Ellinoa + Jowee Omicil = Jazz sur le Vif à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz sur le Vif

Ellinoa

+

Jowee Omicil

Paris, Ile de France, France

Maison de la Radio, studio 104

Samedi 10 janvier 2026, 19h

Concerts à écouter sur France Musique dans l’émission Jazz Club

 

Première Partie : Ellinoa «  Mejiro »

Elllinoa : voix, glockenspiel, composition & arrangements

Alba Obert : violon

Mathilde Vrech : alto, chœurs

Juliette Serrad : violoncelle, chœurs

Arthur Henn : mandoline, chœurs

Christelle Raquillet : flûtes, ocarina, chœurs

 

Pas d’instrument de percussion ou à percussion (comme le piano), pas de cuivres, pas de basse, pas de Swing, pas de Blues, pas de Jazz. 5 femmes, un homme, tous Blancs.

Musique discrète, aérienne, légère, en hommage à un oiseau japonais, le Mejiro ou zosterops japonicus. C’est très écrit, savant, raffiné, précis, travaillé, étudié, élégant, en place. Bref, cela sent le bon travail du bon élève du Conservatoire mais cela ne me touche guère. Cela plaît beaucoup à mes voisins de droite par contre.

J’exagère. Madame Camille Durand alias Ellinoa n’est pas passée par le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris mais par le Centre des musiques Didier Lockwood où elle enseigne désormais. Je suis certainement trop frustre et trop simple pour apprécier ces raffinements sonores.

 

Deuxième Partie : Jowee Omicil «  Bwa KaYimaN FreeDoM SuiTe »

Jowee Omicil : saxophones, clarinettes, trompette de poche, claviers, chant

Jonathan Jurion : piano, clavier électrique

Jendah Manga : guitare basse électrique

Tiss Rodriguez : batterie

Yoann Danier : batterie

5 hommes. Tous Colorés comme disent les Américains des Etats Unis. Esthétique totalement opposée au premier concert. Du Swing, du Blues, de la joie, de la vie, de la sublimation de la souffrance et de la douleur, du désordre, du chaos, de la folie, de la fête, du chant, de la danse, de la conscience historique & politique, des fausses notes (pour un musicien classique), de la percussion, de l’improvisation, bref du Jazz.

Mes voisins de droite ont préféré la première partie de cette soirée. Moi la deuxième. Chacun a eu droit à son moment de joie.

Bwa Kayman ou Bois Caïman, c’est le lieu sur l’île de Saint Domingue où se tint le 14 août 1791 le premier rassemblement de révolte des esclaves noirs. Le début de la révolution et de la guerre d’indépendance contre la France qui aboutit à la naissance d’Haïti, première république indépendante issue d’une guerre de décolonisation.

Le site de Bois Caïman à Haïti est désormais classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO au titre du réseau des lieux d’histoire liés à la mémoire de l’esclavage et à la traite et la date du 23 août, date du soulèvement qui suivit le rassemblement du 14 août, retenue par l’UNESCO comme journée internationale du souvenir de la traite des esclaves.

« Chaque fois que j’entends un homme défendre l’esclavage, je souhaite qu’il devienne esclave lui-même » (Abraham Lincoln).

Freedom Suite, c’est un hommage à des grands musiciens de Jazz noirs américains engagés dans le mouvement de la lutte pour les droits civiques aux Etats Unis d’Amérique. « Freedom Suite » (1958) de Sonny Rollins avec Oscar Pettiford & Max Roach, « We insist ! Freedom Now Suite » (1960) de Max Roach & Abbey Lincoln et bien sûr « Free Jazz » (1959) d’Ornette Coleman.

" L'esclavage fut une bénédiction. Sans l'esclavage, il n'y aurait jamais eu de Jazz ". (Max Roach).

Bwa Kayman Freedom Suite, ce furent 55 mn de totale improvisation, transformant le studio 104 de la Maison de la Radio à Paris en cérémonie vaudou à Haïti. Musique inspirée par les esprits comme l’a expliqué Jowee Omicil, Canadien, né à Montréal, Québec, de parents Haïtiens.

Après cet ouragan sonore, Jowee Omicil et ses complices.nous ont joué des morceaux de son concept BASH dont j’ignore la traduction je l’avoue. A part le verbe anglais to bash qui signifie «  frapper » ou le mot anglais « bashlack », le réactionnaire. Fameux blues de Nina Simone, «  Mr Backlash ». 

 Là, ça frappe mais positivement. Comme beaucoup de spectateurs, j’ai chanté en créole haïtien sans en comprendre un mot, tapé dans mes mains, battu des pieds. Comme personne ne se levait pour danser, je ne l’ai pas fait non plus alors que sur scène, Jowee Omicil, lui, jouait et chantait en dansant.

Bref je souhaite revoir Jowee Omicil et ses hommes sur scène en plein air avec de la place pour écouter et pour danser. Comme dans le concert filmé lors de l'édition 2025 du festival Jazz à Porquerolles. Cf vidéo sous cet article.

Prochaine édition de Jazz sur le Vif à la Maison de la Radio à Paris en France le samedi 28 février 2026 à 19h avec deux groupes déjà célébrés sur ce blog: le duo Affinities composé d'Olivier Ker Ourio & Manuel Rocheman suivi du trio de Sullivan Fortner. Concerts diffusés par France Musique dans l'émission Jazz Club.

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