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" 100 ans de Jazz " Philippe Margotin

Publié le par Guillaume Lagrée

" 100 ans de Jazz "

Philippe Margotin.

Editions Atlas, Paris, 2015 , 408 p, 35 €.

Lectrices novices, lecteurs néophytes, voici un ouvrage conçu pour vous initier au Jazz.

En page de couverture, une photographie de Ray Charles. Brother Ray Charles, c'est le père de la Soul Music, une des filles du Jazz. Ray Charles fut le premier à oser chanter des paroles profanes sur des airs sacrés, du Blues sur du Gospel ( " Allelujah, I just love her so "). Imaginez chanter une chanson d'amour profane sur un air de chant grégorien. Je parie que cela ne marcherait pas.

Pour en revenir à cet ouvrage, il est conçu de façon didactique. Un plan chronologique deLa Nouvelle Orléans en 1915 à New York en 2015. Puisque le Jazz est une musique d'interprètes et non de compositeurs, chaque chapitre est divisé en portraits de créateurs, de Louis Armstrong à Carla Bley.

Deux époques: avant la Deuxième Guerre Mondiale et après. Ce livre est illustré de nombreuses et belles photographies en noir et blanc, les couleurs symboliques du Jazz.

Chaque musicien choisi fait l'objet d'un portrait personnel précédé d'une courte biographie. Le choix des artistes est indiscutable même si la France n'est représentée que par Django Reinhardt et Stéphane Grapelli. Il est vrai que ce sont les seuls Frenchies que les Américains reconnaissent au nombre des Géants du Jazz. Pour ma part, je continue de considérer Martial Solal comme bien plus intéressant que Dave Brubeck. Je ne suis pas le seul d'ailleurs. " Pour que Dave Brubeck swingue, il faudrait qu'il pende au bout d'une corde " (Art Blakey).

Au fil des pages, j'ai appris par exemple que Ben Webster (sax ténor) avait joué avec le groupe de rock danois Savage Rose mais j'ai aussi repéré des erreurs grossières qui indiquent un manque de relecture avant publication. Par exemple, " Benny Carter, une foie inébranlable dans le Jazz " . Même avec la réforme de l'orthographe, c'est indigeste. Ou bien une photographie de saxophoniste ténor pour illustrer le portrait de Roy Elridge dit " Little Jazz " qui comme trompettiste, fait le lien entre Louis Armstrong et Dizzy Gillespie.Ou encore une photographie de Miles Davis sur la scène de l'Olympia, à Paris, en 1973 (l'enregistrement du concert est en vente libre) avec le clarinettiste Dave Liebman. Manifestement, c'est un saxophone soprano que Dave Liebman tient en main sur l'image.

En annexes figurent une bibliographie, un glossaire et une discographie, brefs et efficaces.

Bref, lectrices novices, lecteurs néophytes, sous ces quelques réserves, je vous recommande " 100 ans de Jazz " de Philippe Margotin pour découvrir le Jazz et vous aiguiller dans votre écoute mais, pour aller plus loin, il vous faudra éplucher " Le nouveau dictionnaire du Jazz ", la Bible francophone sur le sujet.

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre de l'Onirique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sonny Rollins par Juan Carlos HERNANDEZ

Sonny Rollins par Juan Carlos HERNANDEZ

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Elina Duni in concerto al Duco dei Lombardi

Publié le par Guillaume Lagrée

Elina Duni Quartet

Paris. Le Duc des Lombards.

Lundi 25 janvier 2016. 21h30.

Elina Duni: chant

Colin Vallon: piano

Lukas Traxel: contrebasse

Norbert Pfammatter: batterie

Duo voix/batterie aux balais. Le mélange Jazz/Balkans est toujours aussi envoûtant. Le batteur tient le tempo sans faille. La contrebasse pulse comme une horloge. Logique pour un Suisse. Le piano habille le silence que cette musique impose. Cela s'anime avec le batteur aux baguettes. Tout se calme pour le retour de la voix. Un silence avant que nous n'osions applaudir.

Elina nous explique ses chansons. D'abord, une berceuse albanaise. Une jeune fille cherche un prétexte pour s'absenter et aller se promener avec son amoureux. Elle demande à une brebis de lui prêter son agneau à cet effet. Il semble que le stratagème fonctionne.

Une chanson albanaise d'une femme qui attend son futur époux. Je commence à connaître ces chansons mais n'étant pas albanophone, je ne retiens pas les titres. C'est un bain de fraîcheur à chaque écoute. Ca swingue gracieusement avec cette voix qui donne le frisson.

Quelques mots en albanais pour les compatriotes présents dans la salle. Chanson du Kosovo sur le fruit défendu. Dialogue entre elle et lui. Il veut la séduire, l'épouser même. Solo de contrebasse pour commencer. Morceau énergique, rythmé. Dialogue passionné. Sons orientaux produits par les cordes du piano. De ma place, je ne vois pas comment Colin Vallon trafique son instrument mais c'est réussi.

Une chanson du Sud de l'Albanie sur l'exil. Née en 1981 en Albanie, Elina Duni vit en Suisse depuis 1992. Une femme revient chez elle après un long séjour à l'étranger. Elle n'a pu voir sa mère avant qu'elle ne meure et elle pleure. Ce sera suivi d'une chanson sur un homme si amoureux de sa femme qu'il voudrait la manger.

Là, c'est la plainte. La contrebasse grince sous l'archet. Les tambours sont frottés par les balais. Le pianiste triture les cordes. Le vent de la montagne souffle, emportant les pleurs. C'est sombre et mystérieux à souhait puis cela devient chaud, passionné et énergique. C'est le chant de l'amant.

Une chanson composée dans les années 60 à Pristina, Kosovo. Pendant ce temps, je vois la caissière se débattre avec cinq mégères italiennes qui manifestement n'aiment pas la musique. A croire qu'elles veulent être remboursées. de la scène nous vient pourtant une musique magnifique, une chanson d'amour envoûtante. Un balancement balkanique hérité de l'Orient (400 ans d'occupation ottomane au Kosovo). Ce n'est pas un scat, plutôt une mélopée. Et pourtant, ça swingue.

Duo chant-batterie au baguettes. Percutant. A la caisse, le spectacle continue avec trois mégères italiennes qui continuent de jouer les Lady Thatcher avec la caissière. I want my money back! En l'absence de vigile à l'entrée, faudra t-il appeler Police Secours pour les évacuer? Par ailleurs, le duo batterie-chant est toujours aussi envoûtant.

"Dallendyshe " (L'hirondelle). C'est le titre album. C'est une chanson d'Albanais qui ont fui le Pélopponèse en raison de l'invasion ottomane pour se rendre en Sicile ou en Calabre. Vous les trouverez aujourd'hui par exemple à Piana degli Albanesi en Sicile. Plus de 500 ans après leur arrivée, ces gens ont gardé leur langue (l'albanais) et leur culte (christianisme orthodoxe) tout en devenant Italiens. Cette chanson raconte leur fuite. Ils disent à l'hirondelle de saluer le pays natal pour eux. Les Italiennes continuent de protester pour se faire rembourser une musique qu'elles n'aiment pas alors qu'elles auraient pu l'écouter avant d'acheter leurs places. Une scène digne d''Ettore Scola qui vient de nous quitter. Le genre d'hommage dont je me serai bien passé. Des caricatures de mamma italienne, parole d'italophone et italophile. Affreuses, sales et méchantes. Très belle chanson par ailleurs. Dialogue lent piano-voix ponctué par la contrebasse.

Les mégères italiennes sortent et reviennent. De la commedia dell'arte! Pendant ce temps, Elina Duni enchaîne sur un air rapide et joyeux.

Deux chansons de Tirana, capitale de l'Albanie, ville natale d'Elina Duni, pour finir. Deux chansons dédiées aux femmes car il faut laisser le dernier mot aux femmes. Des théologiens chrétiens facétieux pourraient faire remarquer que c'est la raison pour laquelle Dieu a créé la femme après l'homme, pour lui laisser le dernier mot. Je retrouve une chanson que j'aime, légère comme un papillon, entre voix et piano. Devant la caisse, deux mégères italiennes reviennent à la charge. Devant moi, deux vieux amoureux s'embrassent passionnément. Manifestement, à eux, la musique fait un effet positif. Les combattantes quittent le ring. Solo de batterie aux baguettes plutôt chantant.

Enchaînement sur le morceau suivant, joyeux et animé. Deux mégères italiennes reviennent à la charge. Entre la scène et la caisse, le spectacle est partout ce soir au Duc des Lombards. J'ai le privilège d'assister aux deux en même temps sachant qu'aucun des deux ne perturbe l'autre. Sur scène, ça chauffe plus joyeusement tout de même.

RAPPEL

Une chanson des années 20, d'Albanie centrale (Elbasan). Beauté triste mais pas déprimante.

Un concert inoubliable tant par la beauté de la musique que par le comportement inqualifiable de certaines spectatrices. Maleducate! Félicitations à l'hôtesse de caisse pour son calme et sa patience. Si une musique ne me plaît pas, je laisse en profiter ceux qui l'aiment et je m'éclipse discrètement. Une question demeure au terme de ce concert. Ces Italiennes irascibles étaient-elles des Lombardes?

Pour savoir si vous êtes de l'avis de ces Italiennes ou du mien concernant Elina Duni, voici le podcast de ce concert grâce à la radio TSFJazz, ravissantes lectrices, charmants lecteurs. .

La photographie d'Elina Duni est l'oeuvre de l'Indépassable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour février 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices avisées, lecteurs avertis, c'est avec ma partialité coutumière que je vous propose une sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour le mois de février 2016.

Pour un agenda exhaustif des concerts de Jazz en France, voyez mes anciens collègues de Citizenjazz.

Le festival Sons d'hiver rayonnera sur le Val de Marne et Paris jusqu'au dimanche 21 février.

A Paris, le festival Au fil des voix vous fera chanter le monde jusqu'au lundi 15 février à l'Alhambra et au Studio de l'Ermitage.

Le concert du mois se déroulera à Paris au théâtre du Châtelet le lundi 8 février à partir de 20h. Pour fêter les 60 ans de l'Académie du Jazz, un concert en 2 parties: " All Stars de prix Django Reinhardt " composé exclusivement d'anciens lauréats de l'Académie avec René Urtreger (piano), Henri Texier (contrebasse), Simon Goubert (batterie), Eric Le Lann & Airelle Besson (trompettes), Géraldine Laurent & Pierrick Pédron (sax alto) et Stéphane Guillaume (sax ténor, flûte) puis, en 2e partie, le Duke Orchestra de Laurent Mignard voué à la musique de Duke Ellington avec pour invités exceptionnels Jean-Luc Ponty (violon), Sanseverino (guitare, chant) et John Surman (saxs, clarinette).

Le film du mois ce sera la première projection au château de Goutelas du documentaire " Une poule sur un piano " consacré au séjour de Duke Ellington en Forez (Loire, Rhône Alpes, France) le jeudi 25 février 2016, 50 ans jour pour jour après son arrivée.

Lundi 1er février:

20h30, Jazz Club de Saint Denis, Saint Denis, Seine Saint Denis. Médéric Collignon et son Jus de Bocse. Notre bête de scène Made in France, c'est Médéric Colignon et personne d'autre.

Mardi 2 février:

- 19h30 et 21h30, Duc des Lombards, Paris: Sylvain Rifflet, Mechanics. La mécanique devient féérique dans les mains de ce magicien sonore.

- 21h, Sunside, Paris: Nicolas Genest & Yvan Robilliard. Voyage, voyage.

- 22h, Caveau des Oubliettes, Jim Grandcamp Project. Guitariste électrique que j'ai découvert au sein de Le Lann&Top en 2006. A suivre.

Mercredi 3 février:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) nous invitent dans leur résidence depuis 8 ans. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

- 19h30 et 21h30, Duc des Lombards, Paris: Sylvain Rifflet, Mechanics. La mécanique devient féérique dans les mains de ce magicien sonore.

Jeudi 4 février:

- 20h, Le Triton, Les Lilas, Seine-Saint-Denis: duo de piano entre Benjamin Moussay (Jazz) et Nima Sarkechik (classique). Aimez vous Brahms?

Vendredi 5 février:

- 20h30, Le New Morning, Paris. " Migrants " spectacle multmedia (musique, images, voix) du pianiste italien Nicola Sergio dédié à tous les migrants du monde avec pour invité spécial l'écrivain et metteur en scène Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008 pour " Syngué Sabour ".

Mardi 9 février:

- 20h, Le Café de la Danse, Paris: duo Violaine Cochard (clavecin) & Edouard Ferlet (piano) pour Bach plucked/unplucked, album célébré sur ce blog.

Mercredi 10 février:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) nous invitent dans leur résidence depuis 8 ans. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

- 20h, le New Morning, Paris, Ramsey Lewis Trio: un pianiste qui fait le lien entre le Jazz et le Funk depuis 50 ans. Un Maître du genre.

- 21h30, Le Baiser Salé, Paris. Rick Margitza Quartet. Le dernier saxophoniste de Miles Davis reste une valeur sûre.

Vendredi 12 février:

- 20h30, cinéma Le Balzac, Paris. Soirée spéciale Daniel Humair. Projection du film " Daniel Humair Special Show " (1961) suivie d'un concert de Daniel Humair en direct. Le plus grand batteur européen des 60 dernières années le mérite bien.

Samedi 13 février:

- 20h30, Philarmonie de Paris, Stefano Bollani, le pianiste italien qui dialoguait avec Martial Solal pour le jubilé du Maître en 2008 au théâtre du Châtelet, à Paris.

- 20h30, Théâtre Victor Hugo, Bagneux, Hauts de Seine, le Wanderer Septet d'Yves Rousseau. Jazz et romantisme.

- 21h, Le Triton, Les Lilas, Seine Saint Denis, Marc Ducret, guitariste électrique toujours surprenant.

- 22h, Autour de midi et minuit, Paris, Hervé de Meschinet Quartet, un gentilhomme des saxophones et des flûtes.

Mercredi 17 février:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) nous invitent dans leur résidence depuis 8 ans. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

Jeudi 18 février:

- 22h30, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) en quintet explorent les standards. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

Vendredi 19 février:

- 20h, Le Triton, Les Lilas, Seine Saint Denis, Sylvaine Hélary, flûtiste classique qui a opté pour le Jazz et l'improvisation pour notre plus grand plaisir.

- 21h, Le Sunside, Paris: Baptiste Herbin Quintet. Un jeune classique.

Samedi 20 février:

- 20h45, l'Atelier Charonne, Paris, Marcel Loeffler Quartet. Accordez, accordez donc l'aumône à l'accordéon (Serge Gainsbourg)

- 21h, L'Ecoutille, Courtry, Seine et Marne, Short Songs de Patrice Caratini. Un programme louangé sur ce blog.

- 21h30, Paris, Le Sunside, Ed Cherry Trio. Le guitariste favori de Dizzy Gillespie de 1978 à 1993. C'est dire s'il sait ce que signifie le Swing.

Mercredi 24 février:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) nous invitent dans leur résidence depuis 8 ans. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

Jeudi 25 février:

- 20h45, l'Atelier Charonne, Paris. Boulou & Elios Ferré Trio. Les frères de la guitare manouche. Indispensables dans leur genre.

- 21h, le Sunside, Paris, Mauro Gargano avec Jeff Ballard et Jason Palmer. Créatif, forcément créatif.

Vendredi 26 février:

- 20h, Maison de la la Culture du Japon, Paris, le Special Quintet de Terumasa Hino (trompette). Né en 1942, Terumasa Hino est un Dieu vivant du Jazz au Japon.

- 21h, le Sunside, Paris, Mauro Gargano avec Jeff Ballard et Jason Palmer. Créatif, forcément créatif.

Samedi 27 février:

- 20h, Maison de la la Culture du Japon, Paris, le Special Quintet de Terumasa Hino (trompette). Né en 1942, Terumasa Hino est un Dieu vivant du Jazz au Japon.

La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre de l'Inimitable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

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Jean-Philippe Scali Quintet chauffe le Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean-Philippe Scali Quintet

Paris. Le Duc des Lombards.

Jeudi 21 janvier 2016. 19h30

Jean-Philippe Scali : saxophone baryton

Glenn Ferris : trombone

Frédéric Nardin : piano, orgue Hammond

Simon Tailleur : contrebasse

Donald Kontomanou : batterie

Ca swingue plutôt bien. Les cuivres cognent. La rythmique tourne. Ca balance élégamment. Le son Blue Note des 60 »s revivifié, ça fait du bien par où ça passe. Le groupe entrera en studio le 28 janvier. C’était « The John’ touch » (JP Scali) dédié à John Ellis et John Scofield.

« Reflections » (JP Scali). 1ère mondiale sur scène pour ce morceau. C’est réfléchi en effet. Duo contrebasse/batterie aux balais bien souple pour introduire. Les souffleurs ronronnent virilement. Parfait pour un 21 janvier, journée mondiale des câlins et des bisous. Solo de trombone bien soutenu par la rythmique. Ma jambe droite marque le tempo, signe tangible que cela swingue. Glenn Ferris, c’est une assurance tout risque pour le rythme. Au tour du leader de swinguer joyeusement au baryton. Musique anti dépressive mais non remboursée par la Sécurité sociale. Au tour de la rythmique de partir à travers champs. C’est du gai savoir. Tout à fait réjouissant.

Le trombone part seule en ballade avec de beaux effets de glissando. Sacrée maîtrise du souffle. Ca grogne, couine, bref ça cause. Le baryton le rejoint pour un beau dialogue. Ca sonne à la Mingus. La rythmique arrive à pas de loup. Gros son de la contrebasse, ponctuation sèche de la batterie, grognements et gémissements des cuivres, bref de l’expressionnisme musical. 1er solo de contrebasse. Le pianiste est passé à l’orgue Hammond pour renforcer la pulsation. Glenn Ferris fait du wah wah. Le baryton barrit. C’est la complainte des éléphants la nuit dans la jungle urbaine. Doucement, nous passons de l’éléphant au tigre qui avance, tapi dans les hautes herbes. « Purge » (Glenn Ferris), Superbe blues.

Une nouvelle première mondiale. « Sisyphe » (JP Scali) inspiré par le mythe de Sisyphe et Thelonious Monk. Il y a de l’humour dans le jeu, comme il convient dans un hommage à Monk.Solo de Glenn Ferris. La classe évidemment. Parfaitement en phase avec la rythmique, avec des couac et des coin coin maîtrisés à la perfection.

« Memories of member 77 » (JP Scali). Une musique de film imaginaire. Ca sonne plutôt polar. Joueurs de Blues, ce sont des joueurs de Blues comme le chante Michel Jonasz. Le pianiste nous fait du charme ave un toucher de cristal. Batteur aux balais. La contrebasse, au milieu, pose tranquillement le tempo.

Ils attaquent un Blues rapide genre poursuite en voiture dans les rues de New York. Ca se calme, devient plus tranquille, accélère, ralentit. Bref, tout en souplesse. Ca monte en puissance avec le solo de Glenn Ferris porté par la rythmique. Quels joyeux grognements !Beau dialogue percutant entre piano et batterie. Retour groupé au calme. C’était « Corean folk song » (JP Scali), inspiré par un voyage en Corée, du Sud, je suppose.

« Jamie’s Day » composé par JP Scali pour l’anniversaire de sa sœur. Du bayrton sort un souffle continu. Le piano s’immisce doucement. La musique monte lentement et chaleureusement en puissance. Auditivement, cet homme a de l’affection pour sa sœur. Cela est juste et bon. Solo très tendre du trombone. Cela sonne comme un murmure chaud à l’oreille. Le batteur relance bien aux baguettes. Le baryton enchaîne tout aussi tendrement. Ca balance bien.

L’envol final. Jean-Philippe Scali a un excellent contact avec le public. Il dialogue avec nous, explique sa musique sans nous ennuyer. Un air funky. Ca groove groupé. Fredéric Nardin joue main gauche au piano, main droite sur l’orgue. Bonne vibration finale. Le leader fait applaudit en rythme quelques spectateurs groovy sur le solo de trombone. Le sax baryton assure lui aussi. Ils prolongent le plaisir et c’est bon.

Splendides lectrices, superbes lecteurs, vous pouvez écouter le 2e concert du quintet de Jean-Philippe Scali au Duc des Lombards le jeudi 21 janvier 2016 à 21h30 sur TSF Jazz.

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre de l'Incomparable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

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Festival Sons d'hiver du 29 janvier au 21 février 2016 dans le Val de Marne

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Sons d'hiver

Val de Marne, Ile de France, France

du vendredi 29 janvier au dimanche 21 février 2016.

Lectrices frigorifiées, lecteurs congelés, venez vous réchauffer aux Sons d'Hiver, dans le Val de Marne, du vendredi 29 janvier au dimanche 21 février 2016.

Au programme, des conférences débats avec les artistes, des concerts et pour finir un " Bal populaire italien " à Paris, à la Java, le dimanche 21 février à 17h.

Au sein de ce riche programme, voici ma sélection personnelle de concerts:

- vendredi 29 janvier, 20h30, Vincennes, Auditorium Jean-Pierre Miquel : Muhal Richard Abrams piano solo puis Anja Lechner/François Couturier duo

- samedi 30 janvier, 20h, Vitry-sur-Seine, théâtre Jean Vilar: Dee Alexander/Hamid Drake/Michael Zerang puis Mulatu Astatke (le Jazz éthiopien, ça tient chaud au corps et à l'âme).

- dimanche 31 janvier, 17h, théâtre de la Cité internationale: Eve Risser White Desert Orchestra avec Sylvaine Hélary (flûte) et Antonin Tri Hoang (sax alto, clarinettes) puis Michel Portal-Bernard Lubat-Hamid Drake. Aventuriers sonores, soyez présents!

- vendredi 5 février, 20h30, ECAM, le Kremlin Bicêtre: Mike Ladd Illtet puis Marc Ribot's Ceramic Dog. Complexe et funky.

- samedi 6 février, 20h, Choisy-le-Roi, théâtre Paul Eluard: Tony Malaby's Tubacello puis Olivier Lake Organ Quartet plays the music of Jackie Mac Lean & Eric Dolphy. Complexe et funky.

- mardi 9 février, 20h30, Cachan, Cinéma La Pléiade: 2 cinés concerts pour le prix d'un. Louis Sclavis/Benjamin Moussay " Half Breed " puis Rodolphe Burger " In the land of the head hunters " (un film ethnographique sur les Indiens d'Amérique daté de 1914 accompagné en guitare solo. Etonnant, non?)

- samedi 13 février, 18h, Paris, théâtre Claude Lévi Strauss, musée du Quai Branly: Omar Sosa/Gustavo Ovalles Duo. Un Cubain au piano + un Vénézuélien aux percussions = Que Calor!

- vendredi 19 février, 20h, Créteil, Maison des Arts: Tony Allen tribute to Art Blakey puis Michel Portal " Minneapolis ". Art Blakey fut le premier batteur Noir Américain à voyager et étudier sur la terre de ses ancêtres, l'Afrique. Il est normal que Tony Allen, père de l'Afrobeat, batteur de Fela, lui rende hommage. Michel Portal avec l'ancienne rythmique de Prince (Sonny T on bass, Michael B on drums) cela reste une curiosité

- dimanche 21 février, 17h, " Bal populaire italien " à Paris, à la Java. Dansez la tarentelle pour vous réchauffer, lectrices frigorifiées, lecteurs congelés.

La photographie de Michel Portal est l'oeuvre de l'Hivernal Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

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Michele Hendricks " A little bit of Ella "

Publié le par Guillaume Lagrée

Michele Hendricks

" A little bit of Ella (now and then)"

Cristal Records. Sortie le 8 janvier 2016.

Michele Hendricks: chant

Tommy Flanagan: piano

Peter Washington: contrebasse

Lewis Nash: batterie

Brian Linch: trompette

Robin Eubanks: trombone

David " Fathead " Newman: saxophone ténor

Jon Hendricks: chant sur " How high the moon " (n°2)

Album enregistré à New York les 7 et 8 janvier 1998.

Michele Hendricks sera en concert à Paris, au Sunside, le vendredi 29 et le samedi 30 janvier 2016 à 21h et le vendredi 29 avril 2016 au Petit Journal Montparnasse.

Lorsqu'Ella Fitzgerald, la First Lady of Song, décéda en 1996, toutes les chanteuses de Jazz demandèrent à Tommy Flanagan, son pianiste préféré, d'enregistrer un hommage avec lui. Il refusa à toutes mais, réflexion faite, il décida d'enregistrer un album hommage à la plus célèbre de ses Patronnes, Dame Ella Fitzgerald, avec la seule chanteuse qu'il en estimait capable, Michele Hendricks, la digne fille du " fou chantant " Jon Hendricks.

Puisque Michele Hendricks avait contacté Tommy Flanagan en premier, c'est elle qui fixa les règles. Il s'agissait de chanter la gloire d'Ella Fitzgerald comme maintenant et comme alors, d'où la seule composition originale de l'album, oeuvre de Michele Hendricks et titre album " A little bit of Ella (now and then) " (n°8).

Pas question de chanter comme Ella. Ce serait ridicule car elle avait établi les règles de son propre genre. Michel Hendricks fixa donc les siennes pour cet album. Malgré les craintes de Tommy Flanagan ( " Je ne sais pas jouer funky ou reggae, ce n'est pas mon truc " dit-il alors à Michele Hendricks), il se plia au jeu. Ecoutez cette version diaboliquement funky de " Sweet Georgia Brown " qui ouvre (n°1, version courte) et clôt l'album (n°11, version longue) pour vous en convaincre, lectrices groovy, lecteurs soulful.

Selon les chansons, Michele Hendricks est accompagnée par le Tommy Flanagan Trio, parfois augmenté de 3 souffleurs de valeur, sans oublier un duo vocal entre les Hendricks père et fille ( " How high the moon " (n°2) et un superbe duo voix/piano qui sonne comme un adieu à Ella " Everytime we say goodbye " (n°10).

Tommy Flanagan est mort en 2001. Cet album, enregistré en 1998, est sorti en 2016. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Michele Hendricks chante et enseigne toujours entre Paris et Auvers sur Oise ( le village mortel de Vincent Van Gogh) avec l'association Art et Muses.

Si vous voulez écouter une chanteuse de Jazz qui vivifie la tradition du scat, ne minaude pas mais charme, écoutez Michele Hendricks, lectrices groovy, lecteurs soulful.

Michele Hendricks sera en concert à Paris, au Sunside, le vendredi 29 et le samedi 30 janvier 2016 à 21h et le vendredi 29 avril 2016 au Petit Journal Montparnasse.

Rien à ajouter.

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Festival Jazz sur le Grill du 14 au 17 janvier dans la Drôme et l'Ardèche

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz sur le Grill

Drôme et Ardèche, Rhône-Alpes, France

du jeudi 14 au dimanche 17 janvier 2016

Lectrices gourmandes, lecteurs gourmets, retrouvez vous dans l'Ardèche et la Drôme, du jeudi 14 au dimanche 17 janvier 2016 pour le 2e festival Jazz sur le Grill.

A la carte, le chef vous propose:

- Jeudi 14 janvier à 20h30, à Valence, à la Maison de la musique et de la danse, l'Elephant Tuba Horde de François Thuillier. Enfants, emmenez vos parents pour leur prouver qu'il n'y a pas besoin de basse pour jouer Superfunkycalifragisexy. Présence du lycée hôtelier de Tain l'Hermitage pour dégustation en fin de concert.

- Vendredi 15 janvier à 21h à la Presqu'île à Annonay: le duo Bojan Z (piano) et Julien Lourau (saxs) en présence d'un vigneron local pour dégustation.

- Samedi 16 janvier à 20h45 à la salle Le Bournot à Aubenas, le duo Bojan Z (piano) et Julien Lourau (saxs).

- Dimanche 17 janvier à 11h, à Valence, Annonay et Viviers, brunchs jazzistiques.

Contrairement au Jazz, l'alcool est à consommer avec modération, lectrices gourmandes, lecteurs gourmets.

La photographie de Bojan Z est l'oeuvre du Prodigieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Bojan Z par Juan Carlos HERNANDEZ

Bojan Z par Juan Carlos HERNANDEZ

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L'essentiel de François de Roubaix

Publié le par Guillaume Lagrée

L'essentiel de François de Roubaix

Decca Records

Universal Music. 2015.

François de Roubaix (1935-1975), bricoleur génial qui mélangeait Jazz, Folk, électronique, musiques du monde, bruitages, nous laisse en héritage des perles musicales de toutes sortes qui continuent d'inspirer les créateurs actuels.

Fred Pallem et son big band le Sacre du Tympan lui consacrent tout un programme sorti en album en 2015.

Issu d'une famille d'artistes, passionné de cinéma, de mer et d'amité, son père, producteur de films, lui fit rencontrer Robert Enrico ce qui lui permit d'enregistrer en 1965, sa première musique de film " Les grandes gueules " (n°9).

De rencontre en rencontre, il devient indispensable au cinéma français, travaillant pour José Giovanni (" La scoumoune " n°1), Robert Enrico toujours ( " Les aventuriers " n°5 et 6) et surtout créant pour Jean-Pierre Melville la bande son parfaite d'un film quasiment muet habité par le magnétisme d'Alain Delon en tueur solitaire ( " Le samouraï " n°10).

" Le samouraï ", c'est le film que Quentin Tarantino rêve de faire tout en sachant qu'il n'y arrivera jamais.

La mer, éternelle et toujours recommencée, finit par l'aspirer puisqu'il ne remonta jamais d'une plongée aux Canaries en 1975. Il avait pourtant écrit pour elle " Les secrets de la Mer Rouge " (n°16) et l'Antarctique (n°16, pour le commandant Jacques-Yves Cousteau).

Il y aussi des souvenirs d'enfance qui remontent en écoutant " Chapi Chapo " (n°4) et " Les Amis " (n°20, générique d'une émission de Radio Rennes, la radio culte de mes années estudiantines qui m'a tant appris sur le Jazz et le Blues).

Comment résister à la joie de jouer qui se dégage des deux versions de " L'homme orchestre " (n°13-14)?

Bref, cette compilation consacrée aux musiques de films de François de Roubaix vous plongera , lectrices joyeuses, lecteurs joviaux, dans un univers consacré à l'amitié, à la découverte et à la Mer. Franchement, il y a pire, non?

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Gérard Marais Quartet " Inner Village "

Publié le par Guillaume Lagrée

Gérard Marais Quartet

" Inner Village "

Cristal Records. 2015

Gérard Marais : guitare électrique, compositions, arrangements

Jérémie Ternoy : piano

Henri Texier : contrebasse

Christophe Marguet : batterie

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, vous avez noté en septembre 2015 sur ce blog un concert du quartet de Gérard Marais.

Il est temps de parler de l'album " Inner Village " de ce quartet.

Quand des leaders acceptent de se mettre au service d'un autre leader, vous pouvez être sûr qu'il s'agit d'un grand. Cette théorie jazzistique se vérifie de nouveau ici.

Gérard Marais est le compositeur, arrangeur, leader de cet album. Il y plante ses griffes tout du long. Pour le porter, un de ses anciens élèves, Jérémie Ternoy au piano, le Boss de la Basse en France, Monsieur Henri Texier et un batteur mélodiste, Christophe Marguet.

Cette musique est l'évidence même. Pas d'esbroufe, pas d'effet. Les titres collent à la musique.

" Seregenti " (n°4) et vous êtes dans ce parc naturel d'Afrique de l'Est (Tanzanie). Lions et gnous, tous dansent avec nous. " Lonesome Queen " (n°6) où la solitude d'une femme est presque aussi poignante que la " Lonely Woman " d'Ornette Coleman. " Latin breakfast " (n°7) vous donne envie de prendre votre petit déjeuner en dansant. " Katchinas " (n°9) conclue l'album avec le souffle des esprits, celui des Indiens Hopis de l'Arizona.

Bref, comme l'indique le titre album " Inner Village Song " (n°5), cette musique est un voyage à la fois intérieur et extérieur. Se perdre pour se trouver, telle est l'idée. Elle n'est pas neuve mais elle est si belle ici qu'il faut s'installer sur la place de ce village intérieur, laisser la musique vous emplir et partir avec elle.

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Viril Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Christophe Marguet par Juan Carlos HERNANDEZ

Christophe Marguet par Juan Carlos HERNANDEZ

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Bex/Catherine/Romano au Sunset, le retour des fidèles

Publié le par Guillaume Lagrée

Bex/Catherine/Romano

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Dimanche 27 décembre 2015. 21h30.

Emmanuel Bex: orgue Hammond B3

Philip Catherine: guitare électrique

Aldo Romano: batterie

Le trio Bex/Catherine/Romano est un pilier du Sunset où il revient chaque année pour nous aider à passer à la nouvelle année dans la beauté. La dernière fois que je l'y ai entendu, c'était le 30 décembre 2009. Il était temps pour moi d'y revenir.

Ca commence par un Blues tout en douceur, en rondeur. Le batteur est aux baguettes tapotant doucement sur les cymbales. L'orgue fournit le tremplin duquel s'élancent les notes de guitare choisies avec soin par Philip Catherine. C'est bien un Belge. Il est adepte de la ligne claire. Ca monte doucement en puissance et en émotion. Solo en sourdine de l'organiste. Emmanuel Bex, Doctor Sottilissimus de l'orgue Hammond. ll superpose deux chants, grave et aigu. Le batteur enchaîne doucement. Solo de batterie tout en retenue jusqu'au final. C'était " Dans la forêt " d'Emmanuel Bex. Une forêt sombre, de résineux je pense.

Un morceau qui attaque mais toujours tranquille. Belle attaque de guitare. Sèche, nerveuse, précise. La ligne claire, toujours. Ca groove tranquille, bien groupé. Ces gaillards se connaissent.

" Elles aiment " (Aldo Romano). Ca chante joyeusement. Ca danse même, comme des belles femmes vives de corps et d'esprit. La salle est comble. Bien joué pour un dimanche 27 décembre à Paris. Excellent digestif musical entre les agapes de Noël et du Nouvel An. Diable, cet orgue chante comme un orgue d'église. C'est dire s'il grandit sous les doigts d'Emmanuel Bex. Il me suffit de fermer les yeux pour voir les jeunes femmes qui dansent au rythme de cette musique. Elles sont ravissantes. Personne n'applaudit durant les morceaux car le trio est si soudé qu'il n'y a pas, à proprement parler, de solo.

Un standard dont le titre m'échappe. Le guitariste prend la main puis l'organiste et ça pulse, nom de Zeus! Philip Catherine reprend les rênes de l'attelage. La diligence avance d'un bon trot. Retour au thème par la guitare. Quelle élégance du sentiment!

Le guitariste commence et l'organiste enchaîne. C'est une ballade. Le batteur est aux balais. C'est frais et délicieusement mélancolique. Bex fait planer l'orgue au dessus de la mélodie jouée par la guitare.

Un air qui sonne balkanique entamé par les trois ensemble. Ca marche. Même la barmaid danse debout derrière le zinc. Ma voisine, elle, danse assise. Bref, elles aiment le trio Bex:Catherine/Romano. Retour au petit air balkanique cadencé. " Danse pour Victor " (composition de Philip Catherine dédiée à Victor Feldman, pianiste britannique qui composa pour Miles Davis " Seven steps to heaven " et " Joshua ").

Un standard de Cole Porter pour finir le set. Mon voisin me demande s'il y a un bassiste. Pourtant, visiblement, il n'y en a pas. Bel hommage naïf à la main gauche d'Emmanuel Bex. Je ne retrouve pas le titre du standard. Justement, sur ce solo de guitare de Philip Catherine, Emmanuel Bex joue parfaitement la basse d'accompagnement. Toum, toum. Ca devient délicieusement funky. La barmaid et la spectatrice restent synchrones dans leurs danses à distance. Bex utilise le Vocoder mais pas comme à l'époque disco. C'est plus expérimental. Il fait grogner sa voix en résonance avec l'orgue. Philip Catherine calme le jeu en revenant au thème. Bex remet une petite couche vocale jusqu'au final.

PAUSE

La guitare démarre lentement et subtilement. L'orgue fait la basse. Le batteur est aux balais, tout en douceur.La barmaid est désormais trop affairée pour pouvoir danser. La spectatrice danse toujours sur son siège, son compagnon aussi. L'orgue joue la basse qui marche (walking bass in english) derrière le solo de guitare. C'est dans l'organiste que se cache le bassiste. Le bruit de l'eau qui coule au bar pour la vaisselle des verres accompagne la musique. Fin groupée en apogée. C'était " So in love ' (Cole Porter).

" Zouzou " (Emmanuel Bex). Démarrage du batteur aux balais. Jolie marche. Orgue et guitare enchaînent. Ca swingue vite fait, bien fait. Dans son solo, Philip Catherine tient le temps suspendu au bout de ses doigts. Le trio monte en puissance. Retour au calme pour un solo de batterie en finesse, aux baguettes. Ca chante puis ça repart sur le groove initial.

" Letter from my mother " (Philip Catherine). La musique est aussi tendre et affectueuse que son titre l'indique. Ca marche. Le jeune couple de voisins s'enlace et s'embrasse. L'eau coule de nouveau au bar, en accompagnement de la musique. Bex met de l'animation en triturant le son de l'orgue Hammond. Ca s'apaise et me berce.

Aldo Romano enchaîne aux baguettes sur " All Blues " (Miles Davis). Le démarrage est surprenant mais c'est bien ce thème immarcescible qui surgit. L'orgue joue le rôle du piano, de la basse et de l'accompagnement de cuivres ( 3 en un! comme dit la réclame) alors que le guitariste est le soliste. Aldo Romano a un jeu moins carré que Jimmy Cobb, le batteur de la séance de 1959 et son dernier survivant. Superbe vibrato final du trio.

" La belle vie de Maurice ", une composition d'Emmanuel Bex dédié à Maurice Cullaz, Savoyard, critique de Jazz, que Louis Armstrong surnommait Smoothie. Bex commence seul avec son orgue, sa voix et son Vocoder. Mine de rien, une jolie mélodie se dégage de ce magma sonore. De la guitare sortent quelques notes qui ponctuent. Aldo arrive aux balais. Quelle délicieuse mélodie! Elle mériterait de devenir un standard. Ma voisine est partie dans un autre monde, ondulant au rythme de chaque coup de balai sur la batterie. Le trio finit en déployant la mélodie.

Une jolie ballade introduite par la guitare. Ca ressemble bigrement au trio Eddy Louiss/René Thomas/Bernard Lubat. Une attaque de la guitare et ça repart sur un air plus nerveux, plus carré aussi. Retour à la mélodie de départ pour conclure. C'était " December 26th" de Philip Catherine, joué le 27 décembre.

Voilà, c'est fini. Merci pour la musique.

En vidéo, pour illustrer cet article, ce même trio dans le même club à Paris le 2 janvier 2013.

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre du Fiable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

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