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" Nature " Cécile Andrée

Publié le par Guillaume Lagrée

" Nature "

Cécile Andrée

Inouïe Distribution

Sortie le vendredi 15 mars 2019

 

Concert de sortie à Paris, au Sunside, mercredi 10 avril 2019 à 20h. 

En concert au Tremplin Crest Jazz Vocal (26) le vendredi 2 août 2019 à 18h

et au Jazz Club de Grenoble (38) jeudi 23 janvier 2020 à 20h.

 

Cécile Andrée: voix, paroles et musique sauf 3, 4 & 8

Ben Rando: piano

Olivier Lalauze: contrebasse

Cedrick Bec: batterie

Johanna Renaud: violoncelle (1, 2, 8)

 

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, voici qu'arrive parmi les en-chanteuses françaises, après Elise Caron, Marion Rampal et Claudia Solal, maintes fois célébrées sur ce blog, la Dame Cécile Andrée. Elle non plus ne se contente pas d'être belle et de chanter, seules qualités demandées aux produits interchangeables de la société du spectacle. Cécile Andrée, elle aussi, écrit paroles et musique et crée son univers personnel.

Pour son premier album, elle s'inspire de celle qui a toujours inspiré les musiciens, la Nature. Une nature protectrice et bienveillante, verte comme les chênes, bleue comme la mer, jaune comme le soleil, grise comme les oliviers. Ce n'est pas un hasard si la région Provence Alpes Côte d'Azur coproduit cet album. D'abord parce que Cécile Andrée y vit et y travaille comme chef de choeur, ensuite parce que cet album a été enregistré aux studios La Buissonne à Pernes-les-Fontaines (84) et enfin parce que c'est à ce genre de nature que fait penser sa musique. L'argent des contribuables est bien utilisé tant le résultat est réussi. 

Les textes en anglais sauf " Entre ciel et mer " (9) sont conçus comme des haïkus, ces courts poèmes japonais qui décrivent la sensation d'émerveillement de l'homme devant la Nature. C'est ce que transcrit Cécile Andrée avec " Canopy " (3) sur une musique de Kenny Wheeler, " Springtime is here " (5), " Let the stone fall " (9), " Flying around as a bird " (11).

Si l'instrumentation est classiquement Jazz - une rythmique piano, contrebasse, batterie - elle se complète sur 3 morceaux d'un violoncelle et tant le style de chant que la musique elle-même mêlent habilement la pulsation du Jazz au sens mélodique de la Pop britannique. Tout est léger, fluide, évanescent et pourtant vous marque au coeur.

La vérité d'une musique se joue sur scène. Pour découvrir Dame Cécile Andrée et ses musiciens en concert, voici les dates à graver sur vos tablettes de marbre, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs.

Concert de sortie à Paris, au Sunside, mercredi 10 avril 2019 à 20h. 

En concert au Tremplin Crest Jazz Vocal (26) le vendredi 2 août 2019 à 18h.

et au Jazz Club de Grenoble (38) jeudi 23 janvier 2020 à 20h

Dame Cécile Andrée explique sa démarche en paroles et en musique dans la vidéo ci-dessous. Profitez en sans retenue, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs. 

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Sélection de concerts de Jazz pour mars 2019 en Bretagne, à Genève, à Paris et en Ile de France

Publié le par Guillaume Lagrée

Enrico Rava par Juan Carlos HERNANDEZ

Enrico Rava par Juan Carlos HERNANDEZ

Bienvenue au 47e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

Honorables lectrices, respectables lecteurs, c'est avec l'approbation des plus hautes autorités civiles et militaires que j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter ma sélection de concerts de Jazz pour le mois de mars 2019 en Bretagne, à Genève, à Paris et en Ile de France.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, comme c'est original, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion le jeudi à 1h, le vendredi à 1h et 19h, le dimanche à 18h (heure de Paris). L'émission de mars sera consacrée aux Clefs pour le piano,  le piano qui ouvre les portes entre Classique et Jazz.

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Doisneau et la musique " se poursuit à la Philharmonie de Paris jusqu'au dimanche 28 avril 2019.

En Bretagne, dans le département d'Ille et Vilaine, le festival Jazz à l'Etage se poursuit jusqu'au samedi 9 mars 2019 avec des artistes célébrés sur ce blog: le duo hommage à Louis Armstrong composé d'Eric Le Lann & Paul Lay, le Supersonic Orchestra de Thomas de Pourquery, Raphaël Imbert, Mathias Lévy

En Suisse, à Genève, le 38e festival de l'AMR est mené par une association de musiciens  de Jazz et de musiques improvisées créée en 1973 qui autogère son club, le Sud des Alpes, situé à 200m à pied de la gare internationale CFF de Genève-Cornavin où arrivent les trains de France, de Suisse et d'Italie, sur la route qui descend tout droit jusqu'au Lac Léman. Il aura lieu du mardi 12 au dimanche 17 mars 2019 avec notamment Enrico Rava (cf photo d'illustration de cet article) et Danilo Perez

Le festival Banlieues Bleues chauffera le département de Seine-Saint-Denis en Ile de France du vendredi 22 mars au vendredi 19 avril 2019.

Dans les salles de Paris et d'Ile de France, voici ma sélection.

Vendredi 1er mars, 20h30, Paris, Le New Morning: Juan de Marcos Afro Cuban All Stars. Révisez vos pas de salsa, cirez vos chaussures, sortez les costumes croisés et les robes de bal. Prêts? Dansez!

Mercredi 6 mars, 19h, Paris, Le Baiser Salé: Mario Canonge & Michel Zenino passent au trio avec Daniel Humair. 3 fortes têtes pour un trio. 

Vendredi 8 mars, 19h30 & 21h30, Paris, le Sunside: Marc Copland, Drew Gress & Joey Baron. Plus qu'un trio, un triumvirat. 

Samedi 9 mars, 20h30, Paris, Maison de la Radio: Dans le cadre de Jazz sur le Vif, Mark Turner quartet suivi de Fred Hersch en piano solo (cf. vidéo sous cet article). Classieux. 2 concerts pour le prix d'un. Diffusé en différé sur France Musique

Mercredi 13 mars:

- 20h30, Paris, le 38 Riv: le quartet de François Bernat rend hommage à Miles Davis, sans trompette. Un groupe déjà louangé sur ce blog.

-20h30, Paris, Le New Morning: Fred Nardin Trio avec Or Bareket et Leon Parker pour la sortie de l'album " Look Ahead ". 

Jeudi 14 mars:

- 20h, Ris-Orangis (91), Le Plan: Christian Scott + NOLA French connection brass band. Un trompettiste américain de la Nouvelle Orléans s'allie avec une fanfare française New Orleans. Etonnant, non?

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Laurent Dehors trio. Show devant!

Vendredi 15 mars, 19h30, Paris, le Sunside: Jim Funnell quartet. Le pianiste britannique revient de New York avec un nouveau groupe et une nouvelle musique. So exciting!

Samedi 16 mars, 21h, Paris, Jazz Café Montparnasse: Marie Mifsud. Une nouvelle voix du Jazz. Entrée libre. Boissons et mets en vente sur place.

Vendredi 22 mars21h30, Paris, Le Sunside: le duo Marc Benham (piano) & Quentin Ghomari (trompette) jouera l'album " Gonam city " porté aux nues sur ce blog. Cf extrait audio sous cet article. 

Samedi 23 mars, 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: duo Elise Caron & Denis Chouillet  dans un nouveau programme musical de leur fantaisie. 

Mardi 26 mars:

- 20h30, Paris, Le Sunside: Fabrice Moreau quintet. Le batteur devient leader.

- 21h, Paris, Jazz Café Montparnasse: Mathias Lévy Trio. Revisiting Grapelli. Entrée libre. Breuvages et victuailles en vente sur place. 

- 21h30, Paris, le Baiser Salé: Robin Mansanti and Crew. Suivons ces talentueux damoiseaux.

Vendredi 29 mars, 22h, Boulogne-Billancourt (92), le Nubia: Frapadingos. L'ensemble de percussions sud-américaines mené par l'Argentin Minino Garay. Ay, que calor!

La photographie d'Enrico Rava est l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Le trio de Marc Ducret en nage libre au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Ducret, Bruno Chevillon & Eric Echampard par Juan Carlos HERNANDEZ

Marc Ducret, Bruno Chevillon & Eric Echampard par Juan Carlos HERNANDEZ

Marc Ducret Trio

Le Triton

Les Lilas (93).

Vendredi 15 février 2019. 20h30

Marc Ducret: guitare électrique

Bruno Chevillon: contrebasse

Eric Echampard: batterie

Le trio Marc Ducret, Bruno Chevillon & Eric Echampard existe depuis les années 1990. Les musiciens sont nés entre 1957 et 1970. Marc Ducret annonce d'emblée: " On joue des morceaux qui sont vieux parce qu'on est vieux. Et des morceaux pas si vieux". Parce que vous êtes si pas vieux ajoute un spectateur. 

Un morceau pas si vieux pour commencer. La contrebasse, bien amplifiée, se fait sentir malgré le hachage brutal de la batterie et les stridences de la guitare. Une sorte de Free Jazz Rock qui dérive sur un Blues blanc. Gros son mais pas assourdissant. Sacrée attaque de la guitare pour accélérer. Fouette, cocher! Les doigts de Marc Ducret picorent les cordes de la guitare. La vibration reste puissante mais le volume sonore baisse. Le guitariste trafique le son pour faire tourner une boucle rythmique tout en improvisant par dessus. Le jeu du batteur aux baguettes est plus lent, plus espacé, plus fin. Ca plane pour nous. Les cordes sont slappées entre guitare et contrebasse. 

Le trio repart sur un air funky. Le poignet glisse vite sur la guitare, la contrebasse groove. Marc Ducret semble jouer de la guitare et de la basse en même temps.

Honorables lectrices, respectables lecteurs, troublé par tant de liberté, mon stylo bille s'est asséché. Dans l'obscurité de la salle, je ne m'en suis pas aperçu. Tels sont les aléas du direct. Mes notes cessent donc ici. La chronique aussi.

En compensation, la vidéo ci-dessous vous donnera une autre version d'un morceau joué lors de ce concert, " L'ombra di Verdi " (titre éponyme d'un album de ce trio). Saisie ici au théâtre Gérard Philippe de Saint Denis (93) le 27 mai 2013. 

La photographie de Marc Ducret, Bruno Chevillon et Eric Echampard a été prise en 2007 par l'Indomptable Juan Carlos HERNANDEZ. Marc Ducret n'a pas changé de coiffure depuis. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Freedom Duo: Dan Tepfer & Leon Parker en vol libre à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Freedom Duo

Dan Tepfer & Leon Parker

Concert privé à Paris

Vendredi 8 février 2019. 20h

Dan Tepfer: piano

Leon Parker: percussions

Lectrices précises, lecteurs observateurs, j'étais trop loin de la scène pour voir de quoi jouait Leon Parker assis. D'où certaines imprécisions techniques dans les propos suivants.  Merci d'avance pour votre indulgence. 

Le duo commence à l'amble: lent, doux et grave.Très subtilement, avec une cymbale, Leon ajoute une vibration. Il suggère une marche tout à fait civile. Ca accélère progressivement. Les notes du piano et les tintements de cymbales sont plus rapprochés. Musique rêveuse, évanescente comme un bord de mer sous la brume. 

Les musiciens enchaînent comme dans un concert classique. Personne n'applaudit. Le public reste concentré.

Nous restons dans le liquide avec un torrent qui coule du piano. Scansion des mains de Leon. La musique va, court, vole et  nous venge de la laideur. Le pianiste joue sans micro. Leon Parker en utilise un pour scatter. Dan Tepfer écoute. Leon bat la mesure et Dan relance le débat. Travail dans les cordes du piano en résonance avec les battements de mains. Dan revient au clavier, dans le medium. Leon mélange habileme,nt maracas et palmas. Le jeu de mains de Leon Parker est d'une précision diabolique. Et quelle invention! 

Une ballade. Leon reprend aux balais sur une cymbale. Enfin, c'est ce que j'entends mais mes sens peuvent me tromper. Musique pas assez musclée à mon goût. L'ambiance est langoureuse ce soir. Alors que je me plains intérieurement, le pianiste manifeste plus d'allant. Leon joue des percussions sur son torse tout en scattant. Il entre en résonance avec le piano. 

Leon Parker lance un chant que Dan Tepfer reprend. Leon tapote son torse de la main droite et le piano de la main gauche. Le piano lance des éclairs. La musique monte enfin en puissance entre le piano et la cymbale cinglée de main de maître. Leon alterne martèlement et claquement de mains. Dan tapote et trifouille dans son piano. Scat et percussions corporelles de Leon. Dan relance par des phrases courtes, rythmées. Je hoche enfin la tête. Quelques notes de piano. Leon relance avant les applaudissements tenus en réserve depuis une heure de concert. Une spectatrice en profite pour s'échapper. 

Dan Tepfer entame " Prelude to a kiss " de Duke Ellington. Leon ponctue doucement avec un balai sur une cymbale. Il joue des claquettes avec les mains sur un tambour.

RAPPEL

Je n'ai pas toujours partagé l'esthétique de ce concert mais, avec des créateurs de cet acabit, ceux qui ne les suivent pas ne les arrêteront pas. Le duo Dan Tepfer & Leon Parker vaut le voyage, comme disent les guides touristiques. Souhaitons les retrouver en concert à Paris ou à Pontivy, à York ou  à New York, à Orléans ou à La Nouvelle Orléans, partout où vous pourrez les apprécier lectrices précises, lecteurs observateurs. 

Voici la vidéo complète de ce concert. Jugez vous même, lectrices précises, lecteurs observateurs. 

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Daniel Humair Trio remue le Bal Blomet

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair Trio

Le Bal Blomet

Jeudi Jazz Magazine

Paris. Jeudi 31 janvier 2019. 20h30.

Daniel Humair: batterie

Jérôme Regard: contrebasse

Pierre Durand: guitare électrique

 

" Good Moods " (Joachim Kühn). Une composition du pianiste teuton, vieux complice de Daniel Humair. Une musique de conversation comme l'a présenté le chef. le dialogue s'installe petit à petit. Les cymbales tintent sous les baguettes, la contrebasse impulse, la guitare, légèrement en arrière, mystérieuse. Les fils s'entrelacent et la musique monte en puissance, de plus en plus coordonnée. Ca monte, éclate mais sans se répandre. Ce sont des hommes de goût. Joli trot de la batterie.

" Unicorn captivity " (Jane Ira Bloom). Une histoire de licorne captive, semble t-il. Manifestement, la licorne ne subit pas son sort sans rechigner. Elle piétine, hennit de rage et cela s'entend. Beau ping pong entre guitare et batterie. 3 solistes échangent. Ca y est, le trio est parti. La licorne s'est enfuie, au grand galop. Premier solo de contrebasse majestueux, nuageux. Le batteur du trio est passé aux balais. La guitare forme un nuage de sons. La licorne est heureuse et libre en forêt. Premier solo du batteur aux baguettes. La marmite bout. Normal avec un cuisinier aussi avisé aux fourneaux. Vibration puissante sortie des peaux. Ponctuée de coups de cymbales ultra vifs, secs, précis. 

" Mutinerie " (Michel Portal). Cf extrait audio avec un autre groupe de Daniel Humair sous cet article. Nous jouons de la musique de jeunes pour qu'ils touchent des droits d'auteur annonce Daniel Humair (1938) à propos de Michel Portal (1935). Grosse tensions sur les tambours malaxés aux baguettes. La guitare ajoute sa lame de fond, reprenant la partie de clarinette jouée par Michel Portal. C'est aussi efficace. Son de guitare trafiqué avec goût. Grosse pulsation de la contrebasse poussée par le batteur aux baguettes. Tout se calme pour un solo de guitare en douceur. Solo au ralenti de la contrebasse ponctué par une grosse onde de trompette. Ca repart doucement entre le contrebassiste et le batteur qui hache menu aux baguettes. Daniel Humair travaille les bords de caisse puis les cymbales. Son africain de la guitare. Retour au thème en trio. 

" Les amants " (Pierre Durand). Une ballade mais le batteur reste aux baguettes impulsant avec la basse. La guitare tire sa pelote doucement. 

" Genevalmagame " (Daniel Humair). Les souvenirs de jeunesse du Genevois Daniel Humair. 1ère partie. 2e partie. 3e partie. Et après on mange une fondue. Le tout dit avec l'accent romand évidemment. Ca commence en rayonnant comme le soleil qui surgit au dessus des Alpes pour briller sur le Lac Léman. Ca s'agite tout à coup. Bagarre de canards sur le lac, ou bien? La guitare tranche la viande des Grisons pendant que le batteur et le bassiste touillent la marmite à fondue. Aux 3 fromages pour le trio, forcément. Attention au gage! Malaxage aux baguettes. La guitare devient plus planante comme les faucons pèlerins qui descendent du Jura sur la ville de Genève au printemps. 

" Road to perdition " thème final du film éponyme ( en français, " Les sentiers de la perdition ". Sam Mendes 2002 avec Tom Hanks, Paul Newman, Jude Law et Daniel Craig).  Un film sur la Mafia irlandaise aux Etats-Unis pendant la Grande Dépression. Joli thème en effet. Elégant. Belle envolée. 

Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur ponctue subtilement à petits coups secs et précis. La guitare crée une ambiance. Ca part en ballade, note par note. Le batteur entame une marche militaire alors que la batterie joue comme un air de flûte. Ca sonne comme une chanson de troupe modernisée. C'était une musique de film sur l'IRA puis une variation irlandaise de Pierre Durand. 

" Jim Dine " tiré de l'album " Modern Art " de Daniel Humair. Une composition du peintre suisse Daniel Humair en hommage à son collègue américain Jim Dine (1935). Ca secoue dur, s'arrête, repart groupé. La musique s'organise, marche à pas de loup, devient un Blues. La guitare au dessus bien poussée par la rythmique qui tient implacablement et souplement la pulsation. Solo du batteur aux baguettes. Daniel Humair a maigri mais n'a rien perdu de sa puissance volcanique. Le trio repart, guitare en tête. Duo contrebassiste & batteur aux baguettes. Ils pétrissent fermement la pâte sonore pour la faire lever.

RAPPEL

Le générique de fin de " Dirty Harry " (Lalo Schifrin). Clint Eastwood est tellement fou de Jazz que son fils, Kyle, joue de la contrebasse. 

Madame M-H poursuit sa découverte du Jazz actuel. Un peu dérangée par le désordre qui régnait au début du concert, elle a préféré quand la musique s'est organisée et canalisée par la suite, sans rien perdre de son énergie vitale. 

La photographie de Daniel Humair est l'œuvre du Genevois Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Ecoutez le Jars jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio!

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Infatigables lectrices, insatiables lecteurs, si la lecture de ce blog ne vous suffit plus, sachez que vous pouvez désormais écouter l'auteur de ces lignes sur Couleurs Jazz Radio, la radio associative des musiciens de Jazz et des musiques associées.

Titre de l'émission: Le Jars jase Jazz, en toute simplicité.

Premières diffusions: vendredi 8, vendredi 15 et vendredi 22 février à 19 h; dimanche 17 février à 18 h, jeudi 21 février 2019 à 1 h (heure de Paris).  

La première émission, garantie sans colorant ni conservateur, sera consacrée aux duos piano & trompette.

Martial Solal y figurera. 

La photographie de Martial Solal est l'œuvre du Sidérant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Martial Solal Jazz Back à Gaveau

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal improvise

Paris. Salle Gaveau.

Les concerts de Monsieur Croche

en symbiose avec Jazz Magazine

Concert diffusé en différé par France Musique

Mercredi 23 janvier 2019. 20h30.

Martial Solal: piano

La dernière fois que Martial Solal a joué en concert à Paris, salle Gaveau, c'était en 1963 en trio avec Guy Pedersen (contrebasse) et Daniel Humair (batterie). Cf extrait audio sous cet article. C'est dire le caractère unique du concert de ce soir.

La salle est remplie de musiciens. Daniel Humair bien sûr mais aussi les frères jumeaux François (contrebasse) et Louis Moutin (batterie), accompagnateurs fidèles de Martial Solal depuis les années 90 du siècle précédent, Marc Benham (piano), Eric Ferrand N'Kaoua (piano), Vladimir Cosma (compositeur et chef d'orchestre) et mon voisin de gauche Diego Imbert (contrebasse). 

Quelques notes gravées dans le grave pour faire cesser les applaudissements. En avant la musique! Une ballade. Pas eu le temps de reconnaître ce standard. Il est déjà passé à autre chose. Normal, c'est Martial Solal. Il y revient. Problème: si je cherche le titre du morceau, mon esprit est moins éveillé pour écouter la musique. La musique descend en virages, tranquille, pilotée de main ferme. L'énergie vitale est toujours là. Quelle densité émotionnelle! Micros pour la radio. Martial Solal ne joue pas amplifié. Il n'en a pas besoin pour remplir de sons la salle Gaveau. C'était " I can't get started " dont Dizzy Gillespie, grand ami de Martial Solal, fit son cheval de bataille. Drôle de titre pour commencer avoue Martial. Ce morceau lui trottait dans la tête depuis deux jours. Il fallait qu'il s'en débarrasse. Voilà qui est bien fait.

" Round Midnight " (TS Monk). Version avec des décalages étonnants alors même que Martial Solal joue ce thème depuis les années 1950. Jeu parfois grave, parfois léger mais toujours rythmé. Cette montée finale en trilles me donne de bons frissons dans le dos. Quel massage cérébral! Ce n'était pas le final. Trop facile. D'autres variations subtiles suivent. Martial a haussé son niveau de jeu comme disent les commentateurs sportifs. 

" J'essaierai de faire le moins de fausses notes possibles Je jouerai des standards. C'est ce que j'ai appris quand j'étais gosse (Martial Solal est né en 1927). Je vais les traiter à ma façon, les maltraiter voire les retraiter puisqu'ils ont tous plus de 65 ans ". L'humour de Martial Solal est aussi personnel que son jeu de piano. 

Une composition de Martial Solal dont la partition vient d'être éditée. Un morceau du début des années 1970 dirai je à l'oreille. Avec des passements de mains, cette façon d'avancer et de reculer en même temps, de bouger les lignes du temps qui lui appartient. Quelle vibration! Le piano bourdonne comme une ruche en plein été alors que l'hiver règne dehors. Très belle acoustique, très beau grand piano d'une marque américaine qu'il est inutile de citer. Nous sommes salle Gaveau, le temple des pianistes classiques à Paris. Sans piano préparé, sans tripatouillages dans les cordes, Martial Solal, par la seule magie de son toucher, réussit à produire des sons nouveaux au piano. Juste une note comme point final. 

Martial Solal a toujours autant d'idées à la seconde que dans ses jeunes années mais au lieu de les faire se chevaucher, s'entrecroiser, il les démêle, les choisit et les enchaîne. 

" Une fois de plus, un medley de thèmes de Duke Ellington. J'espère que vous aimez ce musicien. De toute façon, si vous n'aimez pas, c'est pareil ". Duke Ellington fit des compliments à Martial Solal sur la pochette de l'album " Martial Solal trio. Live at Newport 1963 " (enregistré en studio comme son titre l'indique) et Martial Solal enregistra deux albums consacrés à Duke Ellington, en solo en 1975 (un an après la mort de Duke Ellington) et avec son Dodécaband en 2000. C'est dire l'inspiration durable que tire Martial Solal de la fréquentation de Duke Ellington. D'abord " Caravan " puis " Take the A train " (de Billy Strayhorn, le 2e cerveau de Duke Ellington) . Retour à " Caravan " dans l'aigu. " Prelude to a kiss ", " Caravan " et " Take the A train" pour l'arrivée. 

PAUSE

" Le standard le plus joué au monde " annonce le pianiste. " My funny Valentine " ressuscité avant le 14 février. La musique roule sous les doigts de Martial Solal. Cette chansonnette grandit, s'amplifie, s'étire, file. Fin autoritaire.

" Histoire de Blues " (Martial Solal). Une subversion du Blues. Si Martial Solal est Africain (né à Alger), il n'est pas Américain et ses ancêtres n'étaient pas esclaves. Il joue le Blues à sa façon. Unique. Plutôt calmement même s'il y a quelques phrases agitées. Un Blues classe avec cet art subtil de décaler les sons qui n'appartient qu'à Martial Solal.

" Here is that rainy day " qui signifie " Ah quel beau temps! ". Superbe version de ce thème dans la " Suite for trio " de Martial Solal/NHOP/Daniel Humair pour MPS (1978). Les notes tombent comme des gouttes de pluie. Dehors, à Paris, c'est de la neige fondue. La météo est presque en phase avec le morceau. 

" Frère Jacques " réintitulé, pour les besoins de la SACEM, " Sir Jack ". D'éminents musicologues affirment que cette fameuse comptine française serait l'œuvre du Grand Rameau (1683-1764), Jean-Philippe de son prénom, qui aimait à dire " Je cherche à cacher l'art par l'art même ", formule qui convient bien à l'art de Martial Solal. Effectivement, l'air de la comptine est reconnaissable. C'est un prétexte pour s'amuser. Le morceau devient un pantin dont il déplace les membres pour les replacer à sa guise. Après tout, le Divin Mozart écrivit bien des variations sur " Ah, vous dirais je, Maman? " , autre chef d'œuvre immortel de la chanson française. 

" Dans ce cas là, je ne vais plus jouer. Je vais être obligé d'improviser ". Rien de connu en effet mais c'est beau. La musique se déploie comme une voile au vent. Léger retour au thème précédent, " Sir Jack ", donc.

RAPPELS

Emporté par l'élan d'un public enthousiaste, Martial Solal nous livra encore " Tea for two " qu'il joua tant et si bien en duo avec Lee Konitz. " Happy birthday to You " en disant que cela ferait forcément plaisir à quelqu'un dans la salle, né un 23 janvier par exemple. Joué avec un haut degré de maîtrise et d'émotion en y casant une autre comptine, américaine cette fois, " Vive le vent d'hiver " (" Jingle Bells ". Splendide version par un des Maîtres de Martial Solal, Fats Waller).  Puis " Lover Man ", " I remember April " et même " La gavotte à Gaveau " (cf extrait audio sous cet article). 

J'ai donc eu l'honneur et l'avantage d'assister au dernier concert en solo de Martial Solal, à Paris, salle Gaveau, temple du piano. D'abord, il a été enregistré par France Musique. Nous pourrons donc l'écouter à loisir à la radio et, peut-être même sera t-il édité sous forme d'album. Ensuite, avec ce diable d'homme qu'est Martial Solal, tant que les Dieux et les Muses lui prêtent vie, un nouveau concert reste toujours possible. 

Pour jouer au très haut niveau, comme dit Didier Deschamps, un entraînement quotidien est indispensable. Exemple avec la vidéo ci-après où Martial Solal joue sa musique chez lui. 

Grâce à France Musique, il est possible d'écouter librement les 4 premiers morceaux de ce concert. Profitez en, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs. 

La photographie de Martial Solal est l'œuvre de l'Irrépressible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour février 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

Honorables lectrices, respectables lecteurs, c'est avec l'approbation des plus hautes autorités morales et religieuses que j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter ma sélection de concerts de Jazz pour le mois de février 2019 à Paris et en Ile de France.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévira bientôt dans une émission intitulée, comme c'est original, " Le jars jase Jazz ". 

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

Le festival Sons d'hiver fera bouger le Val de Marne (94) jusqu'au samedi 23 février 2019 inclus. 

L'exposition " Doisneau et la musique " se poursuit à la Philharmonie de Paris jusqu'au dimanche 28 avril 2019.

Mardi 5 février, 21h30, Paris, le Sunside, le quartet de François Bernat rend un hommage à Miles Davis, déjà acclamé sur ce blog. Sans trompette pour être sûr de ne pas imiter le Prince des ténèbres.

Jeudi 7 & vendredi 8 février, 19h30 & 21h30, Paris, le Duc des Lombards, le nouveau quintette italo-nippo-français du Breton Pierrick Pédron maintes fois célébré sur ce blog. 

Vendredi 8 février:

- 20h, Paris, concert privé sur réservation: Dan Tepfer (piano) & Leon Parker (percussions). Un duo cosmicomique pour un pianiste maintes fois porté en triomphe sur ce blog. Cf vidéo sous cet article d'un précédent concert de ce duo à Paris, au Sunside, le 9 mai 2018. 

- 20h45, Fontenay sous Bois (94), au Comptoir, Macha Gharibian déjà chantée sur ce blog. 

Mercredi 13 février, 21h, Paris, Le Bab Ilo: le quartette Nuages de Mauro Gargano, déjà déclamé sur ce blog. 

Vendredi 15 février:

- 20h30, Paris, Le Bal Blomet, Elina Duni, chanteuse albano-suisse déjà célébrée sur ce blog. Cf photographie en tête de cet article.

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Marc Ducret trio. Une valeur sûre de l'avant-garde.

Samedi 16 février:

- 21h, Auvers sur Oise (95), Maison de l'Ile. Mario Canonge Trio. Jazz caribéen. Pour réchauffer l'hiver valdoisien. 

- 21h, Conflans Sainte Honorine (78), Conservatoire George Gershwin. Daniel Zimmerman Quartet, un groupe déjà porté aux nues sur ce blog. 

- 21h30, Paris, Le Sunside: Adrien Chicot trio, pianiste déjà fêté sur ce blog. 

Mardi 19 & jeudi 21 février, 21h30, Paris, Le Baiser Salé: Max Cilla, la flûte des Mornes (Martinique). Pour découvrir un visage caché des Caraïbes. 

Mercredi 20 février, 21h30, Paris, Le Baiser Salé. Magic Malik Quintet, magicien de la flûte déjà vénéré sur ce blog. 

Jeudi  21 février, 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Christophe Marguet " Happy Hours " Quartet, batteur mélodiste déjà applaudi sur ce blog. 

Vendredi 22 février, 20h45, Fontenay sous Bois (94), Le Comptoir: Michel Edelin, Steve Potts, Sophia Domancich, Stéphane Kerecki, Simon Goubert un quintet tout feu tout flamme pour la sortie des Mémoires de Steve Potts (avec Michel Edelin), " A bucket of Blood ".

Vendredi 22 et samedi 23 février, 20h, Montreuil sous Bois (93), La Générale: Jean-Philippe Viret fête ses 60 ans et les 20 ans de son trio avec Edouard Ferlet et Fabrice Moreau, un trio maintes fois louangé sur ce blog. Les concerts seront enregistrés et feront l'objet d'un album. Venez y contribuer par votre écoute et vos applaudissements, lectrices distinguées, lecteurs raffinées. 

Samedi 23 février, 21h30, Paris, le Sunside: Dexter Goldberg, jeune et talentueux pianiste français déjà remarqué sur ce blog. 

Dimanche 24 février, 18h, Paris, Maison de la Radio: Daniel Yvinec joue Nino Rota, le compositeur fétiche de Federico Fellini. Programme Jazz sur le Vif diffusé en différé sur France Musique.

Mercredi 27 février, 21h, Paris, Le Sunside: Nico Morelli Trio, pianiste italien pas encore reconnu  à sa juste valeur mais déjà loué sur ce blog. Cf extrait audio sous cet article. 

Jeudi 28 février, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Sarah Murcia revisite, façon Jazz contemporain, l'album punk " Never mind the bollocks. Here come the Sex Pistols " (1977).

La photographie de Pierrick Pédron est l'œuvre du Pétrifiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Clefs pour le piano/Keys to the piano/ Ziad Kreidy (dir).

Publié le par Guillaume Lagrée

Antoine Hervé par Juan Carlos HERNANDEZ

Antoine Hervé par Juan Carlos HERNANDEZ

" Clefs pour le piano/ Keys to the piano "

Ouvrage collectif dirigé par Ziad Kreidy

Editions Aedam Musicae. Château-Gontier (53).

France. 2018. 478p. 37€.

 

Lectrices savantes, lecteurs experts, il n'a pu vous échapper que ce blog relève de l'escroquerie. En effet, je ne sais ni lire, ni écrire, ni jouer la musique et pourtant j'en parle. Heureusement pour moi, je n'en tire pas le moindre denier ce qui m'évite de tomber sous le coup de l'article 313-1 du Code pénal.

Pour instruire les ignorants dans mon genre, le pianiste et musicologue libano-français Ziad Kreidy se dévoue corps et âme à propager la sainte parole de la musique savante au piano. Seul, il écrivit " Les avatars du piano " (2012) puis " La facture du piano et ses métamorphoses " (2018) déjà louangés sur ce blog. 

Cette fois, il se lance dans un ouvrage collectif et bilingue " Clefs pour le piano/Keys to the piano ". Moins ambitieux que Denis Diderot, son Encyclopédie ne couvre qu'un seul objet, le piano comme vous l'aviez deviné, lectrices savantes, lecteurs experts. 

L'ouvrage est un recueil d'articles sans plan visible. Pour autant, vous vous apercevrez vite, lectrices savantes, lecteurs experts, que l'ouvrage suit un plan chronologique allant de l'invention du pianoforte (doux fort en français. La langue italienne dit toujours pianoforte mais ce n'est plus le même instrument) par l'Italien Bartolomeo Cristofori vers 1700 au service d'un grand Duc Médicis à Florence (peintres, sculpteurs, architectes et musiciens européens devraient rendre hommage aux Médicis à Florence au moins une fois par an) à des solutions pour un piano futur proposées par l'Américain Stewart Pollens.

En chemin, Ziad Kreidy ne lâche pas ses obsessions. Notre directeur spirituel aime jouer les œuvres anciennes sur les instruments anciens. A l'appui de sa démonstration, un article sur Frédéric Chopin démontre, qu'en plus de copier lui même ses partitions, le plus célèbre des Polonais indiquait des tempi, des pédales différents selon que le morceau devait être joué à Paris, Vienne ou Londres. En effet, à son époque, d'une ville à l'autre, les pianos différaient. " En ce qui concerne le piano, personne n'en sait plus que Chopin " (Robert Schumann). 

Pour autant, notre auteur n'est pas un fanatique. Il accepte le dialogue avec des artistes au point de vue totalement divergent du sien. Ainsi le compositeur français Tristan Murail (1947) estime qu'un compositeur actuel pour le piano ne peut créer du neuf qu'en utilisant les ressources de l'électronique. Cf sous cet article, la vidéo de Dan Tepfer (1982), pianiste, compositeur et astrophysicien maintes fois louangé sur ce blog, " Jazz and Coding ". 

Les deux précédents ouvrages de Ziad Kreidy ne comportaient pas un mot sur le Jazz. Ce fâcheux oubli est réparé avec l'article " Enjeux d'une esthétique pianistique afro-américaine (de Eubie Blake à Jason Moran) " de Frédéric Saffar (Université Paris 8). Que deviennent les pianistes de Jazz blancs et métis, européens et asiatiques, dans cette affaire? La question demeure. Autre question sans réponse. Pourquoi, dans la musique classique, le pianiste est-il le soliste invité par l'orchestre qui peut très bien jouer sans lui alors qu'en Jazz, il est le chef d'orchestre, compositeur, arrangeur, directeur musical dont l'exemple le plus reconnu, souvent imité mais jamais égalé, demeure Duke Ellington

Un autre article aurait pu, aurait dû, citer des pianistes de Jazz. " L'incarnation percussive du piano contemporain " de Pierre-Albert Castanet, professeur à l'université de Rouen, qui dirigea un big band de Jazz et qui réussit l'exploit sportif de parler de piano traité comme un instrument de percussion sans faire référence aux racines africaines infusées dans le Jazz par Fats Waller ou Thelonious Sphere Monk. Comme si le pianiste cubain Omar Sosa n'existait pas.  En compensation, écoutez sous cet article, l'extrait audio de l'album " Drum Suite " (1956) d'Art Blakey avec le " Cubano Chant " du pianiste Ray Bryant

Ziad Kreidy, tant dans ses écrits que dans son jeu, lutte contre la standardisation des pianos. Il n'est pas le seul à mener le combat. Ainsi le pianiste et enseignant français Stephen Paulello a décidé de créer des pianos tant il était déçu par ceux dont il jouait. Le résultat donne un grand piano à 102 touches (contre 88 habituellement) dont le pianiste de Jazz français Marc Benham fait merveille dans son récent album " Gonam City ", célébré sur ce blog. Ce piano est au piano vendu en magasin ce que la haute couture est au prêt à porter. Le prix suit la qualité. Il monte en flèche. 

Le piano peut même devenir tellement unique qu'il n'existe qu'en un seul exemplaire dont certains pianistes aventureux (plutôt Indiens qu'Européens) aiment jouer mais que personne n'achète. C'est le Fluid Piano, sujet d'un entretien entre son créateur le Britannique Geoffrey Smith et Ziad Kreidy. Comment marche le Fluid Piano? Vous le saurez en lisant l'article.

Ce genre de crocodile, rare et cher, ne permet pas de fournir un marché de masse. Tous les musiciens ne disposent pas chez eux d'un salon de musique comme cela se trouvait dans les hôtels particuliers des Fermiers généraux à Paris au XVIII° siècle. D'où l'utilité des petits pianos que démontre le constructeur américain Delwin D Fandrich

En toute honnêteté, lectrices savantes, lecteurs experts, je ne suis pas venu à bout de certains articles. Savoir comment Erard a inventé son mécanisme à double échappement ou comment les pianos étaient fabriqués en URSS ne m'intéresse pas du tout. Mon insatiable curiosité n'est pas allée jusqu'à ces extrémités.

Cette chronique ne prétend pas décrire toutes les richesses de ce livre, simplement vous en livrer quelques aperçus. 

L'immense intérêt de cet ouvrage est que vous pouvez le lire et vous instruire comme il vous plaira, lectrices savantes, lecteurs experts. En tout ou partie, dans l'ordre ou le désordre, " Clefs pour le piano/ Keys to the piano " vous ouvrira des portes dont vous ignoriez l'existence. Merci à Ziad Kreidy pour ce travail encyclopédique au service de la musique en général et du piano en particulier. 

La photographie du pianiste, compositeur et chef d'orchestre français Antoine Hervé est l'œuvre du Fortissimo Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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