Mamiko Watanabe trio clôt le festival Jazzycolors 2025

Publié le par Guillaume Lagrée

Mamiko Watanabe trio

« Guided by the Light »

FICEP

Concert de clôture du 23e festival Jazzycolors

Maison de la Culture du Japon à Paris

Soirée organisée par Jojo Records

Mardi 9 décembre 2025, 19h

Concert à écouter sur la radio TSFJAZZ

 

Mamiko Watanabe, Japon : piano

Asante Santi Debriano, Panama : contrebasse

Lukmil Perez, Cuba : batterie

 

Programme :

« Pas de trois » (John Hicks)

« Being guided by the Light » (Mamiko Watanabe)

« Island Birdie » (Mac Coy Tyner)

« My grandfather’s clock » (Henry Clay Work)

« Atomic space » (Mamiko Watanabe)

« Nigeria » (Santi Debriano)

« The Peacocks » (Jimmy Rowles)

 « The Music Game » (Mamiko Watanabe)

« Passing view – Between departures » (Mamiko Watanabe)

«  Waterfall » (Mamiko Watanabe)

 

Thème en ostinato de la contrebasse. Batteur aux baguettes. La pianiste est lancée. Flux puissant. Santi Debriano fait vibrer sa contrebasse. Lukmil Perez joue jazz, pas afro cubain. Normal, il joue la musique de la pianiste, pas la sienne. La contrebasse c’est l’ancrage. Piano et batterie mêlent leurs vagues. La contrebasse vibre et danse sous les mains puissantes de Santi Debriano. Je suis en haut, au milieu, bien en face de la contrebasse et je suis captivé par ce jeu. La contrebasse structure alors que piano & batterie jouent à déstructurer. Decrescendo final sur le thème. Splendide. Conclusion de la contrebasse. C'était " Pas de trois ". Cf extrait audio au dessus de cet article.

Démarrage piano-batteur aux baguettes. Bonne vague qui part du piano, se creuse avec la contrebasse et mousse avec le batteur aux baguettes. Solo de contrebasse qui vibre du ventre à la tête. Finement ponctué par piano & batterie. La pianiste reprend la main, toujours fluide. Passage à l’archet. Bonne vibration avec le piano que vient doucement secouer le batteur aux baguettes. Bassiste et batteur lisent attentivement les partitions.

La pianiste attaque. Un Blues rapide. Au rythme caribéen. Contrebassiste du Panama et batteur de Cuba sont chez eux et cela s’entend. Dialogue rythmé entre contrebasse & batterie. Elle les laisse jouer entre eux. Le piano revient dans la danse. Solo tranquille du batteur. Il lit la partition. A-t-il le droit d’improviser ? Oui puisqu’il cesse de lire pour jouer. Retour du trio au thème. Ca balance toujours aussi bien. La salle a une excellente acoustique. C’est soigné à la japonaise et cela s’entend. Santi Debriano se marre après le morceau. Il peut se le permettre. C’était un thème caribéen du pianiste préféré de la pianiste, Mac Coy Tyner.

Mamiko Watanabe présente son trio en anglais avec un délicieux accent japonais.

Une chanson traditionnelle japonaise dédiée à l’horloge du grand-père. Piano solo en intro. Une ballade. Tendre, mélancolique. Souvenirs d’enfance. Le trio démarre dans une puissante vibration. Batteur aux baguettes. C’est énergique mais toujours un peu nostalgique. Retour du piano solo et de la petite mélodie entêtante. Fin groupée en douceur. " My grand father's clock ". Cf vidéo sous cet article.

Bonne vague entre piano & batteur aux baguettes. La contrebasse est toujours pétrie fermement. Je bats la mesure du pied droit. Ca décolle progressivement. Vagues brusques de la contrebasse. Grognements de la contrebasse sous l’archet. Coups de tambours. Je me mets à balancer des épaules. Solo du batteur aux baguettes bien stimulé par les deux autres. Après le morceau, Santi Debriano s’essuie la figure. Il se donne à fond.

Le trio repart groupé et rapide. Batteur aux baguettes. Elle accélère et ses hommes suivent. Ca file vite et droit. Quelle bonne vibration ! Les places de la petite salle de la Maison de la culture du Japon à Paris sont faites pour des Japonais mais pas pour des sumotori. Solo de batterie vif, sec, nerveux. Le trio repart toujours rapide et puissant. Légèreté du piano, ancrage de la basse, fouetté du batteur.

« The Peacocks »(Jimmy Rowles). Un de mes standards favoris du jazz moderne. Version sublime du compositeur avec Stan Getz sur l'album " The Peacocks " tout simplement. Chaque note de la contrebasse s’envole en l’air comme une bulle de savon. Confiserie sonore mais sans excès de sucre. Lukmil Perez frotte ses peaux et caresse ses cymbales. Enfin, il joue aux balais. Solo de contrebasse à l’archet. Grave et langoureux à souhait. Le batteur masse. La pianiste ponctue délicatement. Superbe.

Piano solo en intro. Léger, fluide, rapide, chantant. Mon voisin de gauche ne semble pas apprécier. Il reste stoïque, sage, sans bouger ni applaudir. Je fais de même quand je suis à un concert que je n’aime pas. Mon voisin de droite, comme moi, écoute et applaudit. Mikiko Watanabe nous joue du stride à sa façon. C’est frais et original. C’était son morceau en solo du concert. Une de ses compositions, bien entendu.

Intro en piano solo. Une ballade impressionniste. Le trio enchaîne. Batteur aux baguettes. Ca ondule délicieusement, groupé. Pas vraiment de solo même quand la pianiste mène la danse.

« Waterfall » (Mamiko Watanabe). Morceau final. Y a t-il un lien avec le « Water Chute » d’Erik Satie dans ses « Sports et divertissements » ? Le piano joue bien la chute d’eau. Le trio démarre. Gros son de la contrebasse. Le batteur ponctue aux baguettes. Je balance des épaules. C’est efficace. Ca swingue avec grâce. Solo de contrebasse à l’archet en tapotant les cordes. Piano et batterie percutent aussi. La contrebasse vibre sous l’archet qui glisse sur les cordes. Délicieux. Au tour du batteur aux baguettes. En découpant le tempo. Finalement, mon voisin de gauche n’applaudit pas mais il prend des photos souvenirs. C’est donc qu’il apprécie.

 

RAPPEL

 

Les 3 bémols du voisin de droite :

  • La pianiste n’a pas utilisé les pédales. Manque de nuance. En France, avec l’école française du piano, tout de même !
  • Où était le voyage au Japon ? Nous avons entendu les Caraïbes avec le Panaméen à la contrebasse et le Cubain à la batterie, particulièrement sur « Island Birdie » de Mac Coy Tyner. Par contre, aucune composition n’évoquait le Japon de la pianiste. Alors que nous étions d’accord pour dire que lors d’un précédent concert de l’édition 2025 du festival Jazzycolors, Huu Bac, le Canadien natif du Vietnam, nous a emmené au Vietnam sur le fleuve Mékong.
  • Le batteur a trop joué aux baguettes et pas assez aux balais.

Je partage les bémols 2 & 3. Le bémol 1 ne m’a pas gêné du tout, je l’avoue.

Ainsi s’est terminée l’édition 2025 du festival Jazzycolors. Rendez-vous en 2026 à Paris en France pour de nouvelles découvertes musicales grâce au FICEP.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article