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Robin Mansanti & Alain Jean-Marie enchantent le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Robin Mansanti

&

Le Be Bop Trio

d’Alain Jean-Marie

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Mardi 23 décembre 2025, 21h30

 

Robin Mansanti : chant, trompette

Alain Jean-Marie : piano

Gilles Naturel : contrebasse

Philippe Soirat : batterie

 

Soirée dédiée à Chet Baker et à la révision des standards du Jazz.

Ca commence par « East of the Sun and West of the Moon ».  Il le chante, ils le jouent. Alain Jean-Marie souverain, comme d’habitude, avec ses deux complices. Trompette maintenant. Avec un son feutré sans sourdine. Premier solo de contrebasse en pizzicato léger, véloce, profond. Ma jambe gauche bouge toute seule. Conclusion en chantant délicieusement.

« My Ideal ». Ballade. Batteur aux balais. Robin Mansanti est le Chet Baker des années 50 réincarné. L’ange avant la chute. Souhaitons-lui de ne pas chuter comme Chet. Ca balance tranquille. Notes distillées une à une à la trompette. Solo de contrebasse aux notes bondissantes. Tout roule jusqu’au final.

Un thème instrumental que jouait Chet Baker. Un air léger, vif. Batteur aux baguettes. Je reconnais la mélodie, la chante mais le titre m’échappe. Ca attaque bien sans forcer. Le pianiste prend la main. Solide, rythmé. Maestro Alain Jean-Marie. Contrebasse au centre en dialogue avec le batteur aux fins coups de baguettes sur les cymbales ou le pianiste qui ponctue le thème. Tout confort. Dieux, que c’est bon !

Intro en piano solo. Les notes s’envolent, une à une. « I fall in love too easily ».  Cette chanson est vraiment facile à chanter. Après, c’est une question d’intensité dans l’interprétation. D’ailleurs nous sommes plusieurs à la chanter, au bar, au fond de la salle. 5-6 lignes de texte à retenir. Trompette. Batteur aux baguettes. Ca ronronne et ça tient chaud. Parfait pour un soir d’hiver à Paris. Alain Jean-Marie tient la place du chauffeur. La limousine roule tranquille. Mardi 23 décembre, jour de vacances scolaires à Paris, avant-veille de Noël et la salle est pleine à craquer. Cela est rassurant. La Beauté attire encore.

La rythmique commence un air rapide. Batteur aux baguettes. « There will never be another You ». Cette chanson aussi est facile à mémoriser. Le pianiste slalome sur le thème avec des trajectoires parfaites. La trompette enchaîne. Rapidement mais pas joyeusement sinon ce ne serait pas dans l’esprit. Premiers breaks du batteur aux baguettes.  En finesse, sans démonstration.

Une ballade instrumentale. Je connais le thème et le titre m’échappe. Classique. Morceau joué par Chet Baker bien sûr. Batteur aux balais. Massage des tympans et du cerveau. Ca roule toujours, avance lentement mais sûrement. Solo de contrebasse où les notes vibrent, bondissent. Archet pour le final. Somptueux.

Un autre air que jouait Chet. A nouveau le thème m’est connu mais pas le titre. Très West Coast, très Cool Jazz. Public varié, hommes, femmes, jeunes, anciens, Français, touristes étrangers. Je chantonne l’air. « Funk in a deep freeze » (Hank Mobley). Thème que Chet Baker jouait tout le temps en effet.

« If You could see me now ». Chant. Batteur aux balais. Une ballade à faire tomber les jeunes gens innocents. Alain Jean-Marie prend la main, fidèlement secondé par ses complices. Quel délicieux massage cérébral ! Solo de contrebasse qui vibre dans ma tête et mon ventre »

« Old Devil Moon » pour conclure. En version chantée comme Chet Baker. Version d’anthologie par le trio de Sonny Rollins dans le premier « Live at the Village Vanguard » de l’histoire du disque (Blue Note, 1957). Batteur aux baguettes. Ca bondit avec un feeling Latin Jazz. Solo de piano exquis et énergique bien soutenu par la contrebasse & la batterie. Ma jambe gauche bat de nouveau. Breaks de batterie en dialogue avec le piano. Ca roule toujours.

RAPPEL

« My foolish heart » puis « Just friends », chantés. Pendant que j’écris, un homme dessine les musiciens avec talent. Mon voisin de devant, un Ancien, trouve que Robin Mansanti chante mieux que Chet Baker et il connaît Chet Baker par cœur selon ses termes. La remarque n’est pas infondée. Chet Baker était un trompettiste qui chantait. Robin Mansanti est un chanteur qui joue de la trompette. C’est leur différence.

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Pier Paolo Pozzi 4tet joue Jacques Brel au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Pier Paolo Pozzi 4tet

Hommage à Jacques Brel

Paris, Ile de France, France

Le Sunside

Samedi 20 décembre 2025, 21h30

 

Album « Je volais, je le jure.  Tribute to Jacques Brel » du Pier Paolo Pozzi 4tet.

 

Pier Paolo Pozzi : batterie

Marc Bollengier: contrebasse

Rémi Decormeille : piano

Sébastien Jarrousse : saxophones ténor & soprano

 

Pier Paolo Pozzi a vécu en France de 1993 à 2008. Il y a joué, créé, s’est marié, est devenu père. Pour rendre hommage à la France qui l’avait bien accueilli, cet Italien a choisi un Belge qui, lui aussi, fit carrière en France, Jacques Brel.

L’album « Je volais, je le jure.  Tribute to Jacques Brel » du Pier Paolo Pozzi 4tet date de 2010. En 2025, il le joue toujours avec plaisir. Seul le contrebassiste ce soir ne joue pas sur l’album.

Mes notes prises dans l’obscurité du Sunside sont illisibles. Cette chronique sera donc brève. Tels sont les inconvénients du direct, letrices vénérées, lecteurs vénérables.

Certains thèmes sont faciles à reconnaître comme « Ne me quitte pas » où le saxophone soprano joue le rôle de la voix. Solo délicieux du pianiste qui respire. Solo de contrebasse très chantant. Ca joue passionné et enflammé comme il se doit. De même pour " Vesoul ". Cf extrait audio au dessus de cet article.

« Le prochain amour ». Saxophone ténor. Démarrage hard bop. Batteur aux baguettes. Le sax sonne la charge. Ca dépote. Ma jambe gauche bouge toute seule. Ca repart à 4 groupé, tonique.

« Les Biches » (Sébastien Jarrousse). Un titre digne de Brel. Sax soprano. Une jolie ritournelle. Beau  climat de la rythmique. Ca court en souplesse comme une biche.

« Viendras-tu ? » (Rémi Decormeille). Un titre qui, lui, me fait penser à Barbara (« Quand reviendras-tu ? »). Intro en piano solo. Sax soprano. Batteur aux baguettes. Jolie plainte du saxophone. Le fluide sympathique circule bien entre les 4 musiciens.

« Les vieux amants ». Intro en piano solo. Il arrive au thème poignant. Rythmique énergique. Batteur aux baguettes. Je bats la mesure du pied droit.

PAUSE

« Mon enfance ». Sax soprano. Un air vif, léger.  Cf vidéo sous cet article.

[Notes illisibles]

Pour conclure, une valse de Rémi Decormeille et «  Que reste t-il de nos amours ? » de Charles Trénet. « I wish You love » en version américaine. « Sans lui, nous serions tous des experts-comptables »(Jacques Brel à propos de Charles Trénet).

Baguettes. Sax soprano. Une valse tranquille. Le pianiste envoie. Solo de contrebasse bien massé par le batteur aux balais.

Démarrage en piano solo. Main gauche sur le clavier, main droite dans les cordes. Le pianiste se remet au clavier. Le batteur tapote doucement aux baguettes. Le sax soprano lance la mélodie. A la rythmique de jouer. De façon rapide, énergique.

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Jérome Sabbagh Stand Up 4tet au Son de la Terre

Publié le par Guillaume Lagrée

Jérome Sabbagh par Juan Carlos HERNANDEZ

Jérome Sabbagh par Juan Carlos HERNANDEZ

Jérome Sabbagh 4tet

Paris, Ile de France, France

Péniche Le Son de la Terre

Vendredi 19 décembre 2025, 20h

 

Concert de sortie de l’album « Stand Up » de Jérome Sabbagh.

 

Jérome Sabbagh : saxophone ténor, composition

Jozef Dumoulin : piano

Florent Nisse : contrebasse

Fred Pasqua : batterie

 

« The Turn » (Jérome Sabbagh). Batteur aux baguettes. Une ballade étrange. Son hanté du piano. Effectivement, ça tourne. En harmonie avec le roulis de la péniche le Son de la Terre sur la Seine à Paris. Toujours un beau son chaud de sax ténor. Plaques de notes du piano. Ca mitraille entre batterie et contrebasse. Le sax s’efface. Bonnes vagues choquées du piano. Solo de contrebasse bien profond, soutenu finement aux baguettes et ponctué par le piano. Le saxophone revient en douceur. Breaks de batterie prolongés par des notes longues de la contrebasse. Jérôme Sabbagh sait toujours nous raconter de belles histoires sans parole.

Un air tranquille qui glisse à 4. Batteur aux baguettes. Jolie chanson du sax ténor. Je ne sais de quoi ça parle mais ça me parle. Ca diffuse une émotion positive. Solo de piano qui swingue délicieusement bien porté par contrebasse & batterie à pas lents. Le sax repart, velouté à souhait, sans piano, fermement soutenu par la rythmique. Ca balance énergiquement. Je bats la mesure du pied et hoche la tête. C’était « Long Jack » dédié à Ray Charles. Très Soul en effet.

Pas capté le titre du morceau. Bien énergique, d’inspiration hard bop. Solo de sax ténor accompagné sans piano. Ca pulse ferme entre contrebasse et batterie. Retour du pianiste qui prend la main puis plaque des accords de façon saccadée. Concert en un long set car le DJ commence son show à 23h. Ca tricote entre pianiste et batteur.

Un hommage à Paul Motian, « Vanguard ». Jérome Sabbagh fut le dernier saxophoniste de Paul Motian live at the Village Vanguard in New York, USA. Ballade. Batteur aux balais. Le temps se décompose, se décortique. Retour du sax ténor velouté à souhait. Chaud mais pas bouillant. Réconfortant. Bonne vague du piano.

Intro en solo de saxophone. Bien charpenté. Batteur aux balais. Le 4tet enchaîne tranquille. Solo de contrebasse mat, bondissant. Jozef Dumoulin est un bon pianiste mais, à mon goût, c’est au clavier électrique qu’il est unique. Cf les albums «Trees are always right » et « A Fender Rhodes solo ». Le 4tet décolle avec le batteur aux baguettes. Solo du batteur aux balais en souplesse. Dialogue avec le pianiste. Un bruit de verre brisé vient du public. Les musiciens l’intègrent aussitôt. Les Jazzmen font feu de tout bois. « Heart » enregistré par Jérôme Sabbagh en trio avec Al Foster.

« Vintage » enregistré par Jérôme Sabbagh dans son seul album avec un pianiste, Kenny Barron. Morceau hard bop énergique. 4tet avec batteur aux baguettes. Ca déménage bien. A la rythmique conduite par le pianiste. Contrebasse et batterie assurent les repères alors que le pianiste accélère, ralentit, tourbillonne. Breaks du batteur aux baguettes sur les tambours. Ca dépote. Bonne accélération en 4tet vers le final. Ca attaque franchement puis joli decrescendo vers le final.

Un morceau plus calme. Quasiment Bossa Nova dans le tempo. Batteur aux baguettes. Ca roule tranquille, Bill. Jusqu’au final groupé.

Un Blues lent. Tempo marqué, décortiqué. Batteur aux baguettes. Je bats la mesure de la jambe droite, relâchée. Un jeune couple américain à ma gauche. Très amoureux, très dans sa bulle. Ils se regardent l’un l’autre au lieu de regarder ensemble dans la même direction comme disait Saint Exupéry. En l’occurrence, la scène. Bon Blues final. Ca tient chaud.

« The Break Song » pour conclure. Morceau bien funky, dédié à Stevie Wonder. C’est bien chaloupé avec des ruptures régulières. Break in english. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Après le concert, discussion avec le jeune couple américain. Lui vit à Paris et a vécu à Milan. Il parle anglais, français & italien. Elle parle anglais mais est prête à apprendre le français et à vivre à Paris, par amour. Comme le dit un vieux standard de Jazz, « Stay as sweet as You are ».

Jérôme Sabbagh sera de retour en France à Paris, à l’ECUJE, le jeudi 19 mars 2026 à 20h avec le groupe de son album « Stand Up ».

 

La photographie de Jérome Sabbagh est l'oeuvre du Troublant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle  passible de sanctions civiles et pénales.

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Koldo Munné & 1520's Ensemble " Live at Jamboree Live Music "

Publié le par Guillaume Lagrée

Koldo Munné

&

1520's Ensemble

" Live at Jamboree Live Music "

Album sorti le 15 décembre 2025

Enregistré en concert en Espagne, en Catalogne, à Barcelone,

au Jamboree Jazz Club

 

Koldo Munné: chant, saxophone alto, clarinette, composition, direction

Garazi Baro: chant, clarinette

Claudia Guilera: chant

Eva Monroy: chant, violon

Candela Puigbo : violoncelle

Jana Gallifa: piano

Marc Revert: guitare

Ana Cruz: guitare basse électrique

Luka Gomez: batterie

 

Lectrices aux aguets, lecteurs à l'affût, préparez vous à partir pour Barcelone, Catalogne, Espagne afin de voir et d'écouter sur scène au Jamboree Jazz Club le compositeur, saxophoniste, clarinettiste & chanteur Koldo Munné.

Né en 2005, il vérifie ce qu'écrivait Pierre Corneille d'un autre jeune homme espagnol, le Cid:  " Je suis jeune il est vrai mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années ".

Son groupe le 1520 Ensemble sonne comme une Renaissance. Celle d'une musique vivante, pleine d'âme, de feu sacré, mélangeant Jazz, Pop, Classique.

La flamme de la jeunesse s'entend dès la première chanson " Letter from future me " (1). Cf vidéo au dessus de cet article. Il se projette et il nous emmène.

Le Jazz n'est pas oublié avec un " Rondo " (3) particulièrement swinguant.  Il sait aussi chanter une chanson sentimentale et passionnée où il se prend pour Cendrillon. " Cindirella " (4). Plus viril et toujours sentimental , commençant et finissant par un duo poignant piano & chant qui chante des blessures intérieures, celles qui ne se voient pas et font le plus mal, " Hurting " (5).

Ce jeune homme romantique n'oublie pas l'humour, humus de l'amour selon Roland Topor. Il en a marre des chansons d'amour aux paroles stupides et aux accords prévisibles. Il le chante et cela devient une magnifique chanson d'amour pour la Musique. " I am so f...g tired of love songs " (7). Cf vidéo sous cet article.

Les paroles sont considérées comme explicites selon les normes du Code Hays.  Je regrette toutefois que Koldo Munné ne chante pas en espagnol ou en catalan. Il a 20 ans. Il a le temps de s'y mettre. 

La créativité et l'enthousiasme de Koldo Munné me font grand bien. La flamme du Jazz ne s'éteindra pas.

En attendant votre départ pour Barcelone ou son passage en France, à Paris ou ailleurs, lectrices aux aguets, lecteurs à l'affût, offrez et offrez vous d'urgence l'album " Live at Jamboree Live Music " de Koldo Munné & son 1520 Ensemble. Cela compensera largement tous les cadeaux de Noêl reçus et non désirés.

 

 

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Hugo Diaz en Confluences aux Bascules

Publié le par Guillaume Lagrée

Hugo Diaz trio

Les Bascules

Paris, Ile de France, France

Jeudi 18 décembre 2025, 20h30

Album « Confluences » d’Hugo Diaz

 

Hugo Diaz : saxophone soprano, électronique

Alexandre Cahen : piano

Louis Cahen : batterie

Invité :

Fabien Enger : trompette

 

Hugo Diaz joue normalement en 4tet mais ni la SNCF ni Blablacar n’ont voulu amener le contrebassiste Vladimir Torres de Besançon (25) à Paris (75) aujourd’hui. Trouver un contrebassiste disponible à l’improviste pour jouer une musique écrite, arrangée, personnelle, c’était trop compliqué. D’où le concert en trio ce soir.

Le trio arrive à jouer mélodieux malgré l’absence de contrebasse et un public de dîneurs. Musique poétique, féérique. Dialogue piano – batteur aux baguettes. Compositions originales. Cela s’entend. Friselis du batteur aux baguettes sur les cymables. Le saxophoniste revient dans la danse. Bonne vibration. Le pianiste ancre main gauche pour compenser l’absence de contrebasse. Ca monte en puissance, en flèche puis redescend en souplesse.

L’album « Confluences » est centré sur le thème de l’eau comme son titre l’indique. L’eau est en mouvement comme la musique. Cela s’entend dans cette intro du piano particulièrement fluide. De l’eau courante, pas stagnante. Le batteur s’ajoute aux balais. Très beau son de soprano. Majestueux. Aérien. Les tapotis du batteur suggèrent l’assise de la contrebasse. Le saxophoniste utilise des effets électroniques. Avec goût. Ca plane bien. Le batteur fait chanter ses tambours. Son aigre en vrille du saxophone.

Duo romantique piano-saxophone. Qui s’étire en douceur, tranquille. Comme deux rus qui coulent côte à côte.

Ils ont joué « Confluences » puis « My own folklore » (Alexandre Cahen).

« Aiguo », eau en provenaçal. Morceau en trio. Batteur aux baguettes. L’eau vive court de la montagne. Les Bascules c’est un bar restaurant avec concert de Jazz le jeudi soir. Certains spectateurs parlent sans écouter la musique. D’autres écoutent la musique sans parler. La première catégorie est la plus représentée. La musique d’Hugo Diaz mérite une écoute attentive, en 4tet. Etant donné les conditions, ils donnent. Jeu en acoustique sans effet. Montée en puissance. Piano et batterie font au mieux pour compenser l’absence de contrebasse. Elle est suggérée dans leur jeu.

¨PAUSE

Ca repart fluide, élégant. Le public bavarde toujours. C’est l’esprit du lieu. Ca monte en vrille doucement, en acoustique. Ca redescend doucement avec un solo de piano. Dialogue sax-piano. Par bribes.

Enchaînement sur un nouveau morceau. Le public n’a ni suivi ni applaudi. Pas grave. Ca joue. « Sonar ». Effectivement, ça plonge profond. Retour des bruitages électroniques. Le sous-marin plonge en profondeur. Ostinato du piano. Le batteur fait scintiller les cymbales. Plainte du saxophone remontée des profondeurs océanes. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Nouveau morceau élégant. Sans électro. Son aigu du soprano. Le batteur brille aux baguettes.

Intro en piano solo. Bien tourmentée dans le grave. Le son du piano s’ouvre, s’éclaire. Solo de soprano méditatif. « Miroir d’eau ».  Eau stagnante mais brillante.

« Electrolyse ». Un invité monte sur scène. Fabien Enger : trompette. Ca chante joyeusement entre les deux souffleurs. Pianiste et batteur aux mains nues sur les tambours soutiennent un solo brillant de trompette. La réaction alchimique se produit. Son trafiqué du saxophone qui gagne en gravité sans perdre en vélocité.

 

RAPPEL

Duo piano-saxo tout en finesse.

 
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Pierrick Pédron Sextet sauce Electro au 38 Riv

Publié le par Guillaume Lagrée

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pierrick Pédron sextet

Paris, Ile de France, France

Le 38 Riv

Mercredi 17 décembre 2025, 21h30

 

Pierrick Pédron : saxophone alto

Carl-Henri Morrisset : piano

Thomas Bramerie : contrebasse

Elie Martin-Charrière : batterie

Titouan : électronique

Galawesh : chant, électronique

 

A son 4tet acoustique rodé depuis des années et déjà célébré sur ce blogPierrick Pédron a décidé d’ajouter du sang et du son neuf avec de l’électro grâce à Titouan, électronicien & Galawesh, chanteuse et électronicienne. 3 soirs au 38 Riv à 2 concerts chacun, lundi 15, mardi 16 & mercredi 17 décembre 2025 à 19h30 & 21h30 pour tester la nouvelle formule. J’ai eu la chance d’assister au 6e et dernier concert de la série.

Titouan fait des bruitages de vent qui accompagnent la mélodie du piano. Galawesh chante des sons en les trafiquant. Le sax alto, lui, joue au naturel. En douceur. Sans microphone. C’est mieux en soi surtout dans une cave gothique voûtée comme le 38 Riv. La contrebasse installe la pulsation. Le batteur s’ajoute aux balais. Tout cela sonne très marin. Temps de brise. Pierrick ¨Pédron est un Breton des Côtes d’Armor, ne l’oublions pas.

Mots en anglais trafiquées avec effets électro. Batteur aux balais. Quelques notes de piano pour ponctuer. La contrebasse remet de la pulsation souple, profonde. Batteur aux baguettes. Le sax revient en souplesse. La bonne vibration s’installe. Tranquille. L’énergie monte, la tension aussi. Sans nous brusquer. Le beat électronique se mêle à la pulsation acoustique de la contrebasse et de la batterie. La vois sert d’instrument. Peu importent les paroles. Belles arabesques du sax poussé par la rythmique et l’électronique. Le tempo se subdivise, s’entrechoque et la musique avance.

Pierrick donne une petite tape sur l’épaule du pianiste qui redémarre, plus énergique. Retour à la douceur, à la vague marine, puissante et souple.

Un air plus funky. Batteur aux baguettes. Tout le groupe est dans la bonne vibration. A priori, c’est une chanson d’amour et de désir. Galawesh lance un air que reprend le saxophone. Puis Pierrick part en impro, porté par le groupe. C’est souple et chaud. Je bats la mesure du pied gauche. Ca marche. Le public est captivé. Ca se ressent autant dans le ventre que dans les oreilles. Le pianiste prend la main et conduit l’astronef. La salle se remplit. Un quartet de jeunes Japonais vient de s’asseoir au premier rang. Ils sont tout de suite dedans. Le groupe repart avec le sax. Tout monte en flèche. Ca redescend doucement jusqu’au final. Joli travail sonore entre batteur et électro (Titouan). Ca tourne doucement. Dialogue de sons et de vibration.

Retour au Jazz avec la pulsation de la contrebasse et le chant aigre doux du saxophone. Galawesh est sortie de scène. Echos d’Ornette Coleman dans le jeu du saxophone. Un précédent projet, acoustique, de Pierrick Pédron. Ornette Coleman revisité. Cette légèreté et cette acidité, c’est du Ornette Coleman même avec un pianiste. Fin abrupte. Surprise. Cf vidéo sous cet article

Duo piano-voix. Une ballade hantée. Là, Galawesh chante vraiment et joliment même. Le groupe enchaîne avec la pulsation de la contrebasse, des percussions en douceur, un léger souffle de saxophone alto. Ca décolle tranquille. Ca s’anime franchement. Le batteur fouette aux baguettes. Le pianiste plaque son piano au sol. La contrebasse pulse dur avec l’électro et le sax s’envole par vagues. Tout se calme entre électro et saxo. Et STOP !

 

Le mélange électro & acoustique du 4tet augmenté de Pierrick ¨Pédron est déjà très intéressant ouï le 6e et dernier concert de cette première série. Affaire à suivre.

La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre du Cuivré Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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" Todo Es Presente " Ismail Sentissi

Publié le par Guillaume Lagrée

" Todo Es Presente "

Ismail Sentissi 6tet

Album sorti le 5 décembre 2025

Concert de sortie en France, à Paris, au Sunside,

le vendredi 23 janvier 2026 à 21h30.

 

Le sextet d'Ismail Sentissi est composé de

Ismail Sentissi : piano, composition
Maurizio Congiu : contrebasse
Cédrick Bec : batterie
Maxime Berton : saxophone
Roman Reidid : trompette
Luca Spiler : trombone

 

Lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs, le pianiste et compositeur Ismail Sentissi est né et a grandi au Maroc, a vécu aux Etats Unis d'Amérique, au Ghana et vit aujourd'hui en France à  Paris.

De sa formation, de ses rencontres, il a hérité de l'art de raconter de belles histoires. C'est justement ce qui m'intéresse en premier chez un musicien, sa capacité à me faire voyager dans le temps et l'espace en restant immobile à l'écouter.

C'est ce que lui  et ses 5 complices nous offrent, une section rythmique et 3 souffleurs, cela fait 6 musiciens, 6 joueurs d'une équipe de volley ball. Le ballon vole sans jamais retomber

En commencant par un délice ensoleillé, " Sunny Delight " (1) qui ouvre cet album. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Que désigne " Première fois " ? (n°4). Si c'est un souvenir de la première fois qu'il a fait l'amour, cela s'est passé tout en douceur et reste un très beau souvenir. Cf vidéo sous cet article. 

Comme Ismail Santissi est un Jazzman africain, il rend hommage sans le copier au Maître de l'Afrobeat, le Nigérian Fela avec " Fela " (6) . 

En conclusion, un salut à la terre natale, le Maroc, avec " Rabat " (10) qui évoque la musique traditionnelle marocaine façon Jazz du XXIe siècle.

Belle énergie de ce sextet acoustique. Il joue en finesse, en douceur, dans la joie de l'échange. Cette musique s'écoute, se danse, se médite, selon vos envies, lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs.

Voyage musical à savourer sur scène en France, à Paris, au Sunside, le vendredi 23 janvier 2026 à 21h30.
 

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Sélection de festivals & de concerts de Jazz pour janvier 2026

Publié le par Guillaume Lagrée

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Eblouissantes lectrices, resplendissants lecteurs, fidèles abonnés au Jazz et à l'électricité,  en toute subjectivité, je vous propose la sélection suivante de festivals & concerts de Jazz pour janvier 2026.

Tous mes voeux de santé et de félicité! En 2026, la flamme du Jazz ne s'éteindra pas.

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live.

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Il s'agit d'une radio associative, sans publicité. Si vous êtes imposables en France, vos dons sont déductibles fiscalement.

Le  podcast de l' émission de juin 2022 en 2 parties sur France Culture," Une histoire particulière " consacrée à Dizzy Gillespie Président reste disponible.  Avec la participation de Guillaume Lagrée, l'Excellent auteur de ce blog.

Sur la radio TSFJAZZ, vous trouverez le podcast de l'émission du mercredi 14 février 2024 " Caviar  et champagne " consacrée au " Jazz et aux amours contrariées " pour la Saint Valentin. Avec la participation de Guillaume Lagrée, l'Excellent auteur de ce blog. 

Vous pouvez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, des clubs Small's et Mezzrow. Accès gratuit hors frais de connexion. Sur Internet, si c'est gratuit, c'est toi le produit.

Aux Lilas (93), le Triton vous propose un service de vidéo à la demande qui vous permet de voir et d'écouter les concerts passés pour une somme modique.

Quelques festivals de Jazz en France

et aux Etats Unis d'Amérique

 

En Ile de France, à Paris, à la Philharmonie, exposition " Kandinsky. La musique des couleurs " du mercredi 15 octobre 2025 au mercredi 1er février 2026.

Au cinéma, excellent film documentaire belge " Soundtrack to a Coup d'Etat " sur l'ascension et l'assassinat de Patrice Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo (1960) au rythme de la rumba congolaise et du jazz américain (Louis Armstrong, Duke Ellington, Dizzy Gillespie, Charles Mingus, Max Roach, Dave Brubeck...).

Aux Etats Unis d'Amérique, à New York, du vendredi 9 au mardi 13 janvier 2026, festival French Quarter. La fine fleur du Jazz de France joue à New York, New York, USA.

En France, Ile de France, Val de Marne, du vendredi 30 janvier au vendredi 21 février 2026, 35e festival Sons d'Hiver. Dans le riche programme, il y a même du Jazz.

En France, Ile de France, à Paris, du jeudi 29 janvier au vendredi 21 février, 19e festival Au fil des voix. Pas de jazz dans le riche programme.

 

Quelques concerts de Jazz en France

& en Suisse

 

Le lundi & le mardi, à Paris, au Duc des Lombards, Nouvelle scène à 19h30, 21h, 22h30. Entrée libre pour découvrir les jeunes talents du Jazz en France.

Jeudi 1er janvier, 18h30, 20h & 21h30, Paris, Le Sunside: Duke Ellington Story par le trio de Laurent Courthaliac. Entrée libre. Pour commencer l'année confortablement hip & respectablement cool. 

Vendredi 2 janvier, 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: Nicolas Giraud Pulse avec Jorge Vistel. La descendance de l'Afro Beat.

Samedi 3 janvier, 21h, le Sunside: le 4tet de Sara Lazarus accompagnée par le Be Bop Trio d'Alain Jean-Marie. 1+3 = 4. Tellement bon que ça devrait être illégal.

Dimanche 4 janvier, 19h30 & 21h30, Paris, le 38 Riv: Cool Jazz for Quiet Dreams. Arnault Cuisinier, Paul Jarret & Matthieu Donarier. Le trio Harpa. Raffiné. Cf vidéo sous cet article.

Jeudi 8 janvier, 19h30, Paris, le Sunside: duo Claire Besson & Hugo Diaz. Aérien.

Vendredi 9 janvier, 20h30, Paris, le Sunset: le 5tet d'Alex Stuart pour son nouvel album " Refuge ". 

Samedi 10 janvier:

- 19h, Paris, Maison de la Radio: Ellinoa Mejiro suivie de Jowee Omicil. Bwa Kayiman Freedom Suite. Concerts diffusés par France Musique en direct puis en différé. Cf extrait audio au dessus de cet article.

- 20h, Vincennes (94), Espace Sorano: Gary Brunton 5tet. Spacecraft.

Mardi 13 & mercredi 14 janvier, 20h, Paris, Bal Blomet: Legrand Enchanteur. Les chansons de Michel Legrand par Nathalie Dessaye, Manuel Rocheman, Pierre Boussaguet & Thierry Chauvet.

Jeudi 15 janvier:

- 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: le 4tet de Robin Mansanti. Chet Baker réincarné.

- 20h, Paris, Bal Blomet: Libération Song. Le 7tet de Stéphane Kerecki revisite les grands chants de lutte. 

Vendredi 16 janvier, 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club, le 4tet de Riitta Paaki (Finlande). Cool Jazz à la finnoise.

Dimanche 18 janvier, 18h, Le Mans (72), ITEMM: Edouard Ferlet " Pianoïd ".

Mercredi 21 janvier:

- 19h30 & 21h30, Paris, le Sunset: Django Celebration. Hommage à Django Reinhardt avec le trio William Brunard, Angelo Debarre, Adrien Moignard.

- 20h, Paris, le Son de la Terre: le 4tet de Nicolas Rageau.

- 20h30, Paris, le Sunside: le 5tet de Florent Pellissier pour son nouvel album " Pacifique Biches ".

- 20h30, Paris, le Melville: le 4tet de Gianluca Figliola. Classieux.

Jeudi 22 janvier:

- 19h30 & 21h30, Paris, le Sunset: Django Celebration. Hommage à Django Reinhardt avec le trio William Brunard, Angelo Debarre, Adrien Moignard.

20h, Paris, Bal Blomet: concert Jazz Magazine. Biguine Extension avec le trio Ralph Lavital, Elvin Bironien, Adriano Tenorio.

- 20h30, Paris, ECUJE: Jazz'n Maghreb 2 par le Casbah Band de Jean-Claude Ghrenassia avec Stephy Haïk dans le cadre du festival Confluences

Vendredi 23 janvier:

- 19h30 & 21h30, Paris, le Baiser Salé: résidence du Glenn Ferris Newtet. Funkissimo. Cf photographie au dessus de cet article.

- 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: le 4tet de Ludivine Issambourg invite André Villeger.

- 21h30, Paris, le Sunside: le 6tet d'Ismail Sentissi pour l'album " Todo Es presente ". Méditerranéen.

Vendredi 23 & samedi 24 janvier, 20h30, Paris, le Sunset: Django CelebrationHommage à Django Reinhardt avec le trio William Brunard, Samson Schmitt & Hugo Guezbar.

Vendredi 23 & samedi 24 janvier, 20h,  dimanche 25 janvier, 18h, Paris, le Son de la Terre: Girma Béyéné & Akalé Wubé. Ethiopian Jazz!

Dimanche 25 janvier, 18h, Paris, Le Sunside: hommage à Chet Baker avec Robin Mansati & Lionel Eskénazi (narration).

Mardi 27 janvier, 20h30, Paris, le New Morning: le 4tet de Daniel Zimmermann pour l'album " Snapshots ". 

Mercredi 28 janvier, 19h30, Paris, le New Morning: Henri Texier. Le conteur à la contrebasse. 

Jeudi 29 janvier:

 - 20h, Paris, le Bal Blomet: le trio de Ramona Horvath invite André Villeger pour jouer l'album " Absinthe ".

- 21h45, La Parenthèse, Nyon, canton de Vaud, Suisse, Lenni Torgue 5tet pour l'album " Jeux de Mains ".

Vendredi 30 janvier, 21h, Les Caves, Versoix, canton de Vaud, Suisse, Lenni Torgue 5tet pour l'album " Jeux de Mains ".

Samedi 31 janvier:

- 20h30, Le Blanc Mesnil (93), Espace culturel Musique et Danse: Macha Gharibian joue son album " Phenomenal Women ".

- 21h30, Paris, le Sunside: le 4tet d'Adrien Brandeis pour l'album " Résurgence ". Jazz caribéen mais pas seulement.

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre du Cuivré Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Eddy m'a dit. Emmanuel Bex raconte Eddy Louiss au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bel

raconte

Eddy Louiss

Paris, Ile de France, France

Le Sunset

Vendredi 5 décembre 2025, 20h30

 

 « Eddy m’a dit » d’Emmanuel Bex, album de l’année 2025

pour Jazz Magazine.

 

Emmanuel Bex : clavier électrique

Tristan Bex : batterie

Antonin Fresson : guitare électrique, guitare basse électrique

Invitée

Céline Bonacina : saxophones baryton & soprano

 

« Je ne sais pas ce qu’Eddy m’a dit. Il m’a dit : « l’animal ».

Emmanuel Bex a vu pour la première fois Eddy Louiss avec une drôle de machine, l’orgue Hammond, en concert chez Bernard Lubat en Gascogne, au festival d’Uzeste.

Lorsqu’Emmanuel Bex est arrivé de Normandie à Paris en 1982, il a lu dans Pariscope, journal d’informations culturelles aujourd’hui disparu, qu’Eddy Louiss allait jouer au Sunset en duo avec Tony Rabeson. Bex avait de quoi se payer un verre, pas deux. Il l’a siroté très lentement car le concert, annoncé pour 23h, a commencé à 23h45. Vu leurs carrures respectives, Eddy Louiss & Tony Rabeson formaient un duo à la Laurel (Tony) & Hardy (Eddy). Le concert a duré jusqu’à 4h du matin. En sortant Emmanuel Bex a salué l’aurore sur Paris et la Seine et s’est dit : « Le Jazz, c’est formidable. Je veux jouer ça toute ma vie ».

Deux classiques du trio René Thomas, Eddy Louiss, Bernard Lubat, « Dum dum » et « Our kind of Sabi ». Trio adopté par Stan Getz alors qu’il traînait un soir dans un club de Jazz à Paris après les matchs de Roland-Garros. Stan Getz considérait Eddy Louiss comme un génie. Cf album « Dynasty » de Stan Getz (Verve, 1971).

Ca groove bien. Il fut. C’est du Eddy Louiss. Ils jouent bien dans le style du trio. Eclaté comme Bernard Lubat pour le batteur. Concentré comme René Thomas pour le guitariste. Puissant comme Eddy Louiss pour l’organiste. La guitare monte délicieusement dans l’aigu alors que l’orgue ronronne dans le grave. Je chantonne l’air quand soudain, abruptement, ils dérivent. Normal pour des Jazzmen. La tension monte. Retour au thème. Que Claude Nougaro chantait en duo avec Eddy Louiss sous le titre « C’est Eddy ». Le trio est parti dans un trip cosmique avec des effets pyrotechniques de partout. Ca fuse. Retour au calme avec un son organique. Maintenant, ils explorent les fonds marins. Et stop !

Emmanuel Bex présente Céline Bonacina qui, selon lui, avait pris ses binious mais oublié son hanche. Un collègue musicien l’a dépanné in extremis. Elle ajoute qu’elle avait oublié bec, anche et harnais pour le baryton. Bref, elle est contente d’être sur la scène du Sunset ce soir, malgré tout.

Basse électrique en résonance avec l’orgue. Le batteur ajoute une pulsation impeccable. Gros son du baryton. Ca chauffe bien. Bex chante à travers son Vocoder comme il en l’habitude. C’est son truc. Ca groove tranquille. Solo de basse avec orgue et batterie mezzo voce jusqu’au final.

Ce soir, le groupe joue en petit comité. Fidèle à l’esprit d’Eddy Louiss et de sa Multicolor Feeling Fanfare, le groupe peut jouer avec fanfare et chorale de 50-100 personnes. Au Sunset, c’est physiquement impossible.

Un morceau funky, saccadé. Gros son de baryton. Saxophoniste et organiste se défient du regard, du geste, du son dans une joute amicale. Je balance sur mon canapé. C’est efficace. Dialogue funkissimo entre orgue-batterie-guitare. En douceur et avec énergie. Solo d’orgue. Il cherche et trouve. Bex grogne en jouant. Il est dedans. Retour au 4tet toujours funkissimo. Les spectateurs battent la mesure en applaudissant. Orgue, guitare et batterie leur répondent. Bex enchaîne au Vocoder : « C’est une très belle mélodie qui s’appelle Eddy ». Ca plane haut. Le 4tet repart en douceur. Sax soprano.

« Ethnique » (Emmanuel Bex). Démarrage bien énergique funky en trio. Guitare jouée très sèche, très rapprochée. Le sax baryton ajouté sa rondeur, son velours. Je hoche la tête de joie. Bonne vague du 4tet. Ca tient chaud. Parfait car il fait frais dehors. Normal, c’est décembre. 1er solo de batterie. « Roulez jeunesse » dit Emmanuel Bex à Tristan Bex, son fils. Les tambours roulent et les cymbales vibrent. Ca repart à 4 avec des sons étranges, étirés. Ca grogne, semble remonter des abysses. Retur au thème et ça repart. Excellent ! Belle explosion finale à 4.

 

PAUSE

« Blues for Eddy » (Emmanuel Bex). Démarrage en solo d’orgue. Trio avec guitare basse. C’est bien un Blues. Bex chante à travers le Vocoder. Basse et batterie marquent le pas alors que l’orgue part à la dérive. Guitare électrique pour le solo de Blues dans l’aigu. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Retour sur scène de Céline Bonacina au sax soprano. Eddy Louiss aimait les petites choses simples nous explique Emmanuel Bex. Comme cette chanson française du XXe siècle qui semble issue de la mémoire des siècles, « Colchique dans les prés », chant scout écrit par Francine Cockempot (musique) & Jacqueline Claude (paroles) en 1943. Eddy Louiss l’a magnifié en version instrumentale. Démarrage du trio avec guitare. Le sax soprano ajoute son chant aigre doux. Ils ont bien joué le thème de la chanson puis ils dérivent librement, joyeusement. Beau solo de guitare jazz cette fois.

« Sang mêlé » (Eddy Louiss). Un morceau qu’Eddy Louiss jouait tout seul avec des machines. Emmanuel Bex commence par diffuser l’enregistrement et le 4tet improvise dessus. Sax baryton. Le batteur se met en valeur comme l’a annoncé son organiste de père. Solo de guitare en dialogue avec l’orgue qui produit un gros son de basse.

Retour au calme avec un solo de baryton. Duo avec l’orgue. Un thème de Duke Ellington tout en douceur et en chaleur. « Mood Indigo » ? Un instant de grâce suspendu en l’air. Sensuel, chaleureux, élégant.

« Caraïbes » (Eddy Louiss). Retour au 4tet avec guitare & sax soprano. Effets d’écho à l’orgue. Guitare toute douce, mélodieuse derrière. Effets d’écho à l’orgue. Guitare toute douce, mélodieuse derrière. Bex tient sa note, sa vibration. Et nous emmène en voyage, ponctué par la guitare. Retour au calme. Ca se dirige vers le thème, en douceur. Sax soprano & batterie s’ajoutent. Ca commence à sonner Caraïbes mais pas comme la biguine d’Alain Jean-Marie, natif de Guadeloupe alors qu’Edouard Louise, dit Eddy Louiss, est né à Paris, fils de Pierre Louise, musicien originaire de La Trinité en Martinique. En tout cas, ça balance.  Bonne vibration. Là, ça s’énerve franchement. Le batteur cogne aux maillets. Fin magique.

PAUSE

Il est possible qu’il y ait eu un bref 3e set pour quelques irréductibles spectateurs mais j’avais eu ma dose de beauté. Peut-être ont-ils joué " Les Elephants " d'Eddy Louiss. Cf vidéo sous cet article.

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre de l'Etonnant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Mamiko Watanabe trio clôt le festival Jazzycolors 2025

Publié le par Guillaume Lagrée

Mamiko Watanabe trio

« Guided by the Light »

FICEP

Concert de clôture du 23e festival Jazzycolors

Maison de la Culture du Japon à Paris

Soirée organisée par Jojo Records

Mardi 9 décembre 2025, 19h

Concert à écouter sur la radio TSFJAZZ

 

Mamiko Watanabe, Japon : piano

Asante Santi Debriano, Panama : contrebasse

Lukmil Perez, Cuba : batterie

 

Programme :

« Pas de trois » (John Hicks)

« Being guided by the Light » (Mamiko Watanabe)

« Island Birdie » (Mac Coy Tyner)

« My grandfather’s clock » (Henry Clay Work)

« Atomic space » (Mamiko Watanabe)

« Nigeria » (Santi Debriano)

« The Peacocks » (Jimmy Rowles)

 « The Music Game » (Mamiko Watanabe)

« Passing view – Between departures » (Mamiko Watanabe)

«  Waterfall » (Mamiko Watanabe)

 

Thème en ostinato de la contrebasse. Batteur aux baguettes. La pianiste est lancée. Flux puissant. Santi Debriano fait vibrer sa contrebasse. Lukmil Perez joue jazz, pas afro cubain. Normal, il joue la musique de la pianiste, pas la sienne. La contrebasse c’est l’ancrage. Piano et batterie mêlent leurs vagues. La contrebasse vibre et danse sous les mains puissantes de Santi Debriano. Je suis en haut, au milieu, bien en face de la contrebasse et je suis captivé par ce jeu. La contrebasse structure alors que piano & batterie jouent à déstructurer. Decrescendo final sur le thème. Splendide. Conclusion de la contrebasse. C'était " Pas de trois ". Cf extrait audio au dessus de cet article.

Démarrage piano-batteur aux baguettes. Bonne vague qui part du piano, se creuse avec la contrebasse et mousse avec le batteur aux baguettes. Solo de contrebasse qui vibre du ventre à la tête. Finement ponctué par piano & batterie. La pianiste reprend la main, toujours fluide. Passage à l’archet. Bonne vibration avec le piano que vient doucement secouer le batteur aux baguettes. Bassiste et batteur lisent attentivement les partitions.

La pianiste attaque. Un Blues rapide. Au rythme caribéen. Contrebassiste du Panama et batteur de Cuba sont chez eux et cela s’entend. Dialogue rythmé entre contrebasse & batterie. Elle les laisse jouer entre eux. Le piano revient dans la danse. Solo tranquille du batteur. Il lit la partition. A-t-il le droit d’improviser ? Oui puisqu’il cesse de lire pour jouer. Retour du trio au thème. Ca balance toujours aussi bien. La salle a une excellente acoustique. C’est soigné à la japonaise et cela s’entend. Santi Debriano se marre après le morceau. Il peut se le permettre. C’était un thème caribéen du pianiste préféré de la pianiste, Mac Coy Tyner.

Mamiko Watanabe présente son trio en anglais avec un délicieux accent japonais.

Une chanson traditionnelle japonaise dédiée à l’horloge du grand-père. Piano solo en intro. Une ballade. Tendre, mélancolique. Souvenirs d’enfance. Le trio démarre dans une puissante vibration. Batteur aux baguettes. C’est énergique mais toujours un peu nostalgique. Retour du piano solo et de la petite mélodie entêtante. Fin groupée en douceur. " My grand father's clock ". Cf vidéo sous cet article.

Bonne vague entre piano & batteur aux baguettes. La contrebasse est toujours pétrie fermement. Je bats la mesure du pied droit. Ca décolle progressivement. Vagues brusques de la contrebasse. Grognements de la contrebasse sous l’archet. Coups de tambours. Je me mets à balancer des épaules. Solo du batteur aux baguettes bien stimulé par les deux autres. Après le morceau, Santi Debriano s’essuie la figure. Il se donne à fond.

Le trio repart groupé et rapide. Batteur aux baguettes. Elle accélère et ses hommes suivent. Ca file vite et droit. Quelle bonne vibration ! Les places de la petite salle de la Maison de la culture du Japon à Paris sont faites pour des Japonais mais pas pour des sumotori. Solo de batterie vif, sec, nerveux. Le trio repart toujours rapide et puissant. Légèreté du piano, ancrage de la basse, fouetté du batteur.

« The Peacocks »(Jimmy Rowles). Un de mes standards favoris du jazz moderne. Version sublime du compositeur avec Stan Getz sur l'album " The Peacocks " tout simplement. Chaque note de la contrebasse s’envole en l’air comme une bulle de savon. Confiserie sonore mais sans excès de sucre. Lukmil Perez frotte ses peaux et caresse ses cymbales. Enfin, il joue aux balais. Solo de contrebasse à l’archet. Grave et langoureux à souhait. Le batteur masse. La pianiste ponctue délicatement. Superbe.

Piano solo en intro. Léger, fluide, rapide, chantant. Mon voisin de gauche ne semble pas apprécier. Il reste stoïque, sage, sans bouger ni applaudir. Je fais de même quand je suis à un concert que je n’aime pas. Mon voisin de droite, comme moi, écoute et applaudit. Mikiko Watanabe nous joue du stride à sa façon. C’est frais et original. C’était son morceau en solo du concert. Une de ses compositions, bien entendu.

Intro en piano solo. Une ballade impressionniste. Le trio enchaîne. Batteur aux baguettes. Ca ondule délicieusement, groupé. Pas vraiment de solo même quand la pianiste mène la danse.

« Waterfall » (Mamiko Watanabe). Morceau final. Y a t-il un lien avec le « Water Chute » d’Erik Satie dans ses « Sports et divertissements » ? Le piano joue bien la chute d’eau. Le trio démarre. Gros son de la contrebasse. Le batteur ponctue aux baguettes. Je balance des épaules. C’est efficace. Ca swingue avec grâce. Solo de contrebasse à l’archet en tapotant les cordes. Piano et batterie percutent aussi. La contrebasse vibre sous l’archet qui glisse sur les cordes. Délicieux. Au tour du batteur aux baguettes. En découpant le tempo. Finalement, mon voisin de gauche n’applaudit pas mais il prend des photos souvenirs. C’est donc qu’il apprécie.

 

RAPPEL

 

Les 3 bémols du voisin de droite :

  • La pianiste n’a pas utilisé les pédales. Manque de nuance. En France, avec l’école française du piano, tout de même !
  • Où était le voyage au Japon ? Nous avons entendu les Caraïbes avec le Panaméen à la contrebasse et le Cubain à la batterie, particulièrement sur « Island Birdie » de Mac Coy Tyner. Par contre, aucune composition n’évoquait le Japon de la pianiste. Alors que nous étions d’accord pour dire que lors d’un précédent concert de l’édition 2025 du festival Jazzycolors, Huu Bac, le Canadien natif du Vietnam, nous a emmené au Vietnam sur le fleuve Mékong.
  • Le batteur a trop joué aux baguettes et pas assez aux balais.

Je partage les bémols 2 & 3. Le bémol 1 ne m’a pas gêné du tout, je l’avoue.

Ainsi s’est terminée l’édition 2025 du festival Jazzycolors. Rendez-vous en 2026 à Paris en France pour de nouvelles découvertes musicales grâce au FICEP.

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