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Sylvain Cathala Septet " Cullinan "

Publié le par Guillaume Lagrée

Sylvain Cathala Septet

" Cullinan "

Concert enregistré le 30 juin 2016 au Triton aux Lilas (93)

Album sorti le 1er avril 2019

Concert de sortie le jeudi 2 mai 2019 à 20h30, au Triton, aux Lilas (93).

 

Sylvain Cathala: saxophone ténor, compositions

Guillaume Orti: saxophone alto

Bo Van de Werf: saxophone baryton

Marc Ducret: guitare électrique

Benjamin Moussay: Fender Rhodes

Sarah Murcia: contrebasse

Christophe Lavergne: batterie

 

" Le Jazz, c'est la liberté "(Duke Ellington). En voici un bel exemple avec l'album " Cullinan " du septet de Sylvain Cathala. Il fallait un nom en tête d'affiche. C'est celui du compositeur des 5 morceaux qui en 38'20 surprennent, charment et tourmentent l'auditeur. Logique.

Pour autant, sur sept musiciens, cinq ont déjà fait l'objet d'articles sur ce blog comme leaders et/ou accompagnateurs. Guillaume Orti et Bo Van de Werf ne sont pas non plus des personnages en quête d'auteur. Nous avons donc, pour les oreilles averties et les esprits éveillés, 7 Magnifiques en évolution permanente, dans un processus démocratique où chacun a voix à la parole. 7, c'est une équipe de handball. Les règles sont respectées: le ballon circule vite sur toute la surface du terrain, pas de passage en force, des accélérations, des temps calmes, de quoi déstabiliser les défenses les mieux assises.

Le schéma classique des Jazzmen thème/solo/thème s'en trouve bouleversé pour notre plus grand bonheur. Le climat est tout de suite installé avec la solo de batterie qui ouvre l'album sur " Entremêlés 2 " (1). Cf vidéo sous cet article d'une autre version de ce thème par le même groupe dans la même salle. 

Liberté ne signifie pas chaos. Un ordre baroque règne sur " Nassak " (4) avec les unissons des saxophones. 

Avant de donner son nom au SUV de Rolls-Royce ( organiser un concert de ce septet vous coûtera bien moins cher et polluera beaucoup moins), le Cullinan fut le plus gros diamant jamais trouvé. Une fois taillé, il fit 9 diamants numérotés de I à IX. Le " Cullinan VII " (3) donne son titre à cet album. Nul besoin de vous ruiner ou de monter le casse du siècle pour l'obtenir. Il est en vente libre. 

La pulsation implacable de la contrebasse de Sarah Murcia, la batterie fracassante de Christophe Lavergne, les chinoiseries de Benjamin Moussay au Fender Rhodes, les fulgurances de Marc Ducret à la guitare électrique, le jeu de chant contrechant entre les 3 saxophones alto, ténor, baryton de Guillaume Orti, Sylvain Cathala, Bo van de Werf. Tout est riche, dense, puissant.

Heureusement, vaillantes auditrices, courageux auditeurs, l'album est court. 5 morceaux, 38'20. Il faut se remettre de ce choc sonore. Ce n'est pas la genre de musique que vous écoutez en galante compagnie, entre les amuse-gueule et les mise en bouche. C'est plus exigeant tant pour les musiciens que pour vous, vaillantes auditrices, courageux auditeurs. 

Une fois bien préparés mentalement par l'écoute de cet album, vous pourrez vous retrouver au Triton, aux Lilas (93) le jeudi 2 mai 2019 à 20h30 pour consommer ce septet sur scène, sans modération, vaillantes auditrices, courageux auditeurs. Souhaitons au septet de Sylvain Cathala de nombreux autres concerts pour qu'il continue à défricher de nouveaux champs sonores. 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris, en Ile de France et en Normandie pour mai 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Honorables lectrices, respectables lecteurs, c'est avec l'approbation des plus hautes autorités morales et religieuses que j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter ma sélection de concerts de Jazz pour le mois de mai 2019 à Paris, en Ile de France et en Normandie.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion les vendredi 3, 10, 17, 24 & 31 mai à 1h et 19h, les samedi 4, 11, 18 & 25 mai à 1h et les dimanche 5, 12, 19 & 26 mai à 18h (heure de Paris). Pas de podcast. L'émission de mai 2019 sera consacrée à une leçon sommaire de guitare (seconde partie).

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Visite vivement recommandée. 

A Paris, au Baiser Salé, comme chaque mois de mai, ce sont les Caribéennes de mai. Vous savez que le Jazz, né à la Nouvelle Orléans, s'étend sur toute la longueur de l'arc antillais, se mêlant à la salsa de Porto Rico, au son de Cuba, à la biguine des Antilles, à  la calypso de Trinidad et Tobago, au reggae et au ska de Jamaïque, et j'en oublie forcément. Venez voyager à Paris avec les Caribéennes de mai au Baiser Salé.

A Paris, du jeudi 16 au lundi 27 mai, le festival Jazz à Saint Germain des Prés nous offre des concerts gratuits et payants, des animations culturelles (y compris en prison), des conférences. Au programme, des artistes déjà célébrés sur ce blog comme Richard Galliano, Biréli Lagrène et Fred Pallem & le Sacre du Tympan au programme de mon émission de mai sur Couleurs Jazz Radio

A Longjumeau (91), du mardi 7 au dimanche 12 mai, Festival de Jazz .

Au Vésinet (78), festival Jazz Métis du mercredi 22 au samedi 25 mai avec le San Francisco Jazz Collective qui rendra hommage à Antonio Carlos Jobim le vendredi 24 mai. 

Pour vous mettre au vert, filez en Normandie, dans la Manche, à Coutances, au festival Jazz sous les pommiers, du vendredi 24 mai au samedi 1er juin. Le programme est riche et nourrissant comme de la crème fraîche normande mais sans externalité négative. Merci de saluer Madame la sous-préfète de Coutances de ma part. 

Jeudi 2 mai, 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Sylvain Cathala Septet pour la sortie de l'album " Cullinan " enregistré en concert au Triton en 2016 . Une musique en évolution permanente par un groupe démocratique de créateurs.

Vendredi 4 mai:

20h, Le Triton, Les Lilas (93): duo Yves Rousseau (contrebasse) & Jean-Marc Larché (saxophones). Raffiné et énergique.

20h30, Le Pan Piper, Paris: Marc Ducret " Lady M ". Lady Macbeth de Sir William Shakespeare raconté par une guitare électrique, un chanteur et une chanteuse. Etonnant, non?

Lundi 6 mai, 20h, Le New Morning, Paris: John Scofield " Combo 66 ". Cf extrait audio sous cet article.

Jeudi 9 mai:

- 19h30 & 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: Ken Fowser Quintet avec, pour rythmique, le trio de Fred Nardin déjà célébré sur ce blog.

- 20h30, Le Studio de l'Ermitage, Paris: concert de sortie de l'album " Quiet Men " du quartet Colin-Cueco-Drappier-Omier proclamé sur ce blog. Le morceau " Les chevaliers " tiré de l'album sera diffusé dans mon émission de mai sur Couleurs Jazz Radio

Vendredi 10 mai:

- 20h30, Le Bal Blomet, Paris: Du Baroque au Jazz sans passer par la case départ avec le duo Violaine Cochard (clavecin)& Edouard Ferlet (piano) déjà porté aux nues sur ce blog. Cf vidéo sous cet article.

- 21h30, Le Sunside, Paris: Marc Copland (piano) rend hommage à son ami Gary Peacock (contrebasse). Elégant, forcément élégant.

Samedi 11 mai:

-20h30, Espace Sorano, Vincennes (94): le trio de Fred Nardin déjà louangé sur ce blog.

-20h30, Théâtre Montansier, Versailles (78): le trio Gardel, déjà applaudi sur ce blog. Un mélange subtil de Jazz et de Tango: violoncelle, accordéon et percussions.

- 21h30, Le Sunside, Paris: le guitariste Paul Jarret en trio. Vous avez pu l'apprécier en avril dans mon émission Le Jars jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio. Savourez le en concert en mai.

Dimanche 12 mai, 15h, festival de Jazz de Longjumeau (91): Florin Niculescu (violon) trio avec Daryl Hall (contrebasse). Un Gypsy Jazz d'aujourd'hui.

Mercredi 15 mai:

- 20h, Le New Morning, Paris: Sun Ra Arkestra. Sun Ra est mort en 1993 mais son orchestre tourne toujours mené par Marshall Allen (saxophones) qui fête ses 95 ans sur scène à Paris. Honneur aux Anciens!

- 20h30, Le Bal Blomet, Paris: Ray Lema & Silas Bassa (pianos), Fabrice di Falco (contre-ténor). Du Baroque à l'Afrique en passant par les Antilles. 

Jeudi 16 mai, 20h, Le New Morning, Paris: Anthony Joseph, Maître du Groove caribéen avec Roger Raspail (percussions). 

Vendredi 17 mai:

- Prochaine séance du festival Jazz et Images au cinéma Balzac, à Paris, à 20h30 avec un Grand Orchestre d'élèves du CNSMDP  dirigé par François Théberge (saxophone) sur scène et le Count Basie Big Band au festival international du Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins en 1961 et 1968 à l'écran grâce à Jean-Christophe Averty.

- 20h30, Espace des Arts - salle Philippe Noiret, Les Pavillons sous Bois (93):  Biréli Lagrène  (guitare) invite Costel Nitescu (violon). Du Jazz manouche qui s'inspire de Django Reinhardt mais ne le copie pas. 

- 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Aldo Romano se souvient de son quartet Palatino avec Glenn Ferris (trombone), Michel Bénita (contrebasse) et Yoann Loustalot qui remplace Paolo Fresu (trompette). Cependant que tu vois le superbe rivage De la rivière Tusque, et le mont Palatin, Et que l’air des Latins te fait parler Latin, Changeant à l’estranger ton naturel langage (Ronsard)

Samedi 18 mai:

- 20h30, Maison de la Radio, Paris. Soirée Jazz sur le Vif. Concerts diffusés en différé sur France Musique. Trio franco-américain Orbit suivi du Devil Quartet du Sarde Paolo Fresu (trompette). 

- 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Thierry Eliez (piano, voix) raconte l'amitié créatrice entre Claude Nougaro (paroles) & Michel Legrand (musique). Avec 2 chanteurs et 3 chanteuses. Thierry Eliez peut en parler puisqu'il a accompagné ces deux géants du Jazz et de la Java. 

Dimanche 19 mai, 18h30, Le Sunside, Paris: Hommage à Miles Davis. La période acoustique de Miles Davis (1946-1968) présentée par Lionel Eskenazi et jouée par le quartet de Jacques Vidal (contrebasse). Julien Alour (trompette). 

Mercredi 22 & jeudi 23 mai, 19h30 & 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: The Art of the Quartet avec Kenny Werner (piano), Scott Colley (contrebasse), Peter Erskine (batterie), Benjamin Kopel (sax). Un All Stars à 4.

Vendredi 24 mai, 20h45, Le Comptoir, Fontenay sous Bois (94): Max Cilla Quintet, le Maître de la flûte des Mornes (Martinique). 

Samedi 25 mai:

- 20h30, Centre culturel, Etrechy (91), Antoine Hervé Trio, pianiste et compositeur maintes fois célébré sur ce blog pour ses Leçons de Jazz.

- 21h30, Le Sunside, Paris: Alain Jean-Marie Biguine Reflections Trio. INDISPENSABLE.

Lundi 27 mai, 20h, Le New Morning, Paris: Cecile Mac Lorin Salvant (chant) & Sullivan Fortner (piano). Tout le monde dit du bien de cette chanteuse. 

Mercredi 29 & jeudi 30 mai, 21h, Le Sunside, Paris: Wayne Escoffery Quartet avec Danny Grissett (piano). Elégant et énergique. 

Jeudi 30 mai, 20h30, Le Studio de l'Ermitage, Paris: SLOW + Jozef Dumoulin. Jozef Dumoulin en solo, au Fender Rhodes, est unique au monde. Comme Jimi Hendrix à la guitare électrique et Jaco Pastorius à la guitare basse électrique.

Vendredi 31 mai:

- 19h, Le Baiser salé, Paris: Max Cilla Racines des Mornes Quintet. La Martinique comme vous ne l'avez jamais rêvée. 

- 19h30, Le Cabaret Sauvage, Paris: Festival Sons croisés créoles avec divers artistes des Caraïbes dont Céline Languedoc, chanteuse déjà acclamée sur ce blog. 

La photographie d'Aldo Romano est l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Aldo Romano par Juan Carlos HERNANDEZ

Aldo Romano par Juan Carlos HERNANDEZ

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Ray Lema transcende le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Ray Lema

Studio de l'Ermitage.

Paris. Jeudi 18 avril 2019. 21h

Un concert FIP

Sortie de l'album " Transcendance "

 

Ray Lema: piano, chant, compositions, direction

Irving Acao: saxophone ténor & soprano

Sylvain Gontard: trompette

Michel Alibo: guitare basse électrique

Rodrigo Viana: guitare électrique

Nicolas Vaccaro: batterie

 

Ca commence par un solo de piano. Une ballade gentillette. Le bassiste arrive sur scène et ajoute sa fondation. Le batteur s'y met aussi. Le guitariste s'installe. Sax soprano et trompette bouchée. Ca s'anime enfin, commence à balancer. C'était le morceau d'échauffement. 

Bassiste et batteur installent une autre pulsation tranquille. Sax ténor. Pour de l'Afro Jazz, ça manque de percussions à mon goût. Ca roule tranquille. Un peu trop même. Ray Lema chante. En lingala, je suppose. 

" Transcendance ", le titre album. Ca sonne plus afro beat. Grosse basse. Rythme sec. Ponctuations du sax ténor et de la trompette. dialogue énergique sax ténor & batterie qui chauffe le public. La salle est archi comble.

Sur chaque album, je joue quelque chose pour le Kivu, annonce le Congolais Ray Lema. " Kivu Blues ". " Je ne vais pas vous prendre la tête ici mais sachez qu'il y a beaucoup de Blues là bas ". La guerre civile en République démocratique du Congo dure depuis 1997 et est considérée comme le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis 1945. Ca balance, souple et puissant. Les cuivres chantent la plainte du peuple du Kivu. Solo de guitare au Blues pâle, blanchi. 

Une autre ballade gentille.

Un Blues lent. Ca marche paisiblement. Travail en finesse de la rythmique. Là, ça balance mieux. Pas autant que le trio  Biguine Reflections  d'Alain Jean-Marie tout de même. 

" C'est très difficile de se débarrasser du Rock " annonce Ray Lema avant d'en jouer un " mâtiné de reggae et de je ne sais plus quoi ". Grosse basse funky pour commencer. Puissant son de guitare. Le batteur martèle. Le pianiste reprend sur un rythme reggae. Ray Lema chante en anglais. Solo de trompette bouchée bien travaillé, bien poussé par la rythmique. Le sax reprend à son tour. Enfin un peu de feu, de flamme. 

Ca reprend avec un air qui sonne congolais. Venu de la rumba comme ils la jouent là bas. Solo de basse bien groovy poussé par la batterie. Ce n'est pas Stanley Clarke mais ça assure. Le bassiste tapote ses cordes. Ca chauffe bien. Le piano revient ajouter de la souplesse. Les cuivres viennent ajouter leur chaleu. Chaud, chaud, Acao!

Une ballade nostalgique pour calmer le jeu. Sax soprano. Tranquille, tranquille.

Ray Lema enchaîne directement sur un air entraînant. Retour du sax ténor. Bon gros son de basse. Les cuivres pètent. Phases plus calmes quand Ray Lema chante, plus énergiques et funky en instrumental. Solo de trompette porté en souplesse par la rythmique. Le sax ténor reprend sur le même ton. Final extatique du sextet avec la rythmique qui pousse les cuivres à chauffer dans la noirceur.

Mon premier concert de Ray Lema, c'était lors de la Fête de la Musique, édition 1998 à Paris en France. Dans la cour d'un hôtel particulier du Marais, il était au piano et au micro en compagnie des Gnawas (Maroc) qui jouaient des percussions et dansaient. Décollage immédiat pour l'Afrique du désert du Sahara à la forêt vierge du Congo, sans quitter Paris. Un moment inoubliable. 

Pour ce deuxième concert, toujours à Paris, mais au Studio de l'Ermitage, le moment était agréable mais pas impérissable. C'est pourquoi cette chronique s'arrête avant la fin.

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Festival Jazz et Images au Cinéma Balzac: Daniel Humair à l'affiche

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Festival Jazz et Images

Paris. Ile de France. France.

Cinéma Balzac

Vendredi 12 avril 2019. 20h30.

Première partie en direct

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano

Stéphane Kerecki: contrebasse

Gautier Garrigue: batterie

Le médecin de Daniel Humair lui a prescrit le repos. D'où son absence excusée ce soir. 

Pour commencer, une nouvelle composition au titre indéfini." Drum thing n°1 " pour l'instant. Une création mondiale d'un morceau composé dans le train par le trio. Ca chante. Grosse pulsation contrebasse & batteur aux baguettes. Frappe sèche sur les tambours. Belle attaque du ténor. Ca chante et grogne. Solo bondissant de contrebasse finement ponctué par les baguettes du batteur et saupoudré de quelques notes du saxophone. 

" Genève Amalgame ". 3 morceaux enchaînés créés par Daniel Humair en hommage à sa ville natale. Ca commence tout en douceur comme un matin d'hiver où la ville s'éveille couverte de neige et des stalactites de glace ornent les rochers au bord du Lac Léman. Ca s'anime ensuite comme un soir d'été pour les fêtes du Lac et le feu d'artifice visible du sommet du Salève, sur France. Solo du batteur finement centré sur les tambours. La contrebasse rebondit sur cette pulsation. Le sax chante à son tour. C'est léger et fleuri comme le printemps quand les monts du Jura se parent de vert et de fleurs.

" Gravenstein " (?) , musique d'un film sur Pierre Molinier (1900-1976), peintre et photographe pour adultes. Batteur aux balais.

Un morceau hommage au peintre abstrait américain Jackson Pollock (1912-1956), tiré de l'album " Modern Art ", loué sur ce blog. Jackson Pollock a déjà inspiré Ornette Coleman et John Coltrane. Voici qu'il stimule Daniel Humair, batteur, compositeur et peintre. La musique est savamment désordonnée come les tableaux de Pollock. Batteur aux baguettes. Son strident du sax soprano.

Un autre morceau composé dans le train. " Les vibrations trépidantes des trains vous glissent des désirs dans la moelle des reins " (Alphonse Allais). Duo contrebasse & batteur aux baguettes. Quelle pulsation! Le bassiste creuse au ventre et le batteur malaxe nos cerveaux.

" Guinea " (Don Cherry). Retour au sax ténor. La trompette de poche de Don Cherry est absente. Le morceau fut écrit en Afrique, lors d'une tournée où Don Cherry était en cure de désintoxication donc pas facile à vivre pour ses collègues musiciens dont Daniel Humair. Un air chantant, rythmé comme savait les composer Don Cherry. Solo du batteur aux baguettes qui sonne comme un percussionniste. D'abord decrescendo puis crescendo avec une belle lame de fond qui nous emporte.

RAPPEL

" Bleu Klein " tiré de l'album " Modern Art ". Morceau dédié à Yves Klein(1926-1962), le Niçois inspiré par le bleu de la Mer Méditerranée. Cf extrait audio au dessus de cet article.

PAUSE

L'avant scène est dégagée des instruments de musique afin que nous puissions voir à l'écran la deuxième partie de la soirée.

Deuxième partie en différé

Phil Woods European Rythm Machine au Molde Jazz Festival (Norvège), édition 1969. Cf vidéo sous l'article. Prochaine édition du festival du lundi 15 au samedi 20 juillet 2019.

Phil Woods (1931-2015): saxophone alto

Gordon Beck (1936-2011): piano

Henri Texier: contrebasse

Daniel Humair: batterie

Premier concert du Britannique Gordon Beck dans ce groupe où il remplaçait le Suisse Georges Gruntz.

Des quatre musiciens du groupe, deux sont encore vivants et en activité. Henri Texier (1945) à la contrebasse et Daniel Humair (1938) à la batterie. Les bases de leur art sont déjà là, dans ce concert d'il y a 50 ans. Ils le pratiquent encore et ils inspirent toujours la jeune génération. Liberté, interactivité, lyrisme, intensité, tels sont les maîtres mots de cette musique. Mesurées à cette aune là, bien des musiques actuelles sont fades. Je vous laisse en profiter avec la vidéo ci-dessous, lectrices libres, lecteurs affranchis.

Prochaine séance du festival Jazz et Images au cinéma Balzac vendredi 17 mai 2019 à 20h30 avec un Grand Orchestre d'élèves du CNSMDP  dirigé par François Théberge (sax ténor) sur scène et le Count Basie Big Band au festival international du Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins en 1961 et 1968 à l'écran grâce à Jean-Christophe Averty.

La photographie de Daniel Humair est l'oeuvre de l'Helvétique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Montez le son! Devenez mécène des instruments du monde

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices contribuables, lecteurs imposables, si vous l'êtes en France, sachez que vous pouvez conjuguer votre goût de la musique avec une action civique et la défense de vos intérêts.

Pour cela, il faut et il suffit que vous adressiez vos dons au Musée du Quai Branly - Jacques Chirac  pour restaurer 130 instruments de musique parmi les 10 000 conservés par le musée. Les dons sont déductibles fiscalement tant pour les personnes morales que pour les personnes physiques.

40 000 € sont attendus. Campagne de don ouverte jusqu'au samedi 22 juin 2019 inclus.

En outre, les dons à Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit le vendredi à 1h et 19h, le samedi à 1h, le dimanche à 18h ( heure de Paris) dans l'émission Le Jars jase Jazz sont eux aussi déductibles de vos impôts, lectrices contribuables, lecteurs imposables.

A vous de jouer, lectrices contribuables, lecteurs imposables. 

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Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989

Publié le par Guillaume Lagrée

Music Migrations

Paris-Londres

(1962-1989)

Paris. Musée  national de l'histoire de l'Immigration.

Exposition visible et audible jusqu'au dimanche 5 janvier 2020

 

A Paris, le Palais de la Porte Dorée fut créé en 1931 pour l'exposition coloniale dirigée par le Maréchal Lyautey. Après avoir été musée des colonies, musée de la France d'outre-mer, musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, il accueille aujourd'hui le musée national de l'histoire de l'immigration.

C'est une loi sociologique. Les pays qui ont colonisé importent leur main d'œuvre immigrée essentiellement de leurs anciennes colonies. Cela se vérifie à Paris et à Londres. L'exposition " Music Migrations " décrit justement sur une période récente qui suit les indépendances (1962: indépendance de l'Algérie et de la Jamaïque) jusqu'à la chute du Mur de Berlin (1989), l'influence des musiques des anciennes colonies sur leurs anciennes métropoles.

Je savais qu'elle était immense mais pas à ce point. Dès l'entrée, un air familier retentit, joué par un groupe de ska à Londres au début des années 1960, celui que les amateurs de Jazz connaissent sous le titre de " Saint Thomas " (Sonny Rollins né à New York, de parents originaires des Iles Vierges américaines) et les amateurs de chanson française sous celui d'" A tes seins " (Claude Nougaro).

Il y a beaucoup à voir, écouter, apprendre dans cette exposition. J'y ai passé 3h30 mais rien ne vous oblige à y rester si longtemps, honorables lectrices, respectables lecteurs. J'ignorais totalement le rôle des Nord Africains dans le mouvement Yé Yé en France. Le twist en arabe de Malika, je ne connaissais pas.

J'avais entendu parler de la génération Windrush au Royaume Uni, ces descendants d'Antillais, installés sur l'ile de Grande-Bretagne depuis 1948 et à qui, en 2018, le gouvernement britannique refusait d'accorder la citoyenneté pleine et entière. J'ignorais que dans les 500 passagers du navire Windrush en 1948 figurait un chanteur légendaire de Trinidad et Tobago, le grand Maître de la Calypso, Lord Kitchener (nom de scène emprunté à un général anglais qui écrasa la révolte des Boers en 1905) à qui, lors de son arrivée, un journaliste tendit un micro pour qu'il chante a cappella " London is the place for me " (cf extrait audio au dessus de cet article), chanson écrite durant le voyage.

J'ignorais aussi l'importance des chanteurs et musiciens originaires des colonies dans la défense des droits des travailleurs immigrés. Je m'en doutais mais j'en sous estimais l'importance. Des deux côtés de la Manche, les concerts de soutien, les carnavals antillais (celui de Notting Hill à Londres depuis 1965 est de renommée mondiale), les chansons engagées contre la police et le patronat ont fait avancer les droits. A travail égal, salaire égal et respect égal. Cela vaut entre hommes et femmes, citoyens d'ici et d'ailleurs. 

La musique va du chaabi au rap, de la calypso  au dub, traversant les mers, les époques, les communautés. Pour ma part, je me suis arrêté longuement au poste d'écoute où j'ai découvert " London is the place for me " (cf extrait vidéo au dessus de l'article).

Dans ce parcours musical figurent aussi les Français d'outre-mer, ni métropolitains, ni immigrés. Les Vikings de la Guadeloupe (cf vidéo sous cet article), groupe créé en 1966 et toujours en activité, à l'origine du zouk, musique qui a conquis le monde, en sont un bel exemple.

Bref, pour voyager dans le temps et l'espace, en bougeant votre corps sans effort, ouvrant vos oreilles et stimulant vos neurones, je vous conseille vivement l'exposition  " Music Migrations ", lectrices honorables, lecteurs respectables.

Exposition visible et audible à Paris, en France, jusqu'au dimanche 5 avril 2020. L'exposition est une œuvre franco-britannique. Tous les textes didactiques sont écrits en français and in english. Même si le Royaume Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord quitte l'Union Européenne, il ne prendra pas le large et restera visible des côtes françaises, hors temps de pluie et de brouillard, bien sûr. La musique continuera de circuler entre les deux rives de la Manche, baignée d'influences venues d'Afrique, d'Amérique et d'Asie. Elle le faisait déjà entre 1962 et 1989, époque étudiée dans l'exposition. Elle le fait depuis et elle le fera encore.

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Disquaire Day samedi 13 avril 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Disquaire Day

Samedi 13 avril 2019

Lectrices curieuses, lecteurs fureteurs, retrouvez vous au Disquaire Day samedi 13 avril 2019.

Vous pourrez découvrir des centaines de références éditées pour l'occasion, des musiques dont vous ignoriez l'existence et qu'Internet ne vous fera pas découvrir puisque les algorithmes sont conçus pour vous aiguiller vers ce que vous connaissez déjà, des concerts spéciaux pour l'occasion, avoir le plaisir d'acquérir des disques analogiques et digitaux, mono et stéréophoniques, avec des pochettes grandes et petites qui orneront vos résidences principales et secondaires, discuter avec des commerçants qui connaissent ce qu'ils vendent (comme les libraires pour les livres), bref vous amuser et vous instruire sans vous ruiner.

Si vous n'êtes pas en France le samedi 13 avril 2019, no problem. Il se passe forcément quelque chose dans le pays où vous vous trouvez. Voyez le programme sur Record Store Day.

 

En mémoire de mes grands-pères, Pierre Lagrée & André Deliau, tous deux libérés de 5 ans de captivité en Allemagne, au son du Jazz, par les GI's, en 1945, voici en vidéo un V Disc (Victory Disc) de l'US Navy en action. Ca marche sans pile ni prise électrique et ça n'obéit pas à la loi de l'obsolescence programmée. Un bel outil de développement durable. Vous reconnaîtrez " It Don't mean a thing if it ain't got that swing " (Duke Ellington). Une musique pour remonter le moral des troupes et vous faire danser ensemble, lectrices curieuses, lecteurs fureteurs.

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Le quatuor à cordes des frères Ferré comble le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Quatuor des frères Ferré

Paris. Le Sunside

Samedi 6 avril 2019. 21h30.

 

Boulou Ferré: guitare, voix

Elios Ferré: guitare

Alain Jean-Marie: piano

Pierre Boussaguet: contrebasse

 

Les frères Ferré ont plus de quarante ans de carrière commune. Leur synchronisation relève de l'indicible. Ca commence vite et en douceur sans effort apparent. La contrebasse ajoute sa pulsation, le piano son tempo. Nous sommes sur un tapis volant. Une batterie serait de trop. Son absence ne se fait pas sentir. Solo chaud de contrebasse. La musique file sur les cordes. Pierre Boussaguet a accompagné pendant des années Lalo Schifrin et Michel Legrand. C'est dire s'il est respecté. Pour commencer le concert, un titre qui s'imposait. " Bienvenue à bord " (Elios Ferré).

" Satin Doll " (Duke Ellington). Après une introduction en solo de Boulou Ferré, le quatuor enchaîne sur le thème. C'est joué en souplesse, avec chaleur et sensualité, comme il convient. Beau duo piano & contrebasse, ponctué par la guitare d'Elios. Le public est aussi concentré que les musiciens mais une rumeur nous vient du dehors. C'est la vie de club. Citation de " Quand on s'aime " de Michel Legrand à la guitare. Puis de " Que reste t-il de nos amours? " (Charles Trénet). Un peu de chanson française mêlée à Duke Ellington. Bon esprit. 

Bonne pulsation pour un standard de Jazz. Boulou écoute le solo de son frère Elios.

Du be bop en guitare manouche. Ca marche. Cf vidéo sous cet article. Ca file  comme le vent. Un morceau de TS Monk.

" Troublant boléro " (Django Reinhardt).Démarrage en douceur aux guitares. Du Swing et du mystère, un troublant boléro, en effet. Léger, fluide, le thème apparaît. La magie gitane s'envole. Avec Alain Jean-Marie et Pierre Boussaguet en soutien, c'est une assurance tout risque illimitée, en toute franchise. Comme Nelson Veras sur la musique brésilienne, les frères Ferré sont chez eux quand ils jouent Django Reinhardt.

" Blues for Ike " (Django Reinhardt) pour conclure le premier set. Ike pour Dwight Einsehower, 34e président des Etats-Unis d'Amérique (1953-1961) et général en chef de l'opération Overlord en 1944, grâce à qui Django Reinhardt put enfin rejouer librement du Jazz avec les Américains à Paris. Beau solo bluesy de contrebasse. 

PAUSE

" Kiki " (Elios Ferré), un hommage à Kiki de Montparnasse, muse du Paris des années folles, la Jazz Era de Francis Scott Fitzgerald. Un swing élégant et nostalgique. Une curieuse citation du " Chant des partisans " d'Anna Marly, Joseph Kessel et Maurice Druon (hymne de la Résistance française sous l'occupation allemande). 

" Tribute to Gipsy " (Boulou Ferré). Beau duo de guitares pour commencer. Rêveur, léger. Ils commencent à attaquer, en finesse. Les guitares accélèrent, montent en puissance mais sans jamais forcer. Un morceau rien que pour les deux frères, sans soutien de la rythmique.

Boulou Ferré nous raconte son amitié avec Serge Gainsbourg avec qui il discutait en russe. Les parents de Sergueï Ginzburg étaient Russes, la mère de Boulou Ferré aussi. Boulou se met à jouer et  à chanter, en français, " La Javanaise ".  

Mon carnet de notes finit ici. La chronique du concert aussi.

 

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