Une petite histoire de l'opéra. Opus 2. Laurent Dehors

Publié le par Guillaume Lagrée

Une petite histoire de l'opéra

Opus 2

Direction artistique: Laurent Dehors

Tous Dehors

Laurent Dehors: composition, saxophones, clarinettes, cornemuse, guimbarde, voix

Jean-Marc Quillet: percussions, clavier, batterie, voix

Gabriel Gosse: guitare électrique 7 cordes, banjo, percussions, clavier, batterie, voix

Michel Massot: tuba, trombone, voix

Mathew Bourne: piano, piano préparé, voix

Tineke Van Ingelgem: soprano

 

" L'opéra, c'est le seul endroit où quand un type se prend un coup de poignard dans le dos, au lieu de mourir, il chante " (Boris Vian). Lectrices baroques, lecteurs classiques, j'avoue en être resté à cette définition de Boris Vian concernant l'opéra, spectacle total d'invention italienne. Le premier chef d'oeuvre du genre est l'Orfeo de Claudio Monteverdi, natif de Crémone (la ville du violon). Justement, c'est par Monteverdi que Laurent Dehors commence son Histoire de l'Opéra, opus 2 avec la Toccata, d'abord introduite au balafon (1) puis jouée par le groupe (2). 

Tout de suite, la barre est placée haut. Elle ne redescend jamais. Je vous ai déjà chanté, lectrices baroques, lecteurs classiques, les prouesses de ce groupe en concert à Paris, au Studio de l'Ermitage, en septembre 2019. Enthousiasmé, j'ai acheté l'album en sortant. Le temps de digérer le choc, je vous en parle.

Seulement 5 musiciens mais avec une telle diversité d'instruments (cf liste en haut de cet article) qu'ils sonnent comme un grand orchestre. Ni alto, ni violon, ni violoncelle, ni contrebasse. Mais le piano, la guitare électrique, diverses percussions, le clavier électrique, le tuba, le trombone, les saxophones, les clarinettes, la cornemuse, la guimbarde, le banjo... Pour suivre le groupe dans ses improvisations tout en préservant le coeur et l'âme de l'opéra, il fallait une chanteuse à la hauteur. Elle est trouvée en la personne de Tineke Van Ingelgem. Une voix de soprano à tutoyer les anges, un abattage de diablesse, un port de Reine, séductrice et impérieuse, Dame Van Ingelgem, vraie chanteuse d'opéra, s'amuse avec des airs qu'elle connait par coeur, ressuscite, repeint, revivifie.

Le résultat est d'une beauté sidérante. Ecoutez la en séductrice dans la " Habanera " de Bizet (6)? Cf extrait audio au dessus de cet article. Quand elle chante " Si je t'aime, prends garde à toi ", l'homme prudent se cache sous son canapé, l'aventurier se jette à ses pieds. Elle est aussi l'amoureuse éperdue dans " l'air de Didon " (10) tiré du " Didon et Enée " de Purcell. Elle donne envie d'être consolée dans " Sento in seno " (12) d'Antonio Vivaldi ou " Una furtiva lagrima " (14) de Donizetti. Elle s'amuse même à rapper sur des airs d'opéra flamand dans " Les oiseaux " (15) qui conclue l'album avec le joli chant de clarinette de Laurent Dehors. 

Tineke Van Ingelgem respecte le chant, le groupe respecte les airs mais en s'octroyant la liberté des jazzmen tant dans l'instrumentation que l'improvisation. Des esprits puristes et chagrins, des égoïstes, des avares peuvent avoir peur de cette musique et de cette liberté mais ce ne sont pas des gens fréquentables. Quant à vous, lectrices baroques, lecteurs classiques, que vous aimiez ou non l'opéra, réjouissez vous, étreignez vous avec l'opus 2 de l'histoire de l'Opéra par Laurent Dehors et ses complices. Evviva la musica!

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