Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

" The heart wants " Jo Harrop

Publié le par Guillaume Lagrée

" The heart wants "

Jo Harrop

Lateralize records. 2021

Jo Harrop: chant, compositions

Personnel détaillé dans l'album

Grandes lectrices, Bretons lecteurs, je vous avoue que je suis un homme influençable. D'abord, j'ai toujours eu un faible pour les grandes brunes. A forte personnalité. Ensuite, quand elles chantent avec un style vocal influencé par Nina Simone, Aretha Franklin & Billie Holiday, je suis sans défense. 

Voici pourquoi je me rends sans condition à la voix de Jo Harrop et à son album " The heart wants ". Même quand elle ajoute des violons un peu guimauve comme dans " What if " (9) ou " If I knew " (10), ça passe pour moi. Mais quand elle chante en duo avec Christian Mac Bride (contrebasse) une composition de Duke Ellington, " All too soon " (2), je suis aux anges et damné en même temps. Sous emprise. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Jo Harrop sait varier les grandes délices musicales entre Jazz, Soul, Folk, Blues. Pour la Soul Music, écoutez " Everything is changing " (3). Cf vidéo sous cet article.  Pour le Jazz, je reviens à " All too soon " (2). Pour le Folk, sa version du " Rainbow sleeves " de Tom Waits (11) fera autorité, je le parie.  Pour le Blues, " The heart wants " (1), le titre album, parle de lui même. Elle termine par " If ever I would leave You " (12) en duo avec Jason Rebello (piano) un standard du Jazz qui ne me donne aucune envie de la quitter, c'est certain. 

Par superstition peut-être, le 13e morceau n'est pas indiqué. Une superbe chanson Soul avec chorale qui donne envie de rester au chaud dedans pendant que gronde l'orage dehors, " Weather storm ". 

Jo Harrop écrit certaines chansons, change de groupe à chaque chanson afin d'avoir l'accompagnement parfait. Bref, manifestement, cette femme n'aime pas s'ennuyer et son appétit de musique est communicatif.

Dire que j'ai déjà raté Jo Harrop en concert à Paris! Cette erreur n'est explicable que par l'ignorance. Cela explique mais n'excuse pas. 

Jo Harrop dédie cet album à ses deux fils. J'espère qu'ils sont fiers de leur mère.

Bref, Grandes lectrices, Bretons lecteurs, je ne saurais trop vous recommander l'écoute attentive de l'album " the heart wants " de Jo Harrop. Elle chante intelligemment la vie et l'amour. Vous vous y retrouverez corps et âme.

Partager cet article
Repost0

" Hope " Tomas Liska & Invisible World

Publié le par Guillaume Lagrée

Tomas Liska & Invisible World

" Hope "

Invisible Records. 2020

 

Tomas Liska: contrebasse, basse électrique et piccolo, chant, composition

Nikola Zaric: accordéon, chant

Efe Turumtay: violon, chant

Kamil Slezak: batterie, cajon & autres percussions, chant

Sakina Teyna: chant (2, 7 & 9)

Lectrices Centrales, lecteurs Orientaux, je vous ai déjà chanté les louanges du Quartet Invisible World mené par le Tchèque Tomas Liska en concert. A la pause du concert, j'ai acheté l'album " Hope " du même quartet. C 'était tellement bon sur scène. L'est-ce en studio sans un public pour les stimuler? Bien sûr que oui.

" Mafioso " (1) se révèle moins inquiétant en studio qu'en concert. Cf vidéo sous l'article.

" Hope " (2) dégage la même énergie vitale, celle qui vous donne de l'espoir, justement. Il paraît que Sakina Teyna chante sur ce morceau. Je ne l'ai pas entendue.  Mais avec une basse électrique, ça sonne plus funky. " Shaker " (3) vous enivre comme un cocktail mais sans effets secondaires indésirables. Ah cet accordéon qui vous emballe et vous met le coeur à l'envers! Et cette pulsation subtile du batteur & percussionniste. " Soundtrack " (4) ferait une superbe musique de comédie romantique. Le violon vous emballe sec dans le flux de l'accordéon, porté par la douce pulsation de la contrebasse & des percussions. 

" Para Virgi " (5) sort de l'Europe centrale et orientale pour aller vers des sonorités plus latines. Ce duo contrebasse & percussions, c'est du miel pour les oreilles. 

" Dunga runga " (6) ou " Notalea ovata ", un arbre du bush australien au bois très dur, idéal pour les outils. Vous entendez le vent dans le désert, vous voyez ce petit arbre qui plie mais ne rompt pas. Bref, vous y êtes. Mais vous êtes aussi autour du feu de camp quelque part dans la plaine d'Europe centrale dansant au son du violon et de l'accordéon. La preuve, à la fin du morceau, ça chante. Il me semble bien entendre une voix de femme et pourtant elle n'est pas indiquée. Je n'entends pas Sakina Teyna au 2e morceau où elle est indiquée mais je l'entends au 6e où elle ne l'est pas. Cf extrait audio au dessus de l'article.

" Frankie " (7). Un morceau dédié au docteur Victor Frankenstein, le héros du roman de Mary Shelley, le créateur de la fameuse créature, dépassé par sa création qu'il ne maîtrise plus. Un morceau sombre, inquiétant à souhait tout en restant ludique. Avec grincements de portes et violon grimaçant. Là aussi, Sakina Teyna est censée chanter mais je ne l'entends toujours pas. 

" Another thing to think about " (8). Une ballade langoureuse en diable. Le violon, l'accordéon, la basse piccolo, tout joue l'étirement languissant. Le genre de morceau à vous faire rester au lit. 

" Hope " (9), une 2e version du 2e morceau, plus courte, faite pour la radio en guise de conclusion. Toujours aussi énergique. Ca y est, j'entends la voix de Sakina Teyna en arrière plan du violon. Pas assez à mon goût.

Voici le seul reproche que je ferai à cet album. Je n'entends pas assez la voix de la chanteuse Sakina Teyna.  Je vous laisse vous inventer vos histoires en écoutant les 9 morceaux de l'album " Hope " de Tomas Liska & Invisible World , lectrices centrales, lecteurs orientaux.

Dernier jeu de piste: sur la pochette du CD, il est écrit " Invisible Word " (Mot invisible). Sur le site Internet et sur la tranche du CD, il est écrit " Invisible World " (Monde invisible). Etonnant, non? 

Partager cet article
Repost0

Sélection de concerts de Jazz pour décembre 2021

Publié le par Guillaume Lagrée

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, armé de partialité et de mauvaise foi, je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz en France pour le mois de décembre 2021. A écouter masqué et vacciné, bien entendu. 

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Mon émission Le jars jase jazz est consacrée à l'influence de la France sur le Jazz et lycée de Versailles  sous le titre générique Détours de France. La France à la lumière du Jazz. Diffusion chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) sauf vendredi 24 et 31 décembre où un programme spécial Fêtes sera diffusé pendant 36h afin de couvrir jour et nuit. Pas de podcast. En décembre 2021, 13e épisode avec 9  diffusions: lundi 6 , 13, 20 & 27 décembre à 22h; vendredi 3, 10 & 17  décembre à 12h; jeudi 23 et 30 décembre à 12h  . Jazz d'aujourd'hui avec Henri Texier, Marc Benham, Jean-Philippe Viret, Paul Jarret, Pierre Perchaud, André Stoketti, Pierre de Bethmann, individus tous très favorablement connus de nos services. Cf extrait audio & photographie au dessus  de cet article.

- Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.  

Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor français maintes fois célébré sur ce blog, programme un concert chaque mercredi à 19h30 (heure de New York) au Bar Bayeux à New York. 

Mercredi 1er: Marc Copland Quartet, pianiste maintes fois célébré sur ce blog.(Robin Verheyen, Drew Gress, Mark Ferber)
Mercredi 8: Timo Vollbrecht, Ben Monder, Theo Bleckmann

Mercredi 15: Micah Thomas Trio (Dean Torrey, Kayvon Gordon)
Mercredi 22:  Lawrence Fields Trio (Yasushi Nakamura, Mark Whitfield Jr.)

Mercredi 29: Adam Kolker Quartet (Bruce Barth, Ugonna Okegwo, Billy Hart)

Concerts diffusés en direct sur Internet puis en différé pendant 6 jours. Un club de Jazz de New York livré chez vous sans autre frais que la connexion à la Toile. Vos dons sont les bienvenus. 

Chaque lundi à 14h (New York) , 19h (Paris), le pianiste franco-américain Dan Tepfer maintes fois célébré sur ce blog donne en direct un concert public gratuit sur sa chaîne Youtube et sa page Facebook. Parfois seul, parfois accompagné. Entrée libre.

Le 25e bis festival Jazz au fil de l'Oise fera swinguer le Val d'Oise (Ile de France) du vendredi 8 octobre au vendredi 17 décembre. 

So Blues Festival au Mans (72) du jeudi 2 au dimanche 5 décembre avec notamment jeudi 2 décembre à 20h30, Kaz Hawkins, chanteuse dont j'ai pu apprécier la présence lors des concerts organisés par Couleurs Jazz Radio au salon Musicora dimanche 21 novembre.

Mercredi 1er décembre:

19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Hugo Lippi (guitares) & Pierre Christophe (piano). Double messieurs en 2 sets gagnants.

20h, Paris, Centre culturel suisse: Colin Vallon trio pour le concert final du festival Jazzycolors. Subtilissime.

Jeudi 2 décembre:

- 20h, Antony (92), Institution Sainte Marie: le trio Night Bus déjà célébré sur ce blog. 

- 20h, Paris, Café de la Danse: Fiona Montbet (violon) jouera son album " Maelström " dont la sortie est prévue pour janvier 2022.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: trio Alain Jean-Marie, Gilles Naturel, Philippe Soirat. Des années de complicité au service de la Beauté. Entrée libre. A consommer sans modération. 

Vendredi 3 décembre:

- 20h30, Paris, Le Sunset: Sleeper Train, quartet encensé sur ce blog, enfin sur scène. Toute absence devra être justifiée par un motif réel et sérieux. Cf vidéo sous cet article. 

- 21h, Paris, Café Laurent: trio Pierre de Bethmann, Bruno Schorp & Antoine Paganotti. Classieux. Entrée libre.

- 21h30, Paris, Le Sunside: trio Jean-Michel Pilc, François & Louis Moutin

Samedi 4 décembre, 20h30, Vincennes (94), Espace Sorano: Nick Bartch's Mobile. Pour décoller plus haut que la Bat Mobile, prenez le Bartch's Mobile!

Dimanche 5 décembre:

- 14h30, Paris, Le Sunside: Aaron Bridgers, ambassadeur du Grand Duché à Paris. Conférence musicale de Philippe Baudouin sur Aaron Bridgers (1918-2003), pianiste ami de Duke Ellington qui joua et enseigna pendant des décennies à Paris. 

- 17h, Vincennes (94), Espace Sorano: L'Orchestre National de Jazz jouera Dracula, conte musical pour enfants de 6 à 666 ans. L'amour triomphera de la mort en musique. 

Lundi 6 décembre, 20h30, Paris, Le Pan Piper: Eric Séva triple roots.

Jeudi 9 décembre:

- 20h, Paris, Le New Morning: Pierrick Pédron pour son album " Fifty Fifty " créé pour ses 50 ans et plus.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: Ronnie Lynn Patterson (piano) & Blaise Chevallier (contrebasse). Sing me sotfly of the Blues. Entrée libre.

Vendredi 10 décembre:

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: Tierney Sutton (chant), André Charlier (batterie) & Benoît Sourisse (piano). Une voix à vous donner des frissons dans l'échine. La chanteuse des chanteuses. Indispensable. 1er concert en France depuis 2012!

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Benjamin Moussay (piano, claviers), Michel Portal (clarinettes) & Kevan Chemirani (percussions). Pour aventuriers sonores. 

- 21h30, Paris, Le Sunside: Night Bus, trio célébré sur ce blog.

Samedi 11 décembre:

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Sylvain Cathala Quintet. Explosif.

- 21h, Conflans Sainte Honorine (78), Salle Claude Debussy: Quiet Men, quartet encensé sur ce blog. 

- 21h30, Paris, Le Sunset: Thomas Savy Archipel. Bon voyage. 

Dimanche 12 décembre, 18h, Paris, le Pan Piper: Kartet. 30 ans de créativité sur scène. 

Jeudi 16 décembre:

- 20h, Paris, Le New Morning: Daniel Humair, Stéphane Kerecki, Vincent Le Quang & Yoann Loustalot. 4 chefs pour une musique. 

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Sarah Murcia & Sylvaine Hélary. La tête de Lark. Un quintet masculin féminin surprenant. 

- 21h30, Paris, Le Baiser Salé: Zouké Jazz la! par Sonny Troupé Quartet. Jazz caraïbe de 2021.

Vendredi 17 décembre, 20h & 22h,  Samedi 18 décembre, 19h30 & 21h30, Paris, Le Sunset: Robben Ford Quartet. Du Blues, du Blues, du Blues!

Mardi 21 & mercredi 22 décembre, 21h, Paris, Le Sunside: 40 ans du Sunset-Sunside avec Leon Parker Embodi Jazz Ensemble où brille Olga Amelchenko (sax). 

Dimanche 26, lundi 27 & mardi 28 décembre, 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Roberto Fonseca en trio avec Felipe Cabrera (contrebasse) et Lukmil Perez (batterie). Jazz cubano au sommet. 

Lundi 27 décembre, 20h, Paris, La Rhumerie: Sébastien Llado trio avec Thomas Julienne (contrebasse) & Laurent Derache (accordéon). Entrée libre. Esprit libre. 

Mardi 28 & mercredi 29 décembre, 20h30, Paris, Le Sunside: 40 ans du Sunset-Sunside avec Sara Lazarus (chant) accompagnée par Alain Jean-Marie (piano), Gilles Naturel (contrebasse) & Philippe Soirat (batterie). La Classe, simplement la Classe. 

Mercredi 29 & jeudi 30 décembre, 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Jowee Omisil Bash. Un mélange puissant entre Haïti et Canada à Paris. 

Vendredi 31 décembre, 19h30 & 22h, Paris, Le Sunset: 40 ans du Sunset-Sunside. Rhoda Scott Lady Quartet. Pour finir l'année en beauté avec les Reines libres du Jazz .

 

La photographie d'Henri Texier & Manu Codjia est l'oeuvre du Dynamique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

Partager cet article
Repost0

Tomas Liska & Invisible World jouent l'Espoir au Centre culturel tchèque de Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Tomas Liska & Invisible World

19e Festival JazzyColors

Centre Culturel Tchèque

Paris - Praha Jazz Club

Paris, Ile de France, France

Vendredi 19 novembre 2021, 20h

Album " Hope " (2020), Grand prix du meilleur album de jazz tchèque.

 

Tomas Liska: contrebasse, composition, direction, voix (Bohême, République tchèque)

Kamil Slezak: batterie, percussions, voix (Moravie, République tchèque)

Nikola Zaric: accordéon, voix (Serbie)

Efe Turumtay: violon, voix (Turquie)

 

En attendant le concert, la sono diffuse des chansons populaires tchèques. Je n'y comprends rien mais c'est dansant. J'entends même une sorte de cornemuse, le seul instrument capable de faire peur à la guitare électrique, selon le Britannique Van Morrison. Concert sans microphone. Plus de 40mn de retard. Des vrais Jazzmen. 

Batteur à mains nues sur ses cuisses et ses tambours. Accordéon et violon créent un souffle d'air. Ca sonne Europe centrale et orientale. Pas de clarinette. Ce n'est donc pas du Klezmer mais nous n'en sommes pas loin. Le violon a un micro portatif . Est il branché alors que les autres musiciens n'en ont pas. Le batteur a ajouté une grande canette de bière à son attirail. Pour Alphonse Allais, l'amour est un petit anarchiste tchèque. En effet, l'amour est enfant de Bohême. Il n'a jamais, jamais connu de loi. C'est dans cet esprit que joue ce quartet composé d'un Bohême, d'un Morave, d'un Serbe et d'un Turc. Les héritages des empires austro-hongrois et ottoman se mélangent pacifiquement dans cette musique.

Intro en solo de contrebasse. Vieux bois brun. Ca résonne bien dans le ventre. Une ballade. Ca change des standards du Jazz. Ca vous emmène en voyage non pas en Amérique mais en Europe vers le soleil levant. Ca balance tranquille. Comme une péniche qui descend tranquillement le Danube. Fleuve qui est beau mais pas bleu, rappelons le. A Prague, sous le pont Charles, coule la Vltava. Les musiciens nous ont fait attendre plus de 40 mn après l'heure prévue pour le début du concert, n'ont pas demandé pardon à genoux au public pour l'avoir fait languir, n'ont pas produit de mot d'excuse de leurs parents mais , ouï ce que j'entends, ils valaient la peine d'attendre. Il y a du sentiment. C'est le Blues slave. Ca vous gratte l'âme. C'est trop beau pour être joué dans une croisière touristique sur le Danube ou la Vltava avec de pseudo-penseurs comme accompagnateurs.

Enchaînement direct sur un air plus rapide. Le batteur tapote doucement ses tambours aux baguettes. Envolées lyriques entre violon et accordéon. Le public, ravi, applaudit. 

Passage à un air calme, traînant, languissant même. Ils nous la font au sentiment et ça marche. Accordéon et violon nous emballent sec. Le batteur tapote à mains nues sur ses tambours. Le bassiste assure un tempo souple. Le vent de la plaine bohême souffle dans une cave parisienne, germanopratine même. 

Tomas Liska annonce les titres des deux premiers morceaux. En anglais, avec l'accent tchèque. J'avoue ne pas avoir compris. J'aime la musique. C'est l'essentiel.

"Alegria en Masca ". Rien à voir avec la pandémie de Covid. Jeu de violon en pizzicato. Vague à l'âme de l'accordéon. Du miel pour les oreilles. Le quartet démarre avec le batteur aux balais. Effectivement, c'est joyeux. Avec un pointe de nostalgie slave tout de même. Du sentiment mais pas de sentimentalisme. Le violon en rajoute une couche à l'archet. Solo d'accordéon ponctué par les picotements du violon et la pulsation de la contrebasse et de la batterie. Le quartet nous emmène loin. Ca me donne envie de danser joyeusement avec une partenaire de qualité. Je n'en ai pas ce soir et, d'ailleurs, le public reste sagement assis à écouter. Ils font descendre la pression pour la remonter jusqu'au final. Le jeu est passionné et maîtrisé.

" Soundtrack". Cf extrait audio au dessus de cet article. Une ballade. Cela ferait une belle musique de film romantique. Genre les amants enlacés sur un pont de Prague. Le titre du morceau colle bien à cette ambiance. C'est romantique en diable mais sans guimauve. C'est l'amour passionnel et fusionnel avec rires et larmes. 

" Mafioso ". Un air vif, un peu sombre. Un autre genre de passion., plus violente, plus brutale. Des Mafiosi, il y a en République tchèque aussi. Batteur aux baguettes qui met des pêches. Solo de contrebasse. Le batteur ponctue à mains nues sur ses cuisses. Violon et accordéon prolongent le son. Bonne vibration. Le quartet propose un jazz original ancré dans la tradition au sens de Gustav Malher (1860-1911): " La tradition, ce n'est pas la vénération des cendres mais la préservation du feu ". Pas lent de la contrebasse. Rafales èches de la batterie et cordes grattées du violon. Ca sent le guet-apens. Ca va mal finir. Premier solo du batteur bien stimulé par les 3 autres musiciens. Il découpe le temps aux baguettes. Ca claque des mains et des pieds. Stop.

PAUSE

Le violon s'accorde. Ce qu'il n'a pas fait au 1er set. La partie se joue en 2 sets gagnants. Une ballade. La contrebasse impulse le tempo. L'accordéon s'étire langoureusement. Le batteur joue du balai main gauche et des maracas main droite. Violon en pizzicato puis à l'archet. Tranquille. La grâce et la classe. Ca balance tout doucement en finesse. En France, pour une musique de ce genre, ancrée dans un terroir et résolument moderne  je pense aux Grands Anciens, toujours en activité, Michel Portal & Bernard Lubat. C'était " Shaker ". 

" Dunga Runga ". Ou " Notelaea Ovata ", un petit arbre australien au bois très dur, utile pour fabriquer des outils. Le compositeur prétend qu'il ne connaissait pas le sens des mots en créant le morceau. L'accordéoniste se lance ponctué par le batteur aux mains nues sur les tambours. Le violon vibre sous l'archet. Le quartet démarre avec le batteur aux baguettes. Ca remue agréablement. Solo de violon avec un son nettement oriental. Le violoniste est turc et cela s'entend. Les 4 hommes se mettent à chanter joyeusement " Da da la da da da ". 

Le violoniste va nous chanter une chanson turque. Une chanson d'amour triste qui finit mal. " Ne pleurez pas, s'il vous plaît " nous avertit Efe Turumtay. Intro en violon solo qui, de nouveau, sonne très oriental dans sa plainte. Il chante une chanson d'amour triste et cela s'entend. Vibration de la contrebasse et de l'accordéon tout en douceur. La voix se déploie bien sous la voûte de pierre du Paris Praha Jazz Club (depuis 2001). 

Le morceau titre de l'album. " Hope ". Cf vidéo sous cet article. Le batteur commence avec un balai main gauche et les maracas dans la main droite. L'accordéon donne la vibration. Le violon plane au dessus. Contrebasse et batterie pulsent bien sûr. L'accordéon plonge dans le bain. Que c'est bon, nom de Zeus! Je suis déçu en bien, comme disent les Suisses. Le batteur compte une grande canette de bière et un tambour de machine à laver dans son attirail. 

La seule reprise du concert. " Atmadra " '(?). Un air vif, énergique. Je ne connais pas même si Tomas Liska prétend que tout le monde connaît. A Prague peut-être. Le violon sonne de nouveau oriental mais joyeusement cette fois. Chaque musicien porte en lui ses racines mais cela n'empêche aucun d'avancer.

RAPPEL

 

Après les Polonais du Witold Janiak Trio  lors de l'édition 2018, les Portugais d'André Carvalho lors de l'édition 2019, l'édition 2021 du festival Jazzycolors m'a permis de découvrir, de nouveau sans en avoir jamais entendu une note avant le concert, le quartet du Tchèque Tomas Liska. Nouvelle excellente surprise. J'espère faire de nouvelles découvertes lors de la 20e édition en 2022. La 19e édition du festival Jazzycolors à Paris, en France, dure jusqu'au mercredi 1er décembre 2021.

 

Partager cet article
Repost0

65 musiciens en concert au Couleurs Jazz Club du salon Musicora du 19 au 21 novembre 2021

Publié le par Guillaume Lagrée

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices irrésistibles, lecteurs invincibles, retrouvez vous à Boulogne-Billancourt (92), sur l'île Seguin, à la Seine Musicale (sur l' ancien emplacement de l'usine Renault) pour le salon Musicora du vendredi 19 au dimanche 21 novembre 2021. Le rendez-vous annuel de la musique et des musiciens en France.

Couleurs Jazz Radio, où l'auteur de ce blog sévit chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) dans l'émission " Le Jars Jase Jazz ", sera présent avec 65 musiciens en concert sur 3 journées: vendredi 19, samedi 20 et dimanche 21 novembre 2021 de 11h à 19h. C'est le Couleurs Jazz Club.

Parmi eux, des artistes célébrés sur ce blog: Srdjan Ivanovic samedi 20 novembre de 17h à 18h (cf extrait audio au dessus de cet article) & Médéric Collignon dimanche 21 novembre de 16h à 17h avant le boeuf final (jam session in english). Cf photographie au dessus et vidéo en dessous de cet article.

Avec un peu de chance, j'aurai l'honneur et l'avantage de vous y rencontrer, lectrices irrésistibles, lecteurs invincibles.

La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre de l'Essentiel Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Partager cet article
Repost0

Sandro Zerafa Quartet reçoit au Café Laurent

Publié le par Guillaume Lagrée

Sandro Zerafa Quartet

Le Café Laurent

Paris, Ile de France, France

Samedi 13 novembre 2021, 21h

 

Sandro Zerafa: guitare électrique

Franck Amsallem: piano

Yoni Zelnik: contrebasse

Antoine Paganotti: batterie

Invités:

David Golek    : guitare électrique

Alan Hampton: contrebasse

 

Lectrices raffinées, lecteurs distingués, ce blog vous a déjà chanté les louanges de l'album " Last Night when we were young " du guitariste maltais Sandro Zerafa. Cf vidéo sous cet article.

Je vois enfin ce groupe sur scène. Guitariste, contrebassiste et batteur sont ceux de l'album. Seul le pianiste change. Franck Amsallem remplace Vincent Bourgeix.

Un standard. Batteur aux baguettes. Le quartet attaque bien groupé. Seule la guitare est amplifiée selon la doctrine en vigueur au Café Laurent. Chaque instrument est audible y compris la contrebasse La guitare se tait. Le piano chante clair sous les doigts de Franck Amsallem. Solo de contrebasse. Les cymbales tintent plus doucement sous les baguettes. Cassure de batterie et le quartet repart. Je bats la mesure du pied droit Un homme assis 1m en face du guitariste bat des deux pieds. Il est dedans. C'était " Get out of town " (Cole Porter). 

" You do something to me ". Un autre standard composé par Cole Porter, Américain amoureux de Paris. Le théâtre du Châtelet à Paris lui rendra hommage du samedi 11 décembre 2021 au samedi 1er janvier 2022 avec le spectacle " Cole Porter in Paris ". Batteur aux balais. Ca balance tranquille. Bon massage cérébral. Frappes bien sèches des balais sur les tambours. Antoine Paganotti passe aux balais. La tension monte. Bon décalage main droite main gauche du pianiste. La guitare chante joyeusement et cela me fait quelque chose Comme l'indique le titre du morceau. Cassure de batterie. Distribution de pains aux baguettes.

" I am getting sentimental over You ". Soirée de révision des standards. Introduction en piano solo. Quelques accents à la Monk tapés sur le piano. TS Monk aimait jouer ce thème. Batteur aux balais. Le quartet balance toujours aussi bien. Antoine passe aux baguettes. Ca tourne mais pas en rond. Antoine revient aux balais pour accompagner le solo de Yoni. Les notes de contrebasse rebondissent. C'est sentimental mais sans sucre ajouté.

Antoine commence seul aux baguettes. Une marche militaire accélérée. Le quartet démarre joyeusement. Un vieux standard dont le titre m'échappe. C'est si joyeux qu'un rythme caribéen passe par là. C'était " Rain Check " (Billy Strayhorn) avec les arrangements de Sonny Rollins. D'où le rythme caribéen.

Une ballade. Intro en guitare solo. Elégante à souhait. Batteur aux balais. Le public reste concentré et n'applaudit pas le passage du solo au quartette. Le pianiste nous chatouille les neurones stimulé par le batteur et le bassiste qui tissent leur toile.

Un standard que je reconnais mais dont le titre m'échappe. Batteur aux balais. Ca swingue bien. La rythmique prend la main et le batteur passe aux baguettes. Bonnes attaques du guitariste. Ca réveille après la ballade qui précédait.

PAUSE

Intro au piano. Quelques touches de Monk dans le jeu. Batteur aux balais. Le quartet attaque toujours aussi bien. C'était " Sweet and Lovely ". Un standard de 1931 que Thelonious Monk a joué.

Sandro Zerafa quitte la scène et prête sa guitare à David Golek. Je comprends vite pourquoi. Le remplaçant est au niveau du titulaire. Un air vif, rapide. Batteur aux baguettes. Ca tricote bien entre guitare, contrebasse et batterie. Le piano ponctue.

Au tour de Yoni Zelnik de céder sa place à la contrebasse à Alan Hampton. Le quartet est donc renouvelé pour moitié. En autogestion. Aucun entraîneur n'a demandé de changement dans l'équipe. Elle gagne toujours. Une composition de Thelonious Monk après des allusions à ses interprétations. Sauf que c'est le contrebassiste qui porte un bonnet pas le pianiste alors que Monk jouait toujours avec un couvre chef. 

David Golek sort de scène et redonne la guitare au titulaire, Sandro Zerafa. Alan Hampton reste sur scène. Un air de Be Bop. Bien saccadé comme il convient. Batteur aux baguettes. Ca attaque sévère. Grosse vibration de la contrebasse en solo. 

Alan Hampton sort de scène et rend sa contrebasse à Yoni Zelnik. Une ballade. Antoine joue à mains nues sur ses tambours. Ca balance doucement. Même quand le batteur repasse ax baguettes. Antoine repasse à mains nues sur ses tambours pour accompagner le solo de Yoni. Franck ponctue de temps en temps. 

Pour conclure, " The best thing for You is me " (Irving Berlin). Je ne connais pas ce thème. Un air joyeux, léger. Mes deux voisins discutent sans discrétion. L'Américain veut prouver au Français qu'il parle sa langue. A haute voix. Ma voisine Turque avec qui j'ai échangé quelques mots en anglais est beaucoup plus discrète. L'amitié entre les peuples se manifeste de différentes manières. Antoine passe aux baguettes. Le piano fait chanter la rythmique sans voix humaine.

Partager cet article
Repost0

Dialogue au Sommet: Peter Bernstein Trio invite Alain Jean-Marie au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Peter Bernstein Trio

invite 

Alain Jean-Marie

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Vendredi 5 novembre 2021, 21h

 

Peter Bernstein: guitare électrique

Doug Weiss: contrebasse

Roberto Gatto: batterie

Alain Jean-Marie: piano

Stéphane Portet, patron du Sunset-Sunside, présente les musiciens avec sa fille âgée de 5 ans. La demoiselle n'est pas intimidée. Adorable. Le Sunset-Sunside est né en 1982. Il fêtera donc ses 40 ans en 2022. Les festivités d'anniversaire seront annoncées en leur temps sur ce blog. Stéphane en a hérité de ses parents, les fondateurs du club. La jeune garde se prépare à prendre la relève. 

Une soirée consacrée aux standards joués par des Maîtres. Ca commence tout en douceur. Batteur aux balais. Je chantonne déjà l'air sans retrouver le titre. Ca balance tranquille. Du miel pour les oreilles. Petites attaques de guitare. Peter Bernstein sort du classicisme mais sans brutalité. Juste un peu plus d'énergie. Alain Jean-Marie prend la main et pilote la rythmique. Le batteur est aux baguettes. Le style et le son de la musique me projettent 60 ans en arrière mais avec la même fraîcheur qu'à l'époque. Solo de contrebasse. La guitare ponctue légèrement. Le batteur soutient mezzo voce sur les cymbales. Léger break de batterie. Le quartet repart en souplesse. Pour les spectateurs placés au fond de la salle, comme moi, un écran TV au dessus du bar diffuse le concert en direct. Cela permet de voir les musiciens en plus de les entendre. Sage précaution.

Solo de guitare en intro d'une ballade soyeuse. Un nouveau standard dont le titre m'échappe. Le quartet démarre avec le batteur aux baguettes. Ce n'est pas une ballade finalement. Alain Jean-Marie dirige la rythmique de main de Maître. Ca pulse, nom de Zeus! Ca swingue terrible. La guitare ajoute une grâce en plus. Gros beau son de la contrebasse qui résonne dans le ventre. Doug Weiss accélère tout en restant précis. Fin cliquetis de baguettes. sur les cymbales pour accompagner. Série de breaks de batterie ponctuée par les 3 autres.

Le quartet a joué " Whisper not " (Benny Golson) suivi de " I love You " (Cole Porter). Cf vidéo sous cet article.

Une ballade. Batteur aux balais. Un petit feeling latino dans le rythme. Un petit air de tango là dedans. Ca chaloupe en douceur et en souplesse. Je ne connais pas cet air mais il est enchanteur. Alain Jean-Marie pilote la yole de la rythmique. Je suis bercé au creux de la vague. Le solo de Doug Weiss ajoute une autre vibration. Le quartet joue tranquille et envoûtant. Dieux que c'est bon!

Le quartet repart sur un air plus jazz et plus vif. Batteur aux baguettes. Hugo Lippi, guitariste français, est venu profiter de la leçon de guitare de Peter Bernstein. Le quartet est fermement impulsé par la contrebasse et la batterie.

Enfin je reconnais un standard. " Love for Sale" (Cole Porter). Je progresse. C'est le titre du dernier album en duo de Tony Bennett & Lady Gaga que je n'ai pas écouté. Batteur aux baguettes. Le quartet balance toujours aussi bien.  Ca tricote entre contrebasse et batterie pour accompagner le piano. Quelle fine toile tissent ces 3 là:

Première intro en piano solo. La patte d'Alain Jean-Marie se reconnaît tout de suite. Une ballade dont le titre m'échappe. Batteur aux balais. Le quartet joue si suavement que je m'endors bercé par la musique. C'était " If You could see me now " (Tadd Dameron).

Peter Bernstein fait une déclaration d'amour à Alain Jean-Marie: " Cela fait 30 ans que je voulais jouer avec cet homme. Quand j'ai commencé, il jouait à tous les concerts et il jouait toujours bien. Je voulais jouer comme lui mais, comme je ne pouvais pas, je voulais jouer avec lui ".  Bel hommage qu'Alain Jean-Marie a accueilli avec sa modestie et sa discrétion habituelle.

Hommage à Pat Martino (1944-2021), guitariste de Jazz américain décédé le 1er novembre 2021, une influence majeure pour Peter Bernstein. Un air vif, de hard bop. Je ne connais pas. En tout cas, ça swingue terrible. Batteur aux baguettes. Breaks de batterie pour relancer la machine.

PAUSE

La musique est somptueuse. La salle est comble et le public comblé. Moi aussi mais je suis trop fatigué pour suivre. La chronique est donc finie.

Partager cet article
Repost0