Benjamin Moussay a quarte blanche au Triton avec Michel Benita et Simon Goubert

Publié le par Guillaume Lagrée

Benjamin Moussay Trio

Le Triton.

Les Lilas, Seine-Saint-Denis, Ile de France, France

Vendredi 18 décembre 2015. 20h.

Benjamin Moussay: piano

Michel Benita: contrebasse

Simon Goubert: batterie

Sauf indication contraire, les compositions sont l'oeuvre de Benjamin Moussay.

Le programme s'intitule " Sotto voce ". Ca joue en douceur. Simon Goubert est aux maillets, faisant résonner les cymbales. Comme dit un proverbe italien: Chi va piano va sano. Chi va sano va lontano. Chi va forte va alla morte. Le batteur est passé aux baguettes et la musique s'agite progressivement. Simon Goubert nous produit un joli pas de cheval (cataclop, cataclop). Ca marche. Devant moi, une honorable mère de famille (3 enfants dont le dernier encore nourrisson) hoche la tête en mesure. Fouette, cocher! Ca swingue sapristi. L'honorable mère de famille continue de hocher la tête en mesure. Une musique qui fait tourner la tête aux honorables mères de famille ne peut être que vivement recommandée. C'est le premier concert de ce trio car Benjamin Moussay a quarte blanche au Triton. Il vient jouer quand il veut et avec qui il veut pour le plus grand bonheur des spectateurs, notamment des mères de famille honorables.

C'était " Fleur bleue" ( de Benjamin Moussay pas de Charles Trénet) puis " Lennie's Pennies " (" Pennies from Heaven " arrangé par Lennie Tristano).

" Les cloches ", première composition de Benjamin Moussay. Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute quelques bruitages, par des grincements de cymbales. Le pianiste travaille ses cordes dans le corps du piano. Ambiance des cloches du couvent du Mont Sainte Odile par nuit de brouillard et de neige sur les Vosges. Les cloches sonnent maintenant à toute volée, de manière plutôt infernale. Un petit air entêtant nous conduit vers le final.

Jolis grincements entre les tambours frottés, les cordes sous l'archet et les cordes du piano sous les doigts du pianiste. La musique marche à pas de sénateur.

Un morceau plus rapide. Après avoir lancé le thème, le pianiste laisse bassiste et batteur s'expliquer entre hommes. Ca attaque ferme, saperlipopette! Le piano se mêle à cette dure lutte. Break de batterie basé sur les tambours. Simon Goubert est à l'oeuvre. Une composition inspirée de l'Art de la Guerre de Sun Tzu (une lecture indispensable pour comprendre la Chine).

" What the toirtle said to Achilles ", une composition inspirée de Lewis Caroll. La tortue dit des choses bien mystérieuses à Achille. Ca sort d'en dessous de la carapace. Pus le trio accélère de façon marquée avec des phrases rapides jusqu'au final.

Une ballade " Stéphanie's smiles " suivie de trois compositions inspirées de l'Art de la guerre " Elegie ", " Hope " et " Epilogue " pour conclure en toute logique.

Cela fait des années que j'écoute Benjamin Moussay jouer cette ballade. Il peut continuer des années encore, à mon goût.

Beau solo de batterie. Manifestement, le trio a entamé la suite chinoise. Les cymbales sonnent comme un gong. Enchaînement sur un air plus rythmé, comme une charge de cavalerie. La plaine vibre sous leurs pas.

Ca sent l'épilogue. Le titre est tout à fait approprié. Une dernière note de contrebasse et c'est fini.

RAPPEL

" Comme dirait un cher collègue qui vient de fêter ses 86 ou 86 ans, puisque vous insistez " (Bnejamin Moussay). Ce cher collègue pianiste a fêté ses 88 ans en 2015 et il joue toujours pour notre plus grand émerveillement. Il s'agit de Martial Solal.

Une ballade avec le batteur aux balais. Une mignardise musicale pour finir ce festin de notes en douceur.

A vous de savourer la musique désormais, honorables lectrices, respectables lecteurs, puisque vous trouverez ci-dessous, en vidéo, ce concert dans son intégralité.

Par ailleurs, grâce au Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique, voici le podcast de ce concert.

Bonne année 2016, fidèles abonné(e)s au Jazz et à l'électricité.

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