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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour décembre 2017

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices honnêtes, lecteurs scrupuleux, sachez que c'est après avoir reçu des sommes gastronomiques sur des fiducies cachées au chaud dans des paradis fiscaux que je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour décembre 2017.

Pour un panorama plus exhaustif, voyez l'agenda de Paris Jazz Club.

Pour ceux qui ne peuvent assister aux concerts, écoutez sur France Musique les émissions Jazz Club et les Légendes du Jazz et sur TSF Jazz l'émission Jazz Live

Le festival Jazz au fil de l'Oise se poursuit dans tout le département du Val d'Oise jusqu'au dimanche 16 décembre 2017.

Samedi 2, 20h30, Espace Sorano, Vincennes (94): le quartet Human Feel avec Chris Speed, Andrew d'Angelo, Kurt Rosenwikel, Jim Black. Ouvrez grand vos oreilles, connectez vos neurones. Attention au décollage!

Mardi 5, 21h30, Le Baiser Salé, Paris: Robin Mansanti Trio rend hommage à Chet Baker. Tout en douceur.

Mercredi 6, 21h, Sunside, Paris: Céline Languedoc, chanteuse créole déjà célébrée sur ce blog.

Jeudi 7, 19h30 et 21h30, Duc des Lombards,  Paris: Kenny Werner Trio. Une valeur sûre. Des pianistes de Jazz seront présents dans la salle pour écouter le Maître.

Vendredi 8:

21h, Le Triton, Les Lilas (93): Thomas Savy Trio invite Louis Sclavis. Dialogue entre deux générations de clarinettistes. 

21h30, Le Baiser Salé, Paris: Magic Malik Association Jazz Quintet. Le retour au Jazz acoustique d'un enchanteur de flûte.

Samedi 9, 20h, le Café de la Danse, Paris: Olivier Calmel Double Celli " Immatériel ". Concert de sortie d'un album acclamé sur ce blog.

Mercredi 13, 19h, le Baiser Salé, Paris: Mario Canonge & Michel Zenino. Une valeur sûre pour bien commencer la soirée.

Jeudi 14, 19h, Le Baiser Salé, Paris: Alain Jean-Marie (piano) & Sylvain Beuf (sax ténor).  Poursuivez votre révision des standards en très bonne compagnie. 

Vendredi 15, 21h, Le Triton, Les Lilas (93): Trio Inspired. Yves Robert (trombone), Cyril Atef (batterie), Bruno Chevillon (contrebasse). Inspiré? Oui! Expiré? Non!

Mardi 19, 21h, Sunside, Paris: Onuma, Privat, Washington, Troupé. Un quartet Japon, Guadeloupe, USA. Un monde de rythmes à 4.

Jeudi 21, 21h, Café Laurent, Paris: Alain Jean-Marie & Gilles Naturel. Entrée libre. Classieux. 

Vendredi 22, 21h, Sunside, Paris: Le trio de Jean-Philippe Viret. Grâce et mesure.

Mercredi 27 à 20h30, jeudi 28 à 20h30, vendredi 29 à 21h, Sunset, Paris: le trio Bex/Catherine/Romano. Il serait insensé de finir l'année sans écouter ce trio. Je l'ai fait en 2009, 2015 et 2016. A refaire en 2017.

Jeudi 28, 19h, Le Baiser Salé, Paris: Alain Jean-Marie (piano) & Sylvain Beuf (sax ténor).  Poursuivez votre révision des standards en très bonne compagnie. 

Samedi 30 à 18h et 20h30, dimanche 31 à 20h et 22h30, Sunset, Paris: Honneur aux Dames avec le Rhoda Scott Lady Quartet pour clore 2017 de façon Superfunkycalifragisexy

 

La photographie d'Emmanuel Bex est l'œuvre de l'Irrépressible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

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Julie Saury célèbre son Pater Maximus au Bal Blomet

Publié le par Guillaume Lagrée

Julie Saury

" For Maxim. A Jazz Love Story "

Le Bal Blomet

Jeudi Jazz Magazine

Paris. Jeudi 23 novembre 2017. 20h30

Julie Saury: batterie, direction

Bruno Rousselet: contrebasse

Philippe Milanta: piano

Jérôme Etcheberry: trompette

Aurélie Tropez: clarinette

Frédéric Couderc: saxophones et bruitages

 

Julie Saury a consacré un album entier à son père, Maxim Saury (1928-2012), clarinettiste New Orléans, " For Maxim. A Jazz Love Story ". Elle revisite à sa manière les standards old school qu'interpréta, avec le même enthousiasme, son père  pendant six décennies. Je vais enfin découvrir cette musique sur scène  dans un nouveau lieu du Jazz à Paris, le Bal Blomet, dans le quartier de Montparnasse, berceau du Jazz français dans l'entre-deux-guerres. 

Dès les premières notes de contrebasse, je reconnais " Sweet Georgia Brown ". Par rapport à l'album, la tromboniste et chanteuse Shannon Barnett est remplacée par le trompettiste Jérôme Etcheberry. Bonne pulsation de la rythmique. Les solos des souffleurs s'enchaînent agréablement. Frédéric Couderc, disciple de Rahsaan Roland Kirk, joue de deux saxophones en même temps, saxophone ténor et saxello. Final tout en douceur.

La musique va bien avec le lieu, ses murs de briques, ses piliers de fonte. Un décor Années Folles revisité. 

" Moppin and Boppin " (Fats Waller). Les souffleurs sont groupés, la rythmique soudée. Ca swingue, sapristi! Solo brillant de trompette. Grognements et gémissements du sax ténor. La rythmique roule tranquille sous les doigts de Philippe Milanta. Retour au thème groupé. Impeccable. 

" Avalon ", ce n'est ni la charmante commune de l'Yonne en Bourgogne ni la chanson de Roxy Music, mais un standard du Jazz. Maxim aimait beaucoup le jouer et, pour lui rendre hommage, la clarinettiste reste seule sur scène devant la rythmique. 

" Do You know what it means to miss New Orléans? ". Après avoir beaucoup donné au morceau précédent, Aurélie Tropez a droit, à son tour, à sa pause syndicale. La trompette sonne comme un canard, typique des années 20. Si vous connaissez la chanson, vous reconnaissez les paroles en écoutant les notes de Jérôme Etcheberry. Sax ténor velouté à souhait. Batteure aux balais. Contrebasse en souplesse. Le piano distille les notes. 

Pour son 1er album en leader, non seulement Julie Saury rend hommage à la musique de son père préféré mais, en plus, elle s'est inspirée du graphisme d'un de ses albums. Toutefois, elle garde sa liberté de parole. C'est ainsi qu'elle nous annonce qu'ils vont jouer un morceau qu'elle n'aime pas. " Basin street Blues " chef d'œuvre immortel de Louis Armstrong (il n'en est pas le compositeur mais son interprétation avec son Hot Five en 1928 demeure). Thème bien reconnaissable avec la trompette wah wah. Ensuite, ils chahutent le thème tout en le gardant. La clarinette relance le débat. Fred Couderc répond avec divers appeaux et sifflets à faire pâlir d'envie un chasseur solognot. Solo de trompette brillant, à la Armstrong. " A la trompette, même dans les trucs les plus modernes, vous ne pouvez rien faire qui ne vienne de Louis " (Miles Davis). Solo de Fred Couderc au saxello. La clarinettiste lui fait du charme mais il reste concentré. Bon final groupé hurlant et grognant à loisir. Un dernier coup de sifflet et ça y est.

" Back home again in Indiana " . Fred Couderc reprend le sax ténor et reste le seul souffleur sur scène. Un morceau swinguant qui pulse sec.

Retour de Jérôme et d'Aurélie pour " Together ". Logique vu le titre. Par contre, Fred Couderc se repose au comptoir après avoir lancé un cochonnet en plastique couineur sur scène. C'est un collaborateur indiscipliné. Sauf quand il joue sur scène et c'est bien l'essentiel. Solo de contrebasse soutenu par la batterie malaxée aux balais par Julie Saury.

" Saint Louis Blues ". Solo de Julie aux maillets pour commencer le morceau. Elle est seule sur scène, occupant toute la place mais sans s'étaler. Une femme de goût. La musique voyage de l'Afrique par l'Amérique en passant par les Antilles, la route de l'esclavage et du Jazz. Passage aux baguettes au rythme d'une marche militaire, une des origines du Jazz. Le groupe enchaîne, chaud et lent comme le bayou. Philippe Milanta se permet des ellingtonismes au piano. Le thème de " Saint Louis Blues " sort du sax ténor. Relaxé et swinguant. Solo posé, réfléchi du trompettiste. La musique monte chaleureusement en vigueur. Maxim Saury peut dormir tranquille. Sa fille, Julie et son groupe veillent à ce que la flamme du Jazz ne s'éteigne pas.

' When it's sleepy time down South ". Fred Couderc s'en va. Aurélie Tropez le remplace. Solo de trompette bouchée en duo avec la contrebasse. Tranquille comme il se doit. La rythmique démarre avec Julie aux balais. Clarinette paresseuse et voluptueuse à souhait. Retour au duo trompette & contrebasse pour le final. Superbe. 

Fred Couderc revient sur scène et prend un porte voix pour annoncer Julie Saury. Elle finit avec un morceau qu'elle n'aime pas, " Crazy rythm ". Un solo de batterie aux baguettes pour lancer un morceau endiablé, rythmé. La rythmique s'efface derrière les 3 souffleurs puis le groupe repart. La rythmique se dérouille vigoureusement les pattes.

RAPPEL

Son papa devait jouer ce morceau à chacun de ses concerts faute de quoi des gens se seraient plaints. 

Fred Couderc seul avec son saxello devant la rythmique. Bien entendu, c'est " Petite fleur " de Sidney Bechet avec qui Maxim Saury joua. Très belle version. Ils sont dedans.

Restaurant, bar, club de Jazz, bien pensé et bien réalisé, le Bal Blomet, vaut d'être découvert. 

Madame M.H poursuit son initiation au Jazz, centrée sur la batterie. Après Daniel Humair et François Merville, Julie Saury, dans un rôle plus classique de moteur du groupe, qu'elle a vivement apprécié.

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Olivier Calmel - Double Celli " Immatériel "

Publié le par Guillaume Lagrée

Olivier Calmel - Double Celli

" Immatériel "

Klarthe. Sorti le vendredi 17 novembre 2017.

Album dédié à Roger Calmel (1920-1998), compositeur et père d'Olivier Calmel.

 

Olivier Calmel: piano, compositions (sauf  10 &12)

Johan Renard: violon, composition (12)

Frédéric Eymard: violon alto

Xavier Philippe: violoncelle

Clément Petit: violoncelle

Antoine Banville: batterie, percussions, composition (10)

 

Concert de sortie organisé par le label Klarthe au Café de la Danse, à Paris, samedi 9 décembre 2017 à 20h avec Olivier Calmel Double Celli & Vincent Touchard

Lectrices vertueuses, lecteurs virtuoses, je vous ai maintes fois conté les aventures musicales du pianiste et compositeur français Olivier Calmel. La dernière en date est avec un quatuor à cordes, d'où le nom du groupe " Double Celli " auquel vient s'ajouter le batteur et percussionniste Antoine Banville. Ce blog contient déjà une chronique de concert de ce groupe à Paris, au Studio de l'Ermitage, le 14 juin 2016.

Après avoir essayé cette musique sur le public et sur eux-mêmes, voici que ce groupe a pris le temps de travailler en studio pour nous offrir cet album " Immatériel ". 

Cela valait la peine d'attendre. Nous tenons ici une merveille. Pas de contrebasse, pas de cuivres mais un piano et une batterie pour l'ancrage et des cordes pour les envolées. 

C'est une musique faite d'atmosphère. Cela commence par le premier morceau " Au lever ", tout en douceur, pour nous sortir de la chaleur du lit. S'ensuit un hommage à Bela Bartók et non pas à un ex président de la République française avec " Le Hongrois déraille " (2) au rythme endiablé, maintenant que le premier morceau nous a réveillé en douceur. Une position de principe aussi " La générosité n'attend pas " (5). A la naissance d'Olivier Calmel, Roger, son père lui composa " Les cinq rameaux d'Olivier ".  Son fils crée un " Prélude des cinq rameaux " (14).

Le Jazz avec cordes est souvent sirupeux, voire gluant. Là, pas du tout. Olivier Calmel a trop bon goût pour tomber dans ces excès. Ses parents l'ont bien éduqué musicalement. Olivier est ici secondé par des violoneux de classe internationale. Ils ne touchent pas terre. Pour ancrer cette musique et la garder dans ce monde (il s'agit d'un culte à la Beauté, sans message religieux), il y a le piano solide du chef et les couleurs subtiles de la batterie et des percussions d'Antoine Banville, particulièrement en verve dans sa composition " Pour El Ho " (10).

Bref; lectrices vertueuses, lecteurs virtuoses, que vous soyez amatrices de classique comme mon épouse ou amateurs de Jazz comme moi, l'album " Immatériel " d'Olivier Calmel vous procurera votre ration de Beauté.

Pour ressentir mieux encore l'énergie vitale déployée par ces musiciens, rendez-vous à Paris, au Café de la Danse, samedi 9 décembre 2017 à 20h. 

 

La photographie de Double Celli est l'œuvre de Dame Nathalie COURAU-ROUDIER. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Doube Celli par Nathaie COURAU-ROUDIER

Doube Celli par Nathaie COURAU-ROUDIER

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RIP Ben Riley

Publié le par Guillaume Lagrée

RIP Ben Riley

(1933-2017)

Lectrices Hard, lecteurs Bop, le décès du batteur Ben Riley le 18 novembre 2017 n'a pu vous échapper. Il était le sideman idéal, le soutien rêvé des pianistes, notamment de Kenny Barron. Cf extrait audio sous l'article. 

Pour vous donner une idée de la dimension du personnage, je vous renvoie à la lecture de l'article que lui consacre le site Drummer World.

Quand Sonny Rollins sortit de 3 ans de silence en 1962, il enregistra " The Bridge " avec Jim Hall (guitare électrique), Bob Cranshaw (contrebasse) et Ben Riley (batterie). Le Boss du ténor était de retour. Cf vidéo sous cet article.

De 1964 à 1967, le batteur du quartet de Thelonious Sphere Monk se nommait Ben Riley

Cela suffit à poser le statut d'un batteur dans l'histoire du Jazz. Des centaines d'enregistrements témoignent de son talent. L'homme est parti, sa musique demeure. RIP Ben Riley. 

 

La photographie de Ben Riley est l'œuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Ben Riley par Juan Carlos HERNANDEZ

Ben Riley par Juan Carlos HERNANDEZ

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Dizzy Gillespie " Live at Singer Concert Hall. 1973 "

Publié le par Guillaume Lagrée

Dizzy Gillespie

" Live at Singer Concert Hall "

Enregistré en concert au festival international de Jazz de Laren,

Pays-Bas, le 25 août 1973

Fondamenta. Lost Recordings.

Sorti le 17 novembre 2017

Disponible en CD, vinyle et format numérique

 

Dizzy Gillespie: trompette, chant, direction, animation

Alexander Gafa: guitare électrique

Michael Longo: piano

Earl May: basse

Mickey Roker: batterie

Jon Faddis: trompette (9,10)

 

Lectrices Be, lecteurs Bop, comme vous le savez, Dizzy Gillespie aurait eu 100 ans en 2017, le 21 octobre précisément. Trompettiste, pianiste, chanteur, percussionniste, clown, philosophe, religieux, politique, créateur du Be Bop, titre d'une de ses compositions, avec Charlie Parker et du Latin Jazz avec le percussionniste cubain Chano Pozo ( " Chano ne savait pas lire la musique et ne parlait pas anglais. Je ne parlais pas espagnol. Nous parlions rythme " disait Dizzy), Dizzy Gillespie (1917-1993) était un homme plus grand que la vie. 

En 1973, Dizzy Gillespie n'avait plus rien à prouver. Le Free Jazz lui avait glissé dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard. Le Funk, la Soul Music lui parlaient bien plus mais il restait un Jazzman né à Cheraw, en Caroline du Sud. De ses racines musicales, Gospel et Blues, deux exemples figurent dans ce concert. Une composition, qui est un Spiritual, " Brother K " (4) dédié au pasteur Martin Luther King qu'il avait personnellement connu et soutenu. Un Blues humoristique où Dizzy chante soutenu à la trompette par un fidèle disciple, Jon Faddis (1953), " The Blues " (10).

Pour le reste, Dizzy fait confiance à ses musiciens. Son pianiste et directeur musical Mike Longo lui fournit 3 titres qui lui permettent de briller. " Sunshine " (2), diablement funky et ensoleillé. " Ole for the gypsies " (6) où le flamenco sert de prétexte à des torrents de swing. " The Truth " (8), un Blues bien funky lui aussi.

Dizzy adorait les tour de force, titre d'une de ses compositions. Stimulé par son fils spirituel Jon Faddis, 20 ans à l'époque, il brille de mille feux sur un de ses chefs d'œuvre, " Manteca " (9), morceau clef du Latin Jazz, toujours joué et samplé en 2017.

La rythmique est énergique, humoristique et rassurante. Tout ce dont Dizzy Gillespie avait besoin pour assurer en concert. 

Je n'ai pas trouvé de vidéo de ce concert. En compensation, voici Dizzy Gillespie invité par le Kenny Clarke Francy Boland Big Band en 1970 au Danemark en concert. Kenny Clarke et Buddy Rich sont aux batteries, Ronnie Scott au sax baryton, Art Farmer à la trompette, entre autres. Ils jouent " Manteca ". Chaud devant!

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Daniel Hunter " Refuge "

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Hunter

" Refuge "

Jazz family. 2017.

 

 

Daniel Hunter: guitare, compositions

Warren Walker: saxophone

Damien Varaillon: contrebasse

Nicolas Charlier: batterie

Né en Australie en 1985 d'un père Anglais et d'une mère Australienne, Daniel Hunter a grandi à Canberra, capitale de l'Australie, où il apprit la guitare. Installé à Genève de 2007 à 2011, il vit à Paris depuis. C'est à Chamonix (74) à la Maison des Artistes qu'il enregistra cet album en 2016. 

Un lieu privilégié où tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. La musique, elle, est inspirée des attaques terroristes contre Paris en 2015. Les titres l'expriment. " Refuge  " (1), le titre album, " Persévérance ' (2), " Conflict " (5) et " Asylum " (9). Pour ne pas oublier la montagne, il y a " Snowscape " (3). Cf vidéo sous cet article. 

" Seule la beauté sauvera le monde "(Dostoieveski). C'est cette pensée qui irrigue cette musique.

Toutes les compositions sont du leader. Elles sonnent comme des chansons, des standards, dans une ambiance calme, feutrée sauf le 9e et dernier morceau " Asylum ".

Contrebassiste et batteur font le métier. Le premier rôle revient au guitariste et au saxophoniste alternativement. 

La musique nous berce, nous caresse mais sans jamais verser dans la muzak pour ascenseur ou supermarché. 

Pas de concert de ce quartet à annoncer pour l'instant. Je ne l'ai encore jamais entendu sur scène mais je suis persuadé qu'il nous donnera encore plus d'émotion sur scène, spécialement à Paris. 

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ALMADAV Project " Tides "

Publié le par Guillaume Lagrée

ALMADAV Project

" Tides "

Cristal Records

Album sorti le 10 novembre 2017

ALMADAV Project est composé de

ALexandre Cavaliere (AL): violon

MAnu Bonetti (MA): guitare

DAVid de Vrieze (DAV): trombone

Wim Eggermont: batterie

Garif Telzhanov: contrebasse

 

Concerts de sortie:

Jeudi 4 janvier 2018 au Sazz'N Jazz à Bruxelles, Belgique.

Jeudi 11 janvier 2018 à 20h30 au Sunset à Paris, France.

 

Fume c'est du belge! C'est si bon que ça doit être illégal. Voici les premières pensées qui me vinrent en écoutant l'album " Tides " du ALMADAV Project. Je n'avais jamais entendu parler avant de ce groupe belge. La formation est originale. A la section rythmique guitare, basse, batterie, commune au Jazz et au Rock, viennent s'ajouter  ni un piano, ni une trompette, ni un saxophone mais un violon et un trombone. De plus, aucune reprise, aucun standard. Que des compositions des membres du groupe, d'AL, MA et DAV sauf " Novel " (7) composée par le contrebassiste.

Violon, guitare, contrebasse, l'auditeur averti, l'auditrice experte craint une nouvelle copie de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli comme il y en a tant. Sauf qu'il y a une batterie et un trombone, que la guitare peut aussi être électrique (5,8) et que nous avons affaire à des créateurs, pas à des copieurs. Certes, ils ont beaucoup écouté Django et Stéphane et ne nient pas leur héritage mais ils font leur propre affaire. 

Le groupe a été composé par les trois leaders en 2003. Leur musique a été mûrement réfléchie. La preuve avec la vidéo de 2006 sous l'article où ils jouent un morceau " Tides " (3) qui est le titre éponyme de cet album sorti en 2017. Le contrebassiste et le batteur ont changé mais pas l'esprit de cette musique. Ils ont pris le temps de jouer, de tester cette musique sur scène, de la transformer avant de l'enregistrer.

La musique est vive, colorée, chatoyante, passionnante. J'ai écouté cet album une bonne vingtaine de fois avant d'écrire cette chronique. Je ne m'en lasse pas. Ils swinguent terrible! Il y a tant de jeunes virtuoses en 2017 qui croient jouer du Jazz et ne font que de la musique de conservatoire, trop cérébrale, trop figée pour vous rendre confortably hip et respectably cool comme disait Duke Ellington. Eux y parviennent, avec la finesse des cordes, la puissance de la batterie et du trombone, de la maîtrise au service de leur imagination et des émotions.

Sur tempo lent ou rapide, l'énergie vitale du ALMADAV project ne se dément jamais. A l'écoute, vous vous sentez en terrain connu sans jamais vous dire: " Ca me rappelle untel mais en moins bien ". A consommer sans modération. 

Une telle envie de jouer se savoure sur scène car " le Jazz, c'est comme les bananes, ça se consomme sur place " (Jean-Paul Sartre). ALMADAV Project sera en concert à Bruxelles (Belgique), au Sounds Jazz Club le samedi 6 janvier 2018 et à Paris, au Sunset, le jeudi 11 janvier 2018 à 20h30.

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Dominique Pifarély Quartet en vogue à l'Atelier du Plateau

Publié le par Guillaume Lagrée

Dominique Pifarély Quartet

Atelier du Plateau. Paris.

Samedi 11 novembre 2017. 20h

 

Dominique Pifarély: violon

Antonin Rayon: piano

Bruno Chevillon: contrebasse

François Merville: batterie

Lectrices passionnantes, lecteurs passionnés, cela faisait plus de 15 ans que je n'avais entendu en concert Dominique Pifarély. Je garde un souvenir émerveillé du trio Didier Levallet (contrebasse), Gérard Marais (guitare électrique) et Dominique Pifarély (violon) dans une salle du Pays de Montbéliard (25). Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Retour à l'Atelier du plateau bien caché au fond d'une rue discrète du 19e arrondissement de Paris et à Dominique Pifarély

Le début du concert est assez inquiétant. Ils cherchent le bizarre, le strident, l'agaçant, le dérangeant et ils y parviennent fort bien. Je me demande si je tiendrai longtemps. Heureusement, ils ont de la suite dans les idées et du chaos naît l'ordre. Ca décolle avec des cahots mais ça décolle. Ils nous emportent dans le maelstrom. Le public écoute, silencieux et captivé. Fin brusque et nette.

Ca repart de façon plus séduisante mais toujours étrange avec le piano dans les graves, la pulsation de la contrebasse, les cymbales sous les maillets. Cela ferait une excellente musique de film d'horreur mais pas dans le genre sanglant et démonstratif. Musique parfait pour une nuit de pluie comme celle-ci. Silence. Le piano laisse tomber chaque note une à une. Le violon grince doucement comme la porte du château hanté. Des esprits se manifestent dans la cheminée assez grande pour rôtir un bœuf. Le château est au bord de la mer. Elle est grise, de la brume, le chant des mouettes, les sirènes du cargo. C'est le fort La Latte l'hiver. Duel à l'archet entre violon et contrebasse. Le batteur a aussi tout un attirail de percussions pour créer de l'inouï. La contrebasse installe une ligne à haute tension et le piano la fait monter plus haut encore. La musique devient rapide, étourdissante même. Mon voisin de devant hoche la tête de gauche à droite, de haut en bas alternativement. Il est dedans et le quartet aussi.

L'instrument commun entre le Jazz et le Rock'n Roll c'est la batterie. Madame M.H, amatrice de Rock, poursuit son initiation au Jazz. Après Daniel Humair, un autre batteur l'a émerveillé par la diversité des sons qu'il produit, François Merville

Dominique Pifarély est en résidence pour 2017-2018 à l'Atelier du Plateau, dans le 19e arrondissement de Paris. Victuailles et breuvages en vente sur place à prix modiques tout comme les places de concert d'ailleurs. Profitez en, lectrices passionnantes, lecteurs passionnés.

La photographie de Dominique Pifarély est l'œuvre de l'Ineffable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Dominique Pifarély par Juan Carlos HERNANDEZ

Dominique Pifarély par Juan Carlos HERNANDEZ

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Axiom , carré d'as au Carreau du Temple

Publié le par Guillaume Lagrée

AXIOM

Festival Jazzycolors

Concert d'ouverture

Paris. Carreau du Temple

Jeudi 2 novembre 2017. 20h

AXIOM était composé pour ce concert de 

Dejan Terzic: batterie, composition, direction

Bojan Z: piano, clavier électrique

Chris Speed: saxophone ténor

Philip Donkin: contrebasse

 

Le festival Jazzycolors se poursuit jusqu'au jeudi 30 novembre 2017.

L'album " Prometheus " d'AXIOM sortira le samedi 18 novembre 2017.

 

Ca commence mal. D'abord, deux fausses alarmes nous font évacuer la salle sans explication ni excuse. Moins de deux ans après le massacre du Bataclan, dans une salle de concert à Paris, la plaisanterie est de mauvais goût. 1h de retard. La directrice du festival abrège son discours de présentation, heureusement.

Ensuite, les sièges sont bien trop petits pour moi. Avoir les genoux dans le fauteuil du voisin pendant tout le concert, cela gâche le plaisir.

Heureusement, pour sauver cette soirée de ces ennuis logistiques, il y a la musique. Pour ce soir, à la contrebasse, Philip Donkin remplace Matt Penman.

Ca commence par le batteur, leader. Puis la contrebasse ajoute sa pulsation. Une mélodie entêtante se déploie jusqu'au final. 

La locomotive a des à-coups mais le train avance. C'était " Red " inspiré par l'ex Républoque socialiste de Yougoslavie où naquirent Dejan Terzic et Bojan Zulfikarpasic alias Bojan Z puis " Couple of stones ". 

Musique fantomatique avec un son profond du sax ténor. Chris Speed a un son plus grand et plus large que lui. 

Un petit air vif et nonchalant. Batteur aux baguettes. Morceau bien structuré qui progresse énergiquement mais sans forcer. Superbe son de ténor. Solo bondissant de contrebasse entre pianiste et batteur aux balais. Ca repart avec le son dansant du saxophone.

Bojan Z passe au clavier électrique. Ca joue plus énergique, plus funky. Dialogue viril entre Bojan et Dejan. La contrebasse vient ajouter sa pulsation et le saxophone son chuintement. 

Mes notes deviennent illisibles. J'abrège donc.

Ce mélange entre deux ex Yougoslaves dont l'un vit à Berlin, l'autre à Paris, et deux Américains, entre piano et clavier électrique, crée une musique énergique, métisse, où se mêlent souvenirs des Balkans et électro berlinoise, Free Jazz et  nostalgie du Cool.

Tout à fait dans l'esprit de Jazzycolors, festival qui réunit depuis 14 ans les instituts culturels étrangers de Paris et dont Bojan Z est le parrain musical. 

Malgré son nom, la musique du quartet AXIOM n'a rien de dogmatique. A consommer sans modération.

Madame A, originaire de Pologne, qui découvrait elle aussi cette musique a apprécié comme moi ce mélange étonnant.

La photographie de Bojan Z est l'œuvre de l'Inénarrable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Bojan Z par Juan Carlos HERNANDEZ

Bojan Z par Juan Carlos HERNANDEZ

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Dan Tepfer & Or Bareket reçoivent à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Dan Tepfer & Or Bareket

reçoivent à Paris

Paris. Concert privé sur réservation.

Dimanche 29 octobre 2017. 20h

Dan Tepfer: piano

Or Bareket: contrebasse

Invités

Camille Bertault: chant

Sullivan Fortner: piano

Guilhem Flouzat: percussion

Hermon Mehari: trompette

 

Lectrices exquises, lecteurs savoureux, j'espère que vous me le pardonnerez mais la chronique de ce concert sera d'une brièveté indigne de sa grandeur. En effet, mes notes, prises dans l'obscurité de la salle, sont illisibles.

Le duo piano & contrebasse, en Jazz, fut inventé par Duke Ellington avec Jimmy Blanton en 1940. C'est dire si la barre fut, d'emblée, placée très haut. Si haut que, trente-deux ans plus tard, en duo avec Ray Brown, Duke Ellington enregistra un de ses derniers chefs d'œuvre " This one is for Blanton ". Plus récemment, ce blog a signalé l'album " Patience " du duo John Talor (piano) & Stépahne Kerecki (contrebasse).

Ces sessions ellingtoniennes n'inspirèrent pas ce concert puisque Dan Tepfer les découvrit, sur mon conseil, après cette soirée.

Après un échauffement en duo (ça jouait déjà à haut niveau), le duo s'est élargi à des invités présents dans la salle.

D'abord la chanteuse Camille Bertault qui est venu ajouter sa folie et sa fantaisie, en français dans le texte. 

Puis Sullivan Fortner, pianiste qui impressionne Dan Tepfer selon ses propres dires. Pour ne pas le perturber, Sullivan se contente de chanter en crooner une ballade. Avec une voix chaude et virile à souhait.

Guilhem Flouzat, lui, est venu sans batterie. Le volume sonore gênerait les voisins. La partie se joue à domicile et seuls les chanteurs ont un microphone. Par contre, il a une espèce de seau à charbon en métal qu'il frappe, gratte, frotte ce qui lui suffit à tenir le rythme.

Hermon Mehari apporte lui un son de trompette bluesy, assez classique où la maîtrise technique est au service de l'émotion dispensée.

Ils jouent aussi une bossa nova israélienne (si, si, ça existe), une composition de Or Bareket " Patience " (cf extrait audio sous cet article). 

Dans l'esprit démocratique du Jazz, chaque artiste a droit à son solo, son moment de gloire et tous se retrouvent sur scène pour le rappel devant un public enchanté par tant de jeunesse et de fougue. Sans maîtrise, la puissance n'est rien. 

Pour vous faire votre propre avis, lectrices exquises, lecteurs savoureux, vous trouverez la vidéo du concert dans son intégralité sous cet article.

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