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Dans ma rue John Coltrane jouait Naima

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Tour Eiffel

 

 

 

 

 

De ma rue, on voit la Tour Eiffel photographiée ici par le Citadin  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 juillet, vers 1h du matin, en rentrant du concert de  Christophe Marguet, j'ai pu vérifier que j'avais choisi la bonne rue pour vivre dedans Paris, ville jolie.

 

Dans la rue précédant la mienne, j'entends sortir d'une fenêtre la clameur d'un groupe de jeunes bipèdes s'esbaudissant sur une chanson " Simple et Funky ". Abomination de la désolation!

 

Dans ma rue, de chez moi, ouvrant la fenêtre, j'entends Naima par John Coltrane. Juste le temps de saluer la Lune. Je ne suis pas le seul abonné au Jazz et à l'électricité dans ma rue. Satisfaction de la délectation.

Au festival international de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins, le 26 juillet 1965 (et non pas le 23 octobre comme l'indique à tort l'INA), le quartet de John Coltrane jouait Naima. Merci à Jean-Christophe Averty de l'avoir filmé. 

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Gloire au Victorieux Médéric Collignon!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

 

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La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre du Délicieux  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Médéric Collignon est l'Artiste de l'an 2010 aux Victoires du Jazz.

 

Bien fait pour lui! Il n'a que ce qu'il mérite!

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Michel Portal et le No Jazz Quartet closent en beauté les Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Festival des Arènes du Jazz.

Dimanche 25 juillet 2010. 21h.


Michel Portal : saxophone soprano, clarinette basse

Louis Sclavis : saxophone soprano, clarinette basse

Jean Paul Céléa : fausse contrebasse

Daniel Humair : batterie

 

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La photographie de Michel Portal est l'oeuvre du Délicat Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Jean Paul Céléa a une fausse contrebasse électrifiée en plastique noir. Beurk ! Le petit garçon photographe d’hier soir est revenu avec son appareil photo. Les rideaux viennent de se fermer chez la demoiselle. A priori, le prince charmant est arrivé. Deux clarinettes basse. Michel Portal souffle. Louis Sclavis joue des percussions avec ses clefs. Humair déménage tout de suite. Gros son de la fausse contrebasse électrifiée mais il manque l’aspect boisé d’une vraie. Les clarinettes basse soufflent ensemble. Beau chant/contrechant, grave pour Sclavis, aigu pour Portal. Valsez baguettes, tournez tambours, sonnez cymbales sous les mains et les pieds de Daniel Humair. Le colosse helvète barbu travaille ses cymbales aux baguettes pendant le solo de fausse contrebasse. Belle montée du quartet avec les clarinettes synchrones. Humair peint ses tambours avec ses balais. Fin à bloc en citant « Do do l'enfant do » connu chez les Jazzmen sous le prénom de « Jean Pierre » (Miles Davis).


Portal attaque au sax soprano. C'est aigre, désagréable. Les cordes de la fausse contrebasse s'essuient pendant le concert avec un chiffon doux mais je ne sais pas avec quel produit. Désolé. Après quelques suraigus agaçants de Portal, la clarinette basse de Sclavis vient mettre du liant dans le jeu. Humair surveille du coin de l'oeil puis laisse aller. La fausse contrebasse n'est belle ni à voir ni à écouter. Ca ne sonne pas funky comme une guitare basse électrique et ça n'a pas la majesté du son d'une contrebasse. Au tour de Sclavis de faire grogner la clar basse. Qu'a t-elle donc fait pour être ainsi martyrisée? Retour au thème tout en douceur, clarinette basse et sax soprano. La rythmique vient s'ajouter en profondeur. Beau final énergique.


Démarrage en duo fausse contrebasse/batterie. Daniel Humair est toujours scintillant de beauté. Dommage que Céléa ne nous fasse pas profiter de son talent de contrebassiste. Retour des deux clarinettes basse. C'est vif, pêchu. Portal fait beaucoup de signes. Il est dedans. Sclavis joue droit alors que Portal se balance, danse presque. En solo aussi, Portal danse. Sclavis le rejoint avec le sax soprano. Portal introduit un autre thème. Sclavis croyait se remettre à la clarinette basse. Et non, il joue du soprano! Même assis, en écoutant Sclavis, Portal danse. Il revient avec sa clarinette basse. Thème plutôt dansant, puissant. Ca swingue. Solo de Daniel Humair. Il entame d'abord sur les cymbales puis enchaîne avec les tambours. Ca virevolte. Les baguettes se transforment en lanières de cuir. Le quartet repart tranquille.


Deux clarinettes basse. Humair fait de beaux roulements aux maillets qui s'arrêtent en même temps que les clarinettes. Echange de plaintes entre les clarinettes.


Humair en solo lâche les chevaux. C'est bon, ça! Portal et Sclavis se mettent au bord de la scène, jouant face à face, clarinette contre clarinette, sans micro. Puis face à nous, tous deux vêtus de noir (pantalon et chemise). Portal est le plus expressif mais c'est un beau numéro. Derrière, Humair soutient. Les souffleurs reviennent derrière leurs micros puis se déchaînent. Sclavis grogne en même temps qu'il joue. Le Free Jazz n'est pas mort. Portal, lui, se déchaîne dans son anche. Ils s'amusent avec des bruitages idiots avec ou sans anche, avec ou sans clarinette basse. C'est un morceau ludique. Joli duo de clarinettes avec des fausses fins. Humair relance le thème.


« Tous les morceaux sont des compositions des membres du groupe. Voici le morceau suivant » annonce Daniel Humair. Michel Portal parle en espagnol, chante même en espagnol Mine de rien, il lance, en claquant des doigts, un rythme que reprennent la fausse contrebasse et la batterie. Les clarinettes basse reprennent leur danse. Ca tourne bien. Portal repasse au sax soprano. La musique devient aigüe, aigre, tendue. Au tour de Louis Sclavis de prendre la parole à la clarinette basse. Clarinette et sax pétaradent poussés par la rythmique. Au tour d'Humair de chantonner derrière sa batterie en accompagnant la fausse contrebasse. Portal et Sclavis se parlent. En pleine action, Humair lance « Si on vous le dérange, vous nous le dites ». Daniel Humair tape sur sa tête avec une baguette avant de conclure. Ces musiciens sont décidément facétieux.


Première ballade du concert. Sclavis au soprano. Portal à la clarinette basse. C'est sombre et étrange voire même étrange et sombre. C'est dire. Une belle chanson commence à monter; La musique s'allège, s'élève. Joli friselis d'Humair parfaitement synchrone avec le son percutant de la clarinette basse. Dans les creux du jeu de Portal viennent se glisser les pleins du jeu de Sclavis.Ca pulse bien. Sclavis et Portal, côte à côte, jouent avec des claquements de langue qui répondent à la batterie. Ca c'est beau. Humair s'amuse même à casser une baguette et à taper avec. Et ça repart à bloc. « Sérieux, Jazz » annonce Humair qui part sur un swing classique. Les clarinettes dialoguent à qui mieux mieux. Beau face à face. Ils chantent « C'est fini. C'est bien fini » et le public leur répond « Non! ». « 3-4. Oui ça c'est fini. » disent -ils. Une dernière claque d'Humair et c'est fini.


RAPPEL


« En hommage à Mme Bettencourt qui n'a pas financé ce concert. Pourquoi n'a t-elle pas financé ce concert? » demande Daniel Humair. Duo de saxs sopranos. Après l'intro, Humair lance une sorte de marche militaire avec roulements de tambours. Les saxos eux, s'envolent, légers, libres comme l'air. Solo de Portal. De son côté, à l'écart de la scène, Sclavis s'amuse à tapoter le pavillon de son instrument de la main droite. Maître Humair nous démontre quelques uns de ses tours de batterie. Les saxs reprennent leur mélopée et Humair sa marche. Beau final groupé qui s'éteint.

Un seul regret sur ce concert. Michel Portal n'avait pas emmené son bandonéon. En compensation,voici un moment magique entre Bernard Lubat (accordéon) et Michel Portal (bandonéon) dans l'Estaminet d'Uzeste en Gascogne, fin décembre 2005.

En conclusion, comme disent les Francs Comtois, j'ai eu meilleur temps de venir aux Arènes du Jazz, pardi! Cadre enchanteur, accueil sympathique (même le vigile est poli!), programmation variée et solide, pas de déception voire même de bonnes surprises comme  Thomas Savy, une organisation sans faille (même la pluie était prévue et organisée). Puissent les Dieux nous offrir une édition 2011 des Arènes du jazz à Montmartre aussi passionnante que celle de 2010,

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Christophe Marguet entre en résistance poétique aux Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Montmartre. Festival des Arènes du Jazz.

Samedi 24 juillet 2010. 21h.

 

Christophe Marguet Quartet. " Résistance Poétique "

 

Christophe Marguet: batterie

Mauro Gargano: contrebasse

Bruno Angelini: piano

Sébastien Texier: saxophones, clarinettes

 

 

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La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Dynamique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Sauf indication contraire, les compositions sont de Christophe Marguet.

 

Ca ressemble bigrement à du  Henri Texier. II est vrai que Christophe Marguet est le batteur de M. Henri et qu'il emploie son fils Sébastien. En tout cas, c'est dans le même style ce qui est gage de qualité. Belle pulsation de la rythmique. Bruno est lancé. Sébastien déroule le thème puis passe au premier plan.Il joue une sorte de clarinette entre la clarinette et la clarinette basse. Le solo de clarinette s'arrête. Brunon installe une ambiance mystérieuse. La contrebasse vibre, la batterie ponctue légèrement. Pas de demoiselle à sa fenêtre ce soir. Elle ne doit aimer le Jazz que made in USA. Bruno prend la main tout doucement en travaillant le thème. Ca monte en puissance. Un peu trop car le batteur couvre la clarinette.

 

Sax alto. Un petit morceau vif. La rythmique est au travail. Ca swingue sévère. La fenêtre est ouverte mais il n'y a ni lumière, ni belle blonde. Déception. Pendant ce temps là, la rythmique s'agite, bruisse. bruno donne le signal du retour au calme. Ils changent tout. Duo agité sax alto/batterie. Le batteur pousse si fort que le saxophoniste n'a plus qu'à poursuivre sur sa lancée. La contrebasse vient ajouter une vibration qui s'ancre dans le ventre. Citation d'Ornette Coleman au sax. Retour au calme avec un duo contrebasse/batterie aux balais. Ca ressemble bien à un thème Ornettologique. C'étaient deux compositions de Christophe Marguet " Two hands for eternity " en hommage au pianiste Mac Coy Tyner puis " Ohona ".

 

" Les Paradis ". Sax soprano. Intro piano/contrebasse douce, élégiaque. Ces paradis sont-ils perdus ou retrouvés? Sax soprano tout en douceur lui aussi. Le batteur vient s'ajouter, tricoter aux balais. Il tapote les tambours de ses mains pour ajouter encore plus de douceur, de chaleur. Bruno mène la danse superbement soutenu par contrebasse et batterie. Christophe joue vite et ferme aux balais.Sébastien est passé à la clarinette. Le public est très attentif ce soir. Il n'applaudit pas les soli. Il écoute. Tiens, ça sonne comme la douleur de la rupture. C'est très beau. Je peux pas mieux dire. C'est très beau.

 

Réveil en fanfare. La batterie est attaquée à pleines baguettes. Les 3 autres laissent le leader faire son show chaud. La batterie résiste aux assauts. Elle ne s'écroule pas. Elle sonne et elle tonne. Du calme, la contrebasse arrive. Bruno s'ajoute et la rythmique déploie ses ailes. Le sax alto vient voler avec eux. Ca crie, ça s'énerve mais avec lyrisme. Le thème se poursuit mezza voce. Avec moins d'effets, ils touchent plus. Decrescendo final jusqu'au silence.

 

Mauro fait gémir la contrebasse sous l'archet. dialogue tout en finesse avec le piano. Malheureusement, au loin, quelques voitures et surtout les mauvais musiciens de la butte Montmartre viennent troubler notre dégustation sonore. Mauro lâche l'archet, fait vibrer, gronder la grand-mère sous ses doigts.Bruno distille les notes comme un " nez " les essences chez un parfumeur de Grâce. Belle conversation intimiste, presque trop pour le cadre. A nous de faire abstraction des quelques nuisances sonores environnantes. C'est un exercice spirituel auquel nous sommes conviés. Solo de piano cristallin. Quoiqu'appliqué sur sa partition, Bruno Angelini est léger comme son nom. Retour de la rythmique avec les balais sur la batterie. Pas d'applaudissement. Le public reste concentré sur la musique. Le sax alto vient ajouter sa touche d'acidité à ce coquetèle enivrant. Les Arènes de Montmartre sont entourées d'arbres qui forment un chapiteau vert aux bords. Cela ajoute au charme, à l'intimité du lieu. La rythmique déménage mais toujours avec lyrisme. Si c'est pas la classe, ça? Final tout en douceur à quatre. C'était " Deep Soul " suivi de " Il est là " puis " What a glorious day ".

 

" Enfin ". Enfin, Christophe Marguet avait réussi à écrire un morceau sur tempo rapide. D'où le titre. En effet, le tempo est rapide. Le sax alto semble même dire " enfin " à la fin de sa phrase.Un petit garçon de 7-8 ans prend des photographies. Un nouvel abonné au Jazz et à l'électricité. Duo batterie/sax alto assez Free Jazz dans l'esprit. Le quartette repart à fond les manettes. Au tour de la rythmique de décoller. Puis, Bruno, seui aux commandes du piano, fait vibrer mediums et graves. Il se déchaîne, parcourant à grandes enjambées toute la largeur du clavier. La rythmique redémarre tranquillement, impulsée par la contrebasse. Solo de batterie. Le chef se fait et nous fait plaisir. Le quartet repart sur le thème, rapide en effet.

 

Très beau thème qui balance doucement. Sax alto. Ca donne envie de valser avec une princesse ou un prince, selon le point de vue. Dieux, quelle élégance dans ce thème! Ca donne envie de siffler, chanter, danser. Ca élève le coeur et l'âme. Le sax alto vient se briser, crier sur la rythmique, sonnant presque comme un ténor. Après une séance bien agitée de la rythmique, retour au thème piano/contrebasse. Ca touche juste au coeur et à l'âme, inquiétant et rassurant en même temps. Bruno joue le thème, Mauro improvise. L'inverse de l'habitude et c'est bon de bouleverser les habitudes. Retour au thème en quartette. Cette musique vient chercher vos émotions au fond de vous et vous projette hors de vous même. Quels beaux transports en commun! C'était " Itrane " (les étoiles en berbère).

 

" Petite Danse " pour finir. Duo percussions/sax alto. Ca sonne très oriental. Travail des tambours aux maillets, en dialogue avec le sax alto. La contrebasse vient ajouter sa pulsation sous la main droite passante de Mauro Gargano. Elle est bien jolie cette petite danse. Bruno danse sur son tabouret, attendant son tour. Sébastien s'efface. A Bruno de jouer. Ce soir, des nuages mais pas de pluie. Quel plaisir d'écouter de la bonne musique en plein air, au sec! Christophe a repris ses baguettes. La rythmique est lancée comme une belle voiture de sport, rosso vivace. Le sax alto revient sur le devant de la scène. Fin avec le thème decrescendo. Doux et gentil.

 

RAPPEL

 

Il est 22h45. Personne ne se plaint de tapage nocturne semble t-il. La musique continue. Un morceau swinguant, toujours au sax alto. Sébastien Texier s'est tellement lâché qu'il en a enlevé ses lunettes de jeune homme sage.

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Le rétiaire Thomas Savy triomphe aux Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Montmartre. Festival des Arènes du Jazz.

Vendredi 23 juillet 2010. 21h.

 

Thomas Savy: clarinette basse

Stéphane Kerecki:  contrebasse

Fabrice Moreau: batterie

 

Ce soir le trio joue le répertoire de l'album " French Suite " enregistré par Thomas Savy à New York avec Scott Colley (contrebasse) et Bill Stewart (batterie). Sauf indication contraire, les compositions sont de Thomas Savy.

 

Thomas Savy est bien un spécialiste de la clarinette basse. Cela s'entend dès les premières notes de son solo introductif. Fabrice et Stéphane ont la partition sous les yeux. Pas le leader. Normal, c'est lui le compositeur. Pas de lumière chez la demoiselle ce soir. Elle a dû en avoir assez du Jazz et s'enfuir chez le prince charmant. Très beau duo contrebasse/batterie. Fabrice fait rouler les maillets sur les tambours. Stéphane joue tranquille. Ils racontent une histoire douce soudain brisée par le miaulement de la clarinette. Fabrice est reparti aux baguettes. Ca accélère, vibre à pleins poumons. Il pleuvait à 20h30. Il est 21h10 et le ciel est bleu pâle, la couleur d'avant le crépuscule. Les Dieux protègent les Arènes du Jazz. Belle course groupée à trois. Thomas fait sonner sa clarinette dans le registre auigu, aigre de l'instrument. C'était " Ouverture " puis " Ignition ". Ca chauffait en effet.

 

" Atlantique Nord ". Démarrage par un solo de batterie aux balais. La contrebasse s'ajoute. Ca sonne assez vif, sombre comme un soir où la tempête menace. Ca sent la mer, le vent. Les goélands filent en planant. Les cargos sont bien arrimés. Ces jeunes gens sont des virtuoses, c'est évident. Toutefois, ils font passer de l'émotion, des sensations. La contrebasse creuse des vagues, la batterie les casse (Fabrice Moreau utilise aussi des percussions sur sa batterie pour y ajouter des sons inouïs). La clarinette passe comme un voilier léger mais sûr sur la crête des vagues. Une accalmie dans le gros temps et c'est le retour au thème.

 

Démarrage en solo de clarinette. Fabrice s'amuse avec les rebords métalliques de ses tambours. Jeu de bruitage entre batterie et clarinette. La contrebasse maintient l'assise de l'ensemble. La musique se lance vive, légère, mais avec la gravityé liée aux deux basses. Par respect pour le voisinage, les concerts ont lieu à des horaires stricts. Démarrage à 21h précises, fin à 22h30 dernière limite. C'est appréciable pour les couche-tôt ou pour les parents qui veulent emmener leurs enfants au concert surtout après l'atelier Jazz du jour.

 

Bon enchaînement. Les compositions ne sont pas d'égale valeur. " Atlantique Nord " est  au dessus du lot jusqu'ici, à mon goût. Solo de batterie de Fabrice Moreau. Cet homme a vraiment un son, un style ce qui est rare sur cet instrument. Il ne frappe pas pour faire avouer, il stimule pour faire parler, chanter. Dans le feu de l'action, il fait tomber une cymbale posée sur un tambour. Duo batterie/clarinette; Ca travaille au corps. La contrebasse vient ajouter sa pulsation. Une petite pluie arrive pour nous rafraîchir le teint. La rythmique tourne à plein régime, la clarinette fend le ciel. Leur prière chamanique fonctionne. Il pleut. Superbes breaks de batterie qui relancent idéalement le leader. Dialogue contrebasse/batterie puis batterie:clarinette.

 

Des spectateurs se lèvent pour aller chercher leur poncho. C'est le bazar mais la musique continue. Beau morceau qui serpente, s'étire voluptueusement. Tout le monde se couvre de ponchos. La scène est à filmer. La musique se déroule, belle, chaude. Elle est à l'opposé du climat: douce, chaude, sèche. Fabrice fait des tours de magie sonore avec ses maillets. Dans l'ambiance, cela rappelle " Caravan " de Duke Ellington. Le thème est pourtant bien personnel, contemporain. Après la traversée de l'Atlantique Nord, celle du Sahara. Le groupe reste bien soudé. Normal pour traverser le désert. La contrebasse ne dévie pas, le batteur pousse et la clarinette déchire tout sur son passage. Par souci esthétique, la direction du festival des Arènes du Jazz nous a fourni des ponchos jaunes pour le concert de Martial Solal, des ponchos gris transparent ce soir. Quel raffinement! Beau decrescendo qui permet à la contrebasse de prendre toute sa place. C'était " Stones " composé en hommage aux Pierres Noires qui marquent l'entrée de l'archipel des Glénan en Bretagne. D'après Thomas Savy, le bruit des ponchos dans lesquels se glissent les spectateurs ressemble à celui de la Mer contre le bateau en arrivant aux Glenan.

 

" Come Sunday ", un morceau de musique sacrée composé par le Duc d'Ellington. Thème très beau, très pur. Ca roule tranquille. Fabrice est aux balais. Il reprend les baguettes. Ca roule toujours. Dimanche peut venir en paix. La pluie a cessé. Après un beau dialogue basse/batterie, le trio est reparti, suave, élégant, raffiné bref ellingtonien jusqu'au bout des ongles.

 

" La ballade de Steve Potts ", morceau composé en hommage à un saxophoniste soprano américain installé à Paris depuis fort longtemps. Son nom? Steve Potts. Etonnant, non? Mon premier concert dans un club de Jazz parisien, c'était en l'an deux mille  après Jesus Christ: Steve Potts avec Hal SInger (saxophone ténor) aux 7 Lézards club aujourd'hui disparu. Quelle claque! Je m'en souviens encore. Morceau heurté, haché, bref à la mode Steve Potts, le meilleur disciple de Steve Lacy, lui aussi voué religieusement au saxophone soprano. Pendant que Fabrice marque le tempo, Stéphane travaille au corps sa contrebasse. Ca cause ferme entre ces deux là. Très joli son obtenu en fouettant les cordes d'un passement de mains. Le solo de contrebasse remue le ventre et chasse les nuages. Le trio repart à bloc. Pour saluer, même dans la révérence au public, ils restent groupés, soudés.


RAPPEL

 

" Lonnie's Lament " (John Coltrane). Ces jeunes gens sont très bien élevés. Cela se voit et s'entend dans leur façon de se présenter au public. Ballade somptueuse de John Coltrane. Fabrice est aux balais. La clarinette monte, descend, se déploie en douceur. Stéphane pose les bases de toute cette beauté. La musique s'énerve, grogne. Fabrice a repris les baguettes et martèle bien. Retour au calme d'un souffle pur.

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Norma Winstone en chante les Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Montmartre. Festival des Arènes du Jazz.

Jeudi 22 juillet 2010. 21h.

 

Norma Winstone: chant

Glauco Venier: piano

Klaus Gesing: saxophone soprano, clarinette basse

 

Ce soir, pas de pluie mais un peu de vent qui chasse les nuages pommelés. Les vocalises de Norma s'harmonisent avec le vent. A l'évidence, cette dame a beaucoup marqué  le chanteur français Thierry Péala. C'est sa maîtresse spirituelle. La clarinette basse vient ajouter du rythme par les claquements de langue, les grognements. C'est une musique qui respire la Nature. Nous sommes à Paris mais entourés d'arbres qui se balancent doucement sous le vent. très belle maîtrise du micro qui permet à Norma d'étirer les mots. Dialogue piano/clarinette basse. Le piano est travaillé aux cordes. Le piano devient liquide, la clarinette souple. Norma chante la samba de la libellule. C'est dire si cette musique est élégante. C'est une sorte de berceuse, pure et raffinée. La lumière est allumée à la fenêtre. La belle blonde est de retour. Norma est Anglaise. Cela s'entend dans son accent et sa diction, très purs. Un(e) imbécile fait tinter son téléphone portable. On a pendu haut et court pour moins que ça. Les chansons s'enchaînent sans temps d'arrêt. Personne n'applaudit. Tout le monde écoute. Saxophone soprano. Le conte se déroule. Norma et ses hommes nous captivent. Belle montée en parallèlevoix/saxophone. La demoiselle n'a pas l'air d'apprécier Norma Winstone. La fenêtre s'est refermée. Tant pis pour elle. Beau dilaogue piano/soprano. Ca vole, grogne. Ca s'explique joyeusement. Premiers applaudissements mérités pour le saxophoniste. Fin de la première séance après 20mn d'après ma montre, beaucoup moins d'après mes impressions. C'était " Rush " (Klaus Gesing) puis un air traditionnel arménien puis je ne sais pas quoi.

 

Ensuite, si j'ai bien compris, ils ont joué des morceaux du prochain album (sortie prévue en août 2010 chez ECM). Norma et ses hommes sont très contents d'être à Paris. Ca tombe bien. Nous aussi. Surtout pour les écouter. Une ballade. Cela ressemble à une chanson d'amour mais nettement plus subtile que la moyenne. Duo piano/voix. Une femme regrette un amour perdu. Solo de piano romantissimo. La clarinette basse vient s'ajouter soufflant en arrière plan. Norma se tait. La clarinette basse hausse le ton tout en douceur. Le pianiste joue des percussions dans ses cordes. Ca africanise. Norma ajoute un joli scat très fin, très précis. Enchaînement sur une chanson plus rythmée, plus joyeuse. le pianiste s'est remis à son clavier. Ca pète bien entre clarinette et piano. Quelques gouttes de pluie viennent troubler ontre quiétude. Glauco Venier est originaire d'Udine, capitale du Frioul, au Nord Est de l'Italie entre la Vénétie, l'Autriche, la Slovénie et la Mer Adriatique. Il a harmonisé une chanson traditionnelle frioulane. Norma en a fait une histoire de sirène.

 

Chanson de Klaus Gesing sur Sisyphe. Beau son profond de la clarinette basse. Sisyphe est devenu bien mélancolique. Serait-il lassé de pousser son rocher? Fausse alerte. Après quelques gouttes, la pluie a cessé. Non, il se relève. " Slowly he rises " chante Norma.

 

Le pianiste attaque joyeusement dans le medium.Le sax soprano chantonne. Norma aussi. Les feuilles des arbres prennent une couleur mauve sous l'effet des projecteurs. Sûrement un hommage à Prince qui a sorti son nouvel album en France aujourd'hui. C'est la chanson du film " Macadam Cowboy " traitée façon Jazz contemporain. Superbe version d'une superbe chanson d'un superbe film. Joli dialogue piano/soprano. Là, je chantonne et je ne dois pas être le seul. Belle fusion voix/saxo stimulée par le piano.

 

Glauco nous joue une autre chanson inspirée du folklore frioulan. Avec le piano et la clarinette, comme dit Norma, " it sounds Jewish ". En effet, ça sonne klezmer. La dame à côté de moi a dû partir. Son compagnon n'aimait décidément pas la musique et était parti bien avant la fin du morceau précédent. Certes, il faut faire des sacrifices par amour mais un  homme qui vous oblige à quitter un concert de Norma Winstone est-il fréquentable? La question mérite d'être posée. La musique est partie dans une autre direction que le klezmer. Le Frioul Vénétie Julienne est proche de la Slovénie et de l'Autriche. Il n'est donc pas étonnant de trouver une influence klezmer dans sa musique traditionnelle.

 

Le piano enchaîne seul. Klaus reprend son soprano. La musique vibre légèrement comme le vent. Discrètement, Norma se place en arrière plan de la scène pour laisser dialoguer ses musiciens. L'échange est de haute volée. La musique s'agite, s'énerve, se libère. " Every song was a prayer ": telle est la prière finale de cette chanson.

 

Klaus attaque à la clarinette basse. Cette fois-ci, c'est au pianiste de s'effacer au fond de la scène. La clarinette brame comme un cerf au fond d'un bois. Puis le son s'adoucit. Klaus marque le tempo. L'éléphant marche, barrit. La chanson de Norma se mêle langoureusement au son de la clarinette basse. Une belle chanson d'amour. Retour du piano, du Blues. " I never saw the morning until I stayed up all night . I never heard the melody until I needed the song" chante Norma. Comme me l'a dit Mme G, bien connue des lecteurs de ce blog, " La séduction n'est pas une question d'âge. C'est une question d'attitude. " Norma Winstone sait et aime séduire séduire son public.

 

Le piano accélère le tempo. Sax soprano. Une chanson entraînante. La, la, la... Je vois une femme enceinte de 8 mois dans le public. Voilà un enfant qui commence son éducation musicale tôt et bien. La voix s'est faite instrument dans une fable sans paroles. Ca monte, ça monte.

 

RAPPEL

 

Un morceau de Klaus Gesing en hommage au Café Hauser à Vienne (Autriche). Dans ce café, il n'y a pas de musique sauf des concerts à titre exceptionnel. On peut y rester une journée avec un café et ce n'est pas cher. Bref, un endroit conseillé pour les esthètes impécunieux. Vu mon ignorance totale de la langue allemande, j'ai pu écorcher le nom de ce café. Pour plus de précisions, avant de chercher ce café dans tout Vienne lors de votre prochain séjour dans la capitale autrichienne, contactez Klaus Gesing. Il vit à Vienne. Il saura vous renseigner. Dans ce café donc, il vit un vieux couple danser lentement pendant un concert. Klaus a composé ce morceau en hommage à ce café, à cette ambiance. Clarinette basse tout en douceur, en volupté. La voix se prélasse. Le piano vient ajouter quelques notes distillées. Beau dialogue tranquille piano/clarinette.

 

Deuxième RAPPEL

 

" Song for England ". Les voisins profitent un peu plus longtemps du concert. S'en sont-ils plaints? Cette chanson a été écrite par un Antillais rendu fou par le climat londonien. Norma est Londonienne depuis sa naissance. C'est dire si elle connaît le sujet. Swing léger, antillais avec la clarinette basse. " So I understand the misery of the English man ". Le " Day-O " chanté par Norma me rappelle Harry Belafonte, grand popularisateur de la musique antillaise et africaine aux Etats Unis d'Amérique. Ca finit tout en douceur pour ne pas déranger les voisins. Je suppose que, comme nous, ils ont été enchantés par Norma Winstone et ses hommes.

 

En cadeau pour vous, distingués lecteurs, honorables lectrices, un extrait du concert de Norma Winstone aux Arènes du Jazz 2010.

 

 

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Récital Martial Solal aux Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Montmartre. Festival des Arènes du Jazz.

Mercredi 21 juillet 2010. 21h.

 

Martial Solal: piano

 

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La photographie de Martial Solal est l'oeuvre de l'Onirique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Martial s'échauffe, tâte le piano. Juste quelques secondes. Broderie fine dans les graves. Il y a sûrement un standard caché là dessous. Le jeu c'est de le trouver. Les doigts sont parfois presque à la verticale du clavier pour mieux remuer les touches. il allège et ca swingue. Le swing solalien si particulier, si personnel. Ce soir, la fenêtre est ouverte chez la demoiselle mais la lumière est éteinte. Elle doit être sortie. Malgré l'humidité ambiante (il a plu en ce début de soirée), le piano sonne bien. C'est un demi/queue de chez Steinway et fils pour les puristes. Parfois Martial sort un truc qui laisse bouche bée quelques secondes. Pas le temps de s'en remettre qu'il est déjà passé à autre chose. Martial Solal slalomeur du piano. Il semble que les nuages aient décidé de s'en aller pour protéger ce concert. C'était un standard peu joué. En la bémol. Je n'ai pas entendu le titre.

 

" Un standard enregistré 1300 fois. My funny Valentine ". Certes Maurice Chevalier a aussi chanté une Valentine mais ce n'était pas la même. Tempo assez rapide et joué dans le grave. Est ce rapide ou lent? Le temps se tord sous les doigts de Martial Solal. Il le lance, le rattrape, le retient. Nous sommes très loin de Chet Baker et même de Miles Davis. " Quand je ne sais pas, j'improvise " a dit Martial mais, même quand il sait, il improvise pour ne pas se répéter, s'ennuyer. C''est juste sidérant à voir et à écouter. Aucun effet pour accrocher, émouvoir l'auditeur. Par contre, une volonté constante de hausser le niveau de jeu comme disent les entraîneurs de tennis. A nous de suivre ou non. Ce soir, le public suit. Personne n'a chanté " My funny Valentine ". Il faut se nommer Solal Claudia pour chanter avec Solal Martial.

 

" Tea for two ". Le piano de bar ou de salon de thé devient surréalistissime. Le thème est bien là mais rajeuni, élargi, regonflé. La musique de Martial Solal écarte même les nuages. C'est mieux pour le confort du spectateur et le son du piano. Les doigts courent comme des araignées, des crabes sur le piano. Ils ne nous piquent pas mias nous touchent. Un petit air de boogie pour finir.

 

Il entame dans le grave avec la seule main gauche. Un standard. La main gauche de Martial Solal est très puissante parce quau début de sa carrière, comme pianiste de bal, il a passé un an avec l'obligation de ne jouer que de la main gauche. Et ce n'était pas le " Concerto pour la main gauche " de Mauric Ravel qu'il devait jouer. Serait-ce " In a sentimental mood " ? (Duke Ellington). Le jeu c'est de deviner le titre quand Martial ne l'annonce pas. Pas facile. Il nous emmène en ballade dans un pays imaginaire. Les habitants en sont graves, sages, avec une nuance de folie. L'ambiance est si grave, si sage que la pluie revient. C'était " Centre de gravité " de Martial Solal. Comme quoi, il est dangereux pour le chroniqueur de pronostiquer un titre quand Martial Solal joue.

 

Pour accompagner la pluie, Martial joue le standard qui s'impose " Here is that rainy day ". Je recommande à nouveau la version qu'en donna Martial en trio avec NHOP (contrebasse) et Daniel Humair (batterie) sur l'album " Suite for trio " dans les " Solal Series " chez Most Perfect Sound (MPS, 1978). Il pleut doucement; Les spectateurs restent fidèles au poste. Martial décompose et recompose ce standard au gré de son bon plaisir. Un délice.

 

" Caravan " (Duke Ellington). Le mystère de la caravane devient encore plus mystérieux sous les doigts de Martial Solal. La pluie a cessé. C'était juste un truc des Dieux pour inciter Martial à jouer " Here is that rainy day ". Bien joué. Avec la Caravane, forcément, le climat s'assèche mais il ne devient pas désertique pour autant. Cette caravane porte avec elle des couleurs, des odeurs, des parfums. A chaque concert de Martial Solal, je me demande comment il va se renouveler sur des thèmes qu'il joue depuis plus de 60 ans. Et à chaque fois le miracle se produit. La pluie joue à cache cache avec ce concert. Le ballet des ponchos, généreusement offerts par l'organisation, s'agite dans le public alors que la pluie et la musique accélèrent le tempo. Des spectateurs esthètes préfèrent être mouillés plutôt que de ressembler à des sacs poubelle géants. C'est leur droit. Pendant ce temps, la caravane fait du chemin. Vers quelle direction nous emmène t-elle? Impossible à savoir. Il faut juste la suivre.

 

" Round about midnight " (TS Monk). Il n'est que 21h50. La nuit commence à tomber et personne n'est là pour la rammasser comme disait Alphonse Allais. Ce morceau si simple devient un tapis mordoré. L'épure est habillée d'or, de lumière mais aussi d'obscurité. Même sous la pluie, il y a des spectateurs massés derrière la grille des Arènes de Montmartre venus glaner de la beauté au hasard de leur passage. Bien sûr, je connais ce morceau. Bien sûr, j'ai déjà entendu Martial Solal le jouer en solo ou en trio, sur scène ou sur album. Et pourtant, le charme opère. Cela sonne neuf à mes oreilles comme aux siennes, je suppose. Le piano roule, ronronne comme un gros chat noir.

 

" Vous pouvez continuer. Cela ne me dérange pas. " Alors nous continuons d'applaudir. Il appelle Miss Jones en musique. Non pas " Me and Miss Jones " de la Soul Music mais " Have You met Miss Jones ?" du Jazz. C'est plus joyeux, plus alerte que " Round about midnight ". Autre moreau, autre ambiance. Les mains de Martial semblent douées d'une vie propre, indépendante de celle de leur légitime propriétaire. Pourtant tout est sous contrôle. petite citation de " Sweet Georgia Brown ".

 

Un standard. Les doigts galopent sur le clavier. Même quand il  ne joue pas des pédales, Martial bat la mesure des pieds. La rigueur rythmique est toujours là derrière la plus grande fantaisie harmonique.

 

Il fait semblant de sortir puis revient au piano pour jouer ce qui me semble être une de ses compositions. Cela ressemble à " Sans tambour ni trompette " mais je peux me tromper. La pluie accentue sa présence rythmique. Elle s'harmonise gracieusement avec les notes du piano même si ce n'est pas très confortable pour les auditeurs.

 

" I"ve got rhythm " de George Gershwin était plein d'envie, de fantaisie. Avec l'âge, Martial Solal a appris à se restreindre, à jouer moins de notes tout en disant toujours beaucoup. La pluie m'a ensuite empêché de prendre des notes.

 

La pluie a eu l'amabilité de cesser pour le rappel. La musique était si pure, si belle que je n'ai pas pris de notes non plus.

 

Pour finir je laisse la parole à l'artiste.

 

Ici aussi, mon amie, Mademoiselle I, a pris des photographies. C'est une puriste. Elle photographie en argentique et développe elle même ses films. Je vous tiendrai au courant de l'avancement de ses travaux.

 

Place ce soir à Norma Winstone. Logiquement, la pluie ne sera pas au nombre des invités.

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Contact démarre en trombe l'édition 2010 des Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Marc Copland 

 

 

  Paris. Montmartre. Festival des Arènes du Jazz. Mardi 20 juillet 2010. 21h.

 

Quintet Contact

 

Marc Copland: piano

Doug Weiss: contrebasse

Billy Hart: batterie

John Abercrombie: guitare électrique

David Liebman: saxophones ténor, soprano

 

La photographie de Marc Copland est l'oeuvre du Romantique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Par rapport à l'album " Five on one ", Doug Weiss remplace Drew Gress à la contrebasse ce soir. Un crack en remplace un autre. Aucun problème.

 

Dave a pris le sax ténor pour commencer. Démarrage piano/guitare. Une ballade. Ca fusionne tout de suite. Billy est aux maillets. Son sourd des tambours sur lequel s'élèvent les sons clairs de la guitare et du piano. Doug Weiss pose tranquillement la pulsation. Ca chante. Dave Liebman prend la main au ténor. Le morceau est pris de biais, contourné, habillé. Billy Hart a repris les baguettes et pulse. Une belle blonde suit le concert depuis sa fenêtre. C'était juste une apparition. Sa fenêtre reste ouverte mais elle n'assiste plus au spectacle. Dave rue dans les brancards et ça secoue. La demoiselle revient pour filmer le spectacle. Peut être le postera t-elle sur la Toile, sur sa Face de Bouc. Des dames retardataires se retrouvent assises par terre. Si elles avaient lu ce blog, elles seraient arrivées à temps. Marc Copland se ballade sur son clavier. Billy Hart caresse sa cymbale hi hat. Doug Weiss lie l'ensemble. La belle demoiselle a cessé de filmer mais elle reste écouter le concert depuis sa fenêtre. Seule. Que fait le prince charmant? Elle l'appelle à son secours grâce à son téléphone portable. C'est beau le confort moderne. C'était " Retractable Cell " de John Abercrombie.

 

" Childmoon smile " (Copland). John Abercrombie présente les musiciens et ajoute " Miles Davis à la trompette. Philly Joe Jones. Au piano, Bill Evans. Sonny Rollins. Je dis ces noms parce qu'ils sont toujours avec nous. Ce sont des héros. Sans eux, nous ne serions pas capables de jouer " . Une ballade lunaire même si la lune n'est pas encore au rendez-vous. Elle est sûrement partie chercher le soleil. La demoiselle referme la fenêtre. Ca doit être à cause du prince charmant qui la rappelle. Billy Hart est aux balais. Dave Liebman sautille, entre joie et tristesse, au soprano. La demoiselle revient à sa fenêtre fumer et écouter la musique. L'avantage d'écouter un concert depuis chez soi, c'est que l'on peut fumer. Parole de non fumeur. Avec Billy et Dave, ça ne reste pas longtemps une ballade. Des vagues puissantes nous emmènent loin du rivage. La demoiselle est repartie, laissant sa fenêtre ouverte. Quel roman feuilleton palpitant! Après le solo ondoyant du piano, au tour d'un solo de guitare d'esprit rock'n roll mais tout en douceur. John chantonne ses notes. Le premier solo de contrebasse, chaud, boisé, viril. Ecouter Doug Weiss, ça doit inspirer les amateurs de whisky dont je ne suis pas. Beau final groupé où le thème monte en puissance pour se relâcher d'un coup.

 

Dave Liebman attaque seul au ténor. Il possède un des plus beaux sons de sax ténor de cette planète. Sur les autres planètes, je ne sais pas s'il y a des saxophones ténors mais ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas Dave Liebman. Plaignons les. Le groupe enchaîne sur un standard. Même aux balais, Billy Hart pulse grave. Non mollare mai comme disaient les anti fascistes italiens. des années 20 - 30.  John Abercrombie joue le British Blues à la sauce Jazz moderne. C'est son truc. Personne ne peut le lui retirer et heureusement. Cet Américain a vraiment un style anglais. Duo contrebasse/batterie sur lequel Marc vient ajouter quelques notes de piano. C'est comme un massage de l'estomac.  Liebman déguste, assis sur son tabourer, dodelinant du chef. Marc Copland reprend la main tout en douceur. Dave Liebman se relève et se déchaîne. Billy Hart devient Hephaïstos derrière sa forge. Il fait fumer le métal de sa batterie. Dave et Billy se défient. Ca chauffe grave. Marc Copland observe la bataille, depuis son piano les bras croisés. Doug Weiss maintient le tempo. Solo de batterie. Ca tripote et ça tricote. Ca sonne Noir. Trop subtil pour du Funk, trop puissant pour du Jazz. Un bon mélange des deux en fait. Rtour au calme et au thème en quintette. D'une claque, Billy relance. D'un geste, il apaise. Il tient le rythme dans ses mains. Certes c'est le travail du batteur mais, Dieux, qu'il le fait bien! Une dernière claque pour la route de Billy Hart. C'était " You and the Night and the Music ". Je ne reconnais plus les standards. Honte sur moi!

 

" Lost Horizon " (Liebman). Ca c'est le titre sur l'album. J'ai entendu Marc Copland annoncer en anglais puis en français avec un charmant accent américain " Lost Wise " (Sagesse perdue). Je laisse les lecteurs perspicaces et les lectrices patientes chercher la vérité. Une ballade au soprano. Le vent fait onduler les feuilles des arbres et des partitions. Petits cris du soprano. Est ce un enfant ou une vieille dame qui s'est perdu au loin? La demoiselle à sa fenêtre s'est assise derrière sa rambarde pour déguster la musique. Dave dialogue avec Marc. Ce dialogue dure depuis des années mais comment pourrait-on s'en lasser ? Billy Hart est à la cuisine touillant la batterie avec les balais. Des perles de musique s'égrènent des doigts de Marc Copland. Doug Weiss est là, solide au poste. John Abercrombie, en grand-père tranquille, assis, besicles au nez, lit et joue tout en finesse.

 

Dave revient au ténor. Billy installe un rythme insistant. John brode élégamment derrière. Le groupe part à l'attaque avec Liebman en tête. Dialogue piano/guitare auquel le sax ténor vient mettre son grain de sel. C'est bon d'entendre des Jazzmen vivants qui savent jouer bluesy. Contrebasse et batterie sonnent plutôt funky mais toujours en finesse. Dave et Billy ont joué avec Miles Davis sur " On the corner " (1972). C'est dire s'ils savent jouer funky. John lui a joué avec Miles à l'époque de " You are under arrest " (1985. L'album éponyme de Serge Gainsbourg date, lui, de 1987). Le groupe est lancé, poussant Dave. Dave se rasseoit et laisse la place à la rythmique. Marc reste léger, aérien sur le tempo léger, obsédant de la contrebasse et de la batterie. Petit jeu de bruitage entre guitare et batterie. Ces grand-pères là ne sont pas tranquilles. La musique devient plus expérimentale mais toujours audible. Billy reprend son petit beat et le groupe repart. Un dernier grognement de sax et une dernière claque du batteur pour conclure.

 

RAPPEL

 

" Like it never was " (Drew Gress). Petit hommage à l'absent du quintet Contact, le contrebassiste Drew Gress. Dave au ténor. C'est une ballade. Billy, aux maillets, fait vibrer les cymbales. Il repart aux baguettes. C'est chaud, puissant. Billy nous éclate en un tour de main; Dave dévore le sax ténor. John se relève pour un solo bluesy, profond, mystérieux, délicatement soutenu par le piano et la contrebasse, fermement poussé par la batterie. La rythmique repart. Marc Copland aux commandes tresse des perles de rosée. Il apporte l'élément Yin dans ce groupe au son très viril. Dave repart au soprano. Tout le groupe ondule, balance nonchalamment et avance en chaloupant. Billy remet de la gniaque dans tout ça et le quintette repart au contact; Dave fait grogner le soprano. Duel soprano/batterie avec les trois autres qui arbitrent. Billy lâche les chevaux. Le duel est sans merci. Splendide final.

 

En illustration, voici un extrait bref mais court du concert.

 

 

Il y avait tout ce qu'il fallait dans ce concert pour bien lancer l'édition 2010 des Arènes du Jazz à Montmartre. De l'invention, de l'énergie, de l'amitié, le sens du show propre aux Américains. Un critique professionnel qui n'avait pas aimé l'album est sorti la mine réjouie de ce concert. Je n'ai pas écouté l'album et je suis sorti la mine réjouie de ce concert. Mon amie, Mademoiselle I, aussi. J'attends ses photographies pour voir comment ces sons ont inspiré son regard précis et malicieux. A ce soir pour le récital en piano solo de Monsieur Martial Solal.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un CD à gagner avec le jeu concours de l'été

Publié le par Guillaume Lagrée

Elise-Caron.jpg

 

La photographie de la Superfunkycalifragisexy Elise Caron est l'oeuvre du Lumineux Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Pas de magazine l'été sans jeu concours.  Ce blog n'échappe pas à la règle.

 

Cette fois ci le jeu se complique. Pour que le jars ouvre son bec de Jazz et lâche un CD parmi ceux chroniqués sur ce blog, il vous faudra, lecteurs méthodiques, lectrices perspicaces répondre non pas à une, non pas à deux, non pas à trois, non pas à quatre, non pas à cinq  mais à six questions.

 

1. D'où vient l'adjectif qualificatif Superfunkycalifragisexy accolé à Mademoiselle Elise Caron?

 

2. Qui est le créateur de cet adjectif qualificatif?

 

3. Quel est le lien de ce créateur avec le Jazz?

 

4. Quelle autre expression a inspiré cet adjectif qualificatif?

 

5. De quel film provient l'expression dont est inspiré cet adjectif qualificatif?

 

6. Quel est le lien de ce film avec le Jazz?

 

Un indice. La question 3 et la question 6 vous conduisent vers deux Immenses Jazzmen dont la réunion a marqué à jamais l'histoire de cette musique voire même de la Musique.

 

C'est un jeu d'été. Vous avez donc jusqu'au mardi 21 septembre 2010 pour répondre à ces 6 questions. Si personne n'a trouvé les 6 réponses à cette date, le concours sera clos et je donnerai les réponses.

 

A vous de jouer. Au travail!

 

 

L'excellent Olivier a trouvé les 6 réponses. C'est encore lui qui gagne à un jeu sur ce blog. Trop puissant! Je le laisse écrire ses réponses en commentaire afin d'instruire celles et ceux qui n'ont pas encore trouvé. Encore tous mes compliments.

 

 

 

 

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Plus d'invitation disponible pour les Arènes du Jazz à Montmartre

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Christophe-Marguet.jpg

 

 

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre de l'Indomptable Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Lecteurs fauchés, lectrices ruinées, voici une bonne nouvelle pour vous. Je dispose de deux places pour chaque concert du festival des Arènes du Jazz à Montmartre, Paris 18e, du mardi 20 au dimanche 25 juillet inclus.  

Après mon amie Mlle I, mardi et mercredi, Gilles, un lecteur jeudi, se succèderont à mon côté pour les prochains concerts d'autres lecteurs de ce blog: Martine ce soir, Jean Luc samedi et Sébastien dimanche.

Merci aux Dieux d'avoir permis que personne ne demande le même concert en même temps.

Bonne fin de festival des Arènes du Jazz.

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