Daniel Zimmermann tire ses Snapshots au New Morning

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Zimmermann 4tet

Le New Morning

Paris, Ile de France, France

Mardi 27 janvier 2026, 20h30

Sortie de l’album « Snapshots »

Concert diffusé par France Musique dans le Jazz Club

 

Première partie :

 

Katarina Pejak: piano, chant

 

Une chanson nostalgique en anglais. Charmante.

« Panic mode ». Pop de qualité. Elle me donne de bons frissons. Elle délivre une angoisse douce. Oxymore réussi. Cf extrait audio au dessus de cet article.

« Don’t tell the children ». Chanson qui a 13 ans d’âge mais qui prend une signification nouvelle avec l’actuel mouvement étudiant en Serbie, son pays natal. Chanson triste mais pas pessimiste. « Don’t tell the children they won’t change the world ». Ne dites pas aux enfants qu’ils ne changeront pas le monde.

Chanson sur la jalousie. « Ne soyez pas jaloux. Ce n’est pas digne. C’est un sentiment très mauvais mais ça fait écrire des chansons ». En français dans le texte. Une chanson au rythme hispanisant. L’héroïne, victime de la jalousie masculine, c’est Carmen.

«Old Pain ». Une Serbe qui parle en français et chante en anglais. Emouvante, franchement émouvante.

PAUSE

 

Deuxième partie : Daniel Zimmermann 4tet

Daniel Zimmermann : trombone, composition, voix

Pierre Durand : guitare électrique

Elise Blanchard: guitare basse électrique

Julien Charlet : batterie

 

Concert de sortie de l’album « Snapshots » de Daniel Zimmermann. Enregistré et diffusé par France Musique dans l’émission Jazz Club.

 

Ca balance tranquille. Hommage à Steve Mac Queen pour son rôle dans le film «  Papillon ». Scène où il se jette dans les vagues pour s’évader du bagne de Guyane.  Batteur aux baguettes. Ca commence à s’agiter comme la Mer. Pierre Durand distille subtilement les notes une à une. Clair comme le cristal. Le batteur joue finement avec les baguettes. Le trombone coulisse bien et nous chauffe.

«  Les maximiseurs de Pi ». Souvenirs d’études d’économie où Pi étant le profit, il doit toujours être maximisé dans l’équation, les valeurs emploi, salaire, bien être n’étant toujours que des variables. Bref, pour soigner son traumatisme, Daniel Zimmermann a abandonné l’économie pour la musique. Trombone en sourdine. Je traduis les blagues de Daniel Zimmermann pour Tim & Catherine le charmant couple de retraités britanniques assis à ma droite. La tension monte doucement dans le dialogue guitare-batterie. La basse tient la route. Pi se fait savamment et puissamment maximiser. Tout se calme pour le solo de trombone bouché. Ca grogne doucement. Temps haché finement par le batteur.

« Come Home ». Pas besoin de traduire le titre pour mes voisins anglais. Solo de guitare en intro distillée note par note. Notes de basse qui tombent et s’étirent. Trombone bouché. Retour en douceur à la maison. Montée en puissance groupée. Joie du retour. A trombone ouvert mais en douceur pour finir.

Une reprise des Neville Brothers. « Yellow Moon ». Batteur aux balais. Un air délicieusement funky. Normal. Ce sont les Neville Brothers, groupe de 4 frères originaires de La Nouvelle Orléans. Solo de guitare planant, bien soutenu par la rythmique. Batteur aux baguettes. Ma jambe gauche bat la mesure. Cf vidéo sous cet article.

« Mamelles » une composition de Daniel Zimmermann en hommage aux musiques qui l’ont nourri : Soul, Blues, Funk. Le 4tet démarre. Le trombone barrit joyeusement. Solo de guitare au son étouffé. Ca danse, ça balance. Le 4tet repart.

« Le mieux et le bien ». Morceau d’ouverture de l’album « Snapshots ». Ca pulse bien derrière le trombone. 1er solo de basse. En douceur, en finesse, ponctué par le batteur aux baguettes. Solo de batterie poussé par la basse et la guitare. Entre Elvin Jones & le cirque Pinder, Julien Charlet, comme l’a présenté Daniel Zimmermann.

Un morceau tiré de l’album « Montagnes russes » (2016). « Dans le nu de la vie ». « Dans le nu de la vie » c’est le titre du premier des trois volumes consacrés par Jean Hatzfeld au génocide rwandais (1994). Gros son mystérieux de basse. Petits bruits de guitare. Grosse pulsation de la batterie. La tension, l’émotion se sentent. Guitare et batterie évoquent l’Afrique. Le trombone crie la douleur d’un peuple. L’ensemble me remue entrailles, cœur & tête. Tout se calme pour un solo poignant de guitare poignant, finement ponctué par basse et batterie. Retour du trombone poignant lui aussi. Basse et batterie ramènent le thème.

« Notre île ». Thème écrit en Corse. L’ambiance du petit matin au réveil au côté de l’être aimé. Batteur aux maillets. Belle ballade tendre. Et affectueuse sans mièvrerie. Dialogue en finesse note à note entre guitare et basse délicieusement ponctué par le batteur aux balais. Chacun à son tour dirige le flux. Retour du trombone. Tout glisse en douceur.

« My little sweet New Zeland bunker ». Ecrit en hommage aux milliardaires qui s’offrent des ranchs en Nouvelle Zélande pour échapper aux conséquences du dérèglement climatique que leur œuvre déclenche. Solo de guitare saturée en dialogue avec le batteur aux baguettes. Musique inspirée du hillbilly en fait.

Mon carnet de notes est fini. Pas le concert. A écouter sur France Musique dans l’émission Jazz Club.

Tim & Catherine, mes sympathiques voisins britanniques, ont découvert et apprécié ces musiciens français. Tim a été impressionné par le guitariste Pierre Durand. Il m’a demandé si ce gars mène ses propres projets, son propre groupe. Je lui ai confirmé que oui. Tim a noté l’influence de Bill Frisell. J’y ai ajouté John Scofield. Il y en a beaucoup d'autres, pas forcément guitaristes, me précise Pierre Durand.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article