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" Comment le tempérament égal a détruit l'harmonie " Ross W. Duffin

Publié le par Guillaume Lagrée

" Comment le tempérament égal a détruit l'harmonie "

(et pourquoi vous devriez vous en préoccuper)

Ross W. Duffin

Traduction française de Ziad Kreidy & Bernard Bessone

Editions Symétrie, Lyon, 2022, 136 p.

 

Lectrices savantes, lecteurs experts, ce blog vous a déjà chanté les mérites des ouvrages du pianiste et musicologue Libanais & Français Ziad Kreidy:

- " Les avatars du piano " (2012)

- " La facture du piano et ses métamorphoses " (2018)

- " Clefs pour le piano/Keys to the piano " (ouvrage collectif dirigé par Ziad Kreidy, 2019)

Grâce aux livres de Ziad Kreidy, vous trouverez, lectrices savantes, lecteurs experts, les réponses à toutes les questions que vous ne vous êtes jamais posées sur le piano.

Avec le violoniste Bernard Bessone, complice musical de longue date, il s'est attelé à la traduction de l'ouvrage d'un musicologue américain Ross W Duffin " How equal harmony destroyed the piano " (and why You should care ) publié chez Norton, New York, en 2007.

La thèse de l'auteur est simple et rejoint celle défendue par Ziad Kreidy dans ses ouvrages précités. Non seulement Bach et Mozart ne connaissaient pas le piano, au sens de l'objet actuel mais, de plus, l'instrument à clavier sur lequel ils jouaient (clavecin ou  pianoforte) n'était pas accordé comme aujourd'hui. Une octave divisée en 12 demi tons égaux. C'est la méthode obligatoire pour tous les pianos depuis plus d'un siècle et les interprètes y perdent en intention, en émotion, en singularité selon l'auteur et les traducteurs.

Après, ça se complique. D'ailleurs, je n'ai rien compris à ce livre, fort bien écrit et fort bien traduit pourtant. Parce que je ne sais ni lire ni écrire ni jouer la musique et que, de surcroît, je ne suis pas mathématicien pour deux sous. L'auteur joue sur les mots en prétendant que l'arithmétique ne fait pas partie des mathématiques ce qui me semble capillotracté comme argument.

Cet ouvrage est pourtant plein d'humour, d'exemples, d'illustrations, de dessins. L'auteur fait des efforts de pédagogie mais il s'adresse à un public d'initiés au moins au 3e degré de l'ordre des Chevaliers des touches.

Le Jazz est cité deux fois en 136 pages:

- une première fois à propos du violon Jazz électrique qui compte 5 cordes et non pas 4 (page 62). Là, il m'a appris un truc. D'où le morceau de Jean-Luc Ponty (1943), 1er prix de violon du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en 1960 et prodigieux créateur du Jazz fusion, en extrait audio au dessus de cet article.

- une deuxième fois à la page 112 en citant Lindley, " Tempéraments ", §8: " La facilité enharmonique de Brahms ou Fauré, les sonorités planantes de Debussy, l'équilibre timbral de Webern, l'épaisseur des progressions d'accords de Jazz les plus urbaines, tout repose implicitement sur la couleur du tempérament égal autant que sur les deux autres normes caractéristiques du son de l'instrument ". L'abîme de mon ignorance est d'une telle profondeur, lectrices savantes, lecteurs experts, que j'avoue ignorer quelles sont les deux autres normes caractéristiques du son de l'instrument dénommé piano en français et en anglais (pianoforte in italiano).

Comme exemple d'épaisseur des progressions d'accords de Jazz les plus urbaines, je vous propose, lectrices savantes, lecteurs experts, Chick Corea & Herbie Hancock face à face au piano, en concert en France au festival international de Jazz d'Antibes Juan-les-Pins (06) en juillet 1979, filmés par Jean-Christophe Averty. " Nous allons essayer de faire à deux ce qu'Art Tatum faisait tout seul " (Chick Corea & Herbie Hancock). Cf vidéo sous cet article.

A écouter en lisant attentivement " Comment le tempérament égal a détruit l'harmonie (et pourquoi vous devriez vous en préoccuper) " du Professeur Ross W. Duffin, ouvrage bien au-delà de mes capacités cognitives, lectrices savantes, lecteurs experts. 

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Leila Olivesi Octet en exploration astrale au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Leila Olivesi Octet

Le Sunside

Festival Pianissimo jusqu'au mercredi 31 août 2022

Paris, Ile de France, France

Jeudi 28 juillet 2022, 21h

 

Leila Olivesi: piano, compositions, direction

Yoni Zelnik: contrebasse

Donald Kontomanou: batterie

Jean-Charles Richard: saxophones baryton & soprano

Adrien Sanchez: saxophone ténor

Baptiste Herbin: saxophone alto & flûte

Quentin Ghomari: trompette & bugle

Ellinoa: chant

 

Avant le concert, la sono diffuse " I am beginning to see the light " de Duke Ellington. Mais ce n'est pas l'orchestre du Duke. Pas assez moelleux. 

Leila attaque directement après les présentations d'usage par le Maitre des lieux, Stéphane Portet. C'est ellingtonien. Bien écrit, bien synchrone. Tout en souplesse, en force contenue. Félin. Solo perçant du sax alto. Pas encore de chanteuse sur scène. Leila Olivesi reprend les commandes. Les souffleurs s'effacent. Solo grave, bien rythmé de la pianiste. Batteur aux baguettes. Je bats la mesure du pied droit. Bonne vague moelleuse. C'était " Mary Lou " composition de Leila Olivesi en hommage à Mary Lou Williams (1910-1981), pianiste, compositrice, arrangeuse, chef d'orchestre, pédagogue déjà célébrée sur ce blog par le Umlaut Orchestra

Baptiste Herbin. " Scorpio " tiré de la Zodiac Suite de Mary Lou Williams. Chaque composition est dédiée à un signe astrologique occidental. Ici le Scorpion. A écouter en concert par Dizzy Gillespie et son Grand Orchestre au Newport Jazz Festival 1957 avec Mary Lou Williams au piano. Spéciale dédicace à tous les natifs du Scorpion. Un morceau énergique qui pique. Solo langoureux à souhait de Jean-Charles Richard au baryton. Bien poussé par le groupe avec le batteur aux baguettes. 

Ellinoa, la chanteuse, monte sur scène et le septet devient octet. Le groupe va interpréter plusieurs morceaux du prochain album de Leila Olivesi " Astral " qui sortira le vendredi 18 novembre 2022. Cochez la date dans votre calendrier, lectrices spatiales, lecteurs cosmiques.

" Soustraire au feu des rêves " (poème de Lucie Taieb). Duo piano& voix en intro éthérée . Le son du sax ténor prolonge la voix. La voix se mêle aux souffles des instruments. Quentin Ghomari est au bugle. Je ne comprends rien aux paroles mais la musique me plaît. C'est l'essentiel. 

" Soustraire à la lumière " (poème de Lucie Taieb). Leila Olivesi défend les oeuvres de ses soeurs créatrices (Mary Lou Williams, Lucie Taieb). Cela est juste et bon. Une ballade énergique. Solo de trompette. Je ne comprends toujours pas les paroles. En français, apparemment, comme cet article. Cette sorte de Blues lent me fait penser à Charles Mingus, autre fou de Duke Ellington. 

" Missing C. C ", composition de Leila Olivesi en souvenir de Claude Carrière, homme de radio, fou de Duke Ellington au point de créer et d'animer 400 émissions de 1976 à 1984 pour diffuser toute l'oeuvre enregistrée de Duke Ellington sous le titre " Tout Duke ", de présider la Maison du Duke à Paris où Leila Olivesi intervient régulièrement  . Cf vidéo sous cet article.

Leila dirige ses hommes. Quentin Ghomari au bugle et les 3 autres souffleurs suivent. Une ballade d'inspiration très ducale y compris dans les ponctuations de la pianiste du groupe. Batteur aux balais. Jean-Charles Richard se prend pour Harry Carney, le saxophoniste baryton et chauffeur de Duke Ellington. Solo de piano qui lance un autre mélodie,. La contrebasse reprend avec le batteur aux baguettes. La musique scintille joyeusement et danse. Brève citation de " Take the A train " de Billy Strayhorn, le 2e cerveau de Duke Ellington. Solo nerveux du sax alto bien poussé par le groupe. S'ensuit un solo de trompette stimulé par la rythmique avec des vagues de saxs. Leila Olivesi se lève, quitte son piano pour venir diriger son groupe jusqu'au final. 

PAUSE

 

Pendant la pause, je discute avec mes voisins, un couple d'Irlandais très sympathiques. Ils ont repéré le concert sur Internet et sont venus sans rien connaître de cette musique. Manifestement, ils aiment. Ils m'ont offert un verre. C'est la première fois que des voisins inconnus m'offrent un verre dans un club de Jazz. En 20 ans de fréquentation de ces lieux. Ces Irlandais méritent leur réputation de chaleur humaine. J'espère qu'ils liront cet article et s'y retrouveront avec plaisir. 

" Winter flower " (Leila Olivesi). Solo de piano en intro. Ellinoa chante la fleur d'hiver. Batteur aux maillets. Ballade tout en douceur, comme son titre l'indique. Donald Kontomanou passe aux balais. Leila est aux commandes de la rythmique avec un solo inspiré. Ellinoa ajoute un chant sans paroles qui se mêle à la rythmique. Quentin Ghomari reprend au bugle. Belle montée en spirale du groupe. 

Solo de contrebasse en introduction. Yoni Zelnik pince les cordes et les fait chanter. A cordes et sans cri. Dialogue contrebasse & batterie ponctué par la trompette. Les 3 saxophonistes remontent sur scène. Leila quitte le piano pour diriger le groupe de ses mains. Ses hommes lui obéissent au doigt et à l'oeil. Elle lest fait monter et descendre. Les notes bien sûr.

Extrait de la " Suite andamane " de Leila Olivesi, célébrée sur ce blog. 3e et 4e mouvement. Avec Ellinoa au chant. Quentin Ghomari au bugle. Baptiste Herbin à la flûte traversière. Donald Kontomanou aux balais. Leila Olivesi nous explique le contexte avant de jouer. Une pagode au sommet d'une montagne dans l'Océan indien (la Mer Andamane fait partie de l'Océan indien, rappelons le). Une jeune fille devant le temple. Elle pleure. Je ne sais pas pourquoi. Solo de sax ténor voluptueux à souhait. Ca doit être un chagrin d'amour. Passage au 4e mouvement. A nous, public, de chanter. Belles vocalises d'Ellinoa bien stimulée par la rythmique. Batteur aux baguettes.

Extrait du prochain album de Leila Olivesi, " Astral " à paraître le vendredi 18 novembre 2022. La Suite Constellation. La rythmique installe une ambiance mystérieuse. Batteur aux baguettes. Dialogue percutant entre piano & batterie. La voix d'Ellinoa devient un instrument au sein du groupe. 

Pas compris le dernier titre. Intro en piano solo. Un Blues bien grave. Dialogue au féminin pluriel entre la pianiste et la chanteuse. Contrebasse et batterie s'ajoutent en douceur. Les souffleurs s'y mettent. Solo sans accompagnement du sax alto. Bel envol final.

RAPPEL

" Satin doll " de Duke Ellington bien entendu. Cf extrait audio au dessus de cet article. Mes voisins Irlandais, eux aussi, sont restés jusqu'au bout à écouter et applaudir, rappel inclus. 

 

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George Cables quartet surprise au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Darryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

Darryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

George Cables Quartet

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Jeudi 7 juillet 2022, 22h

Fred Nardin: piano

Darryl Hall: contrebasse

Jerome Jennings: batterie

Piero Odorici: saxophone ténor

 

Dans la salle sont présents Frank Amsallem (piano, chant) & Stéphane Belmondo (trompette, bugle) en spectateurs. 

Georges Cables (1944) est malade Il est remplacé ce soir au pied levé par Fred Nardin, pianiste français déjà salué sur ce blog. 

Une ballade pour commencer. Batteur aux balais. Son très classique du sax ténor. Elégant, suave, ferme. Plus Sonny Stitt que John Coltrane. Fred Nardin fait le métier mais il ne porte pas l'histoire du Jazz en lui comme Georges Cables qui joua avec Art Blakey, Sonny Rollins, Max Roach, Joe Henderson, Freddie Hubbard, Art Pepper, Dexter Gordon, Dizzy Gillespie et j'en oublie. Plus de 80 leaders de Jazz ont eu Georges Cables pour pianiste. 

Une composition de Georges Cables dont je n'ai pas compris le titre. Un tempo souple, fluide. Ca balance bien. Dans le style d'Herbie Hancock et de ses Iles empyrées. Son toujours suave et soyeux du sax ténor. Fred Nardin joue un répertoire qu'il connaît manifestement par coeur. Avec coeur. Le 4tet joue soudé. Bon massage cérébral. Batteur aux baguettes. Ca roule. 1er solo de contrebasse. Majestueux. C'est Darryl Hall. Fine ponctuation de la pointe des baguettes sur les cymbales. Frank Amsallem en grogne de joie. Le saxophoniste sonne plus comme Joe Henderson, révolutionnaire discret.

Bon enchaînement. Le sax ténor attaque. La rythmique suit. Ca swingue bien. Il me semble que c'est un standard du Jazz. Le titre m'échappe. Le piano se tait. Contrebasse et batterie poussent le sax ténor dans un trio façon Sonny Rollins. Le piano revient dans la danse. Je bats la mesure du pied gauche. Mon voisin de gauche de même. Nous sommes captivés. Au sax de s'effacer. Le pianiste est aux commandes, bien poussé par ses deux compères de la rythmique. Tout se calme pour un solo en douceur du contrebassiste, sur un tempo rapide malaxé par le batteur aux balais. Solo de Jérôme Jennings aux balais.  Souple et rapide. Un délice. Là, c'est moi qui grogne de joie. Le 4tet repart aussi sec.

" Holy Land " (Cedar Walton). Fred Nardin installe le thème et le 4tet enchaîne. C'est joyeux, dynamique. Une musique spirituelle comme son titre l'indique. Solo de contrebasse bien au centre de la rythmique. Bonne vibration dans le ventre. Le batteur hache menu le tempo aux baguettes sur les cymbales. Le 4tet décolle avec un saxophone en feu.

" You don't know what love is ". Ca, c'est un standard du Jazz. Duo sax ténor & contrebasse pour commencer. Grave. Avec du feeling. Piano et batterie viennent surfer doucement sur la vague. Le 4tet ronronne. Moi aussi. Je m'endors bercé voluptueusement par la musique.

Un autre standard. " What is this thing called love? " . Duo piano & saxo pour commencer. Le 4tet démarre balançant subtilement et efficacement. Batteur aux baguettes. Jérôme Jennings se lâche. Solo aux baguettes. Roulez tambours! Sonnez cymbales! Ma voisine de droite se met debout pour danser sur place. Fin qui roule bien en 4tet.

La photographie de Darryl Hall est l'oeuvre du Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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