacques Birgé (claviers, électronique)/Antonin Tri-Houang (sax alto, clarinette basse)/Edward Perraud (batterie). Bizarre, vous avez dit bizarre?

Auditorium Saint Germain:

Lundi 21 à 19h30: Leçon de Jazz d'Antoine Hervé " Julian Canonball Adderley, Soul Brother du saxophone " avec Pierrick Pédron (sax alto). Enfants, adultes, vieillards, venez profiter du Gai Savoir d'Antoine Hervé!

Studio de l'Ermitage:

Jeudi 17 à 20h30: Akasha Quartet avec Yves Rousseau (contrebasse, composition)/Régis Huby (violons)/Jean-Marc Larché (saxophones alto, soprano)/Christophe Marguet (batterie). Yves Rousseau a décidé de rester entre hommes, entre instrumentistes se passant des voix somptueuses de Claudia Solal et Maria Laura Baccarini. Pari audacieux qu'il est capable de tenir.

Jeudi 31 à 20h30: le quartet de Macha Gharibian (piano, chant). Elle n'est pas Tigran Hamasyan mais elle vaut le déplacement. Certes les racines arméniennes sont fortes (elle aussi joue Komitas) mais elle chante aussi la poésie de William Blake et de William Parker. A découvrir.

Les Disquaires:

Un bar près de la Bastille avec des concerts gratuits de Jazz (consommation obligatoire de boisson pour payer les musiciens et la salle) à 20h. Pour la plupart, je ne les connais pas, allez les découvrir. 

Mercredi 30, 20h: le Bounce Trio de Matthieu Marthouret (orgue Hammond) avec Gautier Garrigue (batterie). Pour faire des bonds de joie sur votre chaise, écoutez le Bounce Trio!

 

Duc des Lombards:

Festival " French Quarter ". Le mois de janvier 2013 est consacré au Jazz français. Parfaitement, Messieurs, Dames!

Mardi 15 à 20h et 22h: " Caja Negra " le projet sudiste, de la Méditerranée aux Caraïbes du saxophoniste ténor niçois Pierre Bertrand.

Lundi 21, mardi 22 à 20h et 22h: le Roi René Urtreger (piano) en trio avec Yves Torchinsky (contrebasse) et Eric Dervieu (batterie). La classe, forcément la classe.

New Morning:

Dimanche 13 à 19h: Roy Ayers (vibraphone, claviers, chant) fête ses 70 ans sur scène avec un nouvel album. Un des artistes les plus samplés au monde. 

Mardi 22 à 20h et 22h: deux concerts d'Emmanuel Bex (orgue Hammond) pour le prix d'un. D'abord avec son Open Gate Trio (Francesco Bearzatti: sax ténor, clarinette/Simon Goubert:batterie) actuel, autour d'un programme Bartok dont j'ai louangé l'album et un précédent concert puis la reconstitution d'une ligue dissoute, le trio BFG qui n'est pas un vaccin mais l'ensemble composé par Emmanuel Bex/Glenn Ferris (trombone)/Simon Goubert (batterie). Une soirée où les idées et la beauté vont fuser.

Mercredi 30 à 20h30: Lonnie Liston Smith and the Cosmic Echoes. Avec ces gaillards, nul besoin de substances illicites, nocives pour la santé et la couche d'ozone, pour groover et planer comme jamais. Il suffit d'écouter leur musique.

La Java

Lundi 21 à 20h30: Jazz à la Java. Soirée spéciale guitares. Richard Bonnet&Hasse Poulsen (guitares) rejoints ensuite par Pierre Durand (guitare) et Régis Huby (violon). Les guitares sont lâchées!

Cité de la Musique:

l'exposition "  Django Reinhardt, le Swing de Paris " se terminera le mercredi 23 janvier 2013. Excellente initiation au Guitariste Gitan Génial pour les petits et les grands. Le seul Jazzman français connu par son seul prénom qui est, de plus, devenu un standard du Jazz: " Django " (John Lewis).

Sunset-Sunside:

Mardi 1er à 20h30: " Byard by us " par le trio de Pierre Christophe (piano). Un hommage vivant et vibrant à son Maître Jaky Byard, fidèle pianiste de Charles Mingus ou comment commencer l'année en beauté. 

Mercredi 2, jeudi 3 à 21h30: le trio Bex/Romano/Catherine. Une valeur sûre et pas démonétisée.

Vendredi 4, samedi 5 à 22h: Aldo Romano (batterie) invite Emmanuel Bex (orgue Hammond) et Géraldine Laurent (saxophone alto). Même remarque que le concert précédent.

Jeudi 10, 21h: Laurent Coq " Gratitude ". Retour sur scène pour le pianiste militant après plusieurs mois de maladie.

Mardi 15, mercredi 16, jeudi 17 à 21h: le trio Larry Goldings (orgue Hammond)/Peter Bernstein (guitare)/Bill Stewart (batterie). Super efficace, sérieux sans se prendre au sérieux. Que du bonheur!

Vendredi 18 à 21h: le New Quartet de Leila Olivesi (piano, claviers). Cette femme est aussi belle à voir qu'à écouter. Une enchanteresse. Navré, Messieurs, elle est mariée et mère de famille.

Jeudi 24 à 21h: Anne Pacéo (batterie) Yoka Quintet. Une femme de tête et de coeur avec ses hommes. 

Jeudi 24, vendredi 25, samedi 26 à 21h30: Bob Mover (sax alto), ancien complice de Chet Baker, sur scène avec Bob Cranshaw, l'inamovible (contre)bassiste de Sonny Rollins. Pour amateurs de Jazz exclusivement.

Mardi 29, mercredi 30, jeudi 31 à 21h: Elina Duni (chant albanais) revient avec le trio du pianiste helvète Colin Vallon défendre son nouvel album que je n'ai pas écouté. Une voix et une présence envoûtantes portées par une rythmique en acier trempé.

 

Bob Mover sur scène jouant sa composition " Blues for Bobby Ward ", ça donne ceci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le " Supplément d'âme " de Jean-Philippe Viret emporte le Café de la danse

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Jean-Philippe Viret Quartet

" Supplément d'âme "

Paris. Le Café de la danse.

Vendredi 21 décembre 2012. 20h.

 

Jean-Philippe Viret: contrebasse, composition, direction

Eric-Maria Couturier: violoncelle

David Gaillard: violon alto

Sébastien Surel: violon

 

Jean Philippe Viret

 

La photographie de Jean-Philippe Viret est l'oeuvre de l'Accordé  Juan-Carlos Hernandez. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Rubrique People: Emmanuel Bex et Edouard Ferlet, le producteur de cette musique, sont au nombre des spectateurs ce soir.

Rubrique technique: dans le quatuor à cordes de la musique classique, il y a un violoncelle, un violon alto et deux violons. Dans le quartet à cordes de Jean-Philippe Viret, sa contrebasse remplace un violon. Comme l'âme (pièce qui, après le chevalet, transmet les vibrations dans le corps de l'instrument à cordes) de la contrebasse est plus grosse que celle du violon, le nom du quartet " Supplément d'âme " s'explique aisément. Rien de prétentieux là dedans. Un simple constat technique.

Un air romantique, hivernal pour commencer. Logique pour le jour le plus court, celui de l'Apocalypse (la 182e repértoriée par les historiens européens). Seul le contrebassiste joue sans archet. Ca berce l'âme comme une douce vague. Au tour de la contrebasse d'exposer le thème à l'archet alors que le violoncelle est pincé délicatement. Le thème passe ainsi de musicien en musicien. De gauche à droite de la scène, vu du public, se trouvent le violon, le violon alto, la contrebasse et le violoncelle. Un vrai silence avant les applaudissements. C'est de la musique de concert, pas de café. 

Le violoniste commence seul. Puis le violoncelliste et le contrebassiste lui répondent vivement et gravement à l'archet. Deux couples se font face: violon-alto, contrebasse-violoncelle. Ca glisse d'un côté, ça gratte de l'autre. Ensuite ça tapote à gauche avec les mains sur les corps des instruments alors qu'à droite contrebasse et violoncelle filent doux sous les archets. Ca repart à nouveau avec les deux couples précités. La tension monte. L'héroïne sera t-elle délivrée à temps du dragon par son preux chevalier servant? L'alto le fait arriver à grandes chevauchées triomphantes. C'est lui qui conclut. J'en déduis que le chevalier est arrivé à temps.  

C'était " Justice " puis " Esthétique ou pathétique? ".  Voici une nouvelle composition de Jean-Philippe Viret " Le rêve usurpé ".

Solo de contrebasse à l'archet pour commencer. Sombre, dense, majestueux. Le violoncelle lui répond en partant de son point d'arrivée. Puis les deux violoneux enchaînent. Le quartet reprend. Cela fait une grande caresse qui nous berce. JP Viret reprend en pizzicato en duo avec l'altiste. Cela devient plus Swing, plus Jazz. Ca bataille joyeusement à qautre entre romantisme et jazz. Ils reviennent au romantisme glissant doucement vers le final. Ca c'est de la maîtrise. 

" Les barricades mystérieuses " pièce pour clavecin de François Couperin (1668-1733) arrangée par JP Viret qui y voit une évocation des dessous féminins. Jolie définition. " J'avoue de bonne foi que j'aime mieux ce qui me touche que ce qui me surprend " (François Couperin).  S'il est possible d'avoir les deux en même temps, c'est encore mieux mais, à défaut, je partage cet avis. Un morceau touché par la grâce où tous commencent en pizzicato. Tout se balance doucement comme une escarpolette pousée doucement par un galant derrière une jeune fille en fleur. Un pur délice. Je hoche la tête de contentement, de joie béate. Les musiciens restent en pizzicato, violon et alto sonnant comme des mandolines alors que contrebasse et violoncelle gardent le tempo. Un très joli exercice de style: une fantaisie galante à cordes et sans cri. L'alto repart à l'archet planant au dessus de la rythmique. Contrechant du violon à l'archet, à son tour. Le contrebassiste tient le tempo dans ses mains alors que ses trois complices glissent, subreptices. Cela sonne Français, Grand Siècle et d'aujourd'hui, bref intemporel. Le supplément d'âme n'est pas que matériel dans ce quartet.

Un morceau rapide, grave où tous commencent à l'archet. La course du chevalier pour délivrer sa belle a repris. Au loin résonne l'écho d'une noce. Va t-elle épouser celui qu'elle n'aime pas? Diable! Ca bataille ferme. Le chevalier affronte de fiers adversaires. Des petits tapotements discrets. Le chevalier essaie de se faufilerjusqu'à sa bien aimée. Le chant triste de la belle s'élève pour l'appeler (alto). Le chant à l'unission du final me laisse espérer qu'ils se sont retrouvés. 

" Pierre Daura " composition de JP Viret en hommage au peintre. Dieux que le spectateur est mal assis au Café de la danse! Cela vous brise le dos et les jambes. Certes la musique élève l'âme mais le corps a ses exigences. La musique est une ballade qui s'étire paresseusement comme un fleuve. La Loire dans ses îles et ses méandres. 

Un morceau rapide lancé sur la contrebasse à l'archet. Les autres instruments enchaînent. Ca y est c'est la danse nuptiale des amoureux enfin réunis. La noce peut commencer. Du sentiment, de l'action, du mouvement, de l'émotion. Ce concert est digne d'un roman d'Alexandre Dumas, un de mes écrivains favoris, lectrices lettrées, lecteurs érudits. Les archets glissent délicatement, le solo du contrebassiste à mains nues est tout à fait Jazz. La sarabande reprend. C'est la noce au village. Au violon alto de mener la danse et prestement même. Retour au calme pour un moment d'étreinte des jeunes époux. La danse revient vite. Le public, enthousiaste, tape des pieds et des mains pour obtenir un rappel.

RAPPEL

Suivant l'usage des musiciens classiques, c'est un bis. Ils rejouent " Esthétique ou pathétique ". Trois des musiciens de ce quartet jouent habituellement du classique. La voix de la majorité l'a emporté.

Un premier concert de ce quartet m'avait déplu. L'album me charme et ce concert m'enchante. Est ce moi, la musique ou les deux qui ont évolué? Ce qui est certain, c'est que la richesse, la finesse de cette musique méritent plusieurs écoutes attentives. Je compte sur vous pour vous y employer séance tenante, généreuses lectrices, munificents lecteurs.

 

Tout cela est mené de main de maître par le contrebassiste Jean-Philippe Viret. Pour découvrir l'homme et l'artiste, voici son portrait.

 

 


 


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