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Le Jazz flèche de l'arc caraïbe: ma série estivale sur Couleurs Jazz Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Sonny Rollins par Juan Carlos HERNANDEZ

Sonny Rollins par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices estivales, lecteurs estivants, ce blog étant relativement léthargique par cette chaleur, sachez que vous pouvez passer l'été à écouter ma série d'émissions sur le Jazz, flèche de l'arc caraïbe, sur Couleurs Jazz Radio le vendredi à 1h et 19h, le samedi à 1h, le dimanche à 18h (heure de Paris).

Juin était consacré à la Caraïbe anglophone (Iles Vierges et Jamaïque surtout).

Juillet à la Caraïbe francophone ( de la Guadeloupe à La Nouvelle-Orléans en passant par Haïti).

Août à la Caraïbe hispanophone ( de Cuba au Mexique).

Sur un sujet aussi vaste, je ne prétends pas à l'exhaustivité. Juste à vous inviter au voyage d'île en île, en Mer des Caraïbes, portés par le Jazz et l'électricité. 

La série a commencé en juin par Sonny Rollins. Cf photographie au dessus de cet article. Elle se terminera en août par Sonny Rollins né Theodore Walter Rollins à New York de parents originaires des Iles Vierges Américaines.

Pour prolonger l'été et cette série, rendez-vous à Paris au Bal Blomet, jeudi 2 octobre 2019 à 20h30 pour le Tropical Jazz Trio composé des Guadeloupéens Alain Jean-Marie et Roger Raspail (piano & percussions) et du Francilien Patrice Caratini (contrebasse). Cf extrait audio sous cet article.

Pour aller plus loin, l'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Visite vivement recommandée.  Une large part y est faite à l'influence de la musique caribéenne tant à Londres qu'à Paris. 

La plus grande des Iles Vierges Américaines se nomme Saint Thomas. En hommage à ses parents, Sonny Rollins fit d'un air traditionnel de ces îles, un standard du Jazz moderne. Cf vidéo ci-dessous enregistrée au Danemark en 1968 avec Kenny Drew (piano), Albert " Tootie " Heath (batterie) et le régional de l'étape, le Danois Niels Henning Orsted Pedersen (contrebasse). En français, Claude Nougaro en fit une chanson d'amour " A tes seins ". 

 

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre du Transatlantique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

 

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Ricky Ford & Doug Sides Quartet au Sunside: Honneur aux Anciens!

Publié le par Guillaume Lagrée

Ricky Ford par Juan Carlos HERNANDEZ

Ricky Ford par Juan Carlos HERNANDEZ

 

Ricky Ford &

Doug Sides Quartet

American Jazz Festiv'Halles

Le Sunside. Paris.

Vendredi 12 juillet 2019. 21h

 

Ricky Ford: saxophone ténor

Kirk Lightsey: piano

Peter Giron: contrebasse

Doug Sides: batterie

 

Le quartet attaque d'entrée. Gros son du ténor. Batteur aux baguettes. Ca sonne Blues, Noir. Son saturé du ténor. Ca grogne, gémit. L'héritage de John Coltrane mais plus ancré dans le Blues. Ca envoie. Je hoche la tête et bats des pieds. Un Free Blues. La rythmique nous emmène, passant des vagues de sons. Le pianiste chante, dans son élan. Solo de contrebasse ponctué finement aux baguettes sur la cymbale hi-hat. Peter Giron (1952) chante son air. Il se fait plaisir et nous en donne. Piano et batterie ponctuent. Le quartet reprend. Breaks de batterie. Ca swingue, sapristi! Frappes sèches, bonnes claques, bonne vibration. 

" Welcome " que Ricky For (1954) traduit en français, " Bienvenue " puis en turc " Hos geldin ". Ricky Ford rappelle une anecdote avec Dexter Gordon (1923-1990), Géant du saxophone ténor. Ils vivaient dans le même immeuble à New York et allaient nager dans la même piscine universitaire. Sauf que Dexter ne nageait jamais droit  le crawl et qu'il finissait toujours par prendre ses grandes mains en travers de la figure. Un nouveau tempo. Gros son de ténor hérité de Dexter Gordon. Le mot de bienvenue est vraiment chaleureux. Air mâtiné de Latin Jazz. Kirk Lightsey, sous ses airs de professeur honoraire des universités (il est né en 1937) swingue comme un démon. Nouveau solo de contrebasse chantant et chanté. Ca repart sur un mugissement du saxophone ténor. Breaks de batterie. La vibration prend la tête et le ventre. 

" Hey Love " (Mary Rodgers). Une chanson de Broadway qui n'a jamais été jouée en Jazz selon Ricky Ford. Je le crois sur parole. Une ballade. Gros son du sax ténor. Batteur aux balais. Le rythme est plus lent mais la musique n'est pas calme. C'est passionné comme tout ce que joue Ricky Ford. La rythmique distille les notes, fluide et tranquille. Belle envolée finale du quartet avec Doug Sides aux maillets. 

" T and B " une composition de Doug Sides (1942) en hommage aux Nicholas Brothers pourtant prénommés Harold et Fayard, les meilleurs danseurs de claquettes de l'histoire. Ricky Ford (1954) a eu le plaisir de jouer pour eux. Doug Sides reproduit les claquettes avec ses baguettes sur les bords de caisse. Un morceau énergique comme les frères Nicholas. Doug Sides a mis un bandeau de joueur de tennis pour éviter que la sueur ne coule sur ses lunettes. Il joue sans compter. Le pianiste swingue toujours autant et le batteur joue des claquettes sur les bords de caisses. Solo de contrebasse où je visualise les frères Nicholas danser. Solo de batterie en alternant jeu de claquettes et normal. Il joue sur les tambours de la paix.

PAUSE

 

Un écrivain américain, blanc, chauve, barbu, très élégant en costume cravate avec pochette est l'ange gardien du groupe. Il les photographie, veille à leur approvisionnement en eau. Il est aux petits soins. Ils le méritent. 

La rythmique démarre sans saxophoniste. Une ballade pensive. Batteur aux balais. Joli pas cadencé. 

La rythmique repart menée par le pianiste. Un air qui swingue. Batteur aux baguettes. Une sorte de Blues. Le chef fait sa pause syndicale. La rythmique assure. Ricky Ford revient sur scène alors que la rythmique chauffe déjà fort. Le quartet est reparti. Solo de contrebasse sans accompagnement. Puis tintement très léger de la charleston. Peter Giron accélère le jeu en chantonnant. s

Une chanson tirée d'un album concept. " Understanding love ". Ca swingue, pardi! Batteur aux baguettes. Ca chaloupe même. Ca balance souplement et énergiquement. Bref; c'est du Jazz! Ca fait du bien par où ça passe. Breaks de batterie énergiques et fins. 

" Parfois tu écris une musique et tu ne sais pas comment l'appeler " explique Ricky Ford. Celle-ci fut écrit un soir de Noël. " Christmas Eve " en anglais. D'où le titre " On the Eve ".  Finalement, ils jouent un autre morceau sans titre " Untitled X " . Ca démarre aussi sec. Un Blues rapide. Très hard bop mais sans que ça sonne copie. Non, ça sonne comme les originaux des années 50-60. Avec la même urgence, la même nécessité. 

Normalement, ils jouent " On the Eve " mais, nouvelle surprise, ils jouent finalement " Love Lament " dédié à la chanteuse Abbey Lincoln (1930-2010). J'ai assisté à un concert d'Abbey Lincoln à Rennes vers 1994. En rappel, elle est venue seule sur scène chanter " She was tender as a rose ". A cappella comme sur son album hautement recommandé " Abbey Lincoln and the Riverside Jazz Stars " (1956) . Cela ne s'oublie pas. Batteur aux balais. Une ballade comme une caresse virile et sensuelle. Ricky Ford change de position de jambes pour être mieux campé et sonner mieux. Courte citation de " Laura ", ballade sublime. Le feeling de Kirk Lightsey est irrésistible. Bassiste et batteur le soutiennent superbement. Son velouté, viril, chaud du ténor qui nous amène jusqu'au final. Superbe

3e annonce de " On the Eve ". Cette fois, c'est la bonne. Gros solo de ténor pour commencer. Ricky Ford enflamme la bûche dans la cheminée. Le quartet enchaîne. Un morceau dynamique. Ca sent la joie, la fête en famille. Doug Sides joue avec tant d'énergie que ses partitions tombent à terre. Le pianiste mène le navire de la rythmique de main de maître.

PAUSE

La partie se joue en 3e sets gagnants mais j'ai eu ma dose de beauté. Pour moi, le concert est fini.

Ricky Ford est certainement un des meilleurs saxophonistes vivants. Il fait vivre la tradition des Blues Shouters modernisée par le Hard Bop et le Free Jazz. En plus d'être un interprète vibrant, c'est un compositeur affirmé qui ne joue pas de standards. Un musicien pour musiciens pas assez reconnu du grand public. Il vit, joue, enseigne et peint en France. Sa musique est à savourer sans modération.

 

 

Dans la vidéo ci-dessous, Ricky Ford est en concert avec une autre rythmique de feu (Mark Soskin, Jerome Harris, Barry Atschul) en concert au 75 Club à New York le 3 août 2018.

Les photographies de Ricky Ford et Peter Giron sont l'oeuvre du Tonitruant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Peter Giron par Juan Carlos HERNANDEZ

Peter Giron par Juan Carlos HERNANDEZ

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La Maison Goldberg & Fils s'installe au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

" Family Business "

Le Sunside. Paris.

Mardi 10 juillet 2019. 21h

Concert de sortie de l'album " Family Business " de Michel & Dexter Goldberg

Michel Goldberg: saxophone ténor

Dexter Goldberg: piano

Yoni Zelnik: contrebasse

Simon Bernier: batterie

Message spécial pour les 49 abonnés de ce blog:

Pardon!

Depuis plusieurs mois, l'interface d'overblog a changé et je n'ai pas vu le nouveau système permettant de vous avertir de la publication de mes articles. Vous en manquâtes donc plusieurs, adorées abonnées, adorables abonnés. Je me couvre la tête de cendres, je me roule à terre de désespoir, je me flagelle jusqu'au sang et j'implore votre pardon. Seuls  ceux qui ne font rien ne se trompent jamais disait mon père préféré Michel Lagrée qui m'initia au Jazz. Comme disent les cyclistes après avoir manqué la victoire d'étape: je ferai mieux la prochaine fois. 

Un duo unique au monde. Celui entre un père, Michel Goldberg, saxophoniste et son fils, Dexter Goldberg, pianiste. Il est devenu Jazzman comme Papa mais il a réussi tout de même à éviter le saxophone malgré son ascendance et son prénom. Dexter Gordon dit " Long Tall ", un Géant du Jazz dans tous les sens du terme (1m96 sous la toise). 

Démarrage en duo comme sur l'album " Family Business ". Par le premier morceau. Une superbe ballade. Gros son chaud du sax ténor. Au tour du piano d'ajouter de la fraîcheur. Le duo marche d'un pas tranquille. Belle montée en flèche du sax stimulé par le piano.Retour au calme. Le dialogue père-fils est fructueux.

Un air léger, scintillant. Ca swingue avec grâce. Solo de piano du fils. Le père approuve en l'écoutant et en hochant la tête en mesure. Le duo repart.

Le contrebassiste et le batteur montent sur scène. La famille s'ouvre aux amis. C'est l'esprit même du Jazz, musique démocratique et métisse. En duo, ils jouèrent " Stardust " puis " When I put my sugar to tea " (je parierai bien pour un sous-entendu érotique sur ce second titre). 

La musique reste celle de l'album " Family Business " mais jouée en quartet et non plus en duo. Michel , qui a joué les deux premiers morceaux assis, se met debout. Avec une section rythmique, c'est plus énergique. Batteur aux baguettes. La rythmique s'envole menée par le pianiste. Solo de contrebasse finement ponctué par des cliquetis de baguettes sur les cymbales et quelques notes de piano. 

Ca swingue toujours tranquille. Petit feeling latin dans le rythme. Beau duo funky entre contrebasse et batterie aux baguettes. Un ami de Michel Goldberg, professeur de musique à l'université de San Diego (Californie, USA. La catholique ou la publique?) est venu avec ses élèves. Des Jazzmen français jouent devant des Jazzmen américains à Paris. En général, c'est l'inverse. 

" Portrait of Jennie ". Une ballade peu connue annonce Michel Goldberg. Inconnue de mes services en tout cas. Batteur aux balais. Son velouté du ténor, granuleux même. C'est suave et agréable à souhait. Joli solo de piano élégamment souligné par le contrebassiste et le batteur aux balais. Ca glisse et frotte en douceur. 

Un Blues du pianiste Cedar Walton (1934-2013). Un Blues énergique. Premier solo du batteur aux baguettes. Solo de sax bien nerveux poussé par la rythmique. Puis solo de contrebasse ponctué finement par le batteur aux baguettes. Ca sonne boisé. Breaks de batterie en dialogue stimulant avec le piano. Beau crescendo final du quartet.

. PAUSE

La musique ne dégage que de bonnes vibrations mais j'ai encore le crâne fracassé par la climatisation de l'avion Rio de Janeiro - Paris. Le Brésil comme l'Italie a donné au monde tant de belles musiques qu'il est attristant de devoir supporter la soupe infâme crachée par les sonos sur les radios et dans les rues de ces pays. Bref, je suis trop fatigué pour apprécier encore cette belle musique familiale et amicale. C'est tout.

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