Mario Canonge et Michel Zenino reçoivent Didier Lockwood au Baiser Salé

Publié le par Guillaume Lagrée

Mario Canonge

&

Michel Zenino

Paris, Ile de France, France

Le Baiser Salé

Mercredi 1er février 2017, 19h

Mario Canonge: piano

Michel Zenino: contrebasse

Didier Lockwood: violon

Adriano Tenorio    : batterie, percussions

10 ans que Mario Canonge et Michel Zenino sont en liberté surveillée au Baiser Salé à jouer les standards en duo tous les mercredis à 19h, leurs compositions en quintette le samedi à 21h30. Alors qu'un couple sur 2  à Paris divorce, une telle fidélité mérite récompense.

C'est pourquoi, à titre exceptionnel, le duo a eu du droit à de recevoir des visiteurs et est devenu un quartet pour un soir. Même les Japonaises sont informées et présentes au rendez-vous.

Même dans la façon de se présenter, c'est un joli duo. Ils commencent par le duo habituel en jouant " On a misty night " (Tadd Dameron). Beaucoup de fraîcheur dans ce vieux couple. C'est le secret des couples qui durent. Ca swingue dans une jolie nuit brumeuse. Jolies traces d'Erroll Garner dans le jeu du pianiste. Beau solo de contrebasse qui pulse bien, délicatement orné par le pianiste en sourdine. Je ne vois pas de micro et cela n'est pas nécessaire.

Didier Lockwood sort du public pour monter sur scène.Pour une fois, Didier Lockwood joue avec son violon acoustique, sans microphone. Musique surprise. Intro du violon. Un standard sur tempo rapide dont le titre m'échappe. Ca swingue. Le monsieur sérieux devant moi avec ses cheveux blancs et ses lunettes ondule sur son siège. Le contrebassiste s'escrime pour tenir le rythme et il y parvient. Le violon s'efface pour que le piano mène le bal. Fonce, Alphonse! Chacun son tour. Solo de contrebasse ponctué par le piano. Lockwood marque le tempo en tapotant régulièrement les cordes de violon avec son archet. Un vrai métronome. Ca emballe sec tout de suite. C'était " Pent Up House " (Sonny Rollins).

Arrivée d'Adriano Tenorio (Brésil) aux percussions. Le violon doit être branché tout de même ouï les effets que Didier Lockwood en sort. . Un standard. Une ballade. Joli duo piano & violon, méditatif et passionné. Pas d'applaudissement, de peur de gêner, quand le violon cède la place à la contrebasse pour un autre duo méditatif avec le piano. Adriano Tenorio ajoute délicatement ses percussions. Le batteur rabote alors que le violon glisse. Belle envolée finale. C'était " In a sentimental mood " (Duke Ellington).

Une composition de Didier Lockwood. Rythme brésilien. Ca balance bien. Légère allusion au Saint Thomas de Sonny Rollins. Ca swingue très bien, en jazz latino caribéen. Joli duo percussions/contrebasse. La machine chauffe. Lockwood y ajoute du pizzicato. Le piano se tait. Le rythme est haché menu dans le solo de Ricardo Tenorio. Mario rejoint Ricardo pour jouer des percussions lui aussi alors que la contrebasse marque le tempo. C'est festif. Le quartet repart, chacun à sa place.

Intro piano & violon. Improvisation romantique. Ils arrivent au thème. . Un standard comme prévu. " Solar " (Miles Davis). Le monsieur sérieux devant moi claque des doigts en rythme. Le quartet est bien groupé avec Didier Lockwood en soliste inspiré. Avec un Brésilien aux percussions, ça change la couleur de la musique. Miles Davis a joué avec celui qu'il appelait " l'albinos fou ", le Brésilien Hermeto Pascoal (Album " Live/Evil ". 1971). Sifflements d'encouragement du monsieur devenu chaud bouillant. Des deux Japonaises, l'une est enthousiaste, l'autre s'ennuie, manifestement traînée là par sa copine. Ca envoie entre pianiste et percussionniste. Le contrebassiste maintient le cap. Duo contrebasse & percussions. Ca chauffe. Quel rythme! Mario Canonge passe à la biguine dans l'accompagnement puis à la salsa. Adriano s'y met. Les cordes aussi. Lockwood réintroduit le thème de " Solar " dans la salsa.

Une composition de Chick Corea. Duo piano/violon pour commencer. Le groupe enchaîne. " La Fiesta " je pense. Ca sonne hispanisant. Très rythmé. Même la Japonaise réticente se déride à force. Cela fait du bien d'entendre un quartet de Maîtres. La rythmique est en feu. Il le faut sur cet air là. Didier Lockwood met le violon en transe. Bel envol final groupé.

Pas de rappel. Ils ont tout donné. Rien à ajouter.

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