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31 résultats pour “Gary peacock

Je me souviens de Paul Motian (1931-2011)

Publié le par Guillaume Lagrée

Le batteur, compositeur, chef d'orchestre Paul Motian est mort à New York le 22 novembre 2011 à l'âge de 80 ans.

Deux mois auparavant, il jouait au Village Vanguard avec un nouveau trio composé du guitariste américain Ben Monder et du saxophoniste français Jérôme Sabbagh.

Voici le témoignage de Jérôme Sabbagh sur ses concerts avec Paul Motian. Un musicien de 40 ans rend hommage à la jeunesse d'esprit d'un musicien de 80 ans.

La carrière de Paul Motian est très bien résumée dans l'article nécrologique du New York Times.

Face au foisonnement incarné par Roy Haynes, Paul Motian incarnait la discrétion.

Je me souviens de Paul Motian en concert.

Je l'ai vu en 1998 et en 1999, à la même occasion, l'Europa Jazz Festival du Mans dans le cadre somptueux de l'abbaye de l'Epau (ordre cistercien, XIII° siècle pour les amateurs).

En 1999, il jouait dans le trio de Marilyn Crispell (piano) avec Gary Peacock (contrebasse). Sciemment, Paul Motian sabota le concert, ne jouant pas une note en mesure. La pianiste et le contrebassiste avaient beau le regarder d'un air effaré, il poursuivit son oeuvre de démolition jusqu'au bout. Le croisant ensuite dans le bar des musiciens, je remarquais son sourire narquois de sale gosse content de son coup.

En 1998, il jouait dans le trio de Lee Konitz (saxophone alto) avec Steve Swallow (guitare basse électrique). Là, ils chatouillaient les étoiles portés par le décor austère, l'acoustique parfaite du dortoir des moines et un public aux anges. Un concert inoubliable de beauté et d'élégance.

Tel était Paul Motian, sans cesse surprenant pour ses auditeurs. 

Bien que né à Providence, Rhode Island, Paul Motian était devenu un vrai New Yorkais. Il joue ici la musique de Broadway avec Lee Konitz (sax alto), Joe Lovano (sax ténor), Marc Johnson (contrebasse) et Bill Frisell (guitare électrique). Concert donné aux Pays Bas lors du North Sea Jazz Festival.

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Dan Tepfer&Ben Wendel livrent leurs petites constructions au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

 

  

Dan Tepfer&Ben Wendel

 

Paris. Le Sunside.

Jeudi 21 mars 2013. 21h

 

Dan Tepfer: piano

Ben Wendel: saxophone ténor, basson.

 

Concert de sortie de l’album “ Small Constructions “ (Sunnyside Records). 

 

Dan Tepfer et Ben Wendel

 

 

Le portrait de Dan Tepfer & Ben Wendel a été réalisé lors d'un précédent concert du duo par la Passionnée Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Dan commence grave, swinguant. Ben au sax ténor pour un classique deMonk. Ce n’est pas aussi âpre que lorsque Monk le jouait avec Johnny Griffin. Mais il y a le swing, la surprise, l’humour à la Monk. Leur éducation classique s’entend mais elle n’édulcore pas le thème. Le dialogue est riche. Le thème est bien là. Ils se l’approprient avec la maîtrise et la fougue de leur jeunesse. C’était « Pannonica » le morceau hommage à la baronne Pannonica de Koenigswarter chez qui moururent Charlie Parker en 1955 et Thelonious Sphere Monk en 1982.

 

Dan démarre dans un roulement continu, puissant que Ben prolonge. Cela sonne comme une fuite, une course. Ces deux oiseaux volent haut. Le piano représentant la Terre, le sax ténor l’Air, les deux éléments se mélangent, chacun empruntant à l’autre, l’un la force, l’autre la légèreté. C’était « Nines » de Dan Tepfer.

 

« Jean and Renata » composé par Ben Wendel en hommage à un couple parisien de ses amis. Jean étant Français, il s’agit du prénom masculin. Une ballade. Ces gens doivent être charmants, absolument charmants, ouï ce que j’entends. Ben joue tout en douceur, le souffle long alors que Dan soutient derrière. Ils nous bercent de voluptueuses volutes sonores. Cette musique est un baume pour l’âme. A la fin du morceau, une dame se lève et serre Ben Wendel dans ses bras pour le remercier. Logiquement, c’est Renata.

 

Solo de ténor pour commencer. Ca monte et ça descend. Dan arrive avec une pompe puissante. Ca enchaîne. Puis la musique devient légère, cristalline, aérienne. Un swing à la fois subtil et puissant s’élève. Comme j’ai la chance d’être ici et maintenant à ce concert. Ca invente et vibre de partout. Bel élan jusqu’au final paroxystique et conjoint. « Still play » (Wendel).

 

Ce sont les deux derniers concerts (jeudi 21 et vendredi 22 mars au Sunside) d’une tournée commencée fin février sur la Côte Pacifique des Etats-Unis d’Amérique (la West Coast pour les amateurs de Jazz Pacifique). Ils sont donc parfaitement rodés mais pas lassés de jouer leur musique. L’album se nomme « Small constructions » parce qu’à deux, en jouant chacun plusieurs instruments, en utilisant les possibilités techniques de l’enregistrement, ils ont construit leur œuvre, morceau par morceau, avec des morceaux dans les morceaux, le tout s’emboitant pour former un ensemble cohérent.

 

Ben Wendel passe au basson pour jouer « Come tu mi vuoi » (Nino Rota) qui ne figure pas sur l’album. Grand-père Basson se met au Jazz et il swingue. Musique d’une élégante nostalgie, bref du Nino Rota. Ca s’anime, s’agite. Le basson grogne et berce. Le piano frétille joyeusement.

 

« More bassoon soon » lance un spectateur au premier rang. Dan lui répond « Sooner or later ». Pour l’instant, Ben revient au sax ténor pour jouer « Gratitude » de Dan Tepfer. Lorsque Dan Tepfer a joué avec Gary Peacock (contrebasse) il est allé le voir chez lui. Gary Peacock vit seul dans une maison isolée, en forêt, dans l’Etat de New York. Il a expliqué à Dan qu’à son âge (il est né le 12 mai 1935), lorsqu’il joue, ce qu’il ressent d’abord, c’est la gratitude de pouvoir encore jouer et à haut niveau. De retour chez lui, ayant pris des notes pendant cette conversation, Dan a composé « Gratitude ». Comme avec Lee Konitz, Dan Tepfer sait tirer profit du savoir de ses aînés. C’est une de ses qualités. Dan commence seul une ballade. Ben enchaîne avec la plainte du saxophone. Il y a aussi dans cette musique la grandeur de la forêt, son silence, son murmure, la communion de l’homme avec la Nature comme chez Edvard Grieg. Un silence d’approbation avant d’applaudir.

 

« Solar » (Miles Davis), un morceau qui ne figure pas sur l’album. Je reconnais la mélodie mais décortiquée par Dan Tepfer. Un peu de jeu dans les cordes du piano et c’est fini.

 

PAUSE

 

Honorables lectrices, estimables lecteurs, j’espère que vous voudrez bien m’excuser mais cette chronique s’arrête à la première pause du concert. La musique était magnifique, j’ai senti les progrès accomplis depuis le concert de ce duo à Paris en juillet 2012. Malheureusement pour moi, je n’étais pas assez éveillé pour en profiter. Je suis donc rentré me coucher. Une chronique de l’album « Small constructions » chez Sunnyside Records  sera bientôt publiée sur ce blog.

 

 

Voici Dan Tepfer & Ben Wendel jouant " Taylor Piece " ( Ben Wendel)  lors d'un autre concert parisien au Sunside le 21 janvier 2014. Régalez vous à votre tour honorables lectrices, estimables lecteurs.

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Ben Wendel & Dan Tepfer " Small constructions "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Ben Wendel

&

Dan Tepfer

« Small constructions »

Sunnyside Records. 2013.

 

Ben Wendel : saxophones, basson, Melodica, piano (12)

Dan Tepfer: Piano, Fender Rhodes, saxophone alto (12)

 

Dan Tepfer et Ben Wendel

 

Le portrait de Dan Tepfer et Ben Wendel est l'oeuvre de la Vibrante Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

La beauté est désarmante. Que puis-je bien vous dire sur Dan Tepfer et Ben Wendel pour vous convaincre de les écouter attentivement, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs? Que je vous ai déjà chanté les louanges de leurs concerts de juillet 2012 et mars 2013 à Paris ?

Que ces hommes sont jeunes, beaux, intelligents, talentueux, créatifs, cultivés, sympathiques, fiers mais pas orgueilleux ? Certes mais encore ?

 

De quoi jouent-ils au juste ? C’est ce que m’a demandé un collègue de bureau (j’écoute leur musique pour stimuler mon cerveau. Ca marche) en voyant la pochette de l’album. De tous les instruments qui figurent sur la photographie sauf de la guitare sèche qui est là pour faire joli. Eux ne sont pas là pour faire joli mais pour faire beau.

 

Comment y arrivent-ils ? En jugulant la multiplicité de leurs talents pour suivre le même chemin intérieur par mille détours et surprises. Ils jouent leurs compositions, de l’un ou de l’autre, pas des deux ensemble curieusement, du Monk (Pannonica et Ask me now avec des versions qui donnent envie d’un album entier de Monk à leur façon), du Handel d'une façon qui me rappelle les expérimentations de Lenny Popkin en 1971. Comment jouent-ils ? De plusieurs instruments mais pas en même temps. Grâce aux possibilités des technologies d’enregistrement, ils enregistrent leurs morceaux par petits bouts, les assemblant au final. D’où le titre de l’album «  Small constructions ».

 

Tout s’enchaîne logiquement. Du premier morceau parfaitement maîtrisé et entraînant «  Still play » au 12e volontairement maladroit et enfantin, particulièrement touchant, « Oblique strategy » puisque chacun y joue de l’instrument privilégié de l’autre, Dan du sax alto, Ben du piano. En passant par un hommage bouleversant à des amis de Ben « Jean and Renata » (n°3) musique qui n’avance pas, qui se trouve bien là où elle est comme chez Esoterik Satie, à Gary Peacock avec qui a joué Dan « Gratitude » (n°7) sans omettre un standard du Jazz « Darn that dream » (n°10) dont l’interprétation me fait oublier momentanément celles de Martial Solal

 

Pour faire la fine bouche, je dirai que je n’aime toujours pas le Melodica, « Line » (n°5) mais que cette mauvaise impression est aussitôt effacée par l’élan irrésistiblement romantique et entraînant de « Nines » (n°6).

 

Evidemment si vous préférez le bruit et la fureur, cette musique n’est pas faite pour vous, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs. Ce n’est pas grave. Ecoutez la tout de même. Elle ne peut vous faire que du bien.

 

Voici ces deux jeunes gens jouant " Jean and Renata "  qui figure sur l'album (3e morceau). Profitez en pleinement, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Keith Jarrett, compositeur au carrefour des musiques du XX° siècle

Publié le par Guillaume Lagrée

 

La leçon de Jazz d’Antoine Hervé.

« Keith Jarrett, compositeur au carrefour des musiques du XX° siècle ».

Paris. Auditorium Saint Germain. Mardi 8 décembre 2009. 19h30.

Antoine-Herve.jpg

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre de l'Abracadabrantesque Juan Carlos Hernandez.


Antoine Hervé : piano

Keith Jarrett est connu du grand public. Il y a plus de monde que d’habitude. La salle est presque pleine. La scène ne porte qu’un piano. Pas de contrebasse ni de batterie. Personne ne jouera les rôles de Gary Peacock et Jack de Johnette.

Pour commencer une chanson country passe dans les haut parleurs. Serait-ce Keith Jarrett au piano ? En fait c’est Keith qui joue du piano, de la contrebasse, de la batterie, de l’harmonica et chante « All right » sur son troisième album. Comme Stevie Wonder et Prince, Keith Jarrette sait tout jouer. Contrairement à ses deux confrères, Keith a choisi de se concentrer sur un instrument, le piano et même sur un genre, les standards du Jazz.

Keith Jarrett est né le 8 mai 1945, le jour de l’Armistice. C’est dire si c’est un homme de paix. Premières leçons de piano à 3 ans, premier concert à 7 ans, premier récital de ses compositions à 17 ans. Il a fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey, l’université Harvard du Hard Bop. En 1966, il accompagne Charles Loyd avec Jack de Johnette à la batterie. De Johnette joue toujours avec Keith aujourd’hui. Il a formé un trio avec Charlie Haden et Paul Motian, le premier batteur de Bill Evans. Il joue des claviers électriques chez Miles Davis en 1970-71 alors qu’il les a en horreur (écouter son témoignage dans le film « Miles Davis Electric. A different Kind of Blue » sur le concert à l’île de Wight en 1970 devant 600 000 spectateurs).Miles Davis l’avait abordé ainsi à Paris dans un club où il jouait avec Jean François Jenny Clarke et Aldo Romano : «Hi Keith! How does it feel to be a genius ? ». Il a joué avec son maître de la Berklee School of Music, le vibraphoniste Gary Burton.

Antoine Hervé nous joue « 45 » de Keith Jarrett qui mêle la pulsion binaire et les accords du Jazz. Il nous explique la différence entre un guitariste de Jazz et un guitariste de Rock. Un guitariste de Jazz joue 3000 accords devant 10 personnes. Un guitariste de Rock joue 10 accords devant 3000 personnes.

Antoine joue « Choral » de Keith Jarrett. Dans les années 1970, Keith Jarrett ajoute le saxophoniste Dewey Redman (père de Joshua, autre saxophoniste) à son trio.

En 1972, Keith Jarrett enregistre son premier album solo « Facing You » pour le label allemand ECM (Echoes of Contemporary Music/Munchen) dirigé par Manfred Eicher. Il est depuis resté fidèle à cette compagnie dont il a fait la fortune. Ce solo stupéfia Antoine Hervé à l’époque par sa nouveauté. En 1975 sort le « Köln Concert » un des albums les plus vendus de l’histoire du Jazz. 45mn d’improvisation sans interruption un soir de tournée. Nanni Moretti l’a utilisé pour son film « Caro diario » (« Journal intime ») en 1993. C’est une musique liquide et mobile qui laisse l’auditeur voguer au gré de son imagination. Antoine nous en joue joliment des extraits, restituant une improvisation qu’il connaît par cœur.

Keith Jarrett a aussi eu un groupe scandinave avec le saxophoniste Jan Garbarek, le Belonging Quartet. Antoine nous joue « Spiral Dance », un morceau très rythmé, peut-être inspiré des danses scandinaves comme le « Dear Old Stockholm » de Stan Getz. Un air dansant, puissant, qui emporte.

« The wind up » (album « Belonging »). Le morceau est rythmé, haché, brisé, joyeux. Le vent souffle dans les voiles. La métrique est complexe, les points d’appui sont déplacés (héritage de Charlie Parker). Le Professeur Hervé nous explique comment une mesure de 16 est divisée en 7+9 pour donner l’impression que le temps s’allonge à la fin. A l’intérieur du thème, passage en 4 temps mais ça change au bout de 2 temps. Tout est décalé, fait pour dérouter l’auditeur. Allusion à la musique médiévale que Keith a beaucoup écouté et analysé.

Dans les années 1980-90, Keith Jarrett a beaucoup travaillé la musique classique au piano, au clavecin, à l’orgue. Il a joué du baroque, des compositeurs contemporains américains. A la fin des années 1990, épuisé par des années de tournées et d’enregistrements (200 albums !), il est victime d’un syndrome de fatigue chronique, incapable de jouer.

Il se consacre aux ballades avec l’album « The melody at night with You ». Antoine nous joue un extrait de « Peace piece » de Bill Evans (extrait de l’album « Everybody digs Bill Evans », morceau très nettement inspiré des Gymnopédies d’Esoterik Satie). Il joue ensuite « Never leave me » de Keith Jarrett dans le même style. C’est épuré, dépouillé, cristallin, joué à l’économie pour concentrer l’émotion. Dans la même veine, Herr Professor Hervé joue un standard « Somewhere over the rainbow » en distillant les notes une à une, comme des gouttes d’eau tombant d’un robinet.

Keith Jarrett a aussi travaillé l’improvisation fuguée (Bach, Mozart, Beethoven), l’école française du contrepoint teintée de la période élisabéthaine (Elisabeth Ière, reine d’Angleterre du vivant de William Shakespeare). Il a reçu le Sonning Music Award au Danemark comme Igor Stravinski et Miles Davis.

Depuis bientôt 30 ans Keith Jarrett joue des standards en trio avec Gary Peacock (contrebasse) et Jack de Johnette (Batterie). Keith Jarrett est le moteur et le gardien du tempo. Tout est en place. Gary Peacock peut improviser. Il n’a pas à lier, tenir le trio comme le fait normalement le contrebassiste. La science de la percussion et du tempo est extrêmement poussée chez Keith Jarrett.

Sa filiation avec Bill Evans s’entend dans la gestion de la dynamique de la phrase passant du mezzo au forte puis revenant au mezzo (aux mezze s’il joue un tempo alla libanese).

Keith est aussi influencé par la guitare folk. Exemple avec le début du concert de Bregenz. Effectivement, à écouter Antoine Hervé le jouer, ça sonne guitare.Il en rajoute en chantant la chanson du film « Titanic » par dessus. La main gauche se ballade comme sur une guitare.Antoine scatte l’air en même temps qu’il le joue ce qui rend plus lisibles les rythmes. Comme Glenn Gould, Keith Jarrett chantonne en jouant du piano.

L’ostinato fait le style de Keith Jarrett. L’ostinato c’est quelque chose qui se répète, quelque chose qui se répète, quelque chose qui se répète... Il est aussi influencé par Paul Bley : beaucoup de silence dans la musique ce qui permet de suggérer. Et par Claude Debussy comme tous les pianistes de Jazz, par le baroque, par le gamelan tel Debussy fasciné par les danses balinaises à l’Exposition universelle de Paris en 1900.

Il aime jouer avec les pédales des notes bourdon comme la cornemuse. Il a aussi écouté la musique minimaliste de Michael Nyman rendue célèbre par le film « La leçon de piano » de Jane Campion (1993). C’est une musique ouverte à tout, qui retourne à la musique tonale ou modale. A l’opposé de la musique sérielle (séries de notes, de nuances, de timbres). Les Américains ont refusé le sériel. Ils préfèrent le tonal ou modal, la pulsation régulière.

Le truc de Keith Jarrett c’est l’ostinato. Démonstration avec le concert de Bregenz. Puis comparaison avec les Préludes et Fugues de JS Bach. Quand Keith Jarrett trouve un ostinato, l’énergie commence à monter. Il fait « tourner » disent les musiciens. Nouvelle démonstration avec le fameux ostinato du « Köln Concert » (solo de 1975). Au dessus se développent des gammes pentatoniques, des accords de passage avec des arrivées amorties, des phrases qui imitent la voix.

Un autre ostinato du Köln Concert plus rapide, plus percussif. Un thème grave se développe par dessus. Il Professore Antoine Hervé nous fait remarquer que cela sonne comme des tabmas indiens avec l’afterbeat marqué au piano. Le style de piano de Keith Jarrett fait entendre la contrebasse et la batterie en leur absence.

Séance d’écoute musicale avec Steve Reich, compositeur américain, batteur d’origine. Steve pratique le déphasage. Une rythmique ne bouge pas, l’autre se décale. Ecoute du morceau « Drumming » de Steve Reich. Par ses gestes, le Professeur Hervé nous explique le déphasage entre les deux percussionnistes et le passage à un autre tempo. Pas besoin d’électronique pour planer. Deux percussions bien jouées suffisent.

Le père de la musique répétitive c’est le Français Esoterik Satie, comme disait son concitoyen Honfleurais Alphonse Allais, avec ses « Vexations » jouées 840 fois. Erik Satie a aussi inventé la musique de film qu’il appelait d’ameublement.

Keith Jarrett pense la musique de manière horizontale comme Joseph Zawinul. Exemple du choral élisabethain. Le contrepoint permet au chanteur de créer des tensions et des détentes dans la grille.Keith Jarrett enrichit le discours contrapuntique avec des superstructures (notes modernes). Avec trois accords, on a fait des années de contrepoint et des années de rock’n roll. En altérant, en coloriant par ½ point on arrive au Jazz.

Pour finir, une question centrale dans le jeu de Keith Jarrett. Pourquoi bouge t-il autant ? C’est le Jazz, c’est physique. Il est en fusion avec son piano et sa création. Dans le taï chi chuan, art martial chinois, l’énergie vient des pieds, en contact avec le sol. C’est ce que pratique Keith Jarrett en jouant du piano debout et, pour lui, comme pour Michel Berger, ça veut dire beaucoup. En faisant jouer tout son corps, Keith donne plus d’énergie en en utilisant moins. Dans un autre genre d'expression corporelle, au tennis, Roger Federer est le modèle par sa coordination et son relâchement.

Il n’y a ni humour, ni cynisme chez Keith Jarrett. Il trouve des chemins qui n’appartiennent qu’à lui.

Pour finir Antoine Hervé joue « My song », un morceau naïf, simple.

Bel hommage que cette leçon de piano solo consacrée à Keith Jarrett. Je continue à ne pas apprécier Keith Jarrett et à lui préférer de très loin Martial Solal mais je remercie Antoine Hervé de nous avoir fait partager son amour et son respect pour ce Géant capricieux du piano.

Les leçons de Jazz ont lieu une fois par mois à l’Auditorium Saint Germain des Prés à Paris à 19h30. Certaines villes de province ont l'honneur et l'avantage d'accueillir le professeur Antoine Hervé.

Voici les thèmes des prochaines leçons :
- Antonio Carlos Jobim, pianiste brésilien, un des pères de la Bossa Nova le mercredi 13 janvier 2010
- Wayne Shorter, saxophoniste, « le plus grand compositeur du Jazz depuis la mort de Duke Ellington » (Stan Getz) le mardi 9 février 2010
- Le Blues au piano le mardi 16 mars 2010
- L’électro Jazz le jeudi 1er avril 2010. Non ce n’est pas une blague mais je pense qu’on s’y amusera bien.

La leçon de Jazz d'Antoine Hervé sur Keith Jarrett est disponible en DVD. Cf extrait vidéo sous cet article.

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Stéphane Kerecki & John Taylor " Patience " au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Duo « Patience »

 

 

 

Paris. Le Duc des Lombards. Mercredi 22 juin 2011 . 22h.

 

John Taylor

 

La photographie de John Taylor est l'oeuvre du Pétrifiant Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Stéphane Kerecki : contrebasse, composition

John Taylor : piano, composition

 

Retour de l’annonce d’hôtesse de l’air en français et in english au Duc des Lombards. Je croyais que cette mauvaise pratique avait cessé mais non.

 

C’est parti tout en douceur. Froid du piano, chaud de la contrebasse. John mène la danse. Stéphane impulse doucement. John Taylor a l’âge d’être le grand père de Stéphane Kerecki mais cela ne s’entend pas. Subtilement, le rôle moteur est passé à la contrebasse. La main passe d’un joueur à l’autre. La mélodie tourne, s’enfuit, revient comme une belle courtisée. C’était « Valse pour John » (Stéphane Kerecki).

 

« Manarola ». Dialogue entre les cordes grattées du piano et grattées de la contrebasse. Puis John revient au piano. Mélodie légère, dansante. Cela devient plus grave, plus profond mais toujours dansant. Pas besoin de batteur. Ces gars là savent marquer le tempo. Mieux, ils l’ont inscrit en eux tout en restant maîtres de leurs mouvements. Avec un batteur, c’est plus simple mais sans c’est mieux comme disent certains pianistes facétieux. Songez par exemple au trio Jimmy Giuffre(clarinette), Paul Bley (piano), Steve Swallow (contrebasse). Solo de contrebasse bien chaud, bondissant. Beau dialogue final.

 

Une nouvelle ballade. Une autre valse si je ne m’abuse. C’est beau comme une balade au bord de la mer. Plutôt la Manche puisque John Taylor est Anglais. Solo de contrebasse bien pensé où chaque note est pesée. Puis Stéphane revient, remonte, relance le pianiste qui enchaîne. Dernière vibration de contrebasse, dernier scintillement de piano. C’était « Patience » le titre album.

 

« Kung Fu ». Morceau plus agité comme le titre l’indique. Quoique ça se calme mais avec des soubresauts. La contrebasse impulse un rythme régulier alors que le piano s’échappe par des chemins détournés. La contrebasse prend la parole à son tour. Le public est attentif. Pas d’applaudissement pendant les morceaux.

 

John commence vite rejoint par Stéphane. Là encore, cela m’évoque irrésistiblement la Manche par temps calme, sous un ciel couvert. La pluie n’est encore pas là, le soleil joue à cache-cache avec les nuages. C’était « Gary » dédié au contrebassiste Gary Peacock.

 

« Baladin » (John Taylor). Solo de piano, pur, poétique en intro. La contrebasse arrive sur un passage plus agité. Le morceau avance pas à pas, trébuchant comme un homme fatigué. Bien sûr, tout cela est voulu, contrôlé de mains de maîtres.

 

John commence par un solo au style chaloupé, hancockien. Stéphane le rejoint et ça pulse. J’entends le batteur alors qu’il n’y en a pas. C’est dire si ça percute. En solo, Stéphane ajoute de la percussion en battant la mesure du pied gauche. Morceau ludique nommé « Bad Drummer ».

 

« Luminescence ». Solo de contrebasse pour introduire. C’est plus calme, plus grave. Deux discours se croisent, se mêlent.

 

« Jade Visions » (Scott La Faro). Lancé par la contrebasse, forcément. Ornette Coleman a dit du contrebassiste Scott La Faro qu’il était comme un enfant qui dansait sur la lune. Cette musique est toujours aussi belle, pure, riche cinquante ans après sa création.

 

« Windfall » (John Taylor). Une cascade coule du piano. La contrebasse vient y ajouter son flux. Le vent court dans la forêt, fait danser les arbres, les nuages.

 

RAPPEL

 

John joue dans les cordes du piano. Stéphane tapote ses cordes avec un maillet. Morceau vif, entraînant, mystérieux comme une fée dans les landes de Dartmoor. John se remet au clavier. Stéphane remet ses doigts sur la contrebasse. Le chant du duo s’élève haut et clair. Passage plus grave qui sert de reprise d’attaque. Maintenant, ils bondissent comme des dauphins sur les vagues. Ma voisine ne supporte plus les poufs du Duc des Lombards. Elle se met au piquet, debout près du bar. Après le concert, elle maudit le Duc qui comme le Sunset, comme le New Morning diffuse de la musique enregistrée, sitôt le concert fini, ce qui casse l’ambiance créée par les musiciens. Un club de Jazz n’est ni une salle de concert, ni un salon de musique. C’est la vie.

 

Patience patience dans l'azur
Chaque atome de silence 
est la promesse d'un fruit mûr

Paul Valéry

 

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Marc Copland et Riccardo del Fra en première mondiale à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Le Sunside. Lundi 25 janvier 2010. 21h

 


Marc-Copland.jpg

Marc Copland : piano

Riccardo del Fra : contrebasse

 

  La photographie de Marc Copland est l'oeuvre de Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

Marc commence. Le rêve éveillé aussi. « All of You » un standard. Riccardo Del Fra joue précis, avec des petites notes sèches puis il s’arrondit. Pour l’instant, ce sont deux discours parallèles. Ca commence à se mêler lorsque Marc reprend la main. Marc Copland chantonne, fait ruisseler le piano. Il est dans son monde. Del Fra l’observe, l’écoute, l’accompagne. Il fluidifie son jeu pour entrer dans celui du pianiste.

 

Intro de Copland qui pose un rythme grave, lourd même, de la main gauche alors que la main droite est inquiétante dans le medium. Del Fra pose la base et Copland s’envole au dessus. Toujours cette ambiance lourde de la main gauche alors que la main droite mène une course folle. Ca sonne comme l’hallali du cerf. Del Fra a trouvé Copland. Leurs âmes se rejoignent dans la musique. Del Fra fait vibrer ses cordes au fond du ventre alors que Copland poursuit sa gigue inquiétante. C’est une musique qui nous emmène loin, dévalant les montagnes, courant les plaines. Dans une vision plus sombre, cette musique sonne comme l’homme qui voit la lumière au bout du tunnel sans pouvoir s’en approcher.

 

Intro au piano. Esprit de  Claude Debussy, es tu là ? Del Fra s’est mis dans le courant et il nage dans les mêmes eaux que Copland. Le piano ralentit le temps comme des montres molles de Dali. Il y a un standard caché derrière cette musique. Une ballade. Du Monk ? Et toujours ces trilles de piano qui embellissent le thème, le parent d’azur et d’or. La contrebasse fait une grosse voix de grand père bougon et taquin. Peu de gens applaudissent les solos. Le public reste attentif, concentré.

 

Le piano fait l’intro puis Del Fra ajoute une pulsation souple, subtilement funky.  Ils se regardent. La discussion est belle, riche, douce et vive à la fois. La pression monte imperceptiblement. L’esprit de la danse nous rend visite. Cela devient une sorte de valse à la Bill Evans. Il y a des accélérations, des descentes harmoniques, des tours et détours. Un parfum frais et léger flotte dans l’air. C’est le printemps par la magie de la musique.  Le piano creuse sa vague, emportant tout sur son passage. La contrebasse vogue en équilibre dessus. Marc Copland est inspiré. Riccardo del Fra le stimule. Tout batteur serait superflu ce soir. Marc Copland vient de sortir un album en duo avec un autre Maestro de la contrebasse, M. Gary Peacock. Je n’ai pas encore écouté cet album mais je me demande déjà s’il est à la hauteur de ce concert. Copland ralentit l’air pour le final tout en gardant la tension. Comme nous, Del Fra écoute et déguste en silence.

 

« Round about Midnight ». L’air est reconnaissable dès les premières notes. Ensuite Copland le masque subtilement. Cette musique est propice à la rêverie. Del Fra prend la main pour un solo profond qui vous remue le cœur et le ventre. Puis Copland remonte, rejoint Del Fra, reprend légèrement la main. Un petit pont final nous permet de franchir le ruisseau du désir.

 

Un morceau de Jazz funky. Art Blakey, je pense. Del Fra joue subtilement funky. Copland est toujours impressionniste, par dessus la contrebasse. Ca tourne mais pas en rond.

 

PAUSE

 

Marc et Riccardo discutent sur scène avant de reprendre. Tout sourire. L’entente cordiale est évidente. Marc reprend par une ballade. Riccardo entre dedans avec grâce. Il prend de plus en plus sa place. Maintenant c’est lui qui mène et Marc qui accompagne. La contrebasse de Riccardo est grande, large, de couleur sombre, parfaitement adaptée à cette musique, même visuellement. Ca sent la terre mouillée après la pluie, un parfum chaud et lourd de vie.

 

« Softly as in a morning sunrise ». Le soleil se lève en pleine nuit. Ils jouent joyeusement mais toujours avec cette pointe de mélancolie propre à Marc Copland. Del Fra s’anime, se met à chantonner à son tour. Marc a pris la main chantonnant, virevoltant. Del Fra est bien présent, juste derrière. Fausses fins qui sont autant de détours pour nous amener voir des paysages inconnus des guides.

 

Un standard dont le titre me revient. « Fall » (Wayne Shorter). Une idée de la chute qui n’est pas celle de la Bible , avilissante et définitive. Il s’agit ici de glisser pour mieux remonter, de s’abandonner pour dominer son sujet. Je me surprends à  chantonner l’air mystérieux et envoûtant de Wayne Shorter. Wayne Shorter qui sera d’ailleurs le sujet de la prochaine leçon de Jazz d’Antoine Hervé. La tension monte, la musique devient plus dense avant de s’estomper dans l’instant suivant.

 

Première introduction à la contrebasse du concert. C’est dire si Riccardo del Fra a pris sa place. C’est véloce. La musique court sous les doigts de Riccardo.  Marc entre en jouant « I remember You ». Une autre preuve que Riccardo a pris toute sa place, c’est qu’il ne regarde plus Marc Copland. Il joue, regard tourné vers le haut. Chacun est dans son monde et ces deux mondes n’en font qu’un. Fusion dans la tension vers le final.

 

Une dernière ballade « My foolish heart ». Bill Evans et Stan Getz la jouaient si bien…Le cœur fou se met à nu. Del Fra plane avec profondeur et légèreté, alliance rare. Le temps suspend son vol pour la coda.

 

Fin du concert. Riccardo et Marc se serrent la main avant de quitter la scène. C’était le premier concert de ce duo. Plaise aux Dieux qu’il y en ait d’autres !

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Giovanni Mirabassi en trio

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Paris. Le Sunside. Mercredi 19 août 2009. 21h30.

Giovanni Mirabassi: piano
Gianluca Renzi: contrebasse
Leon Paker: batterie

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre de l'Impétueux Juan Carlos Hernandez.

Démarrage dur au piano. La contrebasse reprend. Tout à coup, la musique s'allège. Retour au thème grave de départ. Et hop, ils brodent. Solo de contrebasse bien encadré par le piano et la batterie. Quelques breaks de batterie pour relancer.Toujours, en fligrane, cette figure rythmique dans le grave, irrésistible. Elle revient par la contrebasse alors que piano et batterie jouent autour.

Ca roule comme la Mer. Leon Parker précis, ferme, léger offre un soutien en acier trempé. Gianluca Renzi tient sa place au centre de l'attaque. Duo funky basse/batterie alors que le piano virevolte autour. La musique commence vraiment à décoller, funy et légère à la fois. C'est une vedette rapide qui file sur les flots. La conrebasse chante en solo. Derrière, ça tourne! La fin descend tout en douceur. Cet effet là marche toujours.

Solo de contrebasse pour introduire une ballade. Grave, méditatif. Duo piano/contrebasse. Le batteur les rejoint con dolcezza. Un peu mièvre à mon goût.

Ca repart plus véloce puis se calme. Je sens qu'ils vont varier rythmes et plaisirs dans ce morcau. Ca swingue bien. Giovanni mène le bal et ses compères suivent sans peine. Breaks de batterie accompagnés par un gimmick rythmique grave. Ca groove. Dans le jeu de Leon Parker sur les tambours, l'influence des congas cubaines est évidente.

Solo de piano pour introduire. Giovanni nous fait le ruisseau tempêtueux qui dévale la montagne. L'ensemble sonne cubain de par le jeu du batteur. Solo véloce de contrebasse. Le piano ponctue, le batteur frotte les peaux de ses mains. Le torrent court à nouveau dans la montagne. Piano contrebasse, batterie aux balais. C'est beau comme un récit de Mario Rigoni Stern.

PAUSE

Attaque à la contrebasse dans l'aigu. Puis retour au grave. Ponctuations du piano. Le cliquetis de baguettes les rejoint. La musique se déplie, se déploie. Solo de batterie: les tambours chantent et grondent. Mon voiin de droite est un passionné. Il mime les gestes du batteur. Il est dedans. Solo de batterie soutenu par une figure rythmique grave qui tourne en boucle jouée par le piano et la contrebasse. Influence africaine dans le jeu de Leon Parker. La tension est palpable. Mon voisin mime le pianiste et chante l'air. Sa compagne est dedans aussi mais plus sagement. Retour à un air léger, chantant en trio.

Giovanni attaque seul une ballade. Le trio joue au ralenti, décomposant le temps comme une montre molle de Dali. Les balais frottent, les cordes de la contrebasse vibrent, les notes du piano s'écoulent goutte à goutte. Tout est sensuel. Ca marche. Malgré la chaleur, devant moi, un homme enlace sa bien aimée. Leon Parker tient un maillet dans la main droite, un balai dans la main gauche. Cela fait un joli effet sonore. Tout est souple, arrondi, tactile.

" You don't know what love is " est introduit sur un tempo rapide au piano. Mon voisin chantonne. Leon Parker joue avec les mains sur les tambours. Ca swingue. Leon a repris les baguettes et ça balance. Ce n'est plus une ballade mais un chant d'allégresse. Solo tout en douceur de Leon Parker, une rareté chz les batteurs (sauf Max Roach bien sûr). Ses maisn roulent sur les tambours. La batterie chante, vibre, résonne, gronde. Le voisin hoche la tête en mesure. Retour au thème en trio toujours en version accélérée. Le voisin chantonne joyeusement. Le piano entraîne les deux autres dans sa farandole. Ils dansent. Mon voisin mime tour à tour le batteur, le contrebassiste, le pianiste.

Une nouvelle ballade. Le couple de voisins passionnés est parti. Il est 23h50. Ils devaient avoir peu que leur carrosse ne se change en citrouille à minuit. La barque fend les flots au rythme synchrone des rameurs. Le contrebassiste chantonne pendant son solo. Mon voisin est remplacé! Ils accélèrent, ralentissent comme un seul homme.

Solo énergique de batterie aux baguettes pour commencer. Roulez tambours! C'est sec, ça frappe mais ça reste mélodieux. C'est " Impressions " de John Coltrane. C'est étrange de l'écouter sans saxophone. Le trio décolle emmené par le pilote Giovanni Mirabassi. Beau solo de contrebasse qui permet d'enchaîner sur " So What " de Miles Davis. Ils vont à rebours de l'Histoire puisque " So What " a précédé et inspiré " Impressions ". Un break de batterie pour enchaîner et relancer le trio. Leon Parker est un batteur coloriste. Il sait trouver des sons avec les bords des caisses, des cymbales cinglés par ses baguettes magiques. Retour à " Impressions " en trio. Ils s'amusent à décomposer le tempo. Ca joue.

PAUSE

Je ne suis pas resté pour le 3e set car j'avais école le lendemain. Giovanni Mirabassi ressemble à Nanni Moretti en plus petit. Son trio  avec Gianluca Renzi et Leon Parker est une vraie trinité. Ces trois hommes n'en font qu'un. Je leur souhaite une longue vie commune en espérant qu'ils ne finiront pas dans le ronronnement ennuyeux du trio Keith Jarrett/Gary Peacock/Jack de Johnette.

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Sélection de concerts de Jazz à Paris, en Ile de France et en Normandie pour mai 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Honorables lectrices, respectables lecteurs, c'est avec l'approbation des plus hautes autorités morales et religieuses que j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter ma sélection de concerts de Jazz pour le mois de mai 2019 à Paris, en Ile de France et en Normandie.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion les vendredi 3, 10, 17, 24 & 31 mai à 1h et 19h, les samedi 4, 11, 18 & 25 mai à 1h et les dimanche 5, 12, 19 & 26 mai à 18h (heure de Paris). Pas de podcast. L'émission de mai 2019 sera consacrée à une leçon sommaire de guitare (seconde partie).

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Visite vivement recommandée. 

A Paris, au Baiser Salé, comme chaque mois de mai, ce sont les Caribéennes de mai. Vous savez que le Jazz, né à la Nouvelle Orléans, s'étend sur toute la longueur de l'arc antillais, se mêlant à la salsa de Porto Rico, au son de Cuba, à la biguine des Antilles, à  la calypso de Trinidad et Tobago, au reggae et au ska de Jamaïque, et j'en oublie forcément. Venez voyager à Paris avec les Caribéennes de mai au Baiser Salé.

A Paris, du jeudi 16 au lundi 27 mai, le festival Jazz à Saint Germain des Prés nous offre des concerts gratuits et payants, des animations culturelles (y compris en prison), des conférences. Au programme, des artistes déjà célébrés sur ce blog comme Richard Galliano, Biréli Lagrène et Fred Pallem & le Sacre du Tympan au programme de mon émission de mai sur Couleurs Jazz Radio

A Longjumeau (91), du mardi 7 au dimanche 12 mai, Festival de Jazz .

Au Vésinet (78), festival Jazz Métis du mercredi 22 au samedi 25 mai avec le San Francisco Jazz Collective qui rendra hommage à Antonio Carlos Jobim le vendredi 24 mai. 

Pour vous mettre au vert, filez en Normandie, dans la Manche, à Coutances, au festival Jazz sous les pommiers, du vendredi 24 mai au samedi 1er juin. Le programme est riche et nourrissant comme de la crème fraîche normande mais sans externalité négative. Merci de saluer Madame la sous-préfète de Coutances de ma part. 

Jeudi 2 mai, 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Sylvain Cathala Septet pour la sortie de l'album " Cullinan " enregistré en concert au Triton en 2016 . Une musique en évolution permanente par un groupe démocratique de créateurs.

Vendredi 4 mai:

20h, Le Triton, Les Lilas (93): duo Yves Rousseau (contrebasse) & Jean-Marc Larché (saxophones). Raffiné et énergique.

20h30, Le Pan Piper, Paris: Marc Ducret " Lady M ". Lady Macbeth de Sir William Shakespeare raconté par une guitare électrique, un chanteur et une chanteuse. Etonnant, non?

Lundi 6 mai, 20h, Le New Morning, Paris: John Scofield " Combo 66 ". Cf extrait audio sous cet article.

Jeudi 9 mai:

- 19h30 & 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: Ken Fowser Quintet avec, pour rythmique, le trio de Fred Nardin déjà célébré sur ce blog.

- 20h30, Le Studio de l'Ermitage, Paris: concert de sortie de l'album " Quiet Men " du quartet Colin-Cueco-Drappier-Omier proclamé sur ce blog. Le morceau " Les chevaliers " tiré de l'album sera diffusé dans mon émission de mai sur Couleurs Jazz Radio

Vendredi 10 mai:

- 20h30, Le Bal Blomet, Paris: Du Baroque au Jazz sans passer par la case départ avec le duo Violaine Cochard (clavecin)& Edouard Ferlet (piano) déjà porté aux nues sur ce blog. Cf vidéo sous cet article.

- 21h30, Le Sunside, Paris: Marc Copland (piano) rend hommage à son ami Gary Peacock (contrebasse). Elégant, forcément élégant.

Samedi 11 mai:

-20h30, Espace Sorano, Vincennes (94): le trio de Fred Nardin déjà louangé sur ce blog.

-20h30, Théâtre Montansier, Versailles (78): le trio Gardel, déjà applaudi sur ce blog. Un mélange subtil de Jazz et de Tango: violoncelle, accordéon et percussions.

- 21h30, Le Sunside, Paris: le guitariste Paul Jarret en trio. Vous avez pu l'apprécier en avril dans mon émission Le Jars jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio. Savourez le en concert en mai.

Dimanche 12 mai, 15h, festival de Jazz de Longjumeau (91): Florin Niculescu (violon) trio avec Daryl Hall (contrebasse). Un Gypsy Jazz d'aujourd'hui.

Mercredi 15 mai:

- 20h, Le New Morning, Paris: Sun Ra Arkestra. Sun Ra est mort en 1993 mais son orchestre tourne toujours mené par Marshall Allen (saxophones) qui fête ses 95 ans sur scène à Paris. Honneur aux Anciens!

- 20h30, Le Bal Blomet, Paris: Ray Lema & Silas Bassa (pianos), Fabrice di Falco (contre-ténor). Du Baroque à l'Afrique en passant par les Antilles. 

Jeudi 16 mai, 20h, Le New Morning, Paris: Anthony Joseph, Maître du Groove caribéen avec Roger Raspail (percussions). 

Vendredi 17 mai:

- Prochaine séance du festival Jazz et Images au cinéma Balzac, à Paris, à 20h30 avec un Grand Orchestre d'élèves du CNSMDP  dirigé par François Théberge (saxophone) sur scène et le Count Basie Big Band au festival international du Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins en 1961 et 1968 à l'écran grâce à Jean-Christophe Averty.

- 20h30, Espace des Arts - salle Philippe Noiret, Les Pavillons sous Bois (93):  Biréli Lagrène  (guitare) invite Costel Nitescu (violon). Du Jazz manouche qui s'inspire de Django Reinhardt mais ne le copie pas. 

- 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Aldo Romano se souvient de son quartet Palatino avec Glenn Ferris (trombone), Michel Bénita (contrebasse) et Yoann Loustalot qui remplace Paolo Fresu (trompette). Cependant que tu vois le superbe rivage De la rivière Tusque, et le mont Palatin, Et que l’air des Latins te fait parler Latin, Changeant à l’estranger ton naturel langage (Ronsard)

Samedi 18 mai:

- 20h30, Maison de la Radio, Paris. Soirée Jazz sur le Vif. Concerts diffusés en différé sur France Musique. Trio franco-américain Orbit suivi du Devil Quartet du Sarde Paolo Fresu (trompette). 

- 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Thierry Eliez (piano, voix) raconte l'amitié créatrice entre Claude Nougaro (paroles) & Michel Legrand (musique). Avec 2 chanteurs et 3 chanteuses. Thierry Eliez peut en parler puisqu'il a accompagné ces deux géants du Jazz et de la Java. 

Dimanche 19 mai, 18h30, Le Sunside, Paris: Hommage à Miles Davis. La période acoustique de Miles Davis (1946-1968) présentée par Lionel Eskenazi et jouée par le quartet de Jacques Vidal (contrebasse). Julien Alour (trompette). 

Mercredi 22 & jeudi 23 mai, 19h30 & 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: The Art of the Quartet avec Kenny Werner (piano), Scott Colley (contrebasse), Peter Erskine (batterie), Benjamin Kopel (sax). Un All Stars à 4.

Vendredi 24 mai, 20h45, Le Comptoir, Fontenay sous Bois (94): Max Cilla Quintet, le Maître de la flûte des Mornes (Martinique). 

Samedi 25 mai:

- 20h30, Centre culturel, Etrechy (91), Antoine Hervé Trio, pianiste et compositeur maintes fois célébré sur ce blog pour ses Leçons de Jazz.

- 21h30, Le Sunside, Paris: Alain Jean-Marie Biguine Reflections Trio. INDISPENSABLE.

Lundi 27 mai, 20h, Le New Morning, Paris: Cecile Mac Lorin Salvant (chant) & Sullivan Fortner (piano). Tout le monde dit du bien de cette chanteuse. 

Mercredi 29 & jeudi 30 mai, 21h, Le Sunside, Paris: Wayne Escoffery Quartet avec Danny Grissett (piano). Elégant et énergique. 

Jeudi 30 mai, 20h30, Le Studio de l'Ermitage, Paris: SLOW + Jozef Dumoulin. Jozef Dumoulin en solo, au Fender Rhodes, est unique au monde. Comme Jimi Hendrix à la guitare électrique et Jaco Pastorius à la guitare basse électrique.

Vendredi 31 mai:

- 19h, Le Baiser salé, Paris: Max Cilla Racines des Mornes Quintet. La Martinique comme vous ne l'avez jamais rêvée. 

- 19h30, Le Cabaret Sauvage, Paris: Festival Sons croisés créoles avec divers artistes des Caraïbes dont Céline Languedoc, chanteuse déjà acclamée sur ce blog. 

La photographie d'Aldo Romano est l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Aldo Romano par Juan Carlos HERNANDEZ

Aldo Romano par Juan Carlos HERNANDEZ

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Gildas Boclé " Or else "

Publié le par Guillaume Lagrée

Gildas Boclé

" Or else "

 

Gildas Boclé: contrebasse, compositions

Jean Baptiste Boclé: orgue, vibraphone (3,9)

Billy Drummond: batterie

Gary Burton: vibraphone (1,5,10)

Walt Weisskopf: saxophone (4,6,9)

Quand les frères Boclé allèrent étudier le Jazz à la Berklee School of Music aux Etats Unis d'Amérique, ils furent les élèves du vibraphoniste Gary Burton. Ils devinrent ensuite des membres de son groupe. Manifestement, ils sont restés en bons termes puisque Gary Burton fait trois apparitions dans le nouvel album des Frères Boclé, la plus marquante étant à mon avis la première (Timber).

Gildas Boclé a un coup d'archet impérieux voire impérial qui lui est tout à fait personnel. Ses compositions sont bien ficelées, parfois un peu trop à mon goût. Billy Drummond assure en super professionnel. Jean Baptiste Boclé groove tranquille à l'orgue et vibre paisible au vibraphone. Walt Weisskopf me laisse froid. Techniquement, c'est irréprochable mais j'entends du saxophone, pas de la musique, c'est bien le problème.

Quand ils ne jouent pas leurs Keltic Tales, les frères Boclé, même en  enregistrant à Brooklyn, ne quittent jamais vraiment la Bretagne. La preuve avec cet Hôtel de la plage ci dessous, filmé par Gildas Boclé qui est aussi un photographe et vidéaste renommé.

 

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Le Boeuf du Neuf au Neuf

Publié le par Guillaume Lagrée

Le Neuf Jazz Club. Paris. Mercredi 9 décembre 2009. 20h.

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Rick Margitza
: saxophone ténor
Manuel Rocheman : piano
Peter Giron : contrebasse
Karl Jannuska : batterie
Plus divers jeunes musiciens parisiens.

La photographie de Peter Giron est l'oeuvre du Serein Juan Carlos Hernandez.


21h05. Les musiciens montent sur scène. Avis aux spectateurs. Il suffit de venir à 21h pour ne pas attendre les musiciens tout en ayant une place assise.

Le piano a le couvercle fermé pour ne pas couvrir les autres musiciens.

Ils commencent par « You don’t know what love is » tout en douceur, en souplesse mais avec du rythme. Karl est aux baguettes. Rick Margitza est le prince du Sax. Ca ronronne, ça tourne comme une voiture de sport luxueuse. Format classique : thème, solo, thème. Pete Giron, fin et souple, chante avec Karl aux balais et le pianiste qui ponctue. Après le solo de contrebasse, Rick revient sur scène et repart aérien, élégant, princier. Sur cette fin de premier morceau, Rick est déjà chaud bouillant. Les jeunes saxophnistes qui vont venir le relayer sur scène ont intérêt à être à la hauteur s’ils ne veulent pas être balayés. Les musiciens jouent un petit set puis ils invitent sur scène qui veut jouer.

Ils poursuivent avec « The Peacocks » du pianiste Jimmy Rowles immortalisé par Stan Getz au sax ténor (album « The Peacocks » avec Jimmy Rowles et Stan Getz justement). Manuel Rocheman s’en donne à cœur joie sur ce bijou pianistique. Il fait danser le piano. La maîtrise technique de l’ancien élève de Martial Solal est bien là. Il y met de l’énergie, de la vigueur, de la variété, de la vivacité. L’instant d’après, il se fait calme et discret derrière Rick qui déroule son serpent de cuivre. Solo de batterie axé sur les tambours qui vibrent, chantent, grondent.

Un petit air latin dans le tintement des cymbales. Baila ! C’est chaud, viril, dansant. Parfait pour une nuit de décembre. Ca cause derrière moi mais devant ça joue vite, haut et fort, dominant le tout. Après le solo de contrebasse, Rick repart à l’attaque comme un boxeur. La salle est remplie de très jeunes musiciens et auditeurs. Ca fait plaisir à voir. Le message continue de passer.

Morceau encore plus vif, plus nerveux. Après un morceau au style rollinsien, Rick est passé au style coltranien. Manuel Rocheman attaque. Belle bagarre avec le piano dont la musique sort vainqueur. Rick revient en corne de brume, poussé la contrebasse et la batterie. Ca balaie.L’ombre de Sonny Rollins revient avec ce trio sans piano. Le piano, main gauche, et la contrebasse tiennent le tempo alors que Karl enflamme ses tambours. Il se lance tout seul dans le chantier à grandes pelletées. Manuel tient sur sa main gauche puis ajoute un peu de main droite alors que Rick a repris son vol aquilin.

PAUSE

Peter Giron est le MC (Master of Ceremony) de la soirée. Il invite les musiciens à inscrire leur nom, prénom, instrument sur une liste ce qui permet de répartir leur ordre de passage. Il les présente lorsqu’ils montent sur la scène.Le tout avec un charmant accent made in USA.

Tous les musiciens sont remplacés : piano, contrebasse, batterie, saxophone soprano. Ils évitent la confrontation avec les Anciens.

Comme pour tout bœuf, les musiciens ont besoin de codes communs pour se retrouver. D’où le jeu des standards. Ici « On green dolphin street » pour commencer. La rythmique tourne bien. Le sax soprano joue bien de cet instrument si difficile techniquement. Il a déjà la maîtrise technique, le flux mais pas encore la personnalité. Tous ces jeunes gens sont Blancs. Le Jazz, musique métisse, a pâli. Pas de musicienne non plus.Très joli solo de contrebasse portant à la rêverie.

Ils jouent ensuite un morceau de TS Monk qui fait passer le souvenir de Steve Lacy dans le jeu du soprano.

Un autre saxophoniste monte sur scène, un alto. Standard joué de façon très cool, dérivée de Lee Konitz plutôt que de Charlie Parker. C’est assez rare pour être signalé. Je pense qu’ils jouent « Softly as in a morning sunrise ». Le saxophoniste Roland Sieyes (un descendant de l’abbé ?) est concentré. Il fixe un point imaginaire, n’osant pas regarder le public en jouant. Le contrebassiste a une belle chemise orangée en harmonie avec le vernis de la contrebasse. Bien vu. Jolies trilles du piano impeccablement soutenu par la rythmique. Ce jeune contrebassiste, Alexandre Perrot, sort du lot. Il joue souple, puissant, relâché et il sait raconter des histoires le long des cordes de sa contrebasse. Breaks de batterie tranquilles et efficaces. Le sax a le bouc, le goatee du bopper mais plus petit que celui de Dizzy Gillespie.

Changement des musiciens. Un guitariste électrique monte sur scène. Seul le sax reste. Ca sonne brésilien au départ mais c’est un standard du Jazz, « I remember april ». La rythmique swingue bien avec la couleur de la guitarre électrique en plus. Solo de guitare jazz dans le style années 1950. Sacha Distel peut être fier de sa descendance. Beau son de sax alto, clair, distinct, sans vibrato.

Un autre sax alto monte sur scène. Je m’en vais car minuit approche. Je n’ai pas de problème de citrouille pour rentrer mais j’ai école le lendemain. Je salue Sébastien Llado en partant. Je reviendrai au Bœuf du Neuf le mercredi soir en espérant entendre la rencontre sur scène des Anciens et des Modernes

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