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Festival Jazz Métis à Montreuil (93) du 28 août au 6 septembre 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz Métis

Montreuil, Seine-Saint-Denis, Ile de France, France

Du vendredi 28 août au dimanche 6 septembre 2015

Lectrices géographes, lecteurs démographes, il ne vous a pas échappé que la ville de Montreuil (anciennement Sous Bois) est métisse comme le Jazz.

C'est donc en toute logique que le trompettiste, bugliste et compositeur français Nicolas Genest a créé à Montreuil un festival Jazz Métis mêlant Jazz et musiques du monde qui en est à sa 5e édition en 2015. La seule ligne directrice est le bon plaisir du programmateur qui se réserve plusieurs concerts, avec différents groupes et différentes musiques tout au long du festival.

Voici ma sélection dans cette programmation épicée et colorée:

Vendredi 28 août à 20h30: Macha Gharibian, pianiste, compositrice, chanteuse louangée à plusieurs reprises sur ce blog.

Samedi 29 août à 20h30: Kartet avec Guillaume Orti (sax alto), Benoît Delbecq (piano), Hubert Dupont (contrebasse) et Francisco Cassavella (batterie). Stimulez vos neurones avec Kartet.

Jeudi 3 septembre à 20h30: le duo Magic Malik (flûte) et Sarah Murcia (contrebasse), deux artistes bien connus des fidèles lecteurs de ce blog.

Dimanche 6 septembre à 17h: Nicolas Genest Hati, lui aussi célébré sur ce blog.

La photographie de Sarah Murcia est l'oeuvre du Charmant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sélection de concerts de Jazz à Paris pour septembre 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices balnéaires, lecteurs maritimes, septembre arrive. Les touristes sont partis, les prix des locations sont en baisse, la Mer est encore chaude et les journées encore belles. Bref, c'est le moment d'aller à la plage. Sur la Côte d'Emeraude, par exemple.

Si vous préférez le Jazz aux vagues, un riche programme vous attend à Paris.

Le festival Jazz à la Villette vous offre une orgie de musique du jeudi 3 au dimanche 13 septembre 2015: concerts, activités pour enfants et adultes, films, conférences, expositions. A noter, le concert du Supersonic Orchestra qui revisite Sun Ra avec Thomas de Pourquery (sax alto) en leader le samedi 12 septembre 2015 à 16h30 à la Philarmonie de Paris. Enfants, emmenez vos parents. Ca les décoincera.

Voici ma sélection personnelle de concerts dans les clubs parisiens. Pour un agenda complet, voyez citizenjazz.

La Java

Lundi 21 septembre à 20h30: Healing Orchestra avec Sylvaine Hélary (flûte). Free Jazz is not dead!

Duc des Lombards

Vendredi 18 et samedi 19 septembre à 19h30 et 21h30: Véronique Hermann Sambin, chanteuse déjà louangée plusieurs fois sur ce blog.

Sunset-Sunside

Du mardi 1er au jeudi 3 septembre, à partir de 18h30 chaque soir, les Trophées du Sunside. Concerts gratuits de jeunes talents du Jazz en France. Je fus juré de l'épreuve en 2012. Elle m'a paru honnête.

Mardi 22 septembre à 19h30: le pianiste anglais Jim Funnell présente son projet Word Out avec Matias Szandai (contrebasse), John Betsch (batterie), Philippe Lopez de Sa (sax), Isabelle Olivier (harpe) et Chris Hayward (flûte). Concert de sortie d'album. Ayant reçu la démo il y a 6 mois, je le recommande vivement. Cette musique est un monde à part.

Dimanche 27 septembre à 16h: le Salon idéal au Sunside imaginé par Arièle Butaux. Des rencontres d'artistes qui ne se connaissent pas sous l'égide d'une journaliste de France Musique. Enfants qui vous ennuyez le dimanche, comme le chantait Charles Trénet, emmenez vos parents pour profiter d'un goûter intelligent.

Mardi 29 septembre à 21h: le nouveau quartet de Gérard Marais (guitare électrique) avec Jérémie Ternoy (piano), Henri Texier (contrebasse) et Christophe Marguet (batterie). Stimulez vos neurones avec de la musique cérébrale.

Studio de l'Ermitage

Mercredi 30 septembre à 20h30. Pee Bee, Dolce Vita, nouveau programme consacré à la musique italienne par ce bigband cosmicomique. Allegro vivace!

Le Triton, Les Lilas, Seine-Saint-Denis, Ile de France, France (métro Mairie des Lilas)

Vendredi 18 septembre à 21h: Julien Lourau&The Electric Biddle. Un saxophoniste français, Julien Lourau, est revenu de Londres à Paris, chargé d'électricité et avec plein de bidules dans ses bagages. Shake it baby!

La photographie de Thomas de Pourquery est l'oeuvre du Délicieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Thomas de Pourquery par Juan Carlos HERNANDEZ

Thomas de Pourquery par Juan Carlos HERNANDEZ

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RIP John Taylor (1942-2015)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices britanniques, lecteurs pianistes, le décès du pianiste anglais John Taylor, né en 1942 à Manchester, le 18 juillet 2015 à Angers (49) n'a pu vous échapper.

Dalida voulait mourir sur scène, John Taylor l'a fait.

C'est lors d'un concert au festival Saveurs Jazz à Segré (49) au sein du quartette Nouvelle Vague du contrebassiste français Stéphane Kerecki que John Taylor fut frappé d'un infarctus.

Les férus d'histoire et de géographie noteront, qu'en vrai gentleman, John Taylor est mort en France sur des terres qui furent longtemps anglaises et où vivent aujourd'hui de nombreux citoyens britanniques, en Anjou.

J'ai seulement signalé sur ce blog son album " Patience " (2011) en duo avec Stéphane Kerecki et un concert de ce duo avec Nelson Veras (guitare) comme invité (2010) puis du duo en 2011. Ces instants là ne s'oublient pas.

Pour retracer la carrière de ce musicien majeur de la scène Jazz en Europe de ces 45 dernières années, je vous renvoie à l'excellent article du quotidien londonien The Guardian (in english, of course).

La photographie de John Taylor est l'oeuvre de l'Anglophone Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

John Taylor par Juan Carlos HERNANDEZ

John Taylor par Juan Carlos HERNANDEZ

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Le nouveau trio de Dan Tepfer au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Dan Tepfer Trio

Paris Le Sunside

Samedi 8 août 2015. 21h

Dan Tepfer : piano, compositions, direction

François Moutin: contrebasse

Arthur Hnatek: batterie

En fond sonore, avant le concert et pendant les pauses, l’excellent album " New Song " du contrebassiste Omer Avital.

Pas de présentation des musiciens. Le groupe est composé d’un Franco-Américain au piano, d’un Français à la contrebasse et d’un Suisse à la batterie. Tous vivent à New York et jouent à Paris ce soir. C’est un effet positif de la mondialisation. Ca commence par une ballade. Batteur aux balais. C’est souple et tenu. François Moutin diffuse toujours la vibration positive. Le tempo s’accélère. Le batteur est passé aux baguettes. Les vagues se succèdent.

Pas d’annonce des morceaux et des musiciens pour l’instant. « Music speaks for itself » (Miles Davis). Le batteur fait des bruitages avec des percussions. La contrebasse creuse le son et le piano enlève le tout. C’est une beauté abstraite. Comme chez Jackson Pollock qui inspira John Coltrane, les taches ne sont pas jetées au hasard. Ce jeune batteur est à la fois puissant et savant. Pur moment de magie en piano solo. Le piano grandit sous les doigts de Dan Tepfer. Splendide jusqu’au bout.

Un petit air léger, sautillant. Le fluide sympathique circule bien entre ces trois là. Le batteur est aux balais. Je le découvre ce soir. Juan Carlos Hernandez, photographe attitré de ce blog, m’a chaudement recommandé son compatriote. Je comprends pourquoi. Il est trop tôt pour dire s’il est le digne successeur de Daniel Humair, autre batteur suisse, mais il a du potentiel, à l’évidence. Notez bien son nom : Arthur Hnatek. Les cordes pincées par François Moutin, c’est toute une histoire, plutôt drôle d’ailleurs. C’est joyeux et délicieusement funky. Le batteur coupe du petit bois finement.

Maintenant que la douce ambiance est bien installée, Dan Tepfer présente les musiciens et les morceaux. Ils ont joué ses compositions « Catching time », « 547 » et un hommage à Thelonious Monk dont le titre m’échappe.

« Little princess » (Dan Tepfer). La salle est archi comble. Pour un début août à Paris, c’est étonnant. Il est réjouissant que la bonne musique jouée par des gens bien attire le public. Morceau tendrement perlé de notes de piano. Batteur aux baguettes. C’est tendre mais pas mièvre. Le jeu est viril mais correct. Roulements de tambours comme des caresses. Cette petite princesse court, joue, saute. Jolie fin surprise.

Un standard. « I loves You Porgy » (Georges Gerswhin, Porgy and Bess). Batteur aux balais. C’est tendre, onctueux mais pas sirupeux. “ Le bon goût consiste à savoir jusqu’où on peut aller trop loin » (Jean Cocteau, premier président de l’Académie du Jazz). Délicieux massage pour le système auditif. Il n’y a qu’à fermer les yeux et se laisser aller. Le trio piano/contrebasse/batterie est une formule si usitée dans le Jazz qu’elle pourrait paraître usée mais il est encore possible d’en tirer quelque chose. La preuve avec ce trio. Un silence avant que nous n’osions applaudir.

« Road runner » (Dan Tepfer). Le Road runner est un oiseau qui court dans le désert de l’Ouest américain (Californie, Arizona, Nouveau Mexique). En français, le Grand Géocoucou. En latin, le Geoccocyx californianus. Il est connu par le dessin animé américain Road runner and Will E Coyote (en français, Bip Bip et Coyote) qui a réjoui mon enfance. Les doigts courent sur le piano. La batterie martèle les foulées. Cela pourrait faire un hit de pop music mais c’est du Jazz, complexe avec un beat puissant. Au milieu du trio, François Moutin tient la route, bien entendu. C’est un privilège d’entendre trois créateurs créer ensemble de la beauté éphémère le temps d’un concert.

PAUSE

Dan entame seul un petit air léger, enlevé. Le batteur tapote doucement des mains sur les tambours. Dialogue piano/contrebasse. Ca balance bien. Bonne sensation.

Un morceau félin qui s’étire ou s’agite selon l’envie de l’instant. Dan insiste, creuse un rythme jusqu’au final.

Que ce groupe est cohérent, soudé, interactif ! Et ce n’est pas du virtuel en plus. Tiens, un écho de Bach dans le jeu du pianiste. La musique est comme une bulle qui nous enlève en douceur sans éclater. C’était « I know » suivi de « Gilad » basé sur un air de musique classique indienne dont Dan nous fait la démonstration rythmique en scat. Ce jeune homme peut tout se permettre. Enfin, « Look outside ».

« Single Ladies ». Justement, il y en a une devant moi ce soir. Une brune à lunettes, très grande, solidement bâtie, venue seule au concert ce qui ne signifie pas qu’elle soit seule dans la vie, bien entendu. Un morceau punchy. Ces dames célibataires ne s’ennuient pas. Elles dansent joyeusement. Solo de batterie. Pas d’esbroufe mais un son, un couleur, un discours personnels. Chauffeur, suivez ce batteur ! La demoiselle célibataire a apprécié. Moi aussi.

Une ballade. Batteur aux baguettes. Le morceau est peu à mon goût, trop dans le maniérisme hérité de Keith Jarrett. « Miguel », dédié à Miguel Zenon.

Dan Tepfer nous parle, en français puisqu’il est bilingue. « Est-ce qu’il y a des questions ? Pas de question. C’est que tout est clair. On essaie de travailler dans la clarté ». Bonne définition du jeu du trio . Grosse pulsation de la contrebasse. Passage calme puis la pulsation reprend. Belles vagues impressionnistes du piano. Je reconnais l’école française. Ca impulse, nom de Zeus !

PAUSE

Le train du départ en vacances partait tôt le lendemain matin. Le concert, pour moi, s’est donc arrêté là.

A mes oreilles, Dan Tepfer possède maintenant le meilleur trio piano/contrebasse/batterie de sa jeune carrière. Après le concert, j’espère l’album.

Le tryptique photographique François Moutin/Dan Tepfer&Lee Konitz/Arthur Hnatek est l'oeuvre du Sain Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

La première partie de ce concert se trouve dans la vidéo jointe à cet article. Silence, beauté.

François Moutin/Dan Tepfer&Lee Konitz/Arthur Hnatek par Juan Carlos HERNANDEZ

François Moutin/Dan Tepfer&Lee Konitz/Arthur Hnatek par Juan Carlos HERNANDEZ

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A la découverte de l'éditeur Lenkalente

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices curieuses, lecteurs fureteurs, une fidèle lectrice me demande mon avis sur l'éditeur Lenkalente, spécialiste des livres sur la musique avec CD inclus.

Je n'en ai pas puisque je n'ai lu aucun de ces livres.

J'en ai repéré un sur Jackie Mac Lean (l'homme et l'oeuvre) et un autre sur John Coltrane (transcriptions et études des concerts).

D'éminents critiques et de savants musicologues ont écrit sur ces livres qu'ils ont lu avec attention. Je vous renvoie à leurs avis avisés.

J'ai voulu répondre directement à cette fidèle lectrice mais le message m'est revenu (adresse erronée).

Merci à elle pour cette découverte.

A vous, si vous le désirez, d'en faire quelques unes de vos choses favorites, lectrices curieuses, lecteurs fureteurs.

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International Song Writing Competition 2015: 25 000 $ en jeu

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices compositrices, lecteurs auteurs, unissez vos forces pour gagner l'International Song Writing Competition, édition 2015.

Inscriptions jusqu'au jeudi 10 septembre 2015.

30 US $ de frais d'inscription par catégorie sachant qu'il existe une catégorie Jazz.

Il s'agit d'écrire une chanson originale (paroles et musique) et de convaincre le jury que la votre est la meilleure.

Le Grand Prix du jury est de 25 000 US $.

Parmi les membres du jury figurent les guitaristes et/ou chanteurs Pat Metheny, Robben Ford, Keb Mo et Tom Waits ainsi que Danilo Perez (piano), Stanley Clarke (basse) et Jean Luc Ponty (violon), musicien français plus considéré aux USA qu'en France sans oublier les présidents directeurs généraux des Major Companies de la musique enregistrée (Universal, Warner Bros, Arista...).

L'habileté vocale n'est pas un critère de sélection. Sinon, Tom Waits ne pourrait pas être juré du concours.

Si vous composez un hit aussi troublant et efficace que " This is not America " (David Bowie & Pat Metheny) la victoire vous est acquise, lectrices compositrices, lecteurs auteurs.

Au travail! Bon courage.

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Le troublant boléro d'Irving Acao au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Irving Acao

Paris. Le Duc des Lombards.

Mardi 4 août 2015. 19h30.

Irving Acao : saxophone ténor

Yonathan Avishai: piano

Felipe Cabrera: contrebasse

Lukmil Perez: batterie

Carlos Miguel Hernandez: chant

Lectrices hispaniques, lecteurs hispanisants, je vous prie de bien vouloir excuser mes erreurs de transcription dans les titres des morceaux. Je ne parle pas un mot d’espagnol. Merci pour votre indulgence et vos corrections.

Le premier morceau m’a laissé froid. Je n’en dirai mot.

Le second morceau était un hommage à Marco Polo. Une jolie ballade. Je retrouve ce son de saxophone qui me plaît tant sur l’album « Azabache » d’Irving Acao. C’est plus velouté, plus chaleureux. Le groupe a franchement monté de niveau par rapport au premier morceau. Quel joli thème ! Ca chante.

Arrivée du chanteur. « La gloria es tu ». Solo de contrebasse pour préparer le terrain. Un peu long comme préliminaires. Au fait. Justement le chanteur chantonne avec le saxophone. C’est du boléro, le style des crooners cubains. On se croirait dans un hôtel à La Havane, avant 1959, au bord de la piscine, avec Ernest Hemingway, Frank Sinatra, Ava Gardner et Sam Giancana. La voix est chaude et grave à souhait. Il s’adresse clairement aux dames et aux demoiselles. Le sax aussi. Smoothy, comme disait Louis Armstrong. La rythmique réveille le tout. Juste une brise légère sur le front de mer pour nous rafraîchir. Le sax ténor reprend la main. Ca glisse sur du velours. Beau duo sax/contrebasse. Un instant, j’ai cru à une sonnerie de portable mais c’est le piano qui revient et relance la rythmique. Le quartet redémarre en bloc. Beau décollage. Là, ça sonne hard bop.

« Que hora ? ». Le chanteur porte un petit chapeau, des lunettes noires, une chemise blanche. Le total look du crooner cubain. Duo piano/chant. Liquide. Une ballade. C’est l’esprit boléro fort différent de celui de Ravel même si ces rythmes viennent bien d’Espagne donc des Arabes (suivez les Leçons de Jazz d’Antoine Hervé pour les explications techniques sur ces voyages des rythmes d’Arabie à Cuba via l’Espagne et la France). La rythmique arrive avec le batteur aux balais . Quelques notes chaudes de sax ténor. Ca emballe. Comme disait Guy Bedos dansant avec Sophie Daumier : « Vas y Jeannot ! Attaque ! » (sketch « La drague ».1973).

« Siete », nouvelle composition d’Irving Acao. La salle est pleine et se remplit encore. Un morceau plus énergique avec un bon tempo latino. Ca balance et donne envie de danser. Ca se voit dans la salle qui hoche la tête et bat des pieds. Le chanteur est parti. Ca sonne plus viril. Le jeu reste tout de même sous contrôle. Ce n’est pas Gato Barbieri. Trop de préliminaires, pas assez de jouissance, à mon goût. Joli jeu de lumières rouges qui clignotent sur le manche de la contrebasse. Rythme entêtant du piano qui accompagne le solo de batterie alors que la contrebasse impulse. Ca sonne latin, enfin ! Le saxophone s’ajoute à la fiesta. Ca retombe aussitôt en douceur comme une feuille qui tombe jusqu’au final.

Retour du chanteur. Au public de chanter maintenant. « Laï, laï, laï, laï ». Attention, ce n’est pas du Enrico Macias. Cela ne se prononce pas pareil. Ca balance doucement et le public prend de l’assurance. Un standard cubain. Même moi je reconnais. C’est dire. Paroles tristes sur un air joyeux. A chacun son solo : au chanteur, au public, au saxophoniste. « Es la storia de un amor ». Le dernier mot reste au public pour le refrain.

« Reflexion » (Irving Acao). Un air qui balance comme un voilier sur la mer des Caraïbes. Ca s’énerve sur la fin : du coltrano-cubain. Ostinato du piano, contrebasse au milieu et le batteur aux tambours avec un son latino. Ca, c’est bon.

L’Internationale Communiste est reconstituée. Un couple de jeunes Chinois, à côté de moi, écoute passionnément des Cubains.

Le film ci-dessous fut réalisé durant la répétition de ce concert. Rien à ajouter.

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Eddy Louiss par Emmanuel Bex

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices groovy, lecteurs funky, après les souvenirs d'Eddy Louiss par mézigue et par Matthieu Marthouret, voici ceux du pianiste et organiste Emmanuel Bex. Merci à Emmanuel Bex pour ses réponses (im)pertinentes à mes questions. Nous ne nous souviendrons jamais assez d'Eddy Louiss.


Guillaume Lagrée: Que représente Eddy Louiss pour toi?

Emmanuel Bex: Eddy Louiss était pour moi une de mes deux sources d’inspirations principales, l’autre étant Bill Evans. Bill Evans m’a donné le goût du jazz, Eddy Louiss celui plus particulier de l’orgue dans le jazz.
Il était un des musiciens les plus emblématiques de ce que la France a donné au Jazz. Je me dis, qu’il a , avec d’autres, mais très peu, permis à cette musique de tenir le choc des années 70, années qui auraient pu la voir sombrer sous le poids de la pop, de la musique commerciale et de tous les trucs ennuyeux….On lui doit tous une fière chandelle!


GL: Quelle influence a eu sa musique sur la tienne?

EB: Très déterminante. Sans lui , je n’aurais pas ressenti la force, l’engagement, l’humanité de la phrase musicale.

GL: Comment était l’homme?
EB: Je le connaissais très peu, nos rapports ont été très distants, sans que je sache pourquoi…. Question de génération sans doute, et de manière différente d’être avec les autres. Je l’ai toujours regretté, et je lui ai envoyé un email deux mois avant sa disparition, où je lui proposais que l’on se connaisse mieux, dans la grande aventure humaine et musicale du jazz. Je n’ai pas eu de réponse, et bien sûr il a disparu subitement.

GL: Quelles oeuvres de lui recommanderais tu à ceux qui ne le connaissent pas?
EB: Ses deux disques majeurs sont pour moi, " Dynasty " sous le nom de Stan Getz, où même s’il n’est pas leader formellement, il est le pivot de la musique du quartette. L’autre disque est la suite « Porgy & Bess " avec les arrangements d’Ivan Jullien. Un chef d’oeuvre tout à fait baroque et créatif.

GL: Qu'as tu appris d'Eddy Louiss?
EB: La beauté de la simplicité , de l’efficacité.

GL: T'a t-il donné des conseils, des leçons d'orgue Hammond ou l'as tu simplement écouté attentivement?
EB: Le seul conseil qu’il m’ait donné , au tout début, était l’adresse d’un magasin qui vendait des orgues Hammond sur Paris. Je m’y suis rendu, le magasin était fermé depuis 5 ans. j’ai donc dû me débrouiller tout seul. Mais , au fond , je crois que c’est une pédagogie efficace!

GL: As tu joué sa musique?
EB: Je l'ai étudiée, mais je n’ai jamais joué un de ses morceaux en public. Je joue par contre de temps en temps, quand j’ai envie de faire chanter le public, une petite chanson toute simple de son père, Pierre Louiss.

GL:Que tu l'aies joué ou non: pourquoi?
EB: J’avais à construire mon propre discours, et c'eût été une très mauvaise idée de coller trop fortement à son personnage. Je sais qu’il faut aimer les musiciens, mais qu’il faut garder de la distance.

GL: Quelle différence entre Eddy Louiss et les organistes américains de Jazz? Il ne sonnait pas comme Jimmy Smith, c'est certain et pourtant il groovait.
EB: Eddy Louiss était plus qu’un organiste. Il a « inventé « une musique autour de son orgue, quand la plupart des organistes de jazz américains sont dans la figure imposée par ce qu’ils croient être leur histoire.
Mais le jazz ne devient intéressant que quand il porte une universalité. C’était tellement le cas avec ce musicien. Il groovait en plus , bien sûr, ça il n’y pas de problèmes là dessus!

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre de l'Organique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

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Finançons le nouvel album de Scott Tixier!

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices généreuses, lecteurs munificents, comme vous le savez, en Jazz, pour passer une nuit au violon, il faut s'adresser aux Français.

En effet, depuis les années 1920, et Stéphane Grapelli, en Jazz, au violon, tout le monde reconnaît le French flair.

Au point que la seule école de violon Jazz au monde se trouve en France, en lle de France même, en Seine et Marne, à Dammarie les Lys, au Centre des Musiques Didier Lockwood. Maxime Vengerov y est venu un jour en disant à Didier Lockwood: " J'en ai marre d'être une moitié de musicien. Apprends moi à improviser ".

Nos meilleurs violonistes s'exportent. Stéphane Grapelli fit le tour du monde avec son violon pour tout bagage (titre de son autobiographie), Jean Luc Ponty obtint gloire et fortune aux Etats- Unis d'Amérique et, Scott Tixier vit et oeuvre aujourd'hui à New York.

Son premier album, " Brooklyn Bazaar ", m'émerveilla.

Voici que ce jeune violoniste se lance dans un nouvel album, avec de nouveaux sons et notamment celui de l'harmonica.

Son talent mérite votre soutien phynancier, généreuses lectrices, munificents lecteurs.

Bien que ce don ne soit pas déductible fiscalement, qu'aucun chef religieux ne vous vendra d'accès au Paradis en échange, vous pouvez contribuer à la réalisation de cet album en versant de l'argent, en fonction de vos envies et de vos possibilités sur Kickstarter.

A l'harmonica, il existe un Little Genius qui enchante le monde entier depuis plus de 50 ans, Mr Steveland Morris dit Stevie Wonder. Scott Tixier l'a accompagné sur scène et espèrel'avoir comme compagnon de jeu sur son nouvel album.

Affaire à suivre.

A votre bon coeur, lectrices généreuses, lecteurs munificents!

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Dizzy Gillespie Big Band " Complete 1956 South American Tour Recordings "

Publié le par Guillaume Lagrée

Dizzy Gillespie Big Band

" Complete South American Tour Recordings "

Solar Records. 2015

CD1: Dizzy Gillespie Big Band. Concerts en Amérique du Sud. Juillet-août 1956 (1-14)

CD2: Idem (1-8). Puis Dizzy Gillespie avec un orchestre de samba. Rio de Janeiro, Brésil, août 1956 (9-10) et Dizzy Gillespie avec l'orchestre tango d'Osvaldo Fresedo. Live au Rendez-Vous Club, Buenos Aires, Argentine (29 ou 30 juillet 1956) (11-14).

Les Etats Unis d'Amérique sont la première puissance mondiale grâce à leur hard power (Le dollar? Notre monnaie, votre problème comme disait un Secrétaire d'Etat au Trésor, la première armée au monde) et leur soft et leur smart power comme dit le politologue américain Joseph Nye, ancien conseiller des présidents Jimmy Carter et Bill Clinton (le smart power c'est la Silicon Valley par exemple. Le soft power c'est Hollywood, les blue jeans, le fast food et la musique du Jazz au Rap).

Le programme gouvernemental d'exportation de la musique américaine se poursuit aujourd'hui, sous les auspices du Département d'Etat avec " Rhythm Road ".

Tout a commencé dans les années 1950 avec la lutte d'influence contre le communisme et l'URSS. Sur l'idée du fameux député de Harlem (NYC, USA), modèle du politicien véreux décrit par Chester Himes dans les aventures de Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, les deux flics noirs les plus durs de Harlem, le Département d'Etat décida d'envoyer des Jazzmen à travers le monde pour montrer que les Noirs n'étaient pas tous des opprimés aux Etats Unis d'Amérique et que le Jazz donnait plus envie de danser que les ballets du Bolchoï.

Parmi les musiciens qui acceptèrent de jouer pour le Département d'Etat se trouvaient Louis Armstrong et Dizzy Gillespie.

Pour Dizzy, l'affaire était en or. Un grand orchestre et une tournée mondiale payés par le contribuable américain. Cela ne se refuse pas. Rappelons qu'en 1941 Dizzy Gillespie avait été classé comme fou et exempté du service militaire par les psychiatres de l'US Army. Il s'était présenté nu, tenant sa trompette emballée dans du papier journal entre ses jambes, face aux médecins et leur avait dit: " Vous voulez que j'aille me battre contre les Allemands? Ils ne m'ont rien fait. Qui m'a toujours fait chier dans ce pays? Les Blancs. Si vous me donnez un fusil et que je vois un officier blanc américain, je le tue ". 25 ans plus tard, le boxeur Mohamed Ali était déchu de tous ses titres pour avoir refusé d'aller se battre au Vietnam pour les mêmes raisons.

Pour Dizzy, en 1956, il ne s'agissait pas de faire la propagande de la politique étrangère américaine mais de jouer sa musique et de la mélanger avec toutes celles qu'il rencontrerait en chemin.

Il constitua un orchestre brûlant comme de l'acier en fusion. Parmi les musiciens, Phil Woods au saxophone alto, Benny Golson au saxophone ténor, Quincy Jones à la trompette, Walter Davis Jr au piano, Nelson Boyd à la contrebasse, Charlie Persip à la batterie. Les arrangements étaient confiés à Melba Liston, une femme, Noire et tromboniste. Elle dut se battre contre le machisme des musiciens de l'orchestre mais avec son talent et l'appui de l'autorité du Boss, Dizzy Gillespie, l'orchestre tournait comme une Cadillac Eldorado. Il y avait même un crooner pour les dames.

Le répertoire est composé de standards du Jazz, de compositions du Boss, de Be Bop, de Jazz, d'afro cubain (versions explosives de Manteca et Tin Tin Deo (CD1, n°10 et CD 2, n°5). A noter une imitation de Louis Armstrong par Dizzy Gillespie dans " I am confessin " (CD n°2, 3) qui faisait rouler par terre de rire Louis Armstrong. A partir d'une chanson aussi stupide que " Hey Pete, let's eat more meat! " (CD2, n°1) ils produisent presque 15mn d'une musique de folie. Tout leur est bon.

L'orchestre avait fait un triomphe en Grèce ( la presse grecque d'alors prétendait que le passage de l'orchestre avait conduit à la défaite des communistes dans les urnes. Quel orchestre l'UE et le FMI pourraient-ils envoyer en Grèce en 2015?) puis au Pakistan (imaginez un big band de Jazz américain en 2015 jouer au Pakistan avec des musiciens de Qawali. Difficile n'est-ce pas? En 1956, c'était possible).

En Amérique du Sud, le succès fut immense et l'ambiance de folie. La tension ne se relâche jamais même pendant les ballades (" I can't get started " CD1, n°3).

Sont réunis ici tous les enregistrements disponibles de cette tournée sud américaine. Presque 60 ans après, cette musique est toujours un antidépresseur radical, sans effet secondaire et non remboursé par la Sécurité Sociale.

Curieux de toutes les musiques, Dizzy Gillespie s'éclipsait de son orchestre pour jouer et enregistrer avec des musiciens locaux, s'adaptant à eux sans rien perdre de sa personnalité. La marque des Grands.

Vous trouverez sur le 2e CD, deux morceaux enregistrés à Rio de Janeiro avec un orchestre de samba inconnu. La trompette se fait percussion. Il n'y a plus qu'à faire de la place et se remuer en tout sens.

Vous trouverez aussi quatre morceaux enregistrés à Buenos Aires avec l'orchestre d'Osvaldo Fresedo, un tango bourgeois, raffiné, élégant où la trompette se fond avec les violons et le bandonéon. Cirez le parquet et les chaussures, sortez le smoking ou la robe de soirée. Glissez en fusion sur la piste. C'est parti avec Dizzy Gillespie.

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