Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Médéric Collignon presse Miles Davis dans son Jus de Bocse au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon

Jus de Bocse

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Samedi 22 janvier 2022, 20h30

Médéric Collignon: cornet

Pierrick Pédron: saxophone alto

Yvan Robilliard: piano, Fender Rhodes

Emmanuel Harang: contrebasse

Nicolas Fox: batterie

Lectrices distinguées, lecteurs raffinés, ce blog vous a déjà chanté les louanges de Médéric Collignon et son Jus de Bocse jouant Miles Davis. C'était lors d'un concert à Paris au Sunside le samedi 2 octobre 2021. 3 mois après, Médéric Collignon est de retour au Sunside pour jouer Miles Davis avec le même pianiste et claviériste mais il a changé de contrebassiste et de batteur et a inclus dans le groupe le Breton Pierrick Pédron, saxophoniste alto très favorablement connu de nos services. J'y retourne aussi.

Miles Davis (1926-1991) était très fort pour diriger un groupe mais aussi pour s'approprier les oeuvres des autres. Médéric le surnomme le " pompositeur " car, comme les Shadoks, Miles Davis pompait. 

" Fran Dance " ouvre le concert. Cf extrait audio au dessus de cet article. Ce morceau a été composé en hommage à la danseuse Frances Taylor (1929-2018), épouse de Miles Davis, la première danseuse noire invitée à danser avec le corps de ballet de l'Opéra de Paris. Il est donc possible qu'il l'ait composé. Début assez classique et très élégant. Pierrick Pédron sonne comme Julian Canonball Adderley le sax alto de " Kind of Blue ", l'album le plus vendu de l'histoire du Jazz (Miles Davis, 1959). Médéric se met à chanter ajoutant son grain de folie. Solo de sax alto dans la veine Hard Bop. Assis, Médéric ajoute un son de trompette par en dessous. Je ne le vois pas mais je l'entends. Solo de piano délicatement ponctué par la contrebasse et le batteur aux baguettes. Les souffleurs y ajoutent une légère brise. Yvan Robilliard lance et relance le Blues comme Wynton Kelly. Le contrebassiste se prend pour Mr P.C, Paul Chambers. Pas aussi majestueux cependant.

" Eighty One " (Miles Davis + Ron Carter). De la fin des années 50 nous sommes passés à la fin des années 60. Transition vers le Jazz Rock. La rythmique groove terrible comme il faut. Ah ce chant des cuivres avec ces lignes qui s'étirent puis se brisent et repartent. La surprise, fondement de l'art du Jazz. La rythmique tourne solidement alors que le cornet se déploie sinueux. Je bats la mesure de la jambe droite. Ron Carter est le contrebassiste le plus enregistré de l'histoire du Jazz. Sa pulsation est toujours aussi efficace même quand ce n'est pas lui qui la joue. Au tour du sax alto ponctué par les interventions de Médo. Ca sonne, sapristi! La rythmique monte la pression. Pierrick est lancé, chauffé. Médéric est parti dans le numéro vocal dont il a le secret. Avec scat, gargarismes, borborygmes, claquements de joues et de langues. La créativité dans le respect des Anciens, c'est beau. " La tradition, ce n'est pas la vénération des cendres mais la préservation du feu " (Gustav Malher). Ca balance toujours aussi bien.

" Joshua " (Victor Feldman). Victor Feldman, le plus grand Jazzman produit par l'Angleterre, pianiste de studio de Miles Davis de 1961 à 1963. Il refusa de le suivre en tournée, Hollywood le payant bien mieux sans avoir à bouger. Contrebasse et batterie installent la tension. Pendant ce temps, le cornet ondule en parallèle de la mélodie. Retour groupé au thème. La tension descend doucement jusqu'au final. " Ca peut durer des heures " nous prévient Médéric. 

" All Blues " joué en mode mineur. La contrebasse commence et Médéric commente. La fameuse ligne de basse d'All Blues (Paul Chambers) jouée en mode mineur. Ca change tout même si le thème reste reconnaissable. Bel exercice de style. Solo de sax alto passionné avec des stridences et des moments de calme. Solo de cornet majestueux en mode mineur. Retour au thème et au came en quintette.

" Four " (?). A l'oreille, je n'entends pas le thème de " Four " mais c'est bien un Blues, à la Miles Davis. Ca tourne toujours mais m'intéresse moins. 

PAUSE

Médéric demande l'aide du public pour faire revenir sa section rythmique sur scène. Ca marche. Les trois hommes reviennent au travail.  " New Circle " (Miles Davis). La rythmique commence tranquille. Ca donne l'impression de tourner en rond mais fort agréablement. Normal, c'est " New Circle ". Une ballade tranquille, rêveuse. Bonne vague et bon massage. Médéric Collignon nous chante la ballade avec des surprises vocales de son secret. 

" Directions 2 ". (Miles Davis). C'est le début de la période électrique de Miles Davis. L'oeuvre était collective et il signait de son nom parce que le chef c'était lui. Yvan Robilliard, comme Herbie Hancock à l'époque (1968) , est passé du piano au Fender Rhodes, au jouet comme disait Herbie qui s'amuse encore avec. Musique cinglante comme il se doit. Contrebasse et batterie pulsent terrible. Le sax alto flamboie. Solo de batterie plutôt Rock et binaire dans le style. Très efficace. Médéric remet la pulsation avec la voix sans soutien de la contrebasse. Trop puissant. Le sax alto remet ça. Le quintette repart et ça dépote.

" Tout de suite " (Miles Davis). En français dans le texte. Tiré de l'album " Filles de Kilimanjaro " (1968) dont tous les titres sont en français. Un Blues lent malgré le titre. Clavier électrique. Le batteur reste aux baguettes mais tout en douceur. La rythmique nous berce doucement alors que les souffleurs entretiennent tranquillement la flamme. Solo de clavier brillant et paisible. Contrebasse et batterie ponctuent doucement. Ca sonne comme du Miles Davis. Avec les coups et les feintes du boxeur qu'il était aussi. 

RAPPEL

Excellente musique, excellent groupe auquel Pierrick Pédron apporte son feu personnel. Un seul regret: qui interdit au batteur Nicolas Fox de se servir d'autre chose que des baguettes pour jouer? Balais, maillets, mains nues sont-ils tabous pour lui?

 

Les photographies de Médéric Collignon & Pierrick Pédron sont l'oeuvre du Stupéfiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de ces images sans l'autorisation de leur auteur constituent une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Partager cet article
Repost0

Sélection de concerts de Jazz pour février 2022

Publié le par Guillaume Lagrée

Ricky Ford par Juan Carlos HERNANDEZ

Ricky Ford par Juan Carlos HERNANDEZ

Bienvenue au 63e abonné de ce blog.

Que les Dieux et les Muses le protègent!

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, armé de partialité et de mauvaise foi, je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz en France pour le mois de février 2022. A écouter masqué et vacciné, bien entendu.  

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Mon émission Le jars jase jazz est consacrée à l'influence de la France sur le Jazz et lycée de Versailles  sous le titre générique Détours de France. La France à la lumière du Jazz. Diffusion chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) . En février 2022, 15e épisode avec 8  diffusions: lundi 7 , 14, 21 & 28 février à 22h; vendredi 4, 11, 18 & 25  février à 12h. Jazz d'aujourd'hui avec Nelson Veras, Dan Tepfer & Ben Wendel, Maxime Fougères, Stéphane Spira, Stéphane Kerecki, Michel Edelin, Fred Nardin, Colin Vallon, Scott Tixier. Individus tous très favorablement connus de nos services. Cf extrait audio au dessus de cet article.

- Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.  

Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor français maintes fois célébré sur ce blog, programme un concert chaque mercredi à 19h30 (heure de New York) au Bar Bayeux à New York. 

Mercredi 2: Ethan Silverman Quartet (Sullivan Fortner, Simon Willson, Joe Farnsworth)
Mercredi 9: Patricia Brennan Quartet (Patricia Brennan, Kim Cass, Mauricio Herrera, Noel Brennan)

Mercredi 16: Adam Kolker Quartet (Bruce Barth, Ugonna Okegwo, Billy Hart)
Mercredi 23:   Jeremy Pelt Quartet (Anthony Wonsey, Clovis Nicolas, Willie Jones III)

Concerts diffusés en direct sur Internet puis en différé pendant 6 jours. Un club de Jazz de New York livré chez vous sans autre frais que la connexion à la Toile. Vos dons sont les bienvenus. 

Chaque lundi à 14h (New York) , 20h (Paris), le pianiste franco-américain Dan Tepfer maintes fois célébré sur ce blog donne en direct un concert public gratuit sur sa chaîne Youtube et sa page Facebook. Parfois seul, parfois accompagné. Entrée libre.

A Paris, festival Au fil des voix du lundi 31 janvier au vendredi 18 février avec pour le Jazz & le Brésil Thierry Péala, Verioca Lherm & Edmundo Carneiro au 360 Music Factory le mardi 1er février à 20h30.

Le Sunset/Sunside, club parisien fondé en 1982, fête ses 40 ans jusqu'au lundi 8 février 2022:

- mardi 2 février, 20h30, duo de haut vol entre Yonathan Avishai (piano) & Gilad Hekselman (guitare).

- jeudi 3 février, 21h, Jonathan Avishai trio invite Gilad Hekselman & Yuval Cohen (sax)

- vendredi 4 février:

- 19h30, Bastien Ribot (violon) rend hommage au Maestro Stéphane Grappelli avec Sandro Zerafa (guitare)

- 21h30, Estelle Perrault (chant) Quartet.

Autres concerts dans d'autres lieux

Mardi 1er février, 20h, Paris, Le New Morning: Fred Wesley and the New JB's. Le tromboniste de James Brown. " Le Jazz est le Professeur. Le Funk est le Prêcheur " (Georges Clinton)

Jeudi 3 février, 20h30, Les Lilas, Le Triton: Sylvaine Hélary Quartet," Shore skipping ". 

Vendredi 4 février:

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Daniel Erdmann & Christophe Marguet Quartet. Pronto!

- 21h, Paris, Le 38 Riv: Neil Saidi Quartet. 

Samedi 5 février:

- 20h30, Dole (39), La Fabrique: 2 concerts pour le prix d'1. 60% de matière grave avec Jean-Philippe Viret (contrebasse), François Thuillier (tuba), Jean-Charles Richard (sax baryton) + Unis Vers avec Mathias Lévy (violon).

21h, Paris, Le Café Laurent: Quartet Ricardo Izquierdo, Christian Brenner, Yoni Zelnik & Pier Paolo Pozzi. Valeur sûre. Entrée libre.

Mardi 8 & mercredi 9 février, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Thomas de Pourquery & Supersonic. Cosmicomique! Hyperbolicsysquadelimystic! Superfunkycalifragisexy! Au moins.

Jeudi 10 février:

- 19h30, Paris, Le Sunside: Mauro Gargano Trio. La classe à l'italienne.

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: les 1001 Nuits du Jazz. Jazz et Java avec Vincent Peirani (accordéon), Johan Farjot (piano) & Raphaël Imbert (saxophone, MC). Spectacle pédagogique pour tout public.

Vendredi 11 & samedi 12 février19h, Paris, Le Sunside: Jean-Marc Foltz (clarinette) & Stéphane Oliva (piano) jouent Duke Ellington. Attention, fragile!

Vendredi 11 & samedi 12 février, 19h30, Paris, Le Baiser Salé: le duo Tricia Evy (chant) & Thomas Bramerie (contrebasse) joue & chante Ella & Louis (11), Billie Holiday (12).

Vendredi 11 février, 22h30, Paris, Maison de la Radio: Orchestre national de Jazz pour 2 créations mondiales. Ex Machina. En blanc and blue.

Samedi 12 février, 20h30, Paris, Le Sunside: Ricky Ford trio. Colosse du saxophone ténor. Cf photographie au dessus de cet article. 

Dimanche 13 février, 19h, Paris, Le Sunside: Enrico Pieranunzi trio. La classe à l'italienne.

Mardi 15 février, 20h, Paris, Le New Morning: Fred Wesley and the New JB's. Le tromboniste de James Brown. " Le Jazz est le Professeur. Le Funk est le Prêcheur " (Georges Clinton)

Mercredi 16 février, 20h, Paris, Le Bal Blomet: Les 1001 Nuits du Jazz. Stevie Wonder et le Jazz avec Raphaël Imbert (saxophone et MC). Spectacle pédagogique pour tout public.

Jeudi 17 février:

- 19h30, Paris, Le Sunside: In nomine melodiae. Trio mélodieux avec Nicola Sergio (piano), Mauro Gargano (contrebasse) & Christophe Marguet (batterie).

- 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Franck Amsallem Gotham Goodbye Quartet.

- 20h30, Paris, ECUJE: trio Charlier , Sourrisse, Winsberg. Tales from Michael. Hommage à Michael Brecker

- 20h30, Paris, Le Sunset: Sam Isaac quintet. Mélange Bénin & France. L'Afrique, c'est chic!

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Duo de chevaliers des touches entre Jozef Dumoulin & Benoît Delbecq.

- 20h45, Fontenay sous Bois (94), Le Comptoir: Diner concert avec le trio Zouk Out de Mario Canonge célébré sur ce blog.

Vendredi 18 février:

- 21h, Paris, Le 38Riv: Hatty Kate trio. Du Swing à l'ancienne en toute fraîcheur.

- 21h30, Paris, Le Sunside: duo d'élégance entre Pierre Christophe (piano) & Hugo Lippi (guitare).

Samedi 19 février:

- 18h, Paris, Le Sunside: Every day is Monk's day. Parce que Thelonious Sphere Monk est mort en 1982. Stéphane Tsapis (piano), Jean-Charles Richard (saxophones) & Mathias Lévy (violon)

- 18h30, Paris, Le 38Riv: Crafting Quintet. La jeune garde du Jazz français.

- 19h30 & 21h30, Paris, Le Duc des Lombards: Oliver Temime sextet Inner Songs avec Emmanuel Bex (orgue Hammond)

- 20h30, Paris, Le Sunside: Watershed quartet avec Christophe Panzani (sax), Tony Paelman (Rhodes), Pierre Perchaud (guitare) & Karl Jannuska (batterie). Show devant.

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: duo de chevaliers des touches entre Benjamin Moussay & Pierre de Bethmann (pianos).

Lundi 21 février:

-  19h30, 21h & 22h30, Paris, Le Duc des Lombards: Simon Moullier trio. Entrée libre. A découvrir.

- 20h, Paris, La Rhumerie: Michele Scandroglio Quintet avec Tony Tixier (piano) & Hermon Mehari (trompette). Entrée libre. A découvrir.

Mercredi 23 février, 21h, Paris, Café Laurent: duo Robin Mansanti (trompette, chant) & Dexter Goldberg (piano). La classe à la française. Entrée libre.

Vendredi 25 février:

- 19h, Orléans (45), Salle de l'Institut: Solo Faces par Jean-Charles Richard (saxophones).

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Singular Insularity. Le quintette d'Olivier Ker Ourio fait dialoguer les îles de l'Océan Indien (La Réunion & Maurice) et de la Mer des Caraïbes (Cuba, Guadeloupe, Martinique). Cf vidéo sous cet article.

- 21h30, Paris,  Le Sunside: Every day is Monk's day. Parce que Thelonious Sphere Monk est mort en 1982. Stéphane Tsapis (piano) avec un trio de chanteuses (Lynn Adib, Camille Bertault, Monika Kabasele) , Marc Buronfosse (contrebasse) & Guilhem Flouzat (batterie)

Vendredi 25 et samedi 26 février, 20h, Paris, Le New Morning: Umlaut Big Band joue Mary Lou Williams. Un orchestre et un programme déjà acclamés sur ce blog.

Samedi 26 février:

- 20h30, Paris, Le Sunside: Tribute to Chet Baker avec Robin Mansanti (trompette, chant), Alain Jean-Marie (piano) & Jean Bardy (contrebasse).

- 21h, Paris, Café Laurent: quartette de Yoann Loustalot (bugle). Entrée libre. La classe à la française.

Samedi 26 février à 20h30, dimanche 27 février 16h, Orléans (45), Théâtre d'Orléans: Saxophonique avec l'orchestre d'Orléans et Jean-Charles Richard (saxophones. Au programme, des compositions de Martial Solal, Aaron Copland, Darius Milhaud, Jean Martinon. 

Lundi 28 février:

- 19h30, 21h & 22h30, Paris, Le Duc des Lombards: Neil Saidi & Noe Codjia Quintette. Entrée libre. A découvrir

- 20h, Paris, La Rhumerie: Jab Trio invite Adèle Salomé (violon). Entrée libre. A découvrir.

La photographie de Ricky Ford est l'oeuvre du Tonitruant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. ,

Partager cet article
Repost0

Blazin Quartet invite Magic Malik pour un Cinq majeur au Baiser Salé

Publié le par Guillaume Lagrée

Magic Malik par Juan Carlos HERNANDEZ

Magic Malik par Juan Carlos HERNANDEZ

Blazin Quartet 

invite

Magic Malik

Le Baiser Salé

Paris, Ile de France, France

Mardi 18 janvier 2022, 21h30

 

Le Blazin Quartet est composé de

Srdjan Ivanovic: batterie, composition, direction

Yoni Zelnik: contrebasse

Manu Codjia : guitare électrique

Invité:

Magic Malik: flûte

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, ce blog vous a déjà chanté les louanges du Blazin Quartet pour son album " Sleeping Beauty " qui fait partie de mon Meilleur du Jazz pour 2021 et pour un concert de sortie à Paris, au Sunset, le 10 juillet 2021. 2022  à peine commencé, j'y retourne déjà pour un nouveau concert à Paris, au Baiser Salé cette fois. Pour ceux qui ne connaissent pas ces lieux, les deux clubs sont voisins au 60 et au 58 de  la rue des Lombards, 75001 Paris, France. A la fin du XVIII° siècle, c'était la rue des confiseurs. Depuis la fin du XX° siècle, c'est celle du Jazz, autre sucrerie mais sans dommage pour la santé.

Le concert était annoncé à 21h30 mais, sur place, il est annoncé à 22h. Par sens du compromis, le groupe commence à 21h42. Très bonne vague groupée d'emblée. Balai dans la main droite et baguette dans la main gauche du batteur. Magic Malik chante dans sa flûte. Ca commence à décoller avec le chant d'oiseau de la flûte qui vole au dessus de la rythmique. Le batteur, aux baguettes, martèle doucement. La guitare grogne sans foncer. La contrebasse impulse et la flûte vole, vole, vole. Solo de guitare avec la chaleur propre à Manu Codjia. Des sons parasites sortent de son ampli. Des petits crachements qui viennent parasiter la ligne directrice du soliste. C'était un nouveau morceau pas encore enregistré " Fifi ".

Un autre nouveau morceau," Résistance ". Srdjan Ivanovic présente groupe et compositions en français avec un sympathique accent balkanique. Manu Codjia en profite pour régler sa panoplie électronique. Gros son de contrebasse qui bondit sous les doigts de Yoni Zelnik, souligné par la guitare et la batterie en boucle. Le groupe sonne. Rondeur de la contrebasse, fluidité de la flûte. Une sorte de marche mais pas militaire du tout. Ca sonne bien balkanique dans le rythme. Encore des sons parasites pour la guitare. Solo de trompette poussé par contrebasse et batterie. Un technicien est demandé d'urgence auprès du guitariste. La trompette déploie son souffle. Manu Codjia bricole. Dans un tout autre genre de musique, je me souviens du concert en solo d'Ivo Pogorelich à Rennes au TNB en 1986. En plein concert, le piano fit: " Plonk ". Une corde venait de lâcher sous la pression. Imperturbable, Pogorelich a poursuivi son concert ponctué de " Plonk " à chaque fois qu'il frappait cette corde trop sensible. Inoubliable. Ce soir, le problème est plus facile à résoudre. La guitare revient sans dommage apparent. La rythmique poursuit sur sa lancée et la guitare joue sans perturbation. 

" Sleeping Beauty ". Le titre album. Cf extrait audio au dessus de cet article. " Dédié à ma femme qui est là d'ailleurs ". Nous applaudissons Madame Ivanovic. " Ma (sic) épouse. Femme, c'est trop sexiste ". Rires approbateurs du public. Une très belle ballade qui décrit bien le regard amoureux de Sdrjan Ivanonic sur son épouse qui dort. Un sentiment que j'ai bien connu. Maintenant que tout fonctionne, Manu Codjia ajoute des effets de réverbération. Magic Malik quitte la scène. Solo de trompette mélancolique en diable. Batteur aux baguettes. Avec les effets, le son du solo de guitare se prolonge, s'étire. Dialogue chaotique mais maîtrisé entre trompette et guitare, soutenu par la contrebasse et secoué par la batterie. La trompette sonne le retour au calme et au thème.

Magic Malik revient sur scène pour " Rue des Balkans ". Cf vidéo sous cet article. Magic Malik introduit le morceau en solo. Le batteur tripote ses tambours à mains nues. La trompette arrive doucement. La contrebasse ajoute sa pulsation. La guitare la sonne; Ca sonne balkanique en diable. Un mélange subtil entre Orient et Occident. Je bats la mesure de la jambe gauche. Mon voisin de droite et ma voisine de gauche tapent des mains sur leurs cuisses. Bref, ça marche. Ca pulse de plus en plus. Contrebasse et batterie tiennent la ligne et tracent la route pendant que la guitare tourne autour. Avec mordant mais sans agressivité. Manu Codjia chantonne son air. Il est dedans. Nous aussi. Sans les parasites du début, ça sonne beaucoup mieux, forcément. Solo de flûte qui vole au dessus de l'ancrage fourni par la contrebasse et la batterie. La guitare vient ajouter une pulsation supplémentaire. La trompette, une couche de douceur.

PAUSE

 

Pas de flûte. La trompette lance le fameux thème d'Ennio Morricone. " L'uomo col'armonica " in " C'era una volta nel Ovest " di Sergio Leone. La guitare ajoute un son glacial. Batteur aux balais. Le thème est bien reconnaissable dans le solo de guitare même si Manu Codjia le triture à sa façon. Batteur aux baguettes. La tension monte doucement mais sûrement. La trompette vient ajouter la sonnerie aux morts. " On espère que Morricone ne se retourne pas dans sa tombe " conclut Sdrjan Ivanovic. 

Magic Malik remonte sur scène. Un nouveau morceau . Une première mondiale en concert. " Kapethan Mikalis ". Un hommage au roman de Nikos Kazantzakis (1883-1957) " La liberté ou la mort ", récit de la guerre d'indépendance de la Crète face à l'Empire Ottoman. Gros Les tambours roulent sous les baguettes. Le quintette démarre. Bonne vibration commune. Solo de guitare métallique à souhait bien poussé par la contrebasse et la batterie. Ca joue, nom de Zeus!

Solo de flûte pour commencer. En jouant et grognant. Le batteur tapote doucement ses tambours. Atmosphère étrange. Magic Malik crée des effets sonores avec des vibrations de ses doigts. Ca sonne quasi indien. La trompette ajoute un bourdon. La guitare commence par improviser par dessus. Le quintette entame une sorte de marche orientale. Ca s'organise et se rapproche d'un thème de l'album " Sleeping Beauty ". Magic Malik chante dans sa flûte. Solo de contrebasse qui déroule bien poussé par la contrebasse qui imprime un tempo régulier que le batteur hache menu aux baguettes. La guitare ajoute une deuxième pulsation. Retour au thème. Magic Malik chante franchement l'air sur un ton assez haut.

Solo de Sdrjan Ivanovic aux maillets pour commencer. Tout en douceur. Il fait sonner. La guitare ajoute un chant plaintif. Flûte, contrebasse et trompette entrent majestueusement. Solo de contrebasse doucement soutenu par le batteur aux balais. Une marche lente. Solo de guitare au sein du quintette. Ca balance tranquille. Batteur aux baguettes. Le quintette reprend cette splendide marche. Après avoir réparé son ampli au 1er set, Manu Codjia doit changer une corde de sa guitare au 2e. Tels sont les aléas du direct, lectrices attentives, lecteurs exhaustifs. Le quartet poursuit sa route. Grosse pulsation de la contrebasse dans le ventre du batteur aux baguettes dans la tête. La trompette grogne, la flûte chante. Comme un joueur de tennis après avoir cordé sa raquette, Manu Codjia repart. Lui aussi vérifie la tension des cordes et se remet à jouer. Ca pulse terrible. La guitare tranche dans le vif. Retour à un joli thème à 5 en decrescendo pour finir.

J'ai entendu 2 morceaux mais il y en avait 3. " Gutchi " (clin d'oeil à la marque de luxe italienne), " Le voyage d'Alia " (hommage à Ivo Andric, 1892-1975, prix Nobel de littérature 1961, dont je recommande " Le pont sur la Drina ", livre indispensable pour comprendre la Bosnie-Herzégovine, pays natal de Sdrjan Ivanovic), " Marina's song " ( " On oublie car ce n'est plus d'actualité " précise le batteur compositeur dont l'épouse est présente dans la salle. Elle ne s'appelle pas Marina)

" Sweet home ? " Un nouveau morceau dont je n'ai pas capté le titre en entier. " C'est bien. On est gâté " commente une spectatrice ravie de ces découvertes musicales. Manu Codjia met en marche les effets pour faire tourner le son en boucle. Contrebassiste et batteur jouent à mains nues. Ca marche doucement. Je bats la mesure de la jambe gauche. Par dessus sa boucle (loop in english), Manu Codjia improvise et c'est beau. Ca ressemble à un thème de l'album. Le quintette repart. Solo de flûte orientalisant avec contrebasse et batteur aux baguettes qui marquent un thème régulier et mouvant. La guitare vient s'ajouter dessus en douceur. Pas tout à fait le thème de l'album " Sleeping Beauty " mais bien proche. Pour finir, Manu Codjia lâche les chevaux bien poussé par la rythmique. Beaucoup plus rock, plus puissant mais en contrôle. Il chante son air. Fin nette.

PAUSE

Le quintette reviendra pour jouer 2 morceaux en conclusion mais j'ai ma dose de beauté pour la soirée. La chronique est donc finie.

 

La photographie de Magic Malik Mezzadri est l'oeuvre de l'Aérien Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

 

Partager cet article
Repost0

Bloom, brelan de Dames, joue et gagne au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Bloom

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Samedi 15 janvier 2022, 22h

 

Bloom était composé pour ce concert de

Mélina Tobiana: chant

Laurence Ilous: chant

Léa Castro: chant

Arthur Henn: contrebasse

Ariel Tessier: batterie

Invité

Antoine Delprat: piano

 

Lectrices attentives, lecteurs extensifs, ce blog vous a déjà chanté les louanges du trio vocal féminin Bloom pour son album " Dièse 1 " (2019) et en concert à Paris, au Duc des Lombards,  le 4 octobre 2019. Plus de deux ans après, j'y retourne.

Une voix chante, les deux autres font le choeur. Contrebasse et batterie en soutien. Cela suffit. Bloom chante sans trucage une chanson joyeuse qui swingue. Le chant accompagne les montées et les descentes du solo de contrebasse, poussé par le batteur. " Make me dance " (Melina Tobiana).

Une chanson écrite pour un garçon qui l'a quitté juste après. Une chanson d'amour, joyeuse tout de même. Manifestement, ce dossier est classé. Ca swingue toujours avec plein de " Baby " affectueux.

" The shape of my heart " (Sting). Charmante ballade joliment traitée. Batteur aux balais. Les 3 Dames chantent ensemble, scattent ensemble. 

Antoine Delprat est invité au piano alors que sur l'album " Dièse 1 ", cet homme est invité au violon. Il s'adapte aux volontés de ces Dames. Le batteur passe aux percussions si j'entends bien. Pianiste romantique en diable. Une ballade. Le trio chante en balançant doucement. Le batteur tapote ses tambours à mains nues.

Une composition d'Antoine Delprat avec des paroles de Léa Castro. " The road ". Ca avance bien sur cette route. Ariel Tessier joue à main gauche nue et avec une baguette dans la main droite. Ca suggère bien la route au rythme des voitures. Les chanteuses sortent de scène. A la rythmique de se défouler. Bonne montée en puissance sans excès de vitesse. Elles reviennent faisant tourner des phrases en boucle bien poussées par la rythmique. Puis la chanson de la route reprend.

" Drinking and driving " (Antoine Delprat). Chanson qui n'a pas encore été retenue dans les campagnes de la Sécurité routière. Il est vrai qu'elle est en anglais. Il faudrait une version française pour la Sécurité routière. Plutôt funky. Les Dames de Bloom maintiennent le doo woop, le scat, le style vamp sans se prendre au sérieux. Grâces leur en soient rendues. 

Le pianiste quitte la scène sous les applaudissements. Démarrage vocal avec de charmants wouh wouh. Contrebassiste et batteur aux baguettes pulsent bien. Une chanson d'amour énergique. Solo de batterie plutôt latino. J'entends des timbales. Le contrebassiste ajoute sa pulsation. les voix s'y mettent. Muy Caliente!

" Shadows and fog ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Solo de contrebasse pour commencer. Méditatif à souhait. En pizzicato. Vibration élégante. Le batteur s'ajoute doucement faisant vibrer les cymbales aux balais. Jolie ballade qui balance doucement entre ombres et brouillard. Douce nostalgie. Rien de triste là dedans.

" Dièse  1 ". Chanson joyeuse, doucement rythmée. Avec des palmas de ces Dames.

Contrebasse. Batteur aux balais. Tchik, tchik prolongé par les voix de ces Dames. Une chanson brésilienne. Un classique de la Samba. Chanté par des Françaises et joué par des Français. Todo bem! Ca le fait. Ma jambe gauche bat la mesure ce qui n'était pas arrivé jusqu'ici. Ma voisine de gauche danse sur son fauteuil.

Hommage aux grandes chanteuses en commençant par The First Lady of Soul, Miss Aretha Franklin (1942-2018). Rythme du train. Un classique de la musique noire américaine. " Ma musique, c'est un train lancé à toute allure. Mes paroles, c'est ce que je vois par la fenêtre " (Chuck Berry). Une chanson d'amour humain. Elle attend son homme à la gare. D'où le rythme du train. Là aussi ma jambe gauche bat la mesure. Très efficace.

" Throw it away " (Abbey Lincoln). Je me souviens d'Abbey Lincoln (1930-2010) en concert. En rappel, elle était revenue seule sur scène chanter a capella " Tender as a rose " comme sur son album " With the Riverside Jazz Stars " (1957) que je possédais déjà. Inoubliable. " Throw it away " est une belle chanson sur le lâcher prise. Rejeter au loin les mauvais souvenirs. Batteur aux balais. Très belle ballade. Ariel Tessier passe aux baguettes. La tension monte doucement. Les voix la font monter puis redescendre. Batteur aux balais. Merci à Bloom de faire vivre Abbey Lincoln.

Une chanson créole. Batteur à mains nues sur les tambours. Solo de batterie aux baguettes faisant chanter les tambours sur un rythme caribéen. La contrebasse remet sa pulsation.

" Don't cry for Louie ". Cf vidéo sous cet article d'une version enregistrée en concert au Duc des Lombards en décembre 2019. 10 ans qu'elle chante cette chanson et maintenant son mec s'appelle Louis. Comme il est au premier rang, elle lui met un petit coup de pression en direct: " J'espère n'avoir jamais à pleurer pour toi ".  " Girls don't cry for Louie cause Louise won't cry for You ". Joyeuse chanson féministe.

RAPPEL

Un classique du Jazz avec instruments: " Do nothing till You hear from me " qu'affectionnait Ella Fitzgerald, the First Lady of Song. Puis un classique du Gospel chanté a capella par tous, musiciens compris, sans instrument " Let it shine ". 

Ma charmante voisine de gauche vient d'Etrechy (91) où elle organisera un festival de Jazz en mai. Bloom sera au programme samedi 14 mai 2022 à 20h30 à l'Espace culturel Jean Monnet d'Etrechy.

Partager cet article
Repost0

Olga Amelchenko Quintet en 3 sets gagnants au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Olga Amelchenko Quintet

Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Mardi 11 janvier 2022, 19h30

 

Olga Amelchenko: saxophone alto, compositions, direction

Chantal Wassy: chant

Tony Tixier: piano

Viktor Nyberg: contrebasse

Nicolas Charlier: batterie

Invité

?: saxophone ténor

Après Olga Amelchenko, comme membre de l'Embodi Jazz ensemble de Leon Parker, en concert à Paris au Sunside le 22 décembre 2021, il est temps pour moi de retrouver au Duc des Lombards, Olga Amelchenko, à la tête de son quintette pour comparer avec un concert d'avant le 1er confinement, le 25 février 2020, au Sunside

Démarrage en douceur. Batteur aux maillets. La contrebasse impulse doucement. Son prolongé du sax alot. Olga fait durer les notes. Le piano habille l'ensemble. ca s'agite. Batteur aux baguettes. Charlotte Wassy chante une mélopée sans paroles. La musique s'étire. Voix et saxophone montent en puissance,La rythmique se regroupe et impulse. 

La contrebasse grogne doucement sous l'archet de Viktor Nyberg. Quelques notes de piano. Ambiance très calme, retenue. Puis, en pizzicato, la contrebasse impulse en douceur. Batteur aux maillets. Tony Tixier emballe l'ensemble au piano. Voix et saxophone mêlent à nouveau leurs chants. de façon légère et fluide. Charlotte ne chante pas des paroles mais des notes. Solo de sax bien poussé par la rythmique. Olga Amelchenko est venu de la Russie (Sibérie) à Paris en passant par Berlin. Profitons en avant que New York ne la captive. La rythmique trace sa route. Le quintette repart avec le chant des deux Dames, voix et sax alto mêlés.

C'était " Khakasia ", une République de Russie en Sibérie occidentale. Cf extrait audio au dessus de cet article. Un paradis naturel dont Olga Amelchenko est nostalgique. Elle doit se sentir bien à l'étroit à Paris. Elle nous explique qu'elle est arrivée à Paris, il y a 2 ans et demi, juste avant la pandémie de Covid. Elle a rencontré les musiciens de ce groupe dans les jam sessions (boeufs en français) au Duc des Lombards. Elle voulait une voix et c'est Charlotte Wassy qu'elle voulait. Personne d'autre. Quelqu'un lui avait dit que Charlotte vivait à New York. Elle ne lui a donc pas demandé d'entrer dans son groupe jusqu'à ce Tony Tixier lui apprenne que Charlotte vit à Paris. Et le quintette est né. 

Morceau sans titre. Olga nous demande de lui en proposer. Joué en quartette. Charloette Wassy a quitté la scène. Gros son de l'alto, pas loin d'un ténor. Batteur aux baguettes. Morceau mouvementé. Ce gros son n'est pas dû qu'au micro. Olga Amelchenko sait le projeter. Premier solo de contrebasse. Viktor Nyberg chante avec son instrument. Le batteur ponctue légèrement aux baguettes. Le pianiste nappe de jolies notes. Retour au quartet qui envoie bien jusqu'au decrescendo final.

Un invité au saxophone ténor dont je n'ai pas du tout capté le nom et le prénom. Le titre " Dwarf escalator " (" Ascenseur nain ") en clin d'oeil à " Giant Steps " ( " Pas de Géant ") de John Coltrane. Alors élève du Jazz Institut de Berlin, son professeur de composition lui avait dit, en écoutant sa composition: " Whaouah! Tu as composé ton " Giant Steps " ! " Effectivement, il y a de cela dans les enjambées de note en note. Le duo de saxophones fonctionne bien. Chant & contrechant. Fusionnel. Ca tourne et monte. Solo de ténor. Elle le laisse jouer avant de rafler la mise. Après le solo de ténor, Olga remet brièvement son thème en place. Puis à la rythmique de jouer sous la conduite de Tony Tixier. Nicolas Charlier chauffe aux baguettes en réponse aux envolées lyriques du pianiste alors que la contrebasse tient la pulsation. Petit retour au thème. Olga joue le dernier solo. Normal, c'est elle la patronne du groupe et la compositrice du morceau. Le piano s'efface pour un soutien puissant de la contrebasse et de la batterie. La rythmique repart au complet pour propulser l'alto vers le haut. Ca décolle!

Première chanson où Charlotte chante des paroles. En anglais. " I wish You were here " mais rien à voir avec la chanson des Pink Floyd. Ils n'étaient pas indifférents au Jazz. Voici les Pink Floyd jouant et chantant Wish You were here avec Stéphane Grappelli (violon). C'est une ballade tout à fait classique. Cf vidéo sous cet article. Batteur aux balais. La contrebasse ronronne. Le piano est sentimental. Les saxophones jouent un air plaintif et mélancolique. Solo voluptueux du sax alto. Le piano enchaîne dans la même ambiance. Chanson triste jusqu'au bout. 

Un petit Blues funky pour finir ce premier set. Bien installé par la contrebasse et la batterie. Charlotte chante en anglais. Olga nous prévient que les meilleures compositions sont jouées au 2e set. Je parie qu'elle dira la même chose du 3e set à la fin du 2e. Les saxophones sonnent tour à tour. Bel échange. 2e solo de contrebasse en pizzicato. Batteur aux maillets pour tapoter les tambours. Solo de sax ténor sinueux et charmeur à souhait. Olga ajoute son contrechant. Ca joue, nom de Zeus! Solo vocal puis le groupe reprend en quintette augmenté. Batteux aux baguettes. Ca remue bien. Bon groupé pour le final. La chanteuse répète les paroles en boucle et le groupe tourne. 

Ce soir, entrée libre au Duc des Lombards. Le groupe joue 3 sets et le public change à la pause. Je discute avec mon voisin, Michael, un Irlandais, de la vraie Irlande me précise t-il, ingénieur du son qui vient de s'installer à Paris près de 30 ans après un précédent séjour. Il manquait de Jazz en Irlande et parle un excellent français avec accent. Michael a apprécié et reprend son vélo pour aller à un autre concert dans un autre club, le 38 Riv

Prochain concert d'Olga Amelchenko à Paris , jeudi 10 mars 2022, au Sunside. Lectrices vénérées, lecteurs vénérables, suivez cette femme.

Partager cet article
Repost0

" Métamorphoses " Olivier Calmel Double Celli

Publié le par Guillaume Lagrée

Antoine Banville par Juan Carlos HERNANDEZ

Antoine Banville par Juan Carlos HERNANDEZ

" Métamorphoses "

Olivier Calmel

Double Celli

KLARTHE

Sortie digitale le vendredi 4 février 2022

Sortie physique le vendredi 18 février 2022

Concert de sortie à Paris, en France, au Studio de l'Ermitage,

le jeudi 31 mars 2022 à 20h30

 

Olivier Calmel: piano, compositions

Johan Renard: violon

Frédéric Eymard: alto

Xavier Phillips: violoncelle

Clément Petit: violoncelle

Antoine Banville: batterie & percussions

 

Lectrices exhaustives, lecteurs extensifs, il n' a pu vous échapper que ce blog  vous a déjà chanté les louanges du groupe Double Celli du pianiste et compositeur français Olivier Calmel: en studio avec l'album " Immatériel " (2017) et sur scène à Paris, au Café de la Danse (2017). Je vous ai aussi vanté les mérites de son album " Cinematics " (2012) où figure le morceau " Intuitions ". 

En 2002, il est temps pour vous de retrouver le groupe Double Celli (2 violoncelles, 1 violon, 1 alto cela fait bien un quatuor à cordes) encadré par le piano du compositeur et la batterie et les percussions d'Antoine Banville. Cf photographie au dessus de cet article. Et de retrouver " Intuitions " (4) dans une autre version.

" Métamorphoses " c'est le titre de l'album et son morceau d'ouverture. Cf extrait audio au dessus de cet article. Cela définit bien le projet musical poursuivi par Olivier Calmel et ses complices.

Le Jazz avec cordes, à mon goût, c'est souvent raté. Sauf Stan Getz mais Stan Getz jouait du violon au saxophone. Il était d'ailleurs surnommé, outre The Sound, le Sacha Heifetz du ténor.

Oliver Calmel est issu d'une solide formation classique transmise par le Conservatoire et par son père, le compositeur Roger Calmel(1920-1998) à qui cet album rend de nouveau hommage. Ses photos figurent dans la vidéo sous cet article. Avec d'autres Maîtres, les Russes Serge Prokofiev et Igor Stravinsky, les Hongrois Bela Bartok et György Ligeti.  Olivier Calmel sait orchestrer des cordes. Sans mièvrerie ni sucrerie. 

Avec énergie comme dans le " Scherzo sostenuto " (2)avec une tension qui ne cesse que quand le morceau s'arrête. Avec les rythmes d'Europe de l'Est comme dans la " Rhapsodie bulgare " (3). Mais il sait aussi nous caresser sans nous flatter avec " Intuitions " (4) précité.

Les cordes savent même sonner comme des cuivres dans " Fanfares à Double Cinq " (5). Les percussions sont apportées tant par le piano que par la batterie et les percussions elles mêmes.

Cette musique swingue trop pour être de la musique contemporaine. La pulsation rythmique s'entend ce qui fait horreur aux adorateurs du Dodécacophonique. C'est très savant mais cela reste dansant. Par exemple " La rage de Bali " (6).

En musicien venu du Classique, Olivier Calmel se doit de rendre hommage à l'Italie à qui nous devons le système de notation musicale adopté en Occident (portées et notes) et les expressions qui marquent les impressions sur les partitions (allegro, scherzo, sostenuto, andante, assai, etc). En fait, un musicien occidental qui prétend lire et écrire la musique devrait savoir lire et écrire l'italien. Même Richard Wagner est mort à Venise. Pour payer sa dette au final.

Olivier Calmel paie ses dettes à l'Italie avec le " Scherzo sostenuto " (2) et la " Festive Toccata " (10) qui vient conclure l'album " Métamorphoses ". Mais, avant cela, il rend hommage au Palio de Sienne en Toscane avec " Il Palio ouverture " (8) et " Il Palio " (9). Le défilé des chevaux et des bannières, la course, la passion de la foule, touristes et locaux mêlés, tout y est.

Tant par le titre que par le thème musical, " Séquence II " (7) ne serait-il pas un clin d'oeil à Martial Solal et à la " Séquence tenante " qui ouvre l'album préféré de Martial Solal , " Sans tambour ni trompette " (1970), titre qui figure dans mon émission de janvier 2022 sur Couleurs Jazz Radio? Pour poursuivre la réflexion, lectrices exhaustives, lecteurs extensifs, je vous renvoie à la rencontre que j'avais organisé en janvier 2012 entre Martial Solal, Eric Ferrand N'Kaoua et Olivier Calmel autour de la figure d'André Hodeir (1921-2011).

Vous l'aurez compris, lectrices extensives, lecteurs exhaustifs, l'album " Métamorphoses " du groupe Double Celli d'Olivier Calmel est d'une insondable richesse. Plusieurs écoutes ne suffisent pas à en épuiser les charmes. Le jeu des cordes m'enchante. Le piano habille l'ensemble mais la touche finale, c'est Antoine Banville qui l'apporte avec sa finesse et sa précision habituelles. Je n'imagine pas un autre batteur pour ce groupe. Olivier Calmel non plus. Tant mieux pour nous.

La photographie d'Antoine Banville est l'oeuvre du Percutant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Partager cet article
Repost0

RECLAME: V & B Fest lance le plus grand tremplin musical de France

Publié le par Guillaume Lagrée

RECLAME

 

https://campaign-image.eu/zohocampaigns/49169000006803261_1_1639735430049_zc-noimage.png

 

 

 

 

V AND B FEST’ LANCE LE PLUS GRAND TREMPLIN MUSICAL DE FRANCE !

 

 

 

 

Un tremplin musical ouvert à tous en amont du V and B Fest'

 

 

 

Paris, le 6 janvier 2022 – Après une première édition réussie en 2019, le V and B Fest’ voit plus grand et lance son tremplin musical. A la clé ? Jouer sur la scène du V and B Fest’ les 26, 27 et 28 août 2022 pour les deux artistes gagnants. Une chance unique pour les jeunes talents de se faire connaitre et jouer aux côtés des plus grands noms de la musique actuelle tels que Martin GarrixOrelsanSexion d’Assaut ou encore L’Impératrice.

 

 

 

Dès le 17 janvier 2022, les artistes et groupes souhaitant participer à ce tremplin inédit pourront s’inscrire en ligne via SmartMusicTour, la toute première plateforme mettant en relation artistes et lieux pour se produire sur scène partout en France. En parallèle, et jusqu’au 27 février, les magasins V and B participants sélectionneront parmi les inscrits 3 artistes chacun.

 

Au total et à l’occasion de la première étape, plus de 150 magasins V and B accueilleront de jeunes artistes locaux lors de la Semaine Musicale du Tremplin V and B Fest’. Ce sont 3 jours de concerts à travers tout le territoire mettant en scène plus de 450 artistes qui font de ce rendez-vous le plus grand tremplin musical de France ! A l’issue des différentes phases de vote, 6 finalistes seront désignés. Ils auront alors la chance de performer devant un jury professionnel comptant notamment Ludovic LARBODIE (directeur du Festival Garorock) chargé de les départager afin de désigner les 2 gagnants.

 

https://campaign-image.eu/zohocampaigns/49169000006803261_zc_v30_1639672190336_vandb_fest_tremplin_affiche_generique_ok.jpg
 

 

Les étapes du Tremplin V and B Fest’ :

 

  • Du 17 janvier au 13 février : inscription des artistes via la plateforme SmartMusicTour
  • Du 17 janvier au 27 février : sélection des artistes par les magasins V and B participants
  • 31 mars, 1er et 2 avril : Semaine Musicale du Tremplin V and B Fest’ – un artiste ou groupe se produira chaque soir, soit 3 artistes par magasin participant
  • Du 31 mars au 6 avril : vote du public et des magasins V and B participants
  • 8 avril : annonce du Top 150
  • Du 8 avril au 15 avril : vote du jury interne
  • 21 avril : annonce du Top 30
  • Du 21 au 28 avril : vote du jury professionnel et du public
  • 29 avril : annonce du Top 6
  • 14 mai : Finale Live avec vote du jury professionnel et annonce des 2 gagnants

 

 

Les dotations du Tremplin musical V and B Fest’ :

 

  • Une carte cadeau de 200 euros pour l’ensemble des artistes participants à la Semaine Musicale, à valoir au sein des magasins V and B et couvrant notamment les frais d’abonnement à SmartMusicTour.
  • Les artistes du TOP 6 auront la chance de se produire devant un jury de professionnels comptant notamment Ludovic LARBODIE (directeur du Festival Garorock) et se verront remettre un chèque de 1 000 euros.
  • L’artiste en seconde marche du podium aura la possibilité de se produire au sein du village du V and B Fest’.
  • Le grand gagnant ouvrira le festival pour son édition 2022, mais pourra également enregistrer son EP et bénéficier de 5 jours de résidence.

 

Avec ce tremplin, c’est un véritable soutien aux artistes locaux que met en place V and B. Dans un contexte morose et après des mois difficiles pour le secteur culturel, l’enseigne de cave et bar reste fidèle à ses valeurs et implique l’ensemble de son réseau national pour fédérer, rassembler et engager les clients à travers tout le territoire.

 

 

 

 

 
 

 

A propos de V and B :

En 1998, les deux épicuriens Jean-Pierre Derouet et Emmanuel Bouvet partagent un bâtiment au Mans (72). Le premier exploite une cave à vins, et le second une cave et un bar à bières. Comme bien souvent, les grands esprits se rencontrent : une amitié naît et l’idée de réunir leurs produits dans un même lieu germe rapidement. Un mur tombe, les 2 magasins fusionnent et voici que naît en 2001 le premier magasin V and B à Château- Gontier (53). L’objectif de ce nouveau concept est simple : anoblir la bière et démocratiser le vin.

20 ans plus tard, avec 250 adresses sur tout le territoire, V and B s’attache à conserver son ADN d’origine : simplicité, convivialité et proximité. Promesse tenue !

 

 

A propos de SmartMusicTour :

SmartMusicTour est la toute première plateforme qui met en relation artistes amateurs ou professionnels avec des lieux qui permettent de se produire en live et sur scène : bars, restaurants, cafés concert, lieux éphémères, lieux de plus grandes envergures ou encore prestigieux « offs » de festivals. En résumé, SmartMusicTour c’est le site de rencontre entre musiciens et lieux pour se produire sur scène partout en France.

Partager cet article
Repost0

" The Half-Breed " ciné concert à la Fondation Jérome Seydoux - Pathé

Publié le par Guillaume Lagrée

"The Half- Breed "

( " Le Métis ")

film d'Allan Dwan (1916)

avec Douglas Fairbanks

Fondation Jérôme Seydoux - Pathé

Paris, Ile de France, France

Mardi 4 janvier 2022, 19h

 

Bienvenue à la 62e abonnée de ce blog. Que les Dieux et les Muses la protègent!

 

Louis Sclavis: clarinettes, harmonica, flûte

Benjamin Moussay: piano, clavier électrique

" The Half Breed " est un film de 1916 si moderne qu'il fut un échec à son époque et nous parle encore aujourd'hui.

Douglas Fairbanks y joue un métis de père Blanc et de mère Cherokee, abandonné à la naissance (son père ne le reconnaît pas et sa mère se suicide), recueilli par un Blanc, naturaliste âgé qui vit dans la forêt de Californie et élève son fils adoptif comme un Indien tout en lui apprenant à lire, écrire et compter comme un Blanc.

A la mort de son père, chassé par les Blancs, il entame une vie d'errance, rencontre deux femmes blanches qu'il séduit toutes deux, des femmes aux personnalités riches et complexes, une blonde vaporeuse bien plus maligne qu'elle ne le fait croire à ses admirateurs, fille de pasteur et une brune qui ne se laisse pas faire (elle poignarde le sheriff (père biologique du héros) et le charlatan, vendeur de potion magique, dont elle est l'associée.

Un Blanc idiot et alcoolique vaut toujours plus qu'un Indien intelligent et sobre. Un pasteur Blanc qui fait un sermon sur la tolérance refuse de venir en aide à une femme en détresse qui n'est pas de son église et en chasse le métis. Les Indiens eux sont ravagés par l'alcool, problème toujours d'actualité en 2022, la drogue s'y étant ajoutée. Dans le saloon, Blancs, Asiatiques et Noirs jouent aux cartes et boivent ensemble mais les Indiens sont en dessous de tous. Les sequoias géants de Californie sont magnifiquement filmés. L'incendie final est réel. Il n'y a pas de happy end. Ceci, joué et écrit dans un film de 1916! Pas étonnant qu'il ait échoué à l'époque d'autant plus que Douglas Fairbanks joue sobrement, sans ses cascades et sourires habituels. Jean Paul Belmondo, son disciple français, eut le même problème lorsqu'il joua " Le voleur " de Louis Malle puis " L'affaire Stavisky " d'Alain Resnais.

L'histoire de la reconstitution du film, fruit d'une coopération franco-américaine, est racontée dans la vidéo ci-dessous enregistrée au SFSFF: San Francisco Silent Film Festival. Réservée aux cinéphiles anglophones.

Mais, à San Francisco, les spectateurs n'ont pas eu la chance de voir le film accompagné en direct par Benjamin Moussay & Louis Sclavis. Ce grand délice était réservé à Paris et aux spectateurs de la séance lors du festival Douglas Fairbanks à la Fondation Jérôme Seydoux - Pathé le mardi 4  janvier 2022 à 19h. La musique est composée par Louis Sclavis. Mes notes prises dans l'obscurité de la salle de cinéma et en regardant le film sont absolument illisibles. Voici ce que j'ai retenu.

La musique souligne l'action. Elle ne la surligne jamais. Quand le héros a le Blues, l'harmonica vient ajouter sa note bleue au piano. Quand les chevaux galopent, piano et clarinette basse filent comme le vent.  Quand l'ambiance est plus légère, c'est au tour de la clarinette. Pour ajouter de l'étrangeté, il y a le clavier électrique de Benjamin ou la flûte de Louis, taillée dans une corne de chèvre corse. Après le ciné concert, Louis Sclavis m'a expliqué qu'il achète plein de bidules dont il se sert quand il a l'occasion. Il a acheté cette flûte chez un artisan de Piana, village dont les calanques sont classées au Patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Ce ciné concert était pour lui l'occasion d'en faire usage.

Madame L et moi sommes restés stupéfaits par la modernité et la puissance du film, la beauté et la finesse de son accompagnement musical par Louis Sclavis & Benjamin Moussay. Merci à la Fondation Jérôme Seydoux - Pathé de l'avoir organisé. A refaire.

 

Partager cet article
Repost0

Le Meilleur du Jazz en 2021

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices vénérées, lecteurs vénérables, tous mes voeux de santé et de félicité. En 2022, la flamme du Jazz ne s'éteindra pas!

Maintenant que l'an 2021 est une affaire classée, qu'en reste t-il concernant les albums de Jazz sortis entre le 1er janvier et le 31 décembre 2021?

Parmi ceux mentionnés sur ce blog, j'en retiens 5 en toute partialité et iniquité.

Mon classement sera très simple:

- album instrumental de l'année: Martial Solal " Coming Yesterday ". Cf extrait audio & photographie au dessus de cet article.

- album vocal de l'année: Jo Harrop " The heart wants "

- album orchestral et pour enfants de l'année: Orchestre national de Jazz " Dracula ". Cf vidéo sous cet article.

- album cosmopolite de l'année: Tomas Liska & Invisible World " Hope

- album voyageur de l'année: " Sleeper Train " par le quartet Chesnel - Chiffoleau - Loustalot - Pasqua

 

I. Album instrumental, en concert, en solo de l'année:

Martial Solal " Coming Yesterday ". Parce que c'est Martial Solal (1927), que son oeuvre comme compositeur et interprète est immense, qu'il s'agit de son dernier concert enregistré à Paris, salle Gaveau, temple du piano classique, le mercredi 23 janvier 2019, parce que j'ai eu le privilège d'assister à ce concert, parce que c'est un solo de piano qui sonne comme un orchestre au complet, qu'il soit philarmonique ou cuivré, parce que c'est le testament musical d'un Maître offert aux musiciens et aux mélomanes, parce que Martial Solal achève une oeuvre dont une pierre angulaire est un concert en trio à Paris, salle Gaveau en 1963,  parce qu'hier arrive avec demain dans cet album et que le passé, le présent et le futur s'y mélangent harmonieusement sans conditionnel.

II. Album vocal de l'année:

Jo Harrop " The heart wants ". Parce que cette Anglaise est une découverte pour moi, parce que Jo Harrop est une femme qui compose, chante, joue et interprète, parce qu'elle est une Femme et non pas un produit commercial, parce que j'ai un faible irrépressible pour les grandes brunes à la voix chaude, parce qu'elle sait varier les styles entre Jazz, Blues, Folk & Soul, parce qu'en écoutant son album je me suis reproché d'avoir raté ses concerts passés à Paris, parce que j'espère que le Brexit et la Covid ne l'empêcheront pas de venir chanter en France, à Paris et ailleurs, prochainement.

III. Album orchestral et pour enfants de l'année

Orchestre national de Jazz, " Dracula ". Parce que l'Orchestre National de Jazz est unique au monde, parce que le Jazz prend toute sa dimension en grand orchestre, parce que c'est le premier album pour enfants de l'ONJ, parce que c'est une réussite qui rafraîchit une histoire bien connue, parce qu'il est bon que les enfants initient les parents au Jazz, parce que le Jazz n'est ni mort ni même ringard, parce qu'il restera une musique vivante s'il intéresse la jeune garde, parce que j'ai envie de voir ce spectacle sur scène bien que je ne sois pas père de famille, parce que cette musique est faite pour toutes les générations de 6 à 666 ans.

IV. Album cosmopolite de l'année

Tomas Liska & Invisible World, " Hope ". Parce que je fais confiance au festival " Jazzycolors " pour découvrir des musiques nouvelles chaque année sauf annulation pour cause de pandémie mondiale, parce que je suis allé à ce concert sans jamais avoir entendu une note de Tomas Liska & Invisible World, parce que j'ai acheté l'album à la pause tant cette musique m'est devenue indispensable dès la première écoute, parce que le Swing Mitteleuropa de ce groupe est irrésistible à mes oreilles, parce que voir et entendre deux Tchèques, un Serbe et un Turc jouer & chanter ensemble à Paris en France, c'est un excellent antidote aux discours xénophobes qui pullulent, parce que l'Europe ne se résume pas à l'Union européenne, parce que ces musiciens ne renient rien de leurs origines et font vivre la pensée de Gustav Mahler, compositeur emblématique de la Mitteleuropa: " La tradition, ce n'est pas la vénération des cendres mais la préservation du feu ". 

Deuxième album cosmopolite pour " Sleeping Beauty " du Blazin Quartet de Sdrjan Ivanovic, né en Yougoslavie, grandi en Grèce pour échapper à la guerre, formé au Jazz aux Pays-Bas et qui vit en France aujourd'hui.

V. Album voyageur de l'année

Chesneel - Chiffoleau - Loustalot - Pasqua, " Sleeper Train ". Parce que par manque de temps, d'argent, de santé, de passeport, de test, de vaccin, il était compliqué de voyager en 2021; parce que 4 Français qui vous font faire le tour du monde en un album, c'est rare; parce qu'ambiances, climats, couleurs, mélodies, rythmes changent d'un morceau à l'autre sans changer de musicien ni d'instrument; parce que ce quartet prouve qu'avec une formule classique en jazz (piano, contrebasse, batterie, trompette & bugle), il est possible de faire du neuf; parce qu'au lieu de composer froidement des musiques fades, ils jouent avec chaleur des musiques savoureuses; parce que le seul morceau français de cet album vient de l'île de La Réunion; parce que ce quartet assure autant en concert qu'en studio.

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales 

Partager cet article
Repost0

Leon Parker Embodi Jazz Ensemble prend corps au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Leon Parker

Embodi Jazz Ensemble

Concert de sortie de l'album " The LEO "

40 ans du Sunset/Sunside

 

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Mercredi 22 décembre 2021, 21h

Leon Parker: batterie, percussions, chant, scat, souffle, discours

Valentin Ivol: percussions

Luca Fattorini: contrebasse

Tony Tixier: piano

Olga Amelchenko: saxophone alto & soprano

Agathe Iracema: chant

Invités:

Mélanie Dahan: chant

Chloé? : slam

 

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, ce blog vous a déjà chanté les louanges du batteur américain de Toulouse Leon Parker et de la saxophoniste russe de Paris, Olga Amelchenko. Tous deux en concert à Paris au Sunside. Les retrouver dans le même groupe et la même salle pour les 40 ans du Sunset-Sunside excitait ma curiosité ainsi que celle de Mme M-H. Je lui ai prêté l'album " Shaping Motions " d'Olga Amelchenko. Elle le conserve en lieu sûr, hors de ma portée. Ajoutez à ces deux là, une chanteuse franco-brésilienne, un pianiste français, un contrebassiste italien et un percussionniste français, le mélange promettait d'être coloré et pimenté. Il le fut au delà de nos espérances.

Leon Parker commence tout doucement en tapotant ses cuisses. Ca, c'est son truc. Le percussionniste répond de même. Puis ils passent aux baguettes sur leurs instruments respectifs. Le groupe se met à vibrer comme un seul être vivant. Seul le piano se fait attendre. Agathe Iracema chante des sons, pas des paroles. Le pianiste arrête de faire semblant, se met à jouer et se fait entendre. La tension change pour passer à une ballade sensuelle. La rythmique déroule tranquille. Son délicieusement acide du sax alto. Solo de contrebasse souple et chaud. Leon Parker aux balais malaxe ses tambours. Délicates notes de ponctuation du piano. S'ensuit un dialogue percutant entre percussions, batterie et sax. Le sextet repart. Chant et saxophone se fondent élégamment.

Agathe Iracema & Valentin Ivol quittent la scène. Le sextet est devenu quartet. Dialogue entre la saxophoniste et le batteur aux balais. Doucement mais énergiquement. Luca Fattorini ajoute une pulsation entêtante de contrebasse. Tony Tixier fait entrer le piano dans la danse, sonnant romantique en diable. Balai main droite, baguette main gauche pour Leon Parker. Echange raffiné entre piano, contrebasse et batterie. Solo de contrebasse délicieux, soutenu par les 2 autres. Le pianiste prend la main. La tension monte doucement. Le quartet part en decrescendo jusqu'à la fin. 

Le groupe a donc joué " Belief " (Leon Parker) puis "Ambrosia " (Kenny Barron). Leon Parker présente ses musiciens. Je résume. " Je n'ai pas choisi ce groupe. L'Univers me l'a apporté. Luca Fattorini à la contrebasse. Il a le signe astrologique parfait pour jouer de la contrebasse. Le percussionniste est le seul 100% Français de l'orchestre (NDLR: En fait, le pianiste aussi vu qu'il est né en Seine Saint Denis de parents originaires de Martinique). Ce jeune homme me permet d'être libre car il garde le rythme " (NDLR: c'est le travail du batteur habituellement). 

Ses louanges ayant été chantées par le doyen et chef du groupe, Valentin Ivol commence seul. Sur une poêle retournée. Il maintient le rythme alors que Leon Parker tourne autour. Cette fois, c'est un quartet sans pianiste ni chanteuse. Le sax soprano amène le thème de " Caravan " (Duke Ellington & Juan Tizol). Un standard du Jazz réinventé dans l'instant. Très bonne vibration. Un geste de Leon Parker et la rythmique s'arrête. Le sax continue sa danse et le batteur reprend le dialogue. Baguette main droite, main gauche nue. Très beau travail du son. 

Toujours sans pianiste ni chanteuse. Solo de batterie. Les tambours chantent, grondent, dansent. Le quartet part sur un autre thème même si le percussionniste garde le sien. Son acide et léger du soprano. 

Le percussionniste sort de scène. Pianiste et chanteuse y remontent. La rythmique lance une ballade souple, tranquille. C'est " God bless the child " (Billie Holiday) traitée de façon Soul Music. Balai main droite, baguette main gauche. Le sax alto est joué dans le grave de l'instrument se mêlant à la voix de velours d'Agathe. C'est plein d'âme. Problème de réglage du son de la contrebasse qui produit un chuintement. C'est un danger de l'électricité. Voix et sax alto se répondent, rivalisant de séduction entre la brune et la blonde. Les hommes sont derrière portant ces Dames au sommet. 

Composition de Leon Parker d'il y a 20 ans, quand il est arrivé en France. " Duet " inspiré du rythme corporel et du chant. Cf vidéo sous cet article pour une version de 2018 avec d'autres membres de l'Embodi Jazz Ensemble de Leon Parker. Le sextet est reconstitué et applaudit en rythme. La contrebasse pose la pulsation. Les 5 autres artistes tapent dans leurs mains et chantent. Le sextet se met à jouer. J'y inclus la chanteuse qui joue avec sa voix. Joyeuse et puissante vibration qui tient chaud au corps et à l'âme. Le sax alto joue un chant parallèle à la voix. Le quadrilatère de la rythmique ne cesse de changer de forme pour mieux accompagner sax et voix. Fin surprise avec 3 notes de piano.

Leon Parker se lève et tape sur sa poitrine tout en chantant et soufflant. Comme s'il amplifiait son rythme cardiaque. Puis le groupe revient au chant de départ celui de " Duet ". Cf vidéo sous cet article.

 

PAUSE

A la pause, je discute avec mes voisins, un couple de Toulousains, quinquagénaires sympathiques et dynamiques. Ils sont sur Paris pour le travail cette semaine, en profitent pour découvrir Leon Parker qu'ils ne connaissent pas bien qu'il enseigne les percussions à Toulouse. Nous parlons de Toulouse et de Claude Nougaro. Salut à eux s'ils lisent cette chronique. 

Le percussionniste passe à la batterie et réciproquement. Démarrage en solo de percussion corporelle. Le groupe enchaîne. Le rythme tourne en boucle. Solo de piano bluesy. La basse garde le tempo. Les 2 percussionnistes hachent menu. Voix et sax alto ajoutent leurs chants. Leon a repris sa place à la batterie, Valentin aux percussions. Ca pulse. 

Intro en solo du batteur aux baguettes. Ne restent sur scène que le contrebassiste et la saxophoniste. Leon travaille ses tambours. Le pianiste revient et le quartet démarre un air de Be Bop. Solo du pianiste dans ce style. Solo de contrebasse sans le chuintement du 1er set. Le problème a été corrigé. Leon Parker tient implacablement le rythme aux balais. Le piano vient s'ajouter discrètement. Le quartet repart avec le sax alto. C'est bien un air de Be Bop. " Evidence " (TS Monk).

Le .percussionniste et la chanteuse remontent sur scène. Sax soprano. La contrebasse pose les bases. Percus et batterie ponctuent. La chanteuse est aux percus elle aussi. Son planant du soprano. Le piano décolle alors que contrebasse, batterie et percus chauffent le moteur à un rythme régulier. Le sax soprano a repris sa jolie plainte légère au dessus d'une rythmique bien ancrée. Ca finit en trio de percussionnistes tout en souplesse, jusqu'au final. C'était " It is what it is " (Leon Parker). Madame M-H, plus attentive que moi aux discours de Leon Parker, me fait remarquer qu'il vient de dire que tous les musiciens sont du signe du Lion. Le Lion, c'est justement le titre du dernier album de Leon Parker, " The LEO ". Pour Leon Parker, le lion est le signe astrologique idéal des musiciens. Madame M-H et moi sommes des Gémeaux comme Miles DavisPrince & Céline, tous présents sur ce blog. " L'astrologie est une idéologie de la domination " (Theodor Adorno).

Agathe Iracema sort de scène. Une autre chanteuse la remplace: Mélanie Dahan. Leon Parker commence seul, en tapant son torse. La chanson, c'est " Throw it away " que j'ai eu la chance d'entendre chantée sur scène par Abbey Lincoln (1930-2010). Il y a plus de 20 ans mais cela ne s'oublie pas. Mélanie Dahan le chante avec son émotion propre. 

Mélanie Dahan sort de scène. Y arrive une autre chanteuse: Chloé? Pas du chant. Du slam. En anglais. Batterie et percus tiennent le rythme. Un 3e percussionniste non identifié s'est ajouté. Texte à message politique, à l'évidence. 

Ce n'est plus un sextet mais un nonet qui se tient sur la petite scène du Sunside. Olga est au sax alto. Olga est déchaînée comme la Volga au dégel. Bien poussée par la rythmique. " She is baaad, she is bad but she is beautiful " dit Leon Parker d'Olga Amelchenko. D'Agathe Iracema, " She is pure music ".  Rien à ajouter.

 

Je l'ai perdu dans mes notes mais , à un moment, le groupe a joué " Radio Play ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Espérons qu'il passe à la radio, par exemple sur Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) avec l'émission Le Jars jase Jazz.

Oh30. Nous avons école demain mais Madame M-H, le sympathique couple toulousain et moi sommes restés jusqu'au bout emportés par l'énergie et la vitalité de l'Embodi Jazz Ensemble de Leon Parker

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>