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147 résultats pour “Leon Parker

Freedom Duo: Dan Tepfer & Leon Parker en vol libre à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Freedom Duo

Dan Tepfer & Leon Parker

Concert privé à Paris

Vendredi 8 février 2019. 20h

Dan Tepfer: piano

Leon Parker: percussions

Lectrices précises, lecteurs observateurs, j'étais trop loin de la scène pour voir de quoi jouait Leon Parker assis. D'où certaines imprécisions techniques dans les propos suivants.  Merci d'avance pour votre indulgence. 

Le duo commence à l'amble: lent, doux et grave.Très subtilement, avec une cymbale, Leon ajoute une vibration. Il suggère une marche tout à fait civile. Ca accélère progressivement. Les notes du piano et les tintements de cymbales sont plus rapprochés. Musique rêveuse, évanescente comme un bord de mer sous la brume. 

Les musiciens enchaînent comme dans un concert classique. Personne n'applaudit. Le public reste concentré.

Nous restons dans le liquide avec un torrent qui coule du piano. Scansion des mains de Leon. La musique va, court, vole et  nous venge de la laideur. Le pianiste joue sans micro. Leon Parker en utilise un pour scatter. Dan Tepfer écoute. Leon bat la mesure et Dan relance le débat. Travail dans les cordes du piano en résonance avec les battements de mains. Dan revient au clavier, dans le medium. Leon mélange habileme,nt maracas et palmas. Le jeu de mains de Leon Parker est d'une précision diabolique. Et quelle invention! 

Une ballade. Leon reprend aux balais sur une cymbale. Enfin, c'est ce que j'entends mais mes sens peuvent me tromper. Musique pas assez musclée à mon goût. L'ambiance est langoureuse ce soir. Alors que je me plains intérieurement, le pianiste manifeste plus d'allant. Leon joue des percussions sur son torse tout en scattant. Il entre en résonance avec le piano. 

Leon Parker lance un chant que Dan Tepfer reprend. Leon tapote son torse de la main droite et le piano de la main gauche. Le piano lance des éclairs. La musique monte enfin en puissance entre le piano et la cymbale cinglée de main de maître. Leon alterne martèlement et claquement de mains. Dan tapote et trifouille dans son piano. Scat et percussions corporelles de Leon. Dan relance par des phrases courtes, rythmées. Je hoche enfin la tête. Quelques notes de piano. Leon relance avant les applaudissements tenus en réserve depuis une heure de concert. Une spectatrice en profite pour s'échapper. 

Dan Tepfer entame " Prelude to a kiss " de Duke Ellington. Leon ponctue doucement avec un balai sur une cymbale. Il joue des claquettes avec les mains sur un tambour.

RAPPEL

Je n'ai pas toujours partagé l'esthétique de ce concert mais, avec des créateurs de cet acabit, ceux qui ne les suivent pas ne les arrêteront pas. Le duo Dan Tepfer & Leon Parker vaut le voyage, comme disent les guides touristiques. Souhaitons les retrouver en concert à Paris ou à Pontivy, à York ou  à New York, à Orléans ou à La Nouvelle Orléans, partout où vous pourrez les apprécier lectrices précises, lecteurs observateurs. 

Voici la vidéo complète de ce concert. Jugez vous même, lectrices précises, lecteurs observateurs. 

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Freedom Duo: Dan Tepfer & Leon Parker. Musique en chantier au Sunside.

Publié le par Guillaume Lagrée

Dan Tepfer & Leon Parker par David TEPFER

Dan Tepfer & Leon Parker par David TEPFER

Dan Tepfer & Leon Parker

Freedom Duo

Le Sunside. Paris.

Mercredi 30 octobre 2019. 20h30.

Concert diffusé en différé dans le Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique

Dan Tepfer: piano, melodica

Leon Parker: percussions, batterie

 

Lectrices aventurières, lecteurs aventureux, je vous ai déjà chanté les louanges du Freedom Duo composé de Dan Tepfer & Leon Parker. Ce soir, on improvise. Ce n'est pas du Pirandello, c'est du Jazz. Ils improvisent vraiment. Pas de répétition, pas de composition, pas de morceau, pas de titre, pas de partition. Ils discutent de tout sauf de musique. Ensuite, ils montent sur scène et ils ne causent plus, ils jouent. 

Leon Parker est toujours adepte du " Moins, c'est Plus " (Less is More in english). Une caisse claire, un tom, une cymbale. Rien de plus, rien de moins à sa disposition sur la scène. 

Dan lance une  vague douce depuis le piano. Bonne vibration. Apaisante. Leon aux balais. Le duo travaille en finesse. Balai main droite, baguette main gauche. Leon Parker varie les sensations. Montée en puissance avec les baguettes. Solo de tambour. Ca roule. Dan relance avec des traits vifs, secs. Ca balance, roule, interagit en permanence. Retour à la délicatesse. Leon joue mezzo voce mais la pulsation reste implacable. Un temps de silence pour être certain qu'ils ont fini puis nous applaudissons. 

Introduction méditative au piano. Leon se lève pour tapoter le piano et marquer le tempo. Il passe aux percussions corporelles en tapant son torse en rythme près du micro. Tout en chantonnant en rythme. Dan au piano. Leon répond en percussions sur son torse. Là aussi, il est rapide et précis. Leon se niche dans le corps du piano 1/4 de queue au couvercle ouvert pour mieux résonner avec les notes. Le tempo s'accélère entre piano travaillé aux cordes et percussions travaillées au corps. Duo de percussions sur le piano. Dan dans les cordes, Leon sur le bois. Sans compter les battements de mains et les claquements de doigts de Leon. Il se rassied et reprend ses baguettes sur ses tambours. Jeu subtilement funky entre piano et batterie minimale. Ca repart sur un air qui balance, quasiment une calypso. Une autre vague chaleureuse nous emporte. Ils se regardent, s'écoutent, se répondent sans parole.

Dan prend une pause pour expliquer la démarche du Freedom Duo. Exploration, improvisation simultanée. Ils parlent de beaucoup de choses ensemble mais jamais de ce qu'ils vont jouer, quand et comment.

Leon lance une sorte de marche militaire sur ses tambours. Dan répond au mélodica avec une sorte de marche triste. Puis il reprend le même thème au piano. Leon maintient le thème de la marche mais Dan commence à le submerger par les ailes depuis le piano. Ca descend puis remonte en puissance. La musique devient plus calme, rêveuse, aérienne. Leon fait des passes magiques en souplesse sur ses tambours. 

Leon se lève et commence en palmas comme disent les Espagnols. Dan, à son tour, tape le corps de son piano comme percussion. Leon passe au scat, sorte de percussion vocale. Dan se lance au piano, dans un air heurté. Nouveaux jeux sonores entre piano, scat et percussions corporelles. Le Freedom Duo crée de l'inouï au sens propre du terme. Complainte du melodica ponctuée par les battements de main de Leon Parker.

PAUSE

Leon installe le rythme aux balais. Dan joue une sorte de marche dans les cordes du piano. Ca balance tranquille. Dan repose les mains sur le clavier. Ca swingue, pardi! La tension monte. Ca accélère, ralentit. Leon nous foudroie à coups de tambours et de cymbales. Ca décolle puis atterrit en douceur. Tout s'arrête pour un son lointain de tambour. Dan est au mélodica. Il sculpte un air chantant. Il joue du piano main gauche et du mélodica main droite. Il se remet entièrement au piano et envoie du bois; Leon aussi. Ca martèle, avance. Ils défrichent la forêt des sons.

Gros coup de fatigue durant ce premier jeu du second set. J'ai école demain et mon cerveau n'est plus en état de suivre la partie. J'abandonne donc ici.

 

Le Freedom Duo n'a pas enregistré d'album. En extrait audio au dessus de cet article une improvisation en solo de Dan Tepfer au piano. La vidéo ci-dessous du Freedom Duo a été enregistrée en concert à Paris, au Sunside, le 9 mai 2018. Chaque concert du duo est improvisé. Aucun ne ressemble à l'autre. Je changerai la vidéo dès que je disposerai de celle du concert objet de cette chronique. 

 

 

La photographie de Dan Tepfer & Leon Parker est l'oeuvre de David TEPFER. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Leon Parker Embodi Jazz Ensemble prend corps au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Leon Parker

Embodi Jazz Ensemble

Concert de sortie de l'album " The LEO "

40 ans du Sunset/Sunside

 

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Mercredi 22 décembre 2021, 21h

Leon Parker: batterie, percussions, chant, scat, souffle, discours

Valentin Ivol: percussions

Luca Fattorini: contrebasse

Tony Tixier: piano

Olga Amelchenko: saxophone alto & soprano

Agathe Iracema: chant

Invités:

Mélanie Dahan: chant

Chloé? : slam

 

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, ce blog vous a déjà chanté les louanges du batteur américain de Toulouse Leon Parker et de la saxophoniste russe de Paris, Olga Amelchenko. Tous deux en concert à Paris au Sunside. Les retrouver dans le même groupe et la même salle pour les 40 ans du Sunset-Sunside excitait ma curiosité ainsi que celle de Mme M-H. Je lui ai prêté l'album " Shaping Motions " d'Olga Amelchenko. Elle le conserve en lieu sûr, hors de ma portée. Ajoutez à ces deux là, une chanteuse franco-brésilienne, un pianiste français, un contrebassiste italien et un percussionniste français, le mélange promettait d'être coloré et pimenté. Il le fut au delà de nos espérances.

Leon Parker commence tout doucement en tapotant ses cuisses. Ca, c'est son truc. Le percussionniste répond de même. Puis ils passent aux baguettes sur leurs instruments respectifs. Le groupe se met à vibrer comme un seul être vivant. Seul le piano se fait attendre. Agathe Iracema chante des sons, pas des paroles. Le pianiste arrête de faire semblant, se met à jouer et se fait entendre. La tension change pour passer à une ballade sensuelle. La rythmique déroule tranquille. Son délicieusement acide du sax alto. Solo de contrebasse souple et chaud. Leon Parker aux balais malaxe ses tambours. Délicates notes de ponctuation du piano. S'ensuit un dialogue percutant entre percussions, batterie et sax. Le sextet repart. Chant et saxophone se fondent élégamment.

Agathe Iracema & Valentin Ivol quittent la scène. Le sextet est devenu quartet. Dialogue entre la saxophoniste et le batteur aux balais. Doucement mais énergiquement. Luca Fattorini ajoute une pulsation entêtante de contrebasse. Tony Tixier fait entrer le piano dans la danse, sonnant romantique en diable. Balai main droite, baguette main gauche pour Leon Parker. Echange raffiné entre piano, contrebasse et batterie. Solo de contrebasse délicieux, soutenu par les 2 autres. Le pianiste prend la main. La tension monte doucement. Le quartet part en decrescendo jusqu'à la fin. 

Le groupe a donc joué " Belief " (Leon Parker) puis "Ambrosia " (Kenny Barron). Leon Parker présente ses musiciens. Je résume. " Je n'ai pas choisi ce groupe. L'Univers me l'a apporté. Luca Fattorini à la contrebasse. Il a le signe astrologique parfait pour jouer de la contrebasse. Le percussionniste est le seul 100% Français de l'orchestre (NDLR: En fait, le pianiste aussi vu qu'il est né en Seine Saint Denis de parents originaires de Martinique). Ce jeune homme me permet d'être libre car il garde le rythme " (NDLR: c'est le travail du batteur habituellement). 

Ses louanges ayant été chantées par le doyen et chef du groupe, Valentin Ivol commence seul. Sur une poêle retournée. Il maintient le rythme alors que Leon Parker tourne autour. Cette fois, c'est un quartet sans pianiste ni chanteuse. Le sax soprano amène le thème de " Caravan " (Duke Ellington & Juan Tizol). Un standard du Jazz réinventé dans l'instant. Très bonne vibration. Un geste de Leon Parker et la rythmique s'arrête. Le sax continue sa danse et le batteur reprend le dialogue. Baguette main droite, main gauche nue. Très beau travail du son. 

Toujours sans pianiste ni chanteuse. Solo de batterie. Les tambours chantent, grondent, dansent. Le quartet part sur un autre thème même si le percussionniste garde le sien. Son acide et léger du soprano. 

Le percussionniste sort de scène. Pianiste et chanteuse y remontent. La rythmique lance une ballade souple, tranquille. C'est " God bless the child " (Billie Holiday) traitée de façon Soul Music. Balai main droite, baguette main gauche. Le sax alto est joué dans le grave de l'instrument se mêlant à la voix de velours d'Agathe. C'est plein d'âme. Problème de réglage du son de la contrebasse qui produit un chuintement. C'est un danger de l'électricité. Voix et sax alto se répondent, rivalisant de séduction entre la brune et la blonde. Les hommes sont derrière portant ces Dames au sommet. 

Composition de Leon Parker d'il y a 20 ans, quand il est arrivé en France. " Duet " inspiré du rythme corporel et du chant. Cf vidéo sous cet article pour une version de 2018 avec d'autres membres de l'Embodi Jazz Ensemble de Leon Parker. Le sextet est reconstitué et applaudit en rythme. La contrebasse pose la pulsation. Les 5 autres artistes tapent dans leurs mains et chantent. Le sextet se met à jouer. J'y inclus la chanteuse qui joue avec sa voix. Joyeuse et puissante vibration qui tient chaud au corps et à l'âme. Le sax alto joue un chant parallèle à la voix. Le quadrilatère de la rythmique ne cesse de changer de forme pour mieux accompagner sax et voix. Fin surprise avec 3 notes de piano.

Leon Parker se lève et tape sur sa poitrine tout en chantant et soufflant. Comme s'il amplifiait son rythme cardiaque. Puis le groupe revient au chant de départ celui de " Duet ". Cf vidéo sous cet article.

 

PAUSE

A la pause, je discute avec mes voisins, un couple de Toulousains, quinquagénaires sympathiques et dynamiques. Ils sont sur Paris pour le travail cette semaine, en profitent pour découvrir Leon Parker qu'ils ne connaissent pas bien qu'il enseigne les percussions à Toulouse. Nous parlons de Toulouse et de Claude Nougaro. Salut à eux s'ils lisent cette chronique. 

Le percussionniste passe à la batterie et réciproquement. Démarrage en solo de percussion corporelle. Le groupe enchaîne. Le rythme tourne en boucle. Solo de piano bluesy. La basse garde le tempo. Les 2 percussionnistes hachent menu. Voix et sax alto ajoutent leurs chants. Leon a repris sa place à la batterie, Valentin aux percussions. Ca pulse. 

Intro en solo du batteur aux baguettes. Ne restent sur scène que le contrebassiste et la saxophoniste. Leon travaille ses tambours. Le pianiste revient et le quartet démarre un air de Be Bop. Solo du pianiste dans ce style. Solo de contrebasse sans le chuintement du 1er set. Le problème a été corrigé. Leon Parker tient implacablement le rythme aux balais. Le piano vient s'ajouter discrètement. Le quartet repart avec le sax alto. C'est bien un air de Be Bop. " Evidence " (TS Monk).

Le .percussionniste et la chanteuse remontent sur scène. Sax soprano. La contrebasse pose les bases. Percus et batterie ponctuent. La chanteuse est aux percus elle aussi. Son planant du soprano. Le piano décolle alors que contrebasse, batterie et percus chauffent le moteur à un rythme régulier. Le sax soprano a repris sa jolie plainte légère au dessus d'une rythmique bien ancrée. Ca finit en trio de percussionnistes tout en souplesse, jusqu'au final. C'était " It is what it is " (Leon Parker). Madame M-H, plus attentive que moi aux discours de Leon Parker, me fait remarquer qu'il vient de dire que tous les musiciens sont du signe du Lion. Le Lion, c'est justement le titre du dernier album de Leon Parker, " The LEO ". Pour Leon Parker, le lion est le signe astrologique idéal des musiciens. Madame M-H et moi sommes des Gémeaux comme Miles DavisPrince & Céline, tous présents sur ce blog. " L'astrologie est une idéologie de la domination " (Theodor Adorno).

Agathe Iracema sort de scène. Une autre chanteuse la remplace: Mélanie Dahan. Leon Parker commence seul, en tapant son torse. La chanson, c'est " Throw it away " que j'ai eu la chance d'entendre chantée sur scène par Abbey Lincoln (1930-2010). Il y a plus de 20 ans mais cela ne s'oublie pas. Mélanie Dahan le chante avec son émotion propre. 

Mélanie Dahan sort de scène. Y arrive une autre chanteuse: Chloé? Pas du chant. Du slam. En anglais. Batterie et percus tiennent le rythme. Un 3e percussionniste non identifié s'est ajouté. Texte à message politique, à l'évidence. 

Ce n'est plus un sextet mais un nonet qui se tient sur la petite scène du Sunside. Olga est au sax alto. Olga est déchaînée comme la Volga au dégel. Bien poussée par la rythmique. " She is baaad, she is bad but she is beautiful " dit Leon Parker d'Olga Amelchenko. D'Agathe Iracema, " She is pure music ".  Rien à ajouter.

 

Je l'ai perdu dans mes notes mais , à un moment, le groupe a joué " Radio Play ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Espérons qu'il passe à la radio, par exemple sur Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) avec l'émission Le Jars jase Jazz.

Oh30. Nous avons école demain mais Madame M-H, le sympathique couple toulousain et moi sommes restés jusqu'au bout emportés par l'énergie et la vitalité de l'Embodi Jazz Ensemble de Leon Parker

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Giovanni Mirabassi en trio

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Paris. Le Sunside. Mercredi 19 août 2009. 21h30.

Giovanni Mirabassi: piano
Gianluca Renzi: contrebasse
Leon Paker: batterie

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre de l'Impétueux Juan Carlos Hernandez.

Démarrage dur au piano. La contrebasse reprend. Tout à coup, la musique s'allège. Retour au thème grave de départ. Et hop, ils brodent. Solo de contrebasse bien encadré par le piano et la batterie. Quelques breaks de batterie pour relancer.Toujours, en fligrane, cette figure rythmique dans le grave, irrésistible. Elle revient par la contrebasse alors que piano et batterie jouent autour.

Ca roule comme la Mer. Leon Parker précis, ferme, léger offre un soutien en acier trempé. Gianluca Renzi tient sa place au centre de l'attaque. Duo funky basse/batterie alors que le piano virevolte autour. La musique commence vraiment à décoller, funy et légère à la fois. C'est une vedette rapide qui file sur les flots. La conrebasse chante en solo. Derrière, ça tourne! La fin descend tout en douceur. Cet effet là marche toujours.

Solo de contrebasse pour introduire une ballade. Grave, méditatif. Duo piano/contrebasse. Le batteur les rejoint con dolcezza. Un peu mièvre à mon goût.

Ca repart plus véloce puis se calme. Je sens qu'ils vont varier rythmes et plaisirs dans ce morcau. Ca swingue bien. Giovanni mène le bal et ses compères suivent sans peine. Breaks de batterie accompagnés par un gimmick rythmique grave. Ca groove. Dans le jeu de Leon Parker sur les tambours, l'influence des congas cubaines est évidente.

Solo de piano pour introduire. Giovanni nous fait le ruisseau tempêtueux qui dévale la montagne. L'ensemble sonne cubain de par le jeu du batteur. Solo véloce de contrebasse. Le piano ponctue, le batteur frotte les peaux de ses mains. Le torrent court à nouveau dans la montagne. Piano contrebasse, batterie aux balais. C'est beau comme un récit de Mario Rigoni Stern.

PAUSE

Attaque à la contrebasse dans l'aigu. Puis retour au grave. Ponctuations du piano. Le cliquetis de baguettes les rejoint. La musique se déplie, se déploie. Solo de batterie: les tambours chantent et grondent. Mon voiin de droite est un passionné. Il mime les gestes du batteur. Il est dedans. Solo de batterie soutenu par une figure rythmique grave qui tourne en boucle jouée par le piano et la contrebasse. Influence africaine dans le jeu de Leon Parker. La tension est palpable. Mon voisin mime le pianiste et chante l'air. Sa compagne est dedans aussi mais plus sagement. Retour à un air léger, chantant en trio.

Giovanni attaque seul une ballade. Le trio joue au ralenti, décomposant le temps comme une montre molle de Dali. Les balais frottent, les cordes de la contrebasse vibrent, les notes du piano s'écoulent goutte à goutte. Tout est sensuel. Ca marche. Malgré la chaleur, devant moi, un homme enlace sa bien aimée. Leon Parker tient un maillet dans la main droite, un balai dans la main gauche. Cela fait un joli effet sonore. Tout est souple, arrondi, tactile.

" You don't know what love is " est introduit sur un tempo rapide au piano. Mon voisin chantonne. Leon Parker joue avec les mains sur les tambours. Ca swingue. Leon a repris les baguettes et ça balance. Ce n'est plus une ballade mais un chant d'allégresse. Solo tout en douceur de Leon Parker, une rareté chz les batteurs (sauf Max Roach bien sûr). Ses maisn roulent sur les tambours. La batterie chante, vibre, résonne, gronde. Le voisin hoche la tête en mesure. Retour au thème en trio toujours en version accélérée. Le voisin chantonne joyeusement. Le piano entraîne les deux autres dans sa farandole. Ils dansent. Mon voisin mime tour à tour le batteur, le contrebassiste, le pianiste.

Une nouvelle ballade. Le couple de voisins passionnés est parti. Il est 23h50. Ils devaient avoir peu que leur carrosse ne se change en citrouille à minuit. La barque fend les flots au rythme synchrone des rameurs. Le contrebassiste chantonne pendant son solo. Mon voisin est remplacé! Ils accélèrent, ralentissent comme un seul homme.

Solo énergique de batterie aux baguettes pour commencer. Roulez tambours! C'est sec, ça frappe mais ça reste mélodieux. C'est " Impressions " de John Coltrane. C'est étrange de l'écouter sans saxophone. Le trio décolle emmené par le pilote Giovanni Mirabassi. Beau solo de contrebasse qui permet d'enchaîner sur " So What " de Miles Davis. Ils vont à rebours de l'Histoire puisque " So What " a précédé et inspiré " Impressions ". Un break de batterie pour enchaîner et relancer le trio. Leon Parker est un batteur coloriste. Il sait trouver des sons avec les bords des caisses, des cymbales cinglés par ses baguettes magiques. Retour à " Impressions " en trio. Ils s'amusent à décomposer le tempo. Ca joue.

PAUSE

Je ne suis pas resté pour le 3e set car j'avais école le lendemain. Giovanni Mirabassi ressemble à Nanni Moretti en plus petit. Son trio  avec Gianluca Renzi et Leon Parker est une vraie trinité. Ces trois hommes n'en font qu'un. Je leur souhaite une longue vie commune en espérant qu'ils ne finiront pas dans le ronronnement ennuyeux du trio Keith Jarrett/Gary Peacock/Jack de Johnette.

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Fred Nardin trio en concert réel au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Fred Nardin Trio

Le Sunside

Festival Pianissimo

Paris, Ile de France, France

 Vendredi 10 juillet 2020, 19h30

Fred Nardin: piano

Romeo Tristao: contrebasse

Leon Parker: batterie

Parmi les 4 invités pour le morceau final, Olga Amelchenko (saxophone alto).

Bonne pulsation tout de suite. Je bats la mesure du pîed droit. Le pianiste est français, le contrebassiste portugais, le batteur citoyen des Etats-Unis d'Amérique. Tous vivent en France. Aucun n'a eu besoin de passer un contrôle aux frontières pour jouer ici ce soir. Mon premier concert de Jazz en vrai depuis le confinement se joue au Sunside comme le dernier, avant le confinement, le mardi 25 février 2020, avec Olga Amelchenko (sax alto).

Le trio tourne comme un seul homme. Ca pulse, vibre, pousse de partout. Nom de Zeus, ça joue! Cohérent comme un pack de rugby. Pas de solo. Le fluide sympathique circule sans cesse entre les 3 hommes. Une tension permanente parcourt la musique, s'accentue, se relâche au gré de leur fantaisie collective. La musique, c'est comme le sport et le sexe. Ain't nothing like the real thing, baby! Suite à la pandémie, le Sunside a dû diminuer le nombre de places assises. Plus de place pour les jambes. Les grands comme moi en profitent. C'était " Blue Chimneys " (TS Monk).

" New Waltz " (Fred Nardin). Après un morceau aux baguettes, Leon Parker a pris une baguette dans la main gauche et un balai dans la main droite. Puis il passe aux balais pour souligner la douceur et la souplesse de cette valse. C'est charmant mais un peu trop poli à mon goût. Le 1er solo est pour le contrebassiste. Pianiste et batteur jouent mezzo voce pour l'accompagner. 

Retour aux baguettes. Le trio attaque direct. Ca file vite et droit. Fichtre, un jeune pianiste français qui swingue! Tout espoir n'est pas perdu. Il y aussi Marc Benham dans cette catégorie. Marc Benham jouera d'ailleurs au Sunside mardi 11 août à 19h30 & 21h30 dans le cadre du festival Pianissimo. 2e solo de contrebasse finement souligné par la pulsation continue des baguettes sur les bords de caisses et quelques légères ponctuations du piano. Le trio repart aussi sec. Breaks de batterie nerveux, rapides, qui relancent la machine. " The Giant " (Mulgrew Miller).

" Lost in ? " . J'ai perdu le titre. Logique pour un morceau qui signifie perdu quelque part. Une composition de Fred Nardin je suppose. Une ballade. Batteur aux balais. je trouve le pianiste meilleur sur tempo rapide. Peut-être parce que je suis venu seul au concert. En effet, ça marche sur le couple de jeunes amoureux à ma droite. Ils s'embrassent tendrement. Que les Dieux et les Muses les protègent! 3e solo de contrebasse. Leon Parker maintient un tempo discret mais implacable. Le pianiste ponctue. Les notes bondissent souplement  de la contrebasse. 

Un petit air qui swingue bien.. Batteur,aux balais. C'est souple et chaud. Fred Nardin est vraiment meilleur sur ce genre de tempo, à mon goût. Leon fait taire sa cymbale d'une main. Un temps de silence et le trio repart tout en souplesse. Batteur aux baguettes. Souvenir d'Horace Silver dans le jeu funky du pianiste. Dialogue contrebasse - batteur aux balais. Le pianiste souligne par quelques notes distillées savamment. Du fond de la salle, j'entends des claquements de doigts. Pas de juke box ( " Je claque des doigts devant les juke box " . Serge Gainsbourg) mais c'est l'esprit de cette musique. 

Première intro en piano solo. Les notes virevoltent. Le trio attaque. Ca ressemble à un classique du Be Bop mais comme s'il venait d'être créé en 2020. Breaks de batterie pétaradant sous les baguettes. Leon Parker revisite la batterie fanfare militaire à sa manière. Vrai solo de batterie qui dépote surtout sur les caisses. C'était " Voyage " de Kenny Barron précédé de " Lo Signore ". 

" Don't forget the Blues ". L'intro en piano solo est aussi claire que le titre. C'est un Blues. Sur un tempo vif. Batteur aux balais. Ca avance bien. Fred Nardin est propulsé par un duo de feu, Romeo Tristao & Leon Parker. Leon Parker tapote ses baguettes l'une contre l'autre pendant le solo de contrebasse. Jeu de question réponse à 3. Ludique et énergique. Leon Parker se lève pour scatter pendant que piano & contrebasse poursuivent leur dialogue sur le thème. Puis il se rassied derrière sa batterie, martelant tambours et cymbales aux baguettes. Le trio nous propulse sur la crête de la vague. Bon surf mental.

Très pro, Fred Nardin lance son intro dans la vague de la fin des applaudissements. Pas de temps mort et cela permet de se mettre en place sans que le public ne s'en aperçoive disait Miles Davis, expert en la matière. Mon titre préféré de l'album " Look Ahead " de Fred Nardin, " In the Skies ". Cf extrait audio au dessus et vidéo en dessous de cet article. Je vois des nuages blancs passer doucement sur un ciel bleu, faisant varier la lumière solaire. Bref, je me sens bien avec cette musique. Leon Parker tient une baguette dans sa main droite et tapote de la main gauche sur la caisse claire ou sa cuisse. Le trio repart avec le batteur aux baguettes. Le ciel devient d'orage puis tout s'apaise. Un coup de vent a chassé les nuages noirs. Officiellement, je vis à Paris parce que mon travail s'y trouve mais le plaisir que je trouve ici et maintenant justifie à lui seul le séjour.

Pour finir, 4 invités surprise dont 3 femmes. Je n'en reconnais qu'une. Olga Amelchenko (sax alto). C'est elle que j'avais vu et entendu sur scène à Paris, au Sunside, le mardi 25 février 2020, pour mon dernier concert réel, avant le confinement. Je la retrouve pour mon premier concert réel à Paris, après le confinement, au Sunside justement. La boucle est donc bouclée. 

Ce septet est le prochain groupe de Leon Parker comme leader. Il se tient debout sur la scène pour jouer des percussions avec ses mains sur son torse. Leon revient à la batterie. Un homme est aux percussions. 2 baguettes pour jouer de deux poêles à frire sur une table basse. Tel est le concept. En métal les poêles à frire. La fonte ne doit pas sonner correctement. 2 chanteuses dont une avec une maraca. Les 3 dames scattent ensemble même Olga qui finit par passer au saxophone. Le percussionniste ne me convainc pas mais Olga Amelchenko est toujours aussi belle à regarder qu'à écouter. Tout s'arrête pour un solo de scat et de percussions corporelles de Leon Parker. J'aimerais l'entendre dialoguer avec Médéric Collignon

Voilà c'est fini. Ce concert méritait de faire un détour sur le chemin du retour entre mon travail et mon domicile adoré. Le trio de Fred Nardin tient sur scène les promesses faites dans son album " Look Ahead ". Il m'a déçu en bien, comme disent les Suisses. 

 

Le festival Pianissimo se poursuit à Paris, en France, au Sunside, jusqu'au lundi 24 août 2020. Avec notamment de nouveau le trio de Fred Nardin samedi 11 juillet à 19h30 & 21h30. Venez masqués écouter piano & forte, lectrices distinguées, lecteurs raffinés. 

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" Look Ahead " Fred Nardin Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

)" Look Ahead "

Fred Nardin Trio

Un album Naive

Concert de sortie à Paris, au New Morning, le mercredi 13 mars 2019 à 20h30

 

Le Fred Nardin Trio est composé de:

Frédéric Nardin: piano, compositions (sauf 5 et 6)

Or Bareket: contrebasse

Leon Parker: batterie, composition (5)

 

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, sachez que je viens de découvrir Frédéric Nardin, jeune pianiste et compositeur français (1987). Vous me direz qu'il était temps. Je vous répondrai qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. Ce pianiste français joue en trio avec un contrebassiste israélien et un batteur noir américain. Un vrai cauchemar pour complotriste. Un vrai Jazzman donc. 

En plus d'oeuvrer au métissage et au cosmopolitisme, ce jeune homme compose des thèmes qui accrochent l'âme. Ainsi, je décolle à chaque écoute d' "In the skies " (10). Cf extrait audio au dessus et vidéo en dessous de cet article. 

Une seule reprise. " One finger snap " d'Herbie Hancock (6). Le jeu est volontairement minimaliste. Leon Parker est réputé pour faire mieux avec moins (ce batteur devrait donner des cours de management!) . Pianiste et contrebassiste ne sont pas en reste. Ce n'est pas un hasard si une composition est dédiée à Thelonious Sphere Monk, pianiste minimaliste, " Memory of T " (8). 

Manifestement, Frédéric Nardin a une formation classique car il introduit ses compositions par des préludes. Ainsi " Memory of T " (8) est précédé de " Prelude to " Memory of T " (7). De même " In the skies " (10) est précédé de " Prelude to " In the skies " (9).

Tout cette science est au service du rythme et du plaisir d'ouïr. Bel exemple avec " Just easy " (2).

" Le Jazz, c'est comme les bananes. Ca se consomme sur place ". (Jean-Paul Sartre). Pour apprécier cette musique toute fraîche, directement du producteur au consommateur, rendez-vous, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, à Paris, au New Morning, mercredi 13 mars 2019 à 20h30 pour le concert de sortie de l'album " Look Ahead " du trio de Fredéric Nardin.

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Fred Nardin Trio " Live in Paris "

Publié le par Guillaume Lagrée

Fred Nardin Trio

" Live In Paris "

Jazz Family. 2022.

 

Fred Nardin: piano

Or Bareket: contrebasse

Leon Parker : batterie

Enregistré en concert à Paris, au Sunside, les 18 & 19 février 2020

 

Lectrices harmoniques, lecteurs rythmiques, en février 2020, il était encore permis d'écouter du Jazz en concert en club sans masque. En espérant que personne ne soit tombé malade lors des concerts du trio de Fred Nardin au Sunside, voici que nous en parvient la trace sonore grâce à cet enregistrement live in Paris.

Un Français au piano, un Israélien à la contrebasse, un Américain à la batterie. Ce trio est une Société des Nations. Uni dans la diversité. D'une civilité raffinée et d'une énergie inextinguible.

C'est la joie de jouer qui les réunit. Que ce soit sur des compositions de Fred Nardin comme " Don't forget the Blues " (cf extrait audio au dessus de cet article. CD2, n°5) ou de Géants du Jazz comme " Green chimneys " de TS Monk (cf vidéo sous cet article. CD1, N°1).

J'ai toujours une affection particulière pour la composition " In the skies " (CD2, n°6 & 7) qui me fait voyager très loin et très haut comme l'indique son titre.

" Parisian Melodies " (CD2, N°1) me rappelle d'agréables souvenirs de balades à Paris en bonne compagnie.

La pulsation impeccable d'Or Bareket, le jeu omnipotent de Leon Parker qui peut aussi bien couvrir tout l'espace disponible que se faire discret comme une souris, les ponctuations sensibles de Fred Nardin qui sait ménager ses silences sans en abuser, tout m'est délice.

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Roy Haynes en quartet au Duc des Lombards: la leçon de jeunesse du Drummer Master

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Roy Haynes Quartet.

Paris. Le Duc des Lombards.

Mercredi 26 octobre 2011. 22h.

 

Roy Haynes: batterie

Jaleel Shaw: saxophones alto, soprano

Martin Bejerano: piano

David Wong: contrebasse

 

Dix-sept mois après un précédent concert, me voici de retour au Duc des Lombards pour écouter le quartet de Roy Haynes, 86 ans.

Au concert de 20h, il y avait Daniel Humair dans le public. Au concert de 22h, il y a Leon Parker et Steve Coleman, mon voisin de table.

 

Solo de sax alto pour commencer. Tout en douceur. La contrebasse s'y met à son tour. Problèmes de son. Ca grésille dans les haut parleurs. Ca se règle. Une pause. Solo du Boss maintenant. La contrebasse reprend. Un standard du Bebop. Le piano arrive, puis le sax. Roy Haynes, tranquille, propulse son groupe. Claude Carrière et Leila Olivesi arrivent. Ce concert est le lieu où être ce soir à Paris. Ca swingue naturellement. Rien de neuf sous le soleil mais c'est bon. La précision, la finesse, la puissance, l'invention, à 86 ans, Roy Haynes est toujours au sommet. Solo de contrebasse ponctué avec un art de mandarin chinois par les baguettes du Boss et quelques notes de piano. Quand Leon Parker et Steve Coleman discutent à côté de vous pendant le morceau, que dire? Qu'ils finissent par écouter. Snap, crack, tchik fait Roy Haynes.  Aldo Romano arrive à son tour. Tous les Jazzmen de Paris sont là ce soir, ma parole.

 

Le piano commence une ballade. Le quartet démarre. Même sur tempo lent, le quartet pousse fort. Sax soprano en duo avec la contrebasse. Beau blues. Le Boss encourage ses musiciens: " All right, all right ". Soprano et contrebasse creusent ensemble la mélodie. Ca sonne puissamment. Le quartet revient. Penché sur son soprano, Jaleel Shaw le fait parler. La rythmique part en ballade, sans sax. Ca coule de source. Stéphane Belmondo arrive avec son pianiste Kirk Lightsey. La rythmique accélère progressivement sous l'impulsion du batteur. Quelques coups de cymbales puis les tambours se mettent à rouler, danser. Le solo de Roy Haynes se trouve entre une Afrique rêvée et une Amérique vécue ici, ce soir, à Paris. Leon Parker regarde et écoute attentivement le Maître. Même quandvous l'avez déjà entendu, un solo de Roy Haynes, ça reste un autre monde. "86? Incredible! " me dit Steve Coleman, admiratif. Roy Haynes nous met la claque. Il fait le tour de sa batterie et joue avec, fait tinter les cymbales. Bref, il s'amuse et nous émerveille. Il est passé aux maillets et sort des sons inouïs au sens littéral du terme. Il revisite la marche militaire, le cliquetis de l'horloge. Des trucs à vous rendre fou. Un coup de cymbales au milieu des roulements de tambours. Baam! Plus personne ne parle. La musique s'impose à nous. Il lance des vagues, les arrête. Applaudissements. Silence obligatoire après un tel solo. Solo de sax alto tout en douceur pour nous remettre de nos émotions. Ca repart à quatre sur une ballade. Des spectateurs arrivent après la bataille. Tant pis pour eux. Roy Haynes est aux balais et joue sur du velours, tranquille. Je trouve Jaleel Shaw plus intéressant, plus émouvant que l'an dernier. Est ce lui qui a progressé ou moi? Solo de contrebasse tout confort entre piano et batterie maniée de main de maître. Fin tout en douceur au son du saxophone alto.

 

Démarrage au piano dans les graves. Joli solo de piano qui swingue bien. Sans Swing, cette musique ne voudrait rien dire. Retour au morceau de Monk. Excellent piano solo. C'était " Monk's Dream " de  Thelonious Sphere Monk.

 

Roy Haynes nous raconte sa vie. Elle est riche en anecdotes. Son premier concert en France avec Sarah Vaughan. Puis il se rasseoit à la batterie, joue des phrases et nous demande ce qu'il a voulu dire. Pas facile. Il relance une sorte de marche et le groupe enchaîne. Ca swingue joyeusement en sautillant. Bref, c'est du Jazz. Duo contrebasse:sax alto. Le groupe repart prestement. Final très tonique.

 

Roy Haynes danse des claquettes sur scène. Une autre façon de jouer de la batterie. Cet homme a 86 ans, je le rappelle. Il chante " Think " d'Aretha Franklin en dansant des claquettes. Il jouait au Village Vanguard avec le guitariste Kenny Burell, un gars de Detroit (Aretha Franklin est aussi native de Detroit). Aretha est venue les voir parce qu'elle avait écouté ce que faisait Roy Haynes derrière Sarah Vaughan. Il nous explique aussi que jouer de la batterie, c'est émettre des syllabes: " Tic tac, tic, tac, tic tic tic tac " par exemple. Et il danse des claquettes, en duo avec le piano maintenant. Cet homme devrait être étudié dans les congrès de gérontologie si ce n'est déjà fait. Un exemple vivant du bien vivre et bien vieillir. Il s'amuse comme un enfant. Chaque musicien est invité à dire au revoir par le Patron. Roy Haynes finit le concert en chantant et en dansant.

 

Merci à Steve Coleman et Leon Parker pour leur écoute silencieuse, à Kirk Lightsey pour ses rires tonitruants qui ne l'empêchaient pas d'écouter.

 

Pour vous donner une idée de ce que donne cet homme et ce quartet, le voici à la télévision américaine le 8 juin 2011.

 


 
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Giovanni Mirabassi Trio Live @ The Blue Note. Tokyo

Publié le par Guillaume Lagrée

Giovanni Mirabassi Trio

Live @ The Blue Note. Tokyo.

Concert enregistré le 23 avril 2010 au Blue Note à Tokyo.

Un album Discograph. 2010.

 

 

Giovanni Mirabassi: piano

Gianluca Renzi: contrebasse

Leon Parker: batterie

 

 

Giovanni-Mirabassi.jpg

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre du Séduisant   Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Mères veillez sur vos filles! Maris surveillez vos épouses! Giovanni Mirabassi débarque en concert chez vous avec  cet album. Deux Italiens pour le lyrisme, le cantabile. Un Noir Américain pour le Groove, le Swing, le Funk et autres jouissances rythmiques. Ces trois hommes sont forts comme des lions, souples comme des panthères, foudroyants comme des crotales. Ils vous envoûtent, vous remuent, vous stimulent. Sur la pochette, une Sophisticated Lady. S'ils ne jouent pas ce morceau de Duke Ellington, ils en ont bien retenu la leçon: " Tant qu'il y aura une jolie fille pour m'écouter jouer du piano, je continuerai " disait le Duke à 68 ans. Ces gars là ont en à peine 40. Ils n'ont pas fini de nous séduire.

 

Préparez votre coquetèle préféré, des lumières tamisées, un canapé confortable, prévoyez pour vos bras une jolie femme ou un bel homme selon vos goûts, ou, à défaut, un récit de Casanova, Restif de la Bretonne, Diderot, Crébillon père et fils. Ajoutez y le trio de Giovanni Mirabassi en concert au Blue Note à Tokyo. Je vous garantis une soirée réussie.

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Quelques concerts de Jazz à Paris en juillet 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Formidables lectrices, merveilleux lecteurs, si vous êtes à Paris au mois de juillet, sachez que les clubs de Jazz restent ouverts.

Voici, avec la partialité d'un Grand Inquisiteur et la mauvaise foi d'un numéro 9 pris en hors jeu, une sélection de concerts de Jazz à Paris en juillet 2011, en dehors des festivals déjà signalés à Montmartre et au Parc Floral.

Aldo Romano

La photographie d'Aldo Romano est l'oeuvre de l'Irrésistible  Juan Carlos HERNANDEZ.

Au Sunside:

Le pianiste italien  Enrico Pieranunzi  viendra nous régaler le samedi 2 juillet à 21h en trio, le dimanche 3 juillet à 21h en solo (programme Bach, Scarlatti, Haendel), le lundi 4 juillet à 21h en quintet.

Le guitariste belge Philippe Catherine sera présent en trio le vendredi 8 et le samedi 9 juillet à 21h.

Le pianiste américain Kenny Werner sera sur le tabouret le lundi 11 juillet à 21h.

Le saxophoniste ténor américain Rick Margitza soufflera le mardi 12 juillet à 21h.

Le pianiste franco américain Dan Tepfer jouera en trio avec Joe Martin (contrebasse) et Ferenc Nemeth (batterie) les mercredi 20  et jeudi 21 juillet à 21h.

Le batteur et percussionniste américain Leon Parker et son " Nu" Jazz Group vous feront vibrer le lundi 25 juillet à 21h.

Le saxophoniste ténor américain Hal Singer vous fera grimper au plafond le samedi 30 juillet à 21h. 

Au Sunset:

Aldo Romano (batterie) - Géraldine Laurent (sax alto) - Emmanuel Bex (orgue Hammond, piano) le samedi 2 juillet à 21h30

Au New Morning:

David Krakauer et son Klezmer Madness vous feront perdre la tête le jeudi 21 juillet à 21h30

Richard Bona & Raul Midon vous chaufferont le sang le mardi 26 et le mercredi 27 juillet à 21h30

Au Duc des Lombards:

Ramsey Lewis " Sun Godess Project " fera revivre la Fusion, année 1976, le jeudi 7 et le vendredi 8 juillet à 20h et 22h.

Roy Hargrove et son Quintet vous souffleront le vendredi 15 et le samedi 16 juillet à 20h et 22h.

 

 

 


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