Jérome Sabbagh 4tet
Paris, Ile de France, France
l'ECUJE
Jeudi 19 mars 2026, 20h30
Tournée européenne de l'album " Stand up "
du 4tet de Jérôme Sabbagh
Concert à écouter sur France Musique dans le Jazz Club
Jérome Sabbagh: saxophone ténor, composition, direction musicale
Ben Monder: guitare électrique
Joe Martin: contrebasse
Nasheet Waits: batterie
Lectrices électriques, lecteurs acoustiques, ce blog vous a déjà chanté les louanges du dernier album de Jérôme Sabbagh " Stand Up! " ainsi que d'un précédent concert de Jérôme Sabbagh à Paris sur la péniche le Son de la Terre en décembre 2025, jouant cet album mais avec un autre groupe.
Ce quartette de Jérôme Sabbagh existe depuis plus de 20 ans. Je le suis avec un plaisir renouvelé depuis un concert à Paris, au Sunset, en mai 2010. Le batteur peut changer dans ce groupe. Parfois, c'est Daniel Humair présent comme spectateur ce soir. Nasheet Waits occupe le siège du batteur de manière incontestable. Le contrebassiste c'est Joe Martin indubitablement.
Salle obscure. Notes illisibles. Cette chronique sera plus brève et hachée que la musique.
Ca commence sur un tempo lent et pesant. Volontairement. Gros son de contrebasse. Batteur aux baguettes qui entretient la tension sur les cymbales. Ce ne sont pas des standards mais des compositions simples et profondes que je reconnais sans les identifier. Le saxophone s'efface et le guitariste prend la main. Acide, tranchant mais sans violence. Le moteur monte en puissance. Batteur au soutien du solo de contrebasse.
Beaucoup de musiciens dans la salle. Ce n’est pas tous les jours que ce 4tet de New York joue à Paris. Ils étaient hier en Roumanie, ils seront demain en Italie. Outre Daniel Humair, je croise Frank Amsallem, Manuel Rocheman & Pierre Durand venu savourer le talent de son collègue guitariste Ben Monder, l’homme qui sait tout faire à la guitare électrique, des nappes de son, du bruit, des notes ciselées une à une comme par le ciseau d’un sculpteur, avec effet, sans effet, en murmure, en volume, en puissance. J’ai déjà écouté ce 4tet avec Greg Tuohey à la guitare électrique. Je préfère Ben Monder.
Un petit air qui roule tranquille. Plus Country que Blues. 21h20 et je m’endors déjà bercé par la musique.
Ils ont joué « The Turn » puis « Lone Jack », hommage à Ray Charles.
« Lunar cycle », paraphrase de « Secret Episode » de Sam Rivers, saxophoniste. Cf vidéo sous cet article.
Un morceau énergique. Trio sans guitare pour commencer. Batteur aux baguettes. Ca file vite et droit. La guitare vient s’ajouter délicieusement en arrière-plan. Trio sans saxo. Nappes de son de la guitare à la puissance contenue. Ca pulse derrière. Batterie cinglante. La contrebasse tient le fil de la conversation. Je me balance sur ma chaise au rythme du batteur. Bonne vibration en solo. Ca danse. Mémoires d’Afrique dans ces sons de percussions.
Le 4tet démarre groupé. Un air rapide léger. Batteur aux baguettes. Une sorte de Rock simple et efficace. Avec l’improvisation propre au Jazz. Je bats la mesure du pied gauche. Vite. La guitare repart, rapide, acide. La puissance monte. Le volume sonore aussi mais sans excès.
Retour au calme avec une ballade. Duo saxophone guitare pour commencer. La rythmique s’ajoute tranquillement. Batteur aux baguettes. Solo de guitare tout en douceur. Notes distillées une à une comme un parfum. Le batteur masse ses tambours aux balais. Ca marche. 21h45 et je m’endors de nouveau, bercé par la musique. Bravo ! s’écrie un homme avant d’applaudir.
C'était « Vanguard », hommage à Paul Motian dont Jérôme Sabbagh fut le dernier saxophoniste sur la scène du Village Vanguard à New York, USA.
« The Break Song », hommage à Stevie Wonder. Cf extrait audio au-dessus de cet article.
Morceau fait de ruptures en douceur. « Un accord de Stevie Wonder se reconnaît à ce qu’il vous enveloppe immédiatement dans une bulle de douceur » (Berry Gordy, patron du label Motown). 4tet avec batteur aux baguettes. Mon morceau préféré de l’album « Stand Up ! » mais je vénère Stevie Wonder. Bel hommage. Stevie Wonder l’a-t-il écouté ? Il est capable d’en faire une chanson à sa façon. Le groupe reste bien soudé dans son balancement. Magnifique ! dit un homme avant d’applaudir.
PAUSE
En fond sonore, un des Maîtres de Jérome Sabbagh, Joe Henderson. Je parie pour son album trio avec Ron Carter & Al Foster « The State of the Tenor. Live at the Village Vanguard » (1985).
Reprise en douceur. Saxophone au son velouté. La mémoire de Stan Getz, un autre de ses Maîtres, passe dans le jeu de Jérome Sabbagh. 4tet avec batteur aux balais. 22h20. Ils malaxent le son et m’endorment doucement de nouveau. C’est délicieux. Je ferai de beaux rêves apaisés cette nuit. Nasheet Waits a repris ses baguettes. Ca pulse plus énergiquement mais toujours en souplesse. Solo de contrebasse en dialogue avec la batterie. La guitare ponctue en douceur.
Le groupe me réveille avec un morceau plus énergique. Batteur aux baguettes. Je bats la mesure du pied droit. Solo de guitare saturée bien poussé par la rythmique. Puissant mais sans excès de volume. Breaks de batterie. Ca roule.
Le sax ténor lance un air que je reconnais sans l’identifier. Entre envolée et retenue. Ben Monder prend la main. Petits sons secs et rapides. Batteur aux baguettes. Retour au 4tet. La contrebasse pose les bases. Le batteur les hache menu. Sax et guitare dialoguent. Tout se tient. Fin en douceur dans un souffle commun. Bravo dit mon voisin de droite avant d’applaudir.
Pour nous réveiller en fin de concert, le morceau le plus énervé de l’album «Stand Up ! ». Maelstrom sonore avec batteur aux baguettes, guitare saturée, contrebasse qui creuse dans le ventre, sax ténor grognant, gémissant. Dialogue sur une mélodie décomposée entre contrebasse et guitare. Le thème revient doucement en 4tet. Ca monte tranquillement en puissance bien groupé. J’apprécie plus cette énergie en concert que sur l’album.
Ils ont joué « Follow the light » puis ? puis « Heart » titre album d'un trio de Jérôme Sabbagh avec Al Foster puis ?
Une ballade tranquille. Batteur aux balais. Je savoure. Ovation debout. Standing ovation.
RAPPEL
« Vintage » titre album d’un autre 4tet de Jérôme Sabbagh.