" Confluences " Hugo Diaz Quartet
Hugo Diaz 4tet
" Confluences "
L'Horizon Violet. 2024
Hugo Diaz: saxophone soprano, électronique, composition (sauf n°4 & 6)
Alexandre Cahen: piano, composition (4)
Vladimir Torres: contrebasse
Louis Cahen: batterie, composition (6)
Lectrices aux aguets, lecteurs à l'affût, je n'ai découvert Hugo Diaz en concert que le 18 décembre 2025. Ceci sans avoir jamais écouté une note de l'album " Confluences " sorti en mai 2024. Le concert eut lieu en trio, aucun véhicule automobile qu'il soit ferroviaire ou routier n'étant disponible pour amener à temps à Paris le contrebassiste du 4tet, Vladimir Torres.
Comme son titre l'indique, " Confluences " est consacré à l'eau. Plutôt l'eau douce que l'eau de mer puisque les 4 musiciens du 4tet vivent entre les régions Grand Est et Bourgogne Franche Comté.
L'eau, par son mouvement, est un thème classique de la musique, art du mouvement justement. Que ce soient la " Water Music " de Georg Friedrich Haendel, " L'eau vive " de Guy Béart, les " Jeux d'eau " de Maurice Ravel, la " Waterchute " d'Erik Satie, les " Jardins sous la pluie " de Claude Debussy, " After the rain " de John Coltrane, le gospel " Didn't it rain ", " Purple Rain " de Prince, " Water Babies " de Miles Davis...
Comme Hugo Diaz & ses complices sont Français, ils ont écouté et joué Fauré, Ravel, Debussy, Satie. Mais ce sont aussi des jazzmen d'aujourd'hui qui ont écouté et joué le Jazz et la Pop Music.
Cela s'entend dans leur musique. En commençant par le Roi des poissons des lacs alpins, le salvelinus alpinus, l'omble chevalier. Un délice de gourmets qui ouvre l'album. " Le choral de l'omble " (1). Y aurait-il une allusion subtile entre omble et ombre?
Confluence, c'est pour moi Lyon en France, ville de la confluence entre le Rhône et la Saône et le musée des Confluences situé justement à cette confluence. J'ai donc trouvé la musique idéale pour ce musée avec " Confluences part I & II " (2-3).
Le contrebassiste Vladimir Torrès était absent du concert auquel j'ai assisté. Sur cet album, il se fait sentir magnifiquement. Par exemple, en introduction du 2e titre, " Confluences Part I " où le piano joue l'eau et la contrebasse le poisson qui y nage librement et du 5e titre " Aigo " (Eau en provençal comme Chaudes Aigues dans le Cantal ou le lac d'Aiguebelette en Savoie).
L'eau, c'est aussi le mystère des profondeurs comme dans " Sonar " (8). Cf extrait audio au dessus de cet article. L'eau, comme la musique, c'est le jeu, les éclaboussures, le surgissement. Toutes belles choses suggérées dans " Electrolyse " (9). Enfin, l'eau c'est un miroir. Celui où Narcisse se noie séduit par son image. D'où le " Miroir d'eau " (10) qui conclue paisiblement cet album élégant.
Les musiciens de Jazz dédiés exclusivement au sax soprano sont rares & remarquables. Sidney Bechet, Steve Lacy, Steve Potts. J'en oublie certainement. Ces trois là, originaires des Etats Unis d'Amérique, ont tous vécu une longue et riche histoire d'amour avec la France.
Il faut désormais y ajouter le Français Hugo Diaz. Avec un saxophone soprano, de l'électro (toujours utilisée avec bon goût) et une rythmique classique de Jazz (piano, contrebasse, batterie), il crée une musique élégante, mouvante & émouvante.
Je me réjouis à l'idée d'écouter ce quartet sur scène dans un lieu où les spectateurs viennent d'abord pour écouter de la musique, ensuite pour boire un verre et discuter entre gens de bonne compagnie comme le sont les musiciens du 4tet d'Hugo Diaz.