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Jazz on a summer's day

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

 

 

 

Jazz on a summer's day

Un film de Bert Stern réalisé lors de l'édition 1958 du Newport Jazz Festival.

Une édition Charly Films.

 

Lectrices rayonnantes, lecteurs bronzés, réjouissez vous, l'été n'est pas terminé. Grâce à " Jazz on a summer's day " l'été ne finira jamais. Il existe une mythologie du Jazz selon laquelle cette musique se filme en noir et blanc, la nuit, dans des caves enfumées, avec des types pas très clairs. Ce film est tout l'opposé. L'idée de génie de Bert Stern était de montrer le Jazz au grand soleil, en plein air, en couleur. Pour cela, il lui a suffi de quitter New York, de remonter la Côte Est (East Coast) des Etats Unis d'Amérique jusqu'à Newport, Rhode Island, haut lieu de  la grande bourgeoisie WASP (White Anglo Saxon Protestant) où en 1954 s'installa le premier festival de Jazz estival en bord de mer. Depuis Monterey (Californie) est apparu en 1956, Antibes Juan les Pins en 1960.

 

En ce bel été 1958, Charles de Gaulle prend le pouvoir en France et Bert Stern arrive à Newport.Le casting a de quoi faire saliver n'importe quel amateur de sensations auditives. Louis Armstrong avec Jack Teagarden et Big Maybelle (cette dame porte son surnom avec panache), Chuck Berry le Roi du Rock'n Roll (pas ce blanc bec d'Elvis Presley) accompagné par Jo Jones à la batterie, Chico Hamilton avec Eric Dolphy, Jimmy Giuffre avec Bob Brookmeyer et Jim Hall, Thelonious Monk avec Henry Grimes et Roy Haynes, Sonny Stitt, Gerry Mulligan, George Shearing, Dinah Washington, Mahalia Jackson qui conclut le film en chantant le Notre Père des Chrétiens avec une densité émotionnelle qui fait frémir les Impies et les Gentils. Si vous connaissez ces musiciens, vous saisissez l'importance de ce film immédiatement. Si vous ne les connaissez pas, jamais vous ne les trouverez tous réunis ailleurs qu'ici.

 

Il fait beau, il fait chaud, l'Océan Atlantique brille sous le soleil, les voiliers des riches yatchmen paradent, les femmes sont belles, les hommes décontractés, l'ambiance est à la fraternité entre Blancs et Noirs (pas si évident dans ce fief de la grande bourgeoisie blanche nord américaine en 1958), la musique est de toute beauté entre classicisme  (Louis Armstrong, Anita O'Day) et avant-garde (Chico Hamilton, Jimmy Giufre, Thelonious Monk) en passant par le Rock'n Roll naissant ( Chuck Berry qui fait vibrer les adolescentes " Sweet little sixteen " et frémir par conséquent les parents. Observez les réactions du public).

 

Pour vous donner une idée de la magnficence de cette musique, j'ai choisi deux extraits de styles tout à fait différents:

- Jimmy Giuffre revisitant la musique Country avec " The train and the river ". Ce morceau ouvre le film.

- Anita O'Day donnant une leçon sur l'art et la manière de réveiller un public. Quel truc en plumes! Anita O'Day était considérée comme Noire. Elle ne pouvait pas dormir dans n'importe quel hôtel, dîner dans n'importe quel restaurant à Newport en 1958. 50 ans après, les Etats Unis d'Amérique élisaient un Président noir.

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Thelonious Monk " The London Collection "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

 

 

Thelonious Monk

" The London Collection "

Enregistrements réalisés à Londres, aux studios Chappell, le 15 novembre 1971.

Un album Black Lion.

 

 

Thelonious Sphere Monk:piano

Al Mac Kibbon: contrebasse

Art Blakey: batterie

 

Londres est une ville réputée pour la Pop et la Rock'n roll, pas pour le Jazz. Pourtant, en 1971, deux albums importants de Jazz y ont été enregistrés. Le " Live at the Ronnie's Scott " de  Stan Getz avec son trio européen (Eddy Louiss/ Bernard Lubat/René Thomas) et la " London Collection " de Thelonious Sphere Monk . Il ne le savait pas mais cet enregistrement fut son testament musical. Monk s'enfonca ensuite dans la dépression et n'enregistra plus rien jusqu'à sa mort en 1982. En 1971, il est en tournée mondiale avec les " Giants of Jazz " soit la rythmique présente sur cet album plus  Dizzy Gillespie (trompette), Sonny Stitt (saxophone alto) et Kai Winding (trombone). Art Blakey, le meilleur batteur de Monk, estimait que sa musique n'était pas jouée comme elle devait l'être durant cette tournée.

 

Le temps d'une pause en studio, à Londres, des amis de presque 30 ans se retrouvent et le charme opère. Monk est au sommet de son art, si personnel, si unique que même ses clichés n'appartiennent qu'à lui. Qu'il joue des standards ou ses compositions, tout devient du Monk. Rigueur rythmique, ruptures mélodiques et ce toucher qui défie toutes les méthodes d'enseignement du piano. Monk est passé comme une comète. Personne ne sait, n'ose jouer du piano comme lui. Il est parti mais sa trace demeure.

 

En solo, Monk brille de mille feux, sachant se faire tendre en hommage à son épouse " Crepuscule with Nellie " qui veilla sur lui jusqu'à la fin. En trio, Al MacKibbon offre un soutien solide et discret alors qu'Art Blakey sait à la fois contester et conforter Monk, le pousser dans ses retranchements tout en entrant dans son univers. La version d' "I mean You " en est un magnifique exemple.

 

Cette oeuvre comporte trois volumes. Le premier en solo, le deuxième en trio, le troisième mêlant les deux. Chacun mérite une attention attentive, particulière. Rien ne nous les oblige à les écouter à la suite. Rien ne nous l'interdit non plus.

 

Cela se termine par un pur instant de magie, l'échauffement d'un Génie. " Chordially " , 9mn39 de solo qui viennent clore le troisième album. En fait, chronologiquement, il s'agit du premier morceau de la séance. Monk s'échauffe au piano, le teste, le chauffe. Le mystère de la création artistique dans l'instant se dévoile à nos oreilles émerveillées.

 

Cet article est illustré par un lien musical et un lien video de Monk qui ne correspondent pas à l'album décrit ici mais qui en sont très proches dans l'esprit. Entrez dans la Sphère de Thelonious Monk.

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michel graillier alain jean marie " Oiseaux de Nuit "

Publié le par Guillaume Lagrée

michel graillier alain jean marie

Oiseaux de Nuit

Un album Le Chant du Monde distribué par Harmonia Mundi. 2004.

 

 

Michel Graillier: piano

Alain Jean Marie: piano

Enregistrés en concert au Passage du Nord Ouest, Paris, les 27 et 28 décembre 1991.

 

 

Un regret d'abord. Pourquoi avoir supprimé des applaudissements dans un enregistrement fait en concert? Le prétexte avancé est qu'il y avait un silence avant les applaudissements tant la musique en imposait aux spectateurs. Ce silence, l'auditeur de cet album le fait aussi aujourd'hui. Comment ont-ils pu allier tant d'intensité à tant de sensibilité? C'est le mystère que Michel Graillier a emporté avec lui. Avec Alain Jean Marie, il avait trouvé un autre oiseau de nuit avec qui chanter. Je m'avoue incapable de différencier les deux pianistes tant ils se mêlent, se répondent, se confondent.

 

Ils jouent des standards sauf " Nightbird " d' Enrico Pieranunzi qui donne son titre à l'album. Voici une musique de fusion des âmes. Une musique à écouter au chaud chez soi par les longues nuits d'automne froides et pluvieuses. Elle est un idéal de pureté transmis par des hommes qui ont beaucoup vécu. Elle est intense, prenante, gracieuse, légère, bouleversante.

 

Je résumerai chaque morceau en un mot.

 

Magie pour " funk in a deep freeze ". Sensibilité pour " broken wing ". Energie pour " there will never be another you " et " well you needn't ". Chant pour " night bird ". Virtuosité pour " how deep is the ocean " avec un final qui laisse bouche bée. Révolte pour " naïma ". Joie pour " ray's idea ".

 

Pour illustrer cet album, deezer ne me propose que l'album studio " Portrait in B and W " enregistré par le même duo en juin 1991. A vous de comparer, lectrices curieuses, lecteurs attentifs. En hommage à ce duo, Eric Le Lann qui enregistra avec Michel Graillier un album en duo " 3 heures du matin " intitula son enregistrement Live au festival de Jazz de Vannes 1999 en duo avec Martial Solal " Portrait in Black and White ". Ce duo de pianos Michel Graillier/ Alain Jean Marie a marqué, marque et marquera encore.

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Choix de concerts pour septembre à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Matthieu-Martouret-.jpg

 

 

Le mois de septembre est le mois le plus tendre pour Claude Nougaro. Pour Brigitte Bardot, c'est celui de la plage abandonnée, des vacances rangées. Bref, c'est la rentrée.

 

Pour fêter cela, voici mon choix ignominieusement partial, snob et personnel de concerts de Jazz à Paris.

 

Pour commencer,  Matthieu Marthouret sera en concert avec son Organ Trio le jeudi 9 septembre à 20h30 au 38 Riv. Les lecteurs avisés, les lectrices attentives savent tout le bien que je pense de cet élégant jeune homme.

Il est photographié ici par le Prestigieux  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Ensuite son confrère pianiste et organiste américain  Larry Goldings sera en concert les samedi 11, dimanche 12 et lundi 13 septembre à 21h30 au Sunset en compagnie de Peter Bernstein à la guitare électrique et Bill Stewart à  la batterie.

 

Puis le saxophoniste alto produit en Bretagne Pierrick Pédron présentera son nouveau groupe European Meeting (allusion subtile à son glorieux aîné Phil Woods) les vendredi 17 et samedi 18 septembre à 20h ET 22h au Duc des Lombards. Il sera accompagné de Jesse Van Ruller à la guitare, Florian Ross à l'orgue, Thomas Bramerie à la contrebasse et Karl Jannuska à la batterie. Pierrick Pédron vient d'enregistrer Omry 2: le Retour à Bruxelles début août. Sortie de l'album au printemps 2011. Patience, patience dans l'azur. Chaque atome de silence est la promesse d'un fruit mûr ( Paul Valéry).

 

Enfin Nelson Veras frottera sa guitare aux cordes de la contrebasse de Stéphane Kerecki et du piano de John Taylor au Sunside le vendredi 24 et le samedi 25 septembre à 21h.

 

Vous l'aurez compris, honorables lecteurs, estimables lectrices, le mois de septembre 2010 à Paris sera essentiellement groooovvvvyyyyy!

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Amélioration de ce blog

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Elise-Caron.jpg

 

 

Estimables lectrices, honorables lecteurs,bien que personne ne me l'ait demandé, j'ai décidé d'améliorer ce blog en y ajoutant des liens musicaux grâce au partenariat entre overblog et deezer.

 

Deezer a des limites. Ainsi certains artistes chroniqués sur ce blog n'y sont pas référencés comme la Sublime  Elise Caron photographiée ici par le Prodigieux  Juan Carlos HERNANDEZ. D'autres artistes y sont référencés mais pas les oeuvres chroniquées ici comme le  fantastico duo  Giovanni Falzone/Bruno Angelini. Ceci prouve l'utilité de ce blog pour parler d'artistes insuffisamment promus par les agents de la société du spectacle comme disait Guy Debord.

 

Sur les 147 chroniques publiées sur ce blog depuis juillet 2009, toutes celles pour qui j'ai pu trouver un lien chez deezer avec l'artiste et l'oeuvre chroniqués en bénéficient désormais en haut de l'article. Pour  Norma Winstone, il vous faudra attendre le lundi 30 août 2010, date de sortie de son nouvel album, pour pouvoir activer le lien. Patience dans l'azur, chaque atome de silence est la promesse d'un fruit mûr (Paul Valéry).

 

Je vous laisse donc parcourir ce blog de fond en comble à la recherche des liens musicaux sur les articles.J'y ai ajouté aussi quelques vidéos mais avec modération car je ne veux pas alourdir ce site et détourner l'attention de mes propos et des photos de Juan.

 

En cadeau, un morceau qui figurait dans la discothèque de mon père. Le " Cubano Chant " d'Art Blakey et son Percussion Ensemble, un des morceaux qui m'ont fait aimer le Jazz dès mon plus jeune âge.

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Défense et illustration du Blues

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Après le Swing, passons à l'autre élément fondateur du Jazz, le Blues.

 

 

Ron Carter

 

La photographie de Ron Carter est l'oeuvre du Bluesy Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Pour le public français, le Blues est connu grâce à une chanson de Johny Halliday, une des rares qu'il ait écrites, " Toute la musique que j'aime, elle vient de là, elle vient du Blues ". Même pour ceux qui, comme moi, changent de chaîne dès qu'ils entendent Johny chanter, il faut le remercier pour cette chanson et pour avoir fait découvrir Jimi Hendrix, le " Bluesman de l'espace " comme disait  John Lee Hooker au public français.

 

Pourquoi chanter le Blues? BB King  l'a clairement expliqué dans une de ses plus belles chansons " Why I sing the Blues ". 

 

Faut-il avoir ramassé le coton à la main pour avoir le Blues? Certainement pas. Miles Davis réplique sèchement à une de ses professeurs à la Juillard School of Music: " Madame, mon père est dentiste, ma mère donne des cours de piano. Je n'ai jamais souffert de la faim, je n'ai jamais ramassé le coton et pourtant, il y a des matins où je me lève avec le Blues ". De fait, le seul élément stable de la carrière de Miles Davis de 1945 à 1991, c'est le Blues. La musique change, les musiciens qui l'entourent aussi et Miles joue toujours le Blues que ce soit en acoustique ou en électrique.

 

Faut-il être triste pour jouer le Blues? Pas du tout. Il existe des Blues sardoniques, humoristiques voire même politiques. Exemples le " If You see Kay " de Menphis Slim qui est apparemment une chanson triste pleurant un amour perdu sauf que cela peut aussi se lire " F. U. C.K ".Ou bien pour la politique le " H2O Gate Blues " de  Gil Scott Heron. H2O=Water (Eau) pour ceux qui ont oublié leur tableau de Mendeleiev.

 

 

Faut-il être un Africain Américain (terme politiquement correct actuel) né dans le Vieux Sud pour jouer le Blues? Dizzy Gillespie, natif de Cheraw en Caroline du Sud estimait ne pas savoir jouer le Blues et ça l'agacait beaucoup que des petits Blancs nés en Angleterre prétendent le savoir. Pourtant, c'est bien grâce aux Anglais que des Bluesmen aussi importants que Muddy Waters, Howlin Wolf ont pu passer à la télévision américaine en prime time, que BB King a pu devenir un artiste cross over. Eric Clapton, Eric Burdon, Mick Jagger, Keith Richards comptent dans l'histoire du Blues comme promoteurs et interprètes.Quant à Dizzy Gillespie et le Blues, lorsqu'il se trouva sur scène avec T Bone Walker dans une tournée  Jazz at The Philarmonic produite et présentée par Norman Granz , il assura bien évidemment.

 

En fin de compte, les mots ne sont jamais les mêmes pour expliquer ce qu'est le Blues comme dit Johny. Pour l'expliquer, je renvois mes lecteurs avides de savoir, mes lectrices assoiffées de connaissance aux travaux de l'excellent Gérard Herzaft, musicien et musicologue à qui rien de ce qui est Blues n'est étranger.

 

Comme l'Esprit Saint cher aux Chrétiens, le Blues se manifeste ou non.Voici quelques exemples de sa présence dans le Jazz.

 

A tout Seigneur tout honneur, Louis Armstrong, le Roi du Jazz, natif de La Nouvelle Orléans, était aussi le Roi du Blues. Le voici chantant et jouant en hommage à sa ville natale Basin Street Blues. Avec l'Impératrice du Blues, Bessie Smith, Louis se fait accompagnateur pour un Sobbin Hearted Blues qui se passe de commentaire.

 

Il existe, à mon sens, une Sainte Trinité des chanteuses de Jazz, Ella Fitzgerald, la plus cross over, Sarah Vaughan  " The Divine Sassy " la plus belle et la plus virtuose, Billie Holiday " Lady Day " la plus Bluesy. La voici dans le premier Blues politique jamais enregistré " Strange Fruit ". Les paroles sont très claires. En 1939, Lady Day risqua sa vie et sa carrière sur cette chanson dont aucune maison de disques respectable ne voulait. Sur cette version des années 1950, je pense que Mal Waldron est au piano. A vérifier.

 

 

Comment mêler le Swing et le Blues pour créer du Jazz? La réponse est entre les mains du Colosse du Saxophone, Mr Sonny Rollins. Le voici dans une de ses plus bellles compositions "" Blue Seven " . Ouvrez bien vos yeux et vos oreilles mais éloignez les enfants de l'écran d'abord...

 

Faire à partir du Blues traditionnel une oeuvre personnelle, unique, inimitable et immédiatement reconnaissable, c'était le truc de Thelonious Sphere Monk. Le voici jouant sous l'oeil amusé de son Maître Count Basie une composition qui lui resta comme surnom " Blue Monk ".

 

Existe t-il des Jazzmen français capables de jouer bluesy? Assurément oui. J'ai eu la chance dans mon existence d'assister à un concert du duo Eric Le Lann (trompette)/ Michel Graillier (piano) au Petit Opportun, club parisien aujourd'hui disparu. Nous devions être 15 spectateurs au maximum et ils jouaient comme si nous étions à Carnegie Hall. Michel Graillier nous a quitté mais sa musique demeure. Voici donc un souvenir de ce duo tiré de leur album " 3h du matin " une version inoubliable de " The Man I love " . 

 

 

Et pour clore cet article sur un sujet inépuisable, une chanson s'impose " Almost Blue " d'Elvis Costello par et pour Chet Baker.

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Première édition du Festival Jura Tempo du 6 au 12 septembre

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

JURA TEMPO

Jura, Franche Comté, France, Union européenne.
Semaine musicale
classique et jazz
du lundi 6 au dimanche 12 septembre 2010
Sur le Premier Plateau et les coteaux de la Haute-Seille à
Verges, Baume-les-Messieurs, Frontenay, Château Chalon, Plainoiseau Mirebel.
Des manifestations gratuites, des tarifs accessibles,
par concert ou au forfait…
Concerts à 10 et 5 euros (tarif réduit)
passeport 3 jours tarif unique 35 euros
Réservations
auprès de l'office du tourisme de Voiteur
(0)3 84 44 62 47

 

La soirée des compositeurs au château de Verges (Aucun hommage à Guillaume Apollinaire n'est prévu).

Vendredi 10 septembre 2010

 

19 h 

Concert classique

A propos de Schubert  

Trio op.100 pour violon, violoncelle et piano

Impromptus et moments musicaux pour piano seul

Quintette à deux violoncelles op.163

 

21 h 30

Concert jazz

 

Tous issus de milieux musicaux différents, les musiciens du Maze septet sont aussi des compositeurs. Au sein d'arrangements originaux, un jeu d'alchimie s'opère entre des sons qui s'opposent ou s'unissent. Leurs compositions puisent sa force dans le jazz, le rock, bop...

 

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La soirée des histoires musicales à l'abbaye de Baume les Messieurs

Samedi 11 septembre

 

Pour ceux qui ne connaissent pas ce lieu magique où la création humaine est à la hauteur de celle de la Nature, une abbaye bénédictine née au X° siècle dans un cirque glaciaire,  je conseille de lire " La friche " (1993) de l'écrivain jurassien Pierre Gascar (1916-1997), prix Goncourt 1953 pour " Le temps des morts ", récit de sa captivité en Allemagne de 1940 à 1945 en Offlag. Pierre Gascar raconte notamment la surprise des autochtones face aux spectacles  curieux proposés à l'attention des touristes dans l'abbaye. Nul doute que ce festival Jura Tempo l'aurait intéressé.

 

18h 

Concert classique

La musique germanique

avec la participation exceptionnelle de Roland Pidoux

(violoncelle)

 

Bach, Ricercare à six

Brahms, Sextuor op. 18

Schönberg, La nuit transfigurée

 

21h 

Concert jazz

 

Le Maze septet se divise en petits ensembles...
Histoires musicales entre deux personnes, puis un quatuor et maintenant un trio...
Une scène qui raconte des instants, des rencontres improvisées...

 

 

--

La soirée Cordes et jazz au château de Frontenay

Dimanche 12 septembre

 

19h 

Concert

Arrangements et compositions d'Olivier Calmel

(piano)

avec la participation exceptionnelle de Xavier Phillips

(violoncelle)

 

Tous les musiciens de la semaine se rencontrent...

Un concert unique...

Entre classique et jazz, imagination et improvisation...

De belles surprises en perspective!

 

Pour les marcheurs, je recommande la Grande Traversée du Jura. Le trajet Pontarlier Nyon se fait en une semaine  à pied et vous laissera d'excellents souvenirs (montagnes, forêts, lacs, calme, silence, sans compter la gastronomie et la chaleur de l'accueil des Jurassiens).

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Défense et illustration du Swing

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

 

Brian Blade

 

La photographie de Brian Blade est l'oeuvre du Swinguant Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Un journaliste anglais demanda un jour à Louis Armstrong: " Monsieur Armstrong, pouvez vous nous expliquer ce qu'est le Swing? "

" Si tu le demandes, c'est que tu ne le sauras jamais, mec! "

 

Le jour où Louis Armstrong apprit que Benny Goodman, un Blanc, s'affichait partout comme le " King of Swing ", Louis entra dans une telle colère que ses amis durent le persuader de ne pas aller tuer Benny Goodman.

 

Ceci dit, Swing signifie " Balancer ". En sport, c'est un terme bien connu des golfeurs. Le swing de Tiger Woods fait des ravages mais pas seulement sur les greens de golf. Il sert aussi en boxe. Mohamed Ali swinguait terrible, que ce soit avec les poings ou les mots. Miles Davis pratiquait la boxe en 1970 lorsqu'il aborda la partie la plus dure, la plus électrique, la plus noire de sa carrière. Au tennis, le service imprévisible et terriblement efficace de " Pistol " Pete Sampras venait de son swing, la nonchalance féline de ce joueur rappelant celle d'un danseur.

 

En musique, le Swing invite à se balancer sur la piste de danse et plus si affinités. Comme l'expliquait le pianiste John Lewis, le maître de cérémonies du Modern Jazz Quartet, certains musiciens classiques swinguent terriblement, certains musiciens de Jazz pas du tout. Les Jazzmen qui ne swinguent pas ne m'intéressant pas, j'évoquerai d'abord les musiciens classiques qui swinguent.

 

Une place particulière doit être réservée ici à Claude Debussy. Bien que Debussy ait écrit " Le pianiste doit faire oublier que son instrument est composé de marteaux qui frappent des cordes ", ce qui est à l'opposé du piano Jazz, son écriture influença des Jazzmen aussi divers que Duke Ellington, Charlie Parker, Bill Evans, Jimmy Giuffre. Debussy lui même, les oreilles aux aguets, découvrit le Jazz et écrivit un " Cake Walk "  (une des premières danses Jazz) dans " Children's Corner " pour sa fille de 4 ans. Le voici dans une version d'anthologie par Alfred Cortot, le pianiste des pianistes.

 

Comme exemple de pianiste classique qui swingue, John Lewis citait  Ivo Pogorelich. En 1986, j'ai eu la chance d'écouter Pogorelich seul en concert. A un moment, le piano fit " Plonk ". Une corde du piano venait de céder sous les assauts du pianiste. Imperturbable, Ivo continua son concert. De temps en temps, le piano faisait un bruit bizarre lorsque la corde fatiguée était sollicitée. L'ensemble restait splendide malgré ce détail. Un grand Jazzman n'aurait pas fait mieux. Keith Jarrett, lui, aurait certainement arrêté son concert. Pas Ivo Pogorelich. Même sur Beethoven, il swingue.

 

Après ces deux exemples tirés de la musique dite " classique " (Leonard Bernstein préférait parler de musique "exacte"), voici quelques morceaux de Jazz où le Swing est indéniablement présent, hors de toute définition savante.

 

Les années 1920 furent appelées aux Etats Unis d'Amérique la " Swing Era ". Parmi les nombreux orchestres qui firent danser les Américains de cette époque, un seul avait pour slogan " Rhythm is our business ", celui de Fletcher Henderson.

 

Dans les années 1930, deux Aristocats du Swing faisaient chavirer les corps et les coeurs, le Comte de Basie et le Duc d'Ellington. Pour sa rythmique en acier trempé (Freddie Green à la guitare, Papa Jo Jones à la batterie) , voici l'orchestre de Count Basie dans son " One o'clock jump ". Pour son titre qui est une leçon de vie, plus encore que de musique, voici l'orchestre de Duke Ellington dans " It don't mean a thing if it ain't got that swing ". (solo de sax ténor par Ben Webster).

 

Le Swing se danse bien entendu. Les Maîtres du genre ce sont les frères Nicholas, Harold et Fayard. Leur numéro dans le film " Stormy Weather " est le plus grand numéro de danse jamais mis dans un film selon Fred Astaire. Pour les analystes, voici ce numéro expliqué par Gregory Hines, danseur. Pour les amateurs, voici  ce numéro de danse où les Nicholas Brothers entrent dans l'orchestre de Cab Calloway et y mettent le feu sacré. Attention, ils font TRES mal!

 

Avec l'arrivée du Be Bop dans les années 1940, le Jazz cesse d'être une musique de danse pour devenir une musique de concert. Heureusement, Dizzy Gillespie était là. Trompettiste, chanteur, pianiste, chef d'orchestre, compositeur, danseur, militant, philosophe, clown, cet homme avait tous les talents. Ajoutant le percussionniste cubain Chano Pozo à son orchestre, il invente l'afro cubain et la salsa. " Le rythme afro cubain est comme la joie de l'homme qui a découvert le feu " (Michel Leiris). Ray Brown, contrebasssiste de l'orchestre, raconte qu'un soir, en plein concert, Dizzy quitta la scène, descendit dans le public et s'en alla. Il revint 10 mn plus tard. Ray lui demanda ce qui s'était passé. " Oh mec, l'orchestre swinguait si dur que je n'ai pas pu le supporter! ". Ce grand orchestre dura de 1946 à 1948, jusqu'à ce que Chano Pozo se fasse descendre dans un bar de Harlem par un dealer qui ne s'était pas laissé impressionner par sa machette (comme Indiana Jones au cinéma beaucoup plus tard). Il nous reste ce " Manteca " qui frappe toujours aussi fort plus de 60 ans après son enregistrement. Louis Armstrong, paraît-il, détestait le be bop. Ca ne l'empâchait pas de swinguer comme un démon avec Dizzy sur cet " Umbrella man " où Louis s'amuse à perturber les soli de Dizzy (écoutez Louis et observez Dizzy).

 

Après cette orgie de rythme comme aimait dire Art Blakey, je conclurai cet article par un homme toujours habité par le Swing quel que soit le contexte dans lequel il joue, M. Sonny Rollins. Né à New York en 1930 de parents originaires des Iles Vierges (Antilles Américaines), Sonny a fait d'un air traditionnel antillais son hymne national,  " Saint Thomas ".

 

Comme le dit Sonny Rollins, si vous ne trouvez pas de Swing et de Blues dans une musique, c'est que ce n'est pas du Jazz. Le jars jasera donc prochainement sur le Blues.

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Giovanni Falzone Bruno Angelini if Duo " Songs volume 1 "

Publié le par Guillaume Lagrée

Giovanni Falzone/Bruno Angelini

if Duo

" Songs volume 1 "

Une production Syntonie. 2008.

 

 

 

Giovanni Falzone + Bruno Angelini

 

 

La photographie de Giovanni Falzone et Bruno Angelini est l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

Giovanni Falzone

: trompette (tromba)

Bruno Angelini: piano(forte)

 

Les compositions de cet album sont de Giovanni Falzone. Les compositions du prochain album de ce duo seront de Bruno Angelini.

 

Pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance d'entendre ce duo hyperbolique en concert, voici une chronique de leur premier album.

 

" Car ce qui est difficile est également beau, bon, grand " Ludwig Van Beethoven.

 

  Cette musique n'est pas facile. Ce n'est pas un hasard si le duo piano/trompette en Jazz est si rare. Cette formation laisse tant d'espace qu'il faut être capable de le remplir sans remplissage. Il y eut  Louis Armstrong avec Earl Hines le temps d'un " Weather Bird " immarcescible,  Martial Solal avec Eric Le Lann enregistrés au Festival de Jazz à Vannes en 1999, un duo que les mélomanes ont le bonheur de retrouver parfois au hasard d'un concert comme j'ai pu en profiter au Duc des Lombards en 2006.

 

Il faut désormais compter avec le if Duo de Giovanni Falzone et Bruno Angelini. Un Italien et un Rital. Le miracle de cette musique est d'être à la fois sophistiquée, subtile, raffinée et pourtant sensuelle, naturelle, évidente. Bruno et Giovanni jouent ensemble comme deux frères de sons. Chaque morceau est une petite tranche d'Univers. Cela sent le citron et l'arbousier, a goût de Mer et de mûre, le soleil chauffe et le vent souffle dans les pins. Les titres collent aux morceaux. " Jean Cocteau " (n°8) brille de mille feux comme le personnage, premier président de l'Académie du Jazz auteur de quelques formules que j'aime à utiliser " le batteur, barman de sons ", " Art Tatum, Chopin devenu fou ". " Guardando il lago " (n°7) me rappelle des promenades au bord du Lac Léman: les cris des canards, le clapotis de l'onde, l'odeur douceâtre de l'eau. " Salto nel vuoto " (n°2) ou " Saut de l'ange " vous fait perdre l'équilibre, la tête, le sens commun sans vous donner le tournis. Et pour finir les promesses du printemps se trouvent dans " Primavera, 18 marzo " (n°9).

 

Vous l'avez compris, lecteurs exigeants, lectrices difficiles, cet album est une pièce majeure et discrète de la musique contemporaine. Rien n'est fait pour attirer l'oeil. Tout est là pour retenir le coeur.

 

 

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Eddie Gomez/Cesarius Alvim " Forever "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Eddie Gomez/ Cesarius Alvim " Forever "

Un album du label rennais Plus Loin Music.

Distribué par Harmonia Mundi.

Sortie le jeudi 26 août 2010.

 

Cesarius Alvim: piano

Eddie Gomez: contrebasse

 

 

Cesarius Alvim, Brésilien de naissance, Breton d'adoption, pianiste et contrebassiste est allé à New York retrouver un vieux complice, le contrebassiste porto ricain Eddie Gomez. Manque à l'appel le trompettiste breton Eric Le Lann. En 1988, Cesarius Avim  enregistrait avec ces deux là l' album" Threefold " où figurait déjà une composition d'Eric " Lady CB " qui, je le suppose, rend hommage à Lady Carla Bley plutôt qu'à un moyen de paiement bien connu des internautes.

 

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. Cet album est celui de Cesarius Alvim. Non seulement la peinture de la pochette, semble t-il inspirée de la grève bretonne, est de lui mais 5 morceaux de l'album sur 11 aussi. Cette musique a été enregistrée à New York fin janvier 2010. Dehors, il fait froid et gris. Cela se sent dans l'ambiance de l'album mais Cesarius n'est pas Brésilien pour rien. Cet homme dégage plus d'énergie et de chaleur qu'une centrale nucléaire et sans déchets ingérables. Quant à Eddie Gomez, il est tout simplement parfait. Comme d'habitude mais nul ne saurait se lasser de cette habitude là. La musique coule de source, lave l'âme de ses impuretés. Elle rêve, elle élève, elle enlève. Pourquoi décrire le bonheur? Mieux vaut le vivre. Voilà tout le risque encouru en écoutant cette musique. Etre heureux. Il vaut la peine d'être pris.

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