Pier Paolo Pozzi 4tet ristretto au Café Laurent

Publié le par Guillaume Lagrée

Pier Paolo Pozzi 4tet

Paris, Ile de France, France

Le Café Laurent

Samedi 11 octobre 2025, 19h45

 

Pier Paolo Pozzi : batterie

Yoni Zelnik : contrebasse

Olivier Hutman : piano

Sylvain Beuf : saxophone ténor

 

 «All Blues »composition de Miles Davis ou de Bill Evans puisque Miles Davis volait les compositions de ses musiciens. Beau son majestueux du sax ténor. La rythmique pulse bien. Je bats la mesure du pied droit. Même sans micro, je sens la pulsation de la contrebasse dans le ventre. Sylvain Beuf est vite chaud. Il lui faut jouer la partie de John Coltrane tout de même. Olivier Hutman prend la main en chantonnant. Lui doit jouer la partie de Bill Evans. C’est dire le niveau d’exigence. Le défi est relevé. Oscar Brown a écrit des paroles sur ce thème chanté par Dee Dee Bridgewater & Ernestine Anderson.

« Fried Bananas » (Dexter Gordon). Un morceau énergique. Dexter devait vraiment aimer les bananes frites. Solo de piano élégant & énergique soutenu par contrebasse & batterie. Olivier Hutman est dedans. IL bondit de joie sur son tabouret, hoche la tête à ce qu’il joue. Solo de sax ténor puissant dans l’esprit de Dexter Gordon bien poussé par la rythmique. Batteur aux baguettes. Premier solo de contrebasse. Ca masse bien les oreilles et le ventre. Vibration puissante sans microphone. Breaks de batterie aux baguettes pour relancer la machine.

« The Dolphin » (Luis Eca) , un morceau brésilien qui donne son titre à l’album « The Dolphin » de Stan Getz (Live at Keystone Corner, San Francisco, CA , USA, le 10 mai 1981 jour d’élection de François Mitterand à la présidence de la République française). Rythme de bossa nova impulsé par la rythmique. Batteur aux baguettes. Le sax saute au dessus des vagues comme le dauphin. Olivier Hutman met ses luenttes pour lire la partition. Il brille toujours autant.

«One finger snap » (Herbie Hancock). Extrait de l’album « Empyrean Isles ».Diablement rapide. L’original était sans saxophone avec Freddie Hubbard à la trompette. Je bats toujours la mesure du pied droit. Là, Olivier Hutman connaît la partition par cœur. Pas besoin de lunettes. Solo de piano bouillonnant. Dialogue contrebasse & batterie. Fine ponctuation aux baguettes sur les cymbales. Le pianiste ajoute quelques notes parsemées.Ca pulse en douceur. Un délice.

« Come rain or come shine ». Batteur aux balais. Je t’ailmerai comme personne ne t’a aimé, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau. C’est ce que chante le saxophone ténor.. Délicieusement.massé par la rythmique, Sylvain Beuf souffle avec passion.Délicieux solo de piano. Ca coule de source. Olivier Hutman chantonne son air. Il est lui-même épaté de ses trouvailles. Moi aussi. Solo de contrebasse avec batteur aux balais et le piano en sourdine. Du miel pour les oreilles. Solo de sax ténor sans soutien rythmique. Splendide. Bel envoi final groupé.

Un thème hard bop rapide. Batteur aux baguettes. Du Sonny Rollins. Je ne connais pas ce thème. Solo énergique du pianiste. Soutenu sans faille par contrebasse & batterie. Je bats toujours la mesure du pied droit. Ca swingue dur. Ils sont tous chauds. C’est l’heure de se rafraîchir.

PAUSE

 

« How deep is the Ocean ? ». Un standard pour repartir. Soirée révision des classiques. Sylvain Beuf est toujours chaud. La rythmique toujours aussi solide. Dans le son du sax ténor, j’entends les paroles de la chanson qu’aimait chanter Chet Baker.

« Scrapple from the Apple ». Hommage à New York par Charlie Parker. C’est du Be Bop. Rapide.Tendu. Touchant. Ca attaque sans cesse. Solo de contrebasse soutenu finement par le batteur aux baguettes. Avec des ponctuations du piano et du saxophone. Ca swingue toujours. Mon pied droit ne cesse de battre la mesure. Ca relance avec des breaks du batteur aux baguettes.

Batteur aux balais. Une ballade. Je reconnais un thème de Thelonious Monk. Solo de piano beaucoup trop virtuose pour être du Monk. Ce qui n’empêche pas l’émotion. Ca déroule toujours avec le solo de contrebasse et le batteur aux balais. Le piano joue le thème. « Pannonica » dédié à la baronne Pannonica de Koenigswarter, née Rothschild, chez qui Thelonious Monk a fini sa vie dans le silence.

« Chega de saudade » (Antonio Carlos Jobim). « No more Blues » en version américaine dont celle enregistrée par Dizzy Gillespie, Live on the French Riviera  au festival de Jazz d’Antibes Juan les Pins, édition 1962. Thème joyeux, enlevé comme il convient pour chasser la saudade. Batteur aux baguettes. Ca pulse dur. Le 4tet chauffe du feu de Zeus ! Solo inspiré du pianiste. Ca attaque ferme. Sylvain Beuf danse avec le saxophone. Il est lancé à bloc.

« Dolphin Dance » (Herbie Hancock). Un thème magnifique tiré de l’album « Maiden Voyage ». Tout de suite, solo de piano. Normal pour un thème composé par un pianiste. Quel régal ! Le 4tet repart majestueusement. Batteur aux baguettes. Tout se calme pour le solo de contrebasse. Le pianiste maintient le thème.

Un air de Monk. Rapide. Le 4tet file groupé.

Samedi 1er novembre 2025, jour de deuil pour les Jazzfans avec la fermeture pour travaux de l'hôtel d'Aubusson et du Café Laurent. Ce blog publiera urbi et orbi la nouvelle de sa réouverture.

 

En extrait audio, Sylvain Beuf avec André Cecarelli.

En vidéo, un autre 4tet de Pier Paolo Pozzi avec Francesco Bearzatti.

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