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Cultivez votre printemps avec le BSC News

Publié le par Guillaume Lagrée

Ravissantes lectrices, charmants lecteurs, le numéro de mars du magazine Best Seller Consulting News vient de sortir. Thème: Cultivez votre printemps. 124 pages de culture au programme. Avec notamment une interview de Pierre Jourde, écrivain français qui pourfend le politiquement correct et le culturellement bienséant avec talent. La rubrique Jazz Club constituée d'une sélection d'articles de ce blog le clôt à partir de la page 115. Elle est illustrée par l'Impérieux Juan Carlos HERNANDEZ auteur de la photographie de Manhattan ci dessous. Bonne lecture.

Manhattan

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Tigran le Seigneur du Châtelet

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Paris. Théâtre du Châtelet.

Vendredi 25 mars 2011. 20h30.

 

Tigran Hamasyan

La photographie de Tigran est l'oeuvre de l'Immense Juan Carlos HERNANDEZ.    

 

Tigran : piano

Solo pour la première partie.

Invités pour la deuxième partie dont Trilok Gurtu : percussions.

 

Après les Rennais, c'est aux Parisiens déjà émerveillés par son premier album solo «  A fable », que Tigran vient se livrer seul et avec quelques complices dans cette superbe bonbonnière Second Empire qu’est le théâtre du Châtelet. La soirée est présentée par son plus fidèle ami français, Stéphane Kochoyan avec qui j’ai eu l’honneur de partager une heure avec Tigran sur TSF Jazz.

 

Quelques secondes de concentration. Puis une ballade. Beau crocodile (un vrai piano à queue), belle salle, belle acoustique, grand pianiste. Que demande le peuple ? L’envoûtement commence. La musique se déploie comme un voile de soie au gré du vent. C’est pour ces moments là que je suis heureux de vivre à Paris. Une source vive parcourt la salle et rafraîchit l’air. Je suis Tigran sur scène depuis 2003. Il avait seize ans. Je le savais capable de se trouver seul un jour dans une salle de cette classe. Et m’y voici face à lui. Il monte en puissance, en vitesse tout en restant sur son thème. Ca décolle sec.  C’était « The Spinners ».

 

« Samsara » (Tigran). Une autre ballade venue de l’Orient mystérieux. Ca tourne, tourne, nous enivre doucement. Puis il se lance, les chevaux galopent à travers champs et forêts. Ce garçon atteint des sommets que bien des pianistes verront de loin, d’en bas sans jamais pouvoir s’en approcher. Sa musique fait le même effet de grands espaces, de passions enflammées que les grands écrivains russes : Tolstoï, Dostoïevski. Tigran exécute le piano à grands gestes et met le public à sa merci.

 

« Longing » une des chansons de l’album. Sur l’écran géant derrière la scène est projetée une image de plancton vert géant. Quel intérêt ? « Music speaks for itself » comme disait Miles DavisLa Grâce est là, caressée du bout des doigts par Tigran. Sa voix n’est pas celle d’un chanteur professionnel. Elle n’est pas toujours bien posée, bien placée mais elle touche au cœur par sa fraîcheur, sa pureté, sa maladresse même. La technique mise au service de la pureté et de la bonté, c’est ce qu’il y a de plus beau. Le public est aussi concentré que le pianiste. Il a la salle à sa main comme il a toujours su le faire.

 

« Someday my prince will come ». Le seul standard de l’album. Traité en mode marche funèbre. Par jeu. Ce jeune homme peut tout se permettre tant il a de goût. Un jeu de virtuose avec de l’âme. Cela devient une pavane. Pas pour une infante défunte mais pas loin. Nom de Zeus, que c’est beau ! Tigran est un vrai champion. Il savait qu’il devait être au sommet de son art ce soir. Il s’est entraîné et il est au sommet. Il finit dans l’aigu de l’instrument, distillant l’air lentement, agaçant et troublant. Ce petit truc là me rappelle Martial Solal avec qui Tigran jouera en duo au Festival Jazz sous les pommiers à Coutances en Normandie le samedi 4 juin 2011.

 

Retour à l’Arménie avec un air dansant, léger et libre comme l’air. Les jeunes filles arméniennes dansent dans ma tête. Il lâche les chevaux et cela avance comme le flux et le reflux de la Mer, puissant, vif, impérieux. Bref, c’est ce qui s’appelle du Grand Piano. Je me retrouve sur la plage de Longchamp à Saint Lunaire par un beau jour de printemps grâce à la magie de cette musique. Libre à vous d’imaginer ce que vous voulez. Cette musique libère l’esprit. Les mains giflent ou caressent le clavier mais nous font toujours vibrer. Parfois c’est le pilote de Formule 1 tant il maîtrise sa machine, accélérant, virant, changeant de vitesse. C’est vertigineux de beauté et de virtuosité. Il semble jouer de la harpe à certains instants tant son jeu est fluide. Après une telle démonstration, il n’a plus qu’à saluer et passer à l’entracte pour laisser le public reprendre son souffle.

 

ENTRACTE

 

Pendant l’entracte, j’ai salué Giovanni Mirabassi, pianiste confirmé, venu assister au triomphe du jeune Maître.

 

Tigran est rejoint sur scène par le trompettiste Shane Endsley. Ils jouent « Les gens de la lune » à moins que ce ne soit « Les Jean de la lune ». C’est un morceau tiré de l’album mais avec un titre français. C’est une ballade lente, grave, en suspension dans l’air. Le son doux de la trompette s’infiltre par-dessus le piano. J’aurais préféré Eric Le Lann et sa griffe bretonne sur cette musique qui, là encore, m’évoque la Mer. Techniquement le gars sait jouer mais, pour rester courtois, il ne me fait ni chaud ni froid.

 

Le trompettiste s’en va. Ben Wendel le remplace au saxophone ténor. Il est le saxophoniste habituel de Tigran. Est-il apparenté à la fameuse famille Wendel de Lorraine ? Je l’ignore. Le public n’applaudit pas assez alors Tigran le gronde : «  That’s all Ben Wendel deserves ? ». Le public se reprend et applaudit plus vigoureusement. Ils jouent «  A fable » le morceau éponyme de l’album. Le sax ténor sonne comme une flûte. Très fort ! La musique ondule, serpente, enchante. Ben monte et descend sur ses genoux à la recherche du son parfait et il le trouve. Ils se trouvent. Ces deux hommes sont en symbiose musicale. En arrière plan sur l’écran, une image de feuille en bleu. Curieuse manie que de mettre des images pour illustrer une musique qui stimule autant l’imaginaire. Ils vibrent à l’unisson et nous avec eux. Quelle belle fable ils nous racontent ! Ils nous emmènent par delà la nuit et le jour.

 

Ben Wendel s’en va. Trilok Gurtu le remplace. La seule fois où j’ai entendu Trilok Gurtu sur scène, c’était à Rennes en 1989 dans le trio de John Mac Laughlin (guitare électrique) avec Kaï Eckhardt (guitare basse électrique). Cela ne s’oublie pas. Ils commencent par un air traditionnel arménien sans titre. Trilok commence à chauffer son tambour. Tigran entre dans le piano pour en sortir une mélodie vive, légère. Trilok commence ses bruitages fins, délicats. Il faut le voir pour croire que cet homme n’a que deux mains. Ca, c’est de la pulsation ! Il a aussi des sortes de maracas. Il fait à la fois le « tip tap » sur les rebords des tambours avec les doigts et les « mop mop » au cœur des peaux avec les paumes. Tigran, lui, file droit devant. Après la symbiose mélodique avec Ben Wendel, la symbiose rythmique avec Trilok Gurtu. Quoique avec un artiste de la finesse de Trilok Gurtu, les percussions deviennent mélodiques.

 

En première mondiale, un morceau écrit par Tigran pour Trilok. «  Oh la la » dit Trilok. Tigran commence main gauche dans le piano, main droite sur le clavier. Rythmiquement, ça démarre doucement, puissamment. Tigran chantonne. Trilok bat la mesure et ponctue de son mouillés. Tigran chantonne joyeusement. Depuis les frères de Broglie, nous savons que l’Univers est constitué d’ondes. C’est ce que les physiciens appellent « la mécanique ondulatoire ». Cette expression constitue une bonne définition de la musique jouée par Tigran Hamasyan et Trilok Gurtu. Le dialogue se fait vif sans tourner au duel. Puis ça s’apaise. La musique est si riche rythmiquement qu’elle en devient palpable. Je sens les bonnes ondes me traverser. Dieux, quelles grandes délices ! Duel de scat, rap ultra rythmique entre Tigran et Trilok à base de « tac tac ». Tigran a quitté son piano et se trouve debout face à Trilok pour mieux dialoguer. Lui reste assis, chantant et jouant. Le public bat la mesure au rythme des mains du percussionniste indien. Tigran revient au piano sans lâcher le micro et le scat. Ils reprennent leurs instruments sous un tonnerre d’applaudissements.

 

Ben Wendell revient sur scène avec un basson. Shane Endsley avec sa trompette. Le fidèle Nate Wood, batteur de Tigran et directeur musical de l’album «  A fable » se joint à la fête avec un tambour et deux baguettes. Trilok se lance dans un solo ahurissant. Il fait le vent, la forêt, des bruits d’eau, de crécelle. Sans électronique, cet homme est plus riche et imprévisible qu’une boîte à rythmes. Il lance aussi des bruits de locomotive, de machines molles et folles. Après cette introduction inouïe, Tigran lance un morceau de son album. Tout le groupe se lance dans le " Carnaval ". Le seul morceau de l'album où Nate Wood joue. Sans basse. Les percussions y pourvoient. La main gauche du pianiste aussi. Tigran joue, chantonne. La musique s’envole et le public avec. La transe est proche. La joie explose de partout sur la scène. Le trompettiste est plus mordant qu’en duo. Nate Wood cesse de jouer pour déguster le jeu subtil et puissant de Trilok Gurtu. Celui-ci fait des rythmes avec son souffle, sa bouche. L’homme orchestre, c’est lui. Voilà, c’est fini. Ils s’inclinent devant le public. Trilok le fait les mains jointes, à l’indienne.

 

RAPPEL

 

Tigran revient seul sur scène prolonger son triomphe. Ballade très douce, très calme pour faire descendre la pression. Il part en ballade et nous avec. Je crois bien que c’est le titre album « A fable ». Nous ne sommes pas loin de Chopin mais avec la touche orientale. Cela rappelle les promenades en calèche de Swann avec Odette au Bois de Boulogne. Nostalgique et actuel à la fois. Après cela, il n’y a plus rien à ajouter. Le public le comprend, applaudit mais ne demande plus de bis.

 

Après Martial Solal et Antoine Hervé, c’est un jeune Maître du piano que je viens d’écouter au Châtelet en compagnie de Mademoiselle F et de quelques amis ravis eux aussi. Gageons que nous l’y reverrons ainsi que dans des salles, des festivals plus prestigieux encore. Que les Dieux protègent Tigran, Seigneur du Châtelet !

 

Pour prolonger le voyage avec cette musique, je vous conseille " Le voyage au Caucase "(1860) d'Alexandre Dumas père, l'homme qui, comme disait son fils, Alexandre Dumas fils, n'a jamais écrit une ligne ennuyeuse parce que cela l'aurait ennuyé. Souhaitons la même fécondité et la même longévité à ce digne fils du Caucase qu'est Tigran Hamasyan dit Tigran.

 

 

 

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Festival de Jazz de l'AMR à Genève du 5 au 10 avril 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

L'ex Association des Musiciens Romands  devenue l'Association pour l'encouragement de la Musique impRovisée dite l'AMR ou la Mémère pour les intimes organise son festival de Jazz annuel du mardi 5 au dimanche 10 avril 2011 à Genève, Suisse.

Dave Douglas

Vous ne m'y verrez pas car je vis à Paris en France. Par contre, vous y verrez mon honorable associé Juan Carlos HERNANDEZ armé de son appareil photographique. Il est l'auteur de la photographie de Dave Douglas qui illustre cet article. Quand vous verrez un petit Suisse barbu à lunettes prendre des photographies, saluez le de ma part. C'est Juan Carlos HERNANDEZ.

Au programme des musiciens suisses évidemment, comme le trio Plaistow mais pas seulement. Des musiciens américains aussi comme Dave Douglas justement.

L'AMR prouve que des musiciens peuvent gérer une salle de concert, un festival, des formations depuis bientôt 40 ans. C'est dire s'ils méritent d'être encouragés.

Pour les Français qui n'ont jamais franchi cette frontière là, Genève est accessible en TGV depuis Paris gare de Lyon, par le TER Rhône Alpes depuis Lyon Part Dieu ou Lyon Perrache, en véhicule automobile, en avion, à pied par le GR5 et ses embranchements, à bicyclette, à cheval, en bateau par le Rhône. Au cas où vous passeriez un contrôle douanier, montrez votre passeport ou votre carte nationale d'identité et dites en souriant que vous vous rendez au Sud des Alpes pour vous abonner au Jazz et à l'Electricité. Il est possible de se loger et se nourrir à des prix raisonnables à Genève.

Bon festival de l'AMR 2011!

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Le Jazz uni pour le Japon

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Généreuses lectrices, compatissants lecteurs, vous savez le drame qui frappe le Japon, grand pays de Jazz. Pour venir en aide au peuple nippon, des stars américaines du Jazz se réunissent pour produire un album dont le produit des ventes ira à la Croix Rouge japonaise. Tous les détails se trouvent ci dessous en anglais.

 

Jazz Stars Unite For Disaster Victims In Japan

 

“Jazz for Japan”

 

Los Angeles, CA - "Jazz for Japan" is a "We are the World" type gathering of 25 of the top jazz musicians in the world to benefit the earthquake and tsunami victims in Japan. The recordings will take place March 23rd and 24th in Los Angeles at Capitol Studios. This project features an album along with a DVD release including interviews with the artists manifesting their support for the Japanese people. Performers include:  

Rickey Minor, Alex Acuna, Nathan East, Clarence McDonald, Ndugu Chancler, Billy Childs, Boney James, Lee Ritenour, Terrence Blanchard, Kenny G, Steve Gadd, George Duke, Bob James and many others.

 

These musicians have come together to pay tribute to those who have lost their lives and to a community that continues to support Jazz music. Their gift called “Jazz for Japan” will aid in the relief efforts needed for thousands of people affected by this disaster. 

 

The album is being produced by Avatar Records and will be released April 5th worldwide via iTunes with profits benefiting the International Red Cross in Japan. 

 

 

 

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Arat Kilo " A Night in Abyssinia "

Publié le par Guillaume Lagrée

Arat Kilo

" A Night in Abyssinia "

Only Music.2011.

Bernard Lubat a dit un jour que grâce à Kenny Clarke il a découvert qu'il ne serait jamais un batteur de Be Bop parce qu'il n'était ni Noir ni Américain. Il était Blanc, Français, Gascon même. Replongeant dans ses racines, il s'est ouvert au monde et a donné de forts beaux fruits.

Voilà une leçon que devrait, à mon avis, méditer le groupe Arat Kilo. Des Français, Blancs qui veulent jouer en 2011 à Paris de la musique éthiopienne des années 1960-1970. Erreur. Evidemment, ils savent jouer. C'est propre, c'est lisse. Tous les ingrédients sont là sauf les épices, le feu, la flamme originale. Même quand un musicien ou une chanteuse éthiopienne les rejoignent, ça ne prend pas sur moi.

Ca s'écoute. C'est agréable. Il n'empêche que la copie est loin de l'original. Pour revenir aux sources vives de cette musique, il suffit de piocher dans la collection des Ethiopiques.

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Tigran en Liberté à Rennes

Publié le par Guillaume Lagrée

 TIGRAN.

Le Liberté. Rennes.

Vendredi 18 mars 2011.20h.

Soirée de clôture du festival  Jazz à l'Etage.

 

 

 

Tigran Hamasyan

 

La photographie de  Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Prestigieux  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 TIGRAN: piano, chant

 

En 1986, à Rennes, conduit par mes parents, j'allais écouter  Ivo Pogorelich jouer en piano solo au Théâtre National de Bretagne. Acoustique impeccable, beau piano, grand pianiste. Soudain, un plonk se fit entendre. Une corde avait lâchée sous la furia slava du pianiste. Imperturbable, Ivo Pogorelich continua son concert avec la même flamme, le piano faisant plonk lors du passage sur la note maudite.

 

En 2011, de retour à Rennes, je viens écouter avec les deux femmes de ma vie, ma mère et ma compagne, un nouveau jeune Maître du piano, Tigran Hamasyan dit TIGRAN. Le piano est beau, ne lâche pas sous la pression du Maestro mais malheureusement l'acoustique est déplorable. Imaginez un hangar à zeppelins dans lequel vous ajoutez des baffles et une sono et vous aurez une idée du son que les spectateurs durent subir lors de cette soirée de clôture du festival Jazz à l'Etage. Pourvu que les organisateurs du festival changent de salle en 2012!

 

Ceci dit, TIGRAN venait nous jouer son premier album solo " A fable  " qui est un véritable enchantement.

 

Ca commence par une ballade nostalgique, rêveuse. Le son énorme du piano remplit cette grande salle. Parfois Tigran semble se fondre dans le piano tant il y plonge parfois il le domine de toute sa superbe mais il le maîtrise toujours.

 

Une autre ballade étrange mystérieuse. Le son résonne dans la salle gâchant notre plaisir. Tigran passe à la vitesse supérieure. Un ruisseau dévale la montagne. Malgré le son, c'est beau, frais, enivrant. Il fait souffler l'air pur des montagnes du Caucase dans la salle.

 

" Someday my prince will come ". Le seul standard de l'album. La chanson de Blanche Neige dans le dessin animé de Walt Disney. Une chanson d'espoir que Tigran s'amuse à traiter en chant funéraire. C'est beau, triste mais tempéré par des petits gags musicaux comme chez  Martial Solal, un de ses maîtres. Il s'éloigne du thème, créant un autre morceau dans l'instant. Puis il revient au thème avec douceur, tendresse. En cherchant dans l'aigu, le son semble sortir d'une boîte à musique.

 

Retour à l'Arménie avec une autre ballade somptueuse, majestueuse comme les montagnes. Puis ça part comme un vol d'étourneaux à tire d'aile. Cela respire le grand air et les alpages fleuris. Tigran en garde sous les mains et sous les pieds pour nous foudroyer par un éclair de beauté l'instant suivant. J'en oublie la laideur du son tant la musique est belle. Je chantonne avec lui entraîné par sa magie.

 

Tigran salue le public et annonce " Longing " qui illustre cet article. C'est une ballade où il chante. La musique évoque la mer, le vent, les vagues. Je sais que Tigran aime la Bretagne au point d'avoir dédié un morceau à Belle Ile. Il chante en arménien avec sa voix grave. C'est beau la pureté alliée au talent. Quand il monte dans l'aigu, il a des problèmes de justesse. Ce n'est pas un chanteur après tout. Par contre il est parfaitement en rythme avec sa musique contrairement à une chanteuse de Jazz française dont je tairai le nom par charité .

 

Tigran ne nous parle qu'en français. L'effort mérite d'être signalé car ce n'est pas facile pour un Arménien installé à New York. Après une introduction tranquille, il  lance la machine et des vagues de beauté déferlent sur nous nous étourdissant parfois mais ne nous noyant jamais.

 

La deuxième partie de cette soirée de clôture était constituée d'un concert d'Avishai Cohen, parrain de la deuxième édition du festival Jazz à l'etage. Je n'en dirai mot car je n'y ai pas assisté.

 

La tournée française de TIGRAN continue. Toutes les dates sont indiquées sur son site. Je serai quant à moi au théâtre du Châtelet à Paris le vendredi 25 mars pour l'écouter d'abord seul puis avec le percussionniste indien Trilok Gurtu. Je m'en réjouis d'avance.

 

 

 

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Elise Caron Lucas Gillet " A thin sea of flesh " Dylan Thomas Poems

Publié le par Guillaume Lagrée

ELISE CARON

LUCAS GILLET

" A THIN SEA OF FLESH " .DYLAN THOMAS POEMS.

Le Chant du Monde. 2009.

Elise Caron: chant

Lucas Gillet: claviers, compositions

Jean Gillet: basses, batteries, guitares

+ divers invités précisés dans l'album

Elise-Caron.jpg

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Fameux Juan Carlos HERNANDEZ.

Le renouveau de la Pop anglaise viendrait-il des Françaises? La question mérite d'être posée. Foin des minauderies mielleuses des minettes mièvres qui peuplent les boites à images et à sons! Avec Claudia Solal et Sophia Domancich, voici que paraît comme l'aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil et redoutable comme une armée sous les bannières, la Grande Elise Caron.

Les poèmes du Gallois Dylan Thomas sont pour moi aussi incompréhensibles en anglais que le sont ceux de Paul Valéry et Stéphane Mallarmé en français. Peu importe. Ici ce n'est pas le sens qui compte mais les sons et l'essence. La musique composée par Lucas Gillet mêle habilement les sons électriques et éclectiques de la Pop anglaise, le Swing hérité du Jazz et un souci de clarté, de lisibilité très français. Ni cuivres, ni vents. Des claviers, les cordes des guitares et des basses, des peaux et des cymbales et la voix envoûtante, enivrante d'Elise Caron. C'est tout et c'est beaucoup. C'est bien plus qu'il n'en faut pour nous rendre heureux. Mes chansons préférées sont " Foster the light " (n°4), " And death shall have no dominion " (n°6). Rien ne vous empêche d'en aimer d'autres tant cet album bref et dense déborde de trésors.

Tant que cette musique sera écoutée et aimée, " And death shall have no dominion "...

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Hélène Poisson expose ses dessins de Jazz à Maisons-Alfort jusqu'à avril puis à Paris en mai

Publié le par Guillaume Lagrée

Edouard Ferlet

 

Le dessin d'Edouard Ferlet est l'oeuvre de la Citoyenne Hélène Poisson.

Hélène Poisson, dessinatrice de talent, que j'ai rencontrée lors du concert de Dave Liebman au Sunside en décembre 2010, exposera ses dessins consacrés au Jazz  du 23 mars au 22 avril 2011 à la Médiathèque de Maisons-Alfort, Val de Marne, Ile de France, France, Union Européenne.

Elle exposera ensuite au Couvent des Cordeliers à Paris du 2 au 31 mai 2011.

Si vous ne la repérez pas, crayons à la main et carton à dessin dans les clubs de Jazz parisiens, vous savez désormais où voir les oeuvres de la Dame Hélène Poisson.

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Jack Kerouac. " Sur la route ". Le rouleau original

Publié le par Guillaume Lagrée

Jack Kerouac

" Sur la route ". Le rouleau original.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun.

Paris. NRF. Gallimard. 512 p. 2010.

La photographie des nuages vus du train est l'oeuvre du Rêveur Juan Carlos HERNANDEZ.
Nuages
De 1947 à 1950, Jean-Louis dit Jack Kerouac, descendant d'un hobereau breton de Lanmeur erra à travers les Etats-Unis d'Amérique parcourant plus de 8000 km à pied, en voiture, en train. En 1957, il prit les carnets de notes relatant ses voyages, glissa un rouleau de 36m50 de long de papier dans la machine à écrire et tapa d'une traite un récit qui allait changer la vie de milliers de jeunes gens en Amérique, donnant naissance à la Beat Generation et aux Beatniks.
Ce beat c'est bien sûr celui du Jazz, du Be Bop. Si les seuls concerts évoqués sont ceux de George Shearing et Slim Gaillard, le rythme des phrases (le livre est en un seul paragraphe mais ponctué), les thèmes évoqués (errance, misère, sexe, alcool) sont typiques du Blues et du Jazz.
Kerouac ne vient pas de nulle part. Il a lu Joyce et Dos Passos. Comme le français est sa langue natale (il descendait de Canadiens français émigrés aux USA), il a aussi lu Louis Ferdinand Céline auquel il fait référence quand il passe à Detroit. En effet, Bardamu/Ferdinand travaille aux usines Ford de Detroit dans un passage du " Voyage au bout de la nuit ".
Le livre fit un triomphe à sa sortie mais dans une version censurée. Le rouleau original retrouvé, le texte complet fut publié en 2007 en anglais. Relations homosexuelles, hétérosexuelles avec des mineures, vols de voiture, arnaques minables, risibles amours, faim, froid, soif, Kerouac ne s'épargne rien et dévoile tout.
En vrai Breton Ti-Jean Kerouac était voyageur, lyrique et alcoolique.
Un soir, ivre, dans un club de Jazz, il interpella Miles Davis sur la scène: " Hey Brother!" Miles cessa de jouer, baissa ses lunettes noires et le fusilla du regard et des mots:  " You will never be my brother! ".
La traduction française de 2010 est une merveille car elle restitue, une vraie gageure, le Swing, le Beat, la Pulse de l'anglo américain des Beatniks. Elle laisse le lecteur KO et prêt à partir lui aussi sur la route.
Le tapuscrit original de " Sur la route " est exposé à Paris, au Musée des lettres et manuscrits, jusqu'au 19 août 2012.

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Jazz Mix. Live in NYC. The Movie

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz Mix. Live in NYC. The Movie.

1h30. Réalisateur: Olivier Taieb

 

Manhattan

 

 

La photographie de Manhattan est l'oeuvre du Transatlantique  Juan Carlos HERNANDEZ.


Aimables lectrices, séduisants lecteurs, imaginez que vous vouliez prendre l’avion pour New York, y loger, y boire, y manger pendant 8 jours, prévoir 8 concerts pendant les 8 soirées dans 8 clubs de Jazz différents. A la fin du voyage vous seriez saturés et ruinés à moins d’être un millionnaire monomaniaque.

 

Comme vous n’êtes pas des millionnaires monomaniaques, je vous propose une solution simple et peu onéreuse pour relever ce défi : assister à 8 concerts de Jazz dans 8 clubs différents en 8 soirs à New York City, USA. Le réalisateur Olivier Taieb l’a fait pour vous en novembre 2008. Un an après il est revenu à New York filmer la rue, la vie, la ville, l’Océan. Woody Allen n’a donc rien inventé. New York ressemble bien à ses films. L’Océan Atlantique est plus calme que la ville, apparemment. Les 8 (8 symbole de l’infini en mathématiques, le 8e jour des Chrétiens d’où les baptistères octogonaux) concerts ont été diffusés sur la chaîne Mezzo.

 

Pour ceux qui n’ont pas Mezzo sur leur boîte à images, pour ceux qui n’ont pas envie d’ingurgiter 8h de Jazz sur 8 concerts, Olivier Taieb a sélectionné un extrait de chacun de ces concerts (deux pour Jason Lindner qui ouvre et ferme le bal), les a monté en ajoutant des images du dehors à celui du dedans et le résultat est là devant vos yeux et vos oreilles élargis par la joie de découvrir ou de retrouver New York. Le film dure 1h30, ne contient que des images, de la musique, des noms de musiciens. Rien de plus. No comment. Il suffit d’embarquer et de se laisser conduire. « Vous n’avez pas à comprendre ma musique. Vous avez à l’aimer » (Ornette Coleman).

 

Le film est actuellement projeté dans des salles de cinéma à Paris et en province. Je ne vous décrirai pas par le menu l’ordre des groupes, des clubs, mais, simplement, en vrac, quelques impressions. Un seul bémol: les images de New York font cliché mais il suffit de se laisser porter par la musique et l'ambiance pour l'oublier.

 

Je dois d’abord préciser que je n’ai jamais été à New York. Il s’agit donc pour moi d’une découverte. Pas totalement car j’avais déjà vu et entendu certains de ces musiciens à Paris. Bonne surprise : Vijay Ijer, pianiste toujours aussi cérébral mais beaucoup plus stimulant, dérangeant, troublant que ce j’avais entendu à Paris.

Découverte : la place des rappers beaucoup plus importante qu’en France. Les rappers new yorkais sont capables de s’exprimer avec un vrai orchestre jouant live in concert. Comme j’ignore tout du rap français, cela a pu m’échapper de ce côté ci de l’Atlantique.

 

Deux grosses claques :

-         le groupe du chanteur Theo Blackman reprenant de façon hallucinante des chansons de Charles Ives

-         un des derniers concerts de la Knitting Factory de John Zorn et alii, fermée depuis. Trois amis issus du Bronx qui n’avaient pas joué ensemble depuis 10 ans se retrouvent ensemble sur scène. Eric Mac Pherson et Nasheet Waits aux batteries, Abraham Burton au saxophone ténor. Pas de piano, de contrebasse, de guitare. Juste du souffle et du rythme. La succession de Sonny Rollins est bien assurée.

 

Le concept Jazz Mix se poursuit avec la diffusion sur Mezzo de concerts captés à Istanbul, Turquie. Après la rencontre de l’Europe et de l’Amérique à New York, celle de l’Europe et de l’Asie à Istanbul. En attendant la sortie du film Jazz Mix. Istanbul, profitez joyeusement de Jazz Mix. NYC. N’hésitez pas à y traîner de gré ou de force des amis, des voisins, des parents, des amours qui croient que le Jazz est une musique morte, froide et ennuyeuse. Ce film les aidera à réviser leurs préjugés.

 

 

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