Alain Jean Marie " Gwadarama "

Publié le par Guillaume Lagrée

Alain Jean Marie «  Gwadarama ».

Mosaic Music. Région Guadeloupe. 2010.

 

Alain Jean Marie : piano

Marcel « Nano » Falla : guitare basse électrique

Raymond Grego : batterie

Roger Raspail : Ka et petites percussions

 

 

Né en 1945 à Pointe à Pitre (Guadeloupe),  Alain Jean Marie a toujours eu deux amours, comme Joséphine Baker: la biguine et le jazz. Avec cet album, il passe au stade supérieur, visitant 50 ans de musiques guadeloupéennes. C’est une sorte de guide touristique musical mais adressé aux esprits curieux, désireux de sortir des sentiers battus et balisés.

 

L’adjonction des percussions dont le Ka, le grand tambour emblématique de la Guadeloupe , ancre cette musique dans la terre natale. L’ancre n’empêche pas le bateau de voguer, de voler, bien au contraire. Roger Raspail possède déjà un boulevard à son nom à Paris. C’est dire si son talent est reconnu.

 

Alain Jean Marie et ses hommes nous emmènent dans un voyage initiatique et métis, aux deux sens du terme (latin et grec).

Si, comme moi, vous ne lisez pas le créole des Antilles, vous ne comprendrez pas les titres. Peu importe, vous comprendrez la musique. La joie de jouer se mêle à la nostalgie du pays natal.

 

Alain Jean Marie ne signe que deux compositions dont une superbe ballade en hommage à son épouse, la chanteuse Morena Fattorini, Morena’s Reveries. Il imprime sa griffe sur tout l’album que ce soit sur un air traditionnel (Tijan) , sur un zouk de Kassav (Zouk La) ou sur le Blues For de Roger Raspail dont l’air me donne l’air idiot tant il me ravit.

 

Trop dansant diront les mélomanes coincés, trop complexe diront les danseurs obtus. Tant pis pour eux. Comme la musique de Duke Ellington, celle d’Alain Jean Marie est faite pour les danseurs amoureux, les dames sophistiquées et les épouses tatouées. Si vous pensez ne pas faire partie de ces groupes sociaux, il vous suffit de vous laisser captiver par cette musique pour y entrer.

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