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Création image et son au Prieuré Saint Pierre de Charrière (Drôme) le samedi 9 juin 2012 à 21h par Sylvie Garraud et André Stoketti

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 Vibrantes lectrices, vivants lecteurs, je vous ai déjà chanté les louanges du Fluturiste André Stochetti.

Le voici désormais en duo sous le nom d'André Stoketti créant un nouveau spectacle avec la plasticienne Sylvie Garraud au Prieuré Saint Pierre de Charrière, à Chateauneuf de Galaure, dans la Drôme, région Rhône-Alpes, France, le samedi 9 juin 2012 à 21h. Entrée libre.

Je ne pourrai pas y être. Je compte sur vous pour me raconter vos sensations, vos émotions après cette création.

 

Prieuré de Charrière

Voici le Fluturiste en solo à Paris. En duo dans la Drôme, dans le cadre divin du Prieuré Saint Pierre de Charrière, un autre monde se créera pour vous, heureux spectateurs.

 

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Sélection de concerts de Jazz en dedans et en dehors de Paris pour juin 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

Citoyennes lectrices, citoyens lecteurs, en ce mois électoral de juin 2012 (pour les 99% de la population mondiale qui ne sont pas Français, les Français éliront leurs députés les dimanche 10 et 17 juin 2012), je vous propose comme programme électoral, le choix suivant de concerts de Jazz.

D'abord, il faut signaler cette invention française, la  Fête de la Musique qui lancera l'été le jeudi 21 juin 2012. En cherchant bien, vous y trouverez du Jazz près de chez vous.

Ensuite, je vous propose plusieurs solutions pour quitter Paris:

- d'abord vous rendre au Parc floral de Paris, métro Château de Vincennes (terminus ligne 1) pour le Paris Jazz Festival qui aura lieu chaque samedi et dimanche après-midi du samedi 9 juin au dimanche 29 juillet 2012. Prévoyez un coussin pour vos fesses si vous ne pouvez vous asseoir devant la scène, à boire, à manger, de quoi lire, jouer, vous protéger de la pluie, du soleil, du vent, d'arriver au moins 2h avant pour bénéficier d'une place correcte. Une fois l'entrée du parc payée, les concerts sont gratuits. Tarif réduit pour les enfants. Excellent pour découvrir le Jazz au vert, près de Paris, l'après-midi.

- ensuite, toujours grâce au métro, station Garibaldi (ligne 13), vous rendre aux Puces de Saint Ouen pour le festival des Puces du vendredi 22 au dimanche 24 juin. Concerts à entrée libre.

- enfin, grâce au train, de Paris Montparnasse, allez à Orléans, Loiret, Centre, France, pour le festival Orléans Jazz du mercredi 20 au samedi 30 juin.

Pour ceux qui vivent ou vont à Paris, voici ma sélection totalement autocratique.

Manu Codjia

 

La photographie de Manu Codjia est l'oeuvre de l'Electrique Juan Carlos Hernandez. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sunset-Sunside

Mercredi 6 et jeudi 7 juin à 21h au Sunside, le trio de Laurent de Wilde (piano) avec Ira Coleman (contrebasse) et Laurent Robin (batterie). Une valeur sûre.

Vendredi 8 et samedi 9 juin à 21h30 au Sunset, le trio Skydancers d'Henri Texier (contrebasse) avec son fils Sébastien (saxophone, clarinettes) et Sean Carpio (batterie). Un conteur musical hors pair bien accompagné.

Mardi 12 et mercredi 13 juin à 21h au Sunside, Pierre Christophe, pianiste, rend hommage en trio à son maître Jaki Byard. Classieux.

Jeudi 21 à 21h au Sunset, pour la Fête de la Musique, concert gratuit du trio du guitariste électrique Manu Codjia qui revisitera 50 ans de Pop Music de Jimi Hendrix à Leonard Cohen. Entraînez y vos amis amateurs de Rock qui croient, les ignorants, que le Jazz se résume au piano bar.

Jeudi 28 juin à 21h au Sunside, le duo mirifique Claudia Solal (chant)/Benjamin Moussay (claviers) dont je ne cesse de chanter la gloire depuis l'an 2005.

Samedi 30 juin à 21h au Sunside, Thierry Péala (chant) accompagné d'un nouveau trio avec Bruno Angelini (piano), Michel Benita (contrebasse) et Aldo Romano (batterie). Prometteur.

Du mardi 5 au jeudi 7 juin, dans les clubs de la rue des Lombards, 75001 Paris (métro Châtelet), festival  100% Tel Aviv Jazz à Paris avec la fine fleur du Jazz israélien actuel.

La Java

Vendredi 8 juin de 21h à l'aube. Deuxième anniversaire de l'Electro Swing Club. Dansez, jeunesse!

Samedi 9 juin de 21h30 à l'aube. Back to Berlin Party. Le DJ berlinois Axel Barck, membre du collectif Jazzanova, viendra chauffer les platines parisiennes.

Lundi 25 juin à 20h30, Jazz à la Java, Vibraphones en liberté: 4 vibraphonistes + un trio piano, contrebasse, batterie. Elégant et percutant, forcément.

Auditorium Saint Germain

Lundi 4 juin à 19H30, Leçon de Jazz d'Antoine Hervé consacrée à Monsieur le Baron Thoots Thielemans, Belge et harmoniciste, le seul Jazzman annobli à ma connaissance, en duo avec Olivier Ker Ourio (harmonica).

Duc des Lombards

Vendredi 1er et samedi 2 juin à 20h et 22h, le quartet de Lou Donaldson, sax alto né en 1926, un des derniers survivants du Hard Bop. Ce sera chaud.

Jeudi 7 et vendredi 8 juin à 20h et 22h, le trio de  Danilo Perez. Est-il encore besoin de présenter le pianiste de Wayne Shorter?

Lundi 18 et mardi 19 juin à 20h et 22h, Klezmer Nova. Groupe français de Jazz klezmer contemporain. Ca va swinguer terrible.

Jeudi 21, vendredi 22 et samedi 23 juin à 20h et 22h, carte blanche aux Primitifs du Futur, groupe franco américain qui mélange allégrement Jazz et Musette dans un coquetèle explosif.

Mercredi 27, jeudi 28 et vendredi 29 juin à 20h et 22h, la Californienne Tierney Sutton viendra nous donner sa leçon de chant et d'émotion en compagnie d'un trio mené par son fidèle pianiste français Christian Jacob. Une chanteuse de grande classe, encore injustement méconnue en France. Merci au Duc des Lombards de l'inviter trois soirs de suite. Classique et classe.

Studio de l'Ermitage

Jeudi 7 juin à 20h30, le quartet Gardel avec Lionel Suarez (accordéon), Airelle Besson (trompette), Vincent Segal (violoncelle) et Minino Garay (percussions). Ce sera beau, ce sera tango.

Le Triton (Les Lilas, métro Mairie des Lilas, terminus ligne 11)

Samedi 2 juin, 21h, Fred Frith Solo. Un guitariste électrique anglais à l'influence immense. Aventuriers sonores, ne pas s'abstenir.

Le New Morning

Mardi 5 juin à 21h, le saxophoniste Yochko Seffer joue en quartet et avec des amis. Il y aura du monde et du beau sur la scène.

Mardi 21 juin à 21h, le bassiste électrique Reggie Washington en trio avec le guitariste électrique Jef Leee Johnson. Pour amateurs de Power trio survitaminés.

 

 

 

 

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Soirée spéciale Jean-Charles Richard au Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Avis aux lecteurs:

lectrices raffinées, lecteurs élégants, vous lisez ici le 500e article de ce blog créé le 4 juillet 2009, date de la fête nationale des Etats-Unis d'Amérique, pays de naissance du Jazz. Il est illustré par une photographie prise par mon honorable associé  Juan Carlos Hernandez dont le talent est à louer et l'oeuvre à acheter. Je souhaite que vous soyez toujours plus nombreux à lire, apprécier, détester, louanger, exécrer, commenter, diffuser ce blog. Que les dieux et les muses vous protègent!

 

Soirée spéciale Jean-Charles Richard.

Paris. Studio de l’Ermitage.

Mercredi 23 mai 2012. 20h.

 

Jean-Charles Richard Trio

Suivi du Quintette Résistance Poétique de Christophe Marguet avec Jean-Charles Richard

 

Jean-Charles Richard : saxophones soprano, baryton, composition, direction

Peter Herbert : contrebasse

Wolfgang Reisinger : batterie

Sortie le jeudi 31 mai 2012 du premier album  Traces “ chez Abalone Productions.

 

Puis

 

Christophe-Marguet.jpg

 

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Poétique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Christophe Marguet: batterie, composition, direction

Mauro Gargano: contrebasse

Bruno Angelini: piano

Sébastien Texier: saxophone alto, clarinette, clarinette alto

Jean-Charles Richard : saxophones soprano, baryton.

 

Sortie du nouvel album « Pulsion » chez Abalone Productions le jeudi 31 mai 2012.

 

Ca commence donc par le trio de Jean-Charles Richard qui embouche son baryton. Musique bien énergique, funky même mais pas si simple. Solo de contrebasse à l’archet alors que la batterie martèle et que le sax baryton attaque. Charlie Parker aimait faire ça. Commencer par le morceau le plus rapide pour tester ses musiciens. A la contrebasse, Peter tape ses cordes à l’archet puis revient à la pulsation du pizzicato. Ils chargent comme un troupeau de bisons mais en plus ordonné. C’était « Tumulte », un titre logique.

 

S’ensuit « Wiener » un titre tout aussi logique puisque Peter Herbert et Wolfgang Reisinger sont Autrichiens, Viennois même. Sax soprano. Duo haché entre la contrebasse à l’archet et le sax. Ca chante comme trois oiseaux. Un qui file au vent, un qui glisse sur des cordes, un qui danse sur des tambours. On est loin de la valse brune ou bleue. Une fin en forme de plaisanterie à la Karl Kraus.

 

Solo de contrebasse à l’archet bien sombre, inquiétant. Le batteur ajoute sa vibration avec les maillets sur les cymbales. Son très frais, aérien du soprano. C’est beau comme des nuages qui s’effilochent au gré du vent. Wolfgang est passé aux baguettes insistant sur les cymbales qui vibrent. Cela se termine comme cela a commencé, par un frottement doux de l’archet sur la contrebasse.

 

Sax baryton. Très beau son continu du baryton. Ca vibre comme un moteur de cargo. Pas encore culte mais déjà cargo. Il fait aussi la brise de mer, lointaine et menaçante. Il existe encore en 2012 des spectateurs qui ne savent pas qu’un portable s’allume APRES le concert. Toute une éducation à faire. L’archet glisse lentement sur la contrebasse. La batterie est chatouillée aux balais. Le Pas de Calais la nuit entre Manche et Mer du Nord, une nuit d’hiver dans la brume, les cargos se croisent en grondant. Voilà les images que me suggèrent cette musique. C’était « Le reliquat du bonheur » puis « Firmament ».

 

« Myosotis » dédié aux papillons, une fleur symbole du souvenir. Jean-Charles commence seul, une ballade a priori. C’est tout en douceur, en velours. La contrebasse ronronne, la batterie chante sous les balais.

 

« Neige grave » (Peter Herbert). Wolfgang commence par faire un son de clochettes évocateur du traineau, de l’hiver. Jean-Charles joue avec ses clefs sans souffler. Ca fait des percussions au baryton. Un Dj remixe ça et il en fait un hit. Peter se met à tapoter la tête de sa contrebasse. Duo de percussions entre baryton et contrebasse. Il neige grave, c’est clair. Ca y est, le trio est parti, léger, altier. Le batteur a pris les baguettes souples, les sticks. Ca vibre de partout.

 

PAUSE

 

Quintette « Résistance poétique » de Christophe Marguet avec Jean-Charles Richard.

 

Ca commence par un joyeux chaos collectif. Puis Bruno lance un air vif, allègre au piano. Et c’est parti vite, puissant, structuré, tenu mais libre. La rythmique sonne hard bop à l’ancienne. Très efficace d’ailleurs. Le papy moustachu que je croise régulièrement aux concerts de Jazz est parti à la pause. Il avait gardé sa casquette, son blouson, son écharpe pour écouter. Impressionnant. Quel sang froid ! Ca devient plus féroce pour lancer Jean-Charles Richard au soprano en duo volcanique avec le batteur. Sébastien Texier savoure en attendant son tour. Le voici, léger et mordant, bien soutenu par la rythmique. Ils enchaînent en douceur, sur une ballade. Même pas le temps d’applaudir. Très grosse pulsation de la contrebasse, quelques notes de piano et le baryton qui avance à pas de lion, nonchalant et puissant. Le quintet repart en puissance après le solo d’alto. Ca s’apaise doucement. Bruno égrène les notes dans l’aigu alors que les cuivres glissent portés par l’archet sur la contrebasse.

 

Ca redémarre sec à la batterie aux baguettes. La contrebasse relance le débat. Dialogue vif, ferme et courtois. Piano et sax alto jouent à leur tour en duo. Le quartet démarre nerveux, sautillant. Le quintet est reparti, tempétueux d’abord, calme ensuite. Il y a des coups de vent et des bonaces.

 

Retour à la clarinette alto pour Sébastien, au soprano pour Jean-Charles. Intro à la batterie. Les tambours vibrent sous les baguettes. Des tambours de paix. Christophe Marguet s’énerve avec les baguettes sur les tambours. Après avoir longuement écouté les tambours majeurs comme Max Roach ou Art Blakey, vous mesurez l’écart entre les Maîtres et un disciple comme celui-ci. Le quintette repart avec une fort jolie mélodie. Ca chante. Ca balance.

 

C’était «  Tiny feet dance ». Ils avaient commencé par « San Francisco » puis « Choral Spirit ».

 

« Le repère ». Solo de contrebasse pour commencer. Léger friselis de cymbales pour accompagner. Bruno accompagne à la main gauche seule. Ce repère est bien caché. Sax soprano et clarinette entament une sorte de pavane. Bruitages du piano en réponse à ceux de la batterie et des percussions (collier de coquillages). Ca finit dans un silence d’approbation avant un tonnerre d’applaudissements.

 

« Ambroseli » ( ?). Il s’agit d’un parc animalier au Kenya. Duo clarinette/baryton. Ca vrirevolte. La contrebasse fait des pas d’animaux. Bruno tapote les cordes de son piano avec des maillets. Ca bruisse, vibre, crache de partout. Bref, c’est la jungle. Mauro Gargano installe la pulsation. Le sax baryton fait l’éléphant, la clarinette, la gazelle, l’ibis même. Ca s’énerve. Le quintette démarre groupé. Ils chargent comme des gnous, s’envolent comme des flamants roses. Tout ça à la fois ? Et oui ! Belle envolée finale, lyrique et rythmique. Comme Clément Janequin nous a transmis les Cris de Paris, le quintette Résistance poétique nous offre la brousse est africaine à Paris.

 

RAPPEL

 

Clarinette alto, sax soprano. Un morceau rapide et sombre. Ca chante. C’est bon d’écouter de la musique qui chante tout en étant libre, audacieuse, loin de toute rengaine.

 

Contrairement à mon voisin vêtu et moustachu, j’ai assisté aux deux concerts de Jean Charles Richard au studio de l’Ermitage. En leader puis en sideman. Bien m’en a pris. J’ai découvert un nouveau groupe, le premier et redécouvert un groupe stable et créatif, le second. Ca coûtait d’ailleurs moins cher d’assister aux deux concerts qu’au premier puisque le prix d’entrée valait pour les deux. Mauvais calcul économique et artistique de mon voisin donc. Tant pis pour lui, tant mieux pour moi et tous ceux qui sont restés jusqu’au bout de cette soirée.


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" Strange Fruit " de Billie Holiday décrit par James Ross dans " Une poire pour la soif "

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices prudes, lecteurs collet monté, le texte que je vous livre ci-après ne comprend aucun terme politiquement correct. En 1940, cette novlangue n'existait pas encore. C'est de 1940 que date " Une poire pour la soif " (" They don't dance much " en VO), le seul roman publié par James Ross (1911-1990), un polar si noir, si cruel, si dur qu'aucun éditeur ne voulut plus l'éditer ensuite. L'avis élogieux de Raymond Chandler n'a pas suffi à lancer la carrière d'écrivain de James Ross qui devint journaliste. L'histoire se passe dans un roadhouse dans la campagne de Caroline du Nord. Dans le roadhouse, on trouvait tout: à boire, à manger, un dancing et des chambres pour les cas où la danse s"avérait fructueuse. Le nickelodeon est l'ancêtre du juke box.

Old Man Joshua était pas tout seul à raffoler du nickelodeon. Tout le monde à Corinth aussi pire que lui. Chez les blancs, on appelait ça un nickelodeon, ou juste phonographe mais les négros, ils appelaient ça un piccolo. On avait plein de disques pour le notre, surtout de la musique de danse pour les jeunes, mais il y avait aussi plein d'autres choses, de ce que les vieux birbes et les tarés voulaient entendre. De temps à autre, Fletch Monroe se trouvait une bagnole pour monter jusque l'après midi, et il restait une heure à jouer " The Ship that never returned ". C'était son morceau favori. Quand Buck Wilhoyt venait avec le champion à Wheeler Wilkinson livrer la viande, il prenait le temps de se jouer un air sur le nickelodeon. Il en pinçait pour " My pretty quadroon ". Buck il s'asseyait tout à côté du bastringue et il chantait si fort qu'il noyait toute la musique, ou presque. Des fois quand Old Man Joshua était suffisamment pompette, il jouait un air à nègres qu'un représentant avait refilé à Smut un jour. " Strange Fruit " que ça s'appelait. Ca commençait: " Les arbres dans le Sud donnent des fruits étranges, du sang sur les feuilles, du sang sur les racines ", et c'est une négresse qui chantait ça, avec une voix rauque qui vous fichait le cafard. Ca causait de lynchage, et la négresse elle en faisait quelque chose de drôlement bien. Old Man Joshua une fois il avait aidé à pendre un nègre, dans sa jeunesse. Quelqu'un avait raconté que le nègre avait violé une blanche. Maintenant, quand le vieux avait ses douze bières sous la ceinture, il s'asseyait et il écoutait ce truc là. Des fois vers la fin il chialait, mais quand la musique s'arrêtait il s'arrêtait de pleurer aussi. " Je sens encore ses satanés yeux sur moi qui me transpercent ", qu'il disait Old Man Joshua. Ensuite, il rotait un bon coup et il se reprenait. C'était juste quand il était plein qu'il était comme ça. A jeun, il aurait eu aussitôt fait de lyncher un négro que de se moucher.

La chanson c'est " Strange Fruit ". Elle date de 1939. La négresse qui en faisait quelque chose de drôlement bien comme l'écrit James Ross en 1940, c'est Billie Holiday dite " Lady Day ". La voici la chantant, peu de temps avant sa mort en 1959, en duo avec Mal Waldron au piano. Cela se passe de commentaire.

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Quatre places à gagner pour le festival Vinovalie Jazz en Midi Pyrénées du 12 au 27 juillet 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices estivales, lecteurs estivants, sachez que vous pouvez gagner sur ce blog 4 invitations pour le festival Vinovalie Jazz:

- 2 pour la soirée du  vendredi 20 juillet à la cave de Técou (Tarn)

- 2 pour la soirée du jeudi 26 juillet à la cave de Fronton (Haute Garonne)

Il vous suffit pour cela de m'écrire via ce blog. Premier arrivé, premier servi. Je communiquerai les coordonnées des heureux gagnants à la directrice artistique du festival qui leur enverra leurs invitations.

Le festival Vinovalie Jazz, du jeudi 12 au  vendredi 27 juillet 2012,  est organisé par des vignerons de la région Midi Pyrénées au Sud Ouest de la France. Le festival n'est pas interdit aux pieux musulmans, aux alcooliques anonymes et aux aquaphiles mais ils en profiteront moins. D'ailleurs, contrairement au Jazz, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Si Louis Pasteur a écrit " Le vin est la plus saine et plus hygiénique des boissons " c'est d'abord parce qu'il était vigneron (dans le Jura français).

Le festival se déroulera de la manière suivante.

Jeudi 12 juillet aux Caves de Côte d'Olt (Lot):

- 19h: Garabato

- 21h30: Du Bartas

Vendredi 20 juillet aux Caves de Técou ((Tarn):

- 19h: La Marmaille

- 21h30: Denise King & le quintet d'Olivier Hutman (pianiste)

2 places sont offertes aux lecteurs de ce blog. 

Jeudi 26 juillet à la cave de Fronton (Haute Garonne):

- 19h: Les Jazzpilleurs

- 21h30: China Moses (chant) & le trio de Raphaël Lemonnier (piano)

2 places sont offertes aux lecteurs de ce blog.

Vendredi 27 juillet à la cave des vignerons de Rabastens (Tarn):

- 19h: Wonder Brass Band (orchestre féminin. Notez le jeu de mots subtil dans le nom de l'orchestre).

- 21h30: Michel Jonasz

Au menu chaque soir:

- 18h30 -19h30: visite de la cave et ballade dans la vigne

- 19h - 21h30: dégustation de vins

- 19h - 21h30: apéro concert en plein air

- 21h30 - 23h: concert en plein air

Les matchs de rugby sont organisés à l'initiative des spectateurs avant les festivités vespérales.

Puisque la loi française obligera chaque conducteur, à partir du 1er juillet 2012, à posséder un éthylomètre à bord de son véhicule automobile, vous pourrez, si vous devez reprendre le volant, l'utiliser afin de savoir si vous pouvez conduire ou non.

Pour vous donner un avant goût du festival Vinovalie Jazz, voici China Moses chantant " Cry me a river " accompagnée par le trio de Raphaël Lemonnier. Bonne dégustation.

 

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Festival des Puces à Saint Ouen du 22 au 24 juin 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices curieuses, lecteurs enquêteurs, vous savez certainement que Paris fut, de 1870 à 1920, entourée de fortifications (les fortifs). Autour de ces fortifications s'étendait une zone non aedificandi. Dans cette zone vivaient les marginaux, les pauvres, les chiffonniers, les immigrés, les manouches qui n'avaient pas les moyens d'habiter en ville. D'où les expressions françaises: la zone, zoner. C'est dans cette zone qu'a grandi le plus grand guitariste du XX° siècle, Django Reinhardt. C'est d'ailleurs dans l'incendie de sa roulotte Porte de Clignancourt qu'il perdit sa guitare et trois doigts de la main gauche, développant ensuite une technique unique pour compenser son handicap.

Aujourd'hui les Puces de Saint Ouen, Seine Saint Denis, Ile de France, sont un des 5 plus importants sites touristiques en France. Pour faire vivre cette tradition de rencontres entre Ritals, Manouches, Bretons, Auvergnats et autres commaunautés entre Jazz et Musette, le Festival des Puces se déroulera du vendredi 22 au samedi 24 juin 2012.

Tous les concerts sont à entrée libre. Il y a des concerts dans des salles y compris Artur H dans la basilique Saint Denis (métro Saint Denis basilique), une tournée des bars avec des musiciens de classe internationale comme Didier Lockwood (père du festival) et Bireli Lagrène digne successeur du divin Django, des chanteuses françaises à forte personnalité comme Nicoletta (ancienne complice d'André Hodeir) et Juliette

Depuis Paris,prenez le métro ligne 4 direction Porte de Clignancourt et descendez au terminus ou ligne 13 direction Saint Denis (train à la lumière bleue), station Garibaldi. Ensuite partez à l'aventure aux sons du Jazz et du Musette en vrais titis de Paris.

En attendant ce festival, voici Django Reinhardt et Stéphane Grappelli improvisant au sein du Quintette du Hot Club de France en 1939 sur " J'attendrai " une bluette française de l'époque. Peut-être l'entendrez vous au Festival des Puces de Saint Ouen en 2012. Qui sait?

 

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Festival Orléans Jazz du 20 au 30 juin 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

Si le Jazz est né à La Nouvelle Orléans, il vit intensément à Orléans, Loiret, Centre, France lors du Festival dont la prochaine édition aura lieu du mercredi 20 au samedi 30 juin 2012.

 

Tigran Hamasyan

 

La photographie de Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Somptueux  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Le Jazz envahit la ville avec 4 lieux principaux:

- le jardin de l'hôtel Groslot

- la place de la Loire

- le Campo Santo

- la Médiathèque

Dans le Jardin de l'hôtel Groslot, des jeunes musiciens, souvent originaires d'Orléans, du Loiret, de la région Centre. A découvrir gratuitement.

Place de la Loire, place au Jazz avec du Jazz plutôt classique, comme les Pommes de ma douche (swing manouche)et le Gramercy Five de Claude Tissendier (Jazz Swing). Autour de la place de la Loire, animations Jazz dans les brasseries, cinémas, librairie et bateaux.

A la Médiathèque, exposition de BD sur le Jazz et concerts de Jazz.

Les étoiles seront au Campo Santo (logique,non?) avec 3 voire 4 concerts par soirée. Prévoyez vous des orgies de musique, lectrices assoiffées, lecteurs affamés!

Par exemple, le deuxième concert à 20h30 le samedi 23 juin sera celui du New Quartet de Daniel Humair. Dimanche 24 juin, les festivités commenceront à 18h avec le quartet du tromboniste à coulisse Sébastien Llado suivi à 20h30 du trio du pianiste cubain Harold Lopez Nussa. Bref, programmation Lauréats du monde du samedi 23 au mardi 26 juin.

Du mercredi 27 au samedi 30 juin, programme International Jazz toujours au Campo Santo.

Par exemple, pour finir la soirée à 22h30 le mercredi 27 juin, Earth Wind and Fire vous fera groover à l'ancienne. Le jeudi 28 juin, le pianiste cubain Roberto Fonseca sera suivi du chanteur américain Al Jarreau.

Pour les amateurs de piano, l'Arménien Tigran Hamasyan sera de retour à Orléans le mercredi 29 juin à 20h30 en trio avec des complices à sa démesure, Sam Minaie (contrebasse) et Nate Wood (batterie) suivi à 22h30 du quartet de l'Américain Ahmad Jamal.

Le feu d'artifice final aura lieu le samedi 30 juin avec 4 concerts à dominante africaine dont à 20h30 le bassiste camerounais Richard Bona que New York s'arrache, le chanteur et saxophoniste nigérian Seun Keuti, fils de Fela, à 22h30 puis la chanteuse camerounaise Sandra Nkake à 0h.

Durant votre séjour à Orléans, vous pourrez, lorsque vous ne serez pas aux concerts de Jazz, parcourir le Val de Loire à la poursuite de l'exposition Véhicules rêvés organisée par le Fonds Régional d'Art Contemporain de la région Centre en collaboration avec les FRAC des Pays de la Loire et du Poitou Charentes. Bon voyage.

Pour vous en mettre en appétit, voici le trio de Tigran Hamasyan en concert à la Maroquinerie, à Paris, le 21 novembre 2011 avec pour invité spécial le guitariste franco vietnamien Nguyen Lé.

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Le mystère des voix vulgaires: Anne Ducros, Mina Agossi, Melody Gardot, Norah Jones

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, vous avez certainement remarqué que, pour les chanteuses de Jazz, ce blog parle essentiellement des Dames du temps présent  Claudia Solal et  Elise Caron. Pourquoi? Parce qu'elles sont passionnantes, flamboyantes, intelligentes, surprenantes, émouvantes, pardi! 

Elise-Caron.jpg

 

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre de l'Espoustouflant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Pour faire exception, cet article ne parlera pas des Dames Elise Caron et Claudia Solal mais de quelques Reines des ventes du genre musical nommé Jazz dans les magasins réels et virtuels, les Françaises Anne Ducros et Mina Agossi, les Américaines Melody Gardot et Norah Jones. Il s'agit ici d'une chronique de stroncatura comme disent les Italiens. Je n'en avais pas écrit depuis  Chilly Gonzales. Ames sensibles, s'abstenir. 

Anne Ducros a commencé à chanter de la musique baroque. Ca ne marchait pas. Elle est passée au Jazz. Là, ça marche pour elle. Cela prouve que l'amateur de Jazz est moins exigeant que l'amateur de Baroque. C'est regrettable mais c'est ainsi. Malgré son nom, la voix de la Ducros est insipide, inodore, incolore. Quant à son oeuvre, c'est de la copie et pâle en plus. Elle imite conscieusement les Reines du Jazz. Elle voudrait bien mais elle ne peut point J'avais reçu son dernier album en hommage à Ella Fizgerald. Je n'ai pas eu la force d'aller au bout du deuxième morceau. Elle n'a pas ce qu'Ella, elle, a.

Mina Agossi incarne le triomphe de la vulgarité. Une voix fausse, une absence totale de sens rythmique (elle ne capte pas les cycles), un jeu de scène démonstratif jusqu'à l'esbroufe, des manoeuvres de séduction insupportables de flagornerie. J'avoue avoir été séduit par cette chanteuse il y a 7 ans jusqu'à ce que je la rencontre, que je discute avec elle pour citizenjazz. Son attitude et ses réponses m'ont ouvert les yeux, les oreilles, l'esprit. Je ne lui ai plus jamais prêté attention. Désormais, ma religion me l'interdit.

Melody Gardot, vu son nom de scène, doit être une admiratrice de deux monuments de la chanson française, Brigitte Bardot et Frigide Barjot, toutes deux célèbres pour leur goût du métissage culturel et leur esprit tolérant. C'est dire si Melody Gardot vise haut, très haut d'une voix languissante, mourante, horripilante. Une amie, Mlle N m'offrit un de ses albums. Ma patience ne m'a pas permis d'aller au delà du deuxième morceau. Je ne sais plus ce que j'ai fait de cet album. Je suis resté ami avec Mlle N. Melody Gardot continue de chanter. Malheureusement.

Norah Jones doit tout à son seul talent. La preuve, son père s'appelle  Ravi Shankar. Il est vrai que Norah Jones est ravissante et que sa voix est douce. D'ailleurs, sa musique est si douce que la seule surprise sonore qui puisse vous arriver pendant que vous l'écoutez, c'est que votre téléphone sonne.

Comme chanteuses lénifiantes et endormitoires, j'aurais pu écouter Diana Krall et Stacey Kent mais cela suffit pour cette fois-ci.

Pour celles et ceux qui pourraient croire à ma misogynie, je précise que ce n'est pas ma faute si ces chanteuses représentent l'essentiel des ventes du genre musical nommé Jazz et je les invite à voir et écouter une Dame du temps présent, toujours bouillonnante de vie et de créativité, la Citoyenne Elise Caron.

D'ailleurs, puisque cette chronique parle des Reines des ventes, des têtes de gondole des rayons Jazz, voici la Citoyenne Elise Caron nous donnant un cours d'économie dans le spectacle " L'argent nous est cher " du tromboniste et compositeur Yves Robert. Belle leçon au Triton.


 

 




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Quelques chiffres sur le spectacle vivant en France en 2011 avec la SACEM

Publié le par Guillaume Lagrée

Sonny Rollins

 

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre du Festif Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices expertes, lecteurs comptables, la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique ( SACEM) nous livre dans une étude inédite des éléments chiffrés sur l'économie des festivals en France.

Cette étude a été présentée au Printemps de Bourges le jeudi 26 avril 2012.

Voici ce que j'en ai retenu.

Définissons d'abord le sujet de l'étude.

Un festival, c'est un ensemble de représentations qui revient de façon périodique avec une programmation identifiée. Ce sont aussi des représentations consacrées à un ou des genres musicaux ou des artistes pouvant figurer dans la programmation d'un ou des lieux ou centres culturels.

En 2011, les concerts de musique actuelle, symphonique et les spectacles d'humour ont représenté 80% des séances et 90% des droits d'auteur perçus. La SACEM a perçu en 2011 76 900 000 euros de droits d'auteur au titre du spectacle vivant.

Dans les genres retenus figurent le Jazz et les musiques improvisées. 

Les 841 festivals en France en 2011 représentent 15,6% des droits d'auteur perçus au titre du spectacle vivant soit 12 000 000 d'euros, c'est à dire moitié moins que les tournées du genre Le Roi Lion, Mozart l'Opéra rock etc.

Parmi ces festivals, 171 soit 20% sont du Jazz et des musiques improvisées. C'est le deuxième genre représenté après les musiques amplifiées (250 festivals soit 30% du total).

Par région, Provence Alpes Côte d'Azur est la première pour le nombre de festivals et les droits d'auteur perçus. Le festival de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins (Alpes Maritimes) est ainsi le plus ancien de France. Charles Mingus le transformait en église baptiste en 1960 pour sa première édition. Cf le lien musical en tête de cet article. 52e édition du 12 au 22 juillet 2012.

La région Rhône Alpes est la deuxième pour le nombre de festivals et la troisième pour les droits d'auteur perçus. Jazz à Vienne (Isère) est bien connu des Jazz Freaks. Prochaine édition du 28 juin au 13 juillet 2012.

La région Bretagne (au sens administratif donc sans la Loire Atlantique) est la sixième pour le nombre de festivals et la deuxième pour les droits d'auteur perçus. L'Interceltique de Lorient est le festival avec le plus grand nombre de spectateurs en France. Pour les amateurs de Jazz, Jazz à Vannes (Morbihan) vaut le détour chaque été. 33e édition du 30 juillet au 4 août 2012.

La suite de l'étude portant sur les aspects budgétaires (qui finance et anime les festivals?) sera publiée en octobre 2012.

N'oublions pas que les festivals n'existeraient pas sans les intermittents du spectacle dont le régime d'indemnités chômage fait toujours débat en France.

Sonny Rollins sera de retour au festival d'Antibes-Juan-les-Pins cet été. En attendant, le voici sur scène dans une précédente édition. Bons festivals à tous!

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " MacCoy Tyner: tempête sur les musiques du monde "

Publié le par Guillaume Lagrée

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé

« Mac Coy Tyner : tempête sur les musiques du monde »

 

Paris. Auditorium Saint Germain.

Jeudi 10 mai 2012. 19h30.

 

 

 

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

Sylvain Romano : contrebasse

Dré Pallemaerts : batterie

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Républicain Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Lectrices exigeantes, lecteurs pointilleux, sachez que je ne porte pas de lampe frontale pendant les concerts. Si l’obscurité est propice à l’écoute et à la méditation, elle ne l’est pas à l’écriture. Je vous transcris ici ce que j’ai pu relire de mes notes. Les erreurs et les lacunes sont donc miennes. En élève consciencieux, j’ai toutefois relevé une ou deux erreurs factuelles dans les propos du Professeur Antoine Hervé qui n’invalident en rien la qualité de cette leçon consacrée au pianiste Mac Coy Tyner, né en 1938, dont la carrière ne saurait se résumer à son brillant passage dans le quartet de John Coltrane (sax ténor, soprano) avec Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) de 1960 à 1965.

 

Cette Leçon de Jazz est consacrée uniquement aux compositions de Mac Coy Tyner. Rappelons d’abord que dans le quartette de John Coltrane les soli de chaque musicien étaient si longs que le chef avait le temps de manger son assiette de spaghetti posée sur le piano pendant que ses musiciens improvisaient. Une utilisation judicieuse du temps de travail, évitant la pause déjeuner (payée mais pas travaillée) qui devrait inspirer les DRH, comme le fait remarquer judicieusement le professeur Hervé.

 

Le trio commence par « Uptown ». C’est joli, entraînant et puissant. Bref c’est du Mac Coy (le pianiste pas le héros de BD ou l’auteur de polars). Le batteur peut jouer plein pot en même temps que le pianiste. Le contrebassiste fait entendre sa vibration au centre.

 

Mac Coy Tyner tient l’Afrique (l'Afrique, c'est Chic!) et les musiques du monde au bout de ses doigts. Ses mélodies sont simples et efficaces, très bien construites avec des répétitions de phrases. Ce système se trouve dans toute la musique populaire du XX° siècle mais est rejeté par la musique dite contemporaine. Mac Coy Tyner est né à Philadelphie, ville riche en musiciens de qualité (le batteur « Philly » Joe Jones, le pianiste Bud Powell, le saxophoniste ténor Benny Golson, les frères Heath). Par contre, je dois reprendre le Professeur Hervé sur un point : John Birks « Dizzy » Gillespie est né à Cheraw, Caroline du Sud et non pas à Philadelphie. Cependant, il  a passé son adolescence à Philadelphie. 1-1. La balle au centre.

 

Pour le Professeur Hervé, le Jazz ce sont les Pan Africains (les Pan Américains ont fait faillite. Blague personnelle), les Créoles et les Latins. Je ne suis qu’un modeste élève du Professeur Hervé mais je ne peux accepter cette théorie. Et les Juifs, les Italiens et les Gitans ? N’ont-ils rien apporté au Jazz ? Stan Getz, Benny Goodman, Lee Konitz, Al Cohn, Eddie Rosner, John Zorn, Artie Shaw, Martial Solal, Lou Levy, Dean Martin, Tony Bennett, Frank Sinatra, Frank Rosolino, Django Reinhardt et sa famille, les frères Ferré, Christian Escoudé, c’est de la roupie de sansonnet, peut-être ? Le minority factor ne vaut pas que pour les Noirs et les Métis dans le Jazz, musique métisse. Il vaut aussi pour les Blancs de peau comme le chantait Claude Nougaro. Aujourd’hui, il y a même des Bretons dans le Jazz : Pierrick Pédron (sax alto), Eric Le Lann (trompette) et Antoine Hervé (piano) qui est au moins Breton de nom. C’est dire la tolérance qui règne dans ce genre musical.

 

Après relecture de ma copie par le Professeur Hervé, je dois battre ma coulpe deux fois:

- d'abord il voulait parler de la Nouvelle Orléans des origines du Jazz où il y avait bien les Pan Africains, les Créoles dont l'auto proclamé Inventeur du Jazz, Mr  Jelly Roll Morton et les Latins.

- ensuite Hervé vient des Vikings, les North Men en anglais, les Normands en français et s'est ensuite répandu en Bretagne. Cela signifie le Chef comme Guillaume en germanique d'ailleurs. C'est dire si je suis qualifié pour résumer les Leçons de Jazz du Professeur Antoine Hervé.


 

Le Professeur Hervé montre par l’exemple le passage d’une mélodie de Mac Coy à une mélodie caraïbe. Imparable.

 

« Opus » tiré de l’album « Inner Voices » avec chœur d’enfants brésiliens. Tchick, tchick fait le batteur. Effectivement, ça sonne latin mais à la mode Mac Coy Tyner. La contrebasse lance une autre mélodie dans le morceau. Ca swingue toujours aussi grave.

 

Dans les années 50-60, les musiciens noirs américains recherchaient leur africanité fantasmée. John Coltrane a beaucoup appris en jouant avec Thelonious Monk : « Jouer avec Monk c’est comme entrer dans un ascenseur. Les portes s’ouvrent, vous faites un pas en avant et il n’y a pas d’ascenseur ». Bref, ce n’était pas facile mais c’était formateur. « High Priest » composition de Mac Coy dédiée au « Prophète » Thelonious Sphere Monk. Monk aimait les clusters, deux notes proches l’une de l’autre jouées en même temps. Variations Jazz au piano sur « Au clair de la lune ». Monk aimait aussi les tonks, les notes graves frappées. Avis aux pianistes : si vous voulez travailler votre toucher, n’écoutez pas Monk.  Le rock’n roll se jouer sur des quintes. Ex : « Smoking on the water » (Deep Purple, morceau composé suite à un incendie au festival de Jazz de Montreux lors d’un concert de Frank Zappa). Le Jazz moderne lui se joue avec des quartes. 

 

Le Professeur Hervé nous explique ensuite le Jazz modal qui vient de la West Coast (Gerry Mulligan, Chet Baker) et a été repris par Miles Davis grâce à un pianiste blanc qui lui a fait écouter Ravel et Stranvinki, Bill Evans. Rappel historique : les 7 notes de la gamme occidentale dite dorienne (do, ré, mi, fa, sol, la, si) correspondent aux 7 planètes que connaissaient les Grecs anciens. C’est une invention de Pythagore, géomètre et gourou philosophique, auteur notamment de cette pensée mémorable : « Il y a un principe bon qui crée l’ordre, la lumière et l’homme et un principe mauvais qui crée le chaos, les ténèbres et la femme ». Pythagore vivait seul entouré de jeunes et beaux garçons. Ceci explique cela.

 

Après cela, les explications du Professeur Hervé sont devenues vraiment complexes et mathématiques (comme Pythagore mais sans jeunes et beaux garçons autour de lui) et mes notes illisibles. Je retiens la filiation avec Claude Debussy pour le travail sur les touches blanches du piano (le pianiste de Jazz est un « ivory tickler »).

 

J’ai noté aussi les propos sur la polyrythmie aussitôt démontrés par Dré Pallemaerts aux maillets. 4 mesures à 3 temps ou 3 mesures à 4 temps, cela fait toujours 12 temps, n’est-ce pas ?

 

« Island Birdy », composition influencée par la musique caribéenne. Celle-ci vient de la musique espagnole, la habanera. Logique puisque Christophe Colomb a débarqué, pour le compte du Roi d’Espagne, sur l’île de Saint Domingue. Exemple avec le grand air « Carmen » de Bizet joué par un trio de Jazz. « Si tu ne m’aimes pas, je t’aime et si Je t’aime, prends garde à toi ». Ils enchaînent directement sur le morceau de Mac Coy.

 

« Fly with the wind », mélange d’Afrique et de Caraïbes. Je hoche la tête, bats du pied. Ca swingue terrible. La composition est simple et diaboliquement efficace.

 

Mac Coy Tyner est allé au Brésil. Ce qu’il en a tiré n’est pas du Jobim mais du Mac Coy Tyner. Changer tout en gardant son identité, c’est le propre des créateurs. « Festival in Bahia ». Le Brésil manié par la patte puissante de Mac Coy cela donne une nouvelle mélodie entêtante et irrésistible.

 

Le Professeur Hervé teste les capacités de ses élèves en calcul mental. La musique est un art mathématique. C’est une évidence que je retrouve à chaque Leçon de Jazz. Démonstration de gamme par tons (6 notes) chère à Claude Debussy et Walt Disney (le compositeur préféré de notre ex président précise le professeur Hervé. Qui connaît le compositeur préféré du nouveau président, d’ailleurs ?). Ici, les mesures asymétriques. Par exemple, le 5/4 de Dave Brubeck (« Take Five » composition de Paul Desmond d’ailleurs) ou Bill Evans. Un cycle de 4 mesures à 4 temps donne 16 temps. Un cycle de 4 mesures à 5 temps ou de 5 mesures à 4 temps donne 20 temps. Logique. Exemple avec « Four by five », composition de Mac Coy. Rien à voir avec le football où une composition en 5-4-1 (le gardien ne comptant pas) dénote un jeu ultra défensif. Là, ce n’est pas du tout le cas.

 

Après les 5 temps, les 3 temps de la valse. 3 * 3 = 9. Solo de contrebasse magique pour commencer (joué par Ron Carter dans l’enregistrement de Mac Coy). Une valse bien loin de Chopin.

 

Démonstration sur la pentatonique,  les touches noires du piano. Démonstration de musique chinoise puis de Pop Music occidentale reposant sur la pentatonique. A partir d’une basse, on peut faire défiler les tonalités pour donner des effets multicolores. Lorsque John Coltrane est allé complètement dans le Free, entre 1965 et 1967, Mac Coy Tyner est parti parce qu’il ne ressentait plus cette musique. Il aime la liberté dans la contrainte, celle des grilles harmoniques. JS Bach faisait de même lorsqu’il écrivait ses canons. « Comprendre, c’est ramener au déjà vu » (Nietzsche). D’ailleurs, c’est aussi Nietzsche qui a écrit « Sans musique, la vie serait une erreur » et « Dieu doit beaucoup à Bach ».

 

« Song of the new world ». Enfant du Nouveau Monde, Mac Coy Tyner le compose différemment de Dvorak. Le point commun, c’est l’énorme énergie vitale qui se dégage de ces deux musiques. Ca désensable les portugaises. Ca envoie du puissant. Un dernier roulement de tambours, une dernière frappe de cymbales et c’est fini.

 

RAPPEL

 

« Blue for ball » ( ?). C’est un Blues à la Mac Coy , puissamment énergisant. Cet homme devrait être sponsorisé par l’industrie énergétique. En sus de l’aspect pédagogique, c’est un fameux trio qui joue ce soir. Ils ne sont pas Bretons mais ils déménagent ! Solo de batterie bien construit aux baguettes. C’est Dré Pallemaerts aux commandes. Pas d’étalage.

 

J’ai beaucoup appris et beaucoup apprécié. Que demander de plus ? Redoubler cette leçon car je n’ai pas tout compris, tout saisi, tout noté, élève ignorant que je suis.

 

Même si je suis loin de maîtriser le sujet, il faut déjà se préparer à la prochaine de Leçon de Jazz d’Antoine Hervé, à Paris, à l’Auditorium Saint Germain le lundi 4 juin 2012 à 19h30. Thème : Monsieur le Baron Thoots Thielemans, Belge et harmoniciste de Jazz. Invité : Olivier Ker Ourio, Réunionnais, descendant de marins bretons (Sous chaque vague, un Breton!) et harmoniciste de Jazz. A écouter pour préparer la leçon, l’album duo Martial Solal (piano)&Toots Thielemans (harmonica) (Erato, 1992).

 

 

 

 

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