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Steve Kuhn trio princier au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Steve Kuhn Trio

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Mardi 7 novembre 2016, 19h30

Steve Kuhn: piano

David Wong: contrebasse

Billy Drummond: batterie

Plus de 5 ans que je n'avais entendu Steve Kuhn en concert et c'était déjà au Duc des Lombards. Ses accompagnateurs ont changé, pas lui.

Il conclut son propos introductif par ces mots qui résument son art: " Relax. Have a good time quietly ". Nous parlons ici de l'ancien pianiste de Kenny Dorham et Art Farmer pour les trompettes, Stan Getz et John Coltrane pour les saxophones ténors, Pete la Roca pour la batterie. Respect.

Un standard. Du genre de ceux que jouait Bill Evans. C'est dans cette lignée là mais plus viril dans l'attaque. Tempo assez rigide. Trio soudé. Le bassiste impulse, le batteur cl;iquète et les doigts courent sur le piano. Ca coule de source. Ca swingue, c'est fluide, bref c'est du bon jazz. Solo de contrebasse léger, sautillant, bien soutenu par le batteur toujours aux baguettes, souple et précis. Une bonne onde se diffuse. Ca repart en trio. C'était " Four " (Miles Davis).

" Two by two " (Steve Kuhn). Un blues souple et sophistiqué mais avec une rythmique en rang, deux par deux. Ca avance d'un bon pas. Roulements de tambour ponctués par la contrebasse. Ca tourne bien et il y a du feeling. C'est tout bon.

" Adagio " (Steve Kuhn). Assez rapide. Le batteur scintille au baguettes. C'est fluide, gracieux et charpenté. Joli solo de contrebasse tranquille ponctué par les deux autres. Le batteur joue sec, viri. Pourquoi ne pas user des balais sur un Adagio?

Un air plus énergique. Un standard. Ca scintille joyeusement. Solo de contrebasse enfin accompagné aux balais subtilement et souplement. Billy Drummond sait jouer aux balais. C'est rassurant. Au lieu de faire " tic, tac ", il fait " tchic, tchac ". Ca change tout. Il repasse aux baguettes pour quelques breaks. C'était un standard " You stepped out of a dream ".

La ballade de la soirée. " I thought about You ". L'intro ressemble plutôt à " Round about midnight ". Billy Drummond caresse ses tambours aux balais. David Wong fait marcher sa contrebasse lentement et gravement. Steve Kuhn distille les notes. Le trio ronronne à souhait. Quel bon massage cérébral! C'est extra.

" Transe/ ? " Un medley de deux compositions de Steve Kuhn. Batteur aux maillets. Le pianiste lance des vagues de notes. Le trio attaque plus fermement. Steve Kuhn part dans une vague commune avec Billy Drumond aux baguettes. Solo de contrebasse, non accompagné, bien grave et profond. Le silence règne dans la salle. Du boulevard de Sébastopol, derrière les vitres du club, nous parvient la rumeur assourdie des automobiles. De la salle, le son discret de la climatisation. Le son de la contrebasse plane au dessus de cet ensemble. Personne  n'applaudit la fin du solo. Le public est concentré. Le trio repart sur une nouvelle onde avec Billy Drummond aux baguettes. Nous surfons dessus. Effectivement, ça monte en transe, en vitesse et en puissance. Cliquetis de cymbales sous les baguettes. Billy Drummond nous joue la danse de la pluie. Solo cérémonial de batterie. Lentement, doucement, sans épate. Billy Drummond est un vrai musicien. Le piano repart, toujours dans un silence recueilli puis le trio nous emporte sur une nouvelle vague. Que d'ondes, que d'ondes! Beau final groupé, paroxystique.

Pas de rappel. Tout est dit.

Voici le podcast du concert grâce à la radio TSF Jazz.

La photographie de Steve Kuhn est l'oeuvre du Mystérieux Juan Carlos HERNANDEZToute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Steve Kuhn par Juan Carlos HERNANDEZ

Steve Kuhn par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sélection de concerts de jazz pour décembre 2016 à Paris et en Ile de France

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices exigeantes, lecteurs exclusifs, voici ma sélection inique de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour décembre 2016.

Pour un agenda exhaustif, voyez mes anciens collègues de Citizenjazz.

Le festival du mois se terminera dimanche 11 décembre 2016 dans le Val d'Oise, en Île de France, Jazz au fil de l'Oise

L'exposition du mois est à Paris, au Quai Branly, jusqu'au dimanche 15 janvier 2017: " The Color Line " le récit de l'oeuvre des artistes africains américains face à la ségrégation.

Le film du mois est au Cinéma Balzac le vendredi 2 décembre à 21h:  John Coltrane Quartet en concert au festival de Comblain-les-Tours en Belgique le 1er août 1965 précédé d'un concert du quartet de Vincent Le Quang.

A enchaîner avec la Philarmonie de Paris, dimanche 4 décembre à 19h: The movie music of Spike Lee avec Terence Blanchard Quintet et les voix de Diane Reeves, Angélique Kidjo et China Moses.

Les concerts du mois sont au nombre de deux:

- Un concert de Jazz pour la reconstruction du théâtre Giuseppe Verdi à Amatrice, Latium, Italie, vendredi 2 décembre à partir de 19h à l'Institut culturel italien de Paris. 30 musiciens français et italiens de Jazz réunis.

- un duo inédit de Maestros du piano: Martial Solal et Jean-Michel Pilc au Sunside le samedi 17 décembre à 19h30 et 21h30 et dimanche 18 décembre à 18h30 et 20h30.

Un concert privé, à Paris, accessible sur réservation, pour le retour d'un duo cosmicomique que je suis depuis plus de 10 ans, Claudia Solal (voix) & Benjamin Moussay (claviers) samedi 3 décembre à 20h. Ils restent dans l'esprit Bed and Breakfast  puisqu'à " Porridge Days " succède " Butter in my brain ".

Dans les clubs

Studio de l'Ermitage

Mardi 6 décembre à 20h30: Jean-Philippe Scali quintet pour fêter la sortie de son album " Low Down " déjà louangé sur ce blog.

Jeudi 8 décembre à 20h30: Marion Rampal viendra chanter son album " Main Blue " qui fera bientôt l'objet d'une chronique dithyrambique sur ce blog.

Duc des Lombards

Mardi 6 décembre à 19h30 et 21h30: Daniel Humair en trio avec Benjamin Moussay (piano) et Bruno Chevillon (contrebasse). La classe, forcément la classe.

Vendredi 9 et samedi 10 décembre à 19h30 et 21h30: Shahin Novrasli (Azerbaïdjan), un pianiste adoubé chevalier des touches par Ahmad Jamal.

Jeudi 15 et vendredi 16 à 19h30 et 21h30: Fred Hersch, seul au piano. Attention, beauté!

Lundi 26, mardi 27 et mercredi 28 décembre à 19h30 et 21h30: Florin Niculescu Quintet. Passagers du métro parisien, voici de quoi vous réconcilier avec le violon tzigane.

Sunset-Sunside:

Vendredi 2 et samedi 3 décembre à 21h30 au Sunside: Pierrick Pédron New Quartet. retour au Jazz et à l'acoustique pour le sax alto breton.

 Vendredi 9 à 21h au Sunside: Nicola Sergio (piano) en quartet avec Francesco Bearzatti, Stéphane Kerecki et Joe Quitzke. Lyrisme à foison.

Samedi 17 à 19h30 et 21h30 et dimanche 18 à 19h30 et 21h30 au Sunside: le concert du mois avec un duo inédit aux pianos Martial Solal & Jean-Michel Pilc.

Du mardi 27 au vendredi 30 décembre à 19h30 et 21h30 au Sunside: un duo d'amis avec Jacky Terrasson (piano) et Stéphane Belmondo (trompette&bugle).

Mercredi 28, jeudi 29 et vendredi 30 décembre à 20h30 au Sunset: Enflammons la fin d'année avec la Brigade Communiste Révolutionnaire alias le trio BCR soit Emmanuel Bex, Philippe Catherine et Aldo Romano.

Samedi 31 décembre à 20h et 22h30: pour passer en 2017 en beauté, laissez vous enchanter par la voix de Sara Lazarus portée par le trio d'Alain Jean-Marie.

La Java

Lundi 12 décembre à 20h30: Jazz à la Java avec le duo Paul Warmenier (piano)&Julien Soro (sax alto) suivi du trio de Maestros Michel Edelin (flûtes), Peter Giron (contrebasse), John Betsch (batterie).

Le Triton, Les Lilas, Seine-Saint-Denis (métro Mairie des Lilas):

Vendredi 2 et samedi 3 décembre à 20h: Daniel Humair en trio avec Bruno Chevillon (contrebasse) et Marc Ducret (guitare électrique). Âmes insensibles, s'abstenir.

Jeudi 8 décembre à 20h: 60% de matière grave avec Jean-Philippe Viret (contrebasse), Jean-Marc Foltz (clarinette basse) et Sophie Bernardo (basson).

Vendredi 16 décembre à 21h: Benjamin Moussay (piano) clôt sa Quarte blanche au Triton en duo avec Vincent Peirani (accordéon). Dialogue entre piano et piano du pauvre.

Samedi 17 décembre à 21h:

Band of Dogs composé de Jean Philippe Morel (basse) et Philippe Gleizes (batterie) invite Thomas de Pourquery (chant, sax alto). Chaud devant!

Maison de la Radio, Paris

Lundi 12 décembre 2016 à 19h. Enregistrement public du trio Claudia Solal (voix), Benoît Delbecq (piano préparé), Guillaume Roy (violon alto). Concert avec réservation obligatoire. . Le concert sera diffusé sur France Musique le jeudi 26 janvier 2017 à 23h (heure de Paris).

 

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre du Dynamique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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Premier prix international MATMUT de l'orchestre de Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices assurées, lecteurs assureurs, sachez que la société d'assurances MATMUT, dans le cadre de son action de mécénat culturel,défiscalisée, a remis le mercredi 24 novembre 2016 son premier prix international d'orchestres de Jazz.

Plutôt que d'orchestres, il vaudrait mieux parler de groupes puisque des trios ont concouru et qu'un quartet, celui de Jérémy Bruyère a gagné.

403 groupes ont concouru.

Un comité d'écoute, dont je ne fais pas partie, en a retenu 16.

Sur les 16, le jury, dont je ne fais pas partie non plus, en a récompensé 3.

1. Jérémy Bruyère Quartet. 8000€ de récompense.

2. Chamber Metropolitan Trio. 5000€ de récompense.

3. Romain Pilon trio. 2000€ de récompense.

J'avoue ne pas connaître le champion et son dauphin et ne pas avoir parlé du 3e car je n'ai pas accroché sur son album.

Parmi les 13 finalistes écartés, je n'en connaissais qu'un seul, le quintet du guitariste français Paul Jarret, le PJ5 dont j'ai écrit plusieurs fois grand bien. Le jury l'a classé 10e sur 16. Le président du jury le classant 10e sur 16, le vice-président 1er sur 16. Sachant que le président du jury est aussi le président de la MATMUT et le vice-président le directeur général du groupe MATMUT (Qui paie commande)  , j'espère que les deux hommes ne sont pas fâchés. 

Cela prouve deux faits bien connus: que les coups et les douleurs ne se discutent pas et que mon ignorance du Jazz est immense.

Etaient membres du jury de vrais experts du Jazz.

Président et président de la MATMUT: Daniel Havis

Vice-président et directeur général du groupe MATMUT: Nicolas Gomart

Juré et directeur du magazine Jazz News: Thomas Boudrant

Juré et Directeur de la radio TSF Jazz: Sébastien Vidal

Juré et trompettiste: David Encho

Juré et pianiste: Thomas Encho

Juré et compositeur MATMUT: Hector Havis

Juré et professeur de musique MATMUT: Maxence Quetey

Juré et batteur: André Charlier

Juré et organiste: Benoît Sourisse

Juré et journaliste: Jacques de Baudus

Le concours avait lieu dans l'après-midi, la remise des prix à 18h30. N'ayant pu participer qu'à la soirée, j'y fus bien traité (victuailles et breuvages à volonté). Par contre, je n'ai pu me faire une idée de la musique des lauréats puisque personne n'a joué. Il y avait pourtant un piano et une contrebasse dans le salon qui n'attendaient que d'être pris en main. Tant pis pour moi.

Pour l'édition 2017, les vaillantes candidates et les valeureux candidats peuvent d'ores et déjà s'inscrire sur le site JCB Events. Bon courage.

Ci=dessous un lien audio et un lien vidéo pour vous faire une idée de la musique des heureux lauréats du prix musical MATMUT 2016 des orchestres de jazz, lectrices assurées, lecteurs assureurs. Je vous laisse juges.

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Le Jazz italien pour Amatrice. Concert de solidarité à Paris le 2 décembre 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Généreuses lectrices, munificents lecteurs, le récent tremblement de terre qui a frappé le village d'Amatrice, dans le Parc naturel du Gran Sasso, le 24 août dernier, n'a pu vous échapper.

Depuis lors, 600 musiciens de Jazz italiens se sont mobilisés renonçant à leurs cachets pour offrir 110 000€ dédiés la reconstruction.

En France, Jazzmen italiens et français se retrouveront le vendredi 2 décembre 2016 à partir de 19h dans l'Institut culturel italien de Paris, 50 rue de Varennes, 75007 Paris, France.

Entrée avec donation à partir de 30€. Réservation sur le site de l'Institut culturel italien de Paris.

Les fonds seront versés pour la reconstruction du théâtre-cinéma " Giuseppe Verdi " à Amatrice.

A l'initiative du pianiste italien Nico Morelli, seront réunis notamment Emmanuel Bex, Michel Portal, Olivier Temime, Paolo Fresù, Flavio Boltro, Denis Leloup, Mauro Gargano, Stéphane Kerecki, Mike Ladd, Michèle Hendricks, André Cecarelli, Antoine Banville, Minino Garay.

Au plaisir de vous y rencontrer, généreuses lectrices, munificents lecteurs.

 

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre de l'Invisible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

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Enfin! Marc Benham en quartet au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Enfin!

Marc Benham Quartet

Le Sunside

Pairs, Ile de France, France

Lundi 31 octobre 2016. 21h.

Marc Benham : piano

Youen Cadiou : contrebasse

Jeff Boudreaux : batterie

Quentin Ghomari : trompette

Après un album solo nommé " Herbst ", un concert solo à Annecy (74), un album solo " Fats food " en hommage à Fats Waller, voici qu’enfin je vais écouter Marc Benham en quartet jouer Fats à sa façon.

Jeff Boudreaux commence par faire rouler ses tambours aux balais puis aux maillets. Tout à coup, ça s’agite avec la trompette en wah wah et le piano joué en stride. Le jeu du quartet oscille entre le jazz contemporain et le swing, d’une manière plus directe que Franco d’Andrea. J’entends même des influences classiques voire baroques.

Une sorte de marche cool qui balance. Ca sonne bien funky. Jeff Boudreaux tient le rythme au bout de ses baguettes. La trompette reprend par un chant victorieux. Le pianiste rajeunit le stride. L’héritage de La Nouvelle Orléans s’entend chez Jeff Boudreaux. Normal il est natif de Bâton Rouge en Louisiane.

Le trompettiste met une grosse sourdine et le quartet part en ballade, avec le batteur aux balais pour faire les choses proprement. La sourdine est ôtée et le batteur revient aux baguettes. Ca swingue. Duo contrebasse/trompette tranquille. Un nouveau dialogue suit entre pianiste et batteur (balai main gauche, batterie main droite). Ca frotte et ça cliquète. Le quartet repart puis tout s’arrête pour un solo de piano stride modernisé. C’était « The Sheik of Araby », composition de Fats Waller dédiée à une ville de la banlieue de La Nouvelle Orléans. Il y a du pétrole en Louisiane. Tout s’explique.

PAUSE

Le pianiste attaque par un Blues. Jeff aux balais.

Un ou deux morceaux que Fats Waller ne connaissait pas (Marc Benham). Solo de piano creusant le grave. Ca tourne. Morceau plutôt funky avec trompette wah wah puis ouverte. Ce swingue, sapristi ! Ca repart en ballade avec le batteur aux balais. La trompette monte en intensité émotionnelle. Beau solo de contrebasse qui devient plus grave et plus bondissant en avançant. C’était un medley de «  Portrait of Wellman Braud » (contrebassiste considéré comme l'inventeur de la walking bass) extrait de « New Orleans Suite » de Duke Ellington puis un morceau de Youen Cadiou pour finir par « Bourbon Street Parade ».

Batteur aux balais. Rythmique tranquille à la Erroll Garner. Très Blues. Le pianiste sonne à la Basie. Peu de notes, jouées relax. « En attendant le jour » (Sidney Bechet).

Pour la première fois de ma vie, je vois un trompettiste jouer de la trompette à coulisse. Je connaissais le trombone à coulisse et à pistons, la trompette à pistons mais j’avoue que j’ignorais l’existence de la trompette à coulisse. Faute. Cela demande une précision d’horloger jurassien dans le jeu. Quentin Ghomary en est capable. Superbe duo piano/trompette pour un classique revisité «  Petite fleur » de Sidney Bechet. «  La plupart des saxophonistes bavardent. Sidney Bechet, lui, vous parle » (Jean Cocteau). C’est dans cet esprit que ce morceau fut joué.

Retour au quartet et à la trompette wah wah. Un peu de stride, pardi ! Solo de batterie aux baguettes. « Greentigo » (Youen Cadiou) soit « Vertigo » en français.

« Les barricades mystérieuses » (François Couperin). Un morceau pour clavecin du Grand Siècle joué en piano solo par un Jazzman. Le thème est bien reconnaissable mais Marc le dérègle en y injectant des syncopes, des décalages propres au Jazz. Retour au thème pour le final.

Le quartet repart sur un classique de Fats Waller « Honeysuckle rose ». Trompettiste à la sourdine Harmon. Bien joué dans l’esprit.

PAUSE

Arrivée de 2 invités surprise du groupe The Mr Days

César Poirier : saxophone alto

Mario Ponce Enrile   : chant 

La salle s’est vidée. Il reste quelques irréductibles dont ma pomme et deux amis. Certes nous sommes un lundi soir mais le mardi 1er novembre est férié.

Le quartet devenu sextet finit par des classiques de Fats Waller.

«  Willow weep for me », « Ain’t mishebavin » (en français, " Je ne trompe pas ma femme "), «  On the sunny side of the street » et « Just one of those things ». C’est la fête finale. La joie règne sur scène et dans la salle. Ca fait du bien par où ça passe. Ca ne fait pas de mal de se faire du bien et c’est très bon pour ce que nous avons.

 

Vous trouverez des extraits sonores de l'album  " Fats foodICI.

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Jean-Philippe Scali feat. Glenn Ferris " Low down "

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean-Philippe Scali

featuring Glenn Ferris

" Low Down "

Gaya Music. Socadisc.

sorti le 4 novembre 2016

Jean-Philippe Scali: saxophone baryton, compositions

Glenn Ferris: trombone, compositions (3,4)

Frédéric Nardin: piano, orgue Hammond B3

Samuel Hubert: contrebasse

Donald Kontomanou: batterie

Concert de sortie à Paris, au Studio de l'Ermitage, mardi 6 décembre 2016 à 21h.

Lectrices suaves, lecteurs souples, lorsque vous ajoutez un instrument moelleux, le trombone, à un instrument moelleux, le saxophone baryton, les deux étant conduits par des artistes dotés d'une moelle solide, Jean-Philippe Scali et Glenn Ferris, secondés par une rythmique aussi huilée qu'un moteur de Pacific 231, que croyez vous qu'il advient?

Un éloge du grave, dans le son, pas dans le sentiment. Ca tient chaud, ça groove, ça swingue, même " Purge " (n°3) n'en est pas une.

La musique est sous forme de blues mais policé, urbain même. Quand Glenn Ferris prend la main, ça groove plus . Cf le final de " Reflections " (n°4). Accompagner Stevie Wonder à 20 ans, ça marque à vie. Dans la section de cuivres de " Songs in the key of life " (Motown, 1976), il y a Glenn Ferris.

Eux, comme moi, vénèrent Charles Mingus. Pour conclure, ils jouent donc " Goodbye pork pie hat " (n°10). composé en hommage à un saxophoniste ténor, Lester Young.

Un album aussi agréable à danser qu'à écouter. Profitez de  " Low down ", lectrices suaves, lecteurs souples.

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre du Tonitruant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

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" JAZZOO. Jasons avec les animaux! " Oddjob

Publié le par Guillaume Lagrée

" JAZZOO 

Jazzons avec les animaux "

Oddjob

Little Village. Harmonia Mundi. 2015.

Oddjob est composé de

Goran Kajfes: trompette

Per " Rusktrask " Johansson: sax alto, flûte, clarinette basse, guimbarde

Daniel Karlsson: piano et claviers

Peter Forss: contrebasse

Janne Robertson: batterie

Lectrices bonnes mères de famille, lecteurs bons pères de famille, vous qui souhaitez transmettre la flamme du Jazz à vos descendants, faites leur écouter sans désemparer " Jazzoo. Jazzons avec les animaux " du groupe suédois Oddjob.

Oddjob ne désigne plus seulement le dangereux domestique coréen de Goldfinger, adversaire de James Bond, mais aussi un groupe de Jazz suédois. C'est le progrès et rien ne l'arrête.

Le projet de Jazzoo est simple. Chaque morceau est le portait d'un animal, tout comme Duke Ellington écrivit des portraits de ville ou de musiciens. Les morceaux sont courts, ludiques, adaptés à l'écoute enfantine. Ils décrivent des animaux à poils et à plumes, à écailles même, qui courent, nagent, volent, rampent ou bondissent. 

Je ne vous dirai pas de quels animaux il s'agit. Il est plus amusant de deviner.

Assemblez plusieurs générations, de la nouvelle à l'ancienne, munissez chaque auditeur d'un papier et d'un crayon et demandez leur toute leur attention. Pour chacun des 13 morceaux, il faut écrire de quel animal il s'agit. Pas de triche, pas de copie sur le voisin, je vous prie. Le gagnant ou la gagnante, celui ou celle qui aura trouvé le plus de bonnes réponses, aura gagné, outre l'admiration du cercle de famille réuni, un rab de gâteau au chocolat, une corvée ménagère en moins, le droit de lire le livret illustré qui orne l'album et, mieux encore, d'aller voir et écouter ce programme en concert avec diffusion d'un dessin animé qui illustre la musique.

Deux indices. Un seul animal domestique figure sur cet album, proche cousin du jars, aussi bavard , avec aussi mauvais caractère et aussi mufle envers les Dames et Demoiselles de son espèce. Si vous savez quel animal représente le Blues en français, vous le trouverez aisément aussi.

Même si, en fidèle disciple du philosophe américain WC Fields, vous détestez les enfants et les animaux, la joie de Jazzoo vous saisira. Si ce n'est pas le cas, votre cas est désespéré. Allez vivre en ermite dans un désert, ce sera mieux pour vous et vos congénères de l'espèce humaine.

Jazzoo sera en concert en France en novembre 2016:

- vendredi 25 novembre à 20h00 : Chapelle Corneille-Auditorium de Normandie à
Rouen, Seine Maritime, Normandie.Spectacles pour les scolaires à 10h et 14h.
- dimanche 27 novembre à 17h00 : Théâtre d’Hérouville-Comédie de
Caen
, Calvados, Normandie. Spectacles pour les scolaires lundi 28 novembre à 10h et 14h;

 

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Merci aux 100 000 lecteurs du Jars jase jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

Honorables lectrices, respectables lecteurs, depuis la création de ce blog le 4 juillet 2009, vous êtes 100 038 à en avoir parcouru les 1186 articles, lisant en moyenne 1,647 page et voyant au total 164 795 pages.

Merci beaucoup pour votre insatiable curiosité.

Un merci plus grand encore aux 32 fidèles abonnés de ce blog.

Le plus ancien d'entre eux, abonné depuis 2009, est le photographe exclusif de ce blog, l'Excellent Juan Carlos HERNANDEZ. Son talent est à louer et ses oeuvres à vendre.

Sans ses belles images, ce blog serait bien laid. A lui aussi, grand merci.

Le logo et le bandeau de ce blog mêlent habilement les Contes de ma mère l'Oye et Sonia Delaunay. Ils sont l'oeuvre de la Créatrice Elisabeth Führer. N'hésitez pas à faire appel à ses talent(muséo)graphiques, honorables lectrices, respectables lecteurs.

Pour fêter cela, écoutons le Bison, le Boss du ténor, le saxophoniste Sonny Rollins.

Né en 1930, Sonny Rollins est toujours en vie mais a cessé de jouer car il n'en est plus physiquement capable.

Il nous a tant donné que nous disposons d'heures de musique enregistrée pour profiter de son oeuvre. Profitons en pour lui rendre hommage de son vivant.

 

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre de l'Epatant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

Merci aux 100 000 lecteurs du Jars jase jazz

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Martial Solal & Dave Liebman : bonnes ondes à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal & Dave Liebman

Studio 105. Maison de la Radio

Paris, Ile de France, France

Samedi 29 octobre 2016. 20h.

Concert enregistré pour l'émission " Jazz sur le vif " sur France Musique.

 

Martial Solal: piano, compositions

Dave Liebman: saxophones ténor et soprano, flûte, compositions

 

Lectrices impitoyables, lecteurs implacables, j'implore votre pardon. Cette chronique a été réalisée dans les conditions du direct, c'est à dire dans l'obscurité. Mes notes sont quasiment illisibles. Mes propos  seront donc bien pauvres eu égard à la richesse de cette musique.

Après les concerts de lancement en club à Paris, au Sunside, en décembre 2015, voici que Martial Solal reçoit de nouveau Dave Liebman sur scène, dans le cadre hémisphérique et acoustique du studio 105 de la Maison de la Radio.

Merci à Jean-Charles Richard , saxophoniste et flûtiste français, disciple de Dave Liebman, d'avoir contribué à créer ce duo.

Martial Solal est né en 1927, Dave Liebman en 1947. Au plus jeune des deux de se déplacer, c'est bien normal.

 

Ils commencent par un standard. Ca joue tout de suite. L'air est reconnaissable même si, joué comme cela, c'est inimitable. Ils jouent assis et nous font planer dans les hautes sphères de la musique. Mieux encore, ils jouent sérieusement sans se prendre au sérieux. Le thème disparaît puis réapparaît au gré de leurs fantaisies conjuguées. C'était " Invitation " que Martial Solal jouait en duo avec Lee Konitz il y a 40 ans.

 

" Stella by starlight " à la demande de Dave Liebman.  " Un morceau que j'ai joué 3 millions de fois il y a 50 ans " se plaint Martial Solal. Martial Solal introduit le thème puis le déforme à sa main. Il pilote le duo, prenant les solos et relançant Dave Liebman d'un geste ou d'un regard.

 

" In and out " (Martial Solal) tiré de l'album éponyme du duo Martial Solal&Johnny Griffin.

Une valse écrite par Dave Liebman pour une petite fille blonde, Heather. D'après Martial Solal, ça commence en do majeur et finit de même. Entre les deux, c'est du remplissage. C'est surtout rempli d'émotion, d'élégance, d'attention pour cette enfant qui vit et danse. 

PAUSE

Sax ténor. Démarrage en duo sur un standard. Je le reconnais car Stan Getz le jouait en duo avec Kenny Barron quelques mois avant de mourir. " Night and day " (Cole Porter).

" Satin Doll " (Duke Ellington). Duke Ellington a dit du bien de Martial Solal, un pianiste rafraîchissant selon ses termes. Avec ce duo, la poupée de satin devient acidulée. Ca devient une sauce aigre douce, l'aigre étant joué par le sax soprano, le doux par le piano. De vraies chinoiseries comme disait Louis Armstrong à propos du Be Bop.

" Vous ne savez pas où nous allons, n'est ce pas? Nous non plus " (Dave Liebman). Nous voilà rassurés. Martial Solal tourne la partition dans plusieurs sens comme s'il ne savait par quel bout la prendre. Dave Liebman a pris une flûte pour jouer sa composition " Chaosmos ". Martial distille son accompagnement avec parcimonie, la flûte aigrelette orne le silence de ces espaces infinis qui effrayaient Pascal (le philosophe, pas le grand frère). Nous planons.

  " Summertime ", standard de Georges Gershwin immédiatement reconnaissable au piano. Martial Solal est toujours aussi rafraîchissant. Dave le joue au soprano dans une tonalité inusitée. C'est le meilleur moyen d'être frais sur un thème rebattu me confie le pianiste Marc Benham, mon voisin attentif lors de ce concert. A ma droite. A ma gauche, l'autre voisin trouve que décidément ces musiciens auraient dû répéter au lieu de chercher leur place en plein concert. En fait, toute leur vie, Martial Solal et Dave Liebman ont répété pour ce concert. C'est la somme de leurs savoirs et de leurs vécus qui leur permet d'être si libres ce soir même sur Summertime dont la version chantée par Louis Armstrong et Ella Fitzgerald est connue même de ceux qui n'aiment pas le Jazz. Un moment de compassion pour ceux qui n'aiment pas le Jazz, s'il vous plaît.

Le reste de mes notes est illisible pour moi qui en suis l'auteur. Ne souhaitant pas embaucher d'archiviste paléographe, cette chronique fragmentaire s'arrête ici. Il y eut 2 rappels. " Inutile d'insister. Vous n'aurez pas le dernier mot " nous dit Martial Solal avant le 2e.

Des standards, des compositions, des fausses fins, des gags, du piano, du saxophone soprano et ténor, de la flûte, de l'imagination, une maîtrise technique toujours au service du discours, une imagination sans borne, une empathie entre les musiciens et avec le public, tels furent les ingrédients de ce concert.

Heureusement pour moi et pour vous, impitoyables lectrices, implacables lecteurs, tout cela fut enregistré. Attendons donc la diffusion de ce concert sur France Musique voire une sortie d'album pour nous en régaler à loisir, étudier cette musique étourdissante de fantaisie.

Martial Solal a 89 ans, Dave Liebman, 69. L'âge n'est pas une question d'état civil mais d'état d'esprit.

 

 

 

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre de l'Eminent Juan Carlos HERNANDEZToute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Composition de Martial Solal. Ne croyez pas deezer!

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