Lucas Dorado & Minino Garay invitent au Jass Club
Lucas Dorado
&
Minino Garay
Paris, Ile de France, France
Jeudi 9 avril 2026, 19h30
Lucas Dorado: vibraphone 🇦🇷 🇨ðŸ‡
Minino Garay: batterie, percussions, voix 🇦🇷
Laurent Salzard: guitare basse électrique 🇫🇷
Invités
Wesley Rubim : trombone 🇧🇷
Pablo Vergara : piano 🇨🇱
Manu Guerrero: piano 🇵🇪 🇫🇷
Christelle Iskander : violon 🇫🇷
Avant le concert, Minino Garay me demande deux feuilles de mon carnet de notes pour écrire la liste des morceaux joués dans l'ordre. Ce n'est pas un concert de classique avec un programme imprimé et distribué aux spectateurs. C'est du jazz, saperlipopette!
Bonsoir dit Minino Garay. Roulement de tambours aux maillets et le vibraphone se lance seul en douceur. La basse ajoute sa pulsation. Les percussions entrent dans la danse. Je reconnais un morceau tiré de l'album " El Sueno " de Lucas Dorado célébré sur ce blog. Délicieux massage cérébral. " Sonrisas del Aire ". Cf extrait audio au dessus de cet article.
" Tête brûlée ". Hommage au Cameroun. Malgré le match Argentine-Cameroun (0-1) au Mondial 1990 qui a traumatisé Minino Garay. Certainement moins que la défaite en finale de ce même Mondial de football 1990 de l'Argentine contre l'Allemagne. Aux tirs au but. Ca groove dur. Ca balance à l'africaine. Je bats la mesure du pied droit et hoche la tête en rythme ou à peu près. Solo bondissant du bassiste soutenu par les percussions et ponctué par le vibraphone.
" Smile " (Charles Chaplin). Un pianiste chilien monte sur scène, Pablo Vergara. Le pianiste joue la mélodie. Percussions & vibraphone ajoutent une couleur argentine. Le bassiste tient la baraque en bon père de famille comme disait le Code civil des Français en 1804. A ma gauche, une table où une petite fille mange sagement en compagnie de son père et de ses deux amis. Avec un casque sur les oreilles pour éviter les excès de décibels. Smile prend un sacré coup de jeune et nous garde le sourire.
Le vibraphoniste sort de scène. Entre une violoniste. Christelle Iskander. Intro au violon solo. Vibrante. " Besame Mucho ". " Le Jazz, c'est l'art de transformer le saucisson en caviar " disait Barney Wilen dont cette chanson mexicaine fut le cheval de bataille. Le piano arrive en douceur. Martèlement léger du batteur aux baguettes sur les bords de caisses. Le pianiste envoie à son tour bien soutenu par le batteur. Pas de basse électrique sur ce morceau. Ca ne collerait pas. Violoniste classique. Cela s'entend à la propreté et à la netteté du son. Somptueux duo piano-violon pour envoyer le final.
Retour de la basse & du vibraphone. La violoniste reste. Je reconnais un air de tango de Minino Garay, son " Speaking Tango " maintes fois célébré sur ce blog depuis 2022. Le violon ajoute de l'acidité. Ca balance dur. Fouette cocher! " Desencuentro ".
2 invités montent sur scène. Un pianiste franco-péruvien. Manu Guerrero. Un tromboniste brésilien. Wesley Rubim. Qui s'ajoutent à un vibraphoniste suisse & argentin, un bassiste français, un batteur percussionniste argentin. Bref, ce groupe est un cauchemar pour xénophobes. Plaignons les xénophobes. Ils manquent tant de réjouissances. " Lunecer " (Lucas Dorado). Solo de vibraphone en intro. La basse marque le pas. Dès le premier concert de 19h30, les musiciens sont chauds. Bravo! Le trombone ajoute de la chaleur. Je bats la mesure. Ca balance bien. Vibraphone joué à deux mains et quatre maillets. Chaud & cristallin. Délicieux, quoi! Au tromboniste d'envoyer son solo soutenu par le groupe. Ca pulse joyeusement et funkissimo.
" Footprints " (Wayne Shorter). Morceau arrangé par Minino Garay & Ira Coleman dans le groupe de Dee Dee Bridgewater. Démarrage en solo de percussions. Le vibraphone semble répondre mais je ne l'entends pas. Ah ça y est! Ils jouent le thème magnifique de Wayne Shorter. " Wayne Shorter est le plus grand compositeur du Jazz depuis la mort de Duke Ellington " (Stan Getz). La partie de saxophone est jouée au trombone. Le thème prend un son Latin Jazz tout en gardant sa splendeur. Le pianiste joue en se levant emporté par son élan.
Une chanson sud américaine connue en France sous le titre " Lambada ", copiée d'une chanson bolivienne " Llorando se fue ". Tube de l'été 1989 en France pour une boisson à l'orange créée à Oran d'où son nom. En 1991, condamnation pour plagiat en France et 6 000 000 FF de droits d'auteur à verser aux vrais auteurs de cette musique. Quartet piano basse batterie vibraphone. Solo de batterie pour commencer. Minino Garay fait chanter les tambours et cingler les cymbales. Echange percutant entre piano, vibraphone & batterie. Le piano lance un autre thème que le groupe reprend. Toujours dansant.
Un air festif pour finir. Avec piano & trombone. Solo de trombone. Il barrit comme un jeune élephant à l'insatiable curiosité.