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Jazzoduc New York Paris: " Contrapuctus " Mc Ginnis/ Staaf/Duvignau/Atwal

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazzoduc New York - Paris

" Contrapunctus "

Mc Ginnis/Staaf/Duvignau/Atwal

Bandcamp.

Sortie le vendredi 24 avril 2026

 

Mike Mc Ginnis: clarinette, clarinette basse, saxophone soprano 🇺🇸

Carmen Staaf: piano, Fender Rhodes 🇺🇸

Gui Duvignau: contrebasse  🇫🇷 🇧🇷

Hamir Atwal: batterie 🇺🇸

 

Concerts de sortie aux USA:

- Mercredi 20 mai, Barbès, Brooklyn, New York. Hommage à Paris vu le nom du club.

- Jeudi 21 mai, Hermit Woods, Meredith, New Hampshire. Domaine viticole. L'alcool se consomme avec modération. Le Jazz sans.

- Vendredi 22 mai, Kittery Dance Hall, Kittery, Maine

- Mercredi 27 mai, Close Up, Lower East Side, New York

- Samedi 30 mai, Bar Bayeux, Brooklyn, New York

 

 

Lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs, vous avez déjà noté sur ce blog plusieurs articles parus sous le titre Jazzoduc New York Paris. Il s'agit de musiciens de Jazz actuellement en activité à New York, USA, pas tous citoyens états-uniens, encore trop ignorés à Paris.

Dont le contrebassiste franco-brésilien Gui Duvignau maintes fois célébré sur ce blog.

Voici que le Jazzoduc New York Paris nous amène directement, à travers l'Atlantique, sans payer de péage au détroit d'Ormuz, du jazz chaud en 4tet contrapuntique.

Etant donné mon immense ignorance, j'ai fait appel à des experts, maintes fois célébrés sur ce blog, pour poser les termes du débat. Les erreurs demeurant sont miennes.

Olivier Calmel, pianiste, compositeur, chef d'orchestre & pédagogue

" Le contrepoint est l'Art de faire coexister plusieurs lignes d'égale importance et dont les complémentarités (rythmiques, registres, mouvements, timbres ...) rendent l'osmose plus riche que les individualités.

Le contrepoint est d'essence horizontale et se base sur des principes hérités du répertoire baroque. C'est l'idée que le tout est supérieur à la somme des parties. La fugue est un sommet du genre basé sur un contrepoint rigoureux (cf. L'art de la fugue. JS Bach).

D'un côté, il y a l'héritage, cette grammaire quasi mathématique du mouvement des voix qui permet de structurer la pensée. De l'autre, il y a la perception moderne où le contrepoint ne se limite plus seulement aux hauteurs mais s'étend à la morphologie du son. "

 

Marc Benham, pianiste, compositeur & pédagogue

Exemples de contrepoint en Jazz

John Lewis et le Modern Jazz Quartet

Clovis Nicolas, contrebassiste français & américain et son album " The contrapuntist "

Gilles Naturel, contrebassiste français & son Contrapuntic Jazz Band.

 

Ziad Kreidy, pianiste, compositeur & pédagogue:

Le contrepoint, c'est la technique. La polyphonie, c'est le résultat. Indiens & Arabes refusent la polyphonie parce que, pour eux, il ne faut pas dire deux choses en même temps. La première polyphonie écrite, c'est l'école de Notre Dame à Paris, Ile de France, France au XII° & XIII° siècle, musique fâcheusement absente de la messe de réouverture de Notre Dame de Paris en 2025.

Après le contexte du contrepoint, qu'en est-il de l'album " Contrapunctus " , lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs?

C'est un 4tet avec 7 instruments. Gui Duvignau s'en tient à sa contrebasse, Hamir Atwal à sa batterie mais Carmen Staaf joue du piano & du Fender Rhodes, Mike Mc Ginnis de la clarinette, de la clarinette basse & du saxophone soprano. 

Ils jouent surtout des compositions personnelles. En commençant par une marche chaloupée, " There again, here again " (1). Le contrepoint peut faire danser. C'est bien du Jazz. Cf extrait audio au dessus de cet article. Suivi de "  This one is for B.G " (2).  Cf vidéo sous cet article. Hommage du clarinettiste à Benny Goodman? Plus probable qu'un hommage à un Beau Gosse inconnu. A la clarinette basse pour se distinguer de Benny Goodman.

Le premier standard est un inusable de Duke Ellington, " Caravan " (3) joué avec Fender Rhodes  & piano et clarinette ce qui le rafraîchit, le rend à la fois chaud et acidulé, contrebasse & batterie assurant un Swing irréprochable. Savourez le dialogue contrebasse & batterie à partir de la 7e minute. Il paraît que cette version dure près de 11 mn. Je ne m'en suis pas aperçu.

Puisque Gui Duvignau m'a amené à cette musique, savourez son dialogue avec le batteur Hamir Atwal entre pincements de cordes et frottements de tambours aux balais en introduction de " Unfolding " (4). La pianiste vient y ajouter des pincements de cordes et des touches pressées avec parcimonie, la clarinette un son étiré. Bref plongez dans le mystère musical avec ce " Déroulement " (Unfolding in english) qui passe comme un songe en 11'13. Un chemin vers la lumière et la joie.

Une composition qui n'est ni personnelle ni un standard, c'est " Jesus-Maria " (7) de Carla Bley extrait d'un de mes albums cultes , " Fusion " (1961) du Jimmy Giuffre 3, Paul Bley, Steve Swallow. Une prière musicale intense. Jimmy Giuffre ( Jimmy joue Three, Jimmy joue Free en franglais lacanien), une influence majeure pour le clarinettiste de ce quartette, Mike Mc Ginnis.

Je vous laisse découvrir les 3 autres morceaux de cet album qui en compte 8, lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs. Pour écouter ce quartet en concert, il faudra vous trouver sur la côte Ouest de l'Océan Atlantique, aux Etats Unis d'Amérique. Pour l'album, la magie de la Toile et du Jazzoduc New York Paris vous permettent de savourer à volonté l'album " Contrapunctus ".

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Le trio Reverso joue avec SatiErik entre deux silences au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Reverso

Le Triton 

Les Lilas, Seine-Saint-Denis, Ile de France, France

Vendredi 17 avril 2026, 20h30

Concert de sortie de l'album " Between two silences "

inspiré par Erik Satie (1866 - 1925)

 

Reverso est composé de 

Frank Woeste: piano, compositions 🇩🇪

Vincent Courtois: violoncelle 🇫🇷

Ryan Keberle: trombone, compositions 🇺🇸

 

« Le Jazz nous raconte sa douleur et on s’en fout. C’est pourquoi il est beau, réel » (Erik Satie).

Démarrage rapide au piano. Le trombone répond. Le violoncelle souligne. Le fluide sympathique circule tout de suite entre les 3 musiciens. Belle cavalcade entre piano & violoncelle. Le trombone vient grogner en souplesse. Cela me paraît trop vif, trop énergique pour être du Satie même s’il y a bien un voile de mélancolie. En effet, c’est une composition de Vincent Courtois dans un précédent album du trio Reverso inspiré par Gabriel Fauré (1845 - 1924), " Harmonic Alchemy " (2022).

Maintenant, la musique inspirée par Erik Satie, tirée de l’album «  Between two silences » célébré sur ce blog. Tout de suite je reconnais l’ambiance Satierik d’Esoterik Satie, comme le surnommait son ami Alphonse Allais, lui aussi natif de Honfleur en Normandie. Les pas du chat au grenier, les araignées dérangées, les souris qui s’enfuient, le plancher qui craque, tout y est. Sardonique et mystérieux. Au grincement du violoncelle répond le grognement étiré du trombone. C’était « Le café des fantômes mélancoliques » (Frank Woeste).

« Désespoir agréable », un titre tout à fait dans l’esprit de Satie. Ca part en trio sur une valse lente. Jeu en pizzicato du violoncelliste. Délicieuse ponctuation du pianiste. Trombone au son bouché, mélancolique. Ca s’anime. Ca swingue, sapristi !

Intro en solo de violoncelle à mains nues. Ca pince, ça gratte, ça vibre. Son entre l’oud et la contrebasse. Il ralentit, s’adoucit pour arriver au thème. Le temps suspend son vol. Personne n’applaudit le solo. Public centré. Musique intense. Le trio entre dans la danse. Le piano fait tomber des gouttes de pluie. Le silence de l’écoute s’impose pour cette musique. Fin dans un grincement continu et troublant du violoncelle. C’était « Le chat qui mangeait des nuages » (Frank Woeste). Cf extrait audio au dessus de cet article.

« Origins of the unseen » (Ryan Keberle). Le piano installe un ostinato. Ca monte et descend. Trombone & violoncelle montent et descendent à leur tour. Dialogue piano violoncelle en pizzicato. Belle vibration commune. C’est rassérénant. Le trio ondule souplement comme un serpent parmi les feuilles. Pas venimeux le serpent.

Piano solo en intro. Berceuse mélancolique. Violoncelle à l’archet qui glisse délicieusement. Le trombone se love dans le creux entre piano & violoncelle. Ca sautille délicieusement. Le trio s’anime, joue avec plus de force, d’intensité. Quelques applaudissements. Brefs. Le silence de l’écoute s’impose toujours. En final, petite plainte humoristique en trio. Tout à fait dans l’esprit de Satie. C’était la « Valse des chapeaux sans tête » (Frank Woeste). Cf vidéo sous cet article.

« Danse des horloges sans aiguille » (Frank Woeste).  Le tromboniste dit le titre du morceau en anglais, le violoncelliste en français. Le pianiste commence. Solo au tempo implacable. Le violoncelliste prolonge à l’archet. Le trombone relance. Ca danse avec joie et mélancolie. Bref, c’est dans l’esprit de Satie. Ca chavire l’âme au fond d’un verre d’alcool fort mais sans effet secondaire. J’adore ce morceau.

Intro en piano solo. Douce répétition du violoncelle sous l’archet. Ca vibre gravement. Pizzicato désormais (slap in english). Les notes du piano se détachent une par une, claires comme le cristal. Le trombone chante doucement. «  Gyrostride » (Ryan Keberle).

Un morceau choral de Satie. Un « choral hypocrite » premier mouvement des « Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes) ». Une pièce composée pour un duo piano-violon transposée pour un trio piano, violoncelle et trombone. « Mes chorals égalent ceux de Bach avec cette différence qu’ils sont plus rares et moins prétentieux » (Erik Satie). Beau dialogue piano-trombone. Dialogue piano-violoncelle tendre à souhait, sans mièvrerie. Jamais de mièvrerie chez Satie. Dialogue violoncelle-trombone. Troublant délice. Dialogue piano-violoncelle qui sonne extrême-oriental à mes oreilles occidentales. La rivière coule du piano. Jaillissement continu du violoncelle.

 « After last » (Ryan Keberle). Dialogue passionné piano – violoncelle pour commencer. Le trio démarre avec le trombone devant. Là, ce n’est plus dans l’esprit de Satie mais c’est beau aussi. Plus volcanique, tellurique avec le trombone qui souffle le chaud, pas le froid. Pour le froid, il y a la vibration du violoncelle sous l’archet et le calme du piano.

 

RAPPEL

Le prochain album du trio Reverso sera consacré à Claude Debussy (1862 - 1918) et publié en 2027.

 

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Julieta Eugenio Trio emporte le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Julieta Eugenio Trio

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Mercredi 15 avril 2026, 20h30

 

Julieta Eugenio: saxophone ténor, compositions 🇦🇷

Viktor Nyberg : contrebasse 🇸🇪

Andreu Pitarch: batterie 🇪🇸

 

Lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs, je ne connaissais rien de la saxophoniste & compositrice argentine, Julieta Eugenio, domiciliée à New York, USA, avant le concert de ce soir. Quelques secondes grappillées sur Youtube m'avaient suffi pour mentionner ce concert dans ma sélection d'avril 2026 et pour m'y rendre. Je fus déçu en bien comme disent les Suisses & les Savoyards.

Batteur avec un maillet dans la main gauche et une baguette dans la main droite. Gros son de sax ténor dans la lignée de Dexter Gordon & Sonny Rollins. Musclé, charnu, viril, velu selon les préjugés et c'est manifestement une femme qui joue. Une Argentine qui s'est imposée à New York et nous fait l'honneur de sa présence à Paris. Je bats la mesure du pied gauche. Solidement groupé et ça avance. Batteur aux baguettes. Il joue yeux clos. Le contrebassiste garde les yeux ouverts pour regarder, de temps en temps, la partition. Le batteur a aussi une partition mais ne la regarde pas. La saxophoniste n'a pas de partition. C'est elle le Chef. Premier solo de contrebasse.  Bonne vibration boisée. Le batteur soutient mezzo voce. La saxophoniste tourne à l'eau claire. C'est la jeune génération. Quoique Clifford Brown (1930 - 1956) n'ingérait rien de toxique, était marié, père de famille et mourut à 26 ans d'un accident de voiture. Ce son de sax ténor me gratte l'âme.

Solo de contrebasse en intro. La vibration me parcourt. Le sax chante & chuinte. Les maillets ponctuent légèrement. Je bats la mesure du pied droit. Le sax ténor perce en plein coeur. Ca rebondit sans cesse entre les 3 musiciens, en souplesse. C'est intense. " Il n'est qu'une vertu dans l'homme et dans l'art, l'intensité. Etre intense, tout est là ". (André Suarès). Roulements de tambours sous les baguettes. La contrebasse tient la baraque.

12 ans à New York. Julieta Eugenio se présente et nous déclare son amour pour Paris. En anglais. Son prochain album, le 3e, en 4tet, sortira le vendredi 2 octobre 2026. Le premier titre venait de son premier album " Jump " (2021). Le second du deuxième album " Stay " (2024).

" Heart way ". Démarrage au sax ténor. Batteur aux baguettes. Pulsation puissante du bassiste & du batteur. Ca dépote. Une énergie puissante sans excès sonore. Le sax ténor n'a pas besoin de micro vu la taille de la salle, le Sunside, mais il y en a un. Malheureusement. Dialogue contrebasse - batterie. La tension ne tombe pas une seconde. J'écoute yeux fermés, pour mieux savourer cette intensité. Le batteur a une justesse, une finesse délectables.

Retour au calme avec une ballade. Un standard du Jazz. " Darn that dream ". Thème reconnaissable immédiatement. Batteur aux balais. Les ombres tutélaires & bienveillantes de Dexter Gordon & Sonny Rollins veillent sur ce son de sax ténor. Pour une esthétique différente sur le même thème, écoutez la version en piano solo de Martial Solal (album " Martial Solal improvise pour France Musique ".1994). Contrebasse & batterie ronronnent fermement. Sax ténor chaud & énergique. Le son de saxophone devient plus intense, plus mordant. Dialogue bassiste & batteur aux baguettes. Ca avance à pas souples & rapides. Retour au trio avec le batteur aux balais. Solo de sax ténor sans accompagnement. C'est tellement solide, charpenté, rythmé avec temps forts & temps faibles, son & silence, qu'elle prend toute la place sans peine.

Un titre du dernier album " Stay ". Le batteur est aux baguettes. La contrebasse pulse. Volutes sonores du sax ténor. Pas que de la fumée. Il y a aussi de la lave en fusion. Julieta Eugenio est volcanique. Le batteur fracasse, le bassiste creuse au ventre et le sax ténor nous cingle. Ils nous transmettent de l'énergie vitale. Elle lance une ligne mélodique et s'efface. Le contrebassiste la reprend. Le batteur roule aux baguettes. Puissant mais toujours structuré, ordonné. Elle reprend sa ligne mélodique en dialogue avec le batteur.

PAUSE

Batteur aux baguettes. Le sax ténor tranche dans le vif. La musique coule, impétueuse comme un torrent de montagne. " Racoon tune " extrait de l'album " Jump " (2021). Cf extrait audio au dessus de cet article. Un raton laveur (racoon in english) est passé devant la fenêtre de son appartement dans le Queen's à New York. Surprise! Cri de stupeur. D'où l'inspiration pour ce morceau. 

Batteur aux balais. Le bassiste installe une pulsation en ostinato. Sax rêveur, méditatif. Toujours rythmé. Je bats la mesure du pied gauche et hoche la tête. Batteur aux baguettes. Pulsation plus énergique. Plus gros son de sax ténor. Dialogue subtil entre contrebasse & batterie. Les vibrations se répondent. " Breath III " (wordplay in english) extrait de l'album " Stay " (2024)

Un standard du Jazz. Batteur aux balais. Air connu. Le titre m'échappe. Sonny Rollins & Dexter Gordon ont dû le jouer. C'est ce genre de son de sax ténor. La contrebasse marque un pas rapide. Retour aux baguettes pour faire cingler les cymbales. Je ferme les yeux, m'endors, bercé énergiquement. " Taking a chance on love "

" Efes " extrait du premier album " Jump " (2021). Batteur aux baguettes. Morceau énergique. Ca pulse dur entre contrebasse & batterie. Le ténor décolle en tornade.

Un air sautillant. Du Jazz country and western. Ca me rappelle le trio de Sonny Rollins sur  " Way out West " (1957). En moins relax, car l'album " Way out West " fut enregistré after hours (après les heures en français), en studio à Los Angeles à  partir de 3h du matin après les concerts de la soirée. Le trio de Julieta Eugenio envoie, nom de Zeus! Je commence a être trop fatigué pour suivre mais les musiciens ne relâchent pas la pression. Avec le batteur aux baguettes, saperlipopette! Retour au calme et au thème pour le final en souplesse, glissando.

 

Gato Barbieri peut reposer en paix. La relève du saxophone ténor argentin est assurée avec la Dame Julieta Eugenio

 

La vidéo ci-dessous a été enregistrée  avec un autre trio de Julieta Eugenio, à New York, dans Central Park, l'été 2019.

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Lucas Dorado & Minino Garay invitent au Jass Club

Publié le par Guillaume Lagrée

Lucas Dorado 

&

Minino Garay

Le Jass Club

Paris, Ile de France, France

Jeudi 9 avril 2026, 19h30

 

Lucas Dorado: vibraphone 🇦🇷 🇨🇭

Minino Garay: batterie, percussions, voix 🇦🇷

Laurent Salzard: guitare basse électrique 🇫🇷

Invités

Wesley Rubim : trombone 🇧🇷

Pablo Vergara : piano 🇨🇱

Manu Guerrero: piano 🇵🇪 🇫🇷

Christelle Iskander : violon 🇫🇷

 

Avant le concert, Minino Garay me demande deux feuilles de mon carnet de notes pour écrire la liste des morceaux joués dans l'ordre. Ce n'est pas un concert de classique avec un programme imprimé et distribué aux spectateurs. C'est du jazz, saperlipopette!

Bonsoir dit Minino Garay. Roulement de tambours aux maillets et le vibraphone se lance seul en douceur. La basse ajoute sa pulsation. Les percussions entrent dans la danse. Je reconnais un morceau tiré de l'album " El Sueno " de Lucas Dorado célébré sur ce blog. Délicieux massage cérébral. " Sonrisas del Aire ". Cf extrait audio au dessus de cet article.

" Tête brûlée ". Hommage au Cameroun. Malgré le match Argentine-Cameroun (0-1) au Mondial 1990 qui a traumatisé Minino Garay. Certainement moins que la défaite en finale de ce même Mondial de football 1990 de l'Argentine contre l'Allemagne. Aux tirs au but. Ca groove dur. Ca balance à l'africaine. Je bats la mesure du pied droit et hoche la tête en rythme ou à peu près. Solo bondissant du bassiste soutenu par les percussions et ponctué par le vibraphone. 

" Smile " (Charles Chaplin).  Un pianiste chilien monte sur scène, Pablo Vergara. Le pianiste joue la mélodie. Percussions & vibraphone ajoutent une couleur argentine. Le bassiste tient la baraque en bon père de famille comme disait le Code civil des Français en 1804. A ma gauche, une table où une petite fille mange sagement en compagnie de son père et de ses deux amis. Avec un casque sur les oreilles pour éviter les excès de décibels. Smile prend un sacré coup de jeune et nous garde le sourire.

Le vibraphoniste sort de scène. Entre une violoniste.  Christelle Iskander. Intro au violon solo. Vibrante. " Besame Mucho ". " Le Jazz, c'est l'art de transformer le saucisson en caviar " disait Barney Wilen dont cette chanson mexicaine fut le cheval de bataille. Le piano arrive en douceur. Martèlement léger du batteur aux baguettes sur les bords de caisses. Le pianiste envoie à son tour bien soutenu par le batteur. Pas de basse électrique sur ce morceau. Ca ne collerait pas. Violoniste classique. Cela s'entend à la propreté et à la netteté du son. Somptueux duo piano-violon pour envoyer le final.

Retour de la basse & du vibraphone. La violoniste reste. Je reconnais un air de tango de Minino Garay, son " Speaking Tango " maintes fois célébré sur ce blog depuis 2022. Le violon ajoute de l'acidité. Ca balance dur. Fouette cocher! " Desencuentro ". 

2 invités montent sur scène. Un pianiste franco-péruvien. Manu Guerrero. Un tromboniste brésilien. Wesley Rubim. Qui s'ajoutent à un vibraphoniste suisse & argentin, un bassiste français, un batteur percussionniste argentin. Bref, ce groupe est un cauchemar pour xénophobes. Plaignons les xénophobes. Ils manquent tant de réjouissances. " Lunecer " (Lucas Dorado). Solo de vibraphone en intro. La basse marque le pas. Dès le premier concert de 19h30, les musiciens sont chauds. Bravo! Le trombone ajoute de la chaleur. Je bats la mesure. Ca balance bien. Vibraphone joué à deux mains et quatre maillets. Chaud & cristallin. Délicieux, quoi! Au tromboniste d'envoyer son solo soutenu par le groupe. Ca pulse joyeusement et funkissimo. 

" Footprints " (Wayne Shorter). Morceau arrangé par Minino Garay & Ira Coleman dans le groupe de Dee Dee Bridgewater. Démarrage en solo de percussions. Le vibraphone semble répondre mais je ne l'entends pas. Ah ça y est! Ils jouent le thème magnifique de Wayne Shorter. " Wayne Shorter est le plus grand compositeur du Jazz  depuis la mort de Duke Ellington " (Stan Getz). La partie de saxophone est jouée au trombone. Le thème prend un son Latin Jazz tout en gardant sa splendeur. Le pianiste joue en se levant emporté par son élan. 

Une chanson sud américaine connue en France sous le titre " Lambada ", copiée d'une chanson bolivienne " Llorando se fue ".  Tube de l'été 1989 en France pour une boisson à l'orange créée à Oran d'où son nom. En 1991, condamnation pour plagiat en France et 6 000 000 FF de droits d'auteur à verser aux vrais auteurs de cette musique. Quartet piano basse batterie vibraphone. Solo de batterie pour commencer. Minino Garay fait chanter les tambours et cingler les cymbales. Echange percutant entre piano, vibraphone & batterie. Le piano lance un autre thème que le groupe reprend. Toujours dansant. 

Un air festif pour finir. Avec piano & trombone. Solo de trombone. Il barrit comme un jeune élephant à l'insatiable curiosité.

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Sélection de festivals et de concerts de Jazz pour mai 2026

Publié le par Guillaume Lagrée

Herbie Hancock par Juan Carlos HERNANDEZ

Herbie Hancock par Juan Carlos HERNANDEZ

Eblouissantes lectrices, resplendissants lecteurs, fidèles abonnés au Jazz et à l'électricité,  en toute subjectivité, je vous propose la sélection suivante de festivals & concerts de Jazz pour mai 2026.

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live.

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Il s'agit d'une radio associative, sans publicité. Si vous êtes imposables en France, vos dons sont déductibles fiscalement.

Le  podcast de l' émission de juin 2022 en 2 parties sur France Culture," Une histoire particulière " consacrée à Dizzy Gillespie Président reste disponible.  Avec la participation de Guillaume Lagrée, l'Excellent auteur de ce blog.

Sur la radio TSFJAZZ, vous trouverez le podcast de l'émission du mercredi 14 février 2024 " Caviar  et champagne " consacrée au " Jazz et aux amours contrariées " pour la Saint Valentin. Avec la participation de Guillaume Lagrée, l'Excellent auteur de ce blog. 

Vous pouvez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, des clubs Small's et Mezzrow. Accès gratuit hors frais de connexion. Sur Internet, si c'est gratuit, c'est toi le produit.

Aux Lilas (93), le Triton vous propose un service de vidéo à la demande qui vous permet de voir et d'écouter les concerts passés pour une somme modique.

En France, Ile de France, à Paris, au Grand Palais:  exposition MATISSE 1941 - 1954 ,jusqu'au dimanche 26 juillet 2026.  L'époque de son album Jazz (1947).

Jeudi 30 avril 2026, Journée Internationale du JAZZ sous le patronage de l'UNESCO. Pour l'an 2026, le centre mondial du JAZZ sera à Chicago, Illinois, Etats Unis d'Amérique, grande ville du Blues & du Jazz. Concert à suivre en direct sur Internet. Direction musicale assurée par Herbie Hancock, dans sa ville natale. Concerts organisés dans le monde entier pour célébrer le Jazz, musique de paix & de démocratie. Cf photographie au dessus de cet article.

Miles Davis (1926 - 1991) aurait eu 100 ans le 26 mai 2026. Nombreux concerts en hommage au Sorcier, au Prince des Ténèbres, Mr Miles Davis, en mai 2026. Cf album " Sorcerer " du Miles Davis Quintet (1967).

Quelques festivals de Jazz en France

 

En Normandie, dans le Calvados, à Coutances, festival Jazz sous les Pommiers du vendredi 8 au samedi 16 mai 2026.

En Occitanie, Haute-Garonne, à Saint Gaudens, festival Jazz en Comminges du mercredi 13 au dimanche 17 mai 2026.

En Ile de France, à Paris, festival Jazz à Saint Germain des Prés du lundi 18 au dimanche 24 mai 2026.

En Ile de France, à Paris, au Baiser Salé, festival des Caribéennes de mai du mercredi 29 avril au dimanche 7 juin 2026. 50 concerts, 200 artistes.

Quelques concerts de Jazz en France

& aux Etats Unis d'Amérique

 

Le lundi & le mardi, à Paris, au Duc des Lombards, Nouvelle scène à 19h30, 21h, 22h30. Entrée libre pour découvrir les jeunes talents du Jazz en France.

 

Concerts de sortie aux USA de l'album Contrapunctus célébré sur ce blog:

- Mercredi 20 mai, Barbès, Brooklyn, New York. Hommage à Paris vu le nom du club.

- Jeudi 21 mai, Hermit Woods, Meredith, New Hampshire. Domaine viticole. L'alcool se consomme avec modération. Le Jazz sans.

- Vendredi 22 mai, Kittery Dance Hall, Kittery, Maine

- Mercredi 27 mai, Close Up, Lower East Side, New York

- Samedi 30 mai, Bar Bayeux, Brooklyn, New York

Vendredi 1er mai, 20h, Les Lilas (93), le Triton: hommage à Michel Portal. 20 musiciens réunis sur scène. Concert au bénéfice de la Fondation pour la recherche sur Alzheimer.

Jeudi 7 mai, 19h30 & 21h30, Paris, le 38 RIV: carte blanche à Hermon Mehari.

Vendredi 8 mai:

- 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: Jazz in four seasons " Spring " Hetty Kate 4tet.

- 21h30, Paris, le Sunside: le 5tet Moving People de Riccardo del Fra

Samedi 9 mai:

- 20h, Vincennes (94), Espace Sorano: Christie Dashiell chante. 

 - 21h30, Paris, le Sunside: le trio Three for Chet de Riccardo del Fra

Dimanche 10 mai, 18h30, Paris, l'ECUJE: Burt Bacharach, génie de la mélodie. Conférence Jazz par Olivier Hutman. " N'ayez jamais honte d'écrire une mélodie dont les gens se souviennent " (Burt Bacharach).

Lundi 11 mai, 18h30 & 21h30, Paris, le New Morning: duo John Scofield & Gerald Clayton.

Mardi 12 mai:

- 19h30 & 21h30, Paris, le 38 RIV. Le Background 4tet de Simon Goubert.

- 20h30, Paris, le Sunset: le 5tet de Lenni Torgue pour jouer l'album "   Jeux de mains  " célébré sur ce blog. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Mercredi 13 mai, 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: le trio de Julia Perminova.

Jeudi 14 mai:

- 19h30 & 21h30, Paris, le 38 RIV. Trio Ronces . Fred Pasqua, Yoni Zelnik, Nelson Veras. Classieux.

- 21h30, Paris, le Sunside: le 4tet de Robin Mansanti joue Miles Davis.

Vendredi 15 & samedi 16 mai:

- 20h30, Paris, le Sunset: le So Miles Sextet de Nicolas Folmer avec Rick Margitza, le dernier saxophoniste de Miles Davis.

- 21h30 , Paris, le Sunside: le 5tet de Joe Magnarelli avec Alain Jean-Marie joue Miles Davis.

Samedi 16 mai, 19h30 & 22h, Paris, le Duc des Lombards: le trio de Giorgi Mikadze " Georgian Songbook Volume 2 ". La musique de Géorgie (le pays natal du vin) par un trio de Jazz.

Lundi 18 mai, 19h30 & 21h30, Paris, le 38 RIV. Le trio de Diego Imbert.

Mardi 19 mai, 20h, Paris, la Table de Belleville. Le trio de Yoni Zelnik. Entrée libre. Dîner concert.

Vendredi 22 & samedi 23 mai, 19h30 & 21h30, Paris, le 38 RIV. Le trio de Romain Pilon.

Lundi 25 mai, 19h30 & 21h30, Paris, le 38 RIV. Le trio de Mussina Ebobissé.

Mardi 26 mai, 20h, Paris, le Bal Blomet: concert Jazz Magazine. Miles à Paris par le 5tet de Laurent Courthaliac avec Hermon Mehari.

Vendredi 29 & samedi 30 mai, 19h30 & 22h, Paris, le Duc des Lombards: le 4tet de Wayne Escoffery. Cf vidéo sous cet article.

Vendredi 29 mai:

- 19h30 & 21h30, Paris, le Baiser Salé, le 4tet d'Olivier Ker Ourio pour l'album " Life as it is ".

- 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: le trio de Virginie Daïdé invite Hugo Lippi.

- 20h30, Les Lilas (93), le Triton: dialogue Sophia Domancich & Simon Goubert.

Samedi 30 mai20h30, Les Lilas (93), le Triton: le 5tet de Mathias Lévy pour jouer & chanter l'album " Chant Song " célébré sur ce blog.

La photographie d'Herbie Hancock est l'oeuvre du Funky Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Les frères Ferré reçoivent Chez Georges

Publié le par Guillaume Lagrée

Boulou & Elios Ferré

Chez Georges

Paris, Ile de France, France

Mardi 31 mars 2026, 20h

 

Boulou Ferré : guitare

Elios Ferré : guitare

Invité

William Brunard : contrebasse

 

Chez Georges est une maison fondée en 1950. Le mardi soir concert de jazz manouche. Par principe, je ne suis pas amateur de ce genre musical. A tout principe, des exceptions. Les frères Ferré en sont une, majeure.

Boulou fait ses gammes assis sur un banc au fond de la salle. Elios le rejoint, s’assied à côté de lui. Pas de micro, pas d’ampli. S'il y avait un ampli, je n'en ai pas souvenance. 

« La danse norvégienne » d’Edvard Grieg arrangée pour guitare par Django Reinhardt. La magie commence tout de suite. Les notes se détachent claires et nettes. Ca balance doucement. Le duo se lance. Boulou en soliste, Elios en accompagnateur. Jean-Jacques (1951) dit Boulou & Elios Ferré (1956) jouent ensemble depuis l’enfance même si leur duo a été créé officiellement en 1979. Ils ont d’abord été formé par leur père Pierre-Jean Matelo Ferret (1918- 1989), guitariste de Django Reinhardt. Leur dialogue est toujours aussi créatif. Ils m’emmènent danser avec les elfes et les fées. Attaque & vibrato de Boulou. Elios fait la pompe en finesse.

«Place Pigalle » (Matelo Ferret). C’est l’esprit de Paris, du bal musette façon jazz manouche (gipsy jazz in english). La guitare de Boulou sonne comme un accordéon. Ca valse, sapristi ! Mon voisin de droite Graziano est Calabrais. Il préfère être au concert que vivre une soirée d’angoisse à la télévision en suivant le dernier match de qualification de l’Italie pour le Mondial 2026 de football. Les deux frères attaquent. Je bats la mesure du pied gauche. Ca guinche. Un petit air classique surgit des doigts de Boulou.

« La rue des trois frères » (75018 Paris, France). Une rue où Georges Clemenceau tenait son dispensaire médical avant de se consacrer exclusivement à la politique et où vécurent plusieurs Résistants pendant l’Occupation. Au pied de la butte Montmartre. Plein de belles histoires dans cette rue. Cela s’entend. Boulou cite « Singin in the rain ». Même sous la pluie, la rue des trois frères est jolie. Boulou cite « Killer Joe » de Quincy Jones. Celle là, je ne m’y attendais pas du tout. Funky et acoustique. Pour conclure le morceau, ça tue. En douceur.

Une très belle composition de notre père, Matelo Ferret, « Gipsy Djoungalo ». Ecrite en coopération avec le violoniste Michel Warlop (1911 - 1947) avec qui il créa un septuor à cordes de Jazz. Le duo étire les notes, tranquille. Ca s’étire comme un chat. En souplesse. Sans forcer.

Elios sort de scène. Boulou nous explique qu’il a travaillé le piano, l’orgue, l’improvisation avec Olivier Messiaen (1908 - 1992), compositeur français qui avait horreur du Jazz. Boulou nous joue un exercice de style à la Raymond Queneau. Une improvisation à la guitare comme un orgue. Attaque très forte sur chaque corde. Ca se calme. Musique d’inspiration baroque il me semble.

Un standard du Jazz composé par Jérôme Kern. « All the things You are ». Un des 7 morceaux qu’il faut connaître par cœur pour être musicien de Jazz selon Lee Konitz (1927-2020) qui l’a joué toute sa longue vie. Retour au duo. Intro de Boulou. Jolie mais sans rapport avec le thème. La mélodie arrive au ralenti, jouée par le duo fraternel. Délicieux massage cérébral. Elios cite la berceuse française «  Do do l’enfant do » ou « Jean-Pierre » de Miles Davis selon le point de vue.

 

PAUSE

Hommage à la famille Ferré. Défense du patrimoine sans avoir un orgueil démesuré comme dit jolimen Elios Ferré. Une composition de Django Reinhardt. « Troublant Boléro ». Boulou installe le trouble. Une très bonne onde nous traverse. Le thème démarre en duo. Solide ligne de basse sans basse. Le thème, léger, s’envole comme des papillons. Fluide, évanescent, éblouissant. Le duo est tellement bon qu’il devrait être illégal.

« Swing Valse » (Gus Viseur). Un classique du Jazz musette. Démarrage en duo, plutôt valse. Lente, entraînante, avec élégance. Ca accélère et devient Swing tout en restant Valse. Le métissage musical fonctionne. Je ferme les yeux et savoure.

Un invité monte sur scène. William Brunard passe entre les tables en portant sa contrebasse sans rien renverser. Chapeau, l’artiste ! « Swing 42 » (Django Reinhardt). La guitare de Boulou entre en résonnance avec la contrebasse. Je reconnais le thème. Boulou cite « Singin in the rain ».  Solo de contrebasse qui malaxe bien. William Brunard sait aussi descendre en glissando avec les guitares. Boulou chantonne l’air pour finir. Ca coule comme une nouvelle vague, une bossa nova. Solo de contrebasse véloce soutenu par Boulou en douceur. Elios joue des percussions sur le corps de sa guitare. Il revient dans la danse.

« Nuages » (Django Reinhardt). Duo contrebasse& guitare. Boulou joue et chante les paroles en français écrites pour Lucienne Delyle.

Mon carnet de notes est fini. La chronique aussi. Merci à mon généreux et sympathique voisin de gauche, Graziano, Italien de Calabre. Merci aux frères Ferré qui font vivre la musique et le message de leur père Matelo Ferret. « On peut s’inspirer de Django Reinhardt mais on ne peut pas le copier sinon on est poursuivi pour usage de faux » (Matelo Ferret). Merci à l’équipe de Chez Georges de faire vivre une musique authentique dans un lieu authentique. 

 

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Katia Schiavone rend femmage à Mary Osborne en trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Katia Schiavone Trio

Femmage à Mary Osborne

Le 38 RIV

Paris, Ile de France, France

Vendredi 27 mars 2026, 19h30

 

Katia Schiavone : guitare électrique

Fabien Marcoz : contrebasse

Philippe Soirat : batterie

 

Mary Osborne (1921 - 1997), guitariste électrique américaine, active surtout dans les années 1950. Plutôt une interprète de standards du Jazz qu’une compositrice. Une musicienne d’aujourd’hui rend hommage à une musicienne d’hier. De femme à femme, cet hommage est un femmage.

Batteur aux balais. Ca commence tranquille. Bonne pulsation. Je bats la mesure du pied droit. La contrebasse pulse. Le batteur malaxe et les notes de guitare se détachent une à une, cinglantes. Batteur aux baguettes. Ca pulse plus énergiquement. Solo de contrebasse qui vibre bien dans le ventre. Bien ponctué par la guitare, soutenu par la vibration des cymbales. Breaks de batterie pour relancer la machine. La guitare attaque plus franchement. Retour au calme. Alternance tension-détente qui est la base de la musique et de l’attention qu’elle suscite. C’était un standard. «  I am getting sentimental over You ».

Une composition de Charlie Christian (1916 - 1942) que Mary Osborne adorait. «  Seven come eleven ». Belle énergie du trio. Ca swingue dur. Charlie Christian a donné son nom à un modèle de guitare chez Gibson, la ES150 dont il jouait. C’est lui le Père fondateur de la guitare électrique. Un morceau qu’il jouait dans le groupe de Benny Goodman (1909 - 1986), le premier groupe mixte en noir & blanc de l’histoire du Jazz.

Retour de Philippe Soirat aux balais. Une ballade très douce, très calme. Un thème archi connu de Duke Ellington dont le titre m’échappe. Katia Schiavone amène délicieusement son solo final que la batteur aux maillets et le contrebassiste concluent avec elle dans une même vibration. C'était « Sophisticated Lady » que Mary Osborne jouait sur son album « A Girl and Her guitar ». Cf extrait audio au dessus de cet article.

« Spotlight » (Mary Osborne). La contrebasse impulse sec. Fine ponctuation aux baguettes. La guitare lance des éclairs de lumière ponctués de silences sombres. Logique vu le titre du morceau « Spotlight ». Breaks du batteur aux baguettes sur les cymbales en finesse, plus fort sur les tambours. Haché menu.

 

PAUSE

« I let a song go out of lmy heart » (Duke Ellington). Batteur aux baguettes. Le trio pulse bien. Je bats la mesure du pied droit. Solo de contrebasse bien calé sur le thème. La guitare accompagne et le batteur relance aux baguettes. Je ne suis pas le seul à battre du pied et hocher de la tête mais plus les cheveux blancs comme moi que les cheveux bruns ou blonds.

« Body and Soul ». Un des 7 thèmes qu’il suffit de connaître par cœur pour être musicien de Jazz selon Lee Konitz (1927 - 2020) qui l’a joué toute sa vie. Intro en solo de contrebasse. Grave et majestueux comme il convient. Le trio démarre avec le batteur aux balais. Le feeling est bon. Intense dans la douceur. Je bats toujours la mesure du pied droit mais plus lentement forcément. L’ampli de la guitare porte le nom Quitter. Pourtant, à écouter cette guitariste, elle ne donne pas envie de la quitter. Des spectatrices admiratives de Fabien Marcoz applaudissent trop tôt. Elles s’arrêtent, laissent finir puis applaudissent de nouveau.

« Just friends ». L’album de ce trio sortira le vendredi 15 mai 2026. Batteur aux baguettes. Démarrage en trio. Bonne énergie. Katia Schiavone joue debout. Elle envoie plus. Contrebasse & batterie poussent ferme derrière. Beau dialogue contrebasse & batterie. Echange de répliques vives et précises.

Un bon ouvrier se reconnaît à la propreté de son instrument. D'après un expert de mes amis, Katia Schiavone joue une Gibson L5, celle de Barney Kessel & Wes Montgomery, deux légendes de la guitare Jazz. 

Dans la vidéo ci-dessous, enregistrée lors d'un précédent concert au 38 RIV en octobre 2025, le même trio de Katia Schiavone accompagne Mario Ponce Enrile, chanteur salué sur ce blog.

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