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Le trio d'Eric Le Lann rend hommage à Chet Baker

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Eric Le Lann Trio 

Paris. Le Caveau des Légendes

Samedi 25 février 2012. 21h30.

 

Hommage à Chet Baker

 

Eric Le Lann : trompette

Gildas Boclé : contrebasse

Nelson Veras : guitare

 

En première partie, un tour de chant « humoristique ». Un homme seul au micro avec sa guitare électrique. Il sait jouer, il sait chanter mais pour l’humour, par contre…

 

Les cordes s’accordent. Eric joue sans micro. Ca résonne bien sous les voûtes de pierre de cette cave médiévale et germanopratine. Gildas tient le rythme. Nelson joue légèrement derrière mais bien présent. C’est un hommage à Chet Baker (1929-1988, trompettiste et chanteur blanc américain). Ils jouent donc des morceaux que jouait Chet, des standards du Jazz pour la plupart. La différence, c’est qu’Eric Le Lann ne chante pas. Sa trompette chante pour lui. Eric se met en mode pause. Nelson, souple, léger, enrichit la mélodie, la pare de mille atours. Gildas et Nelson ont joué ensemble pour la première fois en 1995. Tour à tour, chacun prend la main. Ca joue, nom de Zeus ! Eric ajoute un supplément d’âme, quelque chose qui nous touche, nous écorche mais ne nous blesse pas. Je chantonne avec la trompette. C’était « Night Bird » d’Enrico Pieranunzi, ancien pianiste de Chet Baker.

 

« Summertime » (George Gershwin).  La trompette commence puis la contrebasse, puis la guitare la rejoignent. C’est dense, riche en émotions. Ca trio conserve la tradition mais ça ne sent pas la copie. C’est authentique. Nelson ajoute ses couleurs brésiliennes. Des mystères se déroulent entre Gildas Boclé et Nelson Veras. Je ne veux pas les éclaircir de peur qu’ils ne perdent leur charme. A l’archet, Gildas est particulièrement reconnaissable par la sûreté, la grâce de ses traits. Eric joue acide, mordant, d’une force contenue qui joue en douceur dans une dernière déchirure.

 

« The more I see You, the more I love You », standard du Jazz et de la Pop. Morceau plus vif, plus joyeux mais toujours avec cette part de mystère, de blessure propre à Eric Le Lann. Il y a des trompettistes qui m’impressionnent plus techniquement mais, émotionnellement, parmi les trompettistes vivants, aucun ne me touche comme Eric Le Lann. Nelson Veras jugule sa virtuosité pour se concentrer sur l’émotion, la mélodie.

 

« Milestones » (Miles Davis). Joué en trio, ça fonctionne aussi. Avec trois musiciens de cette trempe, une batterie serait trop lourde, un piano trop présent. Il leur faut cette place pour s’exprimer. Nelson Veras utilise des cordes en nylon ce qui explique, en partie, la souplesse, la chaleur de son jeu. Gildas reprend l’archet. Ca file, vibre.

 

« I am a fool to love You, I am a fool to want You ». Une ballade comme savait l’interpréter Chet Baker et comme sait l’interpréter Eric Le Lann. Ils nous prennent au sentiment et ça marche. L’ambiance intime de cette cave voûtée aux pierres irrégulières, où mon imagination me fait voir des personnages dessinés, plutôt diaboliques que divins, correspond parfaitement à cette musique. Cette fois, ils ont joué groupés, sans solo. C’est bien aussi.

 

« Love for sale ». Avec un petit air latin qui va bien. Devant Mademoiselle A et Mademoiselle F, un monsieur à tête blanche ne cesse de la hocher. Il est heureux. Nelson réalise des prodiges de discrétion. Gildas fait le lien. Eric dirige. Eric a cessé de jouer. Gildas fait la ligne de basse et Nelson décolle en douceur, sans qu’on s’en aperçoive. Il nous emmène de plus en plus loin. Clair, précis dans chaque note et toujours en suspens, en mouvement. Ca repart à trois. Nom de Zeus, c’est beau !

 

PAUSE

 

Eric attaque un standard dont le nom m’échappe. Les cordes arrivent. Gildas tient la baraque. Nelson, à distance, dialogue avec Eric. Un air rapide. Nelson est lancé sur le tapis que lui déroule Gildas. Ils ont repris à trois, avec un dialogue constant trompette-guitare, la contrebasse liant l’ensemble.

 

« You don’t know what love is ». Eric commence seul cette ballade que Chet chantait si bien. Ca chante. Solo à l’archet de Gildas Boclé, toujours admirable de précision et d’émotion.

 

Un standard dont le titre m’échappe, lancé par la trompette. Ca tourne, tourbillonne, nous emporte.

 

Une ballade dont le titre m’échappe. Le vieux Monsieur devant nous continue de hocher la tête. Mademoiselle A, Mademoiselle F et Madame G écoutent attentivement, elles aussi. Ca avance en glissant doucement, en flottant dans l’air. La trompette nous prend aux tripes. Solo cristallin de guitare porté par la contrebasse.

 

« So What » (Miles Davis). La plus célèbre ligne de basse de la musique de Jazz. Pour l’original, écoutez Paul Chambers sur l’album « Kind of Blue » (Miles Davis, 1959). Nelson joue à la place du piano dans un rôle plus discret. Où sont cachés la deuxième guitare et le deuxième guitariste ? Ah, c’est vrai, c’est Nelson Veras qui joue. Gildas Boclé passe à l’archet et fait sonner sa contrebasse comme des grandes orgues. Retour de la trompette et de cette fameuse ligne de basse. Nelson fait le contrechant de John Coltrane (sax ténor) et Julian Canonball Adderley (sax alto) avec une guitare électro-acoustique. C’est dire.

 

BIS

 

«  My one and only love ».  Je n’écris plus, je savoure.

 

Voici le commentaire enthousiaste de Monsieur T, un fidèle lecteur de ce blog, sur le premier concert de ce trio. Merci à lui.

 

Vendredi 24 février 2012, au Caveau des légendes s'est déroulé dans une ambiance extraordinaire, une véritable communion autour du trio d'Eric Le Lann. L'hommage donné à Chet Baker était d'un niveau très élevé et ceci grâce aux sons de la trompette d'Eric Le Lann ! Nous nous réjouissons d'avance que ce trio soit à nouveau présent au même endroit dès le mois de mars. Tous les adeptes du jazz ayant le bon goût de la musique viendront écouter ce trio d'Eric Le Lann.

 

" Milestones " joué par le trio d'Eric Le Lann. Ce trio sera de retour à Paris, au Caveau des Légendes, les vendredi 23 et samedi 24 mars, vendredi 20 et samedi 21 avril à 21h30. Ils nous rappelleront à nouveau que Chet Baker n’est pas seulement le titre d’une chanson de Vanessa Paradis…

 

 

 

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Oliver Lake remue le Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Oliver Lake Trio

Paris. Le Sunset.

 Vendredi 24 février 2012.21h30.

 

Oliver Lake : saxophone alto, poésie

Peter Giron : contrebasse

Benjamin Sanz : batterie

 

Peter Giron

 

 

La photographie de Peter Giron est l'oeuvre de l'Emouvant Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Gros son. C’est plus aigu qu’un ténor mais ça sonne aussi puissant. Ca vibre et pulse derrière. C’est libre avec une mélodie tout de même. Ce n’est pas le genre de musique propice à emballer les minettes ou les minets au bar. Ca me rappelle le Sonny Rollins de 1963-1966 mais à l’alto. C’est dire si ça déménage. Ils nous plongent dans le shaker et ne nous laissent pas nous reposer. Oliver Lake a certainement beaucoup écouté Ornette Coleman mais son jeu est plus brutal, moins chantant. Quelle pulsation de la contrebasse ! Bien amplifiée, elle nous enveloppe, nous propulse stimulée par le cliquetis de la batterie. Oliver Lake repart avec un vibrato très étrange. Rick Margitza rejoint le public. Il n’a pas amené son saxophone ténor. Dommage. Le trio est reparti à l’attaque : le suraigu de l’alto, la souplesse de la contrebasse, le foisonnement de la batterie. Tout est fait pour que l’auditeur fuie ou perde la tête. Le public reste. Nous optons donc pour la perte momentanée de la raison. Partis comme ça, ils peuvent jouer des heures sans s’arrêter. Les mélodies s’enchaînent, les rythmes sont malmenés.

 

Ils nous laissent le temps d’applaudir et c’est reparti. Le tempo est plus lent mais l’humeur reste agitée. Le sax alto nous fait des croassements de crapauds, des grincements de dents, des rires d’oiseaux moqueurs et bien d’autres choses encore. La pulsation est bien là. Je bats la mesure des pieds. Des claquements de langue sur l’anche, contrebasse et batterie tout en douceur.

 

Maintenant, c’est la porte qui grince. Avant de passer à un chant doux et plaintif l’instant d’après. Oliver Lake joue propre quand il veut. Basse et batterie entretiennent le suspens avant le retour du saxophone. Le chant se poursuit, doux, étrange, troublant. Un instant de recueillement avant d’applaudir.

 

Tiens, il chante maintenant. Plutôt un rap rapide, un slam. Welcome to Black America ! Si un DJ passe par là, il n’a qu’à enregistrer et sampler autour . Cela me rappelle le regretté Gil Scott Heron. « What can I do ? » est le refrain. Un roulement de cymbales et la musique commence. Oliver Lake passe en un instant de la sirène d’alarme à la ballade qui tue. L’auditeur n’a pas le temps de s’habituer que la musique a déjà changé. Ca balance, ça fouette. Il y a même une allusion de 2s à « Night in Tunisia » (Dizzy Gillespie). Rythmique funk mais d’un funk très étrange. Beau duel funky basse/batterie. Beau solo de batterie funky, bien construit. Surtout sur les tambours qui roulent avec des bonnes claques de cymbales pour ponctuer. C’est reparti en trio, à fond les manettes. Ca descend doucement. La contrebasse flotte en suspens. La batterie tintinabule. Oliver Lake reprend son slam. Ca sonne. « What if ? ». Plein de rapeurs à la noix de cajou pourraient en prendre de la graine. Il repart propulsé par la rythmique souple, puissante.

 

Basse et batterie repartent sur un air funky. Je bats la mesure du pied et hoche la tête. Ca marche. Le sax reprend sa plainte aigre douce. La musique nous raconte une histoire fière et belle. La contrebasse tire sa ligne, la batterie virevolte autour et le sax plane, vole, chante. C’est dansable à condition d’avoir l’esprit aussi libre qu’eux. Pas facile. Oliver Lake se remet à parler, de sa mère. « Breaking glass ». La rythmique groove doucement et efficacement derrière. Sa mère cassait du verre avec un marteau. Je laisse les freudiens et les lacaniens se disputer sur l’interprétation de ce texte. Oliver Lake ne brise pas le verre avec son sax alto. Au contraire, il en joue doucement, chaudement pour changer. La contrebasse, seule, remplit l’espace de sa vibration. Maestro Peter Giron. Oliver Lake lit ses poèmes qui sont édités.

 

PAUSE

 

Le Free Jazz, c’est comme l’alcool, je le consomme avec modération. J’ai fait le plein d’émotions fortes pour ce concert. Je quitte ce concert ému et remué.

 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Bretagne pour mars 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices subtiles, lecteurs délicats, pour accompagner le mois de mars, souvent pluvieux à Paris, rien de tel que ces eaux chantées par Joao Gilberto (guitare) accompagné par  Stan Getz (saxophone ténor). La version française, " Les eaux de mars " est délicatement chantée et jouée par Georges Moustaki. Je vous laisse le plaisir de la trouver.

Si vous voulez quitter Paris, allez prendre l'air en Bretagne avec le festival Jazz à l'Etage à Rennes du 2 au 9 mars puis le festival Couleurs Jazz à Saint Malo du 9 au 11 mars.

De retour à Paris, si la Bretagne vous manque, allez écouter Babord Amures à la Reine Blanche le samedi 24 mars.

Si vous êtes insomniaque et agoraphobe, allumez votre téléviseur sur la première chaîne le lundi 5 mars à 3h15 du matin pour savourer le concert du Duke Orchestra dirigé par Laurent Mignard.

Pour le mois de mars 2012, c'est avec la superbe d'un serveur de restaurant étoilé parisien que je vous propose le menu suivant.

Sunset/Sunside

Vendredi 2 à 21h, Jazz à Roland Garros avec Enrico Pieranunzi  (piano) en trio avec Scott Colley (contrebasse) et Antonio Sanchez (batterie). Attention, fragile. 

Mercredi 14 à 21h au Sunset, le quartet du saxophoniste argentin Leandro Guffanti avec Minino Garay (batterie). Muy caliente!

Samedi 24 mars à 20h au Trianon  (Sunside hors les murs), le pianiste franco américain Dan Tepfer jouera en solo ses Variations sur les Variations Goldberg de Jean Sébastien Bach. Ensuite, mina agossi " chantera " en compagnie du légendaire saxophoniste ténor noir américain Archie Shepp.

Lundi 12 et mardi 13 à 21h au Sunside, Elisabeth Kontomanou (chant) en duo avec James Weidman (piano) viendra défendre son magnifique album "  Secret of the wind ". Soyez y, sapristi!

Mercredi 14 et jeudi 15 à 21h au Sunside, le sextet du saxophoniste Jean-Philippe Scali viendra promouvoir son enthousiasmant album "  Evidence ". Ondes positives garanties.

Lundi 19 à 20H et 22h au Sunside, Dave Liebman et Ellery Eskelin (saxophones) Quartet avec Tony Moreno (contrebasse) et Jim Black (batterie). Ca va nous rafraîchir les neurons!

Dave Liebman

La photographie de Dave Liebman est l'oeuvre du Funkallero Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Samedi 24 mars à 21h au Sunside, Nicole Mitchell (flûte) dialoguera avec Michel Edeiin (flûte) accompagnés de Jean Jacques Avenel (contrebasse) et John Betsch (batterie). Amis des oiseaux, venez écouter ce quartet. Ca va voler très haut, léger, subtil.

Duc des Lombards

Mercredi 7, jeudi 8, vendredi 9 à 20h et 22h: John Pizzarelli Quartet. John, le fils de Bucky, joue de la guitare, chante avec son frère Martin (contrebasse) dans un programme hommage à Duke Ellington. Swing, swing, swing.

Lundi 12 à 20h et 22h: Rudder, le quartet du saxophoniste Chris Cheek. Remue méninges assuré.

Mardi 13 et mercredi 14 à 20h et 22h, Larry Goldings (orgue, claviers) en trio avec Peter Bernstein (guitare) et Bill Stewart (batterie). It's so good it must be illegal comme le chantait Fats Waller.

Vendredi 30, samedi 31, dimanche 1er avril à 20h et 22h, Tania Maria du Brésil (piano, chant) en trio avec les frères Fanfant des Antilles françaises (Thierry: basse, Jean-Philippe: batterie). Pas seulement pour les danseurs.

 

La Java

Vendredi 9 mars de minuit à l'aube, Electro Swing Club. Le Jazz des années 20-30-40 remixé par des DJ électro. Pour faire danser les jolies souris  toute la nuit et leur prouver que le Jazz n'est pas une musique de vieux matous racornis. Le but du jeu est de leur faire découvrir les versions originales ensuite. Elles sont tellement plus sensuelles...

Lundi 26 mars à 20h30. Joe Mac Phee saxophoniste américain rencontre Raymond Boni, guitariste français. Surprises auditives en perspective.

Le New Morning

Vendredi 9 et samedi 10 à 20h30, Bonga, la voix de l'Angola. Ce n'est pas du Jazz mais c'est si beau que ce serait dommage de s'en priver.

Jeudi 29 à 20h30, Billy Cobham, Mr Funky Drummer! Puissant et précis, le meilleur batteur de la Fusion en action.

Studio de l'Ermitage

Mercredi 21 à 20h. André Minvielle (vocalchimiste) en duo avec Lionel Suarez (accordéon caméléon). Emmenez vos enfants. Si vous n'en avez pas, emmenez ceux de vos amis. Ouvrez grand vos esprits et lâchez vous, saperlipopette!

Auditorium Saint Germain des Prés

Lundi 26 à 19h30Antoine Hervé: " Leçon de Jazz sur Wayne Shorter ". A comparer avec celle existant en CD et DVD et avec celle déjà chroniquée sur ce blog. Emmenez y parents, amis, enfants pour leur instruction et leur divertissement, lectrices attentionnées, lecteurs attentifs.

Le Triton (Les Lilas, métro Mairie des Lilas, ligne 11)

Vendredi 2 à 20h30, le trio Open Gate d'Emmanuel Bex. Un trio de poètes, ça ne se manque pas.

Samedi 3 à 20h30, l'If Duo de Giovanni Falzone (trompette)/Bruno Angelini (piano). La plus belle partie France/Italie dont on puisse rêver. Suivi d'un autre simple messieurs France Italie avec François Merville (batterie) face à Francesco Bearzatti (sax ténor, clarinette).

Samedi 17 à 20h30, The trouble with happiness par John Greaves (chant) avec  Sophia Domancich (piano) et Vincent Courtois (violoncelle). Décérébrés, s'abstenir.

Jeudi 22 et vendredi 23 à 20h30, Tim Berne (sax alto) invite Marc Ducret (guitare électrique). Chaud devant!


Caveau des Légendes:

Vendredi 23 et samedi 24 à 21h30Eric Le Lann (trompette), Gildas Boclé (contrebasse), Nelson Veras (guitare) rendent hommage à Chet Baker. Pour réviser ses classiques, il faut des Maîtres. Les voici. Allez les écouter. Musicalement, émotionnellement, c'est un Must. J'étais au concert du samedi 25 février. J'y retournerai.

 

 

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La Caravane Gazelle fera étape du 30 mars au 1er avril au Théâtre Daniel Sorano à Vincennes

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs, sachez que la Caravane Gazelle d'Olivier Calmel et Cie fera étape à Vincennes, Val de Marne, Ile de France, France au théâtre Daniel Sorano du vendredi 30 mars au dimanche 1er avril 2012.

Pour avoir vu deux fois ce spectacle, je peux garantir que s'il est destiné aux enfants, les adultes peuvent eux aussi y voyager en toute liberté.

 

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Prince et le Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices funky, lecteurs groovy, vous avez certainement remarqué que j'ai déjà parlé de Prince ici et . Radio Campus Paris lui a consacré une émission spéciale " Prince et le Jazz " en compagnie de Christophe Geudin, rédac chef de Funk U et Frédéric Goaty, rédacteur en chef de Jazz Magazine qui a déjà consacré une Nuit à Prince sur France Musique. Au menu, du TRES lourd. La composition de Kiss, les traces de la coopération entre Prince et Miles Davis, des inédits. Ayant été il y a 15 ans animateur d'une émission de Jazz sur Radio Campus Rennes, je ne puis que saluer l'initiative de ces jeunes gens passionnés. Je vous laisse découvrir l'émission riche d'anecdotes amusantes et de musique stimulante. J'ai eu confirmation que Prince se promène désormais sans garde du corps. C'est donc bien lui que j'ai croisé le 8 mars 2011 à Paris au Palais Royal. Même seul, si petit et malingre qu'il soit, cet homme est suffisamment impressionnant pour que je n'ai pas osé l'aborder. Tant pis pour moi.

Je rappelle que Christophe Geudin et Frédéric Goaty viennent d'écrire à quatre mains " Prince: le dictionnaire illustré " (Le Castor Astral, Paris, 2011). Je conseille à mes lectrices sophistiquées et à mes lecteurs élégants d'écouter le podcast de l'émission sur " Prince et le Jazz " avec un bon casque sur les oreilles pour mieux profiter de la subtilité et du raffinement des mixages de Roger Prince Nelson, auteur, compositeur, interprète, ingénieur du son, producteur, chorégraphe, éclairagiste... Vous pourrez ainsi vous apercevoir, si ce n'est déjà fait, qu'il n'y a pas de basse dans " Kiss ".

 

Prince et Miles Davis sur scène, ça donnait ça. Dans ses studios de Paisley Park à Minneapolis, Minessota, USA, Prince reçoit chez lui Miles Davis pour un concert du Nouvel An 1988 au bénéfice des sans abris de Minneapolis. Dehors il faisait froid, dedans il faisait très chaud. Miles Davis apparaît à la 56e minute du concert.

 

 

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Babord Amures en concert à Paris le samedi 24 mars: les Malouins débarquent sur la scène du théâtre de la Reine Blanche

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices au pied marin, lecteurs à l'âme voyageuse, rendez-vous à Paris 18e, au théâtre de la Reine Blanche le samedi 24 mars 2012 à 16h, pour un concert exceptionnel de Babord Amures, groupe malouin de chants de marins d'autrefois à aujourd'hui.

Ce n'est pas du Jazz mais il se trouve que le barbu au banjo et au chant dans le groupe se nomme Guy Lagrée et qu'il est un de mes oncles paternels. Je ne suis que le chroniqueur musical de la famille, lui c'est le musicien. Respect.

Pour aller de Paris à Saint Malo beau port de mer, en Bretagne, vous pouvez prendre le bateau, descendre la Seine jusqu'au Havre puis la Manche jusqu'à Saint Malo ou prendre un TGV direct à Paris Montparnasse, terminus à Saint Malo. Vous pouvez aussi prendre un véhicule automobile mais vous n'y ferez pas les mêmes rencontres en route. En attendant ce beau voyage, sans quitter Paris, Saint Malo se rend à vous au théâtre de la Reine Blanche. Soyez au rendez-vous prêts à chanter, danser, taper dans vos mains, avec vos pieds, avec vos enfants dès l'âge de 5 ans.

 

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TF1 diffuse un concert du Duke Orchestra le lundi 5 mars à 3h15

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices insomniaques, lecteurs victimes de décalage horaire, lectrices travailleuses de nuit, lecteurs levés avant l'aurore, si vous êtes réveillés le lundi 5 mars 2012 à 3h 15 du matin, à l'heure où même les frères chartreux dorment, vous pourrez allumer votre étrange lucarne, presser le bouton n°1 pour la première chaîne et regarder le  Duke Orchestra de Laurent Mignard jouer le répertoire de Duke Ellington dans le cadre divin du Collège des Bernardins à Paris.

Ce concert a été enregistré le 6 juin 2011. Durée 1h30. Le Duke Orchestra est un orchestre français composé de musiciens blancs dont deux femmes (la batteuse Julie Saury, la saxophoniste et clarinettiste Aurélie Tropez) qui joue exclusivement le répertoire de Duke Ellington célèbre ou méconnu, défend cette musique, la promeut avec un chef, Laurent Mignard, pédagogue et passionné. Il y a une volonté assumée de rester fidèle aux couleurs du Duke. Il n'y a ni chanteur, ni chanteuse, ni danseur, ni danseuse dans ce concert. Cela peut arriver dans d'autres. " Je suis un peintre. Mon orchestre est ma palette et chaque musicien apporte sa couleur " (Duke Ellington).

Monsieur Nonce Paolini, président directeur général de Télévision Française n°1, est un Jazz freak comme disent les Américains: 10 000 vinyls + 10 000 CD de Jazz dans sa collection personnelle. Vu l'absence du Jazz sur les chaînes historiques de la télévision française, il faut se réjouir de cette initiative. Si l'horaire de diffusion ne vous convient pas, sachez qu'un DVD du concert est disponible dans le commerce.

L'orchestre joue très bien son rôle: jouer la musique de Duke Ellington avec tout le respect qui est dû à un des plus grands compositeurs du XX° siècle, avec son alter ego, Billy Strayhorn. Le son est bien capté, l'image bien filmée même s'il est visible que le réalisateur n'est pas habitué à  capter un concert. Les titres et compositeurs sont bien lisibles à l'écran à chaque début du morceau mais l'insertion du nom et du prénom du soliste quand il joue constituerait un plus pour le téléspectateur.

Elégance, sensualité, énergie, cohésion, intelligence sont au rendez-vous. Pourquoi se priver de tels plaisirs?

Voici le Duke Orchestra dirigé par Laurent Mignard lors du festival Jazz à Vienne 2009. Ils jouent " Concerto for Cootie " avec François Biensan dans le rôle de Cootie Williams. Bonne dégustation.

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Elisabeth Kontomanou featuring Geri Allen: " Secret of The Wind "

Publié le par Guillaume Lagrée

Elisabeth Kontomanou featuring Geri Allen

" Secret of the wind "

Plus Loin Music. Distribué par Harmonia Mundi.

Sortie le lundi 5 mars 2012.

En concert à Paris, au Sunside, le lundi 12 et le mardi 13 mars à 21h.

Elisabeth Kontomanou: chant

Geri Allen: piano

kontomanou geri allen

La photographie des Dames Geri Allen et Elisabeth Kontomanou est l'oeuvre du Conceptuel Juan Carlos HERNANDEZ.Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Une voix, un piano. Deux Dames. De coeur, de pique, de carreau, de trèfle. Ce n'est pas un chef d'oeuvre comme " The newest sound around " de Jane Lee (chant) et Ran Blake (piano) mais c'est une oeuvre et non un ouvrage. 51 ans après, Elisabeth Kontomanou et Geri Allen relèvent le défi. La chaleur de la voix, la fraîcheur du piano. L'amplitude des émotions. La diversité des choix. Tout est réuni pour enchanter l'auditeur et elles le font.

 

Elles ne font pas oublier Nat King Cole dans " L.O.V.E " ou James Brown dans " If I ruled the world " mais elles ne les font pas regretter et c'est déjà énorme. Elisabeth apporte ses propres chansons (3 et 5). Elles se fondent au sein de standards du gospel, de la soul music plutôt que du Jazz même s'il y a " Nature Boy " (10) dont je découvre les paroles avec cet album. Il y aussi " Sometimes I feel like a motherless child " (7) dont Louis Armstrong a donné une version canonique dans " Louis and The Good Book ". Louis Armstrong était orphelin et c'était le Roi du Jazz. Pourtant, là encore cette version tient la comparaison. Chapeau bas, Mesdames.

 

Dès les premières notes de piano, j'ai été pris par cette musique qui ne m'a pas lâché jusqu'à la fin. Si je devais retenir une chanson de cet album, ce serait " People get ready " (11) de Curtis Mayfield parce que j'adore cette chanson, que j'éprouve un immense respect pour Monsieur Curtis Mayfield et parce que cette version épurée, acoustique me fait une forte impression.

 

Un film de Claude Chabrol se nomme " Une affaire de femmes ". Ici, c'est une affaire de Dames. Ce sont des Dames avec du vécu, de la technique, qui ont des choses à dire et qui les disent bien, haut et clair. Plaignons les misogynes d'abord parce qu'ils le sont, ensuite parce que cet album les clouera. S'il n'y parvient pas, tant pis pour eux. Laissons les croupir dans leur fange et baignons nous dans le vent secret des Dames Elisabeth Kontomanou et Geri Allen.

 

Prions les dieux et les muses que des producteurs avisés aient la bonne idée de faire tourner ce duo sur scène en France. En attendant, délectons nous de cet album enchanteur.

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Du Jazz pour les Vaches

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices agrestes, lecteurs champêtres, si Sonny Rollins dès 1957 posait sur la couverture de l'album " Way out West " déguisé en cow boy (garçon vacher en français) et jouait " I am an old cowhand " accompagné de Ray Brown (contrebasse) et de Shelly Manne (batterie), cavalier émérite qui joue si bien le pas du cheval, la question de la vache comme public du Jazz n'avait pas été posée sérieusement jusqu'ici.

Elle est maintenant heureusement résolue grâce à un groupe d'amateurs de style Nouvelle Orléans, le New Hot Five , originaire de l'Etat de l'Utah aux Etats Unis d'Amérique et leur programme tout terrain, Jazz for Cows. Evidemment, cela ne vaut pas le Père du Jazz, Monsieur Jelly Roll Morton ni le Roi du Jazz, Louis Armstrong.

Etant originaire du premier département laitier français, l'Ille et Vilaine en Bretagne, je ne puis que saluer cette initiative sans garantir toutefois aux éleveurs intéressés qu'elle accroisse les performances des laitières.

Tout a commencé sur un alpage en France, à Autrans dans le Vercors (Isère, Rhône Alpes) par " O when the saints ".

 

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RIP Whitney Houston (1963-2012)

Publié le par Guillaume Lagrée

Il existe plusieurs sortes de chanteuses.

 

Celles qui ont tout pour elles (voix, beauté, magnétisme, intelligence, détermination)  et n'ont besoin de personne pour les guider comme Aretha Frankin, Abbey Lincoln, Tina Turner.

 

Celles qui n'ont pas grand chose pour elles et ont la chance de recontrer un démiurge qui les mène au sommet comme Serge Gainsbourg pour Jane Birkin.

 

Et puis il y a celles qui ont tout pour elles et qui tombent dans les pièges mortels du show business comme Whitney Houston. Avec une telle voix et une telle présence, elle aurait pu chanter de l'opéra, du gospel, du Jazz, de la soul music. .. Même en chantant des bluettes avec un orchestre guimauve, elle pouvait faire dérailler un train, vous faire perdre la raison le temps d'une chanson. Il faut dire aussi qu'avec une mère choriste, une tante nommée Dionne Warwick, une marraine nommée Aretha Franklin, elle avait de qui tenir pour la chanson. Cela n'enlève rien à ses dons naturels mais cela explique pourquoi elle savait si bien s'en servir.

 

Ecoutez la et regardez le public scotché dès les premières paroles. Et pourtant il y a là des musiciens TRES exigeants comme Prince.Vivre tue. Les drogues accélèrent le processus. J'aimerai toujours Whitney Houston.

 

 


 

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