Robin Mansanti & Dexter Goldberg enchantent le Café Laurent
Robin Mansanti
&
Dexter Goldberg
Paris, Ile de France, France
Le Café Laurent
Lundi 1er septembre 2025, 19h45
Robin Mansanti : trompette, chant
Dexter Goldberg : piano
Programme de chansons chères à Chet Baker, chantées avec la même innocence troublante que le jeune Chet.
Duo piano & voix « My Ideal ». Robin Mansanti chante dans le micro et joue loin du micro, en douceur aussi. Le barman du Café Laurent secoue la musique avec son shaker. Le flux se poursuit, imperturbable. Solo de piano en finesse. Emotion mais pas de sentimentalisme. Avec quelques accords dissonants à la Monk pour ajouter des épices à la sauce. Bonne question. Où est mon idéal féminin ?
« Funk in a deep freeze » (Hank Mobley). Un instrumental que jouait aussi Chet Baker. Un Blues funky. Une musique pour 3h du matin jouée avant 8h du soir. Le charme opère tout de même. Je bats la mesure du pied droit sur le solo de piano. Public concentré. Ni bavardage, ni applaudissement pendant le morceau. La trompette ajoute une couche d’émotion fraîche. Pas encore au niveau du duo Eric Le Lann & Michel Graillier mais ils en approchent et il chante en plus.
« If You could see me now » (Tadd Dameron). Autre instrumental. Une ballade splendide. Ah non ! Il chante. Voix portée par la douce vague du piano. Après la voix, la trompette de Robin Mansanti vient nous susurrer à l’oreille. Vague plus puissante du piano en solo.
Une composition de Kenny Dorham dont je n’ai pas capté le titre. Un Blues Be Bop. Rapide, haché comme il se doit. Instrumental. Solo de piano qui envoie bien. Ca monte, descend, rebondit.
« Body and Soul ». Je reconnais dès les premières notes. Une des 7 chansons qu’il faut connaître par cœur pour être musicien de Jazz selon Lee Konitz.
« Just friends ». Voix & piano. Nous restons dans les classiques et la réincarnation de Chet Baker est toujours aussi saisissante. Souhaitons à Robin Mansanti de ne pas succomber aux démons de Chet Baker, toxicomane notoire. Il passe vite à la trompette. L’identité sonore demeure. Il chante à nouveau et moi aussi, je l’avoue.
« I fall in love too easily ». Duo piano-voix traînant comme il faut vu les paroles si tristes. Le piano scintille. Beauté qui résonne avec le shaker du barman. « Le batteur est un barman de sons » (Jean Cocteau).
Un instrumental dont le titre m’échappe. Du Hard Bop je pense. Le pianiste brille dans l’aigu avec des bonnes prises d’appui dans le grave.
« Why try to change me now ? ». Une ballade. Robin se met à chanter et de nouveau je crois entendre Chet Baker même si je vois bien que ce n’est pas lui et que ce n’est pas un play back. Une ballade somptueuse que je ne connais pas, je l’avoue.
PAUSE
Duo piano-voix. Un standard que je ne connais pas. Délicieux. Absolument délicieux. Musique du film « Spartacus ».
Piano-trompette. Le piano pulse. Je connais ce thème que jouait Chet Baker. Je bats la mesure du pied droit. « Dear Old Stockholm », une chanson traditionnelle suédoise devenue un standard du Jazz joué par Miles Davis, Stan Getz, Chet Baker.
Le piano commence une ballade scintillante. Chant délicieux. Je ne connais pas ce thème. Le piano monte en vagues puissantes. Madame C, amoureuse de Chet Baker, m’a remercié à la pause d’avoir lourdement insisté pour qu’elle découvre cette musique en concert. C’était « Some other time » (Leonard Bernstein) qui fut joué par Bill Evans.
« East of the Sun and West of the Moon ». Duo piano-voix. Exquis, forcément exquis.
« L’étang » (Paul Misraki). Chanson française des années 30, chantée par Danielle Darrieux (France) & Blossom Dearie (USA). Reprise par Robin Mansanti dans son album « La nuit américaine » chanté sur ce blog. Le piano nous joue les éclats de l’étoile qui brillent sur l’étang. Cf extrait audio au dessus de cet article.
« Milestones » (Miles Davis). Lancé par la trompette comme il se doit. Miles Davis années 50. Période Hard Bop. Pas de chant. Là, ça joue. Solo de piano passionné. Cf vidéo sous cet article.
« You don’t know what love is ». Chanson innocente et troublante. Après le solo de pano envoûtant, retour de la trompette susurrée. Fin exquise piano-voix.
« How deep is the Ocean ? ». Là, je chante avec le chanteur. En sourdine bien entendu. Ca s’anime avec le duo piano-trompette. Mes voisines de gauche hochent la tête. Je bats la mesure du pied droit.
« Moonlight in Vermont », autre thème cher à Chet Baker & à Frank Sinatra. Joué à la trompette. Ca glisse bien sur la neige comme il convient pour cette chanson hivernale.
« There will never be another You ». Je chantonne de nouveau avec le chanteur. Duo piano-trompette enflammé. Retour au chant pour le final.
« But Beautiful », ballade chère à Bill Evans. Piano perlé comme il convient. Chanson que je ne connais pas.
Dimanche 7 septembre, 15h, Montfort l'Amaury (78), Centre Boléro: duo piano Jazz & Classique avec le couple Louise & Dexter Goldberg à la manière de Colette & Ravel suivi d'un échange sur les 100 ans de " L'enfant et les sortilèges ".
Mercredi 10 septembre, 19h45, Paris, le Café Laurent: trio Robin Mansanti, Christian Brenner & Jean-Paul Rebillard. Entrée libre.