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Quelques concerts de Jazz à Paris en janvier 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices éveilées, lecteurs pas couchés, voici ma sélection personnelle, arbitraire, partiale et dictatoriale de concerts de Jazz à Paris en janvier 2011.

 

 

 

Marc Copland

La photographie de Marc Copland est l'oeuvre du Parallélépipédique  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Au Sunside:

 

Mecredi 12 et jeudi 13 janvier à 21h " The Godfathers of Groove " avec un trio mené par le batteur Bernard " Pretty " Purdie dont les beats et les grooves imparables ont été samplés par des milliers de DJ. Ne cherchez pas plus loin. Le Saint Groove sera là!

 

Vendredi 21 et samedi 22 à 21h, le pianiste français Manuel Rocheman rendra hommage à Bill Evans avec Matthias Allamane à la contrebasse et Matthieu Chazarenc à la batterie. Elégance, raffinement et émotion sont prévus au programme.

 

 

Mercredi 25 janvier à 21h, le saxophoniste ténor Charles Gayle viendra pousser ses barrissements d'éléphant du Free Jazz. Je ne parle pas de sa carrure mais de sa puissance sonore bien sûr.

 

Vendredi 28 et samedi 29 à 21h, un triumvirat de Maîtres sera réuni devant vos yeux ébahis et vos oreilles éblouies: Marc Copland (piano), Riccardo del Fra (contrebasse) et Billy Hart (batterie). Attention, ce n'est pas de la confiture pour les cochons! N'y invitez pas n'importe qui. Le 25 janvier 2010, au Sunside, Marc Copland dialoguait avec Riccardo del Fra. Il a fallu attendre un an pour que Billy Hart vienne les y rejoindre. Plus que quelques jours de patience.

 

Au Duc des Lombards:

 

Vendredi 7 et samedi 8 janvier à 20h et 22h: le trio du contrebassiste Jean Philippe Viret. Je vous renvoie à une précédente chronique pour vous dire tout le grand bien que j'en pense.

 

Mardi 11 janvier à 20h et 22h: Laurent Robin Skyrider Project pour la sortie de l'album " Ode to de Doodooda " déjà connu et apprécié des lecteurs de ce blog.

 

Au 38 Riv:

Le trio Word Out du pianiste britannique Jim Funnell le mercredi 12 janvier à 20h30.

 

Au Triton, aux Lilas (métro mairie des Lilas), juste à côté de Paris:

 

Jeudi 27 janvier à 20h30, Henri Texier Brain Danse Quartet fera danser vos cerveaux.

 

Samedi 29 janvier à 20h30, Yves Robert jouera son conte politique " L'argent nous est cher " avec la Grande Elise Caron.

 

A l'Auditorium Saint Germain des Prés:

 

Leçon de Jazz d' Antoine Hervé sur Charlie Parker en duo avec Pierrick Pédron (saxophone alto).

 

 

 

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La Caravane Gazelle a fait une halte au Théâtre de Ménilmontant à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices rêveuses, lecteurs voyageurs, la Caravane Gazelle a fait une halte au théâtre de Ménilmontant à Paris le mardi 21 décembre 2010 pour fêter le début de l'hiver et de l'allongement des jours.

 

La mise en scène s'est affinée, le jeu de l'actrice et des musiciens aussi.

 

Quant à l'histoire de Florence Prieur et à la musique d'Olivier Calmel, elles sont toujours aussi belles.

 

Je vous renvoie donc à ma chronique de février dernier pour en savoir plus.

 

En attendant les images, le son est là puisqu'un album vient de sortir.

 

 

 

A bons entendeurs, salut!

 

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Prince invite Miles Davis sur scène pour le Nouvel An 1988

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices funky, lecteurs groovy, voici un petit cadeau de fin d'année pour ceux qui ne le connaitraient pas encore.

La seule rencontre filmée et enregistrée sur scène de Roger Prince Nelson dit  Prince avec Miles Dewey Davis Jr dit Miles Davis dit Prince of Darkness dit Sorcerer.

 

La rencontre de Miles avec Prince faillit être aussi manquée que celle avec Jimi Hendrix. Dans son autobiographie, Miles explique que s'il  a repris la musique en 1981, c'est parce qu'il y avait enfin quelque chose de neuf, il y avait Prince, l'unique mélange entre James Brown, Jimi Hendrix et Charlie Chaplin. En 1986, Miles quitta Columbia pour Warner Brothers qui éditait Prince à l'époque. Sur l'album Tutu, dirigé par Marcus Miller, Prince aurait dû ajouter une chanson. La même année 1986, Prince sort son album le plus Jazz,  Parade. C'est une musique de film. Le film, dirigé par Prince, est un infâme navet où apparaît l'album de Miles " You are under arrest " (Serge Gainsbourg, fan de Miles et de Prince, sortit un album sous le même titre en 1987). Kristin Scott Thomas y tient son premier grand rôle.

 

En attendant l'éventuelle sortie d'hypothétiques bandes des caves secrètes de Paisley Park, le studio de Prince à Minneapolis, Minnesota, USA,  il reste aux amateurs de musique Superfunkycalifragisexy ces images où Prince scatte sur les notes de trompette de Miles. C'était lors du concert du Nouvel An 1988.

 

Pour le Nouvel An, les amateurs de classique vont à l'Opéra de Vienne en Autriche. Les amateurs de Funk vont à Paisley Park, Minneapolis pour le concert de charité de Prince en faveur des sans abris de la ville. C'est qu'il fait froid l'hiver dans le Minnesota comme le savent les spectateurs des films des frères Coen (Prince fait une silhouette dans la neige dans Fargo).

 

 

 

  Have a Saxy New Year! Et pour la dernière nuit de l'année, It's gonna be a beautiful night!

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: Duke Ellington

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Leçon de Jazz d'Antoine Hervé.

Paris. Auditorium Saint Germain des Prés.

Jeudi 16 décembre 2010. 19h30.

Duke Ellington

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l"oeuvre de l'Admirable Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Antoine Hervé: piano, explications, grognements, chant.

 

Antoine Hervé poursuit son oeuvre de salut public en propageant la bonne parole du Jazz avec un de ses Maîtres absolus, étudié aujourd'hui comme Bach ou Mozart, Edward Kennedy " Duke " Ellington (1899-1974), pianiste, compositeur, chef d'orchestre.

 

Pour commencer, en toute logique, " A Prelude to a kiss ". Et dire qu'il existe des malheureux sur cette Terre qui n'écoutent que du Rock ou du Baroque et qui ignorent tout de cette musique. Une minute de compassion pour eux.

 

Natif de Washington, il crée son premier orchestre " The Washingtonians " en 1923 à 24 ans.  Au fil du temps, l'orchestre passa de 4-5 à 19 musiciens sans compter les chanteuses, les danseurs. Duke Ellington écrivait pour des musiciens précis comme Serge Gainsbourg pour les chanteuses. Comparaison audacieuse mais éclairante, Professeur Hervé! Le Duke a arrêté le sport pour la musique lorsqu'il s'est aperçu que la musique marchait mieux avec les filles. " Tant qu'il y aura une jolie fille pour m'écouter jouer du piano, je continuerai " disait il encore à 68 ans en 1967. Il est né dans la bourgeoisie noire, a reçu une bonne éducation, fait une école de Beaux Arts. Par contre, il reconnaissait avoir plus manqué de leçons de piano qu'il n'en avait pris. Il a surtout appris d'oreille.

 

Exemple de standard composé par le Duke: " I got it bad and that ain't good ". Un Blues du Duke ne sent pas la sueur dans les champs de coton mais l'odeur urbaine des petits matins blêmes quand votre chérie est partie sans prévenir. Antoine Hervé le joue très bien.

 

Duke était la classe même, fidèle en amitié (avec les femmes, c'était une autre histoire), loyal, conciliant, sachant arranger les conflits. Sur le New York des années 1920 que le Duke comparait à un pot au feu, le professeur Hervé nous conseille de lire " La beauté du monde " de Michel Lebris. Je vous conseille " New York " de Paul Morand (1929), édité en poche avec une préface de Philippe Sollers qui aimerait bien savoir écrire comme cela.

 

Au début, le Duke était un pianiste de ragtime, musique à deux temps. Démonstration. A écouter le " Soda Fountain Rag " dans le " Live at Whitney's " (solo de 1972). Duke a appris en regardant le piano pneumatique, en ralentissant le mécanisme pour suivre ce qui se passait. Il a appris le stride notamment le fameux " Carolina Shout " de James P. Johnson. On dansait dans les bars. Les gens vivaient, marchaient, dansaient, buvaient, fumaient, aimaient au rhythme du Jazz. Exemple de transformation en stride avec " La lettre à Elise " de Beethoven, fameuse guimauve, transformée en alcool fort grâce aux variations d'Antoine Hervé.

 

Le Duke était un excellent businessman. Il aurait pu devenir gangster vu ses mauvaises fréquentations. Il créa deux agences: une de communication, une pour artistes chacune travaillant avec et pour l'autre. A 20 ans, il avait déjà une voiture et une maison. A 60, il avait une centaine de costumes de scène, autant de chaussures et de chemises et ne savait lesquels choisir avant de monter sur scène. Entre 1926 et 1930, il enregistre 178 titre pour 18 compagnies sous différents noms, chaque contrat étant bien sûr exclusif. Dans les années 1920 à New York, naissance du style Jungle (rien à voir avec le style actuel d'électro). Wellman Braud à la contrebasse, Bubber Miley à la trompette, Sam "Tricky" Nanton au trombone qui jouait avec une ventouse pour déboucher les éviers, d'où le son wah wah bien avant que Jimi Hendrix n'ajoute une pédale à sa guitare électrique. Démonstration du professeur Hervé au piano en imitant avec sa voix les instruments de l'orchestre. C'est l'asphalt jungle de Harlem.

 

Cotton Club: artistes et serveurs noirs, clientèle blanche. Francis Ford Coppola en fit un beau film en 1984. dans les années 1930, le Duke y joue et les concerts sont diffusés nationalement grâce à la radio WHN. C'est la gloire.  Ivie Anderson, chanteuse, fut embauchée par le Duke en 1931 lors d'un passage à Chicago. Elle chantait " It don't mean a thing if it ain't got that swing ". Quel Jazzman n'a pas joué ce morceau qui est une leçon de vie plus encore que de musique? Je bats la mesure du pied droit. Le charme opère toujours.

 

En 1925 le Duke écrit sa première comédie musicale: " Chocolate kiddies ", bide à New York, triomphe à Berlin. C'était un compositeur à succès du début à la fin de sa carrière. Dans les années 1930 commencent les tournées internationales. C'est ainsi que Boris Vian et Django Reinhardt le rencontrent à Paris en 1938. Duke se sert de ses impressions de voyage pour composer. Ex: " Ad lib on Nippon " après une tournée au Japon. Il s'inspire des rythmes latins avec l'arrivée du tromboniste Juan Tizol qui lui apporte un morceau culte " Caravan " (écouter la version de Thelonious Monk sur l'album " Thelonious Monk plays Duke Ellington "). J'ai entendu Arthur H jouer ce morceau seul au piano à Lyon en 2000. C'est dire s'il dure. Juan Tizol amène aussi " Perdido " joué notamment par Charlie Parker et Dizzy Gillespie dans un fameux concert en Quintet au Massey Hall de Toronto en 1953.

 

En 1938, il rencontre Billy Strayhorn, grand compositeur, qui devient son deuxième cerveau jusqu'à la mort de Billy en 1967 ( écouter l'album hommage du Duke " And his mother called him Bill "). Ce tandem a hissé la musique de l'orchestre à des niveaux jamais atteints jusqu'alors ni depuis à mon avis. Billy était petit, timide, de santé fragile, homosexuel, bref tout l'opposé du Duke et pourtant ça collait. " UMMG "(Upper Manhattan Medical Group) écrit par Billy durant un séjour à l'hôpital (comme " Bloodcount ").

 

Chez le Duke, le chef d'orchestre fait oublier le pianiste. Démonstration de riffs ellingtoniens (rythmes qui se répètent et qui pètent, saperlipopette!). Démonstration de walking bass main gauche et de riff main droite. Bienvenue au club!  Exemple de pont ( cf " Get it to the bridge " de James Brown dans " Sex Machine "). Le professeur Hervé compare Igor Stravinsky et Duke Ellington avec des extraits du " Sacre du printemps " (merci à Mademoiselle L. pour ces précisions). Le Duke plaçait des figures à trois temps dans des mesures à quatre temps. Il était polyrythmique. Ex: " Cotton tail "

 

Il aimait aussi les ballades langoureuses et mielleuses. Ex: " Do nothing till You hear from me ". Un bijou rare et précieux. Que dire de plus? Mon côté fleur bleue se réveille instantanément. Une autre ballade " Mood Indigo ". Charles Mingus l'a souvent joué. Mingus vénérait Ellington bien que le Duke l'ait viré après une bagarre sur scène avec Juan Tizol (A lire dans " Moins qu'un chien " l'autobiographie de Charles Mingus). Une autre merveille d'élégance. Antoine reste fidèle au thème. " Satin Doll " qui évoque si bien la jolie fille apprêtée.

 

Avec l'arrivée du Be Bop, Duke Ellington devient ringard. Il est hors mode et écoute ce qui se passe. Comme il le disait: " Il existe deux sortes de musique: la bonne et la mauvaise ". En 1956, il triomphe au Newport Jazz Festival avec un mémorable chorus de saxophone ténor par Paul Gonzalves sur " Diminuendo and crescendo in Blue ". C'est enregistré même si cela a été probablement refait en studio.

 

" In a mellow tone " , la classe, toujours la classe. Un autre musicien classe, David Bowie, n'est-il pas surnommé " The thin white Duke "? John Wayne était aussi surnommé " The Duke ". Mieux vaut écouter l'hommage de Stevie Wonder " Sir Duke " sur son album clef " Songs in the key of life " (1976).

 

En 1962, le Duke enregistre en petite formation trois albums avec trois géants du Jazz: Louis Armstrong, Coleman Hawkins,  John Coltrane. Coltrane amène sa rythmique (Jimmy Garrison, Elvin Jones), le Duke la sienne (Aaron Bell, Sam Woodyard). Les rythmiques changent et se mélangent selon les morceaux. Coltrane est plein de respect et le Duke plein d'attention. Johny Hodges qui jouait le solo de sax dans l'orchestre sur " In a sentimental mood " resta pétrifié par la version de Coltrane. Tant de musiciens actuels se prennent pour des compositeurs qu'ils ne sont pas. Ils n'ont qu'à piocher dans l'oeuvre du Duke. Elle est inépuisable.

 

Dans les années 1960, le Duke adapta des oeuvres classiques: Casse Noisettes de Tchaikovsky, Peer Gynt d'Edvard Grieg. Il composa de la musique sacrée qu'il joua dans des cathédrales. Je me souviens avoir offert un " Concert of sacred music " d'Ellington au curé de Saint Malo en 1999. Il avait aimé.

 

" I let a song go out of my heart ", léger, entraînant, élégant, forcément élégant.12 000 personnes assistèrent à l'enterrement du Duke en 1974. Le jour même de sa mort, Miles Davis convoqua ses musiciens en studio pour enregistrer son Requiem pour Duke Ellington: " He loved him madly " (album " Big Fun ").

 

Antoine joue " Solitude " superbe ballade jouée notamment par  Sonny Rollins. Cette ballade porte bien son titre et Antoine la joue extrêmement bien.

 

" Le Jazz n'a pas besoin de tolérance. Il a besoin d'intelligence et de compréhension " ( Duke Ellington). La leçon de Jaz est finie. Alors que le public quitte la salle, la sono diffuse " Fleurette africaine " ( cf. début de l'article) en triumvirat avec Charles Mingus (contrebasse) et Max Roach (batterie) sur l'album " Money Jungle ".

 

Prochaine leçon de Jazz à Paris le vendredi 28 janvier 2011 avec Pierrick Pédron (saxophone alto) pour " Charlie Parker étoile filante du Be Bop ".

 

En cadeau, Duke Ellington en concert avec son orchestre. Régalez vous!

 

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Claudia Solal et Benjamin Moussay soldent leur galette de Porridge

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices fidèles, lecteurs sérieux, vous savez que je suis un fan invertébré de l'Enchanteuse  Claudia Solal.

 

En 2005, elle sortait un album en duo avec le Sorcier des claviers Benjamin Moussay intitulé  Porridge Days.

 

Je n'ai pas changé d'avis sur cet album que j'écoute toujours avec de grandes délices.

 

Pour la fin d'année 2010, cet album est vendu pour la modique somme de dix (10) euros. A offrir et à vous offrir.

 

Prière de passer commande de ma part auprès de la citoyenne Claudia Solal.

 

Merci de votre attention.

 

 


 

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Nuit Sonny Rollins sur France Musique du samedi 18 au dimanche 19 décembre

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Theodore Walter Rollins dit Sonny dit Saxophone Colossus dit The Buffalo dit The Boss of the tenor a fêté ses 80 ans en septembre 2010 par un concert géant à New York City, USA.

 

 

 

 

Pour ceux qui, comme moi, n'y étaient pas, Franck Médioni propose une nuit Sonny Rollins sur France Musique de 1h à 7h du matin le dimanche 19 décembre 2010.

 

Au menu, la musique de Sonny Rollins, des témoignages de ses musiciens, de saxophonistes français qui paient leur tribut au Maître.

 

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La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre du Colossal Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Bref, mettez votre casque sur la tête, dites à votre chéri(e) que vous êtes insomniaque cette nuit, installez vous dans le canapé et gorgez vous de Jazz, de Calypso, de Funk. Si vous êtes veilleur de nuit dans un hôtel, policier, gendarme, pompier, infirmier, médecin, infirmier, barman, encore mieux, vous serez vraiment en éveil cette nuit là. Don't stop the carnival!

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Didier Lockwood retrouve Philip Catherine au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Didier Lockwood retrouve Philip Catherine au Duc des Lombards.

Paris. Le Duc des Lombards. Dimanche 12 décembre 2010. 20h.

 

 

 

 Didier Lockwood : violon

Diego Imbert : contrebasse

Philip Catherine : guitare électrique

 

C’est une soirée consacrée aux standards du Jazz. Je m’y attendais et ne suis donc pas déçu par l’annonce de Didier Lockwood.

 

« All the things You are ». Ca commence tout doucement à trois comme il se doit. C’est léger, aérien, entraînant, sans insister. Walking bass classique et solide. En arrivant de Paris depuis Bruxelles, Philip Catherine n’a pas perdu en route son inventivité. Il joue sec, nerveux et pourtant émouvant. La contrebasse fait le lien avec la Terre, la guitare lance et le violon décolle. Avec ce genre de morceaux, pour ces musiciens là, pas besoin de partition, à peine de répétition.

 

«  Someday my prince will come » la chanson de Blanche Neige dans le dessin animé de Walt Disney pour ceux qui n’ont pas vu un écran de cinéma ou de télévision depuis 60 ans. C’est une valse. Ah, la finesse du jeu de Philip Catherine ! Ce n’est pas par hasard s’il a joué avec Chet Baker en compagnie d’un autre Belge, Jean Louis Rassinfosse à la contrebasse (concert sublime à Bologne en 1985. C’est enregistré . Ca se trouve). Jolis sons aigus au violon. Ca swingue avec grâce.

 

Attaque de la guitare seule. C’est un Blues. C’est « Misty » dont Clint Eastwood fit un film, à partir de la version enregistrée par Erroll Garner au festival de Monterey, ville dont Clint Eastwood fut maire. Bien après le film. Vous suivez toujours ? Pas de doute, Catherine est plus puissant, plus émouvant que Lockwood. Ils jouaient ensemble il y a trente ans avec Christian Escoudé comme troisième larron. C’est dire s’ils se connaissent. Leur plaisir à se retrouver est manifeste et nous bénéficie.

 

Un standard français « Les feuilles mortes ». Que d’émotion contenue dans le jeu retenu de Philip Catherine ! De nombreux guitaristes volubiles et expansifs feraient bien de l’écouter. Quelle leçon de musique ! Inspiré à son tour, Lockwood trouve de fort jolis accents. Diego Imbert est un accompagnateur solide mais pas un soliste mémorable. Mon généreux voisin me propose de piocher dans son assiette de charcuterie car sa compagne et lui calent. Poli comme je suis, je ne refuse pas et joint donc les nourritures du corps à celles de l’esprit.

 

« I got rhythm ». C’est l’héritage de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli qui se joue ce soir. L’année du centenaire de Django se termine le 31 décembre 2010. Catherine ne copie pas Django même s’il en vient. Joyeux final à trois. Ils ont du rythme. «  Le plus important dans un morceau, c’est le début et la fin. Au milieu, ça ne regarde personne » expliquait Stéphane Grappelli à Didier Lockwood.

 

« Estate » chanté sous le titre « Un été » par Claude Nougaro. Philip Catherine le transforme en bossa nova. Grâce, légèreté, élégance. Lockwood est un virtuose mais, dès la première note, Catherine me touche plus, me parle plus que Lockwood dans un solo complet. Joli effet dans le final où le violon sonne comme une flûte.

 

Attaque nerveuse de la guitare. « Olé ! » dit Catherine. A nouveau « All the things you are » si je ne m’abuse. Mon voisin généreux a les mêmes manies que moi. Il note les titres des standards qu’il reconnaît pour mieux discuter du concert ensuite. Très brève citation de « La Marseillaise » au violon. Ca accélère, monte, vibre.

 

Le concert fini, je quitte le Duc des Lombards, satisfait de mon concert du week end, laissant mon voisin généreux et sa compagne s’offrir un second concert à suivre de ce trio. A eux d’en faire le commentaire, s’ils le désirent.

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Caravane Gazelle le mardi 21 décembre au Théâtre de Ménilmontant, mais oui Madame!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Création 'Caravane Gazelle' par le quintette à vent ArteCombo

Venez fêter l'hiver et la sortie du disque
' Caravane Gazelle ' sur le label Hybrid Music
le 21 décembre au Théâtre de Ménilmontant !

caravane_gazelle_21_12_2010

Auteur : Florence Prieur

Conteuse : Julie Martigny

Mise en scène : Illiche L'Hénoret

Création lumière : Marc Robidou

Compositeur : Olivier Calmel

Musiciens : quintette à vent ArteCombo

arte_combo_logo

Création de la version Spectacle de
' Caravane Gazelle '
le 21 décembre 2010 à 20h

Théâtre de Ménilmontant / 15 rue du retrait, 75020 Paris
Tel : +33 (0)1 46 36 98 60 begin_of_the_skype_highlighting              +33 (0)1 46 36 98 60      end_of_the_skype_highlighting / Métro Gambetta
Libre participation / réservation obligatoire
par téléphone ou par mail :
contact@artecombo.com / 06 67 61 85 03

>> en savoir plus

Infos, extraits, disques, presse, catalogue concerts : www.oliviercalmel.com

2010 Olivier Calmel

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Dave Liebman Quartet plays Ornette Coleman à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Dave Liebman Quartet plays Ornette Coleman.

Paris. Le Sunside.

Lundi 6 décembre 2010. 21h.

 

 

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La photographie de  Dave Liebman   est l'oeuvre de l'Irréductible Juan Carlos HERNANDEZ. Elle fut prise lors du concert du même groupe à Genève, Suisse, le mardi 7 décembre 2010.

 

 

Dave Liebman : saxophone soprano, flûte

Vic Juris : guitare électrique

Tony Marino : guitare basse électrique

Marco Marcinko : batterie, percussions

 

«  Smoking at the café ». Son planant de guitare électrique, très trafiqué, avec des ondulations électroniques. Le sax soprano vient s’y mêler. Tony commence à poser la ligne de basse. Le batteur tapote, ponctue, varie les effets. L’ambiance est à l’image du titre. Parole de non fumeur. La guitare est revenue à un style plus classique. Ca se ballade peinard. Ca pulse, vogue, dérive. La musique est à la fois rassurante et dérangeante. Bref c’est du Jazz. Ce soir j’ai pour voisine la Femme Poisson. Que fait la Femme Poisson dans un club de Jazz à Paris ? Elle dessine des Jazzmen. Comment ? Sur le vif, sur du papier à dessin, avec un marqueur, sa main droite et du talent. Je parlerai plus longuement des œuvres de la citoyenne Hélène Poisson lorsqu’elle exposera en mars 2011. A côté de la citoyenne Poisson, il y a un couple d’Italiens venu de Bologne. La femme écoute ravie, l’homme photographie. Je résume : j’écris, elle dessine, il photographie, ils jouent. Quatre arts réunis en même temps dans l’espace restreint d’un club de Jazz parisien. Merveille de la création ! Joie des Muses ! Vic Juris a l’air de sortir des studios des Nashville, Tennessee mais son jeu de guitare n’est pas précisément country ni même bluegrass. Batteur et bassiste sont discrets mais présents. Ils apportent le soutien qu’il faut à cette musique sans piano.

 

Démarrage du batteur aux balais. Un gros ours à lunettes au jeu puissant, fin, divers. Il vous entraîne dans sa danse, passe aux balais. Pulsion nerveuse de la basse. Guitare et sax viennent ponctuer. C’est plutôt funky mais à la manière d’Ornette Coleman. Ca accélère, devient puissamment rock’n roll. Tony fait vibrer les murs avec sa basse. Ca grogne, ça pète. Bien que Stéphane Portet, Big Boss du Sunset/Sunside, ait annoncé que Tony Marino joue de la contrebasse, la vérité m’oblige à lui apporter un démenti formel et public. Tony Marino joue de la guitare basse électrique. J’ai des témoins. Ca devient spatial. Chez les Français, je n’ai entendu que Jannick Top et Vincent Arthaud à ce niveau. La basse vrombit comme un B52. Le batteur déménage lui aussi. Non sans subtilité. Là est le charme. Ca avance, bifurque, relance. La rythmique monte en puissance alors que Dave déguste assis comme un vieux Sage. Martèlement funky, basique à la Al Foster. Gros son de basse à la Michael Henderson. Dave retrouve ses souvenirs de chez Miles Davis (1972-1974). L’instant d’après, ca se calme, descend en sourdine. Vic Juris sait aussi jouer funky, mouillé à la guitare comme les guitaristes de Miles entre 1972 et 1975. Final paroxystique à quatre. C’était « Stand of the furious » tiré de l’album « Quartet for the end of time » d’Ornette Coleman.

 

The thing that would never leave ” (Tony Marino). Retour au calme avec une ballade. C’est agréable mais le matériau de base est moins intéressant que les morceaux précédents.

 

« Una muy bonita » (Ornette Coleman). Vic commence seul tout en douceur. Dave prend sa petite flûte à bec, en bois. Un air latino s’élève. Attention, ce n’est pas de la Salsa banale. C’est une Salsa harmolodique. C’est beau, étrange, dansant comme les étoiles par une belle nuit d’été. C’est le genre d’instant magique après lequel je cours dans les concerts de musique improvisée. Et quand je le trouve, c’est très bon. Je peux pas mieux dire. C’est très bon. Dave est repassé au soprano. La musique vibre, danse, envoûte, enchante. La basse mène la danse merveilleusement soutenue par la batterie et la guitare. Dave reprend la main dans un style plus Jazz. La tension monte. Après une longue impro, le guitariste revient au thème. Il est si beau, si entraînant qu’il suffit à mon bonheur.

 

Solo de batterie aux maillets. Les tambours grognent de plaisir sous les tapotements de Marco Marcinko. Il passe aux baguettes et obtient des sons neufs en les faisant crisser. Retour à une pulsation funky avec la basse. Dave se rasseoit. Bon groove. La guitare tranche dedans mais sans brutalité. Silence pour le solo de soprano. Ca s’envole, virevolte, vibre, vit, grogne. Le groove remonte derrière. Son hyper funky, rapide, humide de guitare. Ca groove, baby !

 

PAUSE

 

« Dream of night » variation de Dave Liebman sur « Night dreamer » de Wayne Shorter. Ce soir, Dave n’a pas emmené son saxophone tenor. Je le regrette. Au soprano, il joue shorterien en diable. Imprévisible, remuant, mystérieux. Assis, Dave Liebman raconte la musique par ses mimiques, ses déhanchements. Il fait corps avec elle même lorsqu’il ne joue pas.

 

Attaque de la basse. Guitare planante. Batterie militaire. Sax saccadé. L’unique sujet des dessins de la citoyenne Poisson ce soir c’est Dave Liebman. Il faut dire que c’est un très beau poisson, respirant la musique par toutes ses branchies.

 

Deux morceaux tirés de l’album « Turn around » d’Ornette Coleman :

-         Lonely Woman

-         Turn around


Effets planants de guitare. Bruitage des percussions. Beaucoup de travail électronique sur la guitare. Marko ajoute ses grelots, ses jouets sonores. Tony travaille sa basse au corps. Dave a repris sa petite flûte à bec. Il arrive à la fameuse mélodie de Lonely Woman, une des plus belles jamais composées, à mon goût. Inépuisable. L’essence de la femme seule est résumée dans cette musique composée par un homme. Je peux me tromper puisque je suis un homme. Cependant, je me souviens avoir entendu Sophia Domancich (piano) le jouer en duo avec Henry Grimes (contrebasse) aux 7 Lézards, club parisien aujourd’hui disparu. Grand moment. La basse se met à planer avec la guitare qui joue toute seule grâce à la magie de l’électronique (thème en boucle). Dave revient au thème avec sa flûte. C’est si fragile et si fort à la fois. Bref, c’est beau, nom de Zeus !

 

« Turnaround » (titre éponyme de l’album). Le batteur commence aux balais et sifflote l’air. Basse et soprano s’ajoutent tout doucement à cette ballade. Le batteur passe aux baguettes et monte en puissance entraînant le groupe entier. La rythmique tourne bien, énergique. Ca réveille après minuit. Enfin, le guitariste lâche les chevaux rappelant le John Mac Laughlin de « Jack Johnson » (Miles Davis, 1970) mais sans copier. Le batteur grimace comme un diable sorti de sa boîte. Il en perd une baguette, en reprend une autre, sans perdre le beat. Bref, il fait le show chaud.

 

« Eden floor » morceau de l’album de Pat Metheny avec Ornette Coleman. Solo de soprano pour démarrer. Vic épluche, décortique sa guitare. La basse ondule comme un grand serpent alors que la batterie avance comme un cheval. Le son de la guitare semble glisser sur un coussin d’air : magie des machines. Le guitariste cite une chanson pop dont le titre ne me revient pas. Ils finissent en rythmique reggae déjantée.

 

Au rappel, ils jouèrent une folk song adaptée par Vic Juris. Nous étions environ 200 happy few à en profiter. Dommage pour les autres.

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Réclame pour le livre et les calendriers de Juan Carlos HERNANDEZ

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Lectrices fidèles, lecteurs attentifs, vous connaissez le talent du Resplendissant Juan Carlos HERNANDEZ dont les photographies ornent les articles de ce blog comme les enluminures les Bibles bénédictines du Duecento.

 

Peter Giron

 

 

La photographie de Peter Giron est l'oeuvre de Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Mon honorable associé vient de publier, en espagnol, un livre orné des textes de Carmen Bela Moreno,  Estelas de Jazz. Si vous lisez l'espagnol, ce livre vous réjouira. Si vous ne le lisez pas, il vous réjouira encore plus car cela vous donnera l'occasion d'apprendre la langue de Gabriel Garcia Marquez  . Si vous êtes rétif à l'apprentissage des langues étrangères, vous pourrez toujours vous gorger des images et vous amuser à deviner le sens des textes.

 

Par ailleurs, pour orner votre bureau,votre chalet, votre château en Espagne, vous pouvez vous offrir ses deux calendriers 2011:

- l'un consacré au Jazz

- l'autre à d'autres signes de Vie

 

Enfin, définitivement séduits par le talent de ce caballero, vous irez en Suisse, à Genève, où il naquit et vit encore, pour voir l'exposition de ses oeuvres. Là vous pourrez les admirer, les acquérir, les faire dédicacer par l'artiste et le saluer de ma part.

 

Ne soyez pas égoïstes: rien ne vous empêche d'offrir ses oeuvres à vos parents et amis.

 

 

 

 

 

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