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Riccardo del Fra en trio con brio au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Riccardo del Fra Trio

Paris. Le Sunside. Samedi 29 janvier 2011. 21h30.

Riccardo del Fra: contrebasse

Marc Copland: piano

Dré Pallemaerts: batterie

Marc Copland

La photographie de Marc Copland est l'oeuvre du Superbe Juan Carlos HERNANDEZ

Un an après un concert dans le même club voici que Dré Pallemaerts s'ajoute au duo Marc Copland/Riccardo del Fra. Billy Hart était pourtant annoncé au programme.

Del Fra commence seul tout en haut de l'instrument. Le silence se fait dans la salle. Il semble tester cette grande contrebasse au beau bois brun. Marc Copland fait signe à une spectatrice bavarde de se taire. Il fait bien. Riccardo continue de parcourir les cordes de son bel instrument. Ca commence à gronder doucement, à swinguer légèrement. Le trio démarre. Personne n'applaudit. Tout le monde écoute. Ca balance subtilement. Jeu très fin, léger, précis des baguettes. Le piano fait la mer. Marc Copland joue plus énergiquement que d'habitude sans rien perdre de son sens de l'espace, du grand air.

Contrairement aux habitudes de la maison personne n'est venu présenter les musiciens avant le concert. Leur musique les présente d'elle même. La contrebasse entre en résonance avec les graves du piano. Ca vibre dans le ventre du spectateur. C'était " L'âme des poètes " (Charles Trénet) puis " I am old fashioned ". Je n'en ai reconnu aucun.

Jeu de cordes entre la contrebasse et l'intérieur du piano. Un standard assez funky dont le titre m'échappe. Duel contrebasse/batterie aux maillets. La contrebasse enchaîne sur un autre standard. On ose à peine applaudit de peur de les déranger dans la construction de leur oeuvre. Le batteur est passé aux baguettes. Il distribue bien. Le piano est heurté., fougueux. Marc Copland me surprend. Il sort du style dont j'ai l'habitude. C'est la marque des grands. Retour au thème de départ. C'était du Monk mais je ne retrouve plus le titre. 

" Someday my prince will come ". Mademoiselle F le reconnaît dès les premières notes. Je lui ai fait découvrir joué par Miles Davis et John Coltrane. Ca démarre entre le piano et la contrebasse. Marc Copland retrouve les airs aérés au tempo suspendu dont il a le secret. Le batteur se glisse aux balais dans la mélodie que la contrebasse impulse et que le piano enlève. Superbe solo du Maestro Riccardo del Fra. Il le porte jusqu'au final. " I am a fool to want You " annonce Riccardo del Fra. Pourtant si Mademoiselle F et moi n'avons pas été victimes d'une hallucination auditive commune, c'est bien la chanson de Blanche Neige que nous avons écouté.

" Talking Blues " (Marc Copland). En effet, c'est un Blues. Marc commence seul. Ce Blues est si parlant qu'il chantonne en le jouant. Ca gronde, vibre, ondule. Le trio démarre. Ca swingue et c'est inquiétant. C'est un Blues de fantômes dansant et riants. Une douce brise envoûtante nous emporte au loin. Au lieu de finir en force comme prévisible, le batteur conclut en douceur.

" A little max " (Duke Ellington) tiré de l'album " Money Jungle " de Duke Ellington ( piano) avec Charles Mingus (contrebasse) et Max Roach (batterie). Del Fra présente le morceau en regrettant qu'il soit peu joué. S'il est peu joué c'est parce que tout l'album " Money Jungle " est un sommet inaccessible. Plus qu'un trio, un triumvirat. Aussi malgré le grand talent des musiciens qui jouent ce soir, je ne peux ôter de ma tête l'original. D'ailleurs, j'ai réécouté l'original dès le lendemain. Même s'il s'agit de musique, il n'y a vraiment pas photo. 

PAUSE

Piano et contrebasse commencent, imposant le silence. Une femme dit: Chut! En quelques secondes, la rumeur des conversations cesse. Le batteur vient s'ajouter aux balais. " Everything happens to me " qu'aimait chanter Chet Baker dont Del Fra fut le contrebassiste attitré dans les années 1980. Enfin c'était juste une citation dans un morceau que je ne reconnais pas. Un air lancinant, obsédant tourne dans l'air. Ils vous emmènent dans un autre monde, en boucles, en spirales. Nom de Zeus, que c'est beau! C'était " It could happen to You " transformé par Del Fra en " It happened to us ". La citation de " Everything happens to me " était donc logique. C'était un hommage au pianiste français Michel Graillier avec lequel Riccardo del Fra a beaucoup joué notamment derrière Chet Baker.

Début assez vif et souple en trio. Une vague de douceur nous envahit. Il y aussi des étrangetés, des aspérités dedans. C'est un standard joué par Bill Evans. C'est bien travaillé pour cacher et dévoiler des standards. Après un beau déroulé au trio, solo de batterie aux baguettes fin, puissant. Les cymbales chantent. En trio, la musique s'écoule comme une source vive. Jeu très fin, léger, subtil qui pulse irrésistiblement sans monter le volume sonore. Une vraie leçon de musique. Le dialogue monte en puissance entre le piano et la batterie aux baguettes. La contrebasse arbitre et calme le jeu. 

Marc Copland commence. Riccardo del Fra le rejoint. Une ballade. Le batteur ajoute quelques coups de maillets en douceur. Encore un standard bien masqué. Le batteur est aux balais. Je pense qu'il s'agit de " In a sentimental mood " (Duke Ellington).

Riccardo del Fra: " On va terminer ce set... " Une spectatrice: " Non! ". Marc Copland: " Ok. You play. " Ils finissent par un mélange de deux morceaux. Sans annoncer lesquels. Trop facile sinon. Ca pulse tout en douceur. C'est leur truc. Je ne reconnais pas le premier morceau. Le deuxième est plus facile: " It might as well be spring ". Solo de batterie aux baguettes puissant, subtil, varié, aéré. Le fluide sympathique circule.

PAUSE

Gorgés de musique et de beauté, Mademoiselle F et moi ne sommes pas restés pour le troisième set et sommes partis ravis.

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: Charlie Parker

Publié le par Guillaume Lagrée

Leçon de Jazz d'Antoine Hervé

Charlie Parker dit Bird (1920 - 1955)

 

 

Vendredi 28 janvier 2011. 19h30.
La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Puissant  Juan Carlos HERNANDEZ.
Antoine Hervél
 Antoine Hervé: piano
Pierrick Pédron: saxophone alto
Ca commence par un Blues en si bémol " Bloomdido " (le nom d'un chien). C'est étrange d'entendre ce morceau sans contrebasse ni batterie. Pierrick le joue fidèlement avec les accents qu'il faut. Pour les puristes, je conseille la version jouée par Charlie Parker,  Dizzy Gillespie,  Thelonious Monk, Curly Russell, Buddy Rich sur l'album " Bird and Diz " ( 1950). Le saxophone alto a pris son envol avec Charlie " Yardbird " Parker. Phil Woods, sax alto qui l'a bien connu, dit que Charlie Parker est un " génie pur ". Parker était métis: père Noir, mère Amérindienne (Chocktaw). Il est né à  Kansas City Missouri ville capitale du Jazz pendant la Prohibition ( le maire était en cheville avec la Mafia qui faisait jouer les musiciens dans les bars. Bref le Paradis des Jazzmen!)
" Donna Lee " une composition de Parker en hommage à une prostituée. La musique de Bird vole et tranche comme un rasoir. Belles variations du piano entre medium et grave. Ca swingue! 
Bird commença le saxophone à 11 ans ce qui est tard. Il intégra l'orchestre de son école à 14 ans au sax baryton. Un jour à Kansas City lors d'une jam session, le batteur Papa Joe Jones lui lança sa cymbale aux pieds pour le faire taire. Alors Charlie rentra chez lui travailler son sax comme un fou. Quand il en sortit il n'était plus le " Yardbird"  (le " bleu " dans l'armée) mais Bird, l'oiseau du saxophone alto. 
" All the things You are " une ballade sur laquelle tout Jazzman a improvisé. Ca se termine par cette fameuse coda jouée avec un son charnu, velouté du saxophone.
Charlie Parker a appris en regardant les doigts des saxophonistes ce qui est proprement ahurissant. 
Ses influences: Coleman Hawkins, Lester Young pour le saxophone ténor, Johny Hodges ( de l'orchestre de Duke Ellington) pour le saxophone alto. Il a aussi étudié les musiques de fanfare et de cirque. Il a aussi écouté Marcel Mule, saxophoniste classique français.
" Embraceable You " (George Gershwin). C'est une ballade que Bird aimait jouer. Toujours le Blues derrière.
En 1937, il intègre l'orchestre de Jay Mac Shann à Kansas City, tourne, arrive à New York.
" Au Privave " un morceau d'inspiration latino mais toujours avec le Blues.
En 1939, il s'installe à New York. Pour écouter le pianiste  Art Tatum, il devient plongeur dans le restaurant où joue Art. 
Charlie Parker était drogué. Quand il arrêtait l'héroïne c'était pour mélanger alcool, tabac et médicaments. Son aura a fait que des jeunes musiciens ont cru pouvoir approcher son génie en se droguant aussi. Erreur fatale. " Moose the mooche " dédié à un dealer. Bird mettait son saxophone au clou pour payer ses doses. Dans les variations les plus sidérantes de Bird, il y a toujourds le Blues qui l'ancre dans la communauté noire américaine. 
En 1942, il joue 8 mois avec Earl Hines le pianiste attitré de  Louis Armstrong. Bonne école. A force de transformer des morceaux banals, il  a inventé un style le Be Bop. Nouveau look, nouvelle musique, premier mélange de Noirs et de Blancs. Il crée une musique totalement différente du Swing, une nouvelle virtuosité. 
" Confirmation " (Parker) un autre classique du Be Bop toujours joué aujourd'hui. Be Bop est le titre d'une composition de Dzzy Gillespie inspirée disait il par le  " bruit de la matraque du flic sur la tête du nègre ". 
Antoine Hervé explique les innovations techniques du Be Bop au piano. Parker avait étudié la musique contemporaine. Il appréciait Debussy, Stravinski, Bartok. Par exemple, l'intervalle de quarte augmentée du Be Bop se retrouve chez Bartok: on passe du fa au fa dièse. La quinte diminuée c'est la même chose que la quarte augmentée. Pourquoi donner deux noms différents à la même chose? Au Moyen Age, la quarte augmentée était l'intervalle du Diable! Cet accord a donné sa couleur au Be Bop. Diminuer la quinte d'un demi ton revient au même qu'augmenter la quarte d'un demi ton. Démonstration au piano. Le saxophone ne joue pas des accords (plusieurs notes en même temps) mais des arpèges (une note après l'autre).
Au tour de Pierrick Pédron de jouer au Professeur Be Bopstein (un des noms de scène de Dizzy Gillespie). D'abord une phrase classique de Blues. Puis il les enrichit en installant des cadences. Exemple de cadence 2-5 la base du Jazz. Le style de Parker c'est l'accentuation, l'appui sur des croches. Antoine Hervé transforme la Marche turque de  Mozart en Jazz. De même avec la Marseillaise. Une vraie patriote sort, choquée par le traitement réservé à l'hymne national de la République française. Elle ne doit pas apprécier Django Reinhardt, Serge Gainsbourg et la Marmite infernale non plus.
" Cherokee " transformation d'un standard par Charlie Parker. Ca commence à accélérer. Pierrick se lance et décolle. Antoine Hervé n'est pas en reste. 
Enfin, le Professor Bop alias Antoine Hervé parle de Dizzy Gillespie et  Miles Davis. Miles savait qu'il ne pouvait pas jouer comme Dizzy. Quand il joua avec Bird, il fit autre chose. De même pour Chet Baker, un petit Blanc qui va vous causer bien du souci disait Bird à Miles et Dizzy.  Pour les cinéphiles, rappelons le film " Bird " de Clint Eastwood (1988) sur la vie et l'oeuvre de Charlie Parker. Miles Davis a refusé de le voir parce que c'est un film de Blancs. Que cela ne vous empêche pas de le voir ou le revoir.
Ils terminent par " Now is the time " que  Prince jouait sur scène lors de la tournée " Sign o' the times " en 1987.
Une bien belle leçon de Jazz. Mademoiselle F a révisé avec joie son solfège. Mademoiselle A est enchantée et reviendra avec des amies à la prochaine leçon de Jazz. J'y serai aussi.
Thème: Pat Metheny, guitariste
Invité: Manu Codjia, guitariste
Lieu: Auditorium Saint Germain des Prés à Paris
Date: lundi 14 février 2011 à 19h30
" La première fois que j'ai entendu Bird et Diz jouer ensemble ce fut la plus forte émotion de ma vie habillé. Toute ma vie j'ai cherché à atteindre l'émotion que j'ai ressenti la première fois que j'ai entendu Bird et Diz ensemble. Je m'en suis parfois approché mais je n'y suis pas encore arrivé. Je cherche encore " (Miles Davis).

 

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Les En chanteuses Claudia Solal et Elise Caron sur terre et en mer en février 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

Elise-Caron.jpg

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Virtuose Juan Carlos HERNANDEZ.

"Léo Ferré : Poète... vos papiers!" 2
Avec le soutien de la Ville d'Argenteuil , de la DRAC Ile de France, de l'ADAMI , de la SPEDIDAM et de la Région Ile de France
par le sextet d'Yves ROUSSEAU 

avec Maria Laura Baccarini et Claudia Solal, voix
Régis Huby, violons - Jean-Marc Larché, saxophones - Christophe Marguet, batterie - 
et Yves Rousseau, contrebasse, compositions et arrangements.
dimanche 6 février 2011 à 16h
à l'Onde - théâtre et centre d'art
8bis, av. Louis Breguet
78140 Vélizy-Villacoublay



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Elise CARON (voix) , Christine Chazelle (piano) et Michel Mussseau (piano-jouet, scie musicale)
dans "Chansons pour les petites oreilles"
- le dimanche 6 février à 16h 
Salle Pablo Picasso, située 60, chemin de la Garenne à La Norville (91).

- l
e samedi 12 février à 17h au Sax - 20 rue des champs à Achères (78)

- les mardi 22 à 15h et mercredi 23 février 2011 à 15h à l'ARCHIPEL
1, rue des iles
29170 Fouesnant-les Glénan

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Quelques concerts de Jazz et de Blues de Paris à Chambéry en février 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices raffinées, lecteurs esthètes, voici une sélection personnelle personnelle, arbitraire, subjective de concerts pour le mois de février 2011 de Paris (Ile de France)  à Chambéry (Savoie).

Sarah Murcia

La photographie de Sarah Murcia (Caroline) est l'oeuvre du Merveilleux Juan Carlos HERNANDEZ.

Au Sunset à Paris:

Samedi 5 février à 22h le saxophoniste ténor  Olivier Temime et son " Intruder " Quartet

Vendredi 25 et samedi 26 février à 21h30 Magic Malik Orchestra. Il m'est arrivé de quitter un concert de Magic Malik avant la fin du premier morceau. Il m'est arrivé aussi d'écouter ses albums en boucle. C'est dire si ce flûtiste est surprenant.

Au Sunside à Paris:

Lundi 7 et mardi 8 février à 21h le trio du pianiste italien Giovanni Mirabassi à l'occasion de la sortie de son album "  Live in Tokyo ". Attention: ces concerts auront lieu au Théâtre du Châtelet

Vendredi 11 février à 21h  Eric Le Lann en quartet avec  Laurent de Wilde.

Samedi 19 février à 21h le Quartet " Résistance poétique " du batteur Christophe Marguet.

Au Duc des Lombards à Paris:

Lundi 7 et mardi 8 février à 20h et 22h le trio du pianiste Steve Kuhn " Mostly Trane ". Steve Kuhn joua avec John Coltrane avant que celui-ci ne choisisse Mac Coy Tyner comme pianiste.

Au Café de la Danse à Paris:

Mardi 15 février à 20h30 Lalo Zanelli le pianiste du Gotan Project réunira sur scène des amis d'Argentine, de Paris et d'ailleurs pour un concert mêlant Jazz, tango, électro et autres plaisirs inavouables.

Samedi 26 février à 19h30: Régis Huby et Maria Laura Baccarini présenteront sur scène le splendide album " All around ".

Au Studio de l'Ermitage à Paris:

Mercredi 16 février à 20h30. Elise Caron et Lucas Gillet pour une merveille de mélange Jazz/ British Pop " A thin sea of flesh " sur des textes du poète gallois Dylan Thomas ( l'homme en hommage auquel Robert Zimmerman s'est fait appeler Bob Dylan).

Jeudi 24 février à 20h30 dites Yes à Caroline le groupe de la contrebassiste Sarah Murcia.

Au Sentier des Halles à Paris:

Les dimanches 13, 20 et 27 février à 17h30, le Fluturiste André Stochetti vous emmènera dans son univers cosmicomique.

A l'Auditorium Saint Germain des Prés à Paris

Le lundi 14 février à 19h30, leçon de Jazz d'Antoine Hervé. Thème: Pat Metheny, guitariste. Invité: Manu Codjia, guitariste.

Au Triton aux Lilas (Seine Saint Denis, Ile de France):

Samedi 19 février à 20h30 duo entre les pianistes François Raulin et Yvan Robillard. Parents qui payez à vos enfants des leçons de piano, emmenez les, ça leur ouvrira les oreilles et les mains.

La ville d'Ermont (Val d'Oise, Ile de France) organise des concerts de découverte du Jazz à entrée libre au foyer du théâtre Pierre Fresnay:

jeudi 3 février à 20h30 avec le quartette du contrebassiste François Méchali.

A l'Espace Malraux à Chambéry (Savoie):

Le Festival " Les enfants du Rock " aura lieu du jeudi 17 au dimanche 20 février.

" The Blues had a baby and they named it Rock'n roll " (Muddy Waters)

" Sans le Jazz, il n'y aurait jamais eu de Rock'n roll " (Louis Armstrong)

Le concert final du dimanche 20 à 20h30 réunira l'Alsacien Rodolphe Burger (guitariste, chanteur, auteur, compositeur, directeur de festival) monté de sa vallée à l'Américain James Blood Ulmer, le premier guitariste électrique d'Ornette Coleman.

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Prince vu par Médéric Collignon et Sébastien Llado

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Cet article est dédié à mon frère préféré, Benoît, avec qui j'allai voir Prince en concert au Palais Omnisports de Paris Bercy le 1er septembre 1993.  RIP Brother Ben.

 

Entretien avec Médéric Collignon et Sébastien Llado au sujet de Prince.

 

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La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre du Superfunkycalifragisexy Juan Carlos HERNANDEZ.

 

«  ¨Prince est le Duke Ellington des années 80 » (Miles Davis)

«  Je suis un fan invertébré de Prince » (Michel Petrucciani)

« Prince est le Mozart du Rock’n roll » (Serge Gainsbourg et Nina Hagen)

« Prince est l’incarnation vivante de ce qu’il y a mieux dans la musique » (Eric Clapton)

«  Prince est le guitariste le plus sous estimé que je connaisse » (Carlos Santana)

« Prince a pris à James Brown, à Jimi Hendrix et à Charlie Chaplin. Avec tout ça ensemble, comment voulez vous vous planter ? » (Miles Davis).

 

Des trois superstars mondiales nées en 1958, Michael Jackson est mort, Madonna fait des affaires et Rogers Prince Nelson dit Prince continue une œuvre unique de créateur d’univers sonores. Voici comment il présente son œuvre : « On a à peu près tout fait en musique. Ce qu’il reste à faire, ce sont des nouvelles alliances de sons. C’est ce que j’essaie de faire ». « Je fais de la musique parce que si je n’en faisais pas, j’en mourrais. J’enregistre parce que c’est dans mon sang. C’est presque un sort de savoir que vous pouvez toujours faire quelque chose de neuf ». « Créer une nouvelle musique, c’est comme rencontrer un nouvel ami. C’est toujours ce à quoi je pense quand je compose. »

 

Médéric Collignon, Sébastien Llado et moi sommes tous nés vers 1970. Cela fait  plus de 30 ans que le petit génie de Minneapolis, Minnesota, USA (la ville natale de Robert Zimmerman dit Bob Dylan qui, lui , en est vite parti) nous plonge dans son bain pourpre. Cela méritait bien un entretien dans un café parisien le samedi 22 janvier 2011. Café où Médéric retrouva une amie actrice qui partait le lundi 24 pour Minneapolis. Etonnant, non ?

 

Médéric Collignon :

Prince est le seul qui contrôle tout, tout seul depuis le début depuis l’écriture de la musique jusqu’à sa distribution dans le commerce. Depuis le début de sa carrière en 1978, plus il est bizarre, plus ça excite les gens. Il s’appelle Prince Rogers Nelson, le nom que son père John L Nelson, plâtrier et pianiste de Jazz, portait sur scène et lui a donné. Prince a toujours une fibre de Jazzman. Il a commencé à travailler en studio à 16 ans. Parfois il passe en 24h en studio pour enregistrer un morceau, trois ingénieurs du son se relayant en 3*8 face à lui. Prince enregistre piste, par piste, couche par couche, ajoutant et éliminant pour donner de la fraîcheur. Il a ainsi déclaré à propos du double album « Sign o’ the times » (1987) qu’il avait travaillé l’album de façon à lui donner l’apparence d’une démo. 

 

Prince est une des rares stars qui laisse place à l’improvisation sur scène, y compris pour ses musiciens. Il suffit d’aller l’écouter en concert pour s’en apercevoir. Il a toujours un contrat spécial lui laissant toute liberté pour créer. 

 

Sébastien Llado :

C’est un musicien très exigeant, perfectionniste. Un workaholic comme disent les Américains. Quant tu penses qu’il n’est pas satisfait de l’album « Parade » (1986) qui est un chef d’œuvre. Sur « Kiss », il n’y a pas de basse. C’est la grosse caisse qui fait la ligne de basse.

 

Médéric :

Il y a des cimes et des m… dans ses albums. Sur scène, il déménage toujours. 

 

A New York, en décembre 2010, il jouait avec Esperanza Spaulding et Cassandra Wilson. Un autre signe de son lien avec le Jazz. Prince est Témoin de Jéhovah depuis 2004. Il ne chante plus certaines chansons de son répertoire. Rappelons que c’est parce qu’elle a découvert sa fille de 12 ans écouter « Darling Nikki » (album « Purple Rain » (1984) qu’une mère de famille américaine a créé une association qui a abouti à ajouter sur certains albums l’autocollant « Parental advisory : explicit lyrics ».

 

Sébastien :

Pour les gens de notre génération, nés vers 1970, Prince est une énorme influence. Par exemple, quand j’étais l’élève du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, un camarade a pris le tutti de cuivres de « It’s gonna be a beautiful night » (album « Sign o’ the times », chanson enregistrée en concert au Zénith de Paris en 1986) et l’a présenté comme son travail à l’examen de sortie. Le jury n’a rien vu et a trouvé cela excellent. Prince ne faisait pas partie des musiciens « légitimes » que les jurés connaissaient.

 

Adolescents, Sébastien Llado et Médéric Collignon voulaient être bassistes de Prince. Pour compenser cet échec relatif, Médéric s’est mis à faire la human bass avec ses cordes vocales et Sébastien  à jouer du tuba. Tous deux remarquent qu’il y a une marque de fabrique, le Minneapolis Sound qui a séduit, en France, des musiciens aussi divers que France Gall, les Rita Mitsouko et Michel Portal.

 

Pour Médéric, même les musiciens classiques sont impressionnés par Prince, son perfectionnisme, son insatisfaction perpétuelle. Sa place sera reconnue plus tard, après sa mort peut-être.

 

Sébastien , lui, joue dans Purple House, un groupe de 14 musiciens et chanteurs, venus du Jazz, qui ne joue que du Prince.

 

Parlons musique. Qu’apporte Prince ? «  Mon truc, c’est d’attaquer dès la première mesure » dit-il.  Exemple : « Erotic City » en tête de cet article.

 

Médéric :

Prince capte l’auditeur. La caisse claire est sur l’afterbeat. La grosse caisse est un miroir, décalée d’une croche. Prince fait bouger latéralement un élément. C’est très sexuel. On n’en attend pas moins de lui. Il écrit avec deux basses ou un effet de basse avec un delay

 

Sébastien :

Prince a aussi une utilisation particulière du synthétiseur, et notamment du son insupportable de Hit Orchestra  (« Housequake », « It » , tous deux dans « Sign o' the times »).Il utilise aussi sur scène le SPD 8, une batterie électronique mais sans mauvais goût, ce qui est très difficile vu l’instrument.

 

Médéric :

Prince joue avec les sens comme Mahler dans sa 8e symphonie lorsqu’il ajoute au milieu de l’orchestre une guitare et une mandoline.

 

Finalement, malgré son image sulfureuse, Prince n’a jamais eu d’histoire de mœurs, d’alcool, de drogue.

 

Pour Sébastien, Prince a un rapport religieux au travail. Il n’a ni le temps ni l’envie pour autre chose

Médéric ajoute qu’il a eu une enfance propre qui lui a transmis des valeurs saines. Il peut avoir mauvais goût, faire des mauvais albums. Il a soixante albums en réserve. Il calcule tout, veut être le maître du jeu. Quand Prince fait un funk ultra noir et des ballades mielleuses, il est monstrueux. Le problème est que la religion le bride actuellement.

Pour Sébastien, Prince est proche de Frank Zappa (un des musiciens favoris de Prince d’ailleurs) qui lui aussi voyait la chute de l’industrie du disque. C’est un animal scintillant et défricheur. Dans la Pop des années 1980, il n’y avait pas grand-chose à part Prince.

 

Quels sont vos albums favoris de l’Artiste ?

 

Sébastien :

« Parade » et « Sign o’the times » tournent en boucle sur mes écouteurs depuis des années. 

Médéric :

« New Power Soul » (1998). « N.E.W.S », 4 morceaux instrumentaux de 14mn chacun. « Rave un2 the joy fantastic » : il met en même temps le son live et le son studio et c’est presque identique avec ce petit truc en plus du live. 

 

Sébastien :

Prince est un multi instrumentiste monstrueux. Personne dans la jeune génération ne dégage autant. C’est un perfectionniste. Ca doit être dur de jouer avec lui.

 

Quelle est l’influence de Prince sur votre musique ?

 

Médéric :

Je m’inspire de certaines rythmiques de Prince. Par exemple, pour jouer du Miles Davis. Prince a le souci de la grosse caisse sur la caisse claire, le souci du rajout, le souci de la charleston et de son ouverture. Prince est plus intelligent que le Rock, plus fin.

En résumé, pour Médéric, Prince est un grand cuisinier.

Ajoutons d’ailleurs qu’il a été jugé le Végétarien le plus sexy au monde.

 

Avec sa complice Sheila E, batteuse et chanteuse, en 1986, " Love Bizarre ". Sheila Escovedo est la fille de Peter Escovedo, batteur de Carlos Santana, le guitariste préféré de Prince, né d'un père Noir américain et d'une mère Latina.

 

 

 

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Manuel Rocheman rend hommage à Bill Evans au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Manuel Rocheman Trio 

Paris. Le Sunside. Vendredi 21 janvier 2011. 21h.

Concert diffusé sur TSF Jazz 

 

 

 

 

Manuel Rocheman : piano

Mathias Allamane : contrebasse

Matthieu Chazarenc : batterie

 

Ce soir la salle est archi comble. Je suis assis le nez sur le piano. Manuel Rocheman vient présenter son album hommage à Bill Evans enregistré avec ce trio. « Suicide is painless » thème du film « M.A.S.H » de Robert Altman joué par Bill Evans sur son album « You must believe in spring ». Pour ceux qui n’ont pas vu le film, je ne raconte pas la scène où les infirmières chantent cette chanson. C’est à mourir de rire comme le titre du morceau l’indique.

Ca swingue bien, délicatement. Les balais fricotent tout en douceur sur les tambours. La contrebasse impulse. Le piano part en ballade. Je vois les mains du pianiste se refléter, détachées du corps, sur le piano. Matthieu est passé aux baguettes. Ca monte en puissance

 

Solo de piano pour introduire une ballade. Je ne capte pas le thème. Une vieille dame élégante écoute la musique religieusement derrière le pianiste, les yeux clos, en communion avec la musique. C’est une valse comme souvent chez Bill Evans. Le batteur est aux balais. Le contrebassiste devient leader. Ca mijote bien à la batterie. La contrebasse est d’un beau brun sombre. La musique coule comme une belle fontaine vive, joyeuse, claire. Les cymbales vibrent sous les maillets pour le final. C’était « We will meet again » de Bill Evans.

 

« The touch of your lips », standard qu’aimait jouer Bill Evans. Ca roule tranquille. Les tambours frémissent sous les balais. La contrebasse ancre alors que le piano virevolte clair, léger. Manuel Rocheman n’est pas un disciple de Martial Solal pour rien. En étant si près, le nez sur le piano, je vois que le pianiste bat la mesure des pieds mais n’utilise pas les pédales. De sa formation classique (mettre le lien avec la page sur piano bleu), il a appris à jouer legato sans les pédales. La musique s’anime avec les baguettes sur les cymbales. Son chaud, souple, bondissant de la contrebasse en solo.

 

Introduction au piano. Une nouvelle ballade. Normal, c’est un programme dédié à Bill Evans. Ca s’anime avec l’arrivée de la contrebasse et de la batterie. Ca tourne vraiment bien et ça fait du bien par où ça passe.

Au Sunside, si vous arrivez à l’heure, vous vous asseyez sur des chaises d’église de campagne, en bois, sans paille. Si vous arrivez un peu tard, vous vous retrouvez assis sur des poufs d’école maternelle. Bref, vous avez le choix de l’embarras. Pour vous faire oublier cet inconfort, il y a la musique. Elle est belle ce soir. C’est une composition originale dont je n’ai pas capté le titre.

 

« Valse des chipirons » (Manuel Rocheman). C’est un hommage à un ingrédient de la cuisine basque. Ca doit être délicieux vu le joli résultat que cela donne en musique.

 

La grand-mère élégante écoute religieusement le solo de piano, les yeux clos. La musique se développe dans le grave, la contrebasse l’épouse puis les cymbales sur les balais. Le trio chante. Le tempo ralentit. Ca touche plein cœur sans vous faire souffrir. Emouvant final.

 

Arrêt pour cause de consultation de partitions. « Rhythm changes », une nouvelle composition de Manuel Rocheman. C’est énergique. Cela part, s’arrête, bifurque. Bref cela me rappelle Martial Solal dans l’esprit mais sans copie. La grand-mère élégante a bien mieux vieilli que son mari mais ils restent unis. C’est le plus important. Petite citation de John Coltrane. Ca pulse, saperlipopette ! Matthieu Chazarenc en profite pour faire fumer la batterie aux baguettes. Fouette, cocher !

 

PAUSE

 

La musique est bien agréable mais Mademoiselle F et moi sommes vraiment trop mal assis ce soir. Le concert s’est donc arrêté là pour nous.

 

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Une nuit en Tunisie ( A night in Tunisia)

Publié le par Guillaume Lagrée

En 1942, John Birks " Dizzy " Gillespie (1917-1993) trompettiste, chanteur, pianiste, chef d'orchestre, clown, homme politique, composa " A night in Tunisia " morceau qui doit son titre à un climat orientalisant et à la bataille qui faisait alors rage sur le sol tunisien et libyen entre l'Afrikakorps du maréchal Rommel et les armées alliées (Britanniques, Américains et quelques Français libres) dirigées par le maréchal Montgomery.

La version ci dessus est la plus fantastique  à mon goût. Elle est annoncée en français par Charlie Parker (sax alto) accompagné de Dizzy Gillespie (trompette), Bud Powell (piano), Charles Mingus (contrebasse), Max Roach (batterie).
Je pourrais écrire des pages et des pages sur ce concert donné au Massey Hall de Toronto, Canada en 1953. Je préfère vous laisser déguster la musique.
Pour saluer la révolution de jasmin (jazz mine en prononciation anglo américaine) en Tunisie, voici Dizzy jouant sa composition sur scène en 1981.

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Gardez votre esprit critique avec le numéro de janvier du BSC News

Publié le par Guillaume Lagrée

Aimables lectrices, séduisants lecteurs, le numéro de janvier du magazine Best Seller Consulting News est sorti.

Vous y trouverez une sélection des articles de ce blog dans la rubrique Jazz Club superbement illustrée par le photographe  Juan Carlos HERNANDEZ et la dessinatrice Hélène POISSON.

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La photographie de Dave Liebman est l'oeuvre du Pur Juan Carlos HERNANDEZ.

Vous y trouverez surtout un panorama de l'actualité littéraire après la saison des prix qui tombe chaque année à l'automne à Paris.

Les mélomanes y trouveront aussi une rubrique Classique écrite par  le citoyen Damien Luce et une rubrique Rock'n Roll par la citoyenne Eddie Williamson.

Bonne lecture et belles découvertes.

 

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Laurent Robin and the Skyriders Project décollent du Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Laurent Robin and The Skyriders Project

Paris. Le Duc des Lombards.

Mardi 11 janvier 2011. 22h.

Laurent Robin: batterie

Benjamin Moussay: claviers

Vincent Lafont: claviers

Emiko Ota: batterie, chant

" Tamak Moloch " morceau inspiré d'un voyage à Lagos, Nigeria. Les machines se lancent, crépitent. Laurent Robin commence vite et fort aux balais. Cela donne une couleur particulière. La batteuse joue dans les creux du batteur. Le voyage cosmicomique a commencé. Le chef arbore un super tshirt avec super héros inclus dessus et des lunettes en forme de demi lune horizontale. La batteuse est jolie à regarder mais pas indispensable à écouter. A Vincent Lafont de faire son show alors que Benjamin Moussay joue une ligne de basse entêtante.Le volume sonore est bien réglé. C'est puissant mais pas assourdissant. Le voisin de gauche et la voisine de droite sont entrés dans la vibration. Laurent passe aux baguettes alors que Benjamin prend la main. Laurent Robin a une cymbale trouée. Je suppose que cela change le son. Benjamin sort un son d'orgue Hammond, un groove à l'ancienne genre Jimmy Smith. DJ Benji repart sur des bizarreries électro ludiques dont il a le secret. Duo avec le chef qui a mis un tambourin sur une cymbale pour varier les sons. DJ Benji ajoute une ligne de basse mortelle. Montée en transe à quatre. La batteuse ne fait que ponctuer. Les batteurs sont repassés aux balais. Descente du clavier de Benjamin jusqu'au stop final.

Benjamin commence par une sorte de ballade. Sur un tempo lent, la batterie claque joyeusement. Maintenant, la batteuse ponctue des mains en suivant bien le chef. Ca monte, ça monte sous les doigts de Vincent Lafont bien relayé par Benjamin Moussay alors que les batteries vous remuent les entrailles. Final entre les claviers ponctué par les maillets sur la cymbale trouée.

Morceau titre " Ode to de doo doo da ". Un bijou de groove qui coule de source. Un bon râpeur n'a plus qu'à poser son flot dessus.Ce morceau devrait tourner en boucle au dessus des pistes de danse. L'y avez vous entendu lectrices vives, lecteurs aux aguets? En tout cas, l'ayant essayé, pour lancer un début de soirée, ça marche. C'est plein de son spéciaux, spatiaux, de chaleur, de jus, de sucre, de fruit. Ils s'amusent à lancer et à interrompre le thème. Ca donne envie de danser, de bouger son corps sans effort. La batteuse a l'air d'une élève appliquée suivant les conseils de son professeur. Les claviers s'envolent, la batterie de Laurent Robin sonne les cloches. Ce sont les cavaliers du ciel. La musique est mon aéroplane comme le chante un groupe californien dont le nom rend hommage à Jelly Roll Morton. Un spectateur sceptique écoute en gardant son chapeau sur la tête. Il l'avait enlevé. Il l'a remis. Il applaudit mollement.

" Emiko's vibe " écrit par Laurent Robin pour Mademoiselle Emiko Ota. Elle se lève pour chanter. Musique orentalisante jouée par des Français. Elle chante en japonais. Je ne peux pas vous dire si son nippon est mauvais. Pour moi, le japonais c'est du chinois. C'est mignon mais ça casse l'ambiance du morceau précédent. Ce retour au calme est voulu je suppose. L'homme au chapeau s'en va. La chanson japonaise fut la goutte d'eau qui lui a mis le feu aux poudres d'escampette.

" Monica in London ", une histoire d'été avec une Canadienne. Un séjour sous la tente je présume. A Londres, leur histoire se termina lorsque Laurent jeta Monica dans la Tamise depuis un pont. Y a t-il prescription pour cette tentative d'homicide par noyade? La demoiselle a t-elle porté plainte? Ces questions resteront sans réponse. Morceau très nerveux, fébrile dès le départ. A l'image de cette relation. Ca file comme une course poursuite entre deux amants qui se déchirent passionnément. Ca devient cataclysmique, paroxystique, cyclonique entre les claviers. et la batterie martelée par les baguettes.

Travail aux baguettes sur les tambours des deux batteurs. Ca vibre. La demoiselle se met à jouer plus sérieusement mais toujours de manière très appliquée. Pendant ce temps, les claviers s'amusent bien. C'était " Lives out " (Radio Head).

Morceau traditionnel japonais. La demoiselle se remet à chanter dans sa langue natale. Je ne peux toujours pas vous traduire les paroles. Désolé. Son chant n'est pas inoubliable en tout cas. Le chef devrait changer un de ses maillets à la boule de poils ébouriffée. A moins que ce ne soit un choix stylistique comme la cymbale trouée.

" LA XX 33 ". Une nouvelle composition. Une plaque d'immatriculation girondine certainement. Benjamin Moussay commence par des notes qui me rappellent " Le bal des Laze " de Michel Polnareff. Le batteur frappe vite et fort. Vincent Lafont introduit des bruitages de château hanté par un fantôme de DJ écossais.

Par rapport à un précédent concert de ce groupe, il y a désormais une batteuse et chanteuse japonaise en plus. Musicalement,à mon goût, elle n'apporte rien. En tout cas, elle ne fait pas oublier la superbe chanteuse chinoise qui, elle, embellit l'album.

Ci dessous, après quelques secondes de réclame, vous pourrez écouter " Monica in London ".

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Le trio de Jean-Philippe Viret émerveille le Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Jean-Philippe Viret Trio.

Paris. Le Duc des Lombards. Vendredi 7 janvier 2011. 22h.

Edouard Ferlet+ Jean Philippe Viret

La photographie de Jean-Philippe Viret et Edouard Ferlet est l'oeuvre du Républicain Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Jean-Philippe Viret: contrebasse

Edouard Ferlet: piano

Fabrice Moreau: batterie

 

Concert de lancement de l'album "  Pour " du trio de Jean-Philippe Viret. Chronique à comparer avec celle d'un concert donné le 30 mars 2010 par le même trio au même Duc des Lombards.

Le chef commence seul en douceur, en profondeur. Son pur, chaud, en pizzicato, sans forcer. La beauté comme elle vient, comme elle va. Fabrice ajoute ses coups de baguettes, le piano enchante. C'est une sorte de valse décalée. Je ne le répéterai jamais assez: la musique est l'art de décaler les sons. Pas d'effet de manche. Il s'agit ici de tirer la musique vers le haut. Fabrice fait monter la pression. Le chef n'est pas en reste. Le piano ondule, serpente. Nouveau solo de contrebasse mais cette fois au milieu du trio. Fabrice est passé aux balais mais ne relâche pas la tension.

Le contrebassiste accorde son instrument. Piano et batterie le secondent. Puis la musique démarre en vagues souples et chaudes. Morceau avec une grande tension contenue, faussement paisible. Le batteur tient un maillet main gauche, une baguette main droite pour varier les sons et les plaisirs. Il repasse aux baguettes ponctuant de la main gauche ce qu'il construit de la main droite.Ca tourne bien comme une motocyclette dans les virages, se couchant à l'entrée, se relevant à la sortie. La part du chef c'est celle du contrebassiste en solo au milieu du trio. C'était " Les mots rebelles " et " Not yet " de JP Viret.

" Co errance " (Viret). Au Duc des Lombards, il est possible de dîner pendant le concert. Le pianiste profite de la générosité d'un spectateur pour reprendre des forces en plein concert. Morceau agité, fracassé. C'est bien la " co errance " et non la " cohérence ". C'est fougueux, tumultueux. Ca vibre, bouge, grogne. Puis ça se calme progressivement tout en restant tendu. Edouard triture les cordes de son piano avec le manche d'un maillet. Viret tapote ses cordes avec l'archet. Fabrice caresse les tambours, fait vibrer les cymbales. Cela devient étrange tout en gardant la pulsation. Viret passe l'archet sous les cordes, frottant le bois. Cela donne un son soufflé, curieux.

Retour au calme avec la contrebasse aux cordes pincées et relâchées. Ca monte lentement en puissance à trois. Nom de Zeus, que c'est beau! La salle est pleine et le public attentif. Cela fait plaisir à voir. C'est paisible et puissant. C'était " Le ré grave " (Viret)  basé sur la note la plus grave de la contrebasse.

" Page 345 " (Ferlet). Edouard commence avec sa seule main gauche. Il joue avec, lance, s'arrête, creusant les graves, entrecoupés de longs silences. Elle est marquée, cette page! Le groupe enchaîne. Les baguettes hachent menu le tempo. Ca dépote!

" La barge rousse " (Viret). Il s'agit d'un oiseau migrateur capable de faire 11500 km sans escale et sans ravitaillement. Combien d'honnêtes pères de famille, d'épouses vertueuses, de jeunes filles en fleur et de beaux jouvenceaux pourraient prétendre en faire autant? C'est un morceau magique comme le vol de cet oiseau. Ca plane. Edouard joue dans les cordes du piano, JP Viret fait vibrer celles de la contrebasse alors que la batterie frémit sous les maillets de Fabrice. Une grande vibrations nous emporte très haut, très loin. Edouard joue du cymbalum dans le corps du piano avec ses maillets. Ca sort de la musique pour documentaire animalier genre Nicole la Hulotte. (Pour en savoir plus, lisez La Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers).

" Peine perdue " (Viret). Début à l'archet, vif. Edouard se lance dans la course. Un morceau qui sonne comme une course éperdue, une voiture qui file dans la campagne à la poursuite de la bien aimée perdue. Fabrice ponctue à son tour vif et subtil aux baguettes. Il y a tout un film dans cette musique. Vu le titre, il semble que le héros n'arrivera pas à temps. Le temps s'écoule plus vite que les kilomètres parcourus. Il pleut, il vente, il fait nuit. Un ralentissement soudain. Ca repart doucement. Fabrice passe aux balais sur un passage plus calme, à la tension contenue. Viret travaille à l'archet. Ca grince, vibre, tournoie. La course folle, éperdue, a repris. Paul arrivera t-il à temps pour sauver la belle Jessica des griffes de l'infâme Joss?

Il y eut un RAPPEL mais je me le garde pour moi. Mademoiselle F et Mademoiselle A ont apprécié elles aussi ce concert. Le trio de Jean-Phillippe Viret est une valeur sûre qui n'est pas prête de se démonétiser. Investissez dedans lectrices prudentes, lecteurs avisés.

Ci dessous, à partir de 5mn30s, " Vert " par le trio de Jean Philippe Viret.

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