YenTing Lo 4tet. Premier concert en Europe au festival Jazzycolors à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

YenTing Lo 4tet

FICEP

23e Festival Jazzycolors

Concert organisé par le Centre culturel de Taiwan à Paris

Concert accueilli par le Centre tchèque de Paris

Paris, Ile de France, France

Samedi 6 décembre 2025, 19h30

 

Le YenTing Lo 4tet est composé de :

 

YenTing Lo : piano, chant, flûte, composition

Refa Wang : contrebasse

Dee Chen : batterie

YuJung Hsiao : guitare électrique

 

Premier concert en Europe, en France, à Paris, du YenTing Lo 4tet venu de Taïwan. Le 4tet compte 3 femmes et un homme, le guitariste. C’est l’inverse de la proportion habituelle. Cela est juste et bon. La leader, YenTing Lo, a étudié le Jazz aux Pays-Bas à Amsterdam de 2015 à 2019. Les 4 musiciens sont très beaux et très élégants. Cela se voit que ce concert est un enjeu important pour eux.

Intro en piano solo. Méditative. En duo avec la contrebassiste à l’archet. La pianiste chante en chinois, le chinois de Taïwan. La batteuse griffe doucement aux balais. Elle joue yeux fermés, concentrée sur le son. Le guitariste ajoute quelques notes en douceur. Charmante ballade. La contrebasse porte 2 autocollants. Comme celle du groupe hongrois, le Parniczky 4tet, lors d’un précédent concert du festival Jazzycolors, mercredi 3 décembre. Est-ce un code pour passer la douane avec une contrebasse en bagage à main ? Solo de guitare bien soutenu par la rythmique. Ca balance tranquille. Contrebasse en pizzicato. Retour à l’archet pour le final. Impeccable.

YenTing Lo nous dit quelques mots en français puis passe à un anglais impeccable. Du King’s english comme disent les Britanniques.

Ce soir, le groupe nous offre un panorama des albums de YenTing Lo. Ils ont commencé par « Archipelago » extrait de son album « Land forms ». Cf extrait audio au dessus de cet article.

« Rich » (?). Un air qui swingue. Batteuse aux balais. La pianiste lance et le guitariste enchaîne. La pianiste reprend la main puis chante. C’est frais, c’est léger. Ca pulse bien.

Intro en solo de contrebasse. En duo avec la chanteuse qui ne joue pas de piano. L’a guitare s’ajoute puis la batterie aux maillets. Cela ressemble à une complainte d’amour triste. Sans parler un mot de chinois, je le suppose. A la rythmique de jouer. Impulsion douce. Solo de guitare aux notes étirées. Le temps se dilate. Batteuse aux balais. La chanteuse et pianiste revient. C’est toujours étiré, captivant. Decrescendo final. Impeccable.

Les trois premières chansons évoquaient des paysages nous explique YenTing Lo.

Premier concert en Europe, à Paris, en France. Elle est très heureuse de jouer ici devant tant de monde. La salle est comble. Une valse Jazz « Waltz of Nostalgia ». Intro en solo de guitare. Cuisson à l’étouffée. Duo avec la voix. C’est bien un rythme de valse. La contrebassiste et la batteuse aux balais enchaînent. La chanteuse passe à l’anglais avec un débit rapide. A la rythmique de nous masser le cerveau. Très Cool Jazz. Solo de contrebasse bien chauffé par la batteuse sur les tambours et ponctué par la guitare.

YenTing Lo se lève et se met au micro pour jouer de la flûte traversière. Elle nous explique que ce morceau traite d’une conversation avec elle-même. Ne pas ressasser le passé, se tourner vers l’avenir. Démarrage funky de la rythmique. Den Chee tapote ses tambours à mains nues. Guitare et contrebasse fortement pincées. La flûte s’élève au-dessus de la pulsation. Elle chante en anglais. Retour de la flûte puis la rythmique poursuit son cours tranquille.  Un peu de scat à la chinoise. Finement ciselé par la rythmique jusqu’au final.

YenTing Lo n’était pas venue à Paris depuis 2011. A l’époque, elle suivait un livre, un guide de voyage. Elle a bien vu les changements. Chanson dédiée à une fleur qui ne fleurit que quelques jours par an. Il faut être là au bon moment pour en profiter. Pour elle, c’est proche de la musique où il faut répéter des jours et des jours pour quelques minutes de concert. La contrebasse grince sous l’archet. Notes distillées à la guitare, au piano. La batteuse ajoute un doux tapotis des maillets. Belle évocation de la fragilité ; de la beauté de la fleur. Ce n’est pas « Fleurette africaine » de Duke Ellington mais ça se défend. Elle chante en anglais un bref moment d’éternité. « A brief moment of eternity ».

Elle a amené ses albums introuvables en Eurôpe. « The 5 minutes between ». Composition dédiée aux 5 minutes d’attente entre deux événements. Entre deux trains par exemple. Chant en chinois. Le 4tet enchaîne. Batteuse aux balais. Là, ça s’énerve. Guitare beaucoup plus rock. Piano plus puissant. L a batteuse met de la puissance aux balais. Elégant. Retour au calme d’un coup. Tumulte maîtrisé. Et hop ! Retour au calme avec juste le piano et la voix. La contrebasse file et la batterie dit Stop.

Une chanson qui célèbre la vie et la transmission entre générations. Le piano attaque dans le grave. La contrebasse glisse. Effet wah wah de la guitare. Batteuse aux baguettes. Tchic tchac. Son premier morceau du concert aux baguettes. C’est rare de jouer si peu aux baguettes pour une batteuse. 1er morceau où je bats la mesure du pied droit. Chant en anglais. Ca parle d’un arbre mais j’ignore de quelle espèce. Ca marche. Plusieurs spectateurs se balancent sur leurs chaises. Solo de guitare bien stimulé. Il décolle tranquille. Beau morceau tonique pour conclure. La contrebassiste chante aussi. La batteuse relance aux baguettes. Elle envoie.

 

RAPPEL

Une chanson traditionnelle de Taïwan que nous chantons en call and answer (Chjami e rispondi en corse).  Système traditionnel pour s’appeler et se répondre, de montagne à montagne. Cela vaut pour Taïwan comme pour la Corse & la Suisse.

« Highlands », souvenir de voyage en Ecosse. Une ballade tranquille pour conclure. Cf vidéo sous cet article.

 

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