Samuel Blaser Trio passe en contrebande au Sud des Alpes

Publié le par Guillaume Lagrée

Samuel Blaser Trio

Festival Jazz Contreband

Le Sud des Alpes, Genève, Suisse

Samedi 18 octobre 2014. 21h30.

Samuel Blaser: trombone

Peter Bruun: batterie

Marc Ducret: guitare électrique

Pour nous faire attendre, de la Soul Music des années 60: Wilson Pickett, James Brown, Aretha Frankin, Otis Redding. C'est toujours bon. Plus qu'un club de Jazz, c'est une vraie petite salle de concert. Le bar est dans un coin pour ne pas gêner la musique. C'est la première fois qu'avant un concert de Jazz je vois une spectatrice, une jeune femme asiatique, tricoter. Il fallait venir à Genève pour la trouver. Il y a des sièges face à la scène pour ceux qui veulent vraiment écouter et des tabourets au fond de la salle pour ceux qui veulent écouter en bavardant sans gêner. Bien que nous soyons en Suisse, à Genève, le concert commence avec 20mn de retard sur l'horaire indiqué. Tout fout le camp décidément!

Solo de trombone avec une sourdine wah wah. Ce n'est pas Joe " Tricky Sam " Nanton mais c'est bien normal puisque Samuel Blaser est un Blanc suisse du XXI° siècle et non pas un Noir américain du XX° siècle. Ca grogne et ça swingue en tout cas. Batteur aux balais. L'éclairage de la scène est trop fort pour cette musique intimiste. 3 climats se mélangent. Ducret slappe sa guitare comme une basse. Ca monte doucement en puissance. Le morceau s'étire comme une suite orchestrale avec différents mouvements. Cela devient tempêtueux. Le match se joue en un set gagnant. N'y aura t-il qu'un seul morceau? La chaleur sort de la batterie jouée à mains nues et du trombone grognant alors que le froid sort des éclats métalliques de la guitare électrique. Cela n'évoque ni paysage ni sentiment plutôt de la peinture abstraite, du genre tachiste. 20mn pour " L'ombra di Verdi " (Marc Ducret). C'était l'ombre de Verdi, pas sa lumière.

Le batteur passe aux maillets. Le tromboniste reprend la sourdine wah wah. A l'ancienne, en acoustique. Guitare et trombone se répondent, la batterie faisant la médiation entre les deux protagonistes. Des phrases très courtes se heurtent, s'enchevêtrent. Avec sa sourdine, le trombone barrit comme un éléphant de mer. Marc Ducret peut produire un son d'oud sur une guitare électrique. C'est exotique. Fin nette.

Un morceau d'Igor Stravinsky écrit pour 2 trompettes transposé pour un trombone et une guitare électrique.Je suppose qu'il s'agit de la Fanfare pour un nouveau théâtre (1964). Une sorte de marche militaire. Ca attaque. Cela devient même impérieux. Igor Stravinsky mérite t-il un tel traitement? Assurément puisqu'il fut un iconoclaste avant de devenir une icône. Le trio maîtrise son volume sonore jouant puissamment sans jouer fort. avec des instruments pourtant bruyants de nature. Solo de batterie très chantant sur les tambours. Comme dans un concert de musique classique, le public n'applaudit pas le solo. Il faut dire que c'est du Stravinsky, sapristi!

" Blaserer " un jeu de mots sur le nom du leader et compositeur, je présume. Divers bruitages du batteur forment la bande son d'un film d'horreur transylvanien. Le trombone avec la sourdine fait la voix des fantômes. La guitare avec ses cris étouffés fait le chant lointain des lutins. Jolie fin tout en douceur.

Le public a réclamé et obtenu un rappel. Comme je n'en voulais pas, ma chronique s'arrête là.

La photographie du trio de Samuel Blaser a été prise au Sud des Alpes à Genève, Suisse, le samedi 18 octobre 2014 par l'Ombrageux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Samuel Blaser Trio par Juan Carlos Hernandez

Samuel Blaser Trio par Juan Carlos Hernandez

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