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Pour ceux qui détestent le Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Certains musiciens détestent le Jazz par principe et par méthode. Ils abhorrent la permanence du beat, exècrent le lien avec la danse, abominent la répétition du schéma thème/solo/thème. C'est le cas d'Olivier Messiaen et Pierre Boulez par exemple.

 

D'autres individus, beaucoup moins respectables, détestent le Jazz par racisme et antisémitisme, bref par bêtise. " Le raciste se trompe de colère " (Léopold Sedar Senghor).

 

Grâce au " Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement " de Guy Bechtel et Jean Claude Carrière ( Bouquins, Robert Laffont, Paris, 1991, 820 p), voici un florilège de citations bêtes et méchantes sur le Jazz. Attention, c'est du lourd!

 

" Le jazz est cyniquement l'orchestre des brutes au pouce non opposable et aux pieds encore préhensifs, dans la forêt de Vaudou. Il est tout excès et par là, plus que monotone: le singe est livré à lui-même, sans moeurs, sans discipline, tombé dans tous les taillis de l'instinct, montrant sa viande à nu, dans tous ses bonds, et son coeur, qui est une viande plus obscène encore. Ces esclaves doivent être soumis, ou il n'est plus de maître. "

Revue musicale, Paris, 1920.

 

" Selon le docteur J.T Stevens, le goitre serait une des maladies que notre âge de la radio semblerait développer particulièrement. Les glandes endocrines fonctionnent en effet en collaboration étroite avec le système nerveux, et les épreuves que nous faisons subir à celui-ci affectent nos secrétions internes et, par là, tout l'équilibre de notre organisme. Le Dr Stevens va jusqu'à affirmer que, si la durée moyenne de la vie humaine est si basse, la faute en est surtout à l'hyperthyroÏdie qui détermine toutes sortes de maladies du coeur. Le jazz aurait produit une génération de malades qui s'ignorent ( Deutsche Wochenschrift) "

Les Primaires, janvier à juin 1937, p.322.

 

" Crépuscule du Jazz. Astre insolite surgi de l'occident avec la précision d'un magistral coup d'envoi, il  a éclairé la mêlée d'après-guerre de sa flamme dure et clignotante... Les années ont passé et l'on s'aperçoit aujourd'hui que l'incursion du jazz dans le domaine de l'art n'y a pas laissé de traces bien profondes. "

 Albert Gravier, Les Primaires, mai 1931.

 

 

" Alors que la musique de jazz proprement dite peut se recommander de ses origines nègres, l'apparition du swing est consécutive à la prédominance juive, tant parmi les compositeurs que les exécutants de cette musique dite légère. "

La Légion, revue française sous l'Occupation allemande, février 1942.

 

 

 

 

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Sélection de concerts pour décembre 2010 à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Pour décembre 2010, mon choix de concerts de Jazz à Paris est toujours aussi ignoblement partiel et partial.

 

Giovanni-Mirabassi.jpg

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre de l'Aérien  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

N'oubliez pas de commémorer le décès du Soul Brother Number One, Jaaaaaammmmmeeeesssss Brown, le 24 décembre. Vous l'écouterez accompagné par un orchestre de Jazz dirigé par Oliver Nelson. Sauf avis médical opposé, il est recommandé de danser sur cette musique. Soul on Top!

 

 

A Radio France le samedi 4 décembre à 17h, concert gratuit de l'American Trio du pianiste Dan Tepfer. Si vous ne pouvez y assister, ce concert sera diffusé ensuite sur France Musique.
Au Sunside:
Samedi 4 décembre, 21h, le trio américain du pianiste  Dan Tepfer pour fêter un nouvel album que j'ai hâte d'écouter.
 
Lundi 6 décembre, 21h, Dave Liebman Quartet plays Ornette Coleman. Quand un Géant du saxophone ténor rend hommage à un Géant du saxophone alto, le résultat promet d'être gigantesque.
Mardi 21, mercredi 22, jeudi 23 décembre à 20h et 22h, le trio du pianiste Giovanni Mirabassi pour fêter à  Paris la sortie de son album  Live in Tokyo.
Au Sunset:
Jeudi 2 décembre, 21h30, Hal Singer avec Bobby Few. Hal Singer, saxophoniste ténor né en 1919, est un des pères du Rhythm and Blues et du Rock and Roll. Le premier concert de Jazz en club de ma vie à Paris, c'était Hal Singer avec Steve Potts en 2000 aux 7 Lézards, club aujourd'hui disparu. Inoubliable d'énergie et de vitalité. Il vient de sortir un nouvel album avec David Murray.
Mardi 28 décembre à 21h30, reconstitution du trio BFG. Il ne s'agit pas d'une MST mais de l'alliance alchimique d'Emmanuel Bex (orgue Hammond), Glenn Ferris (trombone) et Simon Goubert (batterie).

Mercredi 29, jeudi 30, vendredi 31 décembre à 21h, carte blanche à la Soul Sister Rhoda Scott, l'organiste aux pieds nus. Le Saint Groove est avec elle.

 

Au Duc des Lombards:

 

Dimanche 12 décembre à 20h et 22h, le trio à cordes et sans cris de Didier Lockwood ( violon), Diego Imbert (contrebasse), Philippe Catherine (guitare électrique). Attention, Swing en vue!

 

Au Triton:

 

Jeudi 9 décembre à 20h30, Sophia Domancich viendra défendre sur scène son nouvel album  snakes and ladders

 

Vendredi 17 et samedi 18 décembre à 20h30, Médéric Collignon et son Jus de Bocse joueront la musiique de King Crimson. Ca promet.

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Le Fluturiste André Stocchetti défriche le Sentier des Halles

Publié le par Guillaume Lagrée

 André Stocchetti « Fluturiste ».

 Paris. Le Sentier des Halles.

Lundi 22 novembre 2010. 21h45.

 

André Stocchetti : flûtes, chant, électronique, récit

 

 

 

 

Il y a quelque chose de Médéric Collignon chez cet homme en plus fluide et plus joyeux. Il commence avec un scat qu’il passe en boucle grâce à l’électronique, chante, utilise son corps comme instrument de percussion ; Il chante de vrais textes, grande différence avec Médéric. Il y a toutes sortes de flûtes mais toutes sont droites. Pas de flûte traversière. Il enchaîne uine série d’aphorismes improbables. Il y a aussi un côté one man show dans ce spectacle même si la machine est un acteur à part entière. Elle s’arrête pour céder la place à un solo d’une longue flûte au son grave et mystérieux. C’est le poème de Ronsard « Mignonne allons voir si la rose » qu’elle accompagne. N’oublions pas que lorsque Ronsard écrivit ce poème, il avait 60 ans, la mignonne 20 et qu’elle l’envoya valser.

 

André Stocchetti a aussi la capacité de passer du rire à l’émotion, de jouer, de chanter, de conter. Il ne lui manque plus que le jonglage et la danse mais cela ferait peut-être trop. Très joli solo de flûte en bois, presque classique. Cette chanson triste sur un baiser froid qui glace l’amant n’est pas dans l’album.

 

Une chanson sur le temps au tempo haletant. Il change les paroles par rapport à l’album. Intéressant. Une chanson joyeuse mais avec une secrète mélancolie, celle du Tempus fugit derrière. Jeu d’écho entre la flûte et la machine. Alors que les mots temps, die zeit, time, tempo, tournent en boucle, la flûte entame une course folle contre le temps. Belle chanson sur le temps, sans nostalgie. Prenez le temps de l’écouter. Et revenez y de temps en temps. Ca repart en chanson d’amour, sur le bon temps passé à deux. S’ensuit un chant de flûte intergalactique. Avec une machine cet homme a plus d’imagination que bien des orchestres. Fin style Guerre des étoiles.

 

André repart seul avec une flûte en bois, en joyeux pastoureau jouant dans les montagnes pour guider son troupeau. Cela apaise après le déluge électronique du précédent morceau. Accélération vertigineuse jusqu’au final.

 

Il nous raconte une histoire sicilienne qui ne figure pas dans l’album. Je ne vous la raconte pas. Allez l’écouter au spectacle d’André Stocchetti.

 

S’ensuit une chanson « métaphysique ou tu vas prendre froid » qui ne figure pas non plus dans l’album. « Une chanson de rien ». Peut-être teste t-il son futur album en même temps qu’il promeut l’actuel. Nous jouons des nouvelles chansons que nous essayons sur vous et sur nous-mêmes comme disait Prince en club à Minneapolis avant la sortie de « Sign o’ the times ». Ici, il s’agit d’un mambo spatial et spécial. Il y a une surprise finale que je ne vous raconte pas.

 

« Soyons clairs » (Henri Michaux). C’est une chanson politique plutôt éloignée de « La Marseillaise », « L’Internationale » et autres chants militants. Il chante avec son corps comme instrument de percussion.

 

Une chanson de l’album. Un poème de Claude Roy. Une très belle chanson. Un beau texte sur la mort, le seul vrai sujet pour Louis Ferdinand Céline. Un spectacle total par un homme seul, voilà ce que propose André Stocchetti. Stéphane Eicher a commencé comme ça, dans un autre genre.

 

Une autre chanson belle et triste, celle de Clément Marot partant en guerre : « Adieu la cour, adieu les dames ». Que vous connaissiez ou non ce poème, bijou rare d’élégance et de mélancolie, il faut l’entendre interprété par André Stocchetti. Il dérive ensuite vers un solo de guitare électrique à la flûte électrique, évoquant les bruits de guerre comme Jimi Hendrix jouant Star Spangled Banner à Monterey en 1967. D’ailleurs, il cite cette version dans son solo.

 

« Le concert n’a pas été réussi » (Jacques Prévert), une chanson qui ne figure pas sur l’album non plus. Il y a 15 ans, André Stocchetti jouait du baroque dans un orchestre. Il n’en joue plus, il l’est.

 

Quant au bis règlement de comptes, il vous faudra aller voir le spectacle d’André Stocchetti pour savoir de quoi il s’agit, sapristi !

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: John Coltrane ou la quête d'absolu

Publié le par Guillaume Lagrée

  Leçon de Jazz d’Antoine Hervé

 

John Coltrane ou la quête d’absolu.

Paris. Auditorium Saint Germain des Prés.

Vendredi 19 novembre 2010. 19h30.

 

 

 

 

Antoine Hervé : piano, explications en français

Rick Margitza : saxophone ténor, explications en anglais

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Paranormal Juan Carlos HERNANDEZ.

 

" The critics treat me like Coltrane, insane

We are brothers of the same kind, unblind "

Chuck D, Public Enemy.

 

Les approximations, inexactitudes, erreurs concernant la partie technique de l’exposé sont entièrement de mon fait.

 

John Coltrane pensait pouvoir rendre le monde meilleur par la musique. Vaste programme comme disait le Général. En tout cas il a rendu la musique et ses auditeurs meilleurs. John Coltrane jouait des saxophones ténor et soprano. Rick Margitza ne joue que du saxophone ténor mais si bien que l’absence de soprano lui est aisément pardonnée.

 

Ils commencent par une ballade. Rick joue comme il faut, avec grandeur et spiritualité. C’est une ballade. Antoine joue à la manière de Mac Coy Tyner. Normal vu que Mac Coy fut le pianiste historique de Coltrane entre 1960 et 1965. Ils enchaînent sur « Impressions » si je ne m’abuse. Version plutôt calme. Il manque la pulsation de la rythmique pour nous arracher du sol mais ça joue.

 

John Coltrane était le petit fils d’un père méthodiste. Il a commencé la musique vers 12-13 ans ce qui est assez tard. Stan Getz, son premier modèle, tournait à travers les Etats-Unis avec l’orchestre de Tommy Dorsey à l’âge de 15 ans. La musique est devenue pour Coltrane un exorcisme contre la douleur, une obsession. Il y avait un piano pneumatique chez lui. Il a commencé par le saxhorn alto, la clarinette, le sax alto avant d’aboutir au sax ténor. A l’âge de 12-13 ans, il est arrivé à Philadelphie, capitale du Jazz d’où vient « Philly » Joe Jones le batteur qui le fit entrer dans le quintet de Miles Davis en 1955.

 

Démonstration de l’enchaînement harmonique nommé le Coltrane change avec une version de « Body and Soul ». Explication technique avec la division de l’octave en 3 parties égales. 8/3 c’est plus musical que mathématique comme opération. La plus belle version de Body and Soul demeure celle enregistrée en 1939 par Coleman Hawkins, le deuxième père du saxophone ténor après Adolphe Sax. Rick joue si bien qu’il me fait redécouvrir ce standard. Antoine joue quelques trilles au piano sans perdre l’émotion. Il glisse des accents monkiens dans son solo.

 

John Coltrane était un rebelle doux. Joli résumé. Cet homme avait une boulimie de recherche, d’expérience. « Naima » dédié à sa fille (sic). Avec tout le respect dû au professeur  Antoine Hervé, docteur ès Jazzologie, Naima est dédié à la première épouse de John Coltrane. En 1955, John Coltrane entre dans le quintet de Miles Davis et épouse Naima. Une année charnière dans sa carrière. Naima est une ballade sublime, absolument sublime. Dire qu’il y a des malheureux qui ne la connaissent pas encore. Rick la joue comme elle doit être jouée : avec douceur, pureté et intensité. Antoine joue l’orage contenu derrière.

 

John Coltrane a été influencé par Johny Hodges (qui, lui, fut impressionné par Coltrane jouant « In a sentimental mood » avec Duke Ellington). et Benny Carter. Certes mais il y a d’abord Stan Getz, « The Sound », génie précoce du saxophone ténor dont Coltrane disait « Nous aimerions tous sonner comme cela. La vérité est que nous ne le pouvons pas » . John Coltrane a montré que le Jazz c’est l’innovation permanente. Il s’est construit petit à petit.

 

 


 

 

 

Coltrane avait une prédilection pour les valses et les tonalités mineures. Exemple : « My favorite things ». Antoine sert, Rick retourne à la volée. Ce n’est pas pour rien que, 30 ans après John Coltrane, Rick Margitza fut le saxophoniste de Miles Davis. Miles savait s’entourer des meilleurs.

 

A partir des années 1950, Coltrane plonge dans les drogues dures. Miles le vire de son orchestre pour cette raison. C’est pourquoi en 1957 Miles enregistre à Paris avec Barney Wilen « Ascenseur pour l’échafaud » et Coltrane à New York avec Thelonious Monk qui lui dit qu’il est un génie et que Miles n’a pas le droit de le traiter de cette manière. Miles reprit Coltrane dès 1958, Monk se consolant très largement avec Johny Griffin mais ceci est une autre histoire. De 1955 à 1956, Coltrane décolle avec Miles (Cookin, Workin, Steamin, Relaxin with the Miles Davis Quintet) et leur musique devient légendaire. En 1957, chez Monk, Coltrane apprend beaucoup de choses. «  Jouer avec Monk c’est comme entrer dans un ascenseur, faire un pas en avant et s’apercevoir qu’il n’y a pas d’ascenseur » disait Coltrane.

 

Antoine explique l’accord de quarte augmentée cher à Thelonious Monk et Bela Bartok. C’est une sorte de nombre d’or de la musique. Monk, pianiste, a suggéré à Coltrane, saxophoniste, des jouer plusieurs notes à la fois : les multiphoniques.

 

Démonstration par Rick Margitza qui s’excuse de devoir s’exprimer en anglais. Coltrane a étendu les possibilités du sax ténor. Il est monté d’une octave par rapport au registre naturel de l’instrument. Démonstration par Rick de la montée dans l’aigu en utilisant la glotte et les doigtés. En augmentant l’étendue de l’instrument, il pouvait jouer des intervalles beaucoup plus larges. Démonstration. C’est très difficile à faire au piano à moins d’avoir les bras très longs. Coltrane a aussi découverts des doigtés alternés. Rick démontre, avec ses doigts et sa bouche, comment changer une phrase classique en phrase coltranienne.

 

Ils se lancent sur « Bye bye black bird», un standard. Version classique puis version à la Coltrane. Avant Coltrane, tout le monde jouait sur un rythme à quatre notes. Coltrane a joué en 5 temps, en 7 temps car il avait plus de notes à mettre. Il jouait aussi beaucoup plus vite que beaucoup de saxophonistes. Antoine et Rick déploient devant nous le relevé note par note d’un morceau de John Coltrane : la partition est impressionnante. Cela rappelle Berio, Ligeti sauf que cela n’est pas écrit. Coltrane faisait des solos de 30 mn.

 

« Giant steps » morceau de Coltrane avec des changements d’accords très fréquents et des tonalités très éloignées. Antoine Hervé compare John Coltrane à Richard Wagner. Pas sûr que cela aurait plu à Richard vu ses opinions politiques. Giant Steps est basé sur une gamme pentatonique, la gamme archaïque. Tommy Flanagan, pianiste de la séance, eut du mal à jouer ce morceau. Il était insatisfait de son travail. C’est pourquoi il enregistra à nouveau l’album en 1982 en trio avec George Mraz (contrebasse) et Al Foster (batterie).

 

Avec la sortie de « Free Jazz » d’Ornette Coleman en 1960, John Coltrane se remit totalement en question. Le Free Jazz se débarasse de la tonalité et de la barre de mesure. C’est l’improvisation totale. Un peu effrayé, le pianiste Mac Coy Tyner quitta Coltrane en 1965. Antoine nous demande de claquer des doigts et de chanter « A Love Supreme ». Outre l’album studio (34mn), vous pouvez écouter une version hallucinante de ce chant mystique donnée au Festival de Jazz d’Antibes Juan les Pins le 26 juillet 1965 (48 mn). A titre personnel, j’ai mis une bonne vingtaine d’écoutes avant d’entrer dans ce concert. Essayez pour voir. Ce 19 novembre 2010, Antoine Hervé et Rick Margitza lancent et explorent le thème pendant quelques minutes avec le soutien d’un public conquis et content.

 

John Coltrane a lancé un défi à tous les musiciens. Merci à Antoine Hervé et Rick Margitza de nous l’avoir transmis. Prochaine leçon de Jazz à Paris le jeudi 16  décembre. Thème : Duke Ellington, pianiste. Messieurs, venez en compagnie d’une Sophisticated Lady. Cela s’impose.

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Manu Codjia Trio " Covers " en concert au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Manu Codjia Trio

Paris. Le Sunset.

Jeudi 18 novembre 2010. 22h.

 

Manu Codjia : guitare électrique

Jérôme Regard : contrebasse

Philippe Garcia : batterie, samplers

 

Manu Codjia

 

La photographie de Manu Codjia est l'oeuvre du Cosmique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Concert de lancement de l’album « Covers »,  diffusé sur TSF

 

Démarrage comme sur l’album par « Beat it » de Michael Jackson et Quincy Jones. La guitare attaque tout de suite. La pulsation funky est assurée par la contrebasse et la batterie. Manu, lui, tisse cotte de mailles froide et superbe. Ca mord. Rythme ça comme le chantait Michael. Pas de doute, il y a du rythme. Manu tourne autour du thème, y revient, sans jamais perdre l’énergie, la tension nécessaire.

 

Démarrage en solo de guitare, planant et métallique à la fois, le truc de Manu Codjia. Il suit l’ordre de l’album. « Redemption Song » de Bob Marley. Une superbe ballade que Bob chantait, seul avec sa guitare sèche. Un chant de liberté et de rédemption. C’est le calme après la tempête. La rythmique reggae est entrecoupée d’éclairs d’orage. La tempête revient pour disparaître avec le retour au calme du thème.

 

« Martha » (Tom Waits). Ce morceau a rappelé à un ami, Monsieur E., les soirs pluvieux d’enfance quand sa mère cuisinait en écoutant cette chanson. C’est une ballade. Je ne connais pas la chanson d’origine mais elle doit être belle. Les sons se mêlent, se croisent, entre acoustique, électrique et électronique.

 

Le batteur démarre seul. «  T’entends ce thème ? C’est assez beau, non ? C’est le requiem pour un con ! » (Serge Gainsbourg). Manu ajoute sa guitare à une chanson qui n’en comprenait pas. Ca mitraille, défouraille à tout va mais avec poésie. Une femme enceinte est assise à côté de moi. Voilà un bébé dont l’oreille sera bien formée. En un instant, la musique s’allège, s’élève sans relâcher la tension, la pression. M. Serge peut être fier de ces petits gars. Ils assurent. Très jolie citation de « Je t’aime moi non plus » que je ne reconnaissais pas sur l’album. Je m’en vais donc le réécouter.

 

Retour à la ballade avec Leonard Cohen l’homme qui donne froid à la nuit. « Allelujah ».

 

« Hunting high and low » chanson d’un trio de blonds Norvégiens qui plaisaient beaucoup aux jeunes filles à l’époque, A Ha. Manu Codjia a bien résumé la chose. Je peux personnellement témoigner que les brushings ébouriffants des membres d’A Ha plaisaient aux jeunes filles françaises des années 1980. Je ne comprends toujours pas pourquoi. Ces mystères m’échappent. Ce morceau de pop innocente prend un sacré coup de vice. Philippe Garcia travaille son appareillage électronique. Il y a des interférences sur la ligne. Les Martiens attaquent. N’ayez pas peur. Enfin, ce genre là, quoi. La mélodie finit par arriver mais embellie, enrichie, agrandie. Un vieux Monsieur s’en va pendant ce morceau. Il était déjà trop vieux pour A Ha dans les années 1980. Revu et corrigé par Manu Codjia et ses amis en 2010, le choc était trop rude pour lui.

 

PAUSE

 

Il est déjà 23h15 et j’ai école le lendemain à 9h. Je dois donc quitter à regret ce concert. Depuis 10 ans que je l’écoute, Manu Codjia ne m’a jamais déçu. Ce programme est une réussite par le choix et le traitement des morceaux. Je pense tout de même que Manu Codjia pourrait se permettre une rythmique plus créative et plus affranchie. Il y gagnerait certainement.

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Sophia Domancich " Snakes and ladders "

Publié le par Guillaume Lagrée

Sophia Domancich

" snakes and ladders "

Les Forces en présence.

Cristal Records. 2010.

 

 

 

Sophia Domancich: piano, claviers, Fender Rhodes, samplers

John Greaves, Napoleon Maddox, Himiko Paganotti, Robert Wyatt: voix

Jef Morin, Louis Winsberg: guitares

Simon Goubert: cymbales et balais

Jocelyn Moze: claviers, batterie

Raphaël Marc: samplers, électronique

Ramon Lopez: percussions, palmas, chant

 

Le mariage Jazz/Pop anglaise sied aux Françaises. Après les chanteuses  Elise Caro  n et Claudia Solal, voici qu'une pianiste Sophia Domancich s'y met avec succès. Sophia, elle, s'est entourée de chanteurs avec soin et goût. Elle dirige l'ensemble avec doigté et finesse, présente et sachant se faire oublier. Elle compose, arrange, joue. Son complice dans la vie et la musique, Simon Goubert est là, bien sûr. La musique est froide, vénéneuse, captivante, s'insinue en vous discrètement, insensiblement pour ne plus vous lâcher. Malgré le titre, serpents et échelles, cette musique n'a rien de biblique. Les voix d'hommes se suivent, dissemblables et pourtant dans un même ton, un même style. Voici une musique pour accompagner les nuits d'hiver qui viennent et bien d'autres rêveries.

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Rentrée des leçons de Jazz d'Antoine Hervé

Publié le par Guillaume Lagrée

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Précieux Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Antoine Hervé

 

 

 

Oyez, oyez, bonnes gens, c'est la rentrée des leçons de Jazz d'Antoine Hervé!

 

Je tâche de suivre fidèlement les leçons données à Paris. Voici le programme pour Paris, l'Ile de France et autres belles provinces du pays de France, DOM compris. Venez vous délecter du Gai Savoir du Jazz grâce à Antoine Hervé.

 

A Paris, Maison des Pratiques Artistiques Amateurs - Auditorium St Germain - 19:30

Créations à venir:

vendredi 19 novembre : John Coltrane, la quête de l'absolu - avec Rick Margitza au sax ténor

Jeudi 16 décembre : Duke Ellington, le pianiste

Vendredi 28 janvier : Charlie Parker, l'étoile filante du Be-Bop - avec Pierrick Pedron au sax alto

Lundi 14 février 2011 : Pat Metheny, guitariste sans frontière - avec Manu Codja à la guitare + groupe

Lundi 21 mars : Le Jazz manouche, Paris en fête - avec Boulou Ferré à la guitare

Lundi 11 avril : Miles Davis, les deux premiers quintettes - avec Eric le Lann trompette + groupe

 

Reprises :

 

Grenoble MC2 :

Jeudi 18 novembre : Oscar Peterson, le swing et la virtuosité

Mercredi 1er décembre : Bill Evans, le romantisme et la passion

Jeudi 13 janvier : Keith Jarrett, un improvisateur au carrefour des musiques du XXème siècle

Jeudi 3 février : Le Blues vu du côté piano

Jeudi 14 avril : Récital "I Mean You" en Hommage à Thelonious Monk - CD paru chez Plus Loin - dist Harmonia Mundi

 

 Metz, L'Arsenal

Jeudi 2 décembre : Keith Jarrett, un improvisateur au carrefour des musiques du XXème siècle

Jeudi 10 février : Wayne Shorter, le compositeur-saxophoniste extra-terrestre - avec Jean-Charles Richard au sax

Mercredi 13 avril : Louis Armstrong, L'invention du swing - avec Médéric Collignon cornet

 

Nanterre, Maison de la Musique :

Samedi 4 décembre : Thelonious Monk, l'humour et le Dandy

Jeudi 27 janvier : Antonio Carlos Jobim et la Bossa Nova - avec Rolando Faria chant

 

Brest, au Vauban :

Mardi 7 décembre 2010 :  Thelonious Monk, l'humour et le Dandy

Mardi 11 janvier 2011 : Antonio Carlos Jobim et la Bossa Nova - avec Rolando Faria chant

Mardi 8 février : Clifford Brown, l'ange de la trompette jazz - avec Eric Le Lann trompette

Mercredi 16 mars : Le Blues vu du côté piano

Mercredi 6 avril : Keith Jarrett, un improvisateur au carrefour des musiques du XXème siècle

Mardi 3 mai : Weather Report, l'avènement du Jazz-Rock - en sextet

 

Evreux - Le Cadran (27)

Vendredi 14 janvier 2011 : spectacle "Mozart, La Nuit" avec Markus Stockhausen et les frères Moutin

Vendredi 11 février : Le Blues vu du côté piano

 

Hyères - Théâtre St Denis (Var)

Samedi 11 décembre : Le Blues vu du côté piano

Vendredi 21 janvier : McCoy Tyner, tempête sur les musiques du monde - en trio avec les frères Moutin

Samedi 12 mars : Antonio Carlos Jobim et la Bossa Nova - avec Rolando Faria chant

Samedi 9 avril : Duke Ellington, le pianiste

 

La Seyne-sur-Mer - Fort Napoléon

Vendredi 17 juin : Le Big-Band

 

Lillebonne Centre Culturel Juliobona (76)

Mercredi 16 février : Louis Armstrong, L'invention du swing - avec Médéric Collignon cornet

Mardi 5 avril : Le Blues vu du côté piano

Mardi 10 mai : Le Big-Band

 

Bergerac (Dordogne) :

Jeudi 12 Mai : Oscar Peterson, le swing et la virtuosité - en trio avec les frères Moutin

 

Bordeaux - Halle Chartrons

Vendredi 18 février : Oscar Peterson, le swing et la virtuosité

Mardi 14 juin :  Bill Evans, le romantisme et la passion

 

Tarbes-Ibos (Hautes-Pyrénées)- Le Parvis :

Mardi 12 avril : Keith Jarrett, un improvisateur au carrefour des musiques du XXème siècle - en trio avec Michel Benita et Philippe Garcia

 

Suresnes - Théâtre Jean Vilar

Mardi 8 mars : Le Blues vu du côté piano

Mardi 15 mars : Louis Armstrong, L'invention du swing - avec Médéric Collignon cornet

Mardi 22 mars : Antonio Carlos Jobim et la Bossa Nova - avec Rolando Faria chant

Mardi 25 mars : Création: "Le Jazz et la Java", jazz et chanson française - avec Michel Benita et Philippe Garcia + deux chanteurs

Mardi 29 mars: Keith Jarrett, un improvisateur au carrefour des musiques du XXème siècle

 

l'Ile de La Réunion :

en Février, avril, mai et octobre 2011, une série de Leçons de Jazz et de concerts

à St Denis (Théâtre Canter), à St Paul (Leconte de Lisle), à St Leu (le Séchoir) au Tampon et au Conservatoire National de Région de St Denis

Samedi 30 avril : concert en duo de pianos avec Mahay Déra à St Gilles - Festival les Déboussolés

 

Duos avec Jean-François Zygel :

Alençon - Scène Nationale 61

Samedi 19 février : Concert en duo de pianos

Paris - Festival St Germain - Eglise St Germain

Jeudi 19 mai : Concert en duo de pianos

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André Stocchetti " Fluturiste "

Publié le par Guillaume Lagrée

André Stocchetti

" Fluturiste "

Tempo Productions.

Sortie le 5 novembre 2010.

 

 

André Stocchetti: flûtes, électronique, chant

 

Attention, phénomène!

 

Un homme seul avec des flûtes et des machines électroniques, du goût, de la poésie, de l'invention, de la culture, de l'intelligence, va vous éblouir, vous émerveiller, vous agacer, vous surprendre, lectrices curieuses, lecteurs avides de nouveauté. Cet homme se nomme André Stocchetti.

 

Enfin de la fraîcheur! La succession de Michel Edelin est assurée. Il y a tant de merveilles que je ne sais par laquelle commencer. Enfin si je sais. Par ce merveilleux poème de Clément Marot, poète libre du XVIe siècle" Adieu la cour ". A partir de la poésie et de la musique de la Renaissance française naît un bijou contemporain qui parle à l'auditeur de 2010.

 

Et puis il y a l'humour, humus de l'amour comme disait Roland Topor. Celui des haïkus rejoint celui de Cioran. Les machines sont ici au service de l'homme et non l'inverse comme cela est trop souvent le cas dans la musique électronique. Le souffle du flutiste rejoint celui du chanteur. La diversité de cette musique kaléidoscopique enchantera adultes et enfants.

 

Enfin cet album est construit de bout en bout avec des interludes, des ambiances, des mots, des émotions qui s'enchaînent laissant l'auditeur le sourire aux lèvres.

 

André Stocchetti donnera plusieurs concerts à Paris au Sentier des Halles en novembre 2010. Passez le message à vos voisins zinzins et à vos amis mimis et courez y donc, sapristi! Ca ne fait pas de mal de se faire du bien. Ca fait du bien par où ça passe. C'est excellent pour ce que vous avez.

 

 

 

 

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Soirée Sons Neufs au Sunset autour de Claude Barthélémy

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Sons Neufs.

Paris. Le Sunset.

Samedi 6 novembre 2010. 20h30.

 

Premier concert du trio Samarcande

 

Claude Barthélémy: oud

Pablo Cueco: zarb

Jean Luc Fillon: hautbois

 

suivi d'un groupe inédit

 

Claude Barthélémy: guitare basse électrique

Didier Ithussary: accordéon

Benat Achiary: voix

Pablo Cueco: zarb

 

Brice Martin (basson) et  Médéric Collignon étaient absents pour raisons de santé.

 

Intro de l'oud. Ca vibre à chaque note. Le trio se lance. Les mystères de l'Orient joués par trois Occidentaux. C'est agréable mais ça manque de racines. Je préfère Bernard Lubat, André Minvielle ou les Fabulous Troubadours. Il paraît que c'était une chanson suédoise. Dont acte.

 

Morceau plus libre, plus agité lancé à trois. J'aime bien le percussionniste. Il est très précis, très chaud. Les doigts sont vifs, agités. Sons bien variés entre bords et centre du tambour. Il utilise aussi les parois avec le coude. Pablo Cueco c'est un grand numéro. Il passe de la caresse au grondement d'un coup de phalange. Sans lui, cette musique m'ennuie. Le souffleur ne sait pas pratiquer la respiration circulaire ce qui est dommage dans ce style sonore.

 

Congés de la Saint Alban dans le Lot  annonce Claude Barthélémy. Pourquoi pas? C'est de la musique pour chasseurs de palombes, sport que je ne pratique pas. Le souffleur se balance comme un muezzin. L'oud se fait gratouiller les cordes. Le tambour, lui, chante, vibre, gronde sous les doigts virtuoses de Pablo Cueco.

 

Mauve d' Emmanuel Bex, un morceau d'origine mauritanienne. Là, j'apprends quelque chose. Je reconnais le morceau mais il me manque l'orgue Hammond d'Emmanuel Bex quoiquei le zarb amène de la chaleur à ce morceau. Même à l'oud, le guitariste français s'entend. Inutile de renier ses racines. Elles ressortent toutes seules.

 

Le merle. Claude Barthélémy joue à l'oud des phrases qui, à l'évidence, sonneraient mieux à la guitare. Le son du hautbois est aigre et agaçant. Heureusement, il y a le tambour manié de main de maître. Courte citation de Saint Thomas de Sonny Rollins ( A tes seins en VF par Claude Nougaro).

 

Le Jazz ce n'est pas un style. C'est une posture d'esprit explique le professeur Claude Barthélémy. Je vois un spectateur mis en transe par cette musique. Grand bien lui fasse.

 

Le tambour résonne dans le ventre. Le monsieur en transe bat la mesure de la tête et des mains.

 

C'était le premier concert du trio Samarcande. Comme disait  Victoria Reine d'Angleterre et Impératrice des Indes " I was not amused ".

 

PAUSE

 

Les spectatrices japonaises sont elles aussi impressionnées par le percussionniste. Je le vois à leurs gestes. Nous n'en avons pourtant pas discuté.

 

Quant au concert suivant, Claude Barthélémy est passé à la guitare basse électrique, instrument qui lui convient beaucoup mieux que l'oud. Didier Ithussary est un magnifique accordéoniste qu'il me faudra suivre attentivement. Pablo Cueco était toujours aussi indispensable. Les vocalises de Benat Achiary m'ont diverti mais; après 20mn (durée du premier morceau), Mademoiselle F ne pouvait plus le supporter une seconde de plus. Nous partîmes donc sur le champ.

 

C'était mon deuxième concert de Claude Barthélémy. La première remontait à 1999 dans la chapelle de l'abbaye de l'Epau lors de l'Europa Jazz Festival du Mans. Il y torturait une guitare électrique en compagnie de Daunik Lazro qui, lui, massacrait consciencieusement un saxophone. Déjà je n'aimais pas. Onze ans après, je n'ai pas changé d'avis. Décidément, je n'aime pas ce que joue Claude Barthélémy. D'autres l'aiment. Je leur laisse sans regret ni remords.

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Francesco Bearzatti Tinissima 4tet " X (Suite for Malcom) "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 Francesco Bearzatti Tinissima 4tet

" X (Suite for Malcom) "

Parco della Musica Records. 2010.

Produit par Inceptions et Francesco Bearzatti.

 

Francesco Bearzatti: saxophone ténor, clarinette, xaphoon, effets électroniques

Giovanni Falzone: trompette, effets humains

Danilo Gallo: contrebasse, guitare basse électrique

Zeno de Rossi: batterie, percussions

Napoleon Maddox: voix sur X (Epilogue)

Mauro Gargano: contrebasse pizzicato sur X (Epilogue)

 

Francesco Bearzatti

La photographie de Francesco Bearzatti est l'oeuvre de l'Indomptable  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Des Jazzmen  blancs italiens qui rendent hommage à un leader noir américain de confession musulmane, cela n'est pas très catholique. Silvio Berlusconi vient d'établir le record de longévité d'un Président du Conseil des ministres depuis l''établissement de la République italienne en 1946, voilà qui mériterait un hommage. En attendant l'opera d'arte qui chantera la gloire de Sua Emittenza, je parlerai de cette  X (Suite for Malcom) qui fait suite aux oeuvres d'Archie Shepp et Miles Davis dont " Suite for Malcom " et " Mr Freedom X " rendaient déjà hommage à Malcom X.

 

En fait peu importe ici le message, force est de s'incliner devant la puissance, la beauté, la nouveauté de cette musique. Au saxophone ténor et à la trompette, en 2010, Francesco Bearzatti et Giovanni Falzone sont les créateurs sur lesquels il faut compter pour apporter du neuf. La réunion de ces deux artistes promettait d'être explosive. Elle l'est au delà de mes espérances. Chaque morceau est un univers à lui seul et tous s'imbriquent comme dans " Si une nuit d'hiver un voyageur " d'Italo Calvino. Cette musique mêle l'acoustique, l'électrique, l'électronique, le Jazz, la Pop, la Dance, la Techno, le Rap pour créer une oeuvre inouïe au sens propre du terme. Ils se permettent de même d'improviser avec un tube des années 80 " Wont' you take me to funky town? ". Ces gaillards peuvent tous se permettre car leur musique vous capte de la première à la dernière note, vous donne envie de danser, de bouger, chanter, crier, manifester, jouer, jouir. Face à un objet musical d'une telle puissance, la BO composée par Terence Blanchard pour le film de Spike Lee fait bien pâle figure. Question de couleur d'esprit, pas de peau. " Give me the colour of the soul, I will give You the colour of the person " (James Brown).

 

Lectrices révoltées, lecteurs en colère, ne désespérez plus. Il existe encore des Jazzmen créatifs et subversifs. La preuve avec cette X (Suite for Malcom) du Tinissima Quartet de Francesco Bearzatti. Grâce à une savante lectrice que je remercie pour sa contribution, je sais désormais que Tinissima est un hommage à Tina Modotti (1896-1942), créatrice de mode, modèle, actrice, photographe, militante communiste italienne bref une Super Nana.

 

 

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