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Rick Margitza Quartet en vol au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Rick Margitza Quartet

Paris. Le Sunside.

Vendredi 24 juillet 2015. 21h.

Rick Margitza : saxophone ténor, compositions

Manuel Rocheman : piano

Peter Giron : contrebasse

Jeff Boudreaux : batterie

Concert enregistré par Richard Romaniello, ingénieur du son new yorkais de passage à Paris pour ses 60 ans. Pour faire appel aux compétences de Richard, contactez Penguin Random House section Audio, à New York, USA.

Il n’y a pas foule. J’espère qu’il y eut plus de monde pour le deuxième concert le samedi 25 juillet. Rick Margitza vit, joue et enseigne à Paris. Les Parisiens méconnaissent leur chance. Il s'agit tout de même du dernier saxophoniste recruté par Miles Davis, sapristi!

Swing chaloupé de la rythmique. Et ce son vénéneux de sax ténor. Ca chante. « La plupart des saxophonistes bavardent. Sidney Bechet, lui, vous parle » (Jean Cocteau). Rick Margitza est de cette classe là. Manuel Rocheman est un disciple de Martial Solal. C’est dire si c’est du solide. A sa reprise du thème, j’espère ce que Rick Margitza va jouer et il me l’offre.

Ils enchaînent sur le thème signature de Rick Margitza qu’il joue depuis au moins 20 ans. Funkissimo. Grosse pulsation de la basse et de la batterie. Le piano ondule dans les graves. Ce thème obsédant pourrait se jouer en électro. Au dessus de cette lourde pulsation, le sax ténor chante comme la mémoire des fêtes tziganes d’Europe centrale (Rick Margitza, citoyen américain, descend de Tziganes de Hongrie). Joli solo de piano qui s’efface pour faire place au sax ténor poussé par la basse et la batterie. C’est rond et ça groove puissamment. Le son du sax s’étire comme un chat abyssal. Changement d’ambiance pour un solo de contrebasse. Ca pulse rondement. Le quartet repart. Ca respire la liberté et les grands espaces mais plutôt la Puszta hongroise que les Grandes Plaines du Midwest. Le son du sax s’effiloche pour céder la place à la pulsation. And the beat goes on comme dit la chanson. Le batteur diminue le volume sans perdre la vitesse jusqu’à extinction du feu.

C’était « Hands of time » puis « For the Gypsies ».

The place to be”, nouveau morceau du prochain album. Clin d’œil aux spectateurs qui ont fait le bon choix ce soir. Rick Margitza met ses lunettes pour lire la partition. Un petit air sautillant avec des hachures. La salle s’est un peu remplie. Encore un effort, Parisiens ! Un sacré solo de piano avec un décalage main droite main gauche impressionnant. Manuel Rocheman, c’est un tout bon. Un solo de sax, en retenue. Ca swingue, nom de Zeus ! La pulsation, le chant, l’émotion, tout est en place.

« Secret heart », morceau dédié à son neveu mort il y a 5 ans. Batteur aux balais pour une ballade. Ca swingue tout de même et ça ne triche pas. Ce morceau me rappelle mon frère parti trop tôt. J’en ai les larmes aux yeux. Le batteur est repassé aux baguettes. La beauté guérit.

Une nouvelle composition « Muse ». Ca pulse joyeusement. L’ostinato du piano rappelle la musique sérielle mais c’est du Jazz puisque ça swingue. Euterpe, muse de la Musique, peut être fière de ce quartet. Un petit silence avant de reprendre la pulsation. Un bon musicien doit être un bon amant avec son public, savoir varier les plaisirs, entre pauses et accélérations, temps forts et temps faibles. Les Jazzmen sont les meilleurs amants. En effet, ils sont imprévisibles puisqu’ils improvisent.

PAUSE

Le trio repart sur un tempo entraînant. Le sax ajoute sa voix. Ca chante, nom de Zeus ! Son cristallin du piano en solo non accompagné. Manuel Rocheman joue un standard qui se mêle au thème. Que du bon, vous dis-je. Le bar tourne. La terrasse est pleine. Cela s’entend pendant le solo de piano. La beauté vaincra !

Le quartet enchaîne sur un autre thème, avec un enchaînement digne d’un service volée par Stefan Edberg. Aérien. C’est splendidement méditatif.

C’ était « Truth can be told » puis un thème dont le titre m’a échappé.

S’ensuit « 1.2/1.2.3 » à cause de la figure rythmique qui fonde le thème. Le batteur démarre aux cymbales. Piano au son aérien. La contrebasse propulse l’ensemble. Solo de piano à la fois ancré aérien. Manuel, c’est vraiment un tout bon mais pas comme Jacques.

Un standard. « Cry me a river ». En version française, « Pleurer des rivières ». Batteur aux balais. Comme Sonny Rollins, Rick Margitza chante les paroles au saxophone. La rythmique se tait. Rick joue seul. Respect.

Quel plaisir d’écouter cette musique ! « La musique est le langage des passions » (Kant). Eux nous en insufflent. Ca monte en puissance vers le final. Rick Margitza sait aussi faire crier son saxophone mais harmonieusement.

PAUSE

Cette fois, je fais partie des irréductibles qui restent pour le troisième set, jusqu’à la fin de la partie.

Le quartet repart sur un tempo vif. Ca balance mais ne donne pas le mal de mer. C’était « August in Paris » qui n’a rien à voir avec la chanson de Charles Aznavour « A Paris, au mois d’août ».

Un morceau en première mondiale dont je n’ai pas capté le titre. Décidément, ça chante. Même quand il met ses lunettes pour lire la partition, Rick Margitza sonne fluide et chantant. Il sort de scène pour laisser la rythmique s’exprimer, menée de main de maître par le pianiste. Comme son nom et son prénom l’indiquent, Jeff Boudreaux est né à La Nouvelle Orléans. C’est dire s’il sait ce que signifie le Swing.

Mon carnet de notes s’achève ici. La chronique aussi.

La photographie de Peter Giron est l'oeuvre du Merveilleux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation expresse de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Peter Giron par Juan Carlos HERNANDEZ

Peter Giron par Juan Carlos HERNANDEZ

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Eddy Louiss par Matthieu Marthouret

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices vocalistes, lecteurs organistes, après mon article en hommage à Eddy Louiss, voici celui d'un pianiste et organiste français, Matthieu Marthouret , bien connu des lecteurs de ce blog.

Merci à Matthieu pour son témoignage.


EDDY LOUISS

Petite transcription/ hommage sur mon blog.

Pour moi Eddy Louiss c'est avant tout une forte personnalité musicale, un musicien ultra-doué qui semble avoir marqué grand nombre de musiciens français avec qui il a collaboré depuis les années 60.

Ne l'ayant pas côtoyé dans la vie ou sur scène et ayant découvert sa musique par certains de ses enregistrements, le personnage et son parcours restent assez mystérieux à mes yeux.

C'est probablement aussi pour cela que je ressens un décalage entre sa discographie, sa carrière précoce, ses nombreuses collaborations et ses activités scéniques.

En tant qu'organiste il est sans aucun doute l'un des pionniers de l'orgue Hammond en France et a probablement été marqué à ses débuts par Jimmy Smith , maître incontesté de l'orgue Hammond dans le jazz, puis, peut-être également par Larry Young , un autre prodige et grand innovateur sur l'instrument de la même génération que lui (et qui vécut d'ailleurs à Paris au milieu des annees 60), pour rapidement trouver une identité tout à fait singulière sur l'orgue hammond (à écouter avec Stan Getz au début des années 70).

Dans sa musique j'entends tout une culture du jazz (be-bop/ hard-bop) ainsi que probablement les musique caribéennes (de ses origines), latines mais aussi la musique de son époque (rythm'n blues, soul, funk, jazz moderne), la musique européenne... un sens du groove du swing et de la mélodie omni-présents et une grande sensibilité à travers son sens de la nuance et de la retenue (pas de notes superflues...).

Une sonorité singulière à la fois pure, douce et incisive rappelant parfois plus le piano que l'orgue en évitant les clichés et la " surenchère sonore " liés à cet instrument particulièrement difficile à dompter; une assurance et une culture musicale qui s'affranchit des idiomes, styles ou autres " chapelles " musicales... (qualités que je ressens aussi chez Larry Young et

Dr Lonnie Liston Smith, ses contemporains américains).

Dans sa descendance musicale je citerai volontiers Emmanuel Bex qui a dû le côtoyer à ses débuts et qui selon moi partage beaucoup de ses qualités musicales...

Recommandations:

- Stan Getz "Dynasty"

- Eddy Louiss / Kenny Clark / René Thomas trio

-Eddy Louiss "Flomela"

- Eddy Louiss / Michel Petrucciani duo...

Si vous aimez Eddy Louiss vous aimerez probablement aussi:

- Jimmy Smith: "Groovin' at small's paradise"

- Larry Young: "Into somethin'"/ "Unity"

- Grant Green: avec Larry Young: "Talkin' About"/ "I want to hold your hands" / "Street of dreams" /" His majesty king funk"

- Sam Yahel: "In The blink of an eye/ "Yaya3" / "Truth and beauty"

- Emmanuel Bex: "Conversation with myself"/ "BFG" / " Open Gate "

- Dr Lonnie Smith: "Too damn hot" / "Move your hands"...

- "The Meters": "Rejuvenation"...

La photographie de Matthieu Marthouret est l'oeuvre du Stupéfiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Matthieu Martthouret par Juan Carlos HERNANDEZ

Matthieu Martthouret par Juan Carlos HERNANDEZ

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C'était Eddy Louiss (1941-2015)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices vocalistes, lecteurs organistes, vous savez certainement qu'Eddy Louiss, né le 2 mai 1941 à Paris, est mort le 30 juin 2015 à Poitiers.

Pianiste, organiste, chanteur, compositeur, chef d'orchestre, Eddy Louiss, né Edouard Louise, connaissait la musique. Il en était même l'incarnation vivante dans ce qu'elle a de meilleur.

Issu d'une famille de Békés (les Blancs de Martinique), fils du trompettiste Pierre Louise dit Louiss, aucun rythme ne lui était étranger.

Ses goûts étaient très simples. Il se contentait du meilleur.

Chanteur, il fit partie des Double Six, groupe français de Jazz vocal créé et dirigé par Mimi Perrin qui écrivit des textes en français, poétiques, collant aux standards du Be Bop. Dizzy Gillespie et Quincy Jones enregistrèrent comme invités des Double Six . C'est dire le niveau que le groupe avait atteint.

Pianiste, il accompagna Johnny Griffin dans les années 60.

Il décida un jour de passer à l'orgue Hammond afin de pouvoir rivaliser de puissance avec la batterie. Il en avait marre que le batteur joue en sourdine quand il prenait un solo de piano et de ne pouvoir rivaliser avec un solo de batterie.

A l'orgue, Claude Nougaro ne put se séparer de lui de 1964 à 1977. C'est Eddy qui partit afin de voler de ses propres ailes et, musicalement, Nougaro y perdit beaucoup. Eddy s'installa dans le Poitou. " Dans une ferme du Poitou, un coq aimait une pendule " (Claude Nougaro).

Son trio avec René Thomas (guitare électrique) et Bernard Lubat , autre membre des Double Six, (batterie) enthousiasma Stan Getz qui l'embaucha en 1970. Il en reste l'album Dynasty (1971), déjà célébré dans ce blog. Stan Getz qualifiait Eddy Louiss de génie. Bernard Lubat, lui, considère qu'Eddy Louiss est aussi important que Miles Davis dans l'histoire du Jazz.

Comme soliste, il dialogua avec Michel Petrucciani (piano) dans une " Conférence de presse " au Petit Journal (le club de Jazz, pas l'émission de TV), en 1994, restée fameuse. L'album Live est disponible dans le commerce.

Avec Jean Luc Ponty (violon électrique) et Daniel Humair (batterie), il forma le trio HLP (Humair, Louiss, Ponty) qui reste le meilleur groupe de la carrière de Daniel Humair, de l'aveu même de l'intéressé. Il en reste un double album live au Chat qui pêche, club parisien aujourd'hui disparu, en 1968. Les Américains peuvent aller se rhabiller. Ils n'ont jamais eu de groupe équivalent à HLP. Ce trio fut reconstitué pour une soirée spéciale Jean Luc Ponty à Paris, au théâtre du Châtelet, le 11 avril 2012. Idiot que je suis! Je n'y étais pas.

Comme chef d'orchestre, il créa, anima, dirigea à partir de la fin des années 80, la Multi Color Feeling Fanfare, big band pouvant aller jusqu'à 70 musiciens sur scène, réunissant musiciens professionnels et amateurs, dans une orgie de Swing. Il existe un album studio et un album live de ce Big Band.

Amputé des jambes, en fauteuil roulant, il continuait de dispenser la joie à pleines mains sur son orgue Hammond.

Bref, comme disent les Américains, Eddy Louiss était plus grand que la vie.

Claude Nougaro lui écrivit une chanson " C'est Eddy " pour un duo inoubliable. Tout Eddy.

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Seu Jorge " Musicas para churrasco II "

Publié le par Guillaume Lagrée

Seu Jorge

" Musicas para churrasco II "

Emarcy. Universal.

Sorti le 10 juillet 2015

Lectrices carnivores, lecteurs omnivoires, supposons que vous soyez au camping au mois d'août 2015 en France, entre Bretagne et Normandie, dans la baie du Mont Saint Michel, pour le festival Jazz en Baie et que vous prépariez au déjeuner des grillades d'agneau de prés-salés. Quelle musique servir en accompagnement? De la musique pour grillades évidemment.

Le Brésilien Seu Jorge nous en offre un deuxième volume avec ses " Musicas para churrasco II ". Churrasco ce sont les grillade typiques de l'Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Chili), pays grands producteurs et mangeurs de viande.

Le titre indique l'absence de prétention de la musique faite d'abord pour danser. " It don't mean a thing if it ain't got that swing " disait Duke Ellington.

Danser n'empêche pas de penser. Tout en mélangeant Samba, Pop, Funk, Bossa, Seu Jorge fait le portrait du Brésil de 2015. La question de la femme le soucie. Certains croyants vous affirmeront même que la femme soucie l'homme depuis son apparition au jardin d'Eden mais rien ne vous oblige à croire les croyants. La preuve: " Ela e bipolar " (n°1) et " Babydoll " (n°9) qui se moque d'une jeune fille en plastique. Il sait aussi se moquer des hommes: " Motoboy " (n°7). Si la femme le soucie, c'est qu'il l'adore: " Felicidade " (n°8). Le bonheur c'est de vivre en ta compagnie. Tous les amoureux le comprendront.

Un album doit finir comme un feu d'artifices, par un bouquet final. C'est exactement ce que fait Seu Jorge avec le 10e et dernier morceau: " Everybody let's go ".

Le seul risque de cette musique, c'est de danser trop près des braises et de vous brûler. Une fois la distance de sécurité assurée, servez chaud et épicé, chantez et dansez avec Seu Jorge.

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et au Mont Saint Michel pour août 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices festives, lecteurs d'estive, voici ma sélection de concerts de Jazz, éminemment personnelle et discutable, pour le mois d'août 2015.

Pour un agenda exhaustif des concerts, voyez Citizenjazz où j'ai sévi de 1998 à 2007.

Le mois commence avec la fin du Cosmo Jazz Festival à Chamonix Mont Blanc (74)

A Paris

Au Sunset-Sunside

Fin de l'American Jazz Festiv'Halles

Festival Pianissimo pour les déménageurs et amateurs de piano.

Mardi 4, mercredi 5 et jeudi 6 août, le trio Kurt Rosenwikel/Nasheet Waits/Eric Revis: la crème new yorkaise (guitare/contrebasse/batterie).

Vendredi 7 août à 21h le Quintet Utopia de la pianiste Leila Olivesi, bien connue des fidèles lecteurs de ce blog.

Samedi 8 août à 21h, Dan Tepfer en trio, pianiste bien connu des lecteurs assidus de ce blog.

Jeudi 13, vendredi 14 et samedi 15 août à 21h, le quartet de Giovanni Mirabassi, pianiste italien de Paris. Epoux, pères, cachez vos épouses et vos filles! Giovanni Mirabassi est en ville.

Mardi 18 et mercredi 19 août à 21h: le quartet composé de Wayne Escoffery, Ugonna Ogekwo, Daryl Hall et Ricky Peterson, la fine fleur new yorkaise.

Mercredi 26 août à 21h: Alain Jean-Marie, Bebop trio. Révisez vos classiques avec un Maître du piano.

Vendredi 28 et samedi 29 août à 21h: René Urtreger Trio. La rentrée approche. Continuez à réviser vos classiques avec un Maître du piano.

Au Duc des Lombards

Festival Go South, festival des musiques épicées

Mercredi 4 août à 19h30 et 21h30 le quartet d'Irving Acao. Chaud, Acao!

Jeudi 6, vendredi 7 août à 19h30 et 21h30: David Sanchez " Bamboula! ".

Lundi 17, mardi 18 et mercredi 19 août à 19h30 et 21h30: un Power quartet composé de Bireli Lagrène (guitare), Antonio Farao (piano), Eddie Gomez (contrebasse) et Lennie White (batterie). Chaud devant!

Mardi 25 et mercredi 26 août à 19h30 et 21h30: carte blanche à Cheikh Tidiane Seck (batterie). L'Afrique, c'est chic.

L'été, le Jazz s'épanouit le long des rivages. Après le Léman, la Méditerranée et l'Atlantique en juillet, rendez-vous en août sur les côtes de la Manche, en Normandie, dans la baie du Mont Saint Michel, avec le festival Jazz en Baie du mercredi 5 au dimanche 16 août 2015. Parmi les nombreux films et concerts au programme, je vous recommande le projet " My Chet, My Song " de Riccardo del Fra (contrebasse) en hommage à Chet Baker le dimanche 9 août à 18h30.

Eddy Louiss est mort le 30 juin 2015. Sa Multicolor Feeling Fanfare, mêlant musiciens professionnels et amateurs, pouvant compter jusqu'à 70 musiciens, n'enchantera plus nos étés. Au Paris Jazz Festival, en 2011, j'étais au concert dont est extrait la vidéo suivante. Ce n'est pas moi qui ai filmé. Assez parlé. Dansons maintenant!

La photographie de Daryl Hall est l'oeuvre du Phénoménal Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Daryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

Daryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

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Tom Harrell Trip de passage au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Tom Harrell Trip

Paris. Le Duc des Lombards.

Samedi 18 juillet 2015. 21h30.

Tom Harrell : trompette, bugle

Mark Turner: saxophone tenor

Ugonna Okegwo: contrebasse

Adam Cruz: batterie

Cet article est dédié à Philippe Lançon, journaliste et écrivain, survivant de la tuerie du 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo à Paris.

C’est avec Philippe Lançon que j’avais été écouter en 2013 le Tom Harrell Quintet à Paris au Duc des Lombards et c’est lui aussi qui écrivit, pour ce blog, la chronique d’un concert du Tom Harrell Trip à New York, au Village Vanguard.

Tom Harrell est toujours visiblement malade (schizophrénie paranoïde) mais il joue. Ils commencent avec un standard, « Caravan » (Juan Tizol). Sans piano mais avec le swing orientaliste propre à ce morceau. Trompette. Solo de Mark Turner. Techniquement, c’est impeccable mais, comme dit le président Jacques Chirac, « Ca m’en touche une sans me bouger l’autre ». Tom Harrell, en solo, joue moins de note mais chacune pèse son poids d’émotion. Derrière, la rythmique le porte sans faillir. Tom Harrell joue face au public, la trompette vers le bas, bref, à moitié comme Miles Davis. Beau solo de batterie sur les tambours. Roulez, jeunesse !

Un long silence puis le quartet démarre groupé. Suit aussitôt un solo de batterie là encore centré sur des roulements de tambour. Un peu long et démonstratif à mon goût. Le quartet repart sur un thème plutôt funky. Solo de bugle. Tout en douceur, en velouté mais avec un son déformé par cette invention diabolique, le microphone. Solo de contrebasse. Ca chante gravement, souplement. Je hoche la tête de satisfaction. Après un retour du quartet, nouveau solo de contrebasse, sans accompagnement du batteur cette fois. Silence dans la salle. Nous écoutons.

En fait, ils enchaînent les morceaux sans pause. Les spectateurs n’applaudissent que les soli ne sachant quand cela commence et où cela finit. En tout cas, cela reste subtilement funky. Le son d’ensemble est impeccable. Le solo de Mark Turner me fait toujours autant d’effet, i.e très peu. Heureusement, dès que Tom Harrell joue, l’émotion est de retour.

Ca repart sur un tempo funky. Je ne reconnais aucun morceau mais ça caresse bien les tympans. Dialogue trompette/sax entre émotion et démonstration. La musique serpente, vive et mordante. Après le standard d’ouverture, une sorte de suite orchestrale jusqu’ici.

Le quartet repart sur un tempo très funky. Le beat est bien présent. Vol méditatif des cuivres au dessus de cette pulsation. Mark Turner aimerait groover mais il suffit d’imaginer Sonny Rollins à sa place, même à 85 ans, pour savoir que ce n’est pas le cas. Solo de batterie, toujours basé sur les roulements de tambour. C’est le truc d’Adam Cruz. Il maîtrise. Il y ajoute un peu de cymbales tout de même. La contrebasse relance, simple et funky.

Bugle. Duo avec la contrebasse pour un standard dont le titre m’échappe. Je suis Ugonna Ogekwo pas à pas, dans la progression de sa pensée. Tom Harrell s’est tu après avoir lancé le thème. Deux gars viennent d’entrer et repartent aussitôt. La musique doit être trop subtile pour eux. Retour du duo bugle/contrebasse. Ils pourraient faire un album entier à eux deux. Ugonna Okegwo vérifie les préjugés: il est funky comme un NIgérian (son père) et précis comme une Allemande (sa mère). Je reconnais enfin « Laura » la chanson titre du chef d’œuvre d’Otto Preminger (1944). Cette chanson et ce film sont immortels.

Retour du quartet pour un morceau funky. Un solo de Tom Harrell, c’est abstrait mais c’est touchant. Du hard bop, style Jazz Messengers mais blanchi et adouci.

A ma droite, se trouvait une jeune fille très sage et très concentrée. Elle prenait des notes sur la « Sociologie de la prison » (Oeuvre de Philippe Combessie, professeur à l’université de Paris X. Paris, La Découverte, collection Repères, 2009). La musique ne l’a pas perturbé. A ma gauche, deux jeunes batteurs incapables d’écouter la musique sans s’agiter et renverser leurs verres de bière. Sur eux, heureusement pour moi.

La photographie de Tom Harrell est l'oeuvre du Subtil Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utiisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Tom Harrell Trip de passage au Duc des Lombards

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Harold Mabern Trio, Maître du Swing, au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Harold Mabern Trio

American Jazz Festiv'Halles

Paris. Le Sunside.

Jeudi 2 juillet 2015. 21h.

Harold Mabern: piano

Fabien Marcoz: contrebasse

Joe Farnsworth: batterie

La salle est quasiment vide. J'espère qu'il y eut plus de monde le vendredi 3 et le samedi 4 juillet. Nous parlons ici du pianiste favori de Lee Morgan, de l'accompagnateur de Sonny Rollins, Miles Davis, Grant Green, Hank Mobley, Wes Montgomery, tout de même! Harold Mabern est une page vivante de l'histoire du Jazz.

Gros son. Le piano augmente de volume sous les doigts d'Harold Mabern. Contrebassiste et batteur sont à la hauteur de cette puissance. Nom de Zeus, ça swingue! Ce n'est pas un jeune minet qui se la joue mais un vieux matou qui joue. Cela s'entend tout de suite qu'il a secondé des Géants du Jazz. Quel feeling! Il respire le Blues. " I am a Blues pianist who understands Jazz " (Harold Mabern). Joe Farnsworth ne lâche rien aux baguettes. Le bassiste marque le tempo, tranquille au milieu de ces deux boxeurs poids lourds. Le piano fume comme un taureau de combat. C'est funky en diable! Ca relance sans cesse avec des soli de contrebasse et des breaks de batterie. C'était un standard " Alone together ". Quelle version survitaminée!

Solo de piano en intro. Du Blues, du Blues, du Blues comme le chante Michel Jonasz. " All Blues " (Miles Davis). Batteur aux balais. Le thème est traité, façon blues de dancing. Ca le fait. Ca balance, saperlipopette! Le batteur est repassé aux baguettes, sec, vif, précis. C'est puissant comme la Mer. Solo de contrebasse. Le piano aboie dans l'aigu. Le batteur est repassé aux balais tout en douceur mais le trio repart avec les baguettes.

Piano solo. Une sorte de ballade mais ça reste énergique. Petite citation du " Jésus que ma joie demeure " de Jean Sébastien Bach. Le trio enchaîne sur un standard dont le titre m'échappe. Ca vogue comme un bateau sur le Mississipi: trop solide pour naviguer, trop liquide pour marcher mais ça avance tout de même. Petite citation de La Marseillaise pour finir.

Ca vrombit dès le départ. Baguettes. Encore un standard dont le titre m'échappe. Solo du batteur qui, manifestement, préfère les tambours aux cymbales. " Salt Peanuts " de Dizzy Gillespie pour introduire et conclure le solo de batterie.

Un morceau dédié aux Jazz Messengers d’Art Blakey. Ca swingue funky, soul, bref noir américain. L’art de faire fumer le piano n’est pas perdu. Harold Mabern est né en 1936. Heureusement, il enseigne. Ecouter cette musique, c’est comme manger une pêche mûre à point. C’est le premier concert de Fabien Marcoz au sein de ce trio. Il a tout de suite trouvé sa place à la contrebasse, rebondissant à souhait.

Un petit air swinguant aux balais. Ca, ça vient du trio mythique d’Ahmad Jamal avec Israel Crosby et Vernell Fournier.

PAUSE

Le trio repart fermement. Chaque note jouée par Harold Mabern est gorgée de Blues. Cette composition est dédiée au trompettiste Lee Morgan qu’Harold Mabern accompagna jusqu’à sa mort brutale en 1972 (assassiné par une femme jalouse sous les yeux d'Harold Mabern).

« A child is born » (Thad Jones). Grosse attaque en piano solo. Puissant et émouvant. Batteur aux balais.

Baguettes. Ca envoie, nom de Zeus ! Nous sommes submergés par des vagues de musique. Si jamais j’arrive un jour à l’âge d’Harold Mabern (79 ans), j’espère bénéficier de la même énergie vitale. C’était du Mac Coy Tyner.

Un hommage à Ahmad Jamal, 85 ans le 2 juillet 2015.

Un bon vieux boogie woogie en piano solo. Le batteur nous fait battre la mesure des mains.

« Afro Blue » (Mongo Santamaria), titre éponyme du dernier album d’Harold Mabern. Ca envoie terrible. Il devrait y avoir plein de pianistes dans la salle venus découvrir ce qu’est le piano Jazz, celui qui raconte une histoire, celle du peuple noir américain. Il y eut des séances de rattrapage vendredi 3 et samedi 4 juillet. J’espère qu’ils furent présents.

PAUSE

J’étais fatigué par la journée de travail et la canicule. Je suis donc rentré chez moi après le 2e set. Mesdemoiselles A et W, venues de Pologne pour ce concert, sont restées jusqu’à la fin du 3e set. Jeu, set et match pour ce double dames.

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Cosmo Jazz Festival à Chamonix Mont Blanc (74) du 25 juillet au 2 août 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Cosmo Jazz Festival

Chamonix Mont Blanc, Haute-Savoie, Rhône-Alpes, France

du samedi 25 juillet au dimanche 2 août 2015

Lectrices alpinistes, lecteurs randonneurs, retrouvez vous dans les Alpes pour le Cosmo Jazz Festival du samedi 25 juillet au dimanche 2 août 2015 à Chamonix Mont Blanc et dans la vallée du Trient.

Au programme, le concert Jam chaque soir à 21h animé par le quartet composé de Malcom Braff (piano), Christophe Wallemme (contrebasse), Stéphane Huchard (batterie) et Hervé Gourdikian (saxophone ténor et duduk), des apéros Jazz à 16h et des concerts en altitude, sur les alpages en matinée et l'après-midi (en cas de mauvais temps, concerts reportés au Majestic à Chamonix).

A noter le dimanche 2 août 2015 à 11h, à la Tour Charamillon, le concert de piano solo de Dan Tepfer basé sur les Variations Goldberg de Jean Sébastien Bach, projet bien connu des fidèles lecteurs de ce blog.

Programmation assurée par André Manoukian, régional de l'étape, comme disent les bicyclistes.

Les concerts sont gratuits. Il est vivement conseillé de réserver votre place. L'accès aux remontées mécaniques est payant. Si vous êtes aussi sportifs qu'impécunieux, lectrices alpinistes, lecteurs randonneurs, vous pouvez monter et descendre à pied au concert.

Comme pour toute activité en montagne l'été, l'accès à ces concerts suppose des spectateurs, spécialement pour les enfants et les personnes âgées, le respect de consignes de sécurité élémentaires: port de vêtements et de chaussures adaptés, gourde remplie d'eau, crème solaire, casquette. Comme dit un vieux proverbe irlandais: " There is no such thing as bad weather. Only bad clothes " (Il n'y a pas de mauvais temps. Seulement des mauvais vêtements).

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