Mario Canonge & Michel Zenino font leur festival au Baiser Salé

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Mario Canonge & Michel Zenino

Paris

Le Baiser Salé

Samedi 1er février 2020. 19h

Mario Canonge: piano

Michel Zenino: contrebasse

invitent

Daniel Humair: batterie

Jowee Omicil: saxophones alto & soprano

 

Lectrices aimées, lecteurs aimables, prenez modèle sur le couple formé par Mario Canonge (piano ) & Michel Zenino (contrebasse). 14 ans que ce duo joue chaque mercredi soir à Paris au Baiser Salé. Bien des couples mariés ne durent pas si longtemps! Le mercredi en duo, ils jouent les standards. Le vendredi, en quintette, ils jouent leurs compositions. Chaque année, le duo reçoit. Ainsi, en 2017, ils recevaient Didier Lockwood. Le 1er février 2020, ils recevaient Daniel Humair et Jowee Omicil, créateurs très favorablement connus de nos services. Toujours pour jouer les standards du Jazz.

Pour respecter la tradition, explique Michel Zenino, nous commençons par le premier morceau. Logique imparable. Un classique du label Impulse pour commencer.  Ca swingue avec classe. Cool! Jowee Omicil est tout de suite dedans. Daniel Humair chauffe les cymbales aux baguettes.  Le thème est posé. Le sax alto se lance tranquille, poussé par la batterie, soutenu par la contrebasse et le piano. Comme son Maître Eric Dolphy, Jowee Omicil passe progressivement du Hard Bop au Free Jazz, sans rien perdre de la mélodie. Le saxophoniste se tait et s'assied. Jeu subtilement heurté du pianiste. La pulsation de la contrebasse est toujours là, hachée menue par le Chef Daniel Humair aux baguettes. Solo de contrebasse souple ponctué finement par le piano et la batterie.  Du Swing, du feeling, un processus démocratique de création où chaque musicien a la parole à son tour, un échange entre cultures et génération. Ma parole, mais c'est du Jazz que j'écoute! Un solo de batterie. D'abord au ralenti, puis en accélérant, en décomposant le temps aux baguettes, faisant sonner tambours, résonner cymbales Le sax remonte sur scène et reprend le thème. Imparable comme la logique de départ. C'était  " Stolen Moments " , le morceau d'ouverture de l'album " The Blues and the Abstract Truth " (1961) d'Oliver Nelson. Un chef d'oeuvre indispensable dans toute discothèque d'amateur de Jazz moderne. 

" Angelica " (Duke Ellington). Thème immarcescible de l'album immortel " Duke Ellington & John Coltrane " 1962), toujours chez Impulse. Le piano prend la parole en premier. Il s'agit d'une composition du Duc d'Ellington, le pianiste de l'orchestre comme il se définissait. Ca swingue subtilement. Humair reste aux baguettes et percute les cymbales vite et sec. Sax soprano. Angelica aka Purple Gazelle. Encore une belle femme courtisée par le Duc. Elle pouvait être flattée d'avoir inspiré un génie. Ca vogue joyeusement. Humair est monté en puissance. Il décale les sons superbement. Mario Canonge ajoute quelques gouttes de rhum antillais au vieux bourbon ellingtonien.  A consommer sans modération. Abus recommandé pour la santé. Je ne suis pas le seul spectacteur à battre la mesure du pied droit. Solo de contrebasse. Daniel Humair ponctue sur les cymbales avec une précision rythmique d'horloger genevois, forcément.

Jowee Omicil entame au saxophone alto un Blues. Il fait gémir le biniou. C'est " Now's the time " (Charlie Parker). J'observe encore que Jowee Omicil porte un polo aux couleurs du Canada (son pays natal) et arbore les couleurs d'Haïti (le pays natal de ses parents) autour du pavillon de son saxophone. Voilà un homme qui assume sans souci son identité plurielle. C'est ici que mon style bille me lâcha. La chronique est donc finie.

La photographie de Daniel Humair est l'oeuvre de l'Imposant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Le duo Mario Canonge & Michel Zenino bénéficie chaque été d'une permission de sortie qui lui permet de quitter Paris et d'aller jouer au grand air. Par exemple, sur les rivages enchantés de la Mer Méditerranée, au festival de Jazz à Porquerolles (83) en juillet 2011. Cf vidéo ci-dessous. 

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