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57 résultats pour “BB King

RIP BB King (1926-2015)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices funky, lecteurs bluesy, comme moi, vous êtes en deuil suite au décès de BB King le jeudi 14 mai 2015 à Las Vegas, Nevada, USA.

BB King était né en 1926 comme Chuck Berry, toujours en vie. Le roi du Blues et celui du Rock'n Roll. AC/DC et ZZ Top ont choisi leurs noms en hommage à BB King. Lui même avait choisi son nom de scène parce qu'il avait fait une chanson publicitaire pour les King biscuits.

Pour un avis d'expert, je vous renvoie à l'écrivain français Gérard Herzaft, auteur de " La Grande encyclopédie du Blues " qui, traduite en anglais, est l'ouvrage le plus vendu aux USA sur le sujet. Il ne manquera pas d'écrire bientôt un article complet sur BB King.

BB King appelait sa guitare Lucile parce qu'un jour qu'il jouait dans un juke joint, éclairé par des lampes à pétrole, deux types ont y mis le feu en se battant pour une Lucile. BB King risqua sa vie dans les flammes pour sauver sa guitare comme Django Reinhardt le fit dans l'incendie de sa roulotte (Django y perdit l'usage de 3 doigts sur 5 à la main gauche).

Un beau jour de l'an de grâce 1968, BB King allait jouer à San Francisco, au Fillmore West, du Blues avec un groupe composé exclusivement de Noirs. Le groupe voyageait en bus. A l'arrivée, le chauffeur du bus, noir lui aussi, vit un groupe de Blancs qui attendait devant la salle. Que des Blancs, pas un Noir. Le chauffeur fit demi tour, croyant s'être trompé d'adresse. Après l'avoir relue, il revint au même endroit. Toujours ces jeunes Blancs qui attendaient pour un concert de Blues donné par BB King. Pas d'erreur possible. C'était la salle, c'était le public. BB King dit alors à ses musiciens: " Ca y est, les gars. Nous y sommes arrivés ". Ils avaient franchi la barrière raciale, avec une musique noire, le Blues.

J'ai vu BB King en concert à Rennes il y a 20 ans environ. Je me souviens d'un show calibré au millimètre et à la seconde près. Je me souviens de BB King nous disant que nous étions le meilleur public de sa tournée. Sur le coup, j'y ai cru. Après réflexion, je me suis dit qu'il disait cela chaque soir mais que c'était dit avec tellement d'empathie et de professionnalisme que j'y avais cru. Je me souviens surtout de passages où BB King jouait seul, assis, de sa guitare. Là, il était le Blues incarné. Imparable. Comme Chuck Berry, il avait trouvé un style, le sien, et n'en avait jamais varié. Aux autres d'évoluer. Changerait-on la forme des pyramides d'Egypte? On ne changeait pas BB King.

En souvenir de BB King, lectrices funky, lectrices bluesy, je vous offre la chanson que lui composa Stevie Wonder " To know You is to love You " (1974) et un extrait du concert qu'il donna en Afrique, à Kinshasa, en 1974 pour le match du siècle entre Mohamed Ali et Georges Foreman: " Everybody want to know why I sing the Blues ". Rien à ajouter.

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Natalia M King " Bluezzin t'il dawn "

Publié le par Guillaume Lagrée

Natalia M King

" Bluezzin t'il dawn "

Challenge Records . 2016.

Natalia M King: guitare, chant

Anthony Honnet: piano

Anders Ulrich: contrebasse

Davy Honnet: batterie

Ronald Baker: trompette

Xavier Sibre: saxophone, clarinette, flûte.

Lectrices bluesy, lecteurs groovy, retrouvez vous autour de la voix de Natalia M King. Née en 1969 à New York, d'une famille dominicaine (la République, pas l'ordre monastique!), elle a fait la route d'Est en Ouest, de New York City à Los Angeles et a fini par poser guitares et bagages en France.

Elle chante le Blues jusqu'à l'aube car le Blues n'a rien de désespéré. Il existe des Blues sarcastiques, érotiques, politiques. Elle chante un classique " Don't explain " (n°2) sans faire oublier Billie Holiday ou Abbey Lincoln. Elle peut implorer comme dans " Love You madly " ( n°5) ou être sensuelle dans " Baby brand new " (n°6). Elle peut être tour à tour emportée et suppliante dans ' " You came and go " (n°8) et elle finit sur une pluie bienfaisante " A little bit of rain " (n°9) pour saluer l'aurore.

Ses musiciens sont à son service et ils font le job avec précision et émotion.

Quand vous vous nommez King comme Freddie King ou BB King et que vous prétendez jouer et chanter le Blues, vous avez intérêt à assurer.

Natalia M King assure et le Blues est toujours en vie jusqu'au bout de la nuit.

Natalia M King sera en concert en France:

- le samedi 23 juillet au festival de Jazz d' Andernos les Bains (Gironde, Aquitaine)

- le mardi 23 août au festival Musique en Champagne (Marne, Champagne)

- le vendredi 14 et le samedi 15 octobre au Jazz Club Etoile du Méridien à Paris (Ile de France)

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Défense et illustration du Blues

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Après le Swing, passons à l'autre élément fondateur du Jazz, le Blues.

 

 

Ron Carter

 

La photographie de Ron Carter est l'oeuvre du Bluesy Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

 

Pour le public français, le Blues est connu grâce à une chanson de Johny Halliday, une des rares qu'il ait écrites, " Toute la musique que j'aime, elle vient de là, elle vient du Blues ". Même pour ceux qui, comme moi, changent de chaîne dès qu'ils entendent Johny chanter, il faut le remercier pour cette chanson et pour avoir fait découvrir Jimi Hendrix, le " Bluesman de l'espace " comme disait  John Lee Hooker, au public français.

 

Pourquoi chanter le Blues? BB King  l'a clairement expliqué dans une de ses plus belles chansons " Why I sing the Blues ". Ecoutez bien les paroles. Rien à ajouter. 

 

Faut-il avoir ramassé le coton à la main pour avoir le Blues? Certainement pas. Miles Davis répliqua sèchement à une de ses professeurs à la Juillard School of Music: " Madame, mon père est dentiste, ma mère donne des cours de piano. Je n'ai jamais souffert de la faim, je n'ai jamais ramassé le coton et pourtant, il y a des matins où je me lève avec le Blues ". De fait, le seul élément stable de la carrière de Miles Davis de 1945 à 1991, c'est le Blues. La musique change, les musiciens qui l'entourent aussi et Miles joue toujours le Blues que ce soit en acoustique ou en électrique.

 

Faut-il être triste pour jouer le Blues? Pas du tout. Il existe des Blues sardoniques, humoristiques voire même politiques. Exemples le " If You see Kay " de Menphis Slim qui est apparemment une chanson triste pleurant un amour perdu sauf que cela peut aussi se lire " F. U. C.K ".Ou bien pour la politique le " H2O Gate Blues " de  Gil Scott Heron. H2O=Water (Eau) pour ceux qui ont oublié leur tableau de Mendeleiev.

 

 

Faut-il être un Africain Américain (terme politiquement correct actuel) né dans le Vieux Sud pour jouer le Blues? Dizzy Gillespie, natif de Cheraw en Caroline du Sud estimait ne pas savoir jouer le Blues et ça l'agacait beaucoup que des petits Blancs nés en Angleterre prétendent le savoir. Pourtant, c'est bien grâce aux Anglais que des Bluesmen aussi importants que Muddy Waters, Howlin Wolf (cf extrait audio au dessus de cet article. London Sessions, 1970, avec Ian Stewart, Bill Wyman et Charlie Watts la rythmique des Rolling Stones, Ringo Starr, le batteur des Beatles, Eric Clapton & Steve Winwood) ont pu passer à la télévision américaine en prime time, que BB King a pu devenir un artiste cross over. Eric Clapton, Eric Burdon, Mick Jagger, Keith Richards comptent dans l'histoire du Blues comme promoteurs et interprètes. Quant à Dizzy Gillespie et le Blues, lorsqu'il se trouva sur scène avec T Bone Walker dans une tournée  Jazz at The Philarmonic produite et présentée par Norman Granz , il assura bien évidemment.

 

En fin de compte, les mots ne sont jamais les mêmes pour expliquer ce qu'est le Blues comme dit Johny. Pour l'expliquer, je renvois mes lecteurs avides de savoir, mes lectrices assoiffées de connaissance aux travaux de l'excellent Gérard Herzaft, musicien et musicologue à qui rien de ce qui est Blues n'est étranger.

 

Comme l'Esprit Saint cher aux Chrétiens, le Blues se manifeste ou non.Voici quelques exemples de sa présence dans le Jazz.

 

A tout Seigneur tout honneur, Louis Armstrong, le Roi du Jazz, natif de La Nouvelle Orléans, était aussi le Roi du Blues. Le voici chantant et jouant en hommage à sa ville natale Basin Street Blues. Avec l'Impératrice du Blues, Bessie Smith, Louis se fait accompagnateur pour la version définitive de Saint Louis Blues

 

Il existe, à mon sens, une Sainte Trinité des chanteuses de Jazz, Ella Fitzgerald, la plus cross over, Sarah Vaughan  " The Divine Sassy " la plus belle et la plus virtuose, Billie Holiday " Lady Day " la plus Bluesy. La voici dans le premier Blues politique jamais enregistré " Strange Fruit ". Les paroles sont très claires. En 1939, Lady Day risqua sa vie et sa carrière sur cette chanson dont aucune maison de disques respectable ne voulait. Sur cette version des années 1950,  Mal Waldron est au piano. 

 

 

Comment mêler le Swing et le Blues pour créer du Jazz? La réponse est entre les mains du Colosse du Saxophone, Mr Sonny Rollins. Le voici dans une de ses plus bellles compositions " Blue Seven "  tirée de l'album qui lui donna son surnom " Saxophone Colossus ". 

 

Faire à partir du Blues traditionnel une oeuvre personnelle, unique, inimitable et immédiatement reconnaissable, c'était le truc de Thelonious Sphere Monk. Le voici jouant sous l'oeil amusé de son Maître Count Basie une composition qui lui resta comme surnom " Blue Monk ".

 

Existe t-il des Jazzmen français capables de jouer bluesy? Assurément oui. J'ai eu la chance dans mon existence d'assister à un concert du duo Eric Le Lann (trompette)/ Michel Graillier (piano) au Petit Opportun, club parisien aujourd'hui disparu. Nous devions être 15 spectateurs au maximum et ils jouaient comme si nous étions à Carnegie Hall. Michel Graillier nous a quitté mais sa musique demeure. Voici donc un souvenir de ce duo tiré de leur album " Trois heures du matin " une version inoubliable de " The Man I love " . 

 

 

Et pour clore cet article sur un sujet inépuisable, une chanson s'impose " Almost Blue " d'Elvis Costello par et pour Chet Baker.

Dans la vidéo ci-dessous Big Mama Thornton chante " Hound Dog ". Accompagnée par Buddy Guy à la guitare électrique. Oubliez Elvis Presley qui a repris cette chanson en lui faisant perdre tout sens. " Tu n'es qu'un chien galeux qui fouine à ma porte. Tu  ne cherches pas une femme mais un foyer ". Le Blues se vit et se chante aussi au féminin. 

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Les treize morts d'Albert Ayler

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Collectif, «Les treize morts d'Albert Ayler »,

Série Noire n°2442, NRF, Gallimard, Paris, 288p, 1996.


Albert Ayler, saxophoniste ténor, alto, soprano et compositeur noir américain né à Cleveland, Ohio, le 13 juillet 1936, retrouvé mort dans l'East River à New York City le 25 novembre 1970. La police a conclu à la noyade. Il n'y a pas eu d'autopsie.

Sur cette mort inexpliquée, quatorze auteurs de polars, dix Français, un Haïtien, trois Américains ont brodé quatorze scenarii différents. Quatorze alors que le titre est bien « « Les treize morts d'Albert Ayler ». Pourquoi cette différence ? Parce qu'un quatorzième auteur s'est ajouté en route.

La plupart pensent au suicide. Albert Ayler ne réussissait pas à vivre dignement de sa musique, son frère Don, trompettiste, était à l'hôpital psychiatrique à l'époque des faits. Quelques uns envisagent le meurtre notamment Michel Le Bris qui l'imagine même commandité par Miles Davis.

Albert Ayler est mort la même année que Jimi Hendrix. Ils n'ont jamais joué ensemble alors que leurs points communs sont frappants. Tous deux ont commencé leur carrière comme accompagnateurs de Géants du Blues : Little Walter (harmonica) pour Albert Ayler, BB King (guitare) pour Jimi Hendrix. Tous deux aimaient les hymnes nationaux (Star Spangled Banner et God save the Queen pour Jimi, La Marseillaise pour Albert qui a vécu en France comme soldat américain en 1960-61). Tous deux avaient un son d'une puissance inconnue jusqu'alors sur leur instrument respectif. Leur mort commune en 1970 relèverait du complot blanc contre le pouvoir noir (cf le livre « Free Jazz, Black Power » de Phillipe Carles et Jean Louis Comolli) selon Michel Le Bris. Dans ce cas, pourquoi James Brown, Soul Brother n°1, est-il mort dans son lit ?

Les nouvelles sont d'intérêt variable. Ma préférée est celle de Thierry Jonquet qui imagine le désordre causé au Paradis, section des Musiciens, par l'arrivée d'Adolphe Sax et de ses disciples, les saxophonistes de Jazz. Mozart et Beethoven adorent. Wagner déteste. Normal. Le Jazz ne peut se marier avec l'antisémitisme et le culte de la race supérieure.

Que jouait Albert Ayler ?
Des choses simples : blues, gospel, marches militaires.

Comment les jouait-il ?
Comme personne avant lui. Comme personne après lui. Il jouait avec les anches en plastique les plus dures, celles qui fendent les lèvres des blancs becs. Il fendait les murs comme les trompettes des Hébreux devant Jericho. La puissance de cette musique renverse les montagnes, fait danser les étoiles. La dernière apparition terrestre d'Albert Ayler eut lieu en France, à Saint Paul de Vence, dans les jardins de la fondation Maeght. Par deux belles nuits de la fin juillet 1970, après avoir baigné dans le bleu du ciel et de Chagall dans la journée, au milieu des mobiles de Calder et des hommes en marche de Giacometti, Albert Ayler ramasse sa musique, la densifie, la délivre. La rythmique piano/contrebasse/batterie est classique dans son jeu. Elle donne des points de repère à un auditeur dérouté par un tel maelström musical. Ces concerts furent enregistrés et filmés sous le titre « Albert Ayler. Les nuits de la Fondation Maeght ».

Treize, quatorze, cent versions de la mort d'Albert Ayler ne nous en consoleront pas. Puissent ces nouvelles donner envie aux lecteurs de plonger dans la musique d?un homme plus grand que la vie.

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Why Cie enflamme les Combustibles

Publié le par Guillaume Lagrée

Why Cie?+ Invités.

Les Combustibles. Paris. Jeudi 1er avril 2010. 20h30.

 

pierrick-p-dron.jpg

 

Why Cie:

Yann Cléry: flûte traversière, chant, MC

Olivier Calmel: claviers

Martin Guimbelot: contrebasse

Rémy Voide: batterie

 

Invités:

Pierrick Pédron: saxophone alto

Jérôme Barde: bardophone (guitare électrique)

Juan Rozoff: chant

 

La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre du Funkallero Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Le concert a démarré à 21h20 au lieu de 20h30. En semaine, sachant que de nombreux spectateurs doivent se lever le lendemain matin pour aller gagner leur pain à la sueur de leur front, ce n'est pas respectueux du public.

 

Après une intro à la flûte, genre Ka, le serpent du Livre de la Jungle, ça tourne en boucles groovy, puissantes. La flûte plane au dessus d'un gros brouet sonore. Le flutiste chante, brame en angliche. La contrebasse, très amplifiée, sonne comme une basse.

 

C'est tout de même le son boisé de la contrebasse. Tchik, poum, tchik du batteur. Décidément, le flutiste aime l'ambiance Livre de la Jungle. Enfin, option jungle urbaine. Olivier Calmel quitte l'habit du compositeur raffiné ultra contemporain pour celui du Keyboard Wizard à la Bernie Worrell. Y aurait il du Dr Jekill et Mr Hyde chez cet homme? La musique prend forme. C'est hypnotique, puissant, allégé par la flûte et ça ne ressemble pas à une énième copie de Bitches Brew ou des Head Hunters. Personne n'ose encore danser sur la piste. 

 

Je pense que Yann chante en français sur cet air de ballade mais l'hypothèse reste à confirmer. La musique s'accélère, le chant aussi. Ca devient bondissant, sautillant pour replonger dans la volupté langoureuse l'instant d'après.

 

S'ensuit une sorte de ragga plein de bonnes vibrations. Là, il me semble que Yann chante en anglais mais cela reste à démontrer. Indéniablement, ces petits Blancs groovent bien derrière ce grand Noir. Deux avantages majeurs à ce concert: les filles sont plus belles que dans les clubs de Jazz et les places 3 fois moins cher. C'est vrai que ce n'est pas du Jazz et que la Why Cie n'est pas encore dans le Star System. Profitons en avant qu'ils ne s'y vautrent. Je préfère Yann Cléry flutiste à Yann Cléry chanteur. Certes le chant lui permet de déployer son goût pour l'extraversion. C'est le Cab Calloway du raggamuffin en fait. Quand il joue de la flûte, c'est plus sérieux. Derrière ça tourne bien. Olivier est un bon trafiquant de sons, comme disent les Colombiens, aux claviers.

 

Voici venu le temps non pas des rires et des chants mais du morceau de Jazz. Intro par un solo de flûte. Le groupe le rejoint. Ca sonne plus cool, plus jazz en effet. Ah un vrai solo de contrebasse Jazz! Ca allège agréablement. Olivier bondit comme un jeune cabri derrière ses claviers. Joli bruitage entre chant et souffle sur la flûte.

 

Premier invité: Jérôme Barde et son bardophone, guitare électrique qu'il a dessiné et conçu lui même (la caisse a une forme de haricot rouge ). Kouti Kouti. Jolis bruitages entre chant, souffle et flûte qui rappellent le regretté Rahsaan Roland Kirk. Un son mouillé, tordu sort des claviers. C'est fait pour danser debout alors que le précédent morceau était fait pour écouter assis. Nette influence ouest africaine dans les rythmes.

 

Deuxième invité: Pierrick Pédron au saxophone alto. La sonorité délicatement acidulée du saxophone vient alléger ce son très compact. Joli solo de claviers à partir duquel Pierrick s'élance joyeusement. Le son de Pierrick tranche à vif la masse sonore de la rythmique.

 

Le groove s'étire comme un accordéon. Ca balance joyeusement. Jérôme et Pierrick se joignent à la fête. Il y a aussi un coté Babs Gonzales, Monsieur Be Bop, chez ce chanteur. La rythmique pousse derrière un Pierrick de haute volée. Fausse fin puis ça repart joyeusement tous ensemble, tous ensemble, ouais!

 

PAUSE

 

" Summertime " de George Gershwin traité en électro groove. J'ai entendu récemment Jozef Dumoulin procéder à la même opération. Gershwin est décidément inusable. Là je reconnais les paroles. Pierrick prend possession de la scène. Ca tourne bien compact derrière et, en bon demi de mêlée, Pierrick distribue le jeu en stratège.

 

Pierrick s'en va et cède sa place à Jérôme accompagné de Juan Rozoff. Juan Rozoff est le seul Français capable de chanter du Prince en étant lui aussi Superfunkycalifragisexy. Il commence par chanter " Feel U up " une face B de Prince.

 

Groove léger. Son agréable de la flûte. Ca chaloupe bien. La rythmique est dense mais avec des superpositions.

 

Un nouveau morceau aux rythmes ouest africains. Quelques audacieux dansent.

 

S'ensuit un morceau très funky, dans le style de la programmation de Couleur 3 sur la Radio Suisse Romande. Le groove est dense, compact et le chanteur rappe impeccablement. Il semble qu'une certaine Lucille ( comme la guitare de BB King) lui ait brisé le coeur. retour à la flûte.

 

Pierrick et Jérôme remontent sur scène. Groove très profond et souple de la contrebasse. Le batteur martèle sans matraquer. La flûte plane au dessus. Ca fait onduler les gazelles. Groove très dense, sombre que viennent éclairer guitare et sax alto. Ca finit sur un solo de sax Hyperbolicsysquadellimystic. Au moins.

 

Ca repart sur un funk souple, princier, doux et humide.

 

Ma chronique s'arrête là. Ensuite j'ai dansé. La Why Cie et ses amis avaient gagné la partie.

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COMMUNIQUE: signature d'un accord entre la SACEM, Universal Music et Youtube

Publié le par Guillaume Lagrée

COMMUNIQUE

DE LA SACEM

 

Bonjour à tous,

 

Veuillez trouver ci-joint et ci-dessous le CP relatif à l'accord conclu entre la Sacem et YouTube, présenté en vidéo par Cécile Rap-Veber, Directeur des Licences de la Sacem.

 

Cordialement,

 

http://www.youtube.com/watch?v=0kB44jdwPF0

 

 

La SACEM, Universal Music Publishing International, et YouTube signent un accord de portée internationale au bénéfice des auteurs et compositeurs.

 

Paris, le 3 avril 2013

La Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique (SACEM), Universal Music Publishing International (UMPI), et YouTube ont annoncé avoir conclu un nouvel accord définissant les conditions de l'utilisation dans 127 pays à travers l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique, et l'Asie, du répertoire de la SACEM et du répertoire anglo-américain d'UMPI dans les vidéos présentes sur You Tube. Ce contrat permet une plus grande transparence, en raison d'une meilleure coordination dans l'échange des données, tout en assurant une juste rémunération des ayants droit en étant pleinement associés aux revenus générés par la plateforme.   

L'accord couvre tous les types de vidéos diffusées sur YouTube, y compris les contenus générés par les utilisateurs.

Cette convention a été conclue dans le cadre de DEAL (Direct European Administration and Licensing), initiative commune de la SACEM et d'UMPI pour la création d'un pôle unique, réunissant des ressources conjointes à la fois techniques et opérationnelles, de délivrance de licences multi-territoriales pour tout type de média en ligne, au rang desquelles figure désormais cet accord avec YouTube.

Les droits des auteurs et compositeurs d'Universal Music Publishing membres des autres sociétés d'auteurs européennes resteront toutefois soumis aux accords conclus par ces dernières avec You Tube.

 

Jean-Noël TRONC, Directeur Général de la SACEM : « La SACEM est fière d'être la première société d'auteurs au monde à signer un accord de cette ampleur avec YouTube, leader mondial des plateformes de vidéos musicales. Ce contrat témoigne de notre volonté d'améliorer tant la visibilité des créations de nos membres, et celles représentées par notre partenaire UMPI, que leurs rémunérations, et ce, avec YouTube, vecteur incontournable de découverte d'œuvres musicale sur internet. »

 

Zach Horowitz, Président Directeur Général d'Universal Music Publishing Group : « Universal Music Publishing International se félicite de cet accord avec YouTube, conclu dans le cadre de DEAL, qui va permettre la juste rémunération des auteurs et compositeurs que nous avons le privilège de représenter. Le marché du numérique ne peut se développer que si les créateurs reçoivent une rémunération juste aux termes d'accords de licences innovants et efficaces. Nous sommes fiers d'être à l'avant-garde de cette évolution avec notre partenaire la SACEM. »

 

Robert Kyncl, Directeur des Partenariats Monde de YouTube : « Grâce à de tels partenariats, YouTube démontre être un tremplin tant pour les artistes établis que pour la future génération de talents musicaux, et ce, à travers le monde. Nous sommes ravis d'avoir pu trouver un accord avec la SACEM et UMPI qui, en s'ajoutant aux licences locales existantes avec les sociétés d'auteur de plus de 40 pays, est une très bonne nouvelle pour les compositeurs, les auteurs, les artistes, et toute la filière musicale dans son ensemble. »

 

À propos de la SACEM

La SACEM a pour vocation de représenter et défendre les intérêts des auteurs, des compositeurs et des éditeurs de musique en vue de promouvoir la création musicale. Sa mission essentielle est de collecter les droits d'auteur et de les répartir aux ayants droit dont les œuvres ont été diffusées ou reproduites. Organisme privé, la SACEM est une société civile à but non lucratif gérée par les créateurs et les éditeurs de musique. Elle compte près de 145 000 sociétaires français ou étrangers et pouvant représenter plus de 62 millions d'œuvres musicales composant le répertoire mondial.

 

À propos d'Universal Music Publishing International

UMPI est l'un des plus grands éditeurs de musique au monde et représente tous les genres musicaux et parmi les plus célèbres des créateurs et des catalogues, d'aujourd'hui comme d'hier, avec notamment : ABBA, Adele, Alex Da Kid, Lily Allen, Beach Boys, Beastie Boys, Irving Berlin, Justin Bieber, Leonard Bernstein, Bjork, Café Tacuba, Mariah Carey, Desmond Child, The Clash, Coldplay, Elvis Costello, The Cure, Eminem, Ester Dean, Jörgen Elofsson, Danny Elfman, Gloria and Emilio Estefan, Billy Joel, Juan Gabriel, Al Green, Axl Rose (Guns N' Roses), Jimi Hendrix, Hunter Hayes, Imagine Dragons, Elton John/Bernie Taupin, Joy Division, R. Kelly, The Killers, BB King, Luke Laird, Linkin Park, the Mamas and Papas, Henry Mancini, Maroon 5, Miguel, Mumford & Sons, Randy Newman, Steve Perry, Otis Redding, Darius Rucker, Carole Bayer Sager, Gustavo Santaolalla, Sex Pistols, Paul Simon, Britney Spears, 3 Doors Down, Justin Timberlake, T-Pain, U2, Diane Warren, Andrew Lloyd Webber, Wisin Y Yandel, et Bill Withers. UMPI est également leader en matière de musique classique, de Gospel et musique religieuse, ainsi que de musique d'illustration. De plus, UMPI joue un rôle majeur dans les secteurs de l'audiovisuel et du cinéma en étant l'éditeur des musiques des productions de Warner Bros, Entertainment, Universal Studios, HBO, DreamWorks, NBC, et Sesame Workshop, entre autres. Plus d'informations sont disponibles sur www.umusicpub.com. Vous pouvez aussi suivre l'actualité d'UMPI et être destinataire d'informations et photos exclusives en suivant @UMPIG sur Twitter et Instagram, en vous abonnant à la page dédiée « Universal Music Publishing Group » sur Facebook, ou encore en rejoignant notre communauté sur Foursquare en LinkedIn.

 

À propos de YouTube

YouTube est la plus grande plateforme communautaire de vidéo sur l'internet, et permet à des millions d'internautes de découvrir, de regarder et de partager des vidéos originales. YouTube propose également un forum permettant aux utilisateurs de se rencontrer, mais aussi d'informer et d'inspirer d'autres personnes situées aux quatre coins du globe. Ce forum fonctionne comme une plate-forme de distribution destinée aux créateurs de contenus originaux et aux annonceurs, quelle que soit leur taille. YouTube LLC est située à San Bruno, Californie, et est une société de Google Inc.

 

Lectrices curieuses, lecteurs fouineurs, vous vous demandez certainement combien concrètement vont toucher les Jazzmen et Jazzwomen diffusés sur Youtube, site qui a passé un accord avec over-blog ce qui me permet d'ajouter leurs vidéos en illustration des articles de ce blog. J'ai posé la question à la SACEM. Voici sa réponse dont je l'ai remercié: 

 

Tout dépend de la date de mise en ligne de leur vidéo. Si la vidéo a été mise en ligne en 2013, comme nous venons tout juste de signer l’accord, les répartitions se feront dans plusieurs mois.


Pour les vues 2010-2012, le paiement devrait se faire en juillet 2013 et sur cette période la Sacem paiera les vues France. Les calculs n’étant pas encore terminés, nous ne pouvons pas encore communiquer de montants.

Pour les vues 2006 à 2009, le paiement s'est fait en avril 2011 par analogie avec les droits qu’a reçus le créateur sur la période. La Sacem a payé les vues France.

 

Quant au pourcentage attribué à l'auteur, à l'interprète, à Youtube, à EMI,à la SACEM, chut, c'est un secret. Par exemple, entre Médéric Collignon (artiste SACEM), Stacey Kent (qui n'est pas une artiste Universal) et Ben E King, l'auteur de " Stand by me " pour la diffusion de la vidéo ci-dessous.Que cela ne vous empêche pas de l'apprécier lectrices curieuses, lecteurs fouineurs.

 

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Daniel Humair " En résonance " au cinéma Balzac à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Humair

" En résonance "

Festival Jazz et Images

 Cinéma Balzac

Paris. Vendredi 13 octobre 2017. 21h

Première partie: projection du film " En résonance " (2014) de Thierry Le Nouvel, consacré à Daniel Humair, batteur et peintre. 

Deuxième partie: concert du trio Daniel Humair - Stéphane Kerecki - Vincent Le Quang pour la sortie de l'album " Modern Art " chez Incises.

Daniel Humair: batterie

Stéphane Kerecki: contrebasse

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano

Bienvenue à la 37ème abonnée de ce blog. Que les Dieux et les Muses la protègent!

Toujours piloté par Vincent Le Quang, le festival Jazz et Images entame sa 3e saison au Cinéma Balzac à Paris. Daniel Humair y avait déjà organisé un Spécial Show en janvier 2016. Il revient avec le même trio mais un autre film. Il ne s'agit plus du Daniel Humair de 1961&1972 mais de celui de 2014. Daniel Humair, né à Genève en 1938, est toujours sur la brèche, jouant avec des musiciens dont il pourrait être le père ou le grand-père et multipliant avec eux sa créativité.

C'est ce que montre le film " En résonance " de Thierry Le Nouvel présenté en première partie de soirée. Je savais que Daniel Humair est aussi reconnu comme peintre que comme batteur mais j'ignorais qu'il aimât la boxe. " Le Jazz, c'est comme la boxe. Meilleur c'est, moins le public apprécie " (Georges Foreman, champion du monde des lourds). Freddy Saïd Skouma, né à Casablanca en 1958, ancien champion d'Europe des super welters, est un de ses grands amis. Il est d'ailleurs présent au cinéma Balzac ce soir. Avec Freddy, Daniel Humair enseigne à un jeune boxeur des mouvements de batteur, va admirer des gravures d'Albert Dürer et des élèves de Léonard de Vinci au département des Arts graphiques du Louvre, joue avec deux groupes fort différents: Sweet & Sour à Banlieues Bleues (plus contemporain) et le quartet de Nicolas Folmer au Duc des Lombards (plus classique). Il peint aussi, il vit avec sa Lucile qui n'est pas sa guitare comme BB King mais son épouse. Qu'll joue, qu'il peigne, qu'il boxe, Daniel Humair parle avec les mains. Il gratte, griffe, cogne, brosse, cingle, triture, frappe. C'est l'articulation cerveau main qui fait de l'homme l'animal le plus évolué de la Terre. Voir vivre et créer Daniel Humair est une leçon en ce domaine.Comme regarder jouer un autre Suisse, Roger Federer.

Après le film, le concert.

Chaque morceau est inspiré d'un peintre. Il ne s'agit pas d'un hommage, d'une dédicace mais bien d'une inspiration, d'un art à l'autre. Daniel Humair, fin gastronome, ajoute qu'ils feront peut-être un jour un album dédié à des cuisiniers. Il a déjà improvisé pendant que Pierre Gagnaire, qui possède un restaurant *** rue Balzac, Paris 8e, à deux pas du cinéma Balzac, cuisinait. 

Jim Dine " (Daniel Humair), peintre qui fréquenta Bill Evans (le pianiste je suppose). Le batteur n'a pas de microphone. Il n'en a pas besoin. Humair est toujours puissant, précis et inventif. Gros son de ténor. Morceau agité avec des phases calmes, comme la Mer.

" Bram Van de Velde " (François Jeanneau). Ca s'accélère, s'arrête, repart, bien groupé. Tout s'arrête pour un beau solo de contrebasse. Majestueux. Ca décolle avec le retour du sax bien chauffé par le bassiste et le batteur. Break de batterie pour relancer la machine. Avant le decrescendo final.

" Bleu Klein. Pour Yves Klein " (Stéphane Kerecki). Le Bleu de Klein étant une marque déposée à l'INPI, ne pas l'indiquer m'exposerait à un procès. Yves Klein était judoka, pas boxeur. Stéphane Kerecki commence en grattant sa contrebasse comme une guitare. Retour du trio. Daniel Humair aux baguettes. C'est le Blues de Klein. Ca joue, sapristi! Dialogue contrebasse batterie avec un jeu de baguettes ultra précis sur les cymbales. A 79 ans, Daniel Humair n'a toujours pas de rhumatismes, apparemment. Quelle dextérité! Le ténor entre dans la danse.

" Jackson Pollock "(Jane Ira Bloom). C'est une oeuvre de Jackson Pollock qui orne la pochette de l'album " Free Jazz " d'Ornette Coleman. Sax soprano. Un petit air dansant, heurté, tachiste. Humair aux balais. La musique virevolte. Humair prend les baguettes pour un solo. Les tambours roulent, les cymbales sont hachées menu. Puis, au chant de la contrebasse, vient s'ajouter le son mystérieux produit par les maillets. Retour au ténor avec un son langoureux à souhait. Contrebasse en douceur, batterie qui cliquète, ténor toujours langoureux mais la tension monte progressivement. Ca y monte tranquille mais ça y monte bien. Un léger tintement de cymbale pour conclure.

" Cy Twombly " (Stéphane Kerecki). Au début des années 1960, Daniel Humair découvrir Ct Twombly dans une galerie de Bâle en Suisse. Les gens crachaient sur la vitrine. Aujourd'hui; ses oeuvres se vendent 50 000 000$. C'est toute l'histoire de la peinture conclut Daniel Humair.

" Pierre Alechinsky " (Tony Malaby). Pierre Alechinsky allait au Half Note à New York écouter le quartet de John Coltrane au début des années 60. Humair y était aussi à 1m50 du saxophone, emballé par sa puissance. Humair aux baguettes, Kerecki à l'archet. Kerecki revient au pizzicato et Humair malaxe fermement la pâte sonore. Ca reprend sur une tension régulière.

Une composition pour Pierre Molinier. Sax soprano. Humair aux balais. Une belle ballade. La musique se prélasse avec délice, marche à petit pas comme un danseur de java. Ca s'accélère tout en gardant ce feeling tranquille. Humair est revenu aux baguettes.

" Alan Davie " (Stéphane Kerecki). Un Ecossais (1920-2014), peintre, musicien de Jazz et pilote de planeur. Le soprano chante doucement, la batterie ponctue. Kerecki garde une pulsation tranquille alors que batterie et saxophone s'agitent. Tout le respect des musiciens pour le peintre s'entend dans ce morceau.

" Mutinerie " (Michel Portal). Dédié à Arman. Rien à voir avec le " Mutiny " de Prince même si Michel Portal joua avec la rythmique Sonny T (basse) et Michael B (batterie) pour un résultat pas du tout à mon goût. Sax soprano. Morceau vif, agité comme son titre l'indique, avec de belles prises d'appui.

Madame M.H m'accompagnait ce soir. N'ayant jamais entendu parler de Daniel Humair, elle fut enchantée de cette découverte. Daniel Humair est un volcan toujours en activité. Profitons de ses éruptions sans modération.

La photographie de Daniel Humair est l'œuvre du Pétrifiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sébastien Llado and Co live in Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Sébastien Llado and Co live in Paris

Paris. Le Sunside. Vendredi 20 novembre 2009. 21h.

Sébastien Llado : trombone, conques
Leila Olivesi : piano, Fender Rhodes, Mac portable, clavier
Bruno Schorp : contrebasse
Julie Saury : batterie

Ce soir le concert est enregistré pour un album. Le public est nombreux, jeune, prêt à s’enthousiasmer. Leila Olivesi est enceinte et elle rayonne, belle comme une Reine.

Pour commencer un hommage à Michael Jackson avec « Billie Jean ». En quartette acoustique avec trombone. Ca swingue. Ils jouent vraiment le thème. Bel hommage au King of Pop par un jeune caïd du Jazz. L’impro à partir du thème est purement Jazz. La contrebasse garde bien le groove. La batteuse distribue les pains comme le Christ aux Noces de Cana. Le bébé de Leila est bien bercé par un joli solo de piano. Retour au thème.

Leila pose la main gauche sur le piano, la main droite sur le Fender. Une ballade « Le miroir aux alouettes ». Ca sonne comme du Henri Texier, romanesque et swinguant. Sébastien empoigne une petite conque et parle en langue à travers. Leila s’est remise au piano. La romance file allègrement. Après le solo de contrebasse bien impulsé par Bruno, retour au trombone chaud et grave.

Retour au Swing. Tac, tac, ils attaquent. Retour au bebop en fait. Le contrebasse se dédouble reflétée par le miroir formé par le couvercle du piano. Solo de Leila dont la grossesse semble avoir accru l’énergie et la créativité au coefficients déjà forts élevés au départ. C’était « Ladies first » en hommage aux dames du groupe.

« Trans Trans » de Wolfgang Dauner, pianiste et compositeur allemand. Leila entame au Fender. Elle bat la mesure du pied, elle chantonne aussi. Bref, elle est dedans. Ca swingue avec classe. La contrebasse ajoute sa pulsation. La batteuse arrive et ça groove de plus en plus. Le trombone entre dans la danse. Duo contrebasse/batterie avec les mains sur les tambours. La rythmique repart légère et puissante, aux baguettes. Sébastien vient glisser son trombone par dessus, glissant sur des vagues de douceur.

« Valse Musée ». Duo piano/trombone. Ballade veloutée, brumeuse, laiteuse. Sébastien a mis la sourdine au trombone. Le piano est clair alors que le trombone semble sortir d’une grotte sous marine.

« Attentat suicide rue des Lombards ». Sébastien Llado a cauchemardé en octobre 2001 sur des avions s’écrasant dans la rue des Lombards. Vu l’étroitesse de la rue, je puis assurer que c’est impossible. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, la rue des Lombards est la rue du Jazz à Paris puisqu’elle contient 4 clubs sur le même côté de la rue : le Sunset/Sunside au n°60, le Baiser Salé au n° 58, le Duc des Lombards au n°42. Leila Olivesi lance une alarme d’avion. « Alertez les bébés ! » (Jacques Higelin). Leila joue du piano et d’un clavier jouet en même temps. Le trombone déploie ses ailes de géant. Ca s’énerve. Basse et batterie pulsent, le trombone gronde. Le piano apaise le tout. Leila fait rouler ses doigts de Reine sur le clavier.

PAUSE

« L’aube des girafes ». Sébastien présente sa mère dans la salle. « Bravo Madame! », « Bien joué !» dit le public. Leila sort des petits sons métalliques de son jouet. La rythmique groove. Le public semble composé d’amis et de parents de Sébastien Llado. Le trombone s’étire paresseusement, voluptueusement. Leila reprend au piano, y ajoute son bruitage de film kung fu. Sébastien plane par dessus. Solo de batterie aux baguettes. Julie Saury mitraille sec et précis. Jolie transition au piano avant le retour du thème, au jouet et au trombone.

Sébastien prend une petite conque en solo. Il la fait cracher, grogner, slammer. Il la passe en boucle grâce à l’électronique, joue d’une deuxième conque qu’il fait chanter par dessus. Il percute la conque de la main, souffle dedans. C’est étrange et ludique. « Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés… » La voix de BB me revient en tête car c’est « La Madrague » qu’il joue. Accompagnement purement Jazz (piano/contrebasse/batterie) derrière les fantaisies de Sébastien à la conque. En pleine nuit de novembre à Paris surgit le soleil de la fin d’été sur la Mer Méditerranée. Merci Sébastien.

« Elan vers la lune ». Pour les mélomanes raffinés, sachez que la première partie comprend un thème exposé au trombone, la deuxième comprend un deuxième thème exposé au piano, la troisème partie réunit les deux thèmes joués ensemble. Explications données par le compositeur lui même, Sébastien Llado. Ballade rêveuse, amoureuse, langoureuse. Transition avec des roulements de maillets sur les tambours. Ces tambours là ne sont pas inquiétants comme « Les tambours de la pluie » d’Ismail Kadaré. Julie passe aux baguettes sur les cymbales. La rythmique enchaîne. Leila passe de son jouet sur le piano au piano. Ca déroule. Effectivement les deux thèmes se retrouvent dans la troisième partie.

Solo de contrebasse grave, calme, propulsif. Sébastien joue le blues au trombone wah wah. C’est ellingtonien en diable. Il se prend pour  Joe " Tricky Sam " Nanton. Bonne école. Ca grogne, ça ronronne. Très belle musique de polar. Sam Spade recherche la fille du colonel Parker dans l’obscure clarté de la nuit de LA… C’était « In a mean time » un Blues à deux accords.

« Dernière danse ». Le compositeur avertit les mélomanes avertis. Le thème est en 3 temps puis en 5 temps avec un contre-sujet. Evocation du type qui danse seul sur la piste à 3h du matin. Frank Zappa a écrit « Dancing Fool » sur cette même idée. La rythmique virevolte légèrement, gracieusement. Après un très beau solo de piano, le silence reste lorsque le trombone entre dans la danse. Avec le retour de la rythmique, les spectateurs se lâchent et applaudissent. Ca envoie. Le trombone pète de joie bien poussé par la rythmique.

Leila s’installe au Fender Rhodes pour une ballade funky. Tchic poum fait la batterie. La contrebasse marque le tempo. La berceuse marche. Je m’endors. Montée en puissance du groupe. Ils élèvent nos cœurs et nos âmes. Solo total de trombone qui amène le bouquet final du groupe.

Sur cette berceuse, j’ai senti que le marchand de sable était passé. Bien que je n’eusse pas école le lendemain, je suis rentré me coucher enchanté. Il ne me reste plus qu’à attendre la sortie de l’album pour revivre les belles sensations et émotions procurées par le quartet de Sébastien Llado.

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En revenant de l'exposition " Django Reinhardt. Le Swing de Paris " à la Cité de la Musique (Paris)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Django Reinhardt

Le Swing de Paris

 

Cité de La Musique.

 

Exposition visible jusqu'au mercredi 23 janvier 2013.

Paris 19e arrondissement. Métro, Bus: Porte de la Villette

 

" Quand je veux me sentir humilié, j'écoute Django Reinhardt durant une demi heure " (Jeff Beck, guitariste britannique). 

 

Lectrices Swing, lecteurs Hot, je vous ai déjà parlé de l'exposition " We Want Miles " sur Miles Davis (1926-1991) à la Cité de la Musique. Vincent Bessières, commissaire de l'exposition sur Miles, remet le couvert au même endroit avec  Django Reinhardt (1910-1953), le premier guitar hero du XX° siècle, le seul que je reconnaisse qu'il joue sur une guitare acoustique ou électrique.

 

 

Nuages

 

La photographie des Nuages est l'oeuvre du Merveilleux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Autant j'avais été fasciné par l'exposition sur Miles Davis y revenant trois fois et y passant plusieurs heures à chaque visite, autant une seule visite d'1h30 à l'exposition sur Django Reinhardt m'a suffi. D'abord parce que je continue de préférer l'oeuvre de Miles à celle de Django, ensuite parce que Miles a vécu plus longtemps et a laissé plus de traces.

 

Django Reinhardt était un Manouche, un fils du vent. Autant dire qu'à part sa musique dont il ne resterait rien s'il n'avait vécu au XX° siècle puisqu'il ne savait ni lire ni écrire, un fils  Babik, guitariste de talent mais pas de génie, quelques guitares, quelques photos et quelques rares films (là encore, merci à la technologie), il n'a pas laissé grand chose de lui.

 

 Jean Reinhardt a d'abord laissé un prénom Django comme Miles Davis reste Miles, John Birks Gillespie Dizzy, Louis Armstrong Satchmo (pour les Blancs) ou Pops ( pour les Noirs), Edward Kennedy Ellington Duke, Stan Getz The Sound. C'est la marque des Géants du Jazz que de laisser leur prénom ou leur surnom à un style. Il a aussi laissé un genre, le Jazz manouche dont il demeure le Maître suprême au point que le festival de Samois sur Seine (Seine et Marne, Ile de France, France) lui rend hommage chaque année là où il est mort et enterré. Le seul Jazzman européen connu et reconnu aux Etats Unis d'Amérique, c'est indubitablement Django Reinhardt.

 

L'exposition montre bien comment Jean Reinhardt est devenu Django, un géant du Jazz alors qu'il n'était ni Noir, ni Américain, ni joueur de Blues, et qu'il jouait dans un groupe sans tambour ni trompette, le Quintette du Hot Club de France avec Stéphane Grappelli (violon). Martial Solal, son dernier pianiste, appela d'ailleurs un de ses plus fameux albums " Sans tambour ni trompette ". Un hommage au Hot Club? Elle montre aussi comment Django a su se renouveler partant des polkas, mazurkas, czardas de son enfance gitane, se mêlant au musette des années 20, découvrant le Jazz grâce à un peintre, guitariste amateur Emile Savitry ce qui lui ouvrit de nouveaux mondes harmoniques et rythmiques, sachant se reconstruire après s'être brûlé les mains en voulant sauver sa guitare de l'incendie de sa roulotte (BB King lui laissa brûler sa guitare et l'appela Lucille parce que c'est à cause d'une femme ainsi prénommée que le juke joint où il jouait avait flambé), survivant à l'occupation allemande grâce à la protection de Jean Cocteau et d'officiers allemands amateurs d'Entarte Musik, sachant prendre après-guerre le virage de l'électricité et du Be Bop.

 

L'exposition suit un découpage chronologique pertinent en 5 périodes de l'enfance gitane au Be Bop qu'il fut un des premiers à comprendre en France. Ecoutant " Ko Ko " de Charlie Parker qui laissait les Jazzmen français perplexes, il reconnut tout de suite un standard " Cherokee " joué d'étrange manière. Les documents sonores sont bien choisis, les quelques films aussi. Toutefois, voir des guitares usées ou des pochettes d'albums n'aide en rien, à mon avis, à comprendre une musique qui exerce encore aujourd'hui son influence sur notre univers sonore.

 

C'est cela aussi qui manque à cette exposition, une 6e partie sur Django post mortem. A commencer par le standard composé par John Lewis " Django ". John Lewis regrettait tellement de n'avoir pu enregistrer avec Django Reinhardt qu'il enregistra avec un jeune guitariste français de Jazz, Sacha Distel, avant qu'il ne vire au chanteur de charme et prénomma son fils Sacha. A continuer avec l'immense influence que Django continue d'exercer sur les guitaristes: le Jazz manouche avec les Gitans , Babik son fils et, aujourd'hui, David son petit-fls, Christian Escoudé, Bireli Lagrène, les frères Ferret (en concert au Sunset à Paris le samedi 10 novembre à 22h), Brady Winterstein et ceux qui ne le sont pas: Romane, Thomas Dutronc, San Severino, Georges Harrison...

 

Il manque aussi les anecdotes sur Django:

- Django avait l'auriculaire et l'annulaire de la main gauche inertes car brûlés. Ce qu'il faisait avec 3 doigts de la main gauche sur un manche de guitare est impossible à faire avec 5. Un jour qu'un gendarme lui demande ses papiers, Django ne les avait pas. D'un Manouche qui ne savait ni lire ni écrire, rien de surprenant. Le gendarme demanda à voir sa main gauche. Django lui montra et le gendarme lui dit " C'est bon. Vous êtes Django Reinhardt ".

- Stéphane Grappelli raconte, qu'allant en train en Scandinavie en février 1939 pour une tournée, le train s'arrêta dans une gare allemande. Les musiciens descendirent et Django éclata de rire devant le portrait d'Adolf Hitler qu'il trouvait ridicule. Le chef de gare, fervent nazi, furieux, leur confisqua tout leur argent. iIs repartirent sans un sou en poche, et arrivèrent assoiffés et affamés en Scandinavie n'ayant pu avoir accès au wagon restaurant pour le reste du voyage.

- Après un concert de l'orchestre de Duke Ellington à Paris en 1938, le Duke alla se détendre dans un club des Champs Elysées. Là, un type bizarre vint lui serrer la main. Duke ne connaissait pas ce type. il le regarda d'un air interloqué. Le type, vexé, monta sur scène, prit une guitare et commença à jouer. Duke, sourit, monta sur scène et s'installa au piano. Django et le Duke improvisèrent ensemble toute la nuit. Malheureusement, vu la technologie de l'époque, il n'existe aucun enregistrement de cette soirée. J'ai entendu cette histoire racontée sur France Musique il y a plus de vingt ans par un témoin de cette nuit magique. Plus de cinquante ans après, il s'en souvenait encore.

 

Il y a tant d'autres anecdotes sur Django. Charles Delaunay les raconte très bien dans " Django mon frère " ainsi que Stéphane Grappelli dans ses Mémoires " Mon violon pour tout bagage ".

 

Il manque enfin, même si c'est esquissé au début de l'exposition dans la partie sur l'enfance gitane, des explications sur le contraste entre la peur qu'ont les Français, peuple sédentaire, des Gitans, peuple nomade et la fascination qu'exerce sur eux la musique tzigane, symbole de liberté, de voyage. Cette opposition se cristallise dans Django Reinhardt qui jouait à Paris sous l'Occupation allemande alors que des Manouches étaient déportés depuis la France vers des camps de concentration et d'extermination en Allemagne. En 2012, en France, les Roms font la une de l'actualité poltique par les peurs qu'ils suscitent alors que le Jazz manouche est furieusement tendance. C'est une des nombreuses contradictions françaises.

 

Au final, j'ai appris quatre choses dans cette exposition:

- d'abord, le rôle immense de  Jean Sablon, crooner français, dans l'éclosion du talent de Django Reinhardt. Le premier à lui permettre de jouer sur scène et non plus dans la fosse d'orchestre, le premier à lui permettre d'enregistrer des soli sur disque, c'est lui. Respect.

- ensuite que si le séjour de Django aux Etats Unis d'Amérique fut un échec par son fait( défaut de ponctualité, défaut de maîtrise de la langue anglaise, trop d'attente de sa part), Duke Ellington, mit son orchestre au service de Django pour produire de pures merveilles comme en témoignent les enregistrements live in concert à Chicago en 1946.

- que Dizzy Gillespie admirait Django Reinhardt, qu'ils jouèrent ensemble mais qu'il n'y pas d'enregistrement

- enfin que si Django a bien réussi à passer en Suisse en 1943 parce qu'il ne voulait pas aller jouer en Allemagne, les douaniers suisses l'ont refoulé en France. A cette époque, la Suisse n'accordait pas l'asile politique aux Juifs et aux Tziganes victimes de la politique d'extermination nazie. Heureusement pour lui, Django Reinhardt, Tzigane et Jazzman, avait des admirateurs dans les rangs de la Wermacht.

 

Sachant que le coût d'entrée de l'exposition est de 9 euros, je vous conseille, lectrices Swing, lecteurs Hot, de les économiser, de regarder le site Internet de l'exposition et de débourser quelques euros de plus pour vous offrir le coffret en 5CD de l'exposition publié par Le Chant du Monde/Harmonia Mundi avec un superbe livret illustré et commenté par Vincent Bessières, commissaire de l'exposition. Les puristes et intégristes du Gitan Génial s'offriront l'intégrale Django Reinhardt en 20 volumes chez Frémeaux et Associés.

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En revenant de l'exposition " Great Black Music " à la Cité de la Musique à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Great Black Music

Paris. Ile de France. France.

 Cité de la Musique.

Exposition visible et audible jusqu'au dimanche 24 août 2014

Ron Carter

 

 

La photographie de Ron Carter est l'oeuvre de l'Authentique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

Lectrices aventurières, lecteurs aventureux, défiant la grève de la SNCF, j'ai réussi à venir à Paris le samedi 14 juin et à en revenir le dimanche 15 juin 2014.

Avant de reprendre le seul TGV de l'après-midi, celui de 16h45, j'étais à 10h le dimanche matin à l'exposition " Great Black Music " à la Cité de la Musique. Cette exposition ressemble à un titre de Weather Report, " Black Market ". Riche, colorée, rythmique et chaotique. Plus de 11h de musique à voir et à entendre. 6 parties. Un casque avec téléphone portable vous est donné à l'entrée. Quand vous passez devant un écran, vous choisissez le film qui vous plaît. Si cela ne vous plaît pas, vous passez à autre chose. Si cela vous plaît, vous restez. A 10h le dimanche matin, pas de concurrence, personne ne se bat pour s'asseoir, voir un écran. Par contre, le samedi à 15h, je ne sais pas ce que cela donne. Par ailleurs, il y a des instruments, des exposés historiques, des jeux (apprendre à danser, dessiner, graffer, jouer). Bref, c'est une exposition à laquelle il faut venir en famille car les enfants ne peuvent pas s'y ennuyer.

Voici ma sélection arbitraire, partielle et partiale de sons et d'images glanés au cours de mes 2h de visite. 

Je ne me suis pas arrêté sur la partie 1 consacrée aux Stars de la Great Black Music comme Fela (Noir), Bob Marley (métis), Prince (métis) et Michael Jackson (mal dans sa peau).

La partie 2 est consacrée à Mama Africa comme disait Dizzy Gillespie qui vint prendre des leçons de rythme chez les Maitres tambours Yoruba au Nigéria. Des films pédagogiques nous font découvrir les divers aspects de la musique africaine, du Nord influencé par les Arabes à l'Est influencé par les Indiens, au Sud, à l'Ouest d'où vint le Jazz par la traite des esclaves. 

Exemple avec le guitariste et chanteur malien Ali Farka Touré et son " Mali Groove ", le cousin africain de John Lee Hooker, en bambara. Le Mali est aujourd'hui victime de fanatiques armés qui interdisent la musique, la danse, la fête, la joie dans les zones qu'ils contrôlent. Heureusement, cette musique est toujours là. Ca groove, nom de Zeus! Que les Maliennes sont belles quand elles dansent au son d'Ali Farka Touré! 

Une cérémonie par Malaam Mahmoud en Guinée rappelle le rite de possession du  Moshi qui inspira Barney Wilen & Caroline de Bendern. Musique frontière entre le monde noir et le monde maghrébin. Quelle pulsation rythmique!

Ici, je suis revenu en arrière à la partie 1 pour Fela et sa Kalakuta Republic. Un héros musical et politique de l'Afrique. Un portrait de ce Nigérian fasciné par John Coltrane et James Brown et qui les mixa avec la High Life Music pour créer l'Afro Beat qui conquit le monde. Fela, ses femmes, ses musiciens, ses enfants, ses danseuses, son quartier, ses combats contre la corruption, la dictature militaire, la violence policière. Un homme libre mort du SIDA. Quand il mourut, 1 000 000 de Nigérians lui rendirent hommage dans la rue et 4 jours de deuil national furent proclamés.

Après Fela, en toute logique, je suis revenu dans les bras de Mama Africa (partie 2 de l'exposition). 26: Amandla danse de résistance. Amandla, c'est le titre du dernier album anthume de Miles Davis sorti en 1989. Myriam Makeba et l'Afrique du Sud de l'apartheid. La musique, la danse contre arme de mobilisation contre l'oppression raciale. Une chanson venue du ghetto de Soweto " Mbube " devint un tube mondial repris en anglais par  Harry Belafonte  " The lion is dead tonight " et en français par Henri Salvador puis Pow Wow " Le lion est mort ce soir " sans que jamais l'auteur de la chanson ne touche un rand de droit. Myriam Makeba et Hugh Masekela (trompette) durent s'exiler pour échapper à l'apartheid. Malhalin and the Maholla Queens furent reprises en français par Lizzy Mercier Desclous, fan de musique africaine, dans " Mais où sont passées les gazelles? ". Lady Smith Black Mabazo fut elle reprise par Paul Simon. Quant à Johny Clegg, non il ne fut pas le premier Suf Africain blanc à jouer et chanter avec des Noirs. Chris Mac Gregor, le Jazzman et son Brotherhoood of breath le faisaient déjà dans les années 60.Hugh Masekela joue et chante sur scène, " Bring back Nelson Mandela ", en 1987. Madiba sortit de prison en 1990. Ca c'est puissant, entre Jazz et Soul sud africaine. 

25:  Afrique de l'Est Lacs et rifts. Pour les Jazzmen, il s'agit des rifts géographiques, pas des riffs rythmiques. Un voyage de tribus en chants. Avec les tambours du Burundi qui ont conquis le monde entier. Addis-Maputo montre le lien entre monde arabe et monde noir de l'Egypte au Mozambique en passant par le Soudan et l'Ethiopie. En Afrique, pas plus qu'en Europe, il n'y a de musique ethniquement pure. Si les Soudanais jouent du violon, cela leur vient des musiciens du Caire. Abdul Azi El Mubarak (Soudan). Mahmoud Ahmed, l'Ethiopien dont le groove inspira Donald Byrd en 1971 et les Français d'Arat Kilo en 2013. En Afrique centrale, l'influence des Cubains dans les années 1950 donna naissance à la rumba congolaise (la conga, le grand tambour cubain, ne vient-elle pas du Congo?) comme un retour à l'envoyeur. Brazzaville et Léopoldville (Kinshasa) les deux capitales situées face à face, sur chaque rive du fleuve Congo, eurent chacun leur héros: Wendo Kolossy (à Kin) et Antoine Moudanda (à Brazza). Le Jazz influenca aussi cette musique. L'African Jazz régna de 1953 à 1960 en Afrique centrale. Tabou Ley Rochereau fut le premier Africain à l'affiche de l'Olympia, à Paris, bien après les Noirs américains. Cette musique me rappelle des souvenirs d'étudiant avec des camarades congolais qui me firent découvrir leur musique. Avec l'Ok Jazz de Franco (guitariste formé par un Belge fan de Django Reinhardt), " on entre OK, on sort KO ". En 1960, Joseph Kabassele chantait " Independance Cha Cha " l'hymne officieux de l'indépendance du Congo ex belge. Un an après, son premier président, Patrice Lumumba, était abattu comme un chien errant. Manu Dibango , en concert à Kinshasa, joue au sax ténor et chante " Soul Makossa ", un tube mondial, pillé par Quincy Jones pour Michael Jackson avec " Wanna start somethin ". Après 20 ans de procès, Manu a gagné mais tout est parti dans les frais d'avocat. Pour lui, c'était une question de principe. Francis Bebey, Camerounais, fait découvrir la musique pygmée à la télévision française. Pierre Akadenge, Gabonais, chante à Paris pour échapper à Omar Bongo, président du Gabon et ami de la France. Bonga, Angolais, athlète et chanteur, lui aussi exilé en France. Son chant me donne la chair de poule, comme Bessie Smith dans un autre genre de musique noire.

 

Rythmes et rites sacrés: une série de films sur des rites musicaux de masse à Haîti, à Cuba, au Brésil, à la Réunion et à New York. 

Changement d'étage pour aller d'Afrique en Amérique. Il faut descendre. Clin d'oeil aux navires de la traite négrière? Une série de photographies sur La Nouvelle Orléans avant et après l'ouragant Katrina (2005). Emouvant. Au mur, est écrite une définition des musiques noires tout à fait sensée. A retenir, il n'existe pas de musique noire " pure et authentique ". 

 

5. Les Amériques Noires

56. BB King jouet et chante " Everybody wants to know why I sing the Blues ". " Ils m'ont mis dans un bateau, à fond de cale. Des hommes se tenaient debout au dessus de moi, la plupart avec un fouet et tout le monde veut savoir pourquoi je chante le Blues ". Rien à ajouter. Louis Armstrong joue et chante "  Dinah " au Danemark en 1933 devant un public de blonds aryens qu'il rend fous de joie et de désir. Dès que Louis joue, il éclipse l'orchestre. Le journaliste: " Monsieur Armstrong, pourquoi souriez vous tout le temps? " . Louis Armstrong: " Parce qu'on me paie pour ça ".

57. Rhythm and Blues, Soul, Funk, la marche vers les droits civiques. Comme le chantait Big Bill Broonzy, " If you are white, it's all right. If you are brown, stick around but if You are black, hum, brother, get back, get back ". Le Rock 'n Roll, musique noire que les Blancs se sont appropriés. " Seuls ces crétins de Blancs américains croient qu'Elvis Presley est le Roi du Rock'n Roll. Le reste du monde sait que c'est Chuck Berry " (Miles Davis). " Si on devait donner un autre nom au Rock'n Roll, on devrait l'appeler le Chuck Berry " ( John Lennon). En réaction, les Noirs américains créèrent la Soul Music avec Otis Redding, Sam Cooke. Les ouvriers noirs travaillaient dans l'automobile à Detroit, Motor City d'où le label Tamla Motown qui lança Stevie Wonder, Diana Ross, The Jackson Five, The Temptations, Smokey Robinson. James Brown chante " Say it loud, I am black and proud ". Chuck D, le leader du groupe de rap Public Enemy raconte que dans son bus scolaire le chauffeur craignait les passages de James Brown à la radio car alors, tous les gamins se mettaient à danser et la conduite devenait TRES dangereuse.La guerre du Vietnam éclate, le ghetto explose et Marvin Gaye chante " What's going on? ". Berry Gordon, le patron de Motown, ne voulait pas sortir l'album, le trouvant trop politique. Heureusement pour lui, il finit par céder et l'album se vendit comme des petits pains. Funk: puant, suant, la musique la plus africaine d'Amérique du Nord. James Brown chante et danse " Get on the good foot ".Puis viennent Isaac Hayes, Curtis Mayfield et les musiques de films de la Black Exploitation que Quentin Tarantino exploite toujours aujourd'hui. Sly and The Family Stone: le 1er groupe mélangeant hommes et femmes, Noirs et Blancs, le modèle de Prince. George Clinton et ses deux groupes, Parliament et Funkadelic, le Sun Ra du Funk, un musicien tellement pillé par les rappers qu'il finit par sortir des singles intitulés " Sample that " pour que les DJ lui paient ses droits d'auteur. 

60. Nous descendons au Sud de l'Amérique avec Antonio Carlos Jobim, un Blanc, influencé par Chopin qui a adouci la Samba, musique noire, faisant de la Bossa Nova un succès mondial qui dure encore. Justo Valdez y la Rumba palenque: un chanteur et des tambours. Ca, c'est noir. " Pour moi, l'avenir de la musique, c'est le retour aux sources: un homme avec un tambour. Pourquoi avoir tant de machines si vous n'avez pas d'idées? " (Dizzy Gillespie).

65. Suites caribéennes. Calypso Rose, de Trinidad et Tobago, chante " Rum and Coca Cola ". Je reconnais l'air. Il me semble que Dizzy Gillespie l'a joué.

63. Cuba Musical Club. La conga de Cuba vient du Congo comme son nom l'indique. La musique cubaine vient du mélange entre la musique espagnole (elle même influencée par la musique arabe) et celle des esclaves venus d'Afrique. Documentaire pédagoque. Le danzon (vient de la contredanse française) est interprété par des orchestres à cordes (les charangas), venus des Espagnols. Le danzon + le son (musique noire) = le mambo qui triompha dans les années 40-50 avec, en France, Dario Moreno (un Juif de Turquie. Autre métissage). Le mambo adouci, c'est le cha cha et le fameux crooner cubain Benny Moré. Le mythe vit toujours avec le Buena Vista Social Club, disparu avec la révolution et ressucité 40 ans après grâce à un film de Wim Wenders, un Allemand. Le boogalo est né aux USA de la rencontre entre Noirs américains et cubains exilés. La Salsa est une musique mélangée comme son nom l'indique (la sauce). Pas un mot sur Dizzy Gillespie et Art Blakey, sapristi!

58. Rhythm and Blues, Soul, Funk. Après le film pédagogique (cf. 57 supra), des exemples. James Brown en concert à l'Apollo, à Harlem, NYC, USA: " I got the feelin ". The Godfather of Soul nous soulève de terre par l'énergie déployée et nous y ancre avec la basse, la batterie. Ca sue, ça pue, ça sent le mâle en rut, bref, c'est du Funk! L'héritage de la transe africaine revisitée par les Noirs américains. Stevie Wonder "  Superstition " (1973). Sophistiqué, puissant, enivrant, cosmique bref Litlle Genius at work, Mr Stevie Wonder. Quel son des claviers se confondant avec la guitare!

Plusieurs ateliers permettent aux visiteurs de se tester sur des instruments typiques des musiques noires.

Club Mix

68. Hip Hop. Les racines nord américaines. Grand Master Flash " The Message " (1982). un portrait à l'acide de la vie dans le ghetto. " C'est comme une jungle. Parfois je me demande comment je fais pour ne pas descendre ". Documentaire pédagogique sur la naissance de la culture Hip Hop: musique, danse, graff, DJ. Toujours Grand Master Flash  avec " Wild Style " démonstration de DJ en 1982. Il y a même des timbales dedans. Le hip hop fut inventé par des gens qui n'avaient pas les moyens de s'acheter une guitare. Ils jouaient avec les vinyls. Afrika Baambata " Beat Street " (1984). Une musique qui annonce la house et la techno. Le look vient de George Clinton mais il n'y a plus d'instrument.

71. Quincy Jones " Dirty dozens ". Montreux Jazz Festival. 1996. Un boogie woogie. Une chanson truffée d'allusions obscènes chantée par deux Noires en forme(s). Jimi Hendrix " Foxy Lady " au Monterey Pop Festival. 1967. The Space Bluesman comme le surnommait John Leee Hooker était métis (père Noir, mère Amérindienne) comme Don Cherry.

Un fim de démonstration de danse cubaine. Il n'y a qu'à suivre les pas. Deux jeunes visiteuses noires s'amusent beaucoup à danser la salsa d'autant plus qu'elles se voient sur un autre écran. Même dispositif pour le rap avec " Fight the power " de Public Enemy. 

Il y a aussi des juke boxes, en l'occurence des PC contenant des morceaux sélectionnés de musique urbaine africaine. Je découvre les Congotronics. Surpuissant. De Centre Afrique vient la musique à penser, pour choeurs d'hommes, des Gbaya. Envoûtant. Un solo de djembé par Adama Dramé, ça change des petits blancs qui en jouent TRES mal les soirs d'été sur les pelouses du parc de la Villette où se trouve la Cité de la Musique. Ca c'est de la pulsation. Un Maître tambour. 

Cet article ne reflète que brièvement mes 2h de visite dans une exposition où il y a 11h de musique à voir et écouter. C'est dire s'il faut y aller, y venir, y revenir, surtout avec des enfants car elle est ludique et participative. D'autant plus que n'étant que de passage à Paris, je n'ai pu profiter des visites guidées, des ateliers d'initiation musicale, des concerts liés à l'exposition " Great Black Music ".  Quel beau voyage!

 

 

Ali Farka Touré (1939-2006) en concert chez lui, au Mali, au Segou Festival en 2005. Vu la situation politique et militaire au Mali aujourd'hui, je déconseille à mes compatriotes français de se rendre à ce festival. Musicalement, la parenté de style avec John Lee Hooker est évidente. Rien à ajouter.

 

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