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Virginie Daïdé 4tet en ballade au 38 Riv

Publié le par Guillaume Lagrée

Virginie Daïdé 4tet

Paris, Ile de France, France

Le 38 Riv

Vendredi 25 juillet 2025 19h30

Album « While we are strollin » de Virginie Daïdé

 

Virginie Daïdé : saxophone ténor, composition, direction

Paul Anquez : piano

Fabien Marcoz : contrebasse

Tony Rabeson : batterie

Démarrage groupé. Batteur aux baguettes. Gros son de ténor, bien charnu. Solo puissant de contrebasse ponctué par piano & batterie. Le pianiste enchaîne. Ca swingue bien. Je bats la mesure du pied droit. Le sax repart. E caldo subito. Premier solo de batterie aux baguettes. Tony Rabeson fait chanter ses tambours. Envoi final. « Let’s go to the gig» . Cf extrait audio au dessus de cet article.

« The milkman on the steps ». Toujours énergique. Virginie Daïdé vient du Hard Bop c’est clair. Elle ne la joue pas Cool Jazz. Ca ralentit dans le tempo et monte en intensité. Duo piano & contrebasse. Saxophone & batterie enchaînent. Très bonne vibration commune. Un photographe est derrière moi pour ne rien manquer.

Solo de batterie en intro. Batteur aux baguettes. Les tambours chantent clair et sec. Puissant avec les pieds, léger avec les mains. Baguette main droite. Main gauche sur le tambour. Le piano s’ajoute. Je crois bien qu’ils arrivent à un standard du Be Bop. La contrebasse ajoute sa pulsation. Ah non, ce n’est pas le thème que j’attendais. Plus doux, plus charmant. Le solo de contrebasse vibre dans mon ventre, ponctué par le batteur. Le 4tet repart dans une vague chaude et puissante. Public concentré. Les soli ne sont pas applaudis. Fin toute en douceur avec des frottements sur les tambours et un dernier coup de cymbale.

« Ginger Blues ». Solo de contrebasse en intro. Le batteur marque la marche. Le 4tet enchaîne. Est-ce un hommage au gingembre ou à la danseuse Ginger Rogers, partenaire de Fred Astaire ? En tout cas, ça danse. Le pianiste fait fumer le piano.

Pause du pianiste. Trio sans piano. Batteur aux balais. Une ballade suave et mélancolique. Ca balance bien. Dialogue basse & batterie tout en finesse, en souplesse . Ca grogne bien dans le ventre, masse les tympans. Tony Rabeson aux balais fait monter les blancs en neige. Le sax revient et la musique avance à pas nonchalants.

Le pianiste revient sur scène. La contrebasse lance, le piano répond puis la batterie & le saxophone. Le fluide sympathique circule bien entre les 4 musiciens et vers nous, public chéri. Beau thème. Batteur aux baguettes. Ca mitraille derrière alors que le sax s’anime. C’était « Last minute » écrit juste avant l’entrée en studio. Cf vidéo sous cet article.

« Rue du poulet » nom d’une rue dans son voisinage. Malaxage contrebasse & batterie ponctué par le piano. Le sax chante la chanson du poulet. Le piano mène la danse.

Passage au saxophone soprano. Intro en douceur du saxo. La rythmique enchaîne vite et bien. Batteur aux baguettes. Ca envoie. Le pianiste swingue dur aux commandes de la rythmique. Retour au sax ténor.

Intro au sax ténor. Langoureuse à souhait. Gros son avec du souffle. Une ballade. Batteur aux balais. Virginie Daïdé joue très bien les ballades. Avec du sentiment mais sans mièvrerie. Pas d’abus de sucre. Le pianiste nous régale aussi. Ca repart avec un saxophone plus flamboyant que jamais.

« One More ». Batteur aux balais. Un petit air sautillant, joyeux. Tony chauffe la sauce avec le bassiste et le pianiste enchaîne swinguant à souhait. Solo de contrebasse bien pétri ponctué par piano & batterie.

Voilà, c’est fini.

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" Les musiciens et le pouvoir en France. De Lully à Boulez " Maryvonne de Saint Pulgent

Publié le par Guillaume Lagrée

" Les musiciens et le pouvoir en France

De Lully à Boulez "

Maryvonne de Saint Pulgent

Gallimard, Paris, 2025. 535 p.

 

Lectrices érudites, lecteurs savants, je vous recommande  vivement la lecture de la Somme historique de la Citoyenne Maryvonne de Saint Pulgent, " Les musiciens et le pouvoir en France. De Lully à Boulez ". 

L'auteure connaît la Musique. Premier prix de piano au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, professeur associé de musicologie à l'université Paris IV.

L'auteure connaît le Pouvoir en France. Diplômée de Sciences Po Paris et de l'ENA, Conseillère d'Etat, directrice du Patrimoine au ministère de la Culture, directrice de la Caisse nationale des monuments historiques et des sites (aujourd'hui Centre des monuments nationaux), directrice du concours d'entrée à l'ENA (aujourd'hui INSP) pour 2013. J'oublie bien d'autres fonctions, titres & honneurs de l'auteur. Née Maryvonne Le Gallo, elle est l'épouse de Noël de Saint Pulgent, diplômé de l'Ecole Polytechnique et de l'Ecole nationale des ponts et chaussées (X-Ponts), ancien président de l'Association d'entraide de la noblesse française.

C'est dire si la Citoyenne Maryvonne de Saint Pulgent est la personne la mieux placée pour écrire un livre d'histoire sur " Les musiciens et le pouvoir en France. De Lully à Boulez ".

Un regret pour l'amateur de Jazz. La France est le seul pays au monde à posséder un Orchestre national de Jazz payé par les contribuables pour faire rayonner la France par le Jazz. Orchestre aujourd'hui dirigé par une femme, la Citoyenne Sylvaine Hélary déjà saluée sur ce blog. Orchestre créé au début de l'année 1986 alors que la République française avait pour Président François Mitterrand, pour Premier ministre Laurent Fabius & pour ministre de la Culture Jack Lang. L'Orchestre National de Jazz ne cesse de créer depuis 1986 malgré les changements de directeurs d'orchestre, de gouvernements et de majorités parlementaires. Il est regrettable que les conditions politiques de la création et du maintien de cet orchestre unique au monde ne soient pas étudiées dans cet ouvrage.

Autre regret factuel. Des erreurs de dates fâcheuses dans un ouvrage aussi sérieux. Cela pose question quant à la relecture de l'ouvrage avant publication. Deux exemples parmi d'autres. 

Page 138, les 100 ans de la Révolution française en 1889 sont placés sous la Ve République alors que c'était sous la IIIe. Confusion avec le Bicentenaire en 1989 sous la Ve République.

Page 261, le texte de présentation de l'image n°57 est intitulé " Les tempêtes sonores de M. Edouard Colonne laissant échapper un pianissimo ", caricature publiée dans Le Rire, vers 1830, Bibliothèque historique de la ville de Paris. Edouard Colonne (1838 - 1910) a fondé les concerts Colonne, toujours en activité en 2025, en 1873. La caricature ne peut donc dater de 1830. Selon Wikipedia, elle date de 1890 ce qui est plausible.

Ces deux réserves étant posées, je ne saurais trop vous recommander, lectrices érudites, lecteurs savants, la lecture du livre " Les musiciens et  le pouvoir en France. De Lully à Boulez. " de la Citoyenne Maryvonne de Saint Pulgent.

L'ouvrage comporte 86 illustrations choisies avec goût entre portraits officiels et caricatures de Lulli à Boulez.

La thèse de l'auteure, qu'elle démontre par maints exemples, est qu'il existe en France, du Royaume  à la République en passant par l'Empire,une relation unique entre les musiciens et le pouvoir politique. De par la centralisation et parce que l'Etat modèle la société alors qu'en Angleterre, autre pays centralisé (Londres est la capitale économique, politique, scientifique et culturelle de l'Angleterre comme Paris l'est de la France), c'est la société qui modèle l'Etat. Certes Haendel a écrit des musiques pour les fêtes du Roi d'Angleterre Georges Ier ( " Water Music " en hommage à la Tamise) mais Haendel était Allemand et Water Music est écrit sous influence de la musique française, celle de la cour de Louis XIV.

C'est justement avec Louis XIV que commence cette histoire, par cette relation unique entre Maître, le Roi Soleil et Serviteur, le Florentin Giovanni Battista Lulli naturalisé Français sous le nom de Jean-Baptiste Lully. Cf vidéo sous cet article filmée à Florence dans un palais des Médicis.

Lully était accusé de moeurs florentines (des rivaux jaloux probablement), d'une cupidité inextinguible (par La Fontaine qui resta fidèle à Fouquet malgré la disgrâce royale), de ne pas écrire de musique française (il était Florentin) mais il sut à merveille flatter le Roi en le plaçant au centre de ses créations.

Louis XIV, excellent guitariste et excellent danseur (selon les avis de l'époque), dansait dans le rôle d'Apollon, le Dieu Soleil, au milieu de ses jardins de Versailles, dans un ballet composé par Lully. Rien ne pouvait le flatter plus. Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute Cette leçon vaut bien un fromage sans doute écrit Jean de La Fontaine dans " Le corbeau et le renard " et Lulli vivait très bien aux dépens du Roi donc du Royaume de France. Son fromage était gras. Louis XIV était Florentin par sa grand-mère, Marie de Médicis, mère de Louis XIII mais cela n'explique pas ses faveurs. Une telle symbiose entre musicien et chef d'Etat est unique dans l'histoire de France.

A chaque période de l'histoire de France, ses musiciens attitrés du pouvoir en place. Jean-Philippe Rameau sous Louis XV. Gossec et Grétry sous Louis XVI. La Révolution française trouva son chantre avec Méhul. La musique révolutionnaire a la double face de Janus: " belliqueux lorsqu'il est utile d'exciter les passions populaires, harmonieux lorsqu'il convient de les calmer " (p 147). Napoléon Bonaparte a eu lui aussi besoin de musiciens pour chanter sa gloire: Lesueur & Spontini, un autre Italien. 

Le chapitre 6 intitulé " Le cas Berlioz " montre les difficultés sans nombre auxquelles se confronta Hector Berlioz pour faire reconnaître son génie. Ses idées coutaient très cher et il n'avait pas un Roi de Bavière pour mécène comme Wagner. Sa reconnaissance fut en fait posthume à commencer par son enterrement auquel participa toute l'institution musicale en place. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Vient ensuite au chapitre 7 " la crise allemande de la musique française " avec Offenbach, immigré juif allemand et Saint Saëns, résistant à la tempête Wagner. 

Le chapitre 8 est consacré à un mal typiquement français, qui n'est pas réservé à la musique, " la guerre des écoles " entre Gabriel Fauré (le républicain, Grand Maître du Conservatoire) et Vincent d'Indy (le monarchiste fondateur de la Schola cantorum).

" L'invention d'une politique culturelle des années folles au Front Populaire " est racontée au chapitre 9 avec le Groupe des Six. Ils jouaient à Paris au Boeuf sur le toit, d'où l'expression des jazzmen français, faire le boeuf alors que les jazzmen américains font de la confiture (jam session).

Enfin le chapitre 10 et dernier est consacré à " l'Etat providence musical: Boulez et Landowski " . Là, l'auteur s'amuse à nous décrire l'inextinguible appétit de pouvoir et d'honneurs des deux rivaux, Pierre Boulez & Marcel Landowski. Moins visible, Marcel Landowski laissa la trace la plus durable par ses réformes de l'enseignement de la musique.

La place de Pierre Boulez qui se fit créer un Institut sur mesure, l'IRCAM et une salle de concert sur mesure, la Philharmonie de Paris est contrebalancée par son influence sur la musique de son temps. Qu'en reste t-il en 2025 à part un centenaire à célébrer?

Le compositeur français du XXe siècle le plus joué et le plus reconnu dans le monde n'a jamais quémandé la commande publique. Il n'en avait pas besoin pour être joué et aimé. Il s'agit de Maurice Ravel bien sûr, amateur de Jazz d'ailleurs.

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Jérémie Lucchese 4tet servi chaud au Café Laurent

Publié le par Guillaume Lagrée

Jérémie Lucchese 4tet

Paris, lle de France, France

Le Café Laurent

Samedi 19 juillet 2025, 19h45.

 

Jérémie Lucchese : saxophone ténor, composition, direction

Levi Harvey : piano, composition

Gabriel Sauzay : contrebasse

Paul Lefèvre : batterie

 

Compositions extraites de l'album « Essais pour l’imaginaire ».

 

Pas de microphone. Que ca sonne bien un sax ténor sans micro ! Suave, pas mièvre. Ca swingue tranquille. Batteur aux baguettes. Ca sonne comme un standard mais je ne connais pas ce thème. Le piano scintille sous les doigts de Levi Harvey. Bonne vague. L’avenir du piano jazz est entre de bonnes mains. Retour du sax ténor toujours cool. Bonne vague du 4tet. « Orange hiver » (Jérémie Lucchese).

« Perhaps » (Charlie Parker). Enregistré en 1948 avec Miles Davis, John Lewis, Curly Russell & Max Roach. Quel groupe !

Ca sonne tout de suite Be Bop. Les notes chinoises comme disait Louis Armstrong. L’acidité, la vitesse, la surprise. Bref, les fondamentaux du Jazz moderne. Le sax attaque mais plutôt façon Cool Jazz. Solo du pianiste. Ce jeune loup joue comme un vieux renard. Du métier et de la fraîcheur en même temps. Solo de contrebasse bondissant bien soutenu par les cymbales et ponctué par le piano. Le sax ténor amène le break de batterie. Classique et toujours efficace.

« Drôle de journée » (Jérémie Lucchese). Tempo lent. Batteur aux baguettes. Le sax mugit en douceur. Jolie complainte. D’un coup, ça démarre énergiquement avec un gros son de sax ténor à la Sonny Rollins. Puis ça se calme. C’est le reflux de la vague. Public concentré. Il écoute. Pas d’applaudissement des solos. Solo de piano qui décolle poussé par la contrebasse et la batterie. Le sax ténor rejoint la vibration. Duo piano-saxophone mystérieux à souhait. Le batteur passe aux balais pour un son plus rond sur les tambours.

« Herry’s Bikers » ( ?). Une composition de Levi Harvey dont je ne garantis pas le titre. Intro en piano solo. Le sax ténor le rejoint pour un duo aérien. Le 4tet démarre tranquille. Ces motards ne sont pas pressés. Ils roulent comme ceux que j’ai croisés en juin en Italie sur les routes d’Emilie Romagne et de Toscane. Délicieux.

« Like someone in love ». Un standard pour retrouver nos repères. Batteur aux balais. Thème immédiatement reconnaissable en effet. Beau solo de sax ténor, énergique et sensuel comme il convient. Plus d’énergie, de vibration avec le batteur aux baguettes. Duo piano & contrebasse sur le thème. Raffiné et swinguant. Ca repart avec le batteur aux baguettes. Ca coule de source. Retour aux balais pour le solo de contrebasse. Ca chante. Le batteur joue yeux fermés, concentré.

« Loud » (?). Composition de Jérémie Lucchese dont je ne garantis pas le titre. C’est énergique. Belle descente et montée d’escalier. Beau solo de contrebasse, bien soutenu. Ca balance. La rythmique envoie. Son de sax ténor plus coltranien. Retour au thème en douceur. Avec de la tension pour l’envoi final.

 

PAUSE

Le 4tet repart énergique et poétique. Batteur aux balais. Je balance de la tête et bat du pied droit. Ca marche. Bonne tension de la rythmique. Sax ténor bien chaud. Fin surprise, nette. « Vélioge », composition de Jérémie Lucchese, extraite de son premier album « Essais pour l’imaginaire ». Cf vidéo sous cet article.

« Retour » ( ?). Composition plus récente de Jérémie Lucchese, dont je ne garantis pas le titre. Thème plus doux, plus mélancolique que le précédent. Batteur aux baguettes. Ca ondule bien.  Pianiste chaud bouillant en soliste aux commandes de la rythmique.

Une ballade énergique. Ca balance délicieusement en harmonie avec la pluie qui tombe dehors. Solo de contrebasse ponctué par batterie et piano. Délicieusement funky. Le contrebassiste chante son air. Un nouveau Major Holley ?  Le 4tet repart. Du miel pour les oreilles.

Intro en solo de saxophone. Ils ne présentent plus les morceaux. Ils enchaînent. Méditatif, plaintif.

Mon carnet de notes est fini. La chronique du concert aussi.

 

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Mathias Levy nous embarque en Chant Song au Son de la Terre

Publié le par Guillaume Lagrée

Mathias Levy

Chant Song

Paris, Ile de France, France

Péniche Le Son de la Terre

Vendredi 18 juillet 2025, 20h.

 

Mathias Levy : violon, chant

Jean-Philippe Viret : contrebasse, chant

Laurent Derache : accordéon, chant

Sébastien Giniaux : guitare, violoncelle, chant

Lou Tavano : chant

 

L’album « Chant Song » de Mathias Levy sortira le vendredi 19 septembre 2025 et fera l’objet d’une chronique sur ce blog.

Démarrage dans un souffle conjoint voix-accordéon. Les cordes s’ajoutent. Violon, violoncelle, contrebasse. Il manque juste le violon alto. Lou Tavano chante des sons, pas des mots. La voix s’élève avec les cordes. Ca accélère doucement. Un peu de percussions sur la contrebasse. Ce quintette joue sans tambour ni trompette. C’était « L’aurore ».

« Chant Song » (Jacques Prévert). Les héritiers de Prévert leur ont permis de le chanter ce qui n’est pas le cas du Belge Nicolas Kummert . Intro en guitare solo. Acoustique bien sûr. Guitare manouche à laquelle vient s’ajouter un violon klezmer. Jazz européen dans toute sa splendeur. Ils arrivent au thème et Lou Tavano chante « Chant Song » mêlant français et anglais au gré de la fantaisie du poète. Chanson douce, printanière. Le groupe enchaîne et chante en chœur derrière la chanteuse. Le charme opère. La chanteuse se repose. A l’accordéon de jouer la voix principale. Retour à la mélopée pour un chant sans parole en fusion avec la musique. Ca parle de maison, de jardin, d’oiseau bleu, d’enfant & d’amour. Bref, c’est du Prévert.

Retour au violoncelle pour « La valse des monstres ». Une composition de Mathias Levy dédiée à ses enfants mais il n’a pas écrit le texte. Valse avec accordéon. Au son, cela me fait penser à André Minvielle. Aux allitérations, cela envoie joyeusement. Jean-Philippe Viret à l’archet sur sa contrebasse. Percussions sur le violoncelle en résonance avec la contrebasse.

« Iles ». Morceau le plus folk du répertoire. Une musique sur un poème de Blaise Cendrars. Mathias Levy a d’abord écrit la mélodie puis trouvé le texte qui colle avec. Guitare, accordéon. Poème simple qui invite au rêve, au voyage. Bref du Cendrars, Suisse qui perdit le bras droit pour la France en combattant dans la Légion Etrangère. Avec la main restante, il écrivit poèmes et romans : la prose du Transsibérien et de Jehanne de France, l’Or... J’imagine bien mon oncle Guy Lagrée chanter cette chanson dans son groupe de chants de marins, « Babord Amures ». Chanté sur la Seine, en face de l’île de la Cité à Paris, ça colle. Matias Lévy sonne comme un violon irlandais.

« Laisse aller », texte de Lou Tavano qui ne veut pas expliquer son œuvre. L’artiste garde son mystère. Intro en guitare solo. Une chanson d’amour. Pas le même thème que « Tu te laisses aller » de Charles Aznavour. Solo de contrebasse en pizzicato soutenu par la guitare. Ca bondit bien.

PAUSE

La sono diffuse « Aguas de março » (Antonio Carlos Jobim). Le violoncelliste enchaîne sur la mélodie, par jeu.

Duo contrebasse & voix en anglais pour commencer. Le groupe enchaîne avec accordéon et violoncelle. Une sorte de valse. Lou chante des notes, pas de mots. « La nuit » d’après James Joyce. Mélodie noctune et festive.

Chanson joyeuse en français. Un air folk. Guitare manouche. Jolie cavalcade.

Intro en violon solo. Grave et passionné. Jean-Philippe Viret fait vibrer la contrebasse à l’archet. Lou Tavano chante une chanson triste en français. Solo de contrebasse en pizzicato. Bien grave. L’accordéon enchaîne, mélancolique à souhait. Tous se mettent à chanter la mélopée.

« L’espoir », une chanson enflammée en français. Texte de Blaise Cendrars et non pas d’André Malraux. Belle envolée finale avec des hop, hop d’encouragement. Violoncelle, accordéon. Texte sur le départ, le voyage, typique de Cendrars. Le 3e tome de ses Mémoires est intitulé « Bourlinguer ». Cf vidéo sous cet article.

RAPPEL

« Tous les cris, les SOS » chanson de Daniel Balavoine en version acoustique, avec les sonorités africaines qu’il aimait tant. Superbe.

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Le souffle Portal. Franck Médioni

Publié le par Guillaume Lagrée

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

Le souffle Portal

Du classique au jazz: de Mozart à Monk

Entretiens de Michel Portal avec Franck Médioni

Un livre publié par Frémeaux et associés, 2025, 140p.

Lectrices aventurières, lecteurs explorateurs, vos chemins détournés musiciaux ont forcément croisé la route de Michel Portal (1935), clarinettiste, saxophoniste, bandonéoniste, compositeur, interprète, Français  né au Pays Basque de parents espagnols, que ce soit en classique, jazz, musique contemporaine ou chanson française.

Le concerto pour clarinette de Mozart, chef d'oeuvre immarcescible, il l'a joué et enregistré. Les solos de saxophone derrière Barbara ( " Pierre ") ou Serge Gainsbourg ( " Les petits machins ") ou Claude Nougaro ("Armstrong ". Arrangement de Michel Portal), c'est lui. Le Free Jazz en France, c'est lui aussi. Des compositeurs contemporains ont travaillé pour lui mais pas tous. Yannis Xenakis estimait qu'il avait trop goûté à la liberté pour pouvoir servir sa musique. Le musette revisité avec un autre musicien du Sud Ouest issu des bals populaires, Bernard Lubat, c'est encore lui. Cf vidéo sous cet article.

Bref, comme un de ses partenaires favoris, Martial Solal, Michel Portal est l'alliance vivante d'une rigueur extrême (les prix de conservatoire et de concours internationaux, il les a tous) et d'une liberté totale.

La liberté dérange car les gens n'y sont pas habitués. Même en art, lieu de la liberté selon André Suares, homme libre par excellence et qui en paya le prix.

En classique et musique contemporaine, musiques qui se prennent au sérieux, des puristes reprochent à Michel Portal de sortir du cadre en jouant autre chose. Pourtant quand il joue une partition de classique ou de contemporain, il la joue scrupuleusement.

En jazz, certains lui reprochent de swinguer comme une biscotte. Il est vrai que Michel Portal n'a jamais swingué comme l'orchestre de Count Basie derrière Tony Bennett. Il ne sait pas le faire. Michel Leeb n'a jamais accroché sur Michel Portal. Son swing est autre. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Il n'y a que dans la chanson française, où sa place est méconnue, que personne ne lui reproche rien. Jouer toujours les mêmes arrangements simples sur les mêmes chansons dans les mêmes concerts l'ennuie vite mais Barbara et ses appels téléphoniques vers 2h -2h30 du matin ( " Bonsoir, c'est la standardiste " commençait-elle) lui manquent toujours plus de 25 ans après sa disparition.

" Il n'est qu'une vertu dans l'homme et dans l'art: l'intensité. Etre intense, tout est là ". André Suarès. Cette pensée correspond parfaitement à l'homme et à l'artiste Michel Portal. Il vomit les tièdes et les fait fuir par son intensité quels que soient la musique et l'instrument qu'il joue.

La musique a sauvé la vie de Michel Portal. Il s'ennuyait à mourir à l'école. Il s'ennuyait à mourir l'hiver au Pays Basque quand l'été était passé avec les vacances, les fêtes et les concerts à l'improviste. Par contre, passer des heures à faire des gammes jusqu'à décrocher l'entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et le prix de clarinette à la sortie (1959), cela ne l'ennuyait pas du tout.

La musique le passionne tellement qu'il il ne parle ni d'amour ni d'amitié ni de voyage dans ce livre d'entretien biographique. Les clefs des partitions sont celles de la vie de Michel Portal.

Cette obsession a donné naissance à une oeuvre immense que je méconnais je l'avoue mais dont les portes nous sont ouvertes grâce à ce livre.

Frémeaux avait publié, peu avant sa mort, une autobiographie de Martial Solal saluée sur ce blog, " Mon siècle de Jazz ". Franck Médioni avait réalisé un livre d'entretiens avec Martial Solal , " Ma vie sur un tabouret ". Sa maïeutique est fantastique. L'auteur s'efface devant son sujet. Michel Portal nous parle. Nous ne connaissons pas les questions mais nous avons les réponses avec ce souffle total qui le caractérise, le Souffle Portal.

 

La photographie de Michel Portal est l'oeuvre de l'Unique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Marc Copland trio de retour au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Copland par Juan Carlos HERNANDEZ

Marc Copland par Juan Carlos HERNANDEZ

Stéphane Kerecki par Juan Carlos HERNANDEZ

Stéphane Kerecki par Juan Carlos HERNANDEZ

Marc Copland Trio

Festival Pianissimo

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Vendredi 4 juillet 2025, 21h30

 

Marc Copland : piano

Stéphane Kerecki : contrebasse

Fabrice Moreau : batterie

Chronique brève car les notes sont illisibles y compris pour leur auteur.

Pas de set list nous annonce Marc Copland. Les glaçons au bar font percussion pendant que piano & contrebasse distillent les notes. Les glaçons se taisent. Fabrice Moreau s’ajoute aux balais. Un standard. « Afro Blue » (Mongo Santamaria) joué notamment par John Coltrane avec Mac Coy Tyner au piano. Version au ralenti, en douceur. Break du batteur aux baguettes en souplesse. Excellente vibration commune du trio. Mécanique ondulatoire comme disent les physiciens. Retour des glaçons pour la touche finale.

Démarrage en piano solo. Un autre standard du Jazz moderner « All Blues » (Miles Davis). Il est fort possible que Miles Davis se soit approprié une composition de son pianiste Bill Evans. Il était coutumier du fait. Pas de cuivres mais il y a bien la longue vague lente et puissante de cette mélodie.

Une chanson anglaise du XVIe siècle, écrite par le Roi Henri VIII lui-même, selon la légende. « Greensleeves ». John Coltrane l’a joué aussi. C’est une ballade amoureuse et nostalgique. Batteur aux balais. Absolument délicieux. Le trio décolle en douceur. Instant suspendu de silence avant les applaudissements.

Une composition de Stéphane Kérecki pour son collègue contrebassiste Gary Peacock, « Gary ». Batteur aux balais. Ca s’anime doucement. Solo de contrebasse soutenu par le batteur et ponctué par le piano. Breaks du batteur aux balais tout en finesse, tout en couleur. Cf vidéo sous cet article pour le trio Gary Peacock, Marc Copland & Joey Baron.

Pour finir cette première partie, un standard du Jazz issu des films Disney, « Someday my prince will come » (« Un jour mon prince viendra » en version française). La chanson de Blanche Neige (1937). Le dernier morceau enregistré par Miles Davis & John Coltrane (1961). Version tout en douceur, tout en finesse. Comme il convient. Batteur aux balais.

PAUSE

Les Français sont les premiers sur scène. Le leader américain les rejoint. Une ballade qui m’endort. Je crois connaître mais non. Le break de Fabrice Moreau me réveille. Une composition de feu John Abercrombie, ami de Marc Copland.

Une composition dont je n’ai pas compris le titre. Belle vague du trio. Batteur aux baguettes.

Musique exquise mais je m’endors. Pour moi, le concert est donc fini.

 

Le festival Pianissimo, voué au piano jazz, se poursuit à Paris, au Sunside, jusqu’en septembre 2025.

Les photographies de Marc Copland, Stéphane Kerecki & Fabrice Moreau sont l'oeuvre du Merveilleux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de ces oeuvres sans autorisation de leur auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Fabrice LMoreau par Juan Carlos HERNANDEZ

Fabrice LMoreau par Juan Carlos HERNANDEZ

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