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88 résultats pour “Hervé Sellin

Mozart la nuit par Antoine Hervé et Cie le 14 juin à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

" Mozart la nuit " au Théâtre du Châtelet , place du Châtelet, Paris 1er arrondissement, le lundi 14 juin 2010 à 20h30.

 

Antoine Hervé

 

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pianiste, compositeur, chef d'orchestre Antoine Hervé  s'empare de Wolfgang Amadeus Mozart en compagnie des frères François (contrebasse) et Louis (batterie) Moutin et d'un choeur  avec pour invité spécial l'inépuisable Médéric Collignon (cornet de poche, bruitages divers et de printemps).

 

Ce que ça va donner? Un truc terrible! A vérifier sur pièces et sur place comme disent les juristes.

 

" Mozart, c'est la plume de Dieu dans la main d'un homme " Niklaus Harnoncourt, chef d'orchestre.

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Rentrée des leçons de Jazz d'Antoine Hervé à Paris et ailleurs

Publié le par Guillaume Lagrée

Antoine Hervé

La photographie d' Antoine Hervé est l'oeuvre de l'Expert Juan Carlos Hernandez.L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

Lectrices assoiffées de savoir, lecteurs affamés de connaissance, réjouissez vous! Les leçons de Jazz d'Antoine Hervé reprennent.

Des leçons déjà jouées à Paris sont données dans diverses villes de France. Voir le programme sur le site Internet du Professeur agrégé de Jazzologie, Antoine Hervé.

A Paris, la prochaine leçon aura lieu le lundi 7 novembre 2011 à 19h30 à l'Auditorium Saint Germain des Près.

Thème: Ella Fitzgerald. Ella, elle a, ce que France Gall n'a pas. Désolé, mais celle là, je ne peux pas m'empêcher de la placer.

Pour interpréter le rôle de la First Lady of Song, Mademoiselle Deborah Tanguy, chanteuse de Jazz.

Emmenez vos enfants. Ca les changera des cours de solfège. L'instruction par la joie et le plaisir, tel est le principe de base des Leçons de Jazz du Professeur Antoine Hervé.

Plaçons la barre au plus haut. " Lush life " de Billy Strayhorn par Duke Ellington en duo avec Ella Fitzgerald

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Leçons de Jazz d'Antoine Hervé au festival Off d'Avignon du 8 au 28 juillet 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices estivales, lecteurs estivants, pendant que vous vous reposez les doigts de pieds en éventail dans votre chaise longue, un chapeau de paille sur la tête, sirotant votre jus de fruits frais d'une main, lisant un roman policier de l'autre, il y en a qui travaillent pour votre instruction et votre divertissement.

Par exemple,  Antoine Hervé, pianiste, compositeur, chef d'orchestre, pédagogue, showman.

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Précieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Si vous n'avez pu suivre ses  Leçons de Jazz souvent et largement chroniquées sur ce blog, allez à Avignon, Vaucluse, région Provence Alpes Côte d'Azur, France pour le festival Off au cours duquel Antoine Hervé donnera chaque soir, du dimanche 8 au samedi 28 juillet 2012, juste avant l'apéritif (" L'apéritif, c'est la prière du soir des Français " Paul Morand), de 18h30 à 19h30, une Leçon de Jazz à l'AJMI, derrière le Palais des Papes, dans le même bâtiment que le cinéma La Manutention. Chaque soir, un thème différent. Il peut le faire et il le fera, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs!

Emmenez y femmes, enfants, amis, voisins, inconnus, cousins, parents et grand-parents afin qu'il s'amusent, s'instruisent, se désensablent les portugaises, se stimulent les neurones, s'émeuvent, se réjouissent, dansent, bondissent, trépignent de joie et de savoir.

 

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Les leçons de Jazz d'Antoine Hervé à votre disposition en CD et DVD

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Sages lectrices, vertueux lecteurs, il est possible que vous receviez des cadeaux fort peu à votre goût en ce soir de Noël. Pour vous réconforter, offrez vous donc les Leçons de Jazz d'Antoine Hervé, pianiste, compositeur, chef d'orchestre photographié ci dessous par le Festif Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Antoine Hervé

 

Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanction civiles et pénales.

 

Si vous parcourez ce blog, vous verrez que je suis un fan invertébré des Leçons de Jazz d'Antoine Hervé. Il peut nous arriver de manquer ces leçons parce que nous sommes en voyage entre Valdivostok et Tombouctou, parce que nous travaillons, nous sommes malades, nous vivons à l'année dans le pays des Rohan ou le désert de Chartreuse, parce que nous n'avons pas été attentifs au programme, parce que nous avons des enfants à garder, trop jeunes pour aller au concert ou  pour mille autres raisons valables ou non.

 

Qu'importe. Si la montagne ne vient pas à Mahomet, Mahomet ira à la montagne dit un vieux proverbe. Désormais, grâce à la magie de la technologie, il est possible d'acquérir ces Leçons de Jazz en coffret CD et DVD, de les écouter, les étudier, d'apprécier en béotien ou en connaisseur les doigtés du pianiste, l'à propos des propos du professeur, l'élégance de ses accompagnateurs, l'humour des acteurs, de bénéficier des english subtitles pour ceux qui maîtrisent mieux l'idiome d'Oscar Wilde que celui d'Alphonse Allais, bref de nous régaler à volonté à domicile ou en voyage, d'en faire profiter la nouvelle génération ainsi que l'ancienne d'ailleurs.

 

J'ai profité pour l'instant de deux leçons que j'avais déjà apprécié in vivo à Paris:

-  Wayne Shorter avec Jean Charles Richard au saxophone soprano

-  Antonio Carlos Jobim et la Bossa Nova avec Rolando Faria au chant.Avec des bonus dans le DVD.

 

 

L'abus des Leçons de Jazz d'Antoine Hervé est recommandé pour la santé et devrait être remboursé par la Sécurité Sociale pour ses vertus tonifiantes, reconstituantes, anti dépressives et stimulantes.

 

Voici ci dessous un extrait de la Leçon sur Jobim et la Bossa Nova. Profitez en pleinement, nuit et jour.

Produit par Antoine Hervé avec le soutien de la Fondation BNP Paribas. Distribué par Harmonia Mundi.

 


 

 

 


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Rentrée des Leçons de Jazz d'Antoine Hervé à Paris, au Petit Journal Montparnasse, le 15 octobre 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

RENTREE

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Distingué Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Lectrices assoifées de savoir, lecteurs affamés de connaissance, réjouissez vous car les Leçons de Jazz du Professeur Antoine Hervé, Jazzologue, reprennent

 

au Petit Journal Montparnasse

 13 rue du Commandant Mouchotte - 75014 - Paris. France.

le Mardi 15 octobre 2013 à 21h30 

Antoine Hervé sera en trio avec les frères Moutin (François à la contrebasse, Louis à la batterie)

pour une Leçon de Jazz explosive sur Oscar Peterson.

 

 

RECLAME


Une occasion également de fêter la sortie du coffret

Les Pianistes

Une excellente idée de cadeau de Noël

 5 Pianistes, 6 DVD 

 Trois rééditions, une nouveauté et un inédit réunis en coffret

 

 

 

 

·       Oscar Peterson « Le Swing et la Virtuosité » (2 DVD) (paru le 2 mai 2012)

·       Keith Jarrett « Pianiste sans frontières » (paru le 9 octobre 2012)

·       Dave Brubeck « Les Rythmiques du diable » (paru le 18 juin 2013)

·       Bill Evans « Turn Out The Stars » (à paraître séparément le 24 septembre 2013) 

·       Thelonious Monk « Le Griot du Be-Bop » (inédit)

 

 

Sortie le mardi 22 octobre 2013

Distribué par Harmonia Mundi / Produit par RV Productions

 

 

Avant la Leçon de Jazz sur Oscar Peterson, voici celle donnée par Oscar Peterson dans le Dick Cavett Show en 1979. Rien à ajouter.

 

 


 

 



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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " MacCoy Tyner: tempête sur les musiques du monde "

Publié le par Guillaume Lagrée

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé

« Mac Coy Tyner : tempête sur les musiques du monde »

 

Paris. Auditorium Saint Germain.

Jeudi 10 mai 2012. 19h30.

 

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

Sylvain Romano : contrebasse

Dré Pallemaerts : batterie

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Républicain Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Lectrices exigeantes, lecteurs pointilleux, sachez que je ne porte pas de lampe frontale pendant les concerts. Si l’obscurité est propice à l’écoute et à la méditation, elle ne l’est pas à l’écriture. Je vous transcris ici ce que j’ai pu relire de mes notes. Les erreurs et les lacunes sont donc miennes. En élève consciencieux, j’ai toutefois relevé une ou deux erreurs factuelles dans les propos du Professeur Antoine Hervé qui n’invalident en rien la qualité de cette leçon consacrée au pianiste Mac Coy Tyner, né en 1938, dont la carrière ne saurait se résumer à son brillant passage dans le quartet de John Coltrane (sax ténor, soprano) avec Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) de 1960 à 1965.

 

Cette Leçon de Jazz est consacrée uniquement aux compositions de Mac Coy Tyner. Rappelons d’abord que dans le quartette de John Coltrane les soli de chaque musicien étaient si longs que le chef avait le temps de manger son assiette de spaghetti posée sur le piano pendant que ses musiciens improvisaient. Une utilisation judicieuse du temps de travail, évitant la pause déjeuner (payée mais pas travaillée) qui devrait inspirer les DRH, comme le fait remarquer judicieusement le professeur Hervé.

 

Le trio commence par « Uptown ». C’est joli, entraînant et puissant. Bref c’est du Mac Coy (le pianiste pas le héros de BD ou l’auteur de polars). Le batteur peut jouer plein pot en même temps que le pianiste. Le contrebassiste fait entendre sa vibration au centre.

 

Mac Coy Tyner tient l’Afrique (l'Afrique, c'est Chic!) et les musiques du monde au bout de ses doigts. Ses mélodies sont simples et efficaces, très bien construites avec des répétitions de phrases. Ce système se trouve dans toute la musique populaire du XX° siècle mais est rejeté par la musique dite contemporaine. Mac Coy Tyner est né à Philadelphie, ville riche en musiciens de qualité (le batteur « Philly » Joe Jones, le pianiste Bud Powell, le saxophoniste ténor Benny Golson, les frères Heath). Par contre, je dois reprendre le Professeur Hervé sur un point : John Birks « Dizzy » Gillespie est né à Cheraw, Caroline du Sud et non pas à Philadelphie. Cependant, il  a passé son adolescence à Philadelphie. 1-1. La balle au centre.

 

Pour le Professeur Hervé, le Jazz ce sont les Pan Africains (les Pan Américains ont fait faillite. Blague personnelle), les Créoles et les Latins. Je ne suis qu’un modeste élève du Professeur Hervé mais je ne peux accepter cette théorie. Et les Juifs, les Italiens et les Gitans ? N’ont-ils rien apporté au Jazz ? Stan Getz, Benny Goodman, Lee Konitz, Al Cohn, Eddie Rosner, John Zorn, Artie Shaw, Martial Solal, Lou Levy, Dean Martin, Tony Bennett, Frank Sinatra, Frank Rosolino, Django Reinhardt et sa famille, les frères Ferré, Christian Escoudé, c’est de la roupie de sansonnet, peut-être ? Le minority factor ne vaut pas que pour les Noirs et les Métis dans le Jazz, musique métisse. Il vaut aussi pour les Blancs de peau comme le chantait Claude Nougaro. Aujourd’hui, il y a même des Bretons dans le Jazz : Pierrick Pédron (sax alto), Eric Le Lann (trompette) et Antoine Hervé (piano) qui est au moins Breton de nom. C’est dire la tolérance qui règne dans ce genre musical.

 

Après relecture de ma copie par le Professeur Hervé, je dois battre ma coulpe deux fois:

- d'abord il voulait parler de la Nouvelle Orléans des origines du Jazz où il y avait bien les Pan Africains, les Créoles dont l'auto proclamé Inventeur du Jazz, Mr  Jelly Roll Morton et les Latins.

- ensuite Hervé vient des Vikings, les North Men en anglais, les Normands en français et s'est ensuite répandu en Bretagne. Cela signifie le Chef comme Guillaume en germanique d'ailleurs. C'est dire si je suis qualifié pour résumer les Leçons de Jazz du Professeur Antoine Hervé.

 

 

Le Professeur Hervé montre par l’exemple le passage d’une mélodie de Mac Coy à une mélodie caraïbe. Imparable.

 

« Opus » tiré de l’album « Inner Voices » avec chœur d’enfants brésiliens. Tchick, tchick fait le batteur. Effectivement, ça sonne latin mais à la mode Mac Coy Tyner. La contrebasse lance une autre mélodie dans le morceau. Ca swingue toujours aussi grave.

 

Dans les années 50-60, les musiciens noirs américains recherchaient leur africanité fantasmée. John Coltrane a beaucoup appris en jouant avec Thelonious Monk : « Jouer avec Monk c’est comme entrer dans un ascenseur. Les portes s’ouvrent, vous faites un pas en avant et il n’y a pas d’ascenseur ». Bref, ce n’était pas facile mais c’était formateur. « High Priest » composition de Mac Coy dédiée au « Prophète » Thelonious Sphere Monk. Monk aimait les clusters, deux notes proches l’une de l’autre jouées en même temps. Variations Jazz au piano sur « Au clair de la lune ». Monk aimait aussi les tonks, les notes graves frappées. Avis aux pianistes : si vous voulez travailler votre toucher, n’écoutez pas Monk.  Le rock’n roll se jouer sur des quintes. Ex : « Smoking on the water » (Deep Purple, morceau composé suite à un incendie au festival de Jazz de Montreux lors d’un concert de Frank Zappa). Le Jazz moderne lui se joue avec des quartes. 

 

Le Professeur Hervé nous explique ensuite le Jazz modal qui vient de la West Coast (Gerry Mulligan, Chet Baker) et a été repris par Miles Davis grâce à un pianiste blanc qui lui a fait écouter Ravel et Stranvinki, Bill Evans. Rappel historique : les 7 notes de la gamme occidentale dite dorienne (do, ré, mi, fa, sol, la, si) correspondent aux 7 planètes que connaissaient les Grecs anciens. C’est une invention de Pythagore, géomètre et gourou philosophique, auteur notamment de cette pensée mémorable : « Il y a un principe bon qui crée l’ordre, la lumière et l’homme et un principe mauvais qui crée le chaos, les ténèbres et la femme ». Pythagore vivait seul entouré de jeunes et beaux garçons. Ceci explique cela.

 

Après cela, les explications du Professeur Hervé sont devenues vraiment complexes et mathématiques (comme Pythagore mais sans jeunes et beaux garçons autour de lui) et mes notes illisibles. Je retiens la filiation avec Claude Debussy pour le travail sur les touches blanches du piano (le pianiste de Jazz est un « ivory tickler »).

 

J’ai noté aussi les propos sur la polyrythmie aussitôt démontrés par Dré Pallemaerts aux maillets. 4 mesures à 3 temps ou 3 mesures à 4 temps, cela fait toujours 12 temps, n’est-ce pas ?

 

« Island Birdy », composition influencée par la musique caribéenne. Celle-ci vient de la musique espagnole, la habanera. Logique puisque Christophe Colomb a débarqué, pour le compte du Roi d’Espagne, sur l’île de Saint Domingue. Exemple avec le grand air « Carmen » de Bizet joué par un trio de Jazz. « Si tu ne m’aimes pas, je t’aime et si Je t’aime, prends garde à toi ». Ils enchaînent directement sur le morceau de Mac Coy.

 

« Fly with the wind », mélange d’Afrique et de Caraïbes. Je hoche la tête, bats du pied. Ca swingue terrible. La composition est simple et diaboliquement efficace.

 

Mac Coy Tyner est allé au Brésil. Ce qu’il en a tiré n’est pas du Jobim mais du Mac Coy Tyner. Changer tout en gardant son identité, c’est le propre des créateurs. « Festival in Bahia ». Le Brésil manié par la patte puissante de Mac Coy cela donne une nouvelle mélodie entêtante et irrésistible.

 

Le Professeur Hervé teste les capacités de ses élèves en calcul mental. La musique est un art mathématique. C’est une évidence que je retrouve à chaque Leçon de Jazz. Démonstration de gamme par tons (6 notes) chère à Claude Debussy et Walt Disney (le compositeur préféré de notre ex président précise le professeur Hervé. Qui connaît le compositeur préféré du nouveau président, d’ailleurs ?). Ici, les mesures asymétriques. Par exemple, le 5/4 de Dave Brubeck (« Take Five » composition de Paul Desmond d’ailleurs) ou Bill Evans. Un cycle de 4 mesures à 4 temps donne 16 temps. Un cycle de 4 mesures à 5 temps ou de 5 mesures à 4 temps donne 20 temps. Logique. Exemple avec « Four by five », composition de Mac Coy. Rien à voir avec le football où une composition en 5-4-1 (le gardien ne comptant pas) dénote un jeu ultra défensif. Là, ce n’est pas du tout le cas.

 

Après les 5 temps, les 3 temps de la valse. 3 * 3 = 9. Solo de contrebasse magique pour commencer (joué par Ron Carter dans l’enregistrement de Mac Coy). Une valse bien loin de Chopin.

 

Démonstration sur la pentatonique,  les touches noires du piano. Démonstration de musique chinoise puis de Pop Music occidentale reposant sur la pentatonique. A partir d’une basse, on peut faire défiler les tonalités pour donner des effets multicolores. Lorsque John Coltrane est allé complètement dans le Free, entre 1965 et 1967, Mac Coy Tyner est parti parce qu’il ne ressentait plus cette musique. Il aime la liberté dans la contrainte, celle des grilles harmoniques. JS Bach faisait de même lorsqu’il écrivait ses canons. « Comprendre, c’est ramener au déjà vu » (Nietzsche). D’ailleurs, c’est aussi Nietzsche qui a écrit « Sans musique, la vie serait une erreur » et « Dieu doit beaucoup à Bach ».

 

« Song of the new world ». Enfant du Nouveau Monde, Mac Coy Tyner le compose différemment de Dvorak. Le point commun, c’est l’énorme énergie vitale qui se dégage de ces deux musiques. Ca désensable les portugaises. Ca envoie du puissant. Un dernier roulement de tambours, une dernière frappe de cymbales et c’est fini.

 

RAPPEL

 

« Blue for ball » ( ?). C’est un Blues à la Mac Coy , puissamment énergisant. Cet homme devrait être sponsorisé par l’industrie énergétique. En sus de l’aspect pédagogique, c’est un fameux trio qui joue ce soir. Ils ne sont pas Bretons mais ils déménagent ! Solo de batterie bien construit aux baguettes. C’est Dré Pallemaerts aux commandes. Pas d’étalage.

 

J’ai beaucoup appris et beaucoup apprécié. Que demander de plus ? Redoubler cette leçon car je n’ai pas tout compris, tout saisi, tout noté, élève ignorant que je suis.

 

Même si je suis loin de maîtriser le sujet, il faut déjà se préparer à la prochaine de Leçon de Jazz d’Antoine Hervé, à Paris, à l’Auditorium Saint Germain le lundi 4 juin 2012 à 19h30. Thème : Monsieur le Baron Thoots Thielemans, Belge et harmoniciste de Jazz. Invité : Olivier Ker Ourio, Réunionnais, descendant de marins bretons (Sous chaque vague, un Breton!) et harmoniciste de Jazz. A écouter pour préparer la leçon, l’album duo Martial Solal (piano)&Toots Thielemans (harmonica) (Erato, 1992).

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: Ella Fitzgerald

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé 

« Ella Fitzgerald » 

Paris. Auditorium Saint Germain.

Lundi 7 novembre 2011. 19h30.

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Sincère Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

François Moutin : contrebasse

Louis Moutin : batterie

Deborah Tanguy : chant, scat 

 

 

Ella Fitzgerald (1917-1996), l’incarnation du rêve américain : la réussite par le talent, la volonté, l’opiniâtreté. The First Lady of Song, 13 Grammy Awards.


Ils commencent par « Fascinating rhythm ». La souplesse, la chaleur, le swing, Deborah Tanguy a tout ce qu’il faut pour interpréter Ella Fitzgerald. Le trio swingue tranquille comme il faut. Le scat est bon mais, dans le genre, Ella Fitzgerald reste intouchable. Ca swinguerait plus sans les poignets de plomb de Louis Moutin. C’était un extrait de la fameuse comédie musicale de Georges Gershwin, « Lady be good ».

 

Ella eut une enfance difficile. A 16 ans, elle fut placée dans un foyer d’enfants abandonnés. A 17 ans, elle gagne un concours à l’Apollo Theater de Harlem, à New York, USA. Elle monte sur les planches avec l’orchestre du batteur Chick Webb. Le crooner de l’orchestre avait exigé qu’on l’engage. Ella imposa une comptine pour enfants de 1879 que tout le monde dans l’orchestre, sauf le chanteur, trouvait débile « A ticket a tasket ». Ce fut un triomphe. Plus d’un million d’exemplaires vendus. Amy Winehouse, chanteuse anglaise récemment décédée, a travaillé dans le style d’Ella Fitzgerald, sur les conseils de son père. En hommage à Amy, une version funky de « A ticket a tasket ». Duo funky basse/batterie. Scat d’Antoine Hervé. Ca marche, le public bat la mesure. Version funky tout en respectant la mélodie, le swing. Louis Moutin joue avec les mains sur ses tambours.

 

« Mr Paganini », morceau symbolique du scat. Antoine Hervé nous lit un exemple de scat. Il faut apprendre la phrase pour le mois prochain et la réciter lors de la prochaine leçon de Jazz. Le professeur Hervé est exigeant avec ses élèves ! Démonstration de Deborah Tanguy. «  If you can’t play it, you can sing it and if you can’t sing it, you will have to swing it ». Echanges de percussions entre le scat et la batterie.


En 1939, Chick Webb meurt et Ella Fitgerald le remplace à la tête de l’orchestre. Une femme chef d’orchestre c’est rare pour l’époque et c’est dire l’assurance de cette jeune femme de 22 ans. Elle commence sa carrière en solo en 1941. Elle était influencée par les Boswell Sisters. Ella avait une diction et une justesse parfaites. Elle avait aussi l’oreille relative, sachant toujours où se placer entre les instruments. De plus, elle avait une mémoire phénoménale lui permettant de retenir les paroles. Enfin, elle déchiffrait vite. Bref, elle avait tout pour être ce qu’elle était : la Première Dame de la chanson.

 

Elle enregistra avec un des ses modèles,  Louis Armstrong (elle reste la seule chanteuse capable d’imiter la voix de Louis Armstrong), « Ella and Louis » puis, vu le succès, « Ella and Louis again ».

 

Le groupe se lance dans un medley des succès d’Ella et Louis. « These foolish things » puis « They cant’ take that away from me » puis « Can’t we be friends » puis « Cheek to cheek » et “How high the moon”..

Ca commence en duo piano/chant par une ballade nostalgique, “ ces choses folles me font me souvenir de toi “. Le quartet enchaîne sur le swing irrésistible de « Ils ne peuvent pas m’enlever ça ».

 

Mes notes sont devenues illisibles. J’étais certainement trop enflammé par la musique pour continuer d’écrire. La chronique cesse donc ici.

`

Je dois tout même corriger une erreur du Professor Von Hervé. Ira était le frère et non l’épouse de Georges Gershwin.

 

J'ajoute par ailleurs une histoire sur Ella Fitzgerald. Un soir qu'elle était de passage à Paris en tournée, son producteur, Norman Granz, l'invita à dîner au Grand Véfour, au Palais Royal, la cantine de Colette. Ella demanda en apéritif un Coca Cola. " Je suis navré, Madame, mais nous ne servons pas cette boisson ici " lui répondit le serveur. " Ce n'est pas grave. Servez moi un Pepsi alors " lui répondit Ella en souriant. Se non è vero, è ben trovato!

 

La prochaine leçon de Jazz d’Antoine Hervé à Paris aura lieu, au même endroit, le lundi 12 décembre 2011 à 19h30.

Thème : Dave Brubeck, pianiste arythmique. 

« Pour que Dave Brubeck swingue, il faudrait qu’il pende au bout d’une corde » (Art Blakey). 

 

Ella Fitzgerald était capable de charmer des cow boys blancs en 1942. La preuve!

 

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " Duke Ellington, Melody Maker "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé

« Duke Ellington, Melody Maker »

Paris. Auditorium Saint Germain.

Lundi 10 décembre 2012.19h30.

 

 

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

François Moutin : contrebasse

Louis Moutin : batterie

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Tonitruant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Vibrantes lectrices, vivants lecteurs, je vous ai déjà raconté une Leçon de Jazz d’Antoine Hervé sur Duke Ellington en solo. Il traite à nouveau ce sujet inépuisable en trio. Il y a bien peu de lumière dans la salle. Pas facile de prendre des notes pour les élèves. Les erreurs de transcription des propos du professeur Hervé sont entièrement miennes.

 

Duke Ellington est le Saint Patron du Jazz avec Louis Armstrong. D’accord, professeur Hervé, sauf que Duke Ellington jouait sa musique avec son orchestre alors que Louis Armstrong jouait n’importe quoi avec n’importe qui, du moment qu’on le paie. Il était très bien payé d’ailleurs puisque, de son vivant, Louis Armstrong était le musicien le mieux payé des Etats-Unis. Duke Ellington a d’ailleurs enregistré avec Louis Armstrong. Des chefs d’œuvre évidemment. Il faut signaler que Duke Ellington a eu une longévité rare pour un Jazzman (1899-1974). C’est un Melody Maker qui a rempli le « Great American Songbook » de titres inoubliables.

 

Le trio commence par « A prelude to a kiss », une musique nocturne pour orchestre de dancing dans un palace en bord de mer ou de lac. Bonne définition, professeur Hervé. Romantic, so romantic. ils le jouent très bien suggérant les chants des cuivres et de la chanteuse. Quand vous avez joué une mélodie de Duke Ellington, il vous faut 3-4 jours pour vous sortir de la tête selon le professeur Hervé. A raison d’une dizaine de mélodies ce soir, il faudra donc aux musiciens un mois minimum pour se remettre de cette Leçon. Quant à « Prelude to a kiss », c’est une mélodie à écouter avec sa bien aimée dans ses bras, ce que je fais derechef. « Il n'y a que deux choses: l'amour, toutes sortes d'amour, avec des jolies filles et la musique de La Nouvelle Orléans et Duke Ellington. Tout le reste devrait disparaître car tout le reste est laid » (Boris Vian). Le batteur est aux balais, de course. 

 

Duke Ellington a développé un sens inné du chromatisme nous apprend le professeur Hervé. Il a plus appris à l’oreille et en regardant des pianistes qu’avec des leçons de piano. Il s’agissait, dans les années 20, de faire danser les gens ou de les faire rêver. Ca tombait bien. Le Duke savait faire les deux à la perfection. 

 

Qu’aurait joué Ludwig Von Beethoven s’il avait vécu à Harlem dans les années 20 ? Démonstration en solo de piano avec « Mail to Elisa », version bluesy de la «  Lettre à Elise ». 

 

Duke Ellington était aussi businessman, graphiste (il avait fait une école de Beaux Arts à Washington). Il dessinait l’affiche du spectacle et fournissait l’orchestre. Bref, l’homme à tout faire du show business. Sans compter qu’il vendait l’exclusivité de ses talents à divers producteurs sous différents noms. Duke quitte Washington, sa ville natale et arrive à New York conduit par son batteur Sonny Greer qu’il vira de l’orchestre pour alcoolisme après 30 ans de bons et loyaux services. A New York, il s’encanailla, fréquenta des gangsters sans en devenir un lui même. Interrogé dans les années 60 par un journaliste qui lui demandait : «  Comment avez-vous pu jouer au Cotton Club dirigé par tous ces gangsters ? », Duke répondit : «  Des gangsters ? Comment osez-vous parler ainsi de ces gentlemen ? ». Pour l’ambiance, je vous renvoie, vibrantes lectrices, vivants lecteurs au film « Cotton Club » (1984) de Francis Ford Coppola. Pour la science, à la lecture du livre « Le Jazz et les gangsters » de Ronald L Morris (traduction française publiée aux Editions du Passage). Dans les années 20, à New York, les musiciens noirs fantasmaient sur une Afrique qu’ils n’avaient jamais connue (c’est l’époque des prêches politiques de Marcus Garvey) et Duke Ellington créa le style Jungle, Asphalt Jungle (le même fantasme se retrouve dans le style de musique électronique du même nom).

 

« Take the A train », composition de Billy Strayhorn, l’aller ego de Duke Ellington dédiée à une ligne du métro new yorkais (J'attends toujours une composition de cette qualité dédiée au RER A à Paris !). Le batteur fait le cliquetis de la machine. Louis Moutin n’est pas Sonny Greer : trop raide, trop répétitif. D’ailleurs, il ne tient pas les baguettes comme un batteur de Jazz, en porte-plume mais comme un batteur de rock, en marteau. Pianiste et contrebassiste, eux, sont complètement dedans. Solo de contrebasse digne d’un tap dancer (danseur de claquettes pour les anglophobes).

 

A l’époque, les arrangements n’étaient pas écrits. Les musiciens apprenaient de mémoire.  Le Jazz a un rapport particulier à la pulsation (the beat in english d’où beatnik). Le Swing (balancement pour les anglophobes), pour Duke Ellington, est un principe de vie. « It don’t mean a thing if it ain’t got that swing » (et non pas « I don’t mean a thing… », comme l’affirme le professeur Hervé. Seule erreur relevée dans la Leçon de Jazz par l’élève studieux que je suis). Un morceau polyrythmique comme la musique africaine nous fait observer le Professeur Hervé.

 

A partir des années 1930, Duke Ellington et son orchestre ont commencé à tourner dans le monde entier ce qui les a inspiré. D’ailleurs, l’orchestre tourne toujours même si ce n’est plus avec ses membres d’origine. Les valeurs du Jazz sont : la danse, le conte, la liberté. Bonne définition, Professeur. 

 

« Caravan », composition orientalisante de Juan Tizol, tromboniste de l’orchestre. Porto Ricain, Juan Tizol était le seul Blanc de l’orchestre. D’après Charles Mingus, il était raciste. L’incident entre Tizol et Mingus qui conduisit le Duke à licencier Mingus de l’orchestre est racontée dans l’autobiographie de Mingus « Moins qu’un chien » (« Beneath the underdog » pour les anglophiles). Cet incident n’empêcha pas Charles Mingus de vénérer Duke Ellington, de le jouer et de jouer avec lui (« Money Jungle » en trio avec Max Roach à la batterie : un chef d’œuvre indispensable). En jouant sa version de « Caravan », le trio la tire de l’Orient vers les Caraïbes, avec un latin tinge comme disait Jelly Roll Morton.

 

Le Professeur Hervé nous raconte la rencontre entre Duke Ellington et Billy Strayhorn son orchestrateur, son alter ego, son 2e pianiste, son 2e morceau. Billy Strayhorn était tellement complémentaire de Duke Ellington qu’il était homosexuel ce qui évitait toute rivalité entre eux, même amoureuse. 

 

« UMMG » (Upper Manhattan Medical Group), composition de Billy Strayhorn inspirée par le bruit de la perfusion à l’hôpital new yorkais où il était soigné. De santé fragile, Billy Strayhorn mourut en 1966 et le Duke enregistra aussitôt un album avec l’orchestre « And his mother called him Bill » (avec une version en piano solo de « Lotus flower » pendant laquelle petit à petit les musiciens, en pause, se taisent, rendus silencieux par la beauté de la musique). Bien joué.

 

Un autre truc typique du Jazz, c’est le riff : une formule rythmique qui se répète, invitant l’auditeur à danser. Duke Ellington en est l’un des Maitres, avec Count Basie qui fera l’objet d’une Leçon de Jazz en big band en mars 2013. On ne sait pas comment Bach, Chopin, Liszt improvisaient même s’ils ont laissé beaucoup de notations écrites. Duke Ellington a été enregistré. Il est donc possible de relever ses improvisations, note pour note. 

 

Démonstration des accents en duo piano/contrebasse puis le batteur s’ajoute pour marquer les pas de danse.

 

Le Professeur Hervé a relevé pour nous 4 pages d’interprétation de « Cotton Tail » de et par Duke Ellington. Le trio les joue puis improvise. En effet, c’est joué dans l’esprit du Duke puis chaque membre du trio prend sa part du gâteau dans l’impro.

 

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est le Petrillo Ban aux Etas Unis. Les musiciens refusent d’enregistrer pour forcer les producteurs à leur verser plus de droits d’auteur. Les chanteurs, classés comme comédiens et non musiciens, eux enregistrent, prennent la vedette et la gardent depuis. Mauvais pour la musique instrumentale.

 

De 1945 à 1955, c’est le triomphe du Be Bop, musique très difficile à danser, pour petites formations, ultra rapide, technique (Charlie Parker, Dizzy Gillespie). Les boppers vénéraient Duke Ellington mais ne jouaient pas comme lui même quand ils jouaient sa musique (Thelonious Monk, Dizzy Gillespie ont enregistré des albums de compositions de Duke Ellington). Au Newport Jazz Festival de 1956, l’organisateur paie d’avance pour des concerts des big bands de Duke Ellington et Count Basie. Les orchestres se reforment et triomphent. L’album « Live at Newport 1956 » de Duke Ellington a été réenregistré en studio, seuls les applaudissements demeurant. 

 

L’orchestre repart en tournée dans le monde entier et Duke Ellington reste ouvert à la jeune garde. Il enregistre en 1962 deux albums en petite formation en deux semaines, deux chefs d’œuvre indispensables au mélomane : « Money Jungle » (déjà cité) et « Duke Ellington & John Coltrane » où chaque leader apporte son contrebassiste (Aaron Bell, Jimmy Garrison) et son batteur (Sam Woodyard, Elvin Jones). La musique, elle, est de Duke Ellington exclusivement. Après avoir écouté « In a sentimental mood » par John Coltrane, Johny Hodges qui le jouait depuis 30 ans dans l’orchestre resta médusé. Coltrane n’était pas satisfait du résultat mais le Duke insista pour garder la première prise. Sa fraîcheur nous frappe encore 50 ans après. Ce soir, le trio la joue avec le batteur aux balais voluptueusement, langoureusement, comme il faut. 

 

A l’enterrement du Duke en 1974, il y avait 12000 personnes. Ella Fitzgerald chanta devant son cerceuil. Miles Davis réunit ses musiciens d’urgence pour enregistrer son Requiem pour Duke « He loved him madly ». Deux ans après, en 1976, sur son double album clef, « Songs in the key of life », Stevie Wonder chantait « Sir Duke » en son hommage. 

 

A la fin de sa vie, Duke Ellington n’écrivait plus que de la musique sacrée. Il a même joué son « Concert of sacred music » dans l’abbaye de Westminster, celle des Rois d’Angleterre devant la Reine, enchantée. Deux citations de Duke Ellington : «  A force de répétition, on devient initié » (excellent pour les élèves des Leçons de Jazz d’Antoine Hervé). «  Le Jazz n’a pas besoin de tolérance. Il a besoin d’intelligence et de compréhension ». Pour la tolérance, il y en avait assez dans les maisons de la Nouvelle Orléans dont il est sorti.  

 

« Solitude » composée par Duke Ellington en 20mn, entre deux prises de studio. Une ballade somptueuse pour terminer avec, de nouveau, ma bien-aimée entre mes bras, comme disait Guillaume Apollinaire.

 

RAPPEL

 

« Lush life », une composition de Billy Strayhorn, marquée par l’influence de Claude Debussy. Somptueux.

Madame G, Mesdemoiselles A, F et L pour une fois réunies ont apprécié grandement elles aussi.

 

Le Professeur Antoine Hervé donne ses Leçons de Jazz dans toute la France, Outre Mer compris, et se trouvent en CD et DVD pour certaines (Wayne Shorter, Keith Jarrett, Oscar Peterson). La joie de savoir est à portée de tous. 

 

Prochaine  Leçon de Jazz à Paris dans l’Auditorium Saint Germain le lundi 21 janvier 2013 à 19h30 : Julian Canonball Adderley Soul Brother du Saxophone par Antoine Hervé en duo avec Pierrick Pédron (saxophone alto).

 

« Lush life » chanté par Ella Fitzgerald accompagnée au piano par Duke Ellington dans le « Ella Fitzgerald Show » (1965). Que demander de plus en ce bas monde ?

 

 

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " The Atomic Mister Basie "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Leçon de Jazz

d’Antoine Hervé

 

« The Atomic Mr Basie »

Paris. Auditorium Saint Germain.

Lundi 25 mars 2013. 19h30.

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

Big Band du conservatoire du Xe arrondissement de Paris sous la direction de Pascal Gaubert.

 

 

Antoine Hervé 

 

La photographie d' Antoine Hervé est l'oeuvre de l'Eminent Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

Les propos tenus ici par le professeur Antoine Hervé, Jazzologue, sont ceux que j’ai retenus et retranscrits. Toutes les erreurs, omissions et imprécisions sont miennes.

 

Count Basie est né à Red Bank dans le New Jersey en 1904. Il vivait dans un domaine dont son père était le gardien, celui du juge White (authentique !). Il savait soigner les chevaux et les monter. Il a pris des leçons de piano avec sa mère. Il voulut être batteur mais il renonça lorsqu’il rencontra Sonny Greer, LE batteur de Duke Ellington. Il fut animateur de radio, improvisant en direct avec l’orchestre à l’antenne. Voir le film « Radio Days » de Woody Allen pour comprendre cette ambiance et cette époque. L’orchestre de Basie était la « Machine à Swing ». Il faisait des head arrangements (arrangements de tête) c’est-à-dire des improvisations avec l’orchestre. 

 

Démonstration par le professeur Antoine Hervé qui lance un thème pour la section de saxophones, un autre pour les trombones, un troisième pour les trompettes. La rythmique enchaîne et c’est parti pour un Blues

 

De jour en jour, les musiciens s’appropriaient les morceaux en les jouant, les travaillant, les mémorisant. Démonstration de stride, cette pompe particulière aux pianistes de Jazz des années 20-30.

 

« The kid from Red Bank ». Ca swingue terrible, donne envie de danser, de taper des pieds et des mains mais le public reste sage et attentive. C’est la Leçon de Jazz d’Antoine Hervé, saperlipopette ! La rythmique (piano, guitare électrique, batterie, contrebasse de gauche à droite de l’orchestre) assure les thèmes, les variations alors que les cuivres relancent la machine. Si Antoine Hervé joue le rôle de Count Basie, il y a un chef d’orchestre qui dirige avec les mains, sans baguette, Pascal Gaubert. 

 

Basie arrive à New York en 1924. Il jouait dans des shows burlesques avec des girls, bref il vivotait. Il jouait à l’économie, avec très peu de notes mais très efficaces, très bien place rythmiquement. C’est pourquoi Thelonious Sphere Monk fut qualifié de disciple de Count Basie bien que leurs styles soient si différents (voir la video où Monk joue sous l’œil amusé et intéressé de Basie). 

 

« Shiny stockings » («  Bas brillants » en français), un swing implacable, une sensualité exacerbée comme l’indique le titre. Les bas, plutôt en soie qu’en nylon, merci. Ca swingue tranquille avec des effets de wah wah des trombones. Puis les pavillons s’ouvrent et ça sonne plus dur. Solo de trompette tranquille devant l’orchestre.

 

1925 : Basie continue de galérer. Il accompagne des chanteuses de Blues qui l’emmènent à Saint Louis, La Nouvelle Orléans, Chicago. Il participe à des rent parties : des fêtes où on boit, mange, joue chez l’habitant et où les contributions des participants servent à payer le loyer. Invitez vos voisins avant d’en organiser une chez vous !  Dans l’orchestre de Jazz, les violons sont remplacés par les saxophones. Ce sont eux qui donnent l’atmosphère romantique, sensuelle.

 

« Lil’Darlin » chanté en français par Henri Salvador sous le titre de « Count Basie » tout simplement (je vous ai trouvé la version en concert à Paris en 1958 avec l'orchestre de Count Basie, s'il vous plaît, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs). Le piano introduit. Une merveille de moelleux. Le tempo est extrêmement lent. Rien ne presse, rien ne stresse. Un trompettiste quitte sa place, va devant l’orchestre pour un solo, la main devant le pavillon pour un son wah wah. Il y a de longues plages sans piano. En club, le Count surveillait l’orchestre depuis le bar, ne s’asseyant à son piano que lorsqu’il le jugeait nécessaire. 

 

« Flight of the foo bird ». Morceau qui respire la bonne humeur, qui annonce l’avenir (le Be Bop) tout en restant classiquement compose en AABA. Forme très claire et très dansante. Les trompettes jouent avec des sourdines Harmon (surnommés sourdines Miles en hommage à Miles Davis qui en fit si bon usage) pour commencer. Les 3 sections de souffleurs sont composées ainsi de bas en haut de l’orchestre : une section d’anches avec deux sax alto, deux sax ténor, un sax baryton, deux sections de cuivres avec 4 trombones et 4 trompettes.

 

« Hay Burner », un morceau paysagiste qui a inspiré les musiques de western et de séries télévisées. En effet, cela évoque la marche des convois vers l’Ouest. Ca commence calmement, s’agite brusquement pour revenir calme l’instant d’après. Le voyage n’est pas de tout repos mais ça avance.

 

Fletcher Henderson a offert des arrangements à William « Count » Basie pour l’aider à se lancer. Basie jouait d’oreille. Puis il a rencontré Sammy Nestico, grand arrangeur. Avec l’orchestre, Antoine Hervé démontre la polyrythmie qui vient de la source africaine du Jazz puis l’homorythmie qui vient de sa source européenne. Démonstration de l’orchestre du pianissimo au fortissimo. Après avoir joué le morceau par extraits, l’orchestre le joue tout entier. « Straight ahead ».

 

La radio a lancé Basie et son orchestre. Après les avoir entendu, Lester Young (sax ténor) décida d’aller les rejoindre. Count Basie n’enregistra son premier album comme leader qu’à l’âge de 33 ans en 1937 chez Decca à Chicago. C’était tard. Herschel Evans, autre sax ténor, entra aussi dans l’orchestre. Lester Young est le père spirituel du Cool, jouant du sax ténor assis, le tenant à l’horizontale. Hershel Evans avait lui un son « velu », viril. Le contratse entre les deux faisait la richesse du son des sax de l’orchestre. 

 

« In a mellow tone » (Duke Ellington). Le Comte de Basie respectait le Duc d’Ellington et réciproquement. La preuve, ils ont réuni leurs orchestres pour un album commun «  The first time ! The Count meets the Duke » (1961) vivement recommandés à tous les amateurs de Swing, à toutes les amatrices de cuivres rutilants. 

 

Dans les années 40-50, Count Basie comme Duke Ellington souffrit de la concurrence du Be Bop et des combos (small combinations : petits groupes). En 1956, le Newport Jazz Festival programma les grands orchestres de Count Basie et Duke Ellington qui repartirent de plus belle. Ils tournent encore dans le monde entier bien que leurs leaders et fondateurs soient morts. 

 

En 1958, l’orchestre enregistra « The Atomic Mr Basie » (avec un champignon nucléaire sur la pochette) arrangé par Neal Hefti, qui fit un triomphe. L’orchestre joue, tiré de cet album, « Duet », un duo de trompettes avec sourdine Harmon devant l’orchestre. Ca fait bien longtemps que je n’ai pas écouté cet album, qui figure dans ma discothèque, mais un thème de Basie arrangé par Neal Hefti est inoubliable. 

 

Dans chaque section de souffleurs, il y a un chef de section qui relaie les consignes du chef dans l’orchestre et les plaintes des musiciens vers le chef, comme le premier violon dans l’orchestre : la paie, les horaires, la musique, les répétitions, les concerts. Sauf qu’en classique, les musiciens peuvent virer le chef (comme Sergiu Celibidache viré du Berliner Philarmoniker puis, vingt ans plus tard, de l’Orchestre National de France) alors qu’en Jazz le chef crée l’orchestre pour lui, pour jouer sa musique et qu’il vire les musiciens qui posent problème comme Duke Ellington le fit envers Charles Mingus (Mingus raconte sa version des faits dans son autobiographie « Moins qu’un chien ») . Première trompette chez Count Basie c'est comme première gachette chez Raoul Volfoni: un poste de confiance pour un homme sûr à la main ferme et au souffle long.

 

En 1976, Count Basie eut une crise cardiaque ce qui ralentit sa carrière. Il mourut en activité en 1984, dans sa 80e année ce qui est un âge fort respectable pour un Jazzman. Le professeur Hervé nous explique les riffs, ces phrases répétitives mais pas lassantes qui gravent la musique dans les cerveaux des auditeurs. Exemple avec « Jumpin at the Woodside », toujours aussi efficace.

 

Après le Comte de Basie, le Duc d’Ellington. Antoine Hervé reviendra sur la scène de l’Auditorium Saint Germain, avec le Big Band du conservatoire du Xe arrondissement de Paris dirigé par Pascal Gaubert, le lundi 15 avril 2013 à 19h30, pour expliquer les secrets de fabrication d’un autre compositeur franc-maçon, comme Mozart et Louis Armstrong, Duke Ellington. It don’t mean a thing if it ain’t got that swing ! A comparer avec les Leçons de Jazz sur Duke Ellington données par le professeur Antoine Hervé en trio et en solo.

 

RAPPEL

 

Girl talk “, tire aussi de l’album “ The Atomic Mr Basie “, chanté en français par Claude Nougaro sous le titre “ Dansez sur moi “.  Superbe solo de saxophone alto par Baptiste Herbin, jeune musicien dont j’ai déjà entendu parler mais que je n’avais pas encore écouté. A tort manifestement. 

 

La Leçon de Jazz d’Antoine Hervé a de plus en plus de succès. Pour ce soir, m’avaient rejoint Mademoiselle L, Mademoiselle A, Madame G qui elle-même avait convié Monsieur S et Madame G à la rejoindre. La salle de l’Auditorium Saint Germain était pleine et je parie qu’elle le sera pour Duke Ellington le lundi 15 avril 2013 à 19h30. Pour autant, après juin 2013, les Leçons de Jazz d'Antoine Hervé, à Paris (elles se donnent dans toute la France, y compris Outre Mer) auront lieu dans une autre salle qui reste à déterminer. Comme spectateur, j’espère que les fauteuils y seront aussi confortables que ceux de l’Auditorium avec autant de place pour les jambes. Les élèves sont plus sages et mieux disposés pour écouter les leçons de Jazz du Professeur Antoine Hervé lorsque les conditions d’étude sont bonnes.

 

Prêts à décoller grâce à l'orchestre de Count Basie? Le Count lance lui même le show. Appréciez le truc de Jimmy Rushing, Mr 5*5 (5 pieds de haut, 5 pieds de large), le chanteur de l'orchestre, pour gagner à coup sûr le concours de danse. Lectrices danseuses, lecteurs danseurs, échauffez vous. C'est parti! " Air Mail Special ".

 

 

 

 

 

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Keith Jarrett, compositeur au carrefour des musiques du XX° siècle

Publié le par Guillaume Lagrée

 

La leçon de Jazz d’Antoine Hervé.

« Keith Jarrett, compositeur au carrefour des musiques du XX° siècle ».

Paris. Auditorium Saint Germain. Mardi 8 décembre 2009. 19h30.

Antoine-Herve.jpg

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre de l'Abracadabrantesque Juan Carlos Hernandez.


Antoine Hervé : piano

Keith Jarrett est connu du grand public. Il y a plus de monde que d’habitude. La salle est presque pleine. La scène ne porte qu’un piano. Pas de contrebasse ni de batterie. Personne ne jouera les rôles de Gary Peacock et Jack de Johnette.

Pour commencer une chanson country passe dans les haut parleurs. Serait-ce Keith Jarrett au piano ? En fait c’est Keith qui joue du piano, de la contrebasse, de la batterie, de l’harmonica et chante « All right » sur son troisième album. Comme Stevie Wonder et Prince, Keith Jarrette sait tout jouer. Contrairement à ses deux confrères, Keith a choisi de se concentrer sur un instrument, le piano et même sur un genre, les standards du Jazz.

Keith Jarrett est né le 8 mai 1945, le jour de l’Armistice. C’est dire si c’est un homme de paix. Premières leçons de piano à 3 ans, premier concert à 7 ans, premier récital de ses compositions à 17 ans. Il a fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey, l’université Harvard du Hard Bop. En 1966, il accompagne Charles Loyd avec Jack de Johnette à la batterie. De Johnette joue toujours avec Keith aujourd’hui. Il a formé un trio avec Charlie Haden et Paul Motian, le premier batteur de Bill Evans. Il joue des claviers électriques chez Miles Davis en 1970-71 alors qu’il les a en horreur (écouter son témoignage dans le film « Miles Davis Electric. A different Kind of Blue » sur le concert à l’île de Wight en 1970 devant 600 000 spectateurs).Miles Davis l’avait abordé ainsi à Paris dans un club où il jouait avec Jean François Jenny Clarke et Aldo Romano : «Hi Keith! How does it feel to be a genius ? ». Il a joué avec son maître de la Berklee School of Music, le vibraphoniste Gary Burton.

Antoine Hervé nous joue « 45 » de Keith Jarrett qui mêle la pulsion binaire et les accords du Jazz. Il nous explique la différence entre un guitariste de Jazz et un guitariste de Rock. Un guitariste de Jazz joue 3000 accords devant 10 personnes. Un guitariste de Rock joue 10 accords devant 3000 personnes.

Antoine joue « Choral » de Keith Jarrett. Dans les années 1970, Keith Jarrett ajoute le saxophoniste Dewey Redman (père de Joshua, autre saxophoniste) à son trio.

En 1972, Keith Jarrett enregistre son premier album solo « Facing You » pour le label allemand ECM (Echoes of Contemporary Music/Munchen) dirigé par Manfred Eicher. Il est depuis resté fidèle à cette compagnie dont il a fait la fortune. Ce solo stupéfia Antoine Hervé à l’époque par sa nouveauté. En 1975 sort le « Köln Concert » un des albums les plus vendus de l’histoire du Jazz. 45mn d’improvisation sans interruption un soir de tournée. Nanni Moretti l’a utilisé pour son film « Caro diario » (« Journal intime ») en 1993. C’est une musique liquide et mobile qui laisse l’auditeur voguer au gré de son imagination. Antoine nous en joue joliment des extraits, restituant une improvisation qu’il connaît par cœur.

Keith Jarrett a aussi eu un groupe scandinave avec le saxophoniste Jan Garbarek, le Belonging Quartet. Antoine nous joue « Spiral Dance », un morceau très rythmé, peut-être inspiré des danses scandinaves comme le « Dear Old Stockholm » de Stan Getz. Un air dansant, puissant, qui emporte.

« The wind up » (album « Belonging »). Le morceau est rythmé, haché, brisé, joyeux. Le vent souffle dans les voiles. La métrique est complexe, les points d’appui sont déplacés (héritage de Charlie Parker). Le Professeur Hervé nous explique comment une mesure de 16 est divisée en 7+9 pour donner l’impression que le temps s’allonge à la fin. A l’intérieur du thème, passage en 4 temps mais ça change au bout de 2 temps. Tout est décalé, fait pour dérouter l’auditeur. Allusion à la musique médiévale que Keith a beaucoup écouté et analysé.

Dans les années 1980-90, Keith Jarrett a beaucoup travaillé la musique classique au piano, au clavecin, à l’orgue. Il a joué du baroque, des compositeurs contemporains américains. A la fin des années 1990, épuisé par des années de tournées et d’enregistrements (200 albums !), il est victime d’un syndrome de fatigue chronique, incapable de jouer.

Il se consacre aux ballades avec l’album « The melody at night with You ». Antoine nous joue un extrait de « Peace piece » de Bill Evans (extrait de l’album « Everybody digs Bill Evans », morceau très nettement inspiré des Gymnopédies d’Esoterik Satie). Il joue ensuite « Never leave me » de Keith Jarrett dans le même style. C’est épuré, dépouillé, cristallin, joué à l’économie pour concentrer l’émotion. Dans la même veine, Herr Professor Hervé joue un standard « Somewhere over the rainbow » en distillant les notes une à une, comme des gouttes d’eau tombant d’un robinet.

Keith Jarrett a aussi travaillé l’improvisation fuguée (Bach, Mozart, Beethoven), l’école française du contrepoint teintée de la période élisabéthaine (Elisabeth Ière, reine d’Angleterre du vivant de William Shakespeare). Il a reçu le Sonning Music Award au Danemark comme Igor Stravinski et Miles Davis.

Depuis bientôt 30 ans Keith Jarrett joue des standards en trio avec Gary Peacock (contrebasse) et Jack de Johnette (Batterie). Keith Jarrett est le moteur et le gardien du tempo. Tout est en place. Gary Peacock peut improviser. Il n’a pas à lier, tenir le trio comme le fait normalement le contrebassiste. La science de la percussion et du tempo est extrêmement poussée chez Keith Jarrett.

Sa filiation avec Bill Evans s’entend dans la gestion de la dynamique de la phrase passant du mezzo au forte puis revenant au mezzo (aux mezze s’il joue un tempo alla libanese).

Keith est aussi influencé par la guitare folk. Exemple avec le début du concert de Bregenz. Effectivement, à écouter Antoine Hervé le jouer, ça sonne guitare.Il en rajoute en chantant la chanson du film « Titanic » par dessus. La main gauche se ballade comme sur une guitare.Antoine scatte l’air en même temps qu’il le joue ce qui rend plus lisibles les rythmes. Comme Glenn Gould, Keith Jarrett chantonne en jouant du piano.

L’ostinato fait le style de Keith Jarrett. L’ostinato c’est quelque chose qui se répète, quelque chose qui se répète, quelque chose qui se répète... Il est aussi influencé par Paul Bley : beaucoup de silence dans la musique ce qui permet de suggérer. Et par Claude Debussy comme tous les pianistes de Jazz, par le baroque, par le gamelan tel Debussy fasciné par les danses balinaises à l’Exposition universelle de Paris en 1900.

Il aime jouer avec les pédales des notes bourdon comme la cornemuse. Il a aussi écouté la musique minimaliste de Michael Nyman rendue célèbre par le film « La leçon de piano » de Jane Campion (1993). C’est une musique ouverte à tout, qui retourne à la musique tonale ou modale. A l’opposé de la musique sérielle (séries de notes, de nuances, de timbres). Les Américains ont refusé le sériel. Ils préfèrent le tonal ou modal, la pulsation régulière.

Le truc de Keith Jarrett c’est l’ostinato. Démonstration avec le concert de Bregenz. Puis comparaison avec les Préludes et Fugues de JS Bach. Quand Keith Jarrett trouve un ostinato, l’énergie commence à monter. Il fait « tourner » disent les musiciens. Nouvelle démonstration avec le fameux ostinato du « Köln Concert » (solo de 1975). Au dessus se développent des gammes pentatoniques, des accords de passage avec des arrivées amorties, des phrases qui imitent la voix.

Un autre ostinato du Köln Concert plus rapide, plus percussif. Un thème grave se développe par dessus. Il Professore Antoine Hervé nous fait remarquer que cela sonne comme des tabmas indiens avec l’afterbeat marqué au piano. Le style de piano de Keith Jarrett fait entendre la contrebasse et la batterie en leur absence.

Séance d’écoute musicale avec Steve Reich, compositeur américain, batteur d’origine. Steve pratique le déphasage. Une rythmique ne bouge pas, l’autre se décale. Ecoute du morceau « Drumming » de Steve Reich. Par ses gestes, le Professeur Hervé nous explique le déphasage entre les deux percussionnistes et le passage à un autre tempo. Pas besoin d’électronique pour planer. Deux percussions bien jouées suffisent.

Le père de la musique répétitive c’est le Français Esoterik Satie, comme disait son concitoyen Honfleurais Alphonse Allais, avec ses « Vexations » jouées 840 fois. Erik Satie a aussi inventé la musique de film qu’il appelait d’ameublement.

Keith Jarrett pense la musique de manière horizontale comme Joseph Zawinul. Exemple du choral élisabethain. Le contrepoint permet au chanteur de créer des tensions et des détentes dans la grille.Keith Jarrett enrichit le discours contrapuntique avec des superstructures (notes modernes). Avec trois accords, on a fait des années de contrepoint et des années de rock’n roll. En altérant, en coloriant par ½ point on arrive au Jazz.

Pour finir, une question centrale dans le jeu de Keith Jarrett. Pourquoi bouge t-il autant ? C’est le Jazz, c’est physique. Il est en fusion avec son piano et sa création. Dans le taï chi chuan, art martial chinois, l’énergie vient des pieds, en contact avec le sol. C’est ce que pratique Keith Jarrett en jouant du piano debout et, pour lui, comme pour Michel Berger, ça veut dire beaucoup. En faisant jouer tout son corps, Keith donne plus d’énergie en en utilisant moins. Dans un autre genre d'expression corporelle, au tennis, Roger Federer est le modèle par sa coordination et son relâchement.

Il n’y a ni humour, ni cynisme chez Keith Jarrett. Il trouve des chemins qui n’appartiennent qu’à lui.

Pour finir Antoine Hervé joue « My song », un morceau naïf, simple.

Bel hommage que cette leçon de piano solo consacrée à Keith Jarrett. Je continue à ne pas apprécier Keith Jarrett et à lui préférer de très loin Martial Solal mais je remercie Antoine Hervé de nous avoir fait partager son amour et son respect pour ce Géant capricieux du piano.

Les leçons de Jazz ont lieu une fois par mois à l’Auditorium Saint Germain des Prés à Paris à 19h30. Certaines villes de province ont l'honneur et l'avantage d'accueillir le professeur Antoine Hervé.

Voici les thèmes des prochaines leçons :
- Antonio Carlos Jobim, pianiste brésilien, un des pères de la Bossa Nova le mercredi 13 janvier 2010
- Wayne Shorter, saxophoniste, « le plus grand compositeur du Jazz depuis la mort de Duke Ellington » (Stan Getz) le mardi 9 février 2010
- Le Blues au piano le mardi 16 mars 2010
- L’électro Jazz le jeudi 1er avril 2010. Non ce n’est pas une blague mais je pense qu’on s’y amusera bien.

La leçon de Jazz d'Antoine Hervé sur Keith Jarrett est disponible en DVD. Cf extrait vidéo sous cet article.

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