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Sélection de festivals & de concerts de Jazz pour février 2026

Publié le par Guillaume Lagrée

Enrico Pieranunzi par Juan Carlos HERNANDEZ

Enrico Pieranunzi par Juan Carlos HERNANDEZ

Eblouissantes lectrices, resplendissants lecteurs, fidèles abonnés au Jazz et à l'électricité,  en toute subjectivité, je vous propose la sélection suivante de festivals & concerts de Jazz pour février 2026.

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live.

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Il s'agit d'une radio associative, sans publicité. Si vous êtes imposables en France, vos dons sont déductibles fiscalement.

 

Le  podcast de l' émission de juin 2022 en 2 parties sur France Culture," Une histoire particulière " consacrée à Dizzy Gillespie Président reste disponible.  Avec la participation de Guillaume Lagrée, l'Excellent auteur de ce blog.

Sur la radio TSFJAZZ, vous trouverez le podcast de l'émission du mercredi 14 février 2024 " Caviar  et champagne " consacrée au " Jazz et aux amours contrariées " pour la Saint Valentin. Avec la participation de Guillaume Lagrée, l'Excellent auteur de ce blog. 

Vous pouvez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, des clubs Small's et Mezzrow. Accès gratuit hors frais de connexion. Sur Internet, si c'est gratuit, c'est toi le produit.

Aux Lilas (93), le Triton vous propose un service de vidéo à la demande qui vous permet de voir et d'écouter les concerts passés pour une somme modique.

Quelques festivals de Jazz en France

 

En France, Ile de France, à Paris, à la Philharmonie, exposition " Kandinsky. La musique des couleurs " du mercredi 15 octobre 2025 au dimanche 1er février 2026.

En France, Ile de France,  dans le Val de Marne, du vendredi 30 janvier au vendredi 21 février 2026, 35e festival Sons d'Hiver. Dans le riche programme, il y a même du Jazz.

En France, Ile de France, à Paris, du jeudi 29 janvier au vendredi 21 février 2026, 19e festival Au fil des voix. Pas de jazz dans le riche programme de ce festival vocal.

En France, Ile de France, à Paris, au théâtre du Châtelet, du jeudi 5 au mardi 10 février, festival Le Châtelet fait son Jazz.

André Cecarelli par Juan Carlos HERNANDEZ

André Cecarelli par Juan Carlos HERNANDEZ

Quelques concerts de Jazz en France

 

Le lundi & le mardi, à Paris, au Duc des Lombards, Nouvelle scène à 19h30, 21h, 22h30. Entrée libre pour découvrir les jeunes talents du Jazz en France.

Mardi 3 février:

- 20h30, Sceaux (92), Scène nationale Les Gémeaux: Song for Abbey. Marion Rampal chante Abbey Lincoln.

- 21h30, Paris, le Sunside: trio de Maîtres. Enrico Pieranunzi, Diego Imbert, André Cecarelli. Ames sensibles, ne pas s'abstenir. Cf photographies au dessus de cet article.

Mercredi 4 février:

- 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: Mario Ponce Enrile 4tet. " For this moment on ", album célébré sur ce blog. Cf extrait audio au dessus de cet article.

- 19h30, Paris, Salle Cortot: soirée pour fêter les 10 ans du label Continuo Musique. 25 musiciens sur scène. Que la fête commence!

Jeudi 5, vendredi 6 & samedi 7 février, 21h30, Paris, le Sunside: le 4tet de Minino Garay & Baptiste Herbin joue l'album " Los Arregladores " célébré sur ce blog. Cf vidéo sous cet article.

Jeudi 5 février:

- 19h30, Paris, le Sunside: And Now The Queen. A tribute to Carla Bley par le trio Guillaume de Chassy, Florent Nisse & Lou Tavano.

- 20h30, Paris, les Bascules: dîner concert avec le trio Benoît Sourisse, André Charlier & Pierre Perchaud. Groovy.

- 20h30, Paris, le Melville: dîner concert avec le 4tet d'Audrey Pierre.

Vendredi 6 février:

- 19h30 & 21h30, Paris, le Baiser Salé: 4tet de créateurs avec Fabrice Moreau, Nelson Veras, Ricardo Izquierdo & Jozef Dumoulin.

- 20h, Paris, le Bal Blomet: Paul Bley + invitée mystère.

- 20h, Paris, Salle Cortot: Eric Ferrand N'Kaoua avec un récital de piano classique & jazz. Variations Goldberg de JS Bach, Robert Schumann, Igor Stravinsky, Martial Solal & Georges Gershwin. 

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: le trio électrique d'Yvan Robilliard

Samedi 7 février:

- 19h30 & 21h30, Paris, le Baiser Salé: le trio de Pieternel Van Oers. Suivez cette Femme!

- 20h, Vincennes (94), Espace Sorano: Carmen Jazz. D'après Barney Kessel. Nonet pour mélanger Jazz & Georges Bizet.

Lundi 9 février, 20h30, Saint Denis (93), Saint Denis Jazz ligne 13: le 5tet de Pierre Perchaud joue son nouvel album " Fleur d'immortelle ".

Mardi 10 février, 20h30, Paris, Chez Georges: le trio de Mathias Lévy joue Stéphane Grappelli.

Mercredi 11 février, 20h, Paris, Bal Blomet: Django! Baptiste Herbin joue Django Reinhardt en trio sans guitare. 

Jeudi 12 février:

- 19h30 & 22h, Paris, le Duc des Lombards: le trio de Cyrus Chestnut.

- 20h30, Paris, Les Bascules:  dîner concert avec le 4tet d'Audrey Pierre.

Samedi 14 février, 20h30, Les Lilas, Le Triton: Sweet Comic Valentine. Le trio Riccardo del Fra, Bruno Ruder & Glenn Ferris célèbre la Saint Valentin à sa douce manière.

 

Dimanche 15 février:

- 16h & 19h, Paris, Théâtre des Ateliers du Chaudron: 4tet Steve Potts, Jobic le Masson, Jean-Philippe Viret & Simon Goubert. Jazz libre.

- 19h30 & 21h30, Paris, le 38 Riv: Cool Jazz for Quiet Dreams avec le duo Levi Harvey & Jérémie Lucchese. Doux rêves assurés.

Lundi 16 février, 19h30 & 21h30, Paris, le 38 Riv: le trio de Maurizio Minardi pour l'album " Invisible ". 

Mardi 17 février:

- 20h, Paris, Bal Blomet: concert Jazz Magazine avec le duo Airelle Besson & Lionel Suarez. Aérien. 

- 21h30, Paris, le Sunside: le trio Nicola Sergio, Mauro Gargano & Christophe Marguet. Poétique. 

Mercredi 18 février:

- 19h30 & 22h, Paris, le Duc des Lombards: le trio de Rémi Panossian

- 21h, Paris, le Baiser Salé: Jazz de demain avec le trio Xavier Belin, Irving Acao & Kristof Negrit.

Jeudi 19 février:

- 19h30 & 22h, Paris, le Duc des Lombards: le trio de Rémi Panossian

- 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: le 4tet de Jorge Vistel. Cuba libre!

- 20h, Paris, Bal Blomet: concert Jazz Magazine avec le duo Airelle Besson & Lionel Suarez. Aérien. 

- 20h30, Paris, ECUJE: Jazz à l'ECUJE avec le trio Yonathan Avishai, Pierre Perchaud & Christophe Panzani.

- 20h30, Paris, le Sunset: le 4tet de Sandro Zerafa avec Bill Mac Henry.

- 21h30, Paris, le Sunside: le Background trio de Simon Goubert.

Vendredi 20 février:

- 19h30, 21h30 & 22h30 (jam session), Paris, le Jass Club: le trio Lukmil Perez, Felipe Cabrera, Irving Acao. Cuba libre!

- 20h30, Les Lilas (93), le Triton: dialogue Thierry Eliez & Leila Olivesi aux pianos.

Samedi 21 février, 20h30, Les Lilas (93), le Triton: dialogue Jean-François Zygel & Dan Tepfer aux pianos.

Mardi 24 février:

- 19h30 & 21h30, Paris, le Baiser Salé: le trio de Ramona Horvath joue Mary Lou Williams, Grande Dame du Jazz. 

- 19h30, Paris, le Sunside: les Blakettes. Un 4tet de musiciennes françaises joue Art Blakey. Concert enregistré.

Mercredi 25 février, 19h30 & 22h, Paris, le Duc des Lombards: le 4tet de Dmitri Baevsky avec Alain Jean-Marie. Valeur sûre.

Vendredi 27 février:

- 19h30 & 21h30, Paris, le Baiser Salé: carte blanche à Magic Malik Jazz Association.

- 20h30, Les Lilas (93), le Triton, Bruno Angelini en solo. 

Samedi 28 février:

- 19h, Paris, Maison de la Radio, studio 104: Jazz sur le VifAffinities le duo Manuel Rocheman & Olivier Ker Ourio + le trio de Sullivan Fortner, deux groupes célébrés sur ce blog. Concerts enregistrés et diffusés par France Musique dans le Jazz Club en direct et en différé.

- 19h30 & 21h30, Paris, le Baiser Salé: carte blanche à Magic Malik 4tet XP

- 20h30, Les Lilas (93), le Triton, Emmanuel Bex en solo.

Les photographies d'Enrico Pieranunzi & André Cecarelli sont l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de ces oeuvres sans autorisation de leur auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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" Olha Maria " Hugo Lippi

Publié le par Guillaume Lagrée

Hugo Lippi

" Olha Maria "

For Musicians Only . 2026. 

Concert de sortie en France, à Paris,

au Studio de l'Ermitage,

mardi 10 mars 2026 à 20h00.

 

Hugo Lippi : guitares

Stéphane Belmondo: trompette

Gaël Rakotondrabe: piano

Laurent Vernerey: contrebasse

Denis Bennarosh: batterie

Le label américain CTI Records était réputé dans les années 70 pour son éclectisme entre Jazz, Pop & Classique. C'est dans cette lignée que le guitariste français Hugo Lippi s'inscrit avec son nouvel album " Olha Maria " sorti le 26 janvier 2026.

Cette diversité se lit dans la liste des morceaux joués. Un classique de la Pop anglaise avec " Baboohska " (7) de Kate Bush qui me fit danser dans les années 80 . Cf extrait audio au dessus de cet article. Un classique de la chanson française avec " L'hymne à l'amour " d'Edith Piaf (3). Cf vidéo sous cet article. Sur l'album joué en duo acoustique avec Stéphane Belmondo à la trompette.

 

La diversité s'entend dans les interprétations. Hugo Lippi change de style tout en restant lui même, qu'il joue de la guitare acoustique ou électrique. Une classique ballade Jazz pour la chanson de Paul Simon " Still crazy after all these years " (1) qui ouvre l'album. Délicieusement funky pour sa composition " Do it again " (2). Savant pour " Scriabin étude opus 8 numéro 2 " (8). Alexandre Scriabine (1871 - 1915) a écrit  pour le piano une étude opus 8 numéro 12. Y aurait-il une erreur dans la transcription du titre sur cet album? Je laisse les experts musicologues débattre et trancher.

Le groupe est composé de professionnels éprouvés, à l'aise dans toutes les situations. Savourez la souplesse et la chaleur de la rythmique derrière le son de velours de Stéphane Belmondo sur " Little Sunflower "(5).

Nom de Zeus, ils jouent même un boogaloo digne des 60's! Le bien nommé " Up and at it " (9). A danser de concert, lectrices funky, lecteurs groovy.

Cette unité dans la diversité, devise officielle de l'Union européenne, sera à écouter sur scène, au concert de sortie en France, à Paris,au Studio de l'Ermitage, le mardi 10 mars 2026 à 20h00.

 

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Continuo Jazz fête ses 10 ans salle Cortot à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Isabelle Sajot, Kevin Reveyrand & Minino Garay par Jacques PAUPER

Isabelle Sajot, Kevin Reveyrand & Minino Garay par Jacques PAUPER

Fête des 10 ans du label

Continuo Jazz

Paris, Ile de France, France

Salle Cortot

Mercredi 4 février 2026, 19h30

 

Le premier concert de jazz, salle Cortot, à Paris, en France, c’était en 1934 pour le 5tet du Hot Club de France avec Django Reinhardt & Stéphane Grapelli. Concert historique donc. Il y en eut d'autres depuis dont l'existence m'a échappé, je l'avoue. Cette salle pensée par Alfred Cortot, pianiste et pédagogue, créateur de l’Ecole normale de musique, et réalisée par Auguste Perret architecte, est en béton armé paré de bronze et de bois d’okoumé. Elle dispose d’une acoustique exceptionnelle. L’architecture est inspirée par la forme de la caisse de résonance d’un violon. 400 places toutes proches de la scène même au balcon.

Le label Continuo produit des albums de classique et de Jazz. L’Ecole normale de musique, qui comprend la salle Cortot, dispose désormais d’un enseignement de Jazz.

D’où le concert de ce soir salle Cortot pour fêter les 10 ans du Jazz chez Continuo. Les Jazzmen sont des impies. Ils ont osé mettre des micros et des amplis sur cette scène y compris pour le piano à queue, un vrai crocodile d’une fameuse marque allemande de New York. On a brûlé vif pour moins que cela.

13 groupes se sont présentés sur scène de 19h30 à 22h40. Sans pause. Trop long mais le meilleur était à la fin. Je suis donc resté jusqu’au bout.

1.       Kevin Reveyrand (guitare basse électrique), Isabelle Sajot (violoncelle), Minino Garay : (percussions). « Second mouvement du concerto en sol » (Maurice Ravel) , « As she said » (Kevin Reveyrand), « Downtown » (Kevin Reveyrand). C’est quand que tu vas mettre des paillettes dans ma vie, Kevin ? Pas ce soir en tout cas. Avec l’ajout de Minino Garay au 3e morceau, ça percutait plus tout de même. Cf photographie au dessus de cet article.

2.       Pierre Blanchard (violon), Eric Séva (saxophone baryton), Patricio Lisboa (contrebasse). « Si tu vois ma mère » (Sidney Bechet). Le violon est branché alors qu’il n’en a nul besoin ouï l’acoustique de la salle. Là, ça sonne Jazz. Ca roule. Ca balance. Solo de violon marqué au pas par la contrebasse. Délicieux. Le son du baryton ajoute encore plus de velours.

3.       Christophe Cravero (piano). « Song for Emi » & « Kalos » de Christophe Cravero. Le piano sonne très bien et n’a pas besoin de micro.

4.       Francis Lockwood (piano), Henri Dorina (guitare basse électrique), Minino Garay (percussions) . « Little wing » (Jimi Hendrix). + Johan Renard (violon alto). « The Kid » (Didier Lockwood). Retour au Jazz avec le Bluesman de l’espace comme le définissait John Lee Hooker ; Jimi Hendrix. Le violon remplace la guitare. Ca sonne plutôt bien. Enfin, je balance des épaules. Ca groove tranquille. Francis Lockwood joue ensuite un thème de feu son frère Didier Lockwood. Un morceau sautillant, joyeux, dansant comme un enfant. Là aussi, je balance des épaules.

5.       Olivier Ker Ourio (harmonica) & Manuel Rocheman (piano). Le duo Affinities maintes fois célébré sur ce blog. « Just love » (Manuel Rocheman) & « Aung San Suu Kyi » (Wayne Shorter). Enchantement renouvelé à chaque écoute. Ce soir encore. Rien à ajouter.

6.       Khalil Chahine (guitare), Olivier Ker Ourio (harmonica), Eric Séva (saxophone soprano) ; Kevin Reveyrand (guitare basse électrique). « L’éveil » & «La 11e danse » (Khalil Chahine).

7.       Eric Séva (saxophone baryton) & Daniel Zimmermann (trombone). Ca grogne & barrit. Beau dialogue. Ca claque & caresse. J’ignore ce qu’ils jouent mais c’est bon. 

8.       Pierre Blanchard (violon) & Leonardo Montana (piano). Intro en piano solo. Suivi d’un duo sur un standard du Jazz. Violoniste très inspiré par Stéphane Grapelli. My Ideal chanté par Chet Baker. Solo de piano grave & enflammé.

9.       Xavier Richardeau (saxophone baryton), Leonardo Montana (piano) & Stéphane Belmondo (bugle). « Trinkle tinkle » (Thelonious Monk). + Henri Dorina (guitare basse électrique) & Minino Garay (percussions). « Lili » (Véronique Hermann Sambin).  Ca commence par un standard. Duke Ellington je présume tant c’est sensuel et élégant. Duo piano baryton. Le bugle ajoute son souffle derrière. Le programme mentionne Monk mais cela n’y ressemble pas du tout. Monk a enregistré l’album « Plays Ellington » où il joue Ellington à la Monk. Joueraient-ils du Monk façon Ellington ? Enchaînement direct des deux souffleurs dans du West Coast Jazz. Un petit bleu de la côte ouest comme l’écrivait Jean-Patrick Manchette. Les ombres de Gerry Mulligan & de Chet Baker planent dans la salle. Chant, contrechant. Retour du piano . Un autre air classique du Jazz cool. Solo de piano plus incandescent. Je bats la mesure du pied droit. Ca swingue, saperlipopette !

10.   Line Kruse (violon) & Hervé Samb (guitare) + Kevin Reveyrand (guitare basse électrique) & Minino Garay (percussions). Une Danoise au violon. Un Sénégalais à la guitare. Joli dialogue chaud froid entre Afrique et Europe. Pour le 2e morceau, basse et percussions s’ajoutent. Morceau composé par la violoniste pour un grand orchestre (big band in english) et joué ce soir en quartette. Ca swingue bien. Je bats la mesure des pieds. Cf extrait audio au dessus de cet article.

11.   Pierrick Pédron (saxophone alto) & Manuel Rocheman (piano). « Waltz for a King ». Hommage au saxophoniste anglais Peter King. Laisse aller, c’est une valse. Pierrick Pédron joue sans micro. Un homme de goût, ce Breton. Manuel Rocheman nous régale. Suivi d’un standard du Jazz, une ballade. Classique, épurée. « The song is You ». Superbe solo de piano qui relance le saxo. Magistral.

12.   Joel Hierrezuelo (guitare & chant), Carlos Miguel Hernandes (chant). Même sans percussions, ça sonne afro cubain. La première chanson parle de politique et de danse. Cuba libre ! Hommage à la tradition de la plaine orientale, au son de Santiago de Cuba. Le chanteur danse aussi. Muy caliente !

13.   Baptiste Herbin (saxophone alto), Minino Garay (percussions), Leonardo Montana (piano) & Patricio Lisboa (contrebasse). Album « Los Arregladores ». En concert à Paris, au Sunside, jeudi 5, vendredi 6 & samedi 7 février 2026 à 21h30. Pato Lisboa remplace Felipe Cabreras à la contrebasse. Aucun problème d’intégration dans le quartette. Solo méditatif du sax alto pour commencer. Minino Garay ajoute de la percussion. Ca chauffe et malaxe bien. Le sax alto brille de mille feux. Minino joue et chante en même temps. A nous de ponctuer à intervalles réguliers. Du Monk version Latin Jazz pour finir.  Cf vidéo sous cet article.

13 groupes. Musique sans pause de 19h30 à 22h40. C’était trop, franchement. En 2036, pour les 20 ans du label Continuo Jazz, il faudra faire plus dense avec un morceau par groupe et une jam session (un bœuf en français) collective pour finir. A mon avis. 

La photographie d'Isabelle Sajot, Kevin Reveyrand & Minino Garay est l'oeuvre du Directeur Jacques PAUPER. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Ismail Sentissi " Todo es presente ". Concert de sortie au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Ismail Sentissi Sextet

Paris, Ile de France, France

Le Sunside
Vendredi 23 janvier 2026. 21h30

Concert de sortie de l'album Todo es presente
 

Le sextet d'Ismail Sentissi est composé de

Ismail Sentissi – piano

Roman Reïdid – trompette

Luca Spiler – trombone

Maxime Berton – saxophones

Maurizio Congiu – contrebasse

Cédric Bec – batterie

 

Eblouissantes lectrices, resplendissants lecteurs, vous avez déjà noté sur ce blog la chronique enthousiaste du deuxième album d'Ismail Sentissi, " Todo es presente ". Le concert de sortie en France avait lieu à Paris au Sunside le vendredi 23 janvier 2026 à 21h30. Absent de Paris ce soir là, la Citoyenne Carla PAQUIN, Dame du temps présent, a accepté d'écouter ce concert et d'en d'écrire la chronique  pour ce blog. Je la remercie et lui cède la parole.

 

          Cher lecteur, chère lectrice, bonjour ! Je pars souvent en vadrouille à l’écoute de cuivres, vents et percussions, et s’il m’arrive d’« écrivoter » ou de « dessinoter » pendant ces écoutes, je ne m’étais jamais essayée à une telle concentration. Ni écrivaine, ni critique de jazz, c’est avec pour renforts mon ouïe, mes récepteurs, mon cœur et mon âme, que j’ai tenté de relever au mieux le défi qui incombe aux zones d’inconfort en répondant donc positivement à la confiance investie par Guillaume que je remercie. Ses commandes étaient claires et généreuses : écrire comme je ressens.

J’espère que vous trouverez dans ces lignes un quelque chose qui vous plaira, de quoi titiller votre appétit sonore et écouter - en parallèle ? - le travail d’Ismail Sentissi que je ne peux que vous conseiller comme je l’ai tout à la fois découvert et aimé de concert.

          Todo es presente.. Tout est présent. Il s’agit du titre du second album que le compositeur et pianiste Ismail Sentissi est justement venu nous présenter ce soir avec son sextet. Son premier s’appelait lui Genoma, soit génome. Il y a ce qui est présent et ce que l’on active, me dis-je et, pour le moment, je plaisante en remarquant plutôt l’absence des musiciens et, contre mon gré, mon activité : c’est que je m’impatiente depuis mon tabouret en bout de salle situé...

Ancrée sur mon assise, je me demande ce que je m’apprête à déguster et si mes récepteurs et mon expression seront à la fois assez déliés et reliés entre eux pour que je parvienne à interpréter et à traduire ce que le compositeur voulu exprimer et ce que son œuvre m’aura fait ressentir.

Exercice d’ouïe plutôt que de vue certes, je regrette par avance cependant ne pas pouvoir distinguer les expressions des personnages de l’histoire que l’on nous contera ce soir. « On » dit qu’il suffit de couvrir un de nos sens pour que les autres s’en retrouvent décuplés. Je me déchausse de mes lunettes de vue ici inutiles en même temps que de ce regret venu du futur maintenant devenu caduque : ce soir, décuplons l’écoute !

          Le public commence à applaudir.. Pressentiment de la venue des musiciens ou actuelle venue, je ne puis le dire, et voilà que mon premier stylo lâche à ces lignes, le concert pas encore entamé... Les artistes entrent et, après quelques mots de l’un des gérants du lieu j’imagine, voici le concert et, avec lui le présent exercice, qui commencent !

1. Chen (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

          Les premières notes que l’on entend sont jouées par le pianiste et compositeur Ismail Sentissi. Les sonorités sont camouflées : à l’aide de l’une de ses mains passée par-dessus bord, le pianiste les voile en appuyant sur les cordes simultanément jouées. Il est accompagné par le contrebassiste qui, avec son archet, contribue à l’émergence d’une atmosphère envoûtante.

Ismail Sentissi positionne maintenant sa seconde main sur le clavier. Les notes se révèlent dans toute leur clarté. J’imagine que cette manipulation est simple ; elle n’en est pas moins efficace : c’est l’effet inhérent aux contrastes que de rendre saillantes les singularités, soit, ici, l’éclat des notes jouées.

Un do est répété au piano pendant que d’autres notes, plus aiguës, sont brièvement appuyées. Le trombone, la trompette et le saxophone soprano se mêlent harmonieusement à la musique en commençant par réciter la mélodie à l’identique du piano. J’entends ensuite le pizzicato du contrebassiste.

Cela sonne comme une présentation : « Voici quels seront, ce soir, vos compagnons » entonnent les divers instruments. Et je songe que la répétition du do s’apparente à une sorte de brume depuis laquelle s’échappent des formes qui se précisent au fur et à mesure que s’en dégagent et s’étirent les différents phrasés.

Survient un tournant qui dynamise le morceau. Nous ne serons pas seulement là pour planer. L’impression que j’avais de formes qui se laisseraient de plus en plus s’entrevoir se concrétise et débouche en celle de la présentation d’un générique. Il annonce les péripéties qui parsèmeront notre parcours.

Je goûte à une musique pleine d’espoir et de direction. « Rien ne sera laissé au hasard. »

Alors que nous commencions à nous habituer à cette vivacité nouvelle, l’accalmie revient. Une enveloppe de douceur avant que, presque aussitôt, n’arrive la dernière note.

          Ismail Sentissi nous salue. La première présentation était musicale et la sobriété de la seconde – oratoire - rappelle sa composition, entière, authentique et sans ornementation. Il nous annonce le titre du morceau précédent et celui du suivant, éponyme du nom donné à son second album.

2. Todo es presente (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

          Le saxophone soprano souffle une voluptueuse mélodie. La contrebasse le rejoint et contraste avec celle-ci avant que ne s’y ajoutent le piano et la batterie.

Ce chant m’inspire le désert. Mais à mesure que les autres instruments l’habillent, que s’y ajoute de la texture, mon impression se complexifie. Le désert demeure, mais en retrait ; nous nous situons dans une ville qui le jouxte. Oui, c’est cela, c’est un berbère qui s’est éloigné de ses terres pour se rapprocher de l’activité des villes sans doute. Le piano prend davantage le lead, suivit du soprano, et je le visualise tout à fait, déambulant dans les ruelles encore ensablées.

Le trombone et de la trompette accostent et propagent une sensation de pesanteur. Je pense au poids des bagages. Ne sommes-nous jamais tout à fait libres ? Le chant s’attriste légèrement.

Je regarde le contrebassiste, le batteur et le pianiste, tous trois souriants. Je les distingue finalement ? C’est que je viens de remarquer un écran au dessus du bar à ma droite.

Les accords me semblent altérés, la promenade plus tortueuse. Il y a dans ce morceau du sombre, une errance que l’on ne trouvait pas auparavant. C’est à ce moment que je réalise que le compositeur est marocain. Serait-ce pertinent d’avoir imaginé un berbère ? Et l’imagination aurait-elle toujours des pieds bel et bien au sol reliés ?

La prépondérance est accordée au piano, puis revient au soprano. Tout le monde chante. Il y a des envolées. Cela fait quelques années que j’ai remarqué, lorsque j’écris en écoutant de la musique, que mon écriture s’accélère à mesure de la progression - jugée par mes soins - qualitative de la musique. Ça y est, c’est le cas, ma main s’accélère.

Le sopraniste répète le thème qu’il a modifié et s’emporte. La percussion s’agite. « Il y a aura malgré tout ma percée » optimise le berbère. Les deux autres soufflants sont eux de ces compagnons qui soutiennent notre route.

C’est un voyage qui, avec ses errances et ses espoirs, est fidèle à la vie. 

Puis, et sans qu’on l’eut prédit, tout finit.

Ni hâte, ni longueur, aucune coda à proprement parler. Juste ce qu’il faut ; et en chœur. 

            Le pianiste, le contrebassiste et le batteur s’apprêtent à jouer un premier morceau issu du premier album du compositeur. Le pianiste annonce ce qui sera la première pause des soufflants qui doivent trouver le moyen de se frayer un chemin en dehors de la scène. Rires amicaux dans la salle.

3. Silences d’Oumma (Genoma, 1er album, 2021)

          Quelques notes ludiques au piano suivies d’un jeu mimétique par la contrebasse inaugurent ce troisième morceau. Commencent ici pour moi les difficultés d’écoute, oh que ça parle au bar… On dirait des phrases prononcées où se joignent des passages lentement articulés à d’autres plus précipités. Je goûte à une texture goût chocolat du côté du piano et à des pépites, ou plutôt à des grains de sel de Guérande, côté batterie.

Rapidement, chacun des trois instruments semble faire bande à part. S’ils évoluent dans  leur jeu propre, le tout se superpose harmonieusement. La mélodie s’adoucit, une expression pianissimo règne peu à peu chez tous les instruments.

La contrebasse s’amuse. Le solo est assez groovy ; d’ailleurs, le contrebassiste danse avec sa concubine. Le piano émerge, hypnotise. Le touché est délicat. Nous nous disons qu’il semble vouloir nous communiquer un tout plein de choses. La batterie s’élève...

Je me rappelle qu’il faut que j’arrête de regarder. Je ferme les yeux... J’ai chaud. J’enlève mon pull. « C’est pas toujours le sens que l’on croit » me dis-je, lorgnant sur ma thermosensation qui de toute évidence sut prendre le dessus sur mon ouïe.

Quelqu’un claque des doigts deux rangs derrière moi. Temps impairs obligent...

Le  pianiste plaque des accords de façon cyclique. Ils entrecoupent le jeu de la batterie tout en lui permettant de s’emballer.

Finalement, je commence à comprendre, je découvre une musique à parties et aux cadences changeantes. Ce sont des paysages. Le morceau s’achève à la fin de l’une des phrases d’accords répétée par le pianiste. Les dernières notes me restent en tête jusqu’au retour des soufflants.

3. Fela (Todo es Presente, 2nd album, 2025). Hommage au musicien et activiste nigérian Fela Kuti

          Quelques coups de batterie à peine et voici que tous les instruments prennent part à la discussion. Des tons graves sont superposés aux aigus. Il y a d’emblée de la profondeur et un côté quelque peu méditatif.

Le sopraniste entonne à nouvel un air de balade avec plusieurs espèces de feintes et de glissades. Son jeu est fluide et joueur, modeste et audacieux. Il me semble ne pas suivre de code mais ne s’étale pas non plus en de trop foisonnantes démonstrations. Je trouve vraiment joli ce contraste entre l’aspect débordant du début du morceau et ce chant en cavalier seul maintenant.

L’accompagnement du pianiste devient plus sonore. Il lui fait du coude, ce qui amène le soufflant à gigoter de plus en plus. Son jeu s’accélère. Je pense à la figure du tuteur qui tout à la fois sous-tend la présence et l’espace, la liberté, nécessaires à l’épanouissement de son élève.

Un bref silence inaugure une autre dynamique et le retour des autres soufflants. C’est plus saccadé. Nous entendons plusieurs voix qui ne disent pas la même chose au cours d’allées et venues entre eux et la batterie. Chacun son cri.

Le thème du début et sa méditative couleur resurgissent. C’est plus riche qu’au départ. Les soufflants agrémentent à leur tour et à l’envi les fins de phrase. Leur réapparition fut une surprise qui fait du bien à l’oreille. Le massage comme métaphore : c’est parfois toucher un autre endroit que celui que l’on travaille à dénouer qui étonnamment permet le mieux de faire circuler nœuds et flux d’énergie. A l’instar, ici, ils appuyèrent les sonorités dont on ne savait pas qu’elles nous seraient bénéfiques.

Les montées et les descentes du soprano forment un fond sonore, la trompette et le trombone prennent plus d’ampleur. On se dit qu’on aime ; et fin. Ils ne font – décidément - jamais dans le trop.

4. Cafouillages (Genoma, 1er album, 2021)

          Le début est entraînant. Bientôt, le jeu d’Ismail donne l’impression d’une jambe qui traîne. Cela détonne et donc étonne, une formule qui ne manque pas de nous séduire.

Les accords mirent du temps à arriver. La batterie s’ajoute et donne presque l’impression d’énumérer un code. La mélodie de la contrebasse ressort puis s’estompe afin que l’on entende à nouveau davantage le piano.

L’une des mains du batteur joue de ses doigts du tambour pendant que l’autre manie le balai. C’est subtil. Côté piano, la main gauche ressort et je me demande s’il est gaucher. J’ai envie de battre la mesure avec lui.

Je vois comme un jeu de fumée. Le trio s’élève puis s’emporte et le saxophoniste se joint à eux. Son jeu me fait penser à une main d’artiste qui dessine avec rapidité. Tout est furtif, et les voix se mêlent extrêmement bien. Tels les meilleurs bazars, c’est le bordel mais tout y a sa place ; et il commence même à y avoir raccord. J’imagine alors une soirée où quatre amis dansent des motifs pourtant propres à chacun mais par-delà lesquels éclôt une symbiose certaine. Vient un moment où l’un des danseurs adopte un autre « move », et celui-ci sera repris dans la foulée par ses camarades.

Je ne sais comment les musiciens s’accordèrent mais voilà qu’ils entament au même moment une descente... Une boucle est répétée, avançant comme de courtes spirales faisant figures de transe. Sept intonations, la dernière note est jumelée par le piano, et fin.

5. Première fois (Genoma, 1er album, 2021)

          Ismail Sentissi nous apprendra juste après que certains de ses titres, notamment celui-ci, ont d’abord été composés à la guitare avant d’être réadaptés à d’autres instruments. « Cela donne une autre vie » nous intime t-il.

          Ismail joue seul quelques notes. Je n’entends plus l’espoir qui accompagnait les autres morceaux, j’éprouve de la nostalgie.

Le contrebassiste utilise seulement l’archet, ses mouvements sont lents et longs. La salle s’assagit. C’est sensible. Le jeu du piano a tout de même un petit quelque chose de jazzy qui propage en nous l’envie de rythmer le temps en balançant notre corps d’avant en arrière.

L’atmosphère est fendue par le chant du soprano. Pourtant, celui-ci fait écho au piano. Je me mets à penser que c’est comme avoir une ombre ou un animal de compagnie qui nous suit. Ma perception évolue : ne serait-ce pas plutôt un prolongement de soi, un camarade en nous, un enfant intérieur qui rappelle que l’on n’est finalement jamais tout à fait seul.

C’est un univers que je suis heureuse de découvrir.

Il y a un espace tel, entre ce que disent le piano et le saxophone, que cela nous procure une impression d’espace, un espace non pas vide mais plein. C’est quelque peu triste mais certainement pas mou. C’est pour l’heure le morceau que je préfère.

Le saxophone s’interrompt – nous est offerte une pause d’une généreuse douceur.. - puis revient. Les fluctuations peintes laissent de plus en plus l’impression qu’il ne s’agit non pas de résignation mais de résilience. Il y a de l’activité. Il faudra peut être laisser de notre sensibilité, ne plus être à vif et décorer pour continuer ; mais on nous donne à voir que c’est faisable.

Il y a désormais certaines excentricités côté saxophone. Le jeu au piano, lui, se simplifie.

Nous aurions pu indéfiniment poursuivre l’écoute mais échoit un ralentissement.

Cinq notes seulement annoncent un changement qui s’avérera n’être autre que l’achèvement – achèvement ou aboutissement, à notre interprétation de choisir.

Une fin sur une descente. La dernière note est tenue – et je m’aperçois alors qu’à peine ai-je eu le temps de ressentir un léger égaiement, dissemblable à la couleur principale du morceau, que la progression du tableau s’arrête net.. Je reste moi en suspens.

6. Vent Sourd (Genoma, 1er album, 2021)

          Après le calme, la salle reprend son souffle qu’elle avait pour ainsi dire coupé.

          Le batteur manie un instrument que je connais peu, il me semble qu’il vient d’Amérique latine, c’est une boule que l’on fait tourner et cogner contre sa main à l’aide d’une ficelle et qui permet au musicien d’alterner de multiples cadences. Il tient donc d’une main cet objet et frotte de l’autre la surface de la caisse devant lui. Il y a trop de bruit là où je suis pour que je puisse m’imbiber de ce que le batteur nous propose. Je me concentre...

Ses façons de jouer des tambours et de la grosse caisse animent des bousculades. L’absence de rythmique autre qu’auto-investie rappelle celle des précipitations contre les vitres. Je pense aussi aux vagues qui s’élèveraient et s’affaleraient contre le littoral ; au vent soufflant entre et contre les arbres. C’est quelques temps après seulement que je me souviendrai du titre du morceau.

Le rythme s’élève, il devient à la fois plus rapide et plus régulier. La caisse claire s’emballe, les fouets s’agitent. On attend l’explosion. Les cymbales s’ajoutent enfin.

Je me dis naïvement que cela ressemble de plus en plus à une batterie. Je m’époustoufle : le batteur a réussit à me faire entendre des sons que je n’associais pas jusqu’ici à proprement parler à son instrument, pour la faire naître ensuite par amoncellement de sonorités. J’ai l’image d’une substance molle et abstraite qui prendrait forme petit à petit ; d’une chair revêtant progressivement son enveloppe. Cette genèse se parachève en l’impression d’une batterie se jouant elle-même. Je me dis avec le recul qu’il y a un parallèle à faire avec les éléments de la nature et les précipitations qui, sans l’entremise d’un maniement extérieur, se meuvent et s’ébruitent eux aussi comme de leur propre chef,

Le batteur joue puis coupe le son en posant ses mains sur les cymbales. Je me dis que cela ressemble davantage à de la communication de propos qu’à de la musique, si tant est qu’il faille distinguer les deux. Le jeu se fluidifie et le batteur paraît s’amuser en accentuant la sonorité ici ou là, à sa guise. Cela part dans tous les sens. Pour dernières images, celle du volcan qui s’excite, puis des braises qui crépitent.

Au « je pense donc je suis », je songe à la substitution d’un « je joue comme je ressens, et car je le puis ». Le jeu s’assagit, dernier éclat, silence.

7. Éthiopique. Hommage à Ethiopiques, recueil de poèmes de Léopold Sedar Senghor?

          La musique s’invite lentement. Pour signature presque tout du long, deux uniques notes jouées à la contrebasse. De l’alternance de leur expression et du silence qui les suit émane un épais mouvement allant de gauche à droite, et qui nous fait penser au serpent hypnotiseur dont le corps se dandine et défile de part et d’autre de sa tête, elle immobile. Elle laisse aussi au pianiste l’espace pour jouer à loisir.

Il y a un va et vient entre des moments intensité et d’autres, calmes, et je trouve les retours à ces derniers particulièrement jolis. S’y instille en moi l’envie d’une présence. On nous sert plein de rêves.

Au gré des cadences et des décors tapissés par le pianiste, d’un défilé de sonorités confuses, swing ou encore hésitantes, nous traversons des moments méditatifs, de tension et de douceur, des émotions tantôt empreintes de doute, tantôt juvéniles.

Je remarque que même lorsque Ismail ne joue pas de l’une de ses mains, celle ci est sur le clavier du piano. J’ai l’impression que tout cela est organique.

J’éprouve que le piano s’assombrit et sourdement pleure. Un poids qui pèse.

C’étaient auparavant sa jeunesse, ses 30 ans et leur « pimpance », et si nous goûtions à l’instant à leur soudaine résurgence, il sait que cette époque est révolue. La contrebasse sort de sa redite, s’épanche enfin, pour nulle autre raison que pour celle d’œuvrer au réconfort de son ami : « souviens toi, oui, de nos jours anciens, comme c’était bien, mais ne doute pas non plus, oh non ce n’est pas le mot de la fin ». Cela fonctionne. Le piano revient, revit, plus sereinement et sûr de lui ; « mon chant du cygne pourra, lui aussi, être exquis » augure-t-il. De son assurance ressort même sa vingtaine, et la contrebasse, devant l’allure de son éternel acolyte, est heureuse de savoir qu’elle a réussi.

Des « chhhhhh » à mes côtés trahissent l’espoir vite révélé erroné de faire régner l’écoute au comptoir... Les subséquentes complaintes m’empêcheront de savoir comment se termina ce chant du cygne ; qui donc, à mon ouïe, ne sera jamais advenu - ce qui, finalement et à n’en pas douter, ne me déplaît point.

8. Tuk Tuk (Titre présent sur les deux albums, ici la formation du premier)

          Le pianiste plaisante : comme nous pouvons le constater, l’ordre de jeu des morceau a été fait exprès pour faire faire du sport aux soufflants.

          C’est un des deux morceaux qui se trouve sur les deux albums. Mais à rebours de cette relative abondance voici ici-bas sa formelle sous-représentation ! Pour causes, ma fatigue dans l’exercice, sans doute, mais également le grabuge ambiant.. : cela brouhahate fort derrière moi. Je me demande, agacée, pourquoi viennent ces gens si c’est pour parler. J’ai même essayé de les faire se taire : la cuisance de l’échec essuyé le couronne, pour l’heure du moins, de l’écusson de la rareté.

          « 1, 2, 1, 2, 3 » à la batterie. Début en chœur par le pianiste, le contrebassiste et le batteur. Le sopraniste s’y joint, son chant est très joli et mélancolique. J’associe la mélodie à la promenade d’un rêveur solitaire, pour ne reprendre personne. Des progressions distinctes aux convergences et au cours du ralentissement de tempo à la fin, tout cela se marie très bien.

9. Sans annonce

          Ce morceau est un solo au piano, il n’a pas été annoncé.

          Je n’écrirai que quelques mots de ces notes au piano. Il s’en dégage un état réflexif qui se propage jusqu’en nous. C’est si simple et si joli. En fond sonore, la contrebasse.

Je crois que j’ai un faible pour ses compositions les plus tristes. Derrière moi, ceux qui participent du grabuge sont les mêmes qui chantonnent de part en part des bouts de mélodie.

Cela devient encore plus délicat puis prend fin.

10. Sunny Delight (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

          Il s’agit du morceau d’ouverture de leur second album. Consciemment ou non, le choix est donc de finir cette première partie (avant l’arrivée de l’entracte) par un début.
Je trouverai ce morceau très beau mais manquerait à nouveau d’assiduité : en parallèle, une embrouille au bar.

          Le début est d’emblée entraînant. Piano seul ; entre les notes duquel s’inséreront la contrebasse, la batterie et le saxophone, puis, enfin et au cours d’une première respiration, le trombone et la trompette.

La musique change de cadence, il n’y a pas de place laissée à l’hésitation, « ça y va ». S’alternent des moments de communion où les jeux sont similaires à d’autres aux intonations propres.

Une seconde respiration inaugure une pause des soufflants. Nous écoutons le piano déposer avec simplicité sa mélodie. La contrebasse joliment l’accompagne. Le précédent thème reviendra, ce qui n’est finalement pas courant dans la musique de ce compositeur. 

Tout cela m’amène à un état réflexif sans ombrage, une présence non agitée.

Retour des soufflants. Les sonorités retrouvent de l’ampleur, et nous de la joie. La batterie et les accords au piano sous-tendent la ludique locution du sopraniste, elle-même portée par les deux autres soufflants. Chants en chœur. Ils nous réchauffent.

Une des phrases revient en boucle et, au lieu de se poursuivre comme nous nous y étions accoutumés, cesse. 

C’est peut être le morceau qui rappelle le plus Chen, le tout premier.  

Entracte

11. Inconnu à cette adresse

          Me voilà devant, assez pour tomber en amour : le pianiste a des yeux qui pétillent, un sourire profond et sincère, son charme enveloppe. Mon changement de place explique la condensation de mes impressions et l’absence du relevé du titre.
          Une propagation de « teintes penseuses ». C’est écrit dans mes notes, reste à décoder ce que l’on y met. L’accompagnement me semble être en mineur. Est-ce l’intervalle entre les notes qui laisse à l’immatériel de la pensée la place de s’exprimer ? Le batteur alterne son expression au gré de tous ses supports.

Il y a une commune concentration. Les soufflants restés sur scène sont assis par terre et écoutent religieusement. Puis, ça s’ambiance. Le tromboniste tapote le rythme sur le dos d’une enceinte à ses pieds.

On entend les cymbales et les grelots que le batteur y a ajoutés. On remarque aussi que le contrebassiste souhaiterait chanter. La moue du pianiste, elle, traduit son plaisir. Il est ici perceptible que les notes prises font davantage place à la vue que les précédentes, et c’est aussi cela l’occasion du concert. Humer par tous les sens les corps qui s’activent et se consacrent à la musique.

Chaque note jouée au piano semble attendre, et patiemment, et impatiemment son tour. Elles savent que le pianiste leur donne toute la place et l’ampleur qu’il entendit leur destiner. Il est celui qui sait au mieux les embellir. Il doit y avoir quelque chose de soulageant et d’exaltant dans ce dessein prévu : n’avoir qu’à seulement viser un effet escompté et tout entièrement offrir et s’offrir à la résonance.

Le jeu de piano se retire tout doucement. Fin.

12. Rabat (Todo es Presente, 2nd album, 2025). Cf extrait audio au dessus de cet article.

          La mélodie fut composée à la guitare à Rabat. Ismail précise aussi que le rythme est quelque peu imprégné du gnawa. Je découvre depuis ce rythme qui était originaire d’Afrique de l’Ouest avant que de faire son chemin vers l’Afrique du Nord.

          Esquisse de quelques notes plutôt heureuses au piano. Puis en quelques secondes, sans que je ne sache dire à partir de laquelle ni comment, retentit une profondeur.

L’air est devenu triste. Quelques notes à la contrebasse et des mouvements de balais sur la batterie s’ajoutent rapidement – il n’est peut-être plus à préciser qu’il n’y a jamais trop de prolongations dans l’écriture d’Ismail Sentissi. Une allure plus aventureuse et plus appuyée accueille enfin les soufflants qui, à leur tour, entonnent le thème.

Le pianiste fait figure de fin accompagnateur, il leur laisse toute la place ; martelant simplement ici ou là. C’est chantant. C’est une consolation. Les soufflants vont plusieurs fois de plus en plus haut, puis donnent l’impression d’une accélération par l’enchaînement de croches.

Si nous distinguions d’abord distinctement les différents instruments soufflants, de plus en plus, l’ouïe se trouble du fait de cette pluralité qui chatouille l’oreille. Par ailleurs, si le thème réapparaît - il reviendra de façon cyclique et c’est peut-être le morceau aux plus fréquentes réitérations -, il s’est dés-empreint de sa tristesse.

Cette répétition laisse place à une sorte d’assise qui sécurise l’essor d’un décor. Chaque fin de phrase est l’occasion pour l’un des soufflants de s’exprimer à tour de rôle. La place cédée est de plus en plus propice à des envolées lyriques. Chacun peut exprimer son cri. La batterie est sécurisante, les motions au piano, subtiles. Il y a de l’émotion ; nulle prétention. Pour une des rares fois ce soir, nous discernons une coda et sommes donc moins étonnés par la fin. 

13. Aît Tamejjout (Genoma, 1er album, 2021)

          Piano seul. Quelques notes suspendues. Des silences. Cela encourage à la fois l’attention et la divagation. En contretemps, quelques doux bruitages à la batterie s’ajoutent grâce aux cymbales, comme des cascades.

Cela s’éclaircit. C’est plus féminin ; plus aigu, plus doux et plus fin.

Une danse commence. Le piano et la batterie parlent en même temps. C’est un peu plus saccadé. Leurs sonorités se recouvrent puis se conjuguent de mieux en mieux. Désormais en retraits, ils nous laissent entendre davantage la contrebasse. Inlassablement ce soir, flux et reflux, reculs et mises en relief de chacun...

Cela devient très jazzy, si cela veut dire quelque chose.

Je trouve à ce moment que la batterie est trop forte, je la préférais plus en retrait pour laisser l’oreille apprécier davantage le jeu au piano. Je mets du papier dans mes oreilles. Cela s’endurcit. Il y a des réminiscences de certains moments du morceau. L’ampleur finalement diminue, se dépose. Une impression de douceur me poursuit depuis.

14. Genoma (Genoma, 1er album, 2021)

          Genoma, nom italien, est un titre que l’épouse d’Ismail lui suggéra. La notion de patrimoine génétique plut à Ismail en ce que s’y nichent et entremêlent celles de commun et de mélange.

          Le piano progresse. Il y a quelque chose d’oriental... Une méditation. Réponses de la contrebasse et de la batterie par ses balais et quelques touches légères ; ces sollicitations de l’ouïe en attisent la curiosité. C’est une mélodie douce.

Au fur et à mesure que le morceau progresse, il se densifie. Je m’y perds. C’est un songe plein qui s’étend puis semble s’éteindre lorsqu’il s’adoucit. Habitués nous devînmes aux brusques fins, notre oreille se concentre, mais nous n’y sommes point.

L’écoute du pianiste est active même lorsqu’il ne joue pas. Il bat le rythme.

C’est à mes yeux l’un des morceaux les plus sombres, les élévations ont un aspect chancelant. Il y a une accélération et des petites montées, vite ou tôt retenues, un phrasé dorénavant assez « mâché » au piano ; sans que cela n’efface toutefois l’aspect envoûtant. Les deux voix au piano se superposent ; il n’y en a maintenant plus qu’une, et ce défeuillage se poursuit jusqu’à la fin en une note d’espoir seulement, un petit ting, un ré, qui clôt.

15. Swanplant (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

          On hèle à l’arrière. « Dans le fond là-bas il se passe quelque chose, non ? » plaisante Ismail. La mélodie du prochain morceau a été trouvée par son épouse.

          J’ai effectivement l’impression qu’il y a quelque chose de féminin dans la mélodie. L’air est agréable. Sa hauteur peu à peu s’abaisse, c’est le fait de la contrebasse puis du piano, les deux seuls instruments de ce morceau.

C’est lent et discret, ce qui ne retire rien à la profondeur qui s’instaure. On peut divaguer et s’imaginer que la voix plus grave, masculine explique qu’il l’aime lui aussi mais... qu’il y a un mais. C’est tout de même une berceuse.

Le morceau est fort court. Fort court et fort joli.

Une fin infiniment simple. Do.

Un passage.

16. Aniss (Genoma, 1er album, 2021)

          La contrebasse débute le morceau. Le bruit de la batterie rappelle celui de la traction des roues des anciens trains. La mélodie  incarnée par le piano s’éveille. J’imagine un homme qui marche dans un train qui lui-même avance.

Le phrasé du pianiste à la main droite est très joli. Nous aimerions comprendre ce que ces mélodies disent. Moment de trouble, une révélation est attendue. Finalement, latence, questionnement... Il n’est plus si certain qu’il y aura quelque chose.

Changement de tempo. Il est désormais très marqué et, d’emblée, le public se mit à – pas forcément en rythme – clapper. C’est moins chantant qu’au début, mais peut-être un poil plus jazzy.

Ismail Sentissi a une empreinte. Je me demande si de mêmes notes reviennent et que leur résurgence participe au façonnement d’une certaine familiarité. C’est entraînant tout en étant lent. La batterie et la contrebasse sont le gravier qui supporte à la fois le parcours du pianiste et l’alentour.

La musique s’apparente ici à une pensée sans fin et qui s’attarde sur chaque chose rencontrée. Une activité aussi bien foisonnante que momentanée : l’atmosphère toujours se métamorphose, il n’y est jamais très longtemps développée la même idée. Un parcours qui garde sa fraîcheur malgré les encombres.

Le jeu à la batterie est très joli. Les touches du piano jouées à la main gauche prennent le dessus.

Les divers rythmes qui se succèdent donnent aussi l’impression de ne pas avoir de maison. Retour toutefois d’un terrain connu. Et, enfin, d’un léger attendrissement qui ne suffit pas toutefois à rendre la teinte du morceau plus accessible.

Cela s’accélère et s’affirme, je m’attends à la fin que j’anticipe. Je saisis ce moment que je perçus auparavant, le regard entre le pianiste et le batteur qui se synchronisent. La fin est extrêmement preste, encore.

17. Semelles de Plomb (Genoma, 1er album, 2021)

          Plusieurs couleurs au piano. J’apprécie la cadence. Une des mains du pianiste fait le pendule. La contrebasse et la batterie s’accordent bien.

Ce morceau est plus conflictuel. Les mélodies propres aux trois instruments se rassemblent parfois. Nous surprenons avec surprise un moment parure classique au piano et un autre où la rythmique à la batterie fait penser à un tango. Le piano répète une même note et la contrebasse débute son solo avant que ce ne soit le tour d’Ismail. Nous nous baladons à travers diverses dynamiques avant que tout en la fin ne s’achemine.

18. Flocon (Genoma, 1er album, 2021)

          Très beau chant au piano. C’est lent et caressant. Souple aussi.

Le contrebassiste utilise l’archet, le batteur tapote légèrement la cymbale. Cela donne l’impression de grands mouvements circulaires. Il y a un peu de tambour.

On peut imaginer une danse très lente, les bras et les mains enveloppant l’air et le vent. La correspondance entre les voix des deux mains du pianiste participe également de cette impression et je pense aussi au Qi Gong. Une légère profondeur s’y associe et me vient à l’esprit l’instrument de musique incurvé, tibétain je crois, contre la paroi duquel l’on frotte un ustensile en bois pour en faire ressortir un son enveloppant et circulaire très singulier. C’est une jolie complainte.

Tout s’estompe, on peut croire à une fin. Est-ce mon morceau préféré ? Cela va repartir, on a hâte.

Ce n’était pas tout à fait le silence, la pédale retenait à peine encore ses sonorités.

La reprise a plus de poigne, notamment à la batterie, mais moins cependant que ce à quoi nous nous attendions. La musique a moins de souplesse. La fin de ce morceau est tel un songe.

 

19. Hors scénario (Todo es Presente, 2nd album, 2025). Cf vidéo sous cet article.

          Retour des soufflants pendant qu’Ismail annonce le dernier morceau. « C’est quoi le scénario ! » crie-t-on par derrière. « On est bien ici, chérissez vos places » intime le trompettiste.

          La patte du compositeur est reconnaissable dès le départ du morceau.

Je vois de grands paysages désertiques. Une falaise, l’océan, un peu de vert aussi. Quelques unissons entre le piano et la contrebasse.

Le saxophone soprano se met à chanter, il apporte de l’espoir ou de la compagnie – la même chose peut-être ? L’association du trombone et de la trompette donne de la matière. Bien que le timbre et la rythmique rappellent la fanfare, le morceau demeure doux. L’écoute ne demande aucune effort.

Je me retourne et observe que ma voisine qui était en B4 et qui était magnifique est partie. Mince.

Émerge un air qui donne envie d’être chanté et, en salle, effectivement, cela chante.

La dernière note des soufflants s’étire... Les toutes dernières seront celles du piano ; un ralentissement et une fin tel un dernier levé de pinceau.

 

20. In Other Wise (Titre présent sur les deux albums, ici la formation du second)

          Le précédent thème continue d’être chanté à l’arrière de la salle. Le saxophoniste débute une sorte de chanson paillarde. « Ne les encourage pas » sourit Ismail.

          Piano, batterie, soufflants, l’entrée en la matière est rapide. Le rythme aussi, parsemé de diverses petites touches. Le propos ne vient qu’ensuite, à nouveau amené par le soprano – par le pianiste aussi. On retrouve finalement un petit bouquet de ce que l’on a goûté le long du concert, un mélange d’aventures, de réflexivité, d’airs jolis et d’incorporations de saveurs orientales.

Le chant se situe désormais au piano, commune descente. Cela respire, les sonorités sont plus graves.

On donne de la texture, les voix se superposent. Si elles parlent en même temps, ce n’est pas comme une discorde à table, mais amplifie plutôt l’entente et la communion. J’observe que le compositeur est en retrait. Je suis touchée de le voir à nouveau couver les autres musiciens du regard, les uns après les autres. Pendant ce temps, le trombone, la trompette et le soprano se donnent la parole, se répondent les uns les autres. Une légère accélération est palpable, l’expression n’est plus celle d’interlocuteurs qui gardent leurs distances mais d’amis. La batterie bat de plus en plus fort, le souffle perce ou gronde davantage. Solo à la batterie. La puce à l’oreille sans doute, je trouve que cela sonne comme un au revoir. Le thème est reprit par Ismail et le saxophone qui marque la clôture, ferme le rideau.

 

Ordre de passage :

 

1. Chen (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

2. Todo es presente (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

3. Silences d’Oumma (Genoma, 1er album, 2021)

4. Cafouillages (Genoma, 1er album, 202)

5. Première fois (Genoma, 1er album, 2021)

6. Vent Sourd (Genoma, 1er album, 2021)

7. Éthiopique

8. Tuk Tuk (Titre présent sur les deux albums, ici la formation du premier)

9. Sans annonce

10. Sunny Delight (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

   Entracte

11. Inconnu à cette adresse

12. Rabat (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

13. Aît Tamejjout (Genoma, 1er album, 2021)

14. Genoma (Genoma, 1er album, 2021)

15. Swanplant (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

16. Aniss (Genoma, 1er album, 2021)

17. Semelles de Plomb (Genoma, 1er album, 2021)

18. Flocon (Genoma, 1er album, 2021)

19. Hors scénario (Todo es Presente, 2nd album, 2025)

20. In Other Wise (Titre présent sur les deux albums, ici la formation du second)

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Ramona Horvath trio & ses invités régalent au Bal Blomet

Publié le par Guillaume Lagrée

Ramona Horvath trio

&

Invités

Bal Blomet

Paris, Ile de France, France

Jeudi 29 janvier 2026, 20h

Programme Sunset-Sunside hors les murs

Concert de sortie de l’album « Absinthe » de Ramona Horvath

 

 

Ramona Horvath : piano

Nicolas Rageau : contrebasse

Antoine Paganotti : batterie

Invités

André Villeger : saxophone ténor

Carlos Miguel Hernandez : chant

 

Après un précédent album inspiré par la musique classique, « Carmen’s Karma » (2023),  l’album « Absinthe » de Ramona Horvath est inspiré par la Pop des années 70-80.

Mes notes étant illisibles, ma chronique sera brève. J’étais à la fois mal assis et mal éclairé. Tels sont les aléas du direct.

En commençant par « Heal the World » de Michael Jackson transformé en valse Jazz en trio. Délicieux. « Le Jazz, ça consiste à transformer le saucisson en caviar ». (Barney Wilen).

Un classique du Disco. « How deep is Your love ? » (The Bee Gees). Délicieusement sucré mais sans écoeurer. Comme un Saint Honoré à la crème réussi. Premier solo de contrebasse au milieu du trio. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Intro en piano solo. Le solide bagage classique de la diplômée de piano du conservatoire de Bucarest s’entend. Le trio démarre sur un tempo plus rapide. Je bats la mesure du pied droit. Ca swingue, sapristi ! Je reconnais la chanson. «  Killing me softly with his song » reprise par Roberta Flack en 1973, par les Fugees en 1996, notamment. Très belle chanson au départ. Très belle version en trio Jazz à l’arrivée.

Le 1er invité monte sur scène. André Villeger, saxophone ténor. Classe 1945. Toujours victorieux pour jouer « Absinthe », le titre album. Batteur aux baguettes. Une ballade. Son velouté à souhait du sax ténor. Ca tient chaud. Une musique à rester sous la couette, en agréable compagnie de préférence. Conduite à l’œuf. Pas d’à coups, pas de coups de volants brusques, pas de coups de frein, accélération légère et en souplesse. Enivrant comme l’absinthe mais sans les effets secondaires. Dans le Doubs, absinthe toi ! Proverbe de Franche-Comté.

« Just the way You are » (Billy Joel). Comme l’explique Ramona Horvath, il faut aimer l’être aimé tel qu’il est. Ne pas vouloir le changer. On essaie mais en vain. « I love You just the way You are ». Je t’aime tel que tu es chante Billy Joel. Voix remplacée ici par le sax ténor d’André Villeger.

Le premier invité sort, le deuxième entre sur scène. Le chanteur cubain Carlos Miguel Hernandez. Pour chanter en espagnol du Charles Aznavour. N’ayant jamais accroché sur Charles Aznavour, je ne connais pas cette chanson. « De t’avoir aimée » pour le titre original en français. Une chanson triste et lente. Batteur aux balais. Aznavour façon latino. Amusant.

Retour sur scène d’André Villeger après s’être fait désirer. Batteur aux baguettes. Rythme et chant latino. Son velouté du sax ténor. De la musique pour latin lover en série. Délicieusement kitsch. A la rythmique de prendre les commandes. Je bats la mesure du pied gauche alors que ma voisine de gauche balance sa jambe droite. Bref, c’est rythmé.

Retour au trio pour Stevie Wonder « You are the sunshine of my life ». « Un accord de Stevie Wonder se reconnaît au fait qu’il vous enveloppe immédiatement dans une bulle de douceur ». Berry Gordy, patron de Motown Records. Cela se vérifie aussi dans cette version en trio Jazz. Cf vidéo sous cet article.

RAPPEL

« Con tres palabras ». Un grand classique latino de Luis Miguel. Le boléro mexicain« Con tres palabras. Mi gustas ti ». En 3 mots, tu me plais. Joué, chanté, sussuré, suggéré en quintette.

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Daniel Zimmermann tire ses Snapshots au New Morning

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Zimmermann 4tet

Le New Morning

Paris, Ile de France, France

Mardi 27 janvier 2026, 20h30

Sortie de l’album « Snapshots »

Concert diffusé par France Musique dans le Jazz Club

 

Première partie :

 

Katarina Pejak: piano, chant

 

Une chanson nostalgique en anglais. Charmante.

« Panic mode ». Pop de qualité. Elle me donne de bons frissons. Elle délivre une angoisse douce. Oxymore réussi. Cf extrait audio au dessus de cet article.

« Don’t tell the children ». Chanson qui a 13 ans d’âge mais qui prend une signification nouvelle avec l’actuel mouvement étudiant en Serbie, son pays natal. Chanson triste mais pas pessimiste. « Don’t tell the children they won’t change the world ». Ne dites pas aux enfants qu’ils ne changeront pas le monde.

Chanson sur la jalousie. « Ne soyez pas jaloux. Ce n’est pas digne. C’est un sentiment très mauvais mais ça fait écrire des chansons ». En français dans le texte. Une chanson au rythme hispanisant. L’héroïne, victime de la jalousie masculine, c’est Carmen.

«Old Pain ». Une Serbe qui parle en français et chante en anglais. Emouvante, franchement émouvante.

PAUSE

 

Deuxième partie : Daniel Zimmermann 4tet

Daniel Zimmermann : trombone, composition, voix

Pierre Durand : guitare électrique

Elise Blanchard: guitare basse électrique

Julien Charlet : batterie

 

Concert de sortie de l’album « Snapshots » de Daniel Zimmermann. Enregistré et diffusé par France Musique dans l’émission Jazz Club.

 

Ca balance tranquille. Hommage à Steve Mac Queen pour son rôle dans le film «  Papillon ». Scène où il se jette dans les vagues pour s’évader du bagne de Guyane.  Batteur aux baguettes. Ca commence à s’agiter comme la Mer. Pierre Durand distille subtilement les notes une à une. Clair comme le cristal. Le batteur joue finement avec les baguettes. Le trombone coulisse bien et nous chauffe.

«  Les maximiseurs de Pi ». Souvenirs d’études d’économie où Pi étant le profit, il doit toujours être maximisé dans l’équation, les valeurs emploi, salaire, bien être n’étant toujours que des variables. Bref, pour soigner son traumatisme, Daniel Zimmermann a abandonné l’économie pour la musique. Trombone en sourdine. Je traduis les blagues de Daniel Zimmermann pour Tim & Catherine le charmant couple de retraités britanniques assis à ma droite. La tension monte doucement dans le dialogue guitare-batterie. La basse tient la route. Pi se fait savamment et puissamment maximiser. Tout se calme pour le solo de trombone bouché. Ca grogne doucement. Temps haché finement par le batteur.

« Come Home ». Pas besoin de traduire le titre pour mes voisins anglais. Solo de guitare en intro distillée note par note. Notes de basse qui tombent et s’étirent. Trombone bouché. Retour en douceur à la maison. Montée en puissance groupée. Joie du retour. A trombone ouvert mais en douceur pour finir.

Une reprise des Neville Brothers. « Yellow Moon ». Batteur aux balais. Un air délicieusement funky. Normal. Ce sont les Neville Brothers, groupe de 4 frères originaires de La Nouvelle Orléans. Solo de guitare planant, bien soutenu par la rythmique. Batteur aux baguettes. Ma jambe gauche bat la mesure. Cf vidéo sous cet article.

« Mamelles » une composition de Daniel Zimmermann en hommage aux musiques qui l’ont nourri : Soul, Blues, Funk. Le 4tet démarre. Le trombone barrit joyeusement. Solo de guitare au son étouffé. Ca danse, ça balance. Le 4tet repart.

« Le mieux et le bien ». Morceau d’ouverture de l’album « Snapshots ». Ca pulse bien derrière le trombone. 1er solo de basse. En douceur, en finesse, ponctué par le batteur aux baguettes. Solo de batterie poussé par la basse et la guitare. Entre Elvin Jones & le cirque Pinder, Julien Charlet, comme l’a présenté Daniel Zimmermann.

Un morceau tiré de l’album « Montagnes russes » (2016). « Dans le nu de la vie ». « Dans le nu de la vie » c’est le titre du premier des trois volumes consacrés par Jean Hatzfeld au génocide rwandais (1994). Gros son mystérieux de basse. Petits bruits de guitare. Grosse pulsation de la batterie. La tension, l’émotion se sentent. Guitare et batterie évoquent l’Afrique. Le trombone crie la douleur d’un peuple. L’ensemble me remue entrailles, cœur & tête. Tout se calme pour un solo poignant de guitare poignant, finement ponctué par basse et batterie. Retour du trombone poignant lui aussi. Basse et batterie ramènent le thème.

« Notre île ». Thème écrit en Corse. L’ambiance du petit matin au réveil au côté de l’être aimé. Batteur aux maillets. Belle ballade tendre. Et affectueuse sans mièvrerie. Dialogue en finesse note à note entre guitare et basse délicieusement ponctué par le batteur aux balais. Chacun à son tour dirige le flux. Retour du trombone. Tout glisse en douceur.

« My little sweet New Zeland bunker ». Ecrit en hommage aux milliardaires qui s’offrent des ranchs en Nouvelle Zélande pour échapper aux conséquences du dérèglement climatique que leur œuvre déclenche. Solo de guitare saturée en dialogue avec le batteur aux baguettes. Musique inspirée du hillbilly en fait.

Mon carnet de notes est fini. Pas le concert. A écouter sur France Musique dans l’émission Jazz Club.

Tim & Catherine, mes sympathiques voisins britanniques, ont découvert et apprécié ces musiciens français. Tim a été impressionné par le guitariste Pierre Durand. Il m’a demandé si ce gars mène ses propres projets, son propre groupe. Je lui ai confirmé que oui. Tim a noté l’influence de Bill Frisell. J’y ai ajouté John Scofield. Il y en a beaucoup d'autres, pas forcément guitaristes, me précise Pierre Durand.

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" Los Arregladores " Baptiste Herbin & Minino Garay

Publié le par Guillaume Lagrée

" Los Arregladores "

Baptiste Herbin

Minino Garay

Continuo Jazz.

Sortie le vendredi 16 janvier 2026

Concerts de sortie en France, à Paris, au Sunside

jeudi 5, vendredi 6 & samedi 7 février 2026 à 21h30

 

Minino Garay: batterie, percussion, voix

Baptiste Herbin: saxophone alto & soprano

Felipe Cabrera: contrebasse

Leonardo Montana: piano

Patricio Tripo Bonfiglio: bandonéon (5 & 13)

 

Lectrices cosmopolites, lecteurs voyageurs, voici un album à faire peur aux xénophobes. Du Jazz sous influence sud américaine joué par un Argentin à la batterie et aux percussions, un Français aux saxophones, un Cubain à la contrebasse, un Brésilien né en Bolivie d'une mère anglaise et d'un père colombien au piano et un Argentin invité au bandonéon.

Tout ce beau monde est réuni pour célébrer " Los Arregladores ", en français " Les Arrangeurs ".

Posons les termes avec la définition de l'Arrangeur par Philippe Baudouin dans le Nouveau Dictionnaire du Jazz: 

" Musicien qui écrit des arrangements, des orchestrations. La plupart des arrangeurs de Jazz sont des (multi) instrumentistes, quelques-uns étant plus connus comme solistes: Benny Carter, Dizzy Gillespie, Gerry Mulligan. On a tendance à mettre l'accent sur les arrangements écrits pour big band, et à occulter ceux conçus pour trio ou quintette mais John Lewis pour le MJQ (quartette) est aussi arrangeur qye Gil Evans. Il est d'ailleurs très rare, dans le jazz de rencontrer un musicien qui n'ait pas , un jour, composé un morceau , écrit un arrangement ou participé à l'élaboration d'un arrangement oral, ne serait-ce qu'en fournissant l'idée d'un simple riff (...) ".

Ajoutons, avec Barney Wilen, que le Jazz consiste à transformer le saucisson en caviar.

Guidés par ces principes directeurs, nos 4 gaillards transforment la lambada, tube de l'été 1989 pour une marque française de boisson fruitée gazeuse, en un pur bijou, tout en respectant le thème. Cf " Llorando se fue " (4). Une bluette de Charlie Chaplin prend elle aussi un sacré coup de jeune. " Smile " (2).

Ils jouent aussi, à leur douce manière, des standards du Jazz qui sont, dès le départ, du caviar. En commençant par " Evidence " (1) de TS Monk transformé en Latin Jazz. " Nica's Dream " (5) d'Horace Silver devient un tango endiablé grâce au bandonéon de Patricio Tripa Bonfiglio, 5e homme de ce quartette. Cela devrait ravir une fidèle abonnée de ce blog. Elle se reconnaîtra. Baptiste Herbin passe au saxophone soprano, forcément au soprano, pour une splendide interprétation d'un thème immortel de Wayne Shorter , " Footprints " (10), hymne officiel de mon deuxième blog consacré à la marche à pied, cumpedibus.

Baptiste Herbin est tout à fait crédible en compositeur et musicien mexicain avec " La Malinche part I & II " (6-7), hommage à l'esclave interprète d'Hernan Cortès.  Cf extrait audio au dessus de cet article.

Bien entendu, Minino Garay percute que ce soit avec ses mains ou avec ses mots. Cf " Animas " (8) de Felipe Cabreras & " Night in Tunisia " (9) de Dizzy Gillespie.

Cette musique chauffera beaucoup plus sur scène avec vous qu'en studio sans vous, lectrices cosmopolites, lecteurs voyageurs.

Retrouvez vous, lectrices cosmopolites, lecteurs voyageurs, aux concerts de sortie de l'album " Los Arregladores " en France, à Paris, au Sunsidejeudi 5, vendredi 6 & samedi 7 février 2026 à 21h30

 

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Ellinoa + Jowee Omicil = Jazz sur le Vif à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz sur le Vif

Ellinoa

+

Jowee Omicil

Paris, Ile de France, France

Maison de la Radio, studio 104

Samedi 10 janvier 2026, 19h

Concerts à écouter sur France Musique dans l’émission Jazz Club

 

Première Partie : Ellinoa «  Mejiro »

Elllinoa : voix, glockenspiel, composition & arrangements

Alba Obert : violon

Mathilde Vrech : alto, chœurs

Juliette Serrad : violoncelle, chœurs

Arthur Henn : mandoline, chœurs

Christelle Raquillet : flûtes, ocarina, chœurs

 

Pas d’instrument de percussion ou à percussion (comme le piano), pas de cuivres, pas de basse, pas de Swing, pas de Blues, pas de Jazz. 5 femmes, un homme, tous Blancs.

Musique discrète, aérienne, légère, en hommage à un oiseau japonais, le Mejiro ou zosterops japonicus. C’est très écrit, savant, raffiné, précis, travaillé, étudié, élégant, en place. Bref, cela sent le bon travail du bon élève du Conservatoire mais cela ne me touche guère. Cela plaît beaucoup à mes voisins de droite par contre.

J’exagère. Madame Camille Durand alias Ellinoa n’est pas passée par le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris mais par le Centre des musiques Didier Lockwood où elle enseigne désormais. Je suis certainement trop frustre et trop simple pour apprécier ces raffinements sonores.

 

Deuxième Partie : Jowee Omicil «  Bwa KaYimaN FreeDoM SuiTe »

Jowee Omicil : saxophones, clarinettes, trompette de poche, claviers, chant

Jonathan Jurion : piano, clavier électrique

Jendah Manga : guitare basse électrique

Tiss Rodriguez : batterie

Yoann Danier : batterie

5 hommes. Tous Colorés comme disent les Américains des Etats Unis. Esthétique totalement opposée au premier concert. Du Swing, du Blues, de la joie, de la vie, de la sublimation de la souffrance et de la douleur, du désordre, du chaos, de la folie, de la fête, du chant, de la danse, de la conscience historique & politique, des fausses notes (pour un musicien classique), de la percussion, de l’improvisation, bref du Jazz.

Mes voisins de droite ont préféré la première partie de cette soirée. Moi la deuxième. Chacun a eu droit à son moment de joie.

Bwa Kayman ou Bois Caïman, c’est le lieu sur l’île de Saint Domingue où se tint le 14 août 1791 le premier rassemblement de révolte des esclaves noirs. Le début de la révolution et de la guerre d’indépendance contre la France qui aboutit à la naissance d’Haïti, première république indépendante issue d’une guerre de décolonisation.

Le site de Bois Caïman à Haïti est désormais classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO au titre du réseau des lieux d’histoire liés à la mémoire de l’esclavage et à la traite et la date du 23 août, date du soulèvement qui suivit le rassemblement du 14 août, retenue par l’UNESCO comme journée internationale du souvenir de la traite des esclaves.

« Chaque fois que j’entends un homme défendre l’esclavage, je souhaite qu’il devienne esclave lui-même » (Abraham Lincoln).

Freedom Suite, c’est un hommage à des grands musiciens de Jazz noirs américains engagés dans le mouvement de la lutte pour les droits civiques aux Etats Unis d’Amérique. « Freedom Suite » (1958) de Sonny Rollins avec Oscar Pettiford & Max Roach, « We insist ! Freedom Now Suite » (1960) de Max Roach & Abbey Lincoln et bien sûr « Free Jazz » (1959) d’Ornette Coleman.

" L'esclavage fut une bénédiction. Sans l'esclavage, il n'y aurait jamais eu de Jazz ". (Max Roach).

Bwa Kayman Freedom Suite, ce furent 55 mn de totale improvisation, transformant le studio 104 de la Maison de la Radio à Paris en cérémonie vaudou à Haïti. Musique inspirée par les esprits comme l’a expliqué Jowee Omicil, Canadien, né à Montréal, Québec, de parents Haïtiens.

Après cet ouragan sonore, Jowee Omicil et ses complices.nous ont joué des morceaux de son concept BASH dont j’ignore la traduction je l’avoue. A part le verbe anglais to bash qui signifie «  frapper » ou le mot anglais « bashlack », le réactionnaire. Fameux blues de Nina Simone, «  Mr Backlash ». 

 Là, ça frappe mais positivement. Comme beaucoup de spectateurs, j’ai chanté en créole haïtien sans en comprendre un mot, tapé dans mes mains, battu des pieds. Comme personne ne se levait pour danser, je ne l’ai pas fait non plus alors que sur scène, Jowee Omicil, lui, jouait et chantait en dansant.

Bref je souhaite revoir Jowee Omicil et ses hommes sur scène en plein air avec de la place pour écouter et pour danser. Comme dans le concert filmé lors de l'édition 2025 du festival Jazz à Porquerolles. Cf vidéo sous cet article.

Prochaine édition de Jazz sur le Vif à la Maison de la Radio à Paris en France le samedi 28 février 2026 à 19h avec deux groupes déjà célébrés sur ce blog: le duo Affinities composé d'Olivier Ker Ourio & Manuel Rocheman suivi du trio de Sullivan Fortner. Concerts diffusés par France Musique dans l'émission Jazz Club.

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" Confluences " Hugo Diaz Quartet

Publié le par Guillaume Lagrée

Hugo Diaz 4tet

" Confluences "

L'Horizon Violet. 2024

 

Hugo Diaz: saxophone soprano, électronique, composition (sauf n°4 & 6)

Alexandre Cahen: piano, composition (4)

Vladimir Torres: contrebasse

Louis Cahen: batterie, composition (6)

 

Lectrices aux aguets, lecteurs à l'affût, je n'ai découvert Hugo Diaz en concert que le 18 décembre 2025. Ceci sans avoir jamais écouté une note de l'album " Confluences " sorti en mai 2024. Le concert eut lieu en trio, aucun véhicule automobile qu'il soit ferroviaire ou routier n'étant disponible pour amener à temps à Paris le contrebassiste du 4tet, Vladimir Torres.

Comme son titre l'indique, " Confluences " est consacré à l'eau. Plutôt l'eau douce que l'eau de mer puisque les 4 musiciens du 4tet vivent entre les régions Grand Est et Bourgogne Franche Comté

L'eau, par son mouvement, est un thème classique de la musique, art du mouvement justement. Que ce soient la " Water Music " de Georg Friedrich Haendel, " L'eau vive " de Guy Béart,  les " Jeux d'eau " de Maurice Ravel, la " Waterchute " d'Erik Satie, les " Jardins sous la pluie " de Claude Debussy, " After the rain " de John Coltrane, le gospel " Didn't it rain ", " Purple Rain " de Prince, " Water Babies " de Miles Davis...

Comme Hugo Diaz & ses complices sont Français, ils ont écouté et joué Fauré, Ravel, Debussy, Satie. Mais ce sont aussi des jazzmen d'aujourd'hui qui ont écouté et joué le Jazz et la Pop Music.

Cela s'entend dans leur musique. En commençant par le Roi des poissons des lacs alpins, le salvelinus alpinus, l'omble chevalier. Un délice de gourmets qui ouvre l'album. " Le choral de l'omble " (1). Y aurait-il une allusion subtile entre omble et ombre? 

Confluence, c'est pour moi Lyon en France, ville de la confluence entre le Rhône et la Saône et le musée des Confluences situé justement à cette confluence. J'ai donc trouvé la musique idéale pour ce musée avec " Confluences part I & II " (2-3).

Le contrebassiste Vladimir Torrès était absent du concert auquel j'ai assisté. Sur cet album, il se fait sentir magnifiquement. Par exemple, en introduction du 2e titre, " Confluences Part I " où le piano joue l'eau et la contrebasse le poisson qui y nage librement et du 5e titre " Aigo " (Eau en provençal comme Chaudes Aigues dans le Cantal ou le lac d'Aiguebelette en Savoie).

L'eau, c'est aussi le mystère des profondeurs comme dans " Sonar " (8). Cf extrait audio au dessus de cet article. L'eau, comme la musique, c'est le jeu, les éclaboussures, le surgissement. Toutes belles choses suggérées dans " Electrolyse " (9). Enfin, l'eau c'est un miroir. Celui où Narcisse se noie séduit par son image. D'où le " Miroir d'eau " (10) qui conclue paisiblement cet album élégant.

Les musiciens de Jazz dédiés exclusivement au sax soprano sont rares & remarquables. Sidney Bechet, Steve Lacy, Steve Potts. J'en oublie certainement. Ces trois là, originaires des Etats Unis d'Amérique, ont tous vécu une longue et riche histoire d'amour avec la France. 

Il faut désormais y ajouter le Français Hugo Diaz. Avec un saxophone soprano, de l'électro (toujours utilisée avec bon goût) et une rythmique classique de Jazz (piano, contrebasse, batterie), il crée une musique élégante, mouvante & émouvante.

Je me réjouis à l'idée d'écouter ce quartet sur scène dans un lieu où les spectateurs viennent d'abord pour écouter de la musique, ensuite pour boire un verre et discuter entre gens de bonne compagnie comme le sont les musiciens du 4tet d'Hugo Diaz.

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Robin Mansanti & Alain Jean-Marie enchantent le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Robin Mansanti

&

Le Be Bop Trio

d’Alain Jean-Marie

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Mardi 23 décembre 2025, 21h30

 

Robin Mansanti : chant, trompette

Alain Jean-Marie : piano

Gilles Naturel : contrebasse

Philippe Soirat : batterie

 

Soirée dédiée à Chet Baker et à la révision des standards du Jazz.

Ca commence par « East of the Sun and West of the Moon ».  Il le chante, ils le jouent. Alain Jean-Marie souverain, comme d’habitude, avec ses deux complices. Trompette maintenant. Avec un son feutré sans sourdine. Premier solo de contrebasse en pizzicato léger, véloce, profond. Ma jambe gauche bouge toute seule. Conclusion en chantant délicieusement.

« My Ideal ». Ballade. Batteur aux balais. Robin Mansanti est le Chet Baker des années 50 réincarné. L’ange avant la chute. Souhaitons-lui de ne pas chuter comme Chet. Ca balance tranquille. Notes distillées une à une à la trompette. Solo de contrebasse aux notes bondissantes. Tout roule jusqu’au final.

Un thème instrumental que jouait Chet Baker. Un air léger, vif. Batteur aux baguettes. Je reconnais la mélodie, la chante mais le titre m’échappe. Ca attaque bien sans forcer. Le pianiste prend la main. Solide, rythmé. Maestro Alain Jean-Marie. Contrebasse au centre en dialogue avec le batteur aux fins coups de baguettes sur les cymbales ou le pianiste qui ponctue le thème. Tout confort. Dieux, que c’est bon !

Intro en piano solo. Les notes s’envolent, une à une. « I fall in love too easily ».  Cette chanson est vraiment facile à chanter. Après, c’est une question d’intensité dans l’interprétation. D’ailleurs nous sommes plusieurs à la chanter, au bar, au fond de la salle. 5-6 lignes de texte à retenir. Trompette. Batteur aux baguettes. Ca ronronne et ça tient chaud. Parfait pour un soir d’hiver à Paris. Alain Jean-Marie tient la place du chauffeur. La limousine roule tranquille. Mardi 23 décembre, jour de vacances scolaires à Paris, avant-veille de Noël et la salle est pleine à craquer. Cela est rassurant. La Beauté attire encore.

La rythmique commence un air rapide. Batteur aux baguettes. « There will never be another You ». Cette chanson aussi est facile à mémoriser. Le pianiste slalome sur le thème avec des trajectoires parfaites. La trompette enchaîne. Rapidement mais pas joyeusement sinon ce ne serait pas dans l’esprit. Premiers breaks du batteur aux baguettes.  En finesse, sans démonstration.

Une ballade instrumentale. Je connais le thème et le titre m’échappe. Classique. Morceau joué par Chet Baker bien sûr. Batteur aux balais. Massage des tympans et du cerveau. Ca roule toujours, avance lentement mais sûrement. Solo de contrebasse où les notes vibrent, bondissent. Archet pour le final. Somptueux.

Un autre air que jouait Chet. A nouveau le thème m’est connu mais pas le titre. Très West Coast, très Cool Jazz. Public varié, hommes, femmes, jeunes, anciens, Français, touristes étrangers. Je chantonne l’air. « Funk in a deep freeze » (Hank Mobley). Thème que Chet Baker jouait tout le temps en effet.

« If You could see me now ». Chant. Batteur aux balais. Une ballade à faire tomber les jeunes gens innocents. Alain Jean-Marie prend la main, fidèlement secondé par ses complices. Quel délicieux massage cérébral ! Solo de contrebasse qui vibre dans ma tête et mon ventre »

« Old Devil Moon » pour conclure. En version chantée comme Chet Baker. Version d’anthologie par le trio de Sonny Rollins dans le premier « Live at the Village Vanguard » de l’histoire du disque (Blue Note, 1957). Batteur aux baguettes. Ca bondit avec un feeling Latin Jazz. Solo de piano exquis et énergique bien soutenu par la contrebasse & la batterie. Ma jambe gauche bat de nouveau. Breaks de batterie en dialogue avec le piano. Ca roule toujours.

RAPPEL

« My foolish heart » puis « Just friends », chantés. Pendant que j’écris, un homme dessine les musiciens avec talent. Mon voisin de devant, un Ancien, trouve que Robin Mansanti chante mieux que Chet Baker et il connaît Chet Baker par cœur selon ses termes. La remarque n’est pas infondée. Chet Baker était un trompettiste qui chantait. Robin Mansanti est un chanteur qui joue de la trompette. C’est leur différence.

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