22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 08:09

The Miles Davis Story

Un film de Mike Dibb pour Channel 4 Television

2001. 123mn.

Lectrices funky, lecteurs cool, en attendant qu'Hollywood nous sorte un ou deux films biographiques (biopics in english) sur la vie de Miles Dewey Davis Jr (1926-1991), je vous conseille de prendre le temps de regarder le documentaire du Britannique Mike Dibb, réalisé pour la chaîne du service public britannique de la télévision Channel 4, avec l'aide, comme conseiller spécial, du biographe britannique de Miles Davis, Ian Carr, lui même trompettiste.

Bref, c'est un travail de Gentlemen. La vie et l'oeuvre de Miles Davis sont traités dans l'ordre de sa naissance à sa mort. Y témoignent ses femmes, de la première qui le fit mettre en prison parce qu'il se payait de la drogue et des filles au lieu de nourrir ses enfants (Miles Davis n'était pas un bon père de famille au sens du Code civil de 1804) à Frances Taylor à qui il dédia le superbe " Fran Dance " (elle était danseuse), sa fille, ses fils, ses neveux. Cela permet de saisir l'homme derrière la légende, l'obsédé sexuel derrière le séducteur, le père absent derrière le musicien présent. " Une légende c'est un vieil homme avec une canne, connu pour ce qu'il a fait. Moi je le fais encore " (Miles Davis). Un autre témoignage de femme, d'une femme que Miles Davis admirait, respectait, n'a pas mis à son tableau de chasse, la chanteuse et pianiste Shirley Horn. Emouvante et élégante.

Parmi les musiciens, interviennent deux de ses maîtres, les trompettistes Clark Terry et Dizzy Gillespie. Clark Terry, né en 1920, lui aussi de Saint Louis, Missouri, était le grand frère musical de Miles Davis. Quant à Dizzy, une phrase de Miles résume tout: " La première fois que j'ai entendu Bird et Diz jouer ensemble, ce fut la plus grande sensation de ma vie, habillé ". Tous deux, avec beaucoup d'humour, nous racontent les débuts, les travaux, les épreuves de ce jeune homme poli, timide, propre sur lui, arrivé à New York sur la pointe des pieds mais qui, très vite (il jouait avec Charlie Parker dès 1945), mit tout le monde à ses pieds quand la drogue ne le faisait pas descendre plus bas que terre.

Le film, en DVD, est divisé en chapitres correspondant aux étapes musicales de la carrière de Miles Davis du Be Bop (rendez-vous réussi avec Charlie Parker) au Hip Hop (pourquoi avoir choisi Eazy Mo Bee au lieu de Public Enemy? Pourquoi? Pourquoi!) en passant par le Cool (il manque les témoignages de John Lewis et Lee Konitz), le Hard Bop (Bob Weinstock, le patron de Prestige Records, le raconte très bien), le Modal (beau témoignage de Jimmy Cobb, le batteur de Kind of Blue, dernier survivant de cet album majeur du XX° siècle), le dernier quintet acoustique (Herbie Hancock est bien là mais pas Wayne Shorter), le premier quintet électrique avec les témoignages croisés de Dave Holland et Jack de Johnette sur les lubies et les audaces de Miles Davis, Keith Jarrett racontant sa souffrance de jouer du clavier électrique, condition sine qua non de sa participation au groupe de Miles (qu'il en jouait bien, pourtant!), la période funk avec Mtume, fils de Jimmy Heath, ami et ancien saxophoniste de Miles qui raconte l'art qu'avait Miles de rendre fou son public et de calmer d'une note, Dave Liebman ( Miles, pourquoi me fais tu jouer dans ce groupe de Funk avec des Noirs alors que je suis Blanc, Juif et saxophoniste de Jazz? Les gens aiment voir tes doigts bouger vite sur le saxophone, Dave.), l'éclipse entre 1976 et 1980 (le Prince des ténèbres, le Sorcier s'enferme dans le silence. Chick Corea venait le voir, lui parler musique et profiter de la cuisine de Miles), le retour dans les années 80 avec tout de suite la place au sommet jusqu'à ce concert d'adieu résumant 50 ans de carrière en 1991 à Paris, au festival de Jazz de la Villette. Les rendez-vous manqués avec Jimi Hendrix et Prince ne sont pas racontés.

Bref, en un peu plus de 2h, vous avez là, lectrices funky, un lecteur cool, un résumé vivant, attachant de la vie et de l'oeuvre du Picasso du Jazz par ceux qui l'ont le mieux connu, parents, musiciens, producteurs. Et Miles dans tout cela? Il joue, il parle, il charrie. " Miles était plus connu pour ses talents de musicien que pour ses bonnes manières " résume une de ses femmes. " So what? " aurait répondu Miles Davis.

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 14:30

 

 

Orchestre National de Jazz

dirigé par Olivier Benoit

" Europa Paris "

ONJAZZ RECORDS. 2014.

 

Olivier Benoit: direction artistique, composition, guitare

Bruno Chevillon: conseiller artistique, contrebasse, basse

Jean Dousteyssier: clarinettes

Alexandra Grimal: saxophones ténor et soprano

Hugues Mayot: saxophone alto

Fidel Fourneyron: trombone, tuba

Fabrice Martinez: trompette, bugle

Theo Ceccaldi: violon, alto

Sophie Agnel: piano

Paul Brousseau: claviers

Eric Echampard: batterie

CD1: Paris I, Paris II. 54'08

CD2: Paris III, Paris IV, Paris V, Paris VI. 38'44

Concerts 2014:

Vendredi 1er août à la Vague de Jazz aux Sables d'Olonne (85)

Mercredi 13 août au festival du Monastier au Monastier sur Gazeille (43)

Samedi 4 octobre au festival Jazz à la Tour aux Herbiers (85)

Vendredi 14 novembre au D'Jazz Nevers Festival à Nevers (58)

Vendredi 28 novembre à la Halle aux Grains à Blois (41)

 

 

005 27.07.2008 Christine Flowers and Peter Giron Paris by J

 

 

La photographie de Peter Giron (contrebasse) et Christine Flowers (chant) a été prise à Paris par le Nocturne Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs, même sans y vivre, vous êtes forcément allés " dedans Paris, ville jolie, un jour passant mélancolie, je pris alliance nouvelle avec la plus gaie demoiselle qui soit d'ici en Italie " (Clément Marot).

C'est un portrait de cette ville que nous livre le guitariste Olivier Benoît, directeur de l'Orchestre National de Jazz, de 2014 à 2017. Il renoue avec une tradition. Non seulement, le Jazz est né en ville, à La Nouvelle Orléans, à Chicago, à  New York mais en plus les big bands imitent les bruits de la ville depuis leur création ( la jungle de Duke Ellington est urbaine) mais enfin Duke Ellington écrivit des portraits musicaux de ville.

Ici, les cuivres savent très bien imiter les embouteillages et les klaxons. La musique restitue les flux, les heures de la ville, ses agitations, ses calmes. Parfois elle m'enchante, parfois elle m'énerve, tout comme Paris en fait. Dans cette masse sonore en mouvement, je ne distinguerai pas un morceau en particulier. L'histoire est bien racontée, libre à chaque auditeur de se faire son film. Le début (Paris I) comme la fin (Paris VI) sont clairement marqués. J'avoue être enchanté par Paris VI qui conclut ce voyage. Si, parfois, comme moi, cette musique vous agace, ne perdez pas le fil, poursuivez le trajet jusqu'à ce morceau final.

La cohésion de l'orchestre est remarquable. Uni dans la diversité, selon la devise de l'Union européenne, il produit un vrai son d'ensemble. Après Paris, le voyage musical en Europe se poursuivra avec des albums consacrés à Berlin, Rome, Londres.

En conclusion, j'emprunterai quelques phrases d'une chronique de Paul Morand , " Paris cafard ", datée de 1937:

" Je sortis. Il était trois heures du matin. Il n'y avait rien, ni ciel, ni fenêtres, ni vent, ni chat. Absolument rien.

La pluie finissait de tomber, ajoutant à la profondeur du vide.

Je pris le boulevard Malesherbes, la rue Royale. Le marin factionnaire avait été relevé de sa garde et la guérite bâillait. Une épidémie mystérieuse, une épidémie qui aurait mangé jusqu'à ses morts avait nettoyé les chaussées et les trottoirs.

Je traversai la place de la Concorde, dont les statues assises droites sur leurs sièges de pierre, me regardaient sans tendresse, coupai par les Champs-Elysées, gagnai le Cours-la-Reine sans voir une âme ou un corps. Paris était à prendre et personne n'en voulait. "

Ce sont justement les statues de la place de la Concorde photographiées de nuit qui ornent cet album, bel objet pictural et musical.

Avant que l'ONJ dirigé par Olivier Benoît ne nous raconte Berlin (prochain album), laissons le nous raconter Paris.

 

 

 

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 15:54

 

RIP Charlie Haden

(1937-2014)

 

Lecteurs contre, lectrices bassistes, vous avez forcément écouté un jour Charlie Haden, enfant du Middle West (il était né à Shenandoah, ville au bord du fleuve Missouri qui donna son nom à une des plus célèbres chansons de la country music. D'où son album en duo avec le guitariste Pat Metheny, autre fils du Missouri, " Beyond the Missouri sky "), devenu un avant gardiste de la Côte Ouest avec Ornette Coleman, Don Cherry (le 2 contrebassiste de Free Jazz, avec Scott Lafaro, c'est lui), un maitre du Latin Jazz (2 Grammy Awards pour le Latin Jazz), un militant politique très à gauche des démocrates (arrêté par la police politique de Salazar au Portugal, jouant contre les guerres de Ronald Reagan au Nicaragua et au Salvador), parfois un peu aveuglé par ses passions (chanter les louanges du " Chairman Mao ", le plus grand assassin du XX° siècle, cela ne grille pas une carrière d'artiste mais cela devrait).

J'espère pouvoir bientôt vous offrir un article vraiment original sur ce grand citoyen de la République du Jazz.

En attendant rendons lui hommage en écoutant le Liberation Music Orchestra avec Carla Bley (piano) et Charlie Haden (contrebasse). Rien à ajouter.

 

 

 

 


 

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 20:57

 

Tour Eiffel

 

La photographie du plus célèbre relais radiophonique au monde est l'oeuvre de l'Etranger Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle pssaible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices étrangères, lecteurs allochtones, la France, mon pays, est décidément étrangement formaliste.

Le Jazz y bénéficie d'une Académie, d'un Orchestre National, d'un Nouveau Dictionnaire et d'un bureau à Radio France.

Le Centre d'information du Jazz, lui, a déjà disparu.

Le bureau du Jazz, créé en 1961 par Lucien Malson, ouvre depuis plus de 50 ans sans relâche pour diffuser le Jazz et la musique improvisée en France et en dehors grâce au réseau de radios partenaires.

Après le Centre d'Information du Jazz, l'émission " Jazz sur le vif ", le bureau du Jazz est lui aussi voué à disparaître puisque Xavier Prévost, son chef de bureau, animateur de " Jazz sur le vif " a été licencié.

Celles et ceux qui ne se résignent pas à cette perte, justifiée par des choix budgétaires validés par le Parlement, expression de la représentation nationale, peuvent signer la

Pétition

pour le maintien du Bureau du Jazz et plus généralement d'une diffusion du Jazz par Radio France, afin que le service public radiophonique reste le garant de l'expression de la diversité culturelle en France.

 

Ne comptons pas sur les radios privées, dépendant des vendeurs de réclames, pour diffuser en concert le Sounds Quartet de Marc Buronfosse jouant " After the second round ". Trop beau, trop étrange. Agissons pour que le Jazz, en France, ne soit pas seulement le nom d'un parfum. Rien à ajouter.

 

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 20:49

 

 

Tour Eiffel

 

La photographie du plus célèbre relais radiophonique au monde est l'oeuvre du Militant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

Vives lectrices, vivants lecteurs, sachez que l'existence de  l'émission  Jazz sur le Vif sur France Musique est menacée par le nouveau directeur de Radio France,  le Citoyen Matthieu Gallet.

Si le service public de la radiodiffusion française ne diffuse plus de concerts de Jazz en direct, qui le fera?

Personne.

Des artistes vivants n'auront plus l'occasion de jouer en direct, d'être diffusés, écoutés, découverts, aimés, appréciés notamment par celles et ceux qui n'ont le temps, ni l'envie, ni les moyens de se rendre à Paris, dans les clubs de Jazz, pour les découvrir sur scène.

Si vous voulez que vos impôts, taxes et contributions continuent de servir l'expression de la diversité culturelle sur les ondes hertziennes en France, faites valoir votre droit à la liberté d'expression garantie par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en signant la

 

pétition Jazz sur le vif

 

Comme vous avez pu le remarquer, vives lectrices, vivants lecteurs, Jazz sur le Vif, l'émission de Xavier Prévost, a servi d'illustration audiovisuelle (les concerts sont aussi filmés) à plusieurs articles de ce blog.

 

Par exemple, pour le quintet de David Patrois (vibraphone et marimbas)  jouant ici " Freedom Jazz Dance ". Rien à ajouter.

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 20:55

      Archives de la Radio Suisse Romande

Radio Lausanne. 28 mars 1946.

Débat sur la musique de Jazz (39mn)

avec

Ernest Ansermet, chef d'orchestre, fondateur de l'orchestre de la Suisse romande

Emmanuel Buenzod, écrivain et critique littéraire

Léon Cosmetto, professeur au conservatoire de Lausanne

Docteur Boven, psychiatre

 

human touch vidy lausanne aout 2010 juan carlos hernandez

La photographie de Lausanne (Vidy) est l'oeuvre du Romand Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.  

Lectrices doctes, lecteurs savants, voici de quoi vous réjouir avec ce débat radiophonique suisse, digne d'un conclave de cardinaux, bien que nous soyons en terre protestante, à Lausanne. Le 28 mars 1946, les quatre invités de Radio Lausanne étaient tous d'accord pour affirmer la supériorité de la musique sérieuse, dite classique, sur le Jazz, musique de plaisir qui se cantonne à l'improvisation et à la variation, selon leurs dires.

Je vous livre ici mes impressions de cette émission. A vous de vous faire les votres en suivant le lien figurant en tête de cet article, doctes lectrices, savants lecteurs.

Le Jazz ne peut atteindre le niveau de la musique classique où les compositeurs réinventent les formes et les langages pour gagner leur liberté. Première erreur: ceci ne vaut que pour les compositeurs. Les interprètes de musique classique, eux, doivent s'en tenir à la partition. Deuxième erreur: en 1946, le Be Bop est né séparant le Jazz de la musique de danse. Manifestement, nos augustes débatteurs helvètes l'ignorent. Pour autant, la suite de l'émission le montre, ils n'ignorent pas Duke Ellington.

En 1919, Ernest Ansermet fut le premier musicien européen à écrire un article sérieux sur cette musique nègre venue d'Amérique dans les bagages de l'US Army, admirant le jeu de clarinette de Sidney Bechet. Il y voyait la musique de l'avenir et, 27 ans plus tard, il pensait que le Jazz pouvait nous réserver quelques surprises. Il n'avait pas tort. En 1959, Ornette Coleman créait " Free Jazz " renouvelant brutalement formes et langages du Jazz.

Nos spécialistes déploient les préjugés habituels à l'époque sur une musique instinctive, sans intelligence, sans raisonnement. Le Jazz est une musique qui appartient aux Nègres d'Amérique. 3e erreur: dès sa naissance, le Jazz est une musique métisse. Son inventeur autoproclamé, Ferdinand Joseph La Mothe dit Jelly Roll Morton, était créole. Le Jazz est la musique des minorités: Noirs, Juifs, Italiens, Tziganes. 

Le Jazz est une musique rythmique qui ne cherche un effet que sur le corps. 4e erreur: nos experts sont tous Blancs, Européens et chrétiens, formatés à séparer l'âme du corps, ce qui est contraire à la rationalité africaine. Le Jazz n'est pas une musique créée par des Prix de Rome comme Claude Debussy qui s'y intéressa comme il s'intéressa à la musique javanaise.

Le Jazz s'est cantonné à la variation sur un thème donné. C'est vrai que c'est un défaut du Jazz dont est sorti depuis longtemps Martial Solal par exemple.Les Variations Goldberg de JS Bach ou les Variations Diabelli de Beethoven sont -elles autre chose qu'une variation sur un thème donné?

" L'improvisation était à la mode dans les siècles passés mais les musiciens actuels l'ont quelque peu oublié ". C'est justement ce que l'on reproche au classique. C'est pourquoi tant de musiciens issus des conservatoires passent au Jazz pour avoir le droit d'improviser sur des formes complexes.

" Les véritables musiques populaires autochtones ont de la spiritualité (...) alors que le Jazz est une musique populaire dans un milieu extrêmement civilisé " (Ernest Ansermet). C'est une spiritualité non détachée du corps (le Gospel puis le Hard Bop, la Soul Music) ce que n'imaginent même pas nos experts.  

Dans le Jazz, survivance des rythmes africains. Ca, c'est vrai. Les experts en rythmes reconnaissent des figures rythmiques traditionnelles congolaises dans le jeu de Warren Baby Dodds, géant de la batterie New Orleans

Le Jazz ne naît pas par nécessité vitale mais pas besoin commercial. Décidément, ils ne connaissent pas le Be Bop. Pourtant, les premiers vinyls de Charlie Parker et Dizzy Gillespie étaient arrivés en Suisse en 1946.

Pour le docteur Boven, psychiatre, le Jazz est un narcotique. Jazz et stupéfiants, c'est un sujet de thèse. De là à en faire un opium du peuple. Toutefois, il n'a pu constater les méfaits du Jazz dans la population helvète. 

Pour nos experts, les Noirs en Amérique sont une race primitive déracinée. L'UNESCO venait de naître. Race primitive était encore un concept à la mode chez les savants.

" Le Jazz a apporté des matières premières, des vitamines dans la musique " (Ernest Ansermet). Le Jazz à lui tout seul ne constitue pas la possibilité d'un nouveau style. Toutefois, ces messieurs notent que les Jazzmen sont de plus en plus cultivés: Benny Carter, saxophoniste, chef d'orchestre a fait des études musicales complètes.Duke Ellington s'est inspiré des grands compositeurs occidentaux. Influence certaine du classique sur le Jazz, ça c'est vrai. En 1946, John Lewis n'était venu en France que pour la libérer, pas pour y jouer;     quoiqu'il ait rencontré Kenny Clarke autour du piano dans le salon d'un château normand selon la légende.

" Le Jazz authentique est plus difficile à comprendre et la masse opte toujours pour l'effort le moindre ". Cela est bien dit. Aux Etats-Unis, pays de la propagande, de la réclame, du business, " le Jazz de seconde main édulcoré flatte les goûts les plus bas de la foule " (Ernest Ansermet). Là encore c'est vrai mais encore faut-il distinguer le Jazz de la variété ce que nos mélomanes ne font pas alors que Charles Delaunay et Hugues Panassié le faisaient déjà depuis 15 ans en France. 

" Les Nègres d'Amérique, suivant la tradition de leur race, ne séparent pas la musique de la danse " pas plus qu'ils ne séparent l'âme du corps, Messieurs. C'est une logique animiste pas monothéiste. 

Enfin, à la 30e minute de péroraison collective, vient la musique. " Blue Serge " de Mercer Ellington, fils du Duke, composé pour l'orchestre de Sy Oliver en 1940. Très classe. Du Jazz sérieux mais ça manque de Swing. La version de Serge Chaloff est bien meilleure. Il a fait sienne une composition qui n'est pas de lui. Tout l'art du Jazzman.

Il existe des artistes nègres mais ce n'est pas ce que les foules acclament dans le Jazz. Normal puisque les foules d'alors confondaient le Jazz et la variété comme ne cessait de le clamer Boris Vian dans ses Chroniques de Jazz

 

Après tant de pensées assenées sentencieusement, place au Jazz. Pour écouter du Jazz à Lausanne en 2014, rendez-vous à l'excellent club Chorus où je découvris  sur scène Tigran Hamasyan puis Martial Solal en 2003.

En 1946, Django Reinhardt était en tournée, à la guitare électrique, aux Etats-Unis d'Amérique comme soliste invité par Duke Ellington et son orchestre. En concert à Chicago, ils improvisent sur un " Blues Riff ". Est-ce du Jazz sérieux ou commercial? Peu importe. Qu'est ce que c'est bon! Rien à ajouter.


 

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:24

 

 

Jérôme Sabbagh

" The Turn "

Bee Jazz. Distribué par Abeille Musique.

Sortie de l'album le jeudi 28 août 2014

Jérôme Sabbagh: saxophone ténor, compositions (sauf n°7)

Ben Monder: guitare électrique

Joe Martin: contrebasse

Ted Poor: batterie

En concert à New York, USA:

le vendredi 11 juillet 2014 au Bar Next Door

le vendredi 12 septembre 2014 au Cornelia Street Café

Tournée en France en octobre 2014.

 

Jérôme Sabbagh

 

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre du Troublant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices exigeantes, lecteurs rigoureux, il ne vous a pas échappé que le quartet de Jérôme Sabbagh avec Ben Monder, Joe Martin, Ted Poor a été créé en 2003, qu'il a déjà enregistré deux albums " North " en 2005 et " Pogo " en 2007 et que ce blog n'en a jamais parlé.

Toutefois, j'ai une excuse valable: ce blog a été créé le 4 juillet 2009. Comme Tom Cruise, le Jars jase Jazz est né un 4 juillet!

Après 5 ans d'existence, le 922e article de ce blog est donc consacré au troisième album de ce quartet " The Turn " qui sortira chez le label français Bee Jazz le jeudi 28 août 2014.

Sur les 8 morceaux, seul le 7e " Once around the park " n'est pas l'oeuvre de Jérôme Sabbagh mais du batteur Paul Motian que Jérôme accompagna dans ses derniers concerts au Village Vanguard en 2011.

Cet album est un recueil de nouvelles. Chaque morceau raconte sa propre histoire. Voici ma version. A vous de vous faire la votre, lectrices exigeantes, lecteurs rigoureux.

1. " The Turn " semble une ballade bien tranquille  mais prend un tournant avec le solo de guitare puissant, sans monter le volume, de Ben Monder.

2. " Long gone ". Une ballade comme son titre l'indique. Le batteur est aux balais. Dans les Maîtres de Jérôme Sabbgh, il y a Stan Getz. Cela s'entend ici mais ce n'est pas de la copie.Jeu suave mais pas mièvre du ténor. Belle assise rythmique, souple et ferme, comme un bon matelas.

3. " Banshee ". Morceau énergique, très rock avec montées en vrilles parallèles de la guitare et du sax ténor.

4. " Ascent ". Retour au calme avec une sorte de ballade mystérieuse, très classe. Coltranien dans le titre et le jeu.

5. " The Rodeo ". Comme son titre l'indique, ça balance bien mais sans désarçonner l'auditeur de sa selle.

6. " Cult ". Morceau mystérieux, lent, avec des climats créés par la guitare. Bonne musique pour une cérémonie d'intrionisation dans une secte.

7. " Once around the park " (Paul Motian). Un petit air tranquille, léger. Une ballade sur un parc, thème typiquement new yorkais qui inspira à John Lewis son fameux " Skating in Central Park ".

8. " Electric Sun ". Un morceau pop classe particulièrement efficace en concert et délectable en studio. Le soleil se lève devant vous à toute heure avec cette musique.

 

 

Voici le quartet de Jérôme Sabbagh jouant " The Turn " à la Jazz Gallery de New York, USA, le samedi 14 juin 2014. Rien à ajouter.

 

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 11:36

 

 

Great Black Music Roots 

(1927-1962)

Fremeaux & Associés + Cité de la Musique

Coffret 3 CD de l'exposition " Great Black Music "

Paris. Cité de la Musique. Exposition visible et audible jusqu'au dimanche 24 août 2014.

 

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La photographie de Harlem est l'oeuvre du Multicolore Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices Funky, lecteurs Groovy, je vous ai déjà parlé de l'exposition "  Great Black Music " qui se tient à Paris, à la Cité de la Musique jusqu'au dimanche 24 août 2014. Sachant qu'il y a plus de 11h de musique à voir et à écouter sur place, quel souvenir en ramener?

La compilation " Great Black Music Roots (1927-1962) " qui, en 3 CD, avec un livret de 40 pages en français et in english permet à l'auditeur curieux, à l'auditrice audacieuse, de se gorger de rythmes et de mélodies. La maison Frémeaux et associés  est justement réputée pour son travail de réédition de trésors sonores du XX° siècle. Cela commence ici en 1927 et j'en ignore la raison. Le Jazz commence sur disque en 1917, cette même année où les Harlem Hell Fighters donnèrent le premier concert de Jazz en France, à Saint Nazaire où débarqua l'US Army. 1927 pour commencer donc. 1962 pour finir. Là, j'ai une idée. Sous réserve de l'avis des spécialistes du droit de la propriété intellectuelle qui lisent ce blog, il me semble, qu'en droit international, les enregistrements sonores ne sont protégés que 50 ans après leur enregistrement. Après il n'y a plus de droits d'auteurs à verser. Cela coûte moins cher à éditer.

Cette sélection est surtout Nord américaine: Jazz, Blues, Gospel. Il y a aussi des pincées de musique africaine et antillaise. Bob Marley, métis jamaïcain, finit la sélection en 1962 avec " Judge Not ", du ska. J'ai reconnu beaucoup de morceaux avec plaisir mais je préfère vous parler de mes découvertes.

Sur le CD1, Mbube de Salomon Linda (Afrique du Sud. 1939). Cette chanson a fait le tour du monde sous d'autres titres ( The lion is dead tonight in english, Le lion est mort ce soir en français). Son auteur n'a pas touché un rand dessus. Rendons lui hommage en l'écoutant. Vous y trouverez aussi le " Manbo n°5 " de Perez Prado (Cuba) repris il y a quelques années en version électro par un métis germano-américain. Superbe calypso " JP Morgan " de Blind Blake (rien à voir avec le Bluesman homonyme)  and his Royal Victory Orchestra. En 1951, les Bahamas étaient déjà un paradis fiscal et le chanteur explique à sa chérie qu'il s'appelle Morgan mais qu'il n'est pas riche comme la banque JP Morgan.

Sur le CD2, superbe version salace et bluesy de " Hound Dog ", écrit par deux Juifs Leiber et Stoller, par Big Mama Thornton. La reprise blanchie par Elvis Presley fut un hit mondial.Une autre chanson salace, cubaine cette fois, " El bombon de Elena " par Cortijo y su combo suivi de " I just wanna make love to You " de et par Muddy Waters. Trop chaud. Pour calmer le jeu, Ray Charles mélange Gospel et Jazz pour créer la Soul Music avec " Sinner's Prayer ". Impossible de chanter des paroles profanes sur du chant grégorien. Dans la musique noire américaine, sacré et profane se mélangent sans problème. C'est culturel. Quanrt à Louie Louie de Richard Berry, même Iggy Pop l'a reprise. Sun Ra invente la musique électro en 1956 avec " India ". Un vrai choc musical. Quant au Cinemascope de Count Lasher, la façon de chanter, l'accent, tout annonce le raggamuffin, 30 ans avant. Comment ne pas succomber à la douceur de l'African Jazz de Grand Kalle avec Manu Dibango au sax sur " Miwela Miwela "?

Dans le CD3, l'Afrique rencontre Cuba avec " El Congo " de la diva Celia Cruz. " Umqozo " de Miriam Makeba (chant) avec Hiugh Masekela (trompette), c'est la mélodie que reprit Serge Gainsbourg pour sa " Lola ". J'ai succombé au charme de la " Contre Danse 8 " du Haïtien Jean-Baptiste Nemours. La " Trumpet High Life " du Nigérian Dr Victor Olaiya africanise les Big Bands du Jazz nord américain. L'appel de la Cumbia colombienne nous entraîne avec " La cumbia te esta llamando " de Gaston el Isleno et Jaime Simanca. Quant à la Soul Bossa Nova de Quincy Jones, elle devint " My definition of a boombastic Jazz style " chez des rappers canadiens 30 ans plus tard.

Vous l'aurez compris, lectrices Funky, lecteurs Groovy, que vous vouliez faire découvrir à des jeunes rappers les sources de leurs beats et de leurs breaks, animer vos soirées dansantes avec des rythmes typiques entrainants, découvrir les musiques noires d'Afrique en Amérique en passant par les Antilles, vous réchauffer le corps et l'âme, entraîner dans la danse vos amis et vos amours, cette compilation " Great Black Music Roots (1927-1962)  " est faite pour vous. Le livret de 40 pages en français et en anglais vous permettra de connaitres les noms des artistes, les dates, les lieux d'enregistrement, de parcourir les styles de musique noire y figurant. Du beau travail goûté et approuvé.

Que Ludwig lui pardonne mais il n'y a qu'un seul Roi du Rock'n Roll, il est Noir, né à Saint Louis (Missouri) le 18 octobre 1926 à quelques mois et miles de Miles Davis et il s'appelle Chuck Berry. " Roll over Beethoven " en direct à la télévision française en 1958. Eddy Mitchell ne s'en est jamais remis. Quant au " duck walk " inventé par Chuck Berry, un de ses plus célèbres fans, l'Australien Angus Young d'AC/DC le fait toujours sur scène. Rien à ajouter.

 

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 09:15

 

RECLAME

 

Le Bounce Trio de Matthieu Marthouret bondit encore!

 

ALBUM A PARAÎTRE
Voici en exclusivité, une image de l'album du Bounce Trio à paraître.
Tous les souscripteurs le recevront en avant première début juillet et il sera disponible à la vente lors de nos prochains concerts. Pour les autres il faudra patienter encore un peu: la sortie officielle étant prévue en septembre

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AGENDA
Quelques dates cet été pour écouter entendre écouter et voir des musiciens et artistes se donner corps et âmes à leur activité favorite sans filet, sueur au front...
Matthieu-Martouret-.jpg

 

 

La photographie de Matthieu Marthouret est l'oeuvre de l'Intense Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

Jeudi 3 juillet
BOUNCE TRIO se produira au
 Bar’Ouf, au Mans (72), avec le guitariste Pierrick Lefranc en invité.

 

Vendredi 4 juillet 
BOUNCE TRIO se produira à Vasles (79), région de Poitiers, dans le cadre de 
Jazz Commandos organisés par l'équipe du festival " Le Jazz bat la Campagne ".

 

Jeudi 31 juillet
j'aurai le plaisir de jouer à nouveau dans un trio réuni par l'excellent guitariste 
Etienne Vincent, au très sympathique bar/ restaurant Le Rouge-Gorge à Montrouge (92).

Jeudi 14 Aout
BOUNCE TRIO continuera sa tournée estivale dans le cadre du
 Festival Jazz St Thibery (34), entre Agde et Béziers.


Autant d'occasions pour venir passer un bon moment avec nous et vous procurer l'album avant sa sortie officielle!

 

Assez causé. Voici le Bounce Trio de Matthieu Marthouret à l'oeuvre. Rien à ajouter.

 

 

 


 
 


 

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 17:57

 

 

John Coltrane

" Je pars d'un point et je vais le plus loin possible "

Entretiens avec Michel Delorme (1962, 1963, 1965) suivis d'une lettre à Don Michael (1962)

Paris. Editions de l'Eclat. 2011. 72 pages.

 

Alain Gerber a étudié " le cas Coltrane " titre d'une longue étude stylistique. Pour faire plus court et aller au coeur du sujet, je vous conseille, lectrices expertes, lecteurs savants, de lire ces trois entretiens de John Coltrane avec le journaliste français Michel Delorme en 1962, 1963, 1965, où John Coltrane explique sa méthode. Il s'agit d'un univers en expansion continue, tendant vers l'infini comme disent les astronomes. " Partir d'un point et aller le plus loin possible " comme dit Coltrane. Au risque de perdre des spectateurs en route. A Paris, à l'Olympia, en mars 1960, au sein du quintette de Miles Davis, John Coltrane se faisait siffler par une partie du public qui, ne comprenant rien à ce qui se passait, au lieu de partir poliment, manifestait publiquement sa désapprobation. Coltrane savait ce qu'il faisait et il estima que ces sifflets montraient qu'll n'allait pas encore assez loin.

En 1965, après le concert d'Antibes, où il joua d'une traite en 48mn sans dire ni bonjour, ni au revoir, ni merci, son album " A Love Supreme " (la version studio dure 34mn et est bien plus sage), le journaliste le critique lui disant qu'il a eu tort de jouer ainsi, qu'il perd son public. Comment un journaliste peut-il oser reprocher une démarche créative à un créateur? S'il ne peut pas suivre, tant pis pour lui.

En 1972, un critique de Jazz perdu par le Miles Davis électrique, funky, agressif d'On the corner dit à Miles: " Miles je t'ai suivi jusqu'ici mais là je ne peux pas ". Miles lui répondit: " Que veux tu de moi, connard? Attendre que tu sois capable d'arriver là? ".

John Coltrane était beaucoup plus poli et gentil que Miles, son ancien patron mais il restait déterminé. Il avait un plan, savait ce qu'il allait jouer, se projetait toujours vers l'avant, vers le nouveau, l'inouï au sens littéral du terme même s'il se sentait dépassé par la New Thing d'Albert Ayler et Archie Shepp. Pour les rattraper, il brisa toutes les conventions harmoniques après 1965 et, là, j'avoue que je ne le suis plus. Comme Thelonious Sphere Monk, un autre de ses Maitres, John Coltrane joue toujours faux, au sens technique, mais cela n'a aucune importance tant il est lyrique, cosmique, unique.

Bref, ce petit livre est à lire si, en plus de vouloir ressentir la musique de John Coltrane, vous voulez la comprendre, lectrices expertes, lecteurs savants.

 

Voici un parfait exemple de la méthode Coltrane. Plus de 20mn de voyage à travers un thème simple " My favorite things " au festival de Jazz de Combiain-la-Tour en Belgique le 1er août 1965. Au départ il s'agit d'une mélodie de comédie musicale pour Broadway " The sound of music " (1959). Adapté au cinéma en 1965 sous le même titre (en français, La mélodie du bonheur), chanté par Julie Andrews en VO et Mathé Altéry en VF. John Coltrane (saxophone soprano), Mac Coy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) en font un hymne mystique. Rien à ajouter.

 

 

 

 

 

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