Continuo Jazz fête ses 10 ans salle Cortot à Paris
Fête des 10 ans du label
Paris, Ile de France, France
Mercredi 4 février 2026, 19h30
Le premier concert de jazz, salle Cortot, à Paris, en France, c’était en 1934 pour le 5tet du Hot Club de France avec Django Reinhardt & Stéphane Grapelli. Concert historique donc. Il y en eut d'autres depuis dont l'existence m'a échappé, je l'avoue. Cette salle pensée par Alfred Cortot, pianiste et pédagogue, créateur de l’Ecole normale de musique, et réalisée par Auguste Perret architecte, est en béton armé paré de bronze et de bois d’okoumé. Elle dispose d’une acoustique exceptionnelle. L’architecture est inspirée par la forme de la caisse de résonance d’un violon. 400 places toutes proches de la scène même au balcon.
Le label Continuo produit des albums de classique et de Jazz. L’Ecole normale de musique, qui comprend la salle Cortot, dispose désormais d’un enseignement de Jazz.
D’où le concert de ce soir salle Cortot pour fêter les 10 ans du Jazz chez Continuo. Les Jazzmen sont des impies. Ils ont osé mettre des micros et des amplis sur cette scène y compris pour le piano à queue, un vrai crocodile d’une fameuse marque allemande de New York. On a brûlé vif pour moins que cela.
13 groupes se sont présentés sur scène de 19h30 à 22h40. Sans pause. Trop long mais le meilleur était à la fin. Je suis donc resté jusqu’au bout.
1. Kevin Reveyrand (guitare basse électrique), Isabelle Sajot (violoncelle), Minino Garay : (percussions). « Second mouvement du concerto en sol » (Maurice Ravel) , « As she said » (Kevin Reveyrand), « Downtown » (Kevin Reveyrand). C’est quand que tu vas mettre des paillettes dans ma vie, Kevin ? Pas ce soir en tout cas. Avec l’ajout de Minino Garay au 3e morceau, ça percutait plus tout de même. Cf photographie au dessus de cet article.
2. Pierre Blanchard (violon), Eric Séva (saxophone baryton), Patricio Lisboa (contrebasse). « Si tu vois ma mère » (Sidney Bechet). Le violon est branché alors qu’il n’en a nul besoin ouï l’acoustique de la salle. Là, ça sonne Jazz. Ca roule. Ca balance. Solo de violon marqué au pas par la contrebasse. Délicieux. Le son du baryton ajoute encore plus de velours.
3. Christophe Cravero (piano). « Song for Emi » & « Kalos » de Christophe Cravero. Le piano sonne très bien et n’a pas besoin de micro.
4. Francis Lockwood (piano), Henri Dorina (guitare basse électrique), Minino Garay (percussions) . « Little wing » (Jimi Hendrix). + Johan Renard (violon alto). « The Kid » (Didier Lockwood). Retour au Jazz avec le Bluesman de l’espace comme le définissait John Lee Hooker ; Jimi Hendrix. Le violon remplace la guitare. Ca sonne plutôt bien. Enfin, je balance des épaules. Ca groove tranquille. Francis Lockwood joue ensuite un thème de feu son frère Didier Lockwood. Un morceau sautillant, joyeux, dansant comme un enfant. Là aussi, je balance des épaules.
5. Olivier Ker Ourio (harmonica) & Manuel Rocheman (piano). Le duo Affinities maintes fois célébré sur ce blog. « Just love » (Manuel Rocheman) & « Aung San Suu Kyi » (Wayne Shorter). Enchantement renouvelé à chaque écoute. Ce soir encore. Rien à ajouter.
6. Khalil Chahine (guitare), Olivier Ker Ourio (harmonica), Eric Séva (saxophone soprano) ; Kevin Reveyrand (guitare basse électrique). « L’éveil » & «La 11e danse » (Khalil Chahine).
7. Eric Séva (saxophone baryton) & Daniel Zimmermann (trombone). Ca grogne & barrit. Beau dialogue. Ca claque & caresse. J’ignore ce qu’ils jouent mais c’est bon.
8. Pierre Blanchard (violon) & Leonardo Montana (piano). Intro en piano solo. Suivi d’un duo sur un standard du Jazz. Violoniste très inspiré par Stéphane Grapelli. My Ideal chanté par Chet Baker. Solo de piano grave & enflammé.
9. Xavier Richardeau (saxophone baryton), Leonardo Montana (piano) & Stéphane Belmondo (bugle). « Trinkle tinkle » (Thelonious Monk). + Henri Dorina (guitare basse électrique) & Minino Garay (percussions). « Lili » (Véronique Hermann Sambin). Ca commence par un standard. Duke Ellington je présume tant c’est sensuel et élégant. Duo piano baryton. Le bugle ajoute son souffle derrière. Le programme mentionne Monk mais cela n’y ressemble pas du tout. Monk a enregistré l’album « Plays Ellington » où il joue Ellington à la Monk. Joueraient-ils du Monk façon Ellington ? Enchaînement direct des deux souffleurs dans du West Coast Jazz. Un petit bleu de la côte ouest comme l’écrivait Jean-Patrick Manchette. Les ombres de Gerry Mulligan & de Chet Baker planent dans la salle. Chant, contrechant. Retour du piano . Un autre air classique du Jazz cool. Solo de piano plus incandescent. Je bats la mesure du pied droit. Ca swingue, saperlipopette !
10. Line Kruse (violon) & Hervé Samb (guitare) + Kevin Reveyrand (guitare basse électrique) & Minino Garay (percussions). Une Danoise au violon. Un Sénégalais à la guitare. Joli dialogue chaud froid entre Afrique et Europe. Pour le 2e morceau, basse et percussions s’ajoutent. Morceau composé par la violoniste pour un grand orchestre (big band in english) et joué ce soir en quartette. Ca swingue bien. Je bats la mesure des pieds. Cf extrait audio au dessus de cet article.
11. Pierrick Pédron (saxophone alto) & Manuel Rocheman (piano). « Waltz for a King ». Hommage au saxophoniste anglais Peter King. Laisse aller, c’est une valse. Pierrick Pédron joue sans micro. Un homme de goût, ce Breton. Manuel Rocheman nous régale. Suivi d’un standard du Jazz, une ballade. Classique, épurée. « The song is You ». Superbe solo de piano qui relance le saxo. Magistral.
12. Joel Hierrezuelo (guitare & chant), Carlos Miguel Hernandes (chant). Même sans percussions, ça sonne afro cubain. La première chanson parle de politique et de danse. Cuba libre ! Hommage à la tradition de la plaine orientale, au son de Santiago de Cuba. Le chanteur danse aussi. Muy caliente !
13. Baptiste Herbin (saxophone alto), Minino Garay (percussions), Leonardo Montana (piano) & Patricio Lisboa (contrebasse). Album « Los Arregladores ». En concert à Paris, au Sunside, jeudi 5, vendredi 6 & samedi 7 février 2026 à 21h30. Pato Lisboa remplace Felipe Cabreras à la contrebasse. Aucun problème d’intégration dans le quartette. Solo méditatif du sax alto pour commencer. Minino Garay ajoute de la percussion. Ca chauffe et malaxe bien. Le sax alto brille de mille feux. Minino joue et chante en même temps. A nous de ponctuer à intervalles réguliers. Du Monk version Latin Jazz pour finir. Cf vidéo sous cet article.
13 groupes. Musique sans pause de 19h30 à 22h40. C’était trop, franchement. En 2036, pour les 20 ans du label Continuo Jazz, il faudra faire plus dense avec un morceau par groupe et une jam session (un bœuf en français) collective pour finir. A mon avis.
La photographie d'Isabelle Sajot, Kevin Reveyrand & Minino Garay est l'oeuvre du Directeur Jacques PAUPER. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.
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