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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour mai 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices printanières, lecteurs en fleur, voici venir le printemps et le joli moi de mai.

Pour fêter cela, voici ma sélection rigoureusement inique de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour le mois de mai 2016.

Pour un agenda complet, voyez Citizenjazz.

Deux festivals à signaler:

- Ferté Jazz Festival,à la Ferté sous Jouarre, Seine et Marne, du jeudi 12 au lundi 16 mai , avec notamment les concerts de Fred Wesley and the New JB's (Funk is not dead!) et le saxophoniste ténor Frédéric Borey. Outre les concerts, vous y trouverez une brocante musicale, des expositions, un espace jeune public, des apéros concerts, du ciné jazz. Navettes retour gratuites vers Paris.

- Festival Jazz à Saint Germain des Près, à Paris, du jeudi 19 au mardi 31 mai avec notamment le Nick Bärtch's Mobile, déjà louangé sur ce blog, Ray Lema, auteur compositeur interprète congolais, de Kinshasa, à qui je dois un des plus beaux concerts de ma vie (Ray Lema et les Gnaoua lors de la fête de la Musique 1998 à Paris. Piano, chant, percussions, danse. Voyage en Afrique sans quitter Paris. Et dire que des malheureux prennent des substances illicites et nocives pour planer alors que cette musique existe!) et un Grand Bal Swing.

Lundi 2 mai:

- Duc des Lombards, Paris: 19h30 et 21h30: Kenny Werner Trio. Un doux colosse du piano.

Mardi 3 mai:

- Duc des Lombards, Paris: 19h30 et 21h30: Kenny Werner Trio. Un doux colosse du piano.

- Salle de l'Orangerie, Eaubonne, Val d'Oise, 21h. Hervé Sellin (piano) trio invite Pierrick Pédron (sax alto) pour un hommage à Phil Woods. Classieux.

Mercredi 4 mai:

- Le Baiser Salé, Paris, 19h: " Les Caribéennes de Mai! ", festival de Jazz caraïbe, avec le duo Mario Canonge (piano)/ Michel Zenino (contrebasse) qui poursuit sa route.

- Le Sunside, Paris, 21h: Leon Parker Quartet & Guests. Ebattez vous!

Jeudi 5 mai:

- Le Sunside, Paris, 21h: Leon Parker Quartet & Guests. Ebattez vous!

Samedi 7 mai:

- Le Baiser Salé, Paris, 21h30: " Les Caribéennes de Mai! ", festival de Jazz caraïbe, avec Franck Nicolas et sa Jazz Ka Philosophy.

Mercredi 11 mai:

- Le Baiser Salé, Paris, 19h: " Les Caribéennes de Mai! ", festival de Jazz caraïbe, avec le duo Mario Canonge (piano)/ Michel Zenino (contrebasse) qui poursuit sa route.

- Le Baiser Salé, Paris, 21h30: Rick Margitza Quartet. Le dernier saxophoniste de Miles Davis vit et joue à Paris, ne l'oublions pas.

Jeudi 12 mai:

- Duc des Lombards, Paris, 19h30 et 21h30: Billy Hart Quartet. Un Maître tambour d'Amérique.

- Le Baiser Salé, Paris, 19h: " Les Caribéennes de Mai! ", festival de Jazz caraïbe, avec le duo Mario Canonge (piano)/ Michel Zenino (contrebasse) qui poursuit sa route.

- Le Sunset, Paris, 21h30: Trio Kornazov-Codjia-Tamisier. Pour les aventuriers du son.

Vendredi 13 mai:

- Duc des Lombards, Paris, 19h30 et 21h30: Billy Hart Quartet. Un Maître tambour d'Amérique.

Samedi 14 mai:

- Duc des Lombards, Paris, 19h30 et 21h30: Billy Hart Quartet. Un Maître tambour d'Amérique.

- Péniche Le Marcounet, Paris, 20h: Le Bounce Trio de l'organiste Mathieu Marthouret. Prêts à bondir de plaisir?

- Le Sunset, Paris, 21h: Damien Schmitt " Dam'n Co Group ", batteur français prodigieux. Je me souviens d'un concert phénoménal en duo avec Médéric Collignon au Triton et de sa présence dans le quartet Le Lann/Top.

Dimanche 15 mai:

- Le Sunside, Paris, 21h30: Ricardo del Fra " Open Book ". Classieux.

Mercredi 18 mai:

- Théâtre du Vésinet, Le Vésinet, Yvelines, 21h: Alain Jean-Marie Trio et André Villéger (saxophone). Classieux.

Jeudi 19 mai:

- Le Sunside, Paris, 21h30: Sébastien Llado Quartet. Chaud et vivant.

Vendredi 20 mai:

- Cinéma Balzac, Paris, 20h30: Le festival " Jazz & Images " se poursuit avec une soirée spéciale Aldo Romano composée d'un concert du trio d'Aldo Romano, Henri Texier et Vincent Le Quang sur scène et de la projection de " Appunti per un film sul Jazz. VII Festival internazionale di Bologna " ( Gianni Amico, 1965, 36' avec Aldo Romano, Jean-François Jenny Clark, Steve Lacy, Don Cherry, Mal Waldron). Evviva Aldo Romano!

Samedi 21 mai:

- Espace Sorano, Vincennes, Val de Marne, 20h30: Julien Lourau " Electric Biddle ". Indescriptible.

Mardi 24 mai:

- Petit Journal Montparnasse, Paris, 21h30: Michel Legrand en trio avec Pierre Boussaguet (contrebasse) et François Laizeau (batterie). Est-il utile de présenter le seul Français à avoir obtenu 3 Oscars pour la musique de film et à avoir dirigé deux fois Miles Davis (" Legrand Jazz " en 1958 et " Dingo " en 1991)?

Jeudi 26 mai:

- Duc des Lombards, Paris, 19h30 et 21h30: Minino Garay " Vamos ". Juste avant l'ouverture des Internationaux de France de tennis de Roland Garros et la quête du 10e titre pour Rafael Nadal, ce concert s'impose même si Minino Garay est Argentin.

- La Fabrique, Brie Comte Robert, Seine et Marne, 21h: Véronique Herman Sambin & Xavier Richardeau, du Jazz vocal antillais de qualité. Déjà loué et célébré sur ce blog.

Vendredi 27 mai:

- Duc des Lombards, Paris, 19h30 et 21h30: Minino Garay " Vamos ". Juste avant l'ouverture des Internationaux de France de tennis de Roland Garros et la quête du 10e titre pour Rafael Nadal, ce concert s'impose même si Minino Garay est Argentin.

- Théâtre de Maisons Alfort, Maisons-Alfort, Val de Marne, 20h45: Omar Sosa Quarteto Afrocubano. Muy caliente!

- Le Sunside, Paris, 21h: Leila Olivesi "Utopia " Quartet. Une créatrice déjà célébrée sur ce blog à laquelle se joint pour la première fois, lors d'un concert, le saxophoniste et flûtiste Jean-Charles Richard.

Samedi 28 mai:

- Le Sunset, Paris, 19h30 et 21h30: Lucky Peterson " Singing the Blues ". Une Star du Blues dans un club de Jazz, c'est rare. Profitons en.

- Duc des Lombards, Paris, 19h30 et 21h30: Florian Pelissier Quintet. Passez le Cap de Bonne Espérance en bonne compagnie.

- L'Espace des Arts, Pavillon sous Bois, Seine Saint Denis, 21h30: Trio Didier Lockwood/Philip Catherine/Diego Imbert. La classe, forcément la classe.

Dimanche 29 mai:

- Le Sunside, Paris, 16h: Hommage à Sonny Rollins par Jacques Vidal (musicien) et Lionel Ezkenazi (conférencier).

- Théâtre des Ateliers du Chaudron, Paris, 16h et 19h: Steve Potts (sax soprano) et ses amis. Free Jazz is not dead!

- Le Sunset, Paris, 18h et 20h30: Lucky Peterson " Singing the Blues ". Une Star du Blues dans un club de Jazz, c'est rare. Profitons en.

- L'Espace des Arts, Pavillon sous Bois, Seine Saint Denis, 18h: Richard Galliano (accordéon)& Sylvain Luc (guitare) " La vie en rose ". Pour finir le dimanche en douceur.

Lundi 30 mai:

- Duc des Lombards, Paris, 19h30 et 21h30: Fred Hersch Trio. Homosexualité, SIDA, trithérapie, dépression, Fred Hersch a survécu à tout et sublime sa souffrance grâce à son piano. Un Maître discret.

Mardi 31 mai:

- Duc des Lombards, Paris, 19h30 et 21h30: Fred Hersch Trio. Homosexualité, SIDA, trithérapie, dépression, Fred Hersch a survécu à tout et sublime sa souffrance grâce à son piano. Un Maître discret.

La photographie de Mathieu Marthouret est l'oeuvre du Talentueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour mai 2016

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Florent Pellissier Quintet au New Morning

Publié le par Guillaume Lagrée

Florian Pellissier Quintet

Paris. Le New Morning.

Mercredi 5 avril 2016. 20h30

Soirée du label Heavenly Sweetness

Sortie de l’album “ Cap de Bonne Espérance “ du quintet de Florian Pellissier.

Florian Pellissier : piano

Yoni Zelnik : contrebasse

David Georgelot : batterie

Christophe Panzani : saxophone ténor

Yoann Loustalot: trompette

Concert diffusé sur TSF Jazz.

Ca vient bien du son Blue Note des 60’s. Chaud et groupé. Rythmique solide derrière un solo de trompette un peu fragile qui s’enhardit progressivement. C’est sage et bien fait.

Ca chante un peu plus et invite au voyage. Vers l’Inde par l’Afrique en passant le Cap de Bonne Espérance. Solo de sax ténor inspiré de Wayne Shorter mais sans le sens du mystère. Disons que c’est un voyage sans histoire. C’était « Cap de Bonne Espérance » puis « Canto para Elegua » du flutiste Harold Wayne.

Un morceau inspiré par la santeria cubaine. Chaud et tranquille. Ces gars là n’ont jamais voyagé à fond de cale et cela s’entend. C’est agréable à écouter.

« Almeria ». « Agitant ses grelots, elle avança et prononça ce mot : Almeria » (Serge Gainsbourg, Initials BB). Ce n’est plus une ballade mais une berceuse. Une dame âgée enlève ses chaussures et se met debout sur le canapé pour mieux voir. Son petit-fils doit jouer ce soir. Le contrebassiste tricote paisiblement. Christophe Panzani sait étirer les notes comme un chat paresseux.

Enfin un morceau animé, funky. C’est là que j’ai commencé à me réveiller sur l’album. Pareil pour le concert. De plus, le spectateur sans gêne qui m’asphyxiait avec sa cigarette électronique est parti. Pulsation de la contrebasse, martèlement de la batterie, ponctuation du piano et des cuivres. Ca, c’est bon.

Enchaînement sur un morceau plus lent, qui se voudrait mystérieux.

Ca doit être la grand-mère du joueur de grand-mère. Elle grimpe de nouveau sur le canapé pour observer le solo de contrebasse en introduction. C’est adorable. Christophe Panzani se lance dans un long solo dont il a le secret. Le gaillard a de la réserve. Du sax, du sax, oui mais du Panzani !

Arrive sur scène, juste avant la pause et le changement de groupe, un chanteur et trompettiste, Leron Thomas, qui ne m’avait pas convaincu sur l’album dans sa version de « What a difference a day makes ». Il ne me convainc pas plus sur scène. Je m’en vais donc, laissant derrière moi un public nombreux et heureux.

Vous trouverez ci-dessous, un extrait audio de l'album et vidéo du concert pour vous faire votre propre idée de la musique du quintette de Florian Pellissier, lectrices attentives, lecteurs consciencieux.

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Le Prince est mort (1958-2016)

Publié le par Guillaume Lagrée

Le Prince est mort

Rogers Prince Nelson (1958-2016)

Lectrices Superfunkycalifragisexy, lecteurs Pourpres, comme vous avez pu le remarquer, Prince est le seul artiste de Pop Music auquel plusieurs articles de ce blog sont consacrés:

- Prince invite Miles Davis sur scène pour le Nouvel An 1988 (concert de charité pour les sans abri de Minneapolis, ville glaciale l'hiver)

- Prince et le Jazz

- Prince vu par Médéric Collignon et Sébastien Llado, musiciens maintes fois célébrés sur ce blog.

- Prince en concert au Palais Omnisports de Paris Bercy le 1er septembre 1993 et comment je le l'ai croisé et manqué dans les jardins du Palais Royal à Paris le 8 mars 2011

Prince est intimement lié à ma vie. Il était né en 1958 comme Michael Jackson, showman et Madonna, businesswoman. Prince lui était auteur, compositeur et interprète. " Quand je chante à la télévision, le micro est allumé " disait-il.

J'étais adolescent dans les années 1980. Mes voisins et amis d'enfance étaient des fans de Prince et moi je ne captais pas sa musique. Jusqu'à un soir de 1990 où dans un bar de Quintin (22), j'ai vu sur des écrans de télévision le Love Sexy Tour (1988). Là, j'ai compris ce que disait Miles Davis: " Prince mélange James Bown, JImi Hendrix et Charlie Chaplin. Comment voulez vous vous planter avec ça? ". J'en suis resté sidéré.

De plus, mon frère cadet, Benoît Lagrée (1978-2013) était un fan invertébré de Prince, comme Michel Petrucciani. Je l'ai emmené à ce concert au POPB le 1er septembre 1993 alors qu'il n'avait pas encore 15 ans et jusqu'à sa disparition en 2013, il a collectionné les albums de Prince et ses fameux live piratés depuis 1981. Prince était un control freak, sans cesse occupé à faire interdire la diffusion de sa musique et de ses images sans son consentement exprès mais comme il créait à flux continu (un robinet à chansons. Ca coulait hors de lui disait Alan Leeds qui produisit James Brown puis Prince), ça sortait tout de même, volens nolens.

Pour ma part, quand j'ai besoin de me motiver, par exemple pour faire le ménage, je mets toujours en fond sonore James Brown ou Prince.

" Je fais de la musique car si je n'en faisais pas, j'en mourrais. J'enregistre car j'ai cela dans le sang. C'est comme un sort de savoir que vous pouvez toujours faire quelque chose de neuf " Prince

Comment rendre hommage à Prince?

En parsemant nos vies de ses chansons.

Vous ne savez pas si vous êtes Blanc ou Noir, hétéro ou homo? Controversy

Vous désirez sortir au restaurant en lingerie? DMSR

Vous voulez parsemer votre vie de Danse, Musique, Sexe et Romance? DMSR

Vous voulez déclarer votre flamme à celui ou celle qui partagera votre vie, vos joies et vos peines? Forever in my life

Vous voulez faire la fête comme si c'était le jour du Jugement dernier? 1999

Vous voulez sortir d'une dispute conjugale intelligemment? When doves cry

Vous voulez faire une fête à tout casser chez vous? Housequake

Vous vous interrogez sur les malheurs des temps actuels? Sign o' the times

Vous voulez manier le levier de vitesse? Head

Vous voulez le faire tout le temps? It

Vous êtes un fan de Jean-Pierre Raffarin et de la Positive Attitude? Positivity (Combien de temps vous a t-il fallu pour enregistrer cette chanson? Le temps qu'il fallait).

Vous vous sentez capable de porter votre croix ? The cross (Une chanson dans le style de U2. Bono, en fan de Prince, l'a reprise sur scène)

Vous ne guérissez pas d'un chagrin d'amour? Nothing compares 2 U rendue célèbre par l'interprétation de Sinead O'Connor.

Vous pleurez un Prince mort en avril? Sometimes it snows in April.

Vous voulez savoir ce que Prince et Miles Davis auraient pu créer ensemble? Ecoutez Prince chanter en studio Movie Star et Miles Davis le jouer sur scène. Les deux versions sont en vente libre

Vous voulez entendre Prince en acoustique? Ecoutez The Truth, 4e et dernière partie de l'album Crystal Ball qui réunit des dizaines de chansons refusées par Warner Brothers.

Vous aimez les préliminaires? Come. Plus de 11mn de chanson conclue par un orgasme.

Vous ne trouvez pas votre maison cachée sous la neige? Big white mansion

Vous ne voulez pas que vos enfants ressemblent à Prince? Alors ne les battez pas et écoutez Papa

Vous voulez écouter Prince avec Clare Fischer, un des arrangeurs majeurs du Jazz? Crystal Ball, rythmes, harmonie et mélodie vous rendront fous.

Vous voulez voir le futur? The Future

Vous voulez mélanger filles et garçons? Girls and Boys

Vous ne savez pas rendre le clavecin funky? The question of U

Vous voulez mettre de la Pop dans votre vie? Pop Life

Vous voulez que la nuit soit belle? It's gonna be a beautiful night

Vous voulez faire le tour du monde en un jour? Around the world in a day.

Je pourrais continuer longtemps ainsi.

Pour les amateurs de Jazz, les deux albums essentiels de Prince sont " Parade " (1986) et " Rainbow children " (2001)

Pour le gospel, écoutez plutôt " Love Sexy " (1988) ou " Graffiti Bridge " (1990)

Pour aller à l'essentiel, la compilation " The Hits/The B Sides " (Prince. 1958-1993) est hautement recommandable. Choix des morceaux par l'Artiste et très beau texte de présentation par Alan Leeds.

Tous les albums des années 1980 sont intéressants car" 1999 " (1982), " Purple Rain " (1984), " Around the world in a day "," Parade " (1986), " Sign o' the times " (1987) et " Love sexy " (1988) sont tous différents puisque Prince se remettait totalement en question à chaque album. Ensuite, pour éponger les dettes, Prince mit en route la cash machine avec " Batman " (1989), oeuvre de commande (merci à Kim Basinger pour avoir imposé Prince comme compositeur du film) mais qui est totalement griffée par Prince.

Pour une nuit avec Prince, vous pouvez écouter son seul Live officiel " One nite alone " (2002) ou l'émission d'une nuit que lui a consacré FIP le 22 avril 2016.

Le film qui m'a accroché à Prince à vie se trouve ci-dessous. Le 9 septembre 1988, à Dortmund, en Allemagne, la ville était érotique (Erotic City) et la vie Lovesexy.

Regardez, écoutez et dansez maintenant. Sexy dancer, move Ur body, move Ur body.

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Disquaire Day le samedi 16 avril 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices aguerries, lecteurs affûtés, avant de profiter de la Journée internationale du Jazz le samedi 30 avril, retrouvez vous le samedi 16 avril 2016 pour le Disquaire Day, si vous êtes en France ce jour là.

Pour le reste du monde, voyez le programme du Record Store Day le même jour.

Le Jazz est né avec le disque et la radio d'où sa diffusion rapide.

Pour soutenir le moral des troupes durant la Seconde Guerre mondiale, les Jazzmen enregistraient des V Disc (V comme Victory et le fameux signe de la main droite de Sir Winston Churchill) libres de droit.

Vous en trouverez un exemple fameux avec le " Flying home " de Lionel Hampton (vibraphone) ci-dessous.

Un disquaire est comme un libraire, du moins s'il est digne de ce nom. Il prend le temps de vous écouter, de vous conseiller et de vous guider. C'est chez un disquaire que j'ai fait découvrir Don Cherry à un jeune homme fan de New Wave. " C'est chamanique cette musique, complètement chamanique! "

Puissiez vous faire des découvertes aussi essentielles que ce jeune homme lors du Disquaire Day, lectrices aguerries, lecteurs affûtés.

Ce qu'il découvrit se trouve dans la vidéo ci-dessous et sur l'album " Orient " de Don Cherry que vous devez pouvoir trouver au Record Store Day.

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Gato Barbieri a cloué son bec (1932-2016)

Publié le par Guillaume Lagrée

Leandro " Gato " Barbieri

(1932-2016)

" La musique est un loisir pour les femmes divorcées et les hommes dandys " (Napoleone Buonaparte).

Voilà une définition qui collait parfaitement à Gato Barbieri.

Cet homme n'était pas enregistré à l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) mais il aurait pu.


identité visuelle: le chapeau, les lunettes, l'écharpe rouge et il portait l'ensemble avec bien plus de prestance que François Miterrand.

Identité sonore: un son de saxophone ténor si puissant que je cherche toujours le 2e saxophoniste quand je l'entends jouer. Il n'y en a pas.

Griffe: son surnom El Gato qui a éclipsé celui d'une composition de Duke Ellington, " El Gato ", créée pour un trompettiste, Cat Anderson.

Gato Barbieri était né à Rosario, en Argentine, en 1932. Personne ne savait jouer le tango au saxophone ténor comme lui.C'était sa musique natale. Il en fit une mine d'or inépuisable avec sa musique du film de Bernardo Bertolucci " Last tango in Paris " (1972) avec Marlon Brando et Maria Schneider.

En bon paresseux, j'ai le plus grand respect pour le travail bien fait. C'est pourquoi je vous renvoie, splendides lectrices, superbes lecteurs, à la lecture de l'excellent article de Francis Marmande dans le quotidien français Le Monde, " Le dernier tango de Gato Barbieri ". Pour les anglophones, voyez l'article du New York Times car Gato Barbieri vivait à New York depuis 1972. Pour les hispanophones, je conseille l'article du quotidien argentin La Nacion.

Pour ma part, je ne comprends toujours pas pourquoi un artiste qui avait enflammé la musique mondiale de 1966 à 1976, s'est contenté ensuite de vendre de la soupe dénommée " Smooth Jazz ". Inspiration tarie? Neurones grillés par l'abus de substances nocives, illicites ou non? Adoration du Dieu $? Le mystère demeure.

A celui qui a beaucoup donné, il sera beaucoup pardonné.

De 1966 à 1976, du Free Jazz au Latin Jazz, en passant par la Pop Music, Gato Barbieri a vraiment mis le feu, au point d'intituler un album " Fenix ". Il a même enflammé le Lac Léman avec un concert mémorable au Montreux Jazz Festival de 1971 paru sous le titre " El Pampero ". Puis il livra pour le label Impulse une série d'albums mémorables comme les chapitres d'une oeuvre intitulés tout simplement Chapter one, two, three, four (un live en club à New York injustement méconnu).

Ecoutez les, montez le son, entraînez voisins, parents, amis, amants, dans la danse du Chat.

Ciao, Gato.

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Fox en concert au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Fox

Paris. Le Duc des Lombards.

Mardi 29 mars 2016. 21h30

Le trio Fox est composé de

Pierre Perchaud: guitare électrique, compositions, direction

Nicolas Moreaux: contrebasse, compositions

Jorge Rossy: batterie

Concert de sortie de l'album " Fox " chez Jazz & People, label participatif.

Un an après, me voici de nouveau face au trio de Pierre Perchaud. En attendant le début du concert, la sono diffuse de la bonne musique. Miles Davis live at the Isle of Wight (1970) puis " For musicians only " avec Dizzy Gillespie, Stan Getz, Sonny Stitt (1957).

" Paloma " (Nicolas Moreaux). Tout de suite, ça coule de source entre contrebasse et guitare. Ca glisse à la guitare, pince à la contrebasse, tout en souplesse. Nul besoin de voix humaine pour que cela chante. Jorge Rossy arrive aux balais et le trio part sur un air assez énergique mais souple.Le batteur est passé aux baguettes et l'air monte en puissance. Retour à la jolie mélodie chantante du début entre les cordes, jusqu'au final, tout en douceur.

" Ya Ya " (Pierre Perchaud) écrit pour sa fille Julia lorsqu'elle était trop petite pour dire son prénom. Le morceau doit nous donner une idée de l'ambiance à la maison des Perchaud. Air sautillant, léger comme une petite fille remuante. Le batteur tapote joyeusement ses tambours aux baguettes. Jorge Rossy, était le batteur du trio du pianiste Brad Mets de l'eau au talent duquel je suis toujours resté hermétiquement étanche.

Une ballade. Le batteur aux maillets. Le bassiste tient la pulsation. Musique lente, inquiétante. Bonne bande son de film d'angoisse. " Strange animal ", un lézard géant qui marche très doucement, genre Donald Trump, ajoute Jorge Rossy.

" Whispering " (Nicolas Moreaux). A ne pas confondre avec le standard homonyme de Paul Whiteman (1920) dont Dizzy Gillespie tira " Groovin High " et Boris Vian " Ah si j'avais 1F50 ". Le contrebassiste attaque son morceau. Malgré le titre (" Murmurant " comme dans " le mur murant Paris rend Paris murmurant " ), jeu énergique des baguettes sur la batterie. Au dessus de cette tension, la guitare calme et tranquille. Retour au calme avec cette belle ligne de basse.

" Pour Henri " un Blues qui n'est pas dédié à Henri Salvador ou à Henri Chapier, pas même à Henri Leconte. Très beau Blues entamé à la guitare. La contrebasse suit à pas de chat. Le batteur, aux baguettes, retient sa force. Ce Blues est en fait dédié à un oncle de Pierre Perchaud, apparemment lent mais en fait très rapide. Il construisait des maisons, métier honorable et il les faisait sans geste inutile, efficacement.

" Fox ", le titre album. Bonne ambiance sur scène. Les musiciens rient entre eux.

Batteur aux balais. J'aime ce morceau qui donne une ambiance de western spaghetti. Les grands espaces, le héros qui chevauche dans la sierra (Sergio Leone tournait en Espagne), un soleil de plomb, le vent qui fait pencher les hautes herbes et siffler la poussière, la chanteuse qui reste seule au saloon, digne, sans pleurer. L'air monte en puissance avec le batteur aux baguettes jusqu'au final. Je me suis fait un film qui n'a rien à voir avec la chanson, " And I love her " (Lennon/Mac Cartney), la première chanson adulte des Beatles selon Sir Paul Mac Cartney, mélodiste de génie.

" Paloma sonando " (Nicolas Moreaux). Manifestement, Nicolas est amoureux de cette Paloma là. Comme le titre le suggère (Paloma rêvant), c'est une ballade. Batteur aux balais.

Nouveau morceau " Yoda's Power " (Nicolas Moreaux) manifestement inspiré par la saga cinématographique de la Guerre des étoiles. Solo de guitare pour une jolie mélodie. Le trio démarre. Batteur aux baguettes. Pouvoir tranquille. Le batteur attaque et le morceau s'agite. Le guitariste est dedans. Il grommelle l'air qu'il joue. Ca swingue, saperlipopette! Pouvoir énergique mais pacifique, c'est bien Maître Yoda. Belles flamboyances de la guitare chauffée par la contrebasse et la batterie.

RAPPEL

" I remember You ", le premier standard de Jazz du concert. Chet Baker le joua et le chanta. Batteur aux balais. Dialogue avec la guitare sur un tempo rapide. Ca tricote. Jorge Rossy reprend les baguettes et le trio démarre. Un couple d'anciens est passionné par la musique. Ils chantent, tapent des mains, commentent. Bref, leur jeunesse d'esprit fait plaisir à voir. Retour aux balais pour un dialogue avec la contrebasse en solo, légèrement ponctuée par la guitare. Breaks de batterie aux baguettes. Charmant point final.

Grâce à la radio TSF Jazz, voici le podcast du concert de Fox le mercredi 30 mars 2016 au Duc des Lombards.

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Franco d'Andrea Trio " Traditions today " in concerto al Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Franco d’Andrea Trio

Paris. Le Sunside.

Vendredi 25 mars 2016. 21h.

Franco d’Andrea : piano

Daniele d’Agaro : clarinette.

Mauro Ottolini : trombone

Il Maestro del piano Jazz in Italia si chiama Franco d’Andrea. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Enrico Pieranunzi, pianiste italien de Jazz. Le Maître est rare en concert, encore plus rare à Paris, parce qu’il a 75 ans et parce qu’il préfère enseigner chez lui, au pied des Alpes, à Merano (Meran auf deutsch), province autonome de Bolzano (Bolzen auf deutsch), Trentin Haut Adige, en Italie. La prochaine édition du Merano Jazz (15e Académie et 20e Festival) aura lieu du mercredi 13 au dimanche 17 juillet 2016.

Ce soir, il vient avec son trio Traditions today qui propose une interprétation contemporaine du Jazz des années 20, celui de la Swing Era de Francis Scott Fitzgerald.

Cela s’entend tout de suite avec le trombone qui joue en wah wah. Le piano fait la pompe. La salle est quasiment vide. Franco d’Andrea est un musicien pour musiciens et nous sommes au début du week end de Pâques. Les Parisiens ont fui Paris. Pour ma part, je ne partirai que le samedi matin. Je suis resté pour Franco d’Andrea.

Le trio est passé à du Monk, toujours avec le trombone en wah wah. Le Blues à l’italienne, c’est la grande classe. Dialogue subtilissime entre piano et trombone. La clarinette vient ajouter son chant d’oiseau.

Ils enchaînent sur un air plus vif. Pas d’applaudissement. Le public suit attentivement. Joyeuse cacophonie du trio. La musique bruisse en tous sens, comme un vol d‘étourneaux. Retour à Monk au piano. Les souffleurs reprennent sur une belle mélodie méditative. Ca sonne comme le premier Dke Ellington. Le pianiste glisse quelques fioritures. Un jeune tromboniste qui sonne aussi bien avec la sourdine Harmon, c’est rare mais cela existe, Gian Luca Petrella, autre tromboniste italien, autre complice de Franco d’Andrea. Ca y est, nous pouvons applaudir.

Un scintillement de notes jaillit du piano. Franco d’Andrea a dû écouter Martial Solal. « I got rhythm » (Gershwin) transformé à la Solal en piano solo. Subtil et puissant à la fois. Clarinette et trombone enchaînent le thème.

Le pianiste enchaîne sur une sorte de Blues. Nous avons un Maître et bien peu d’élèves pour l’écouter. Un standard de Duke Ellington. Clarinette et trombone wah wah enchaînent superbement. C’est à la fois respectueux et personnel, la classe à l’italienne. Magnifico !

Ni musique ni morceaux ne sont annoncés. La musica parla da solo. Solo de trombone pour commencer. Ni contrebasse, ni batterie. Cela ancrerait inutilement cette musique. Un nouvel air de la Swing Era qu’ils rafraîchissent splendidement. Ce trio crée bien plus de musique que bien des orchestres. Je ne citerai pas de nom.

Un autre air de la Swing Era, genre Sidney Bechet. Clarinette et trombone sont d’ailleurs des instruments attachés à cette époque. Le piano, lui, est intemporel malgré ses avatars. C’est bien l’air mais rajeuni, modernisé. Ils jouent le répertoire du Jazz mais ils ne le récitent pas en simples exécutants comme tous ces orchestres New Orleans qui n’ont jamais la folie créatrice de leurs modèles : Jelly Roll Morton, Louis Armstrong, Sidney Bechet.

Serait-ce du Mingus ? Le trombone grogne, le piano gronde et la clarinette grince. Ca swingue terrible. Main gauche très puissante pour remplacer la contrebasse et la batterie absentes.

Le pianiste commence. Deux minets s’en vont. La beauté leur fait peur. Encore un Blues, raffiné et viril à la fois. 75 ans, il Maestro vieillit bien. Trombone wah wah et douce plainte de la clarinette. Ca berce. Cette musique va à l’essentiel, l’émotion, tout en l’habillant pudiquement grâce à la technique. Un couple s’en va. La beauté semble vraiment difficile à supporter.

Dialogue scintillant piano/clarinette. Ca bat la campagne comme une cavalcade. Dernières notes de piano qui sonnent comme des clochettes d’argent.

PAUSE

A la pause, le clarinettiste m’explique qu’il n’y a pas de playlist. C’est de la cuisine sur le vif.

Clarinette et trombone attaquent brutalement. Cela redevient aussitôt mélodieux avec l’entrée en scène du piano. Nous sommes une vingtaine de spectateurs. Je fais partie des happy few. Ce trio tourne depuis 10 ans sans album. Il faut donc l’apprécier sur scène exclusivement mais il vaut le déplacement comme disent les guides touristiques.

Solo de piano d’un stride revisité. Un jeune couple s’en va. Le carré VIP se restreint encore. « You are undecided now », un vieux standard.

Duo piano/clarinette pour commencer. Superbement heurté. « Caravan » (Duke Ellington). Trombone bouché. Superbe version, suspendue entre tradition et modernité.

Quelle joyeuse cavalcade à 3 ! Parmi les rares spectateurs, je note Francesco Bearzatti (saxophoniste et clarinettiste italien), Pierre de Chocqueuse et Thierry Quénum, journalistes français de Jazz. « Basin street blues » que Louis Armstrong jouait avec Jack Teagarden (trombone et chant). Très belle version.

« Summertime » (Gershwin). Piano solo. Le trombone enchaîne. En fait, c’est « Saint Louis Blues » (WC Handy).

Trombone wah wah en résonnance avec le piano.

Vaincu par la fatigue, j’ai quitté le concert avant la fin. Quelques esthètes privilégiés en ont profité jusqu’au bout. E tutto. Grazie mille Maestro.

Grâce à Yvan Amar et à son émission Jazz Club sur France Musique, voici le podcast de ce concert.

Dans le film ci-dessous, Franco d'Andrea décortique " Take the A train " de Billy Strayhorn, une leçon de Jazz vivement recommandée aux pianistes italianistes mais qui ne leur est pas exclusivement réservée.

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Journée Internationale du Jazz le samedi 30 avril 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Journée Internationale du Jazz

Planète Terre

Samedi 30 avril 2016

Lectrices Hot, lecteurs Cool, la Journée Internationale du Jazz, sous l'égide de l'UNESCO, aura lieu le samedi 30 avril 2016 sur toute la planète Terre pour célébrer le Jazz et ses valeurs: démocratie, dialogue des cultures, paix, liberté, diversité, dignité humaine.

La ville centrale pour 2016 sera Washington DC, aux Etats Unis d'Amérique.

Pour assister au concert d'Herbie Hancock, parrain de l'événement depuis sa création en 2011, il vous faudra montrer patte blanche à la Maison Blanche.

Des concerts, expositions, leçons sont prévus dans le monde entier.

Feuilletez le programme par pays, par ville et enivrez vous de Swing.

L'abus de Jazz est bénéfique pour la santé.

Dans la vidéo ci-dessous, datée de 1984, Herbie Hancock, pianiste, compositeur et ingénieur en électronique, montre à son ami Quincy Jones comment programmer des synthétiseurs. " Funk will prevail " (Quincy Jones).

La photographie d'Herbie Hancock est l'oeuvre du Vibrant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Herbie Hancock par Juan Carlos HERNANDEZ

Herbie Hancock par Juan Carlos HERNANDEZ

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Les Caratini's Folies au Théâtre du Châtelet à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Carte blanche à Patrice Caratini

Théâtre du Châtelet

Paris, Ile de France, France.

Lundi 21 mars 2016. 20h.

Le Caratini Jazz ensemble et ses invités, par ordre d’entrée en scène :

Roger Raspail, Thierry Caens, Maryll Abbas, Leonardo Sanchez, Gustavo Beytelmann, Inor Sotolongo, Abraham Mansfaroll, Javier Campos Martinez, Martial Solal, l’orchestre régional de Normandie, Hildegarde Wanzlawe, Lina Bossatti, Marcel Azzola, Sara Lazarus et Maxime Le Forestier.

Au programme, figuraient les morceaux suivants .

Première partie :

Saint Louis Blues WC Handy

Chofé biguine la Al Lirvat

Bleue comme une orange Patrice Caratini

Hongroise Patrice Caratini

Improvisation Gustavo Beytelmann

Zamba Horacio Salgan

La barge rousse Patrice Caratini

Malambo Horacio Salgan

Cacocalypso Marc Fosset

Sosiego Patrice Caratini

Texte et prétexte Martial Solal

Dry bones in the valley Patrice Caratini

Deuxième partie:

Edith Patrice Caratini

A l’enseigne de la fille sans cœur. Jean Villard.

A case of You Joni Mitchell

Les loups sont entrés dans Paris Albert Vidalie/Louis Bessières

A trois temps Patrice Caratini

Get out of town Cole Porter

Too darn hot Cole Porter

Just one of those things. Cole Porter

Le fantôme de Pierrot Maxime Le Forestier/Patrice Caratini.

Orchestrations : Patrice Caratini

Excepté Texte et prétexte, œuvre de Martial Solal.

Le Caratini Jazz Ensemble est composé de :

Patrice Caratini : contrebasse et direction

André Villéger : saxophones et clarinette

Matthieu Donarier : saxophones et clarinettes

Rémi Sciuto : saxophone alto et flûte

Clément Caratini : clarinettes

Claude Egea : trompette

Pierre Drevet : trompette

Denis Leloup : trombone

Baptiste Germser : cor

François Thuillier : tuba

David Chevallier : guitare électrique

Alain Jean-Marie : piano

Manuel Rocheman : piano

Thomas Grimmonprez : batterie

Sebastian Quezada : percussions

Lectrices flamboyantes, lecteurs resplendissants, voici une soirée à votre démesure. En effet, qui, en France, à part Patrice Caratini, peut jouer une telle variété de musiques avec tant d’invités différents sans jamais se perdre ni se renier ? Puisque nous étions au Théâtre du Châtelet, le programme était conçu comme celui d’un récital de musique classique, avec une première partie consacrée à la musique instrumentale, une seconde à la chanson, chère à Claude Nougaro.

Si je vous ai détaillé le programme si précisément, c’est que mes notes prises durant le concert et dans l’obscurité de la salle (j’étais très bien placé, devant et au milieu) sont illisibles. Cette chronique sera donc fondée sur ce programme et mes souvenirs.

Pour le tour de chauffe, un classique du Jazz, « Saint Louis Blues » de William Christopher Handy à qui Jelly Roll Morton contestait le titre de père du Jazz.

Pour chauffer vraiment, rien de tel qu’une biguine. Avec Alain Jean-Marie au piano, Roger Raspail au Gwo Ka et le Caratini Jazz Ensemble sur un classique d’Al Lirvat « Chofé biguine la », forcément, la température monte de plusieurs degrés dès le deuxième morceau du concert. L’effet n’a pas manqué.

Patrice Caratini nous lit un poème haïtien. Je n’ai compris ni le nom du poète ni le texte du poème. Ces mystères sont impénétrables à mon esprit de simple mortel. Il l’a bien lu par ailleurs.

La température redescend avec deux morceaux plus calmes, composés par Patrice Caratini « Bleue comme une orange » (hommage à Paul Eluard) et « Hongroise » (hommage à Franz Liszt ?)

Ensuite, constitution d’une petite formation avec guitare, clarinette, trombone et accordéon pour le tango de Gustavo Beytelmann (piano). Cette « Improvisation » est tout de même très écrite. Ca emballe sec. Normal pour un tango. Cette ambiance nostalgique et sensuelle se poursuit avec les trois morceaux suivants : « Zamba » et « Malamba » d’Horacio Salgan entourant « La barge rousse » de Patrice Caratini.

De l’Argentine, nous revenons aux Caraïbes et au Caratini Jazz Ensemble mais cette fois de la biguine, nous passons à la calypso avec la « Cacocalypso » de Marc Fosset, vieux complice de Patrice Caratini. Guitariste avec qui il forma un duo puis un trio avec Stéphane Grapelli qui s’y connaissait un petit peu en guitaristes tout de même. C’est ondulant, chatoyant à souhait. Cette ambiance tropicale se poursuit avec « Sosiego » de Patrice Caratini, plus latin et sombre.

Changement de décor. Des techniciens du spectacle mettent le piano au centre de la scène. Comme nous l’explique Patrice Caratini, parfois, les pianos rencontrent des êtres d’exception. Voici un être d’exception. Puisqu’il ne l’a pas présenté nommément, je précise qu’il s’agit de Martial Solal. Aux mélomanes avertis, je conseille l’album d’Eric Le Lann « Piaf Trénet », des chansons françaises arrangées par Martial Solal et jouées par le Caratini Jazz Ensemble avec pour soliste, Eric Le Lann à la trompette. Une perle rare à ne pas jeter aux pourceaux.

En l’occurrence, Martial Solal prend la main et cela s’entend tout de suite. L’orchestre sonne avec une précision et une tension jamais atteintes jusque là et qui ne se retrouvera pas dans la suite du concert. Martial Solal a composé et arrangé ce morceau. Il le joue et le dirige. Cela s’entend. Arabesques, virages foudroyants, accords de graves qui vous plaquent au sol, grâce pure de trilles légères dans l’aigu, tout est à l’unisson.

Pour finir cette première partie, un extrait de la bande son du film muet et noir « Body and soul » dont je vous ai déjà parlé en album et sur scène, lectrices flamboyantes, lecteurs resplendissants. « Dry bones in the valley » , la scène du prêche du pasteur manipulateur qui s’encourage au whisky. Magistral Paul Robeson dans le rôle principal. Musique puissante et prenante. Alain Jean-Marie au piano.

PAUSE

L’orchestre régional de Normandie s’installe pour jouer une composition de Patrice Caratini en hommage à Edith Piaf, symbole de la chanson française, " Edith ", tout simplement.

Hildegarde Vanzlawe et Rémi Sciuto viennent s’ajouter pour chanter trois chansons du programme « Short songs " de Patrice Caratini dont j’ai déjà parlé sur ce blog, en studio et en concert. Avec un orchestre à cordes derrière, la muique prend une autre ampleur pour « A l’enseigne de la fille sans cœur » que chantait Edith Piaf, « A case of You « de Joni Mitchell et « Les loups sont entrés dans Paris » qui reste attachée à la voix de Serge Reggiani. Le trio Patrice Caratini, Rémi Sciuto, Hildegarde Vanzlawe est toujours au sommet.

S’est ajouté Marcel Azzola et son accordéon celui à qui Jacques Brel disait « Chauffe, Marcel, chauffe " dans « Vesoul ». Marcel est le doyen de la soirée avec Martial Solal. Tous deux sont nés en 1927. Comme lui, il est toujours le Maître de son instrument.

Il y eut ensuite un invité surprise, un Français, chanteur, qui interprète en français sur des paroles loufoques des standards du Jazz. Il s'agit de Marc Fosset qui ne peut plus jouer de guitare mais ses échanges avec Patrice Caratini et Marcel Azzola furent superbes.

« A trois temps » de Patrice Caratini, hommage au rythme de la valse et du Jazz alors que le Rock’n roll comme la musique militaire et l’informatique est binaire.

Du Jazz vocal classique et moderne à la fois avec Sara Lazarus et le Caratini Jazz Ensemble pour 3 standards de Cole Porter : « Get out of town », « Too darn hot » et « Just one of those things ». Comme La Chabraque de Guy Béart, elle a de la défense et de l’attaque. Avec l’orceshtre derrière, ça assure.

Final en apothéose avec un vieux complice des années 1970, Maxime Le Forestier pour « Le fantôme de Pierrot », chanson de l’an 1976. La version studio originale dure plus de 11mn pour cette variation subtile sur le thème du Pierrot lunaire (« Au clair de la lune, mon ami Pierrot »). L’orchestre classique s’ajoute à l’orchestre de Jazz, Patrice Caratini dirige les deux ensemble au service de la poésie, de la voix et de la chaleur de Maxime Le Forestier. Splendide. Le genre de chanson française que vous n’entendrez jamais à la radio et à la télévision. Trop long, trop beau, trop étrange. J’avoue que je ne connaissais pas cette chanson avant ce concert. J’avais tort. Rien que pour elle, j’ai bien fait de venir.

RAPPEL

Un duo contrebasse/batterie aux balais si je me souviens bien.

Face à l’insistance du public, Patrice Caratini est revenu jouer et chanter seul, pendant quelques secondes, une chanson sur une mouche amnésique .

Le public insiste encore. Patrice Caratini revient nous expliquer qu’il ne peut assurer à lui seul toute la saison au Châtelet et que les techniciens du spectacle ont droit de se reposer après tout le travail effectué. Sur ces paroles démocratiques et sociales, le public a cédé et s’en est allé, ravi, au lit.

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre du Somptueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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Festival Jazz et images au cinéma Le Balzac: Stan Getz en majesté

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz et Images

Cinéma Le Balzac

Paris, Ile de France, France

Vendredi 18 mars 2016. 20h30.

Concert du quartet de Vincent Le Quang

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano

Bruno Ruder: piano

Matias Szandai: contrebasse

Joe Quitzke: batterie

suivi du Stan Getz Quartet à la Grande Parade du Jazz de Nice en 1978

Stan Getz: saxophone ténor

Mary Lou Williams: piano

Ronnie Boykins: contrebasse

JC Heard: batterie

Concert du quartet de Vincent Le Quang, programmateur du festival Jazz et Images.

Sax soprano. " If I should lose You ", un standard joué sur un rythme de bossa nova. Ca roule tranquille.

" Le rêve d'une île " (Vincent Le Quang). Toujours au soprano. Cela vient de Claude Debussy. Cela évoque plutôt les îles Borromées que Ouessant ou Sein. Un petit vent de temps en temps fait frissonner l'onde.

Sax ténor. Stan Getz ne jouait pas de soprano. Beau démarrage piano/ténor. Là, l'ombre immense du duo Stan Getz/Kenny Barron plane toujours, 25 ans après. Contrebasse et batteur aux balais arrivent doucement. " I've got You under my skin ". Frank " The voice " Sinatra le jouait et Stan " The sound " Getz le jouait. Le quartet le joue dans l'esprit, classique et flamboyant. Batteur aux baguettes pour le solo de piano. Ca swingue, sapristi! Belle articulation du pianiste. Solo de contrebasse avec le batteur qui fait mijoter la marmite aux balais.Le sax joue les paroles de la chanson comme Stan Getz et Sonny Rollins.

Retour au soprano pour une composition personnelle " Everlasting ". La rythmique démarre en douceur et le soprano vient ajouter sa douce plainte. Une belle mélodie s'élève qui, en effet, pourrait durer toujours.

Retour au ténor pour " Fleur " inspiré du film nippon " Nuages flottants " (Mikio Naruse, 1955) . " Courte est la vie d'une fleur mais grande est sa souffrance " dit un haïku. Ce morceau m'ennuie.

Heureusement, ils enchaînent sur un standard getzien, joyeux, viril, dynamique, bref comme il doit être joué. 1er solo de batterie du concert, aux baguettes, bien construit, sans forcer ni démontrer.

RAPPEL

" How deep is the ocean ", une ballade que jouait Stan Getz. Joué sur un rythme de bossa nova avec le batteur aux balais. Le sax ténor part en croisière.

Stan Getz Quartet. Le Jazz à Nice dans son décor historique, les arènes de Cimiez sous un superbe soleil d'été.

" We all wish to sound like that. The truth is that we can't " (John Coltrane, à propos de Stan Getz). Nous sommes passés de la Pro A à la NBA, pour les amateurs de basket ball.

Mary Lou Williams (1910-1982), grande Dame du Jazz, pianiste, compositrice, chef d'orchestre, arrangeuse, enseignante, créatrice d'associations, se retrouve à accompagner Stan Getz (1927-1991). Il y avait un risque de conflit d'egos d'autant qu'elle commence sur un Blues de sa composition. " My blue heaven " un titre qui lui correspond bien puisque Mary Lou Williams, sincèrement croyante, jouait et composait aussi bien du Blues que du Gospel. La rythmique mène le jeu puis Stan Getz s'impose d'un énorme " couac " volontaire. Sur le final, il y a une tension entre piano et sax mais Stan impose sa volonté. C'est lui le leader du groupe.

S'ensuit une version de " Lush life " de Billy Strayhorn qui a la perfection d'une statue grecque. Stan joue fidèlement le thème, comme un interprète classique. Derrière lui, la rythmique est un tapis volant chatoyant. C'est absolument parfait. " Stan Getz, what a gift to the world ! " (Joe Henderson).

" Love for sale ". La rythmique le joue sur un tempo latino. Ca fuse d'intelligence et de pulsation. Stan Getz arrive et emballe le morceau.

Billy Hart: Qu'attends tu d'un batteur?

Stan Getz: Qu'il ondule

JC Heard savait onduler comme toute cette rythmique d'ailleurs.

Nous sommes en 2016. Tous les membres de ce quartet sont morts mais, grâce à ce film, ils sont toujours vivants. Nous les avons d'ailleurs applaudi comme ils le méritaient.

La prochaine séance du Festival Jazz et Images aura lieu au cinéma Le Balzac, 1 rue Balzac, 75008 Paris, France, le vendredi 8 avril à 20h30. Au programme, un film de 30mn: Duke Ellington et son orchestre en concert à Paris, salle Pleyel, en 1958 puis une interprétation en 2016 des compositions de Duke Ellington d'avant 1930 par un orchestre composé d'élèves du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Ces jeunes gens ont relevé, en écoutant des disques crachotants, les partitions inexistantes du premier orchestre du Duke. Une soirée historique donc.

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