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" Comment le tempérament égal a détruit l'harmonie " Ross W. Duffin

Publié le par Guillaume Lagrée

" Comment le tempérament égal a détruit l'harmonie "

(et pourquoi vous devriez vous en préoccuper)

Ross W. Duffin

Traduction française de Ziad Kreidy & Bernard Bessone

Editions Symétrie, Lyon, 2022, 136 p.

 

Lectrices savantes, lecteurs experts, ce blog vous a déjà chanté les mérites des ouvrages du pianiste et musicologue Libanais & Français Ziad Kreidy:

- " Les avatars du piano " (2012)

- " La facture du piano et ses métamorphoses " (2018)

- " Clefs pour le piano/Keys to the piano " (ouvrage collectif dirigé par Ziad Kreidy, 2019)

Grâce aux livres de Ziad Kreidy, vous trouverez, lectrices savantes, lecteurs experts, les réponses à toutes les questions que vous ne vous êtes jamais posées sur le piano.

Avec le violoniste Bernard Bessone, complice musical de longue date, il s'est attelé à la traduction de l'ouvrage d'un musicologue américain Ross W Duffin " How equal harmony destroyed the piano " (and why You should care ) publié chez Norton, New York, en 2007.

La thèse de l'auteur est simple et rejoint celle défendue par Ziad Kreidy dans ses ouvrages précités. Non seulement Bach et Mozart ne connaissaient pas le piano, au sens de l'objet actuel mais, de plus, l'instrument à clavier sur lequel ils jouaient (clavecin ou  pianoforte) n'était pas accordé comme aujourd'hui. Une octave divisée en 12 demi tons égaux. C'est la méthode obligatoire pour tous les pianos depuis plus d'un siècle et les interprètes y perdent en intention, en émotion, en singularité selon l'auteur et les traducteurs.

Après, ça se complique. D'ailleurs, je n'ai rien compris à ce livre, fort bien écrit et fort bien traduit pourtant. Parce que je ne sais ni lire ni écrire ni jouer la musique et que, de surcroît, je ne suis pas mathématicien pour deux sous. L'auteur joue sur les mots en prétendant que l'arithmétique ne fait pas partie des mathématiques ce qui me semble capillotracté comme argument.

Cet ouvrage est pourtant plein d'humour, d'exemples, d'illustrations, de dessins. L'auteur fait des efforts de pédagogie mais il s'adresse à un public d'initiés au moins au 3e degré de l'ordre des Chevaliers des touches.

Le Jazz est cité deux fois en 136 pages:

- une première fois à propos du violon Jazz électrique qui compte 5 cordes et non pas 4 (page 62). Là, il m'a appris un truc. D'où le morceau de Jean-Luc Ponty (1943), 1er prix de violon du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en 1960 et prodigieux créateur du Jazz fusion, en extrait audio au dessus de cet article.

- une deuxième fois à la page 112 en citant Lindley, " Tempéraments ", §8: " La facilité enharmonique de Brahms ou Fauré, les sonorités planantes de Debussy, l'équilibre timbral de Webern, l'épaisseur des progressions d'accords de Jazz les plus urbaines, tout repose implicitement sur la couleur du tempérament égal autant que sur les deux autres normes caractéristiques du son de l'instrument ". L'abîme de mon ignorance est d'une telle profondeur, lectrices savantes, lecteurs experts, que j'avoue ignorer quelles sont les deux autres normes caractéristiques du son de l'instrument dénommé piano en français et en anglais (pianoforte in italiano).

Comme exemple d'épaisseur des progressions d'accords de Jazz les plus urbaines, je vous propose, lectrices savantes, lecteurs experts, Chick Corea & Herbie Hancock face à face au piano, en concert en France au festival international de Jazz d'Antibes Juan-les-Pins (06) en juillet 1979, filmés par Jean-Christophe Averty. " Nous allons essayer de faire à deux ce qu'Art Tatum faisait tout seul " (Chick Corea & Herbie Hancock). Cf vidéo sous cet article.

A écouter en lisant attentivement " Comment le tempérament égal a détruit l'harmonie (et pourquoi vous devriez vous en préoccuper) " du Professeur Ross W. Duffin, ouvrage bien au-delà de mes capacités cognitives, lectrices savantes, lecteurs experts. 

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Leila Olivesi Octet en exploration astrale au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Leila Olivesi Octet

Le Sunside

Festival Pianissimo jusqu'au mercredi 31 août 2022

Paris, Ile de France, France

Jeudi 28 juillet 2022, 21h

 

Leila Olivesi: piano, compositions, direction

Yoni Zelnik: contrebasse

Donald Kontomanou: batterie

Jean-Charles Richard: saxophones baryton & soprano

Adrien Sanchez: saxophone ténor

Baptiste Herbin: saxophone alto & flûte

Quentin Ghomari: trompette & bugle

Ellinoa: chant

 

Avant le concert, la sono diffuse " I am beginning to see the light " de Duke Ellington. Mais ce n'est pas l'orchestre du Duke. Pas assez moelleux. 

Leila attaque directement après les présentations d'usage par le Maitre des lieux, Stéphane Portet. C'est ellingtonien. Bien écrit, bien synchrone. Tout en souplesse, en force contenue. Félin. Solo perçant du sax alto. Pas encore de chanteuse sur scène. Leila Olivesi reprend les commandes. Les souffleurs s'effacent. Solo grave, bien rythmé de la pianiste. Batteur aux baguettes. Je bats la mesure du pied droit. Bonne vague moelleuse. C'était " Mary Lou " composition de Leila Olivesi en hommage à Mary Lou Williams (1910-1981), pianiste, compositrice, arrangeuse, chef d'orchestre, pédagogue déjà célébrée sur ce blog par le Umlaut Orchestra

Baptiste Herbin. " Scorpio " tiré de la Zodiac Suite de Mary Lou Williams. Chaque composition est dédiée à un signe astrologique occidental. Ici le Scorpion. A écouter en concert par Dizzy Gillespie et son Grand Orchestre au Newport Jazz Festival 1957 avec Mary Lou Williams au piano. Spéciale dédicace à tous les natifs du Scorpion. Un morceau énergique qui pique. Solo langoureux à souhait de Jean-Charles Richard au baryton. Bien poussé par le groupe avec le batteur aux baguettes. 

Ellinoa, la chanteuse, monte sur scène et le septet devient octet. Le groupe va interpréter plusieurs morceaux du prochain album de Leila Olivesi " Astral " qui sortira le vendredi 18 novembre 2022. Cochez la date dans votre calendrier, lectrices spatiales, lecteurs cosmiques.

" Soustraire au feu des rêves " (poème de Lucie Taieb). Duo piano& voix en intro éthérée . Le son du sax ténor prolonge la voix. La voix se mêle aux souffles des instruments. Quentin Ghomari est au bugle. Je ne comprends rien aux paroles mais la musique me plaît. C'est l'essentiel. 

" Soustraire à la lumière " (poème de Lucie Taieb). Leila Olivesi défend les oeuvres de ses soeurs créatrices (Mary Lou Williams, Lucie Taieb). Cela est juste et bon. Une ballade énergique. Solo de trompette. Je ne comprends toujours pas les paroles. En français, apparemment, comme cet article. Cette sorte de Blues lent me fait penser à Charles Mingus, autre fou de Duke Ellington. 

" Missing C. C ", composition de Leila Olivesi en souvenir de Claude Carrière, homme de radio, fou de Duke Ellington au point de créer et d'animer 400 émissions de 1976 à 1984 pour diffuser toute l'oeuvre enregistrée de Duke Ellington sous le titre " Tout Duke ", de présider la Maison du Duke à Paris où Leila Olivesi intervient régulièrement  . Cf vidéo sous cet article.

Leila dirige ses hommes. Quentin Ghomari au bugle et les 3 autres souffleurs suivent. Une ballade d'inspiration très ducale y compris dans les ponctuations de la pianiste du groupe. Batteur aux balais. Jean-Charles Richard se prend pour Harry Carney, le saxophoniste baryton et chauffeur de Duke Ellington. Solo de piano qui lance un autre mélodie,. La contrebasse reprend avec le batteur aux baguettes. La musique scintille joyeusement et danse. Brève citation de " Take the A train " de Billy Strayhorn, le 2e cerveau de Duke Ellington. Solo nerveux du sax alto bien poussé par le groupe. S'ensuit un solo de trompette stimulé par la rythmique avec des vagues de saxs. Leila Olivesi se lève, quitte son piano pour venir diriger son groupe jusqu'au final. 

PAUSE

 

Pendant la pause, je discute avec mes voisins, un couple d'Irlandais très sympathiques. Ils ont repéré le concert sur Internet et sont venus sans rien connaître de cette musique. Manifestement, ils aiment. Ils m'ont offert un verre. C'est la première fois que des voisins inconnus m'offrent un verre dans un club de Jazz. En 20 ans de fréquentation de ces lieux. Ces Irlandais méritent leur réputation de chaleur humaine. J'espère qu'ils liront cet article et s'y retrouveront avec plaisir. 

" Winter flower " (Leila Olivesi). Solo de piano en intro. Ellinoa chante la fleur d'hiver. Batteur aux maillets. Ballade tout en douceur, comme son titre l'indique. Donald Kontomanou passe aux balais. Leila est aux commandes de la rythmique avec un solo inspiré. Ellinoa ajoute un chant sans paroles qui se mêle à la rythmique. Quentin Ghomari reprend au bugle. Belle montée en spirale du groupe. 

Solo de contrebasse en introduction. Yoni Zelnik pince les cordes et les fait chanter. A cordes et sans cri. Dialogue contrebasse & batterie ponctué par la trompette. Les 3 saxophonistes remontent sur scène. Leila quitte le piano pour diriger le groupe de ses mains. Ses hommes lui obéissent au doigt et à l'oeil. Elle lest fait monter et descendre. Les notes bien sûr.

Extrait de la " Suite andamane " de Leila Olivesi, célébrée sur ce blog. 3e et 4e mouvement. Avec Ellinoa au chant. Quentin Ghomari au bugle. Baptiste Herbin à la flûte traversière. Donald Kontomanou aux balais. Leila Olivesi nous explique le contexte avant de jouer. Une pagode au sommet d'une montagne dans l'Océan indien (la Mer Andamane fait partie de l'Océan indien, rappelons le). Une jeune fille devant le temple. Elle pleure. Je ne sais pas pourquoi. Solo de sax ténor voluptueux à souhait. Ca doit être un chagrin d'amour. Passage au 4e mouvement. A nous, public, de chanter. Belles vocalises d'Ellinoa bien stimulée par la rythmique. Batteur aux baguettes.

Extrait du prochain album de Leila Olivesi, " Astral " à paraître le vendredi 18 novembre 2022. La Suite Constellation. La rythmique installe une ambiance mystérieuse. Batteur aux baguettes. Dialogue percutant entre piano & batterie. La voix d'Ellinoa devient un instrument au sein du groupe. 

Pas compris le dernier titre. Intro en piano solo. Un Blues bien grave. Dialogue au féminin pluriel entre la pianiste et la chanteuse. Contrebasse et batterie s'ajoutent en douceur. Les souffleurs s'y mettent. Solo sans accompagnement du sax alto. Bel envol final.

RAPPEL

" Satin doll " de Duke Ellington bien entendu. Cf extrait audio au dessus de cet article. Mes voisins Irlandais, eux aussi, sont restés jusqu'au bout à écouter et applaudir, rappel inclus. 

 

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George Cables quartet surprise au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Darryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

Darryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

George Cables Quartet

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Jeudi 7 juillet 2022, 22h

Fred Nardin: piano

Darryl Hall: contrebasse

Jerome Jennings: batterie

Piero Odorici: saxophone ténor

 

Dans la salle sont présents Frank Amsallem (piano, chant) & Stéphane Belmondo (trompette, bugle) en spectateurs. 

Georges Cables (1944) est malade Il est remplacé ce soir au pied levé par Fred Nardin, pianiste français déjà salué sur ce blog. 

Une ballade pour commencer. Batteur aux balais. Son très classique du sax ténor. Elégant, suave, ferme. Plus Sonny Stitt que John Coltrane. Fred Nardin fait le métier mais il ne porte pas l'histoire du Jazz en lui comme Georges Cables qui joua avec Art Blakey, Sonny Rollins, Max Roach, Joe Henderson, Freddie Hubbard, Art Pepper, Dexter Gordon, Dizzy Gillespie et j'en oublie. Plus de 80 leaders de Jazz ont eu Georges Cables pour pianiste. 

Une composition de Georges Cables dont je n'ai pas compris le titre. Un tempo souple, fluide. Ca balance bien. Dans le style d'Herbie Hancock et de ses Iles empyrées. Son toujours suave et soyeux du sax ténor. Fred Nardin joue un répertoire qu'il connaît manifestement par coeur. Avec coeur. Le 4tet joue soudé. Bon massage cérébral. Batteur aux baguettes. Ca roule. 1er solo de contrebasse. Majestueux. C'est Darryl Hall. Fine ponctuation de la pointe des baguettes sur les cymbales. Frank Amsallem en grogne de joie. Le saxophoniste sonne plus comme Joe Henderson, révolutionnaire discret.

Bon enchaînement. Le sax ténor attaque. La rythmique suit. Ca swingue bien. Il me semble que c'est un standard du Jazz. Le titre m'échappe. Le piano se tait. Contrebasse et batterie poussent le sax ténor dans un trio façon Sonny Rollins. Le piano revient dans la danse. Je bats la mesure du pied gauche. Mon voisin de gauche de même. Nous sommes captivés. Au sax de s'effacer. Le pianiste est aux commandes, bien poussé par ses deux compères de la rythmique. Tout se calme pour un solo en douceur du contrebassiste, sur un tempo rapide malaxé par le batteur aux balais. Solo de Jérôme Jennings aux balais.  Souple et rapide. Un délice. Là, c'est moi qui grogne de joie. Le 4tet repart aussi sec.

" Holy Land " (Cedar Walton). Fred Nardin installe le thème et le 4tet enchaîne. C'est joyeux, dynamique. Une musique spirituelle comme son titre l'indique. Solo de contrebasse bien au centre de la rythmique. Bonne vibration dans le ventre. Le batteur hache menu le tempo aux baguettes sur les cymbales. Le 4tet décolle avec un saxophone en feu.

" You don't know what love is ". Ca, c'est un standard du Jazz. Duo sax ténor & contrebasse pour commencer. Grave. Avec du feeling. Piano et batterie viennent surfer doucement sur la vague. Le 4tet ronronne. Moi aussi. Je m'endors bercé voluptueusement par la musique.

Un autre standard. " What is this thing called love? " . Duo piano & saxo pour commencer. Le 4tet démarre balançant subtilement et efficacement. Batteur aux baguettes. Jérôme Jennings se lâche. Solo aux baguettes. Roulez tambours! Sonnez cymbales! Ma voisine de droite se met debout pour danser sur place. Fin qui roule bien en 4tet.

La photographie de Darryl Hall est l'oeuvre du Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Dany Laferrière " Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer "

Publié le par Guillaume Lagrée

" Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer "

Dany Laferrière, de l'Académie française

Zulma, 2020 (1ère édition, 1985)

 

Lectrices Hot, lecteurs Jazz, pourquoi vous parler en 2022 du premier ouvrage de l'écrivain haïtien et canadien Dany Laferrière, paru en 1985, " Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer "?

D'abord, parce que je viens de le lire. Ensuite, parce que j'ai beaucoup ri en le lisant. Enfin, parce que ce livre transpire le Jazz et respire le Swing du début à la fin.

L'histoire est simple. Deux jeunes hommes noirs et pauvres se partagent un studio sous les toits de Montréal, Québec, Canada, vers 1980. L'auteur et Bouba. Bouba doit être Africain au vu de son prénom et car il cite le Coran sans cesse. C'est l'été et il fait très chaud dans le studio sous les toits. Travailler, c'est trop dur. Voler, c'est mal. Mendier, c'est humiliant.

Que faire alors? Compter sur le sentiment de culpabilité des jeunes femmes blanches de la bourgeoisie canadienne.

Ca marche. Elles viennent d'elles mêmes chez eux faire l'amour, le ménage, les courses, la cuisine. Bref, se mettre à leur service comme jamais elles ne le feraient pour des hommes de leur classe sociale et de leur couleur de peau. 

Cette expiation pour les crimes de leurs ancêtres racistes et colonialistes n'a rien de triste. Nos deux compères les font méditer, rire et jouir de jour comme de nuit. Avec pour fond sonore John Coltrane (cf extrait audio au dessus de cet article), Duke Ellington & Archie Shepp (cf vidéo sous cet article), Coleman Hawkins, Sonny Rollins et tant d'autres.

Tout ne marche pas comme ils le souhaiteraient pour nos deux gaillards. Le voisin du dessus fornique plus bruyamment et puissamment qu'eux ce dont ils sont les témoins auditifs jaloux étant donné la faible isolation des appartements. L'inspiration, sur une Remington portative (comme dans la chanson de Serge Gainsbourg, " Sur ma Remington portative, j'ai écrit ton nom Laetitia "), censée avoir appartenu à Chester Himes, auteur célébré sur ce blog, vient difficilement. Enfin et surtout, Carole Laure, l'actrice québecoise, elle, ne viendra jamais dans leur antre malgré toutes les prières de l'auteur. " Faut-il croire qu'il n'y a aucune chance pour un honnête et consciencieux Dragueur nègre de trouver son paradis? Je veux Carole Laure. J'exige Carole Laure. Qu'on m'apporte Carole Laure. "

Quant aux hommes blancs hétérosexuels, comme moi, un sage conseil de l'auteur pour leur épanouissement sexuel: n'avoir aucun complexe par rapport aux hommes noirs. En résumé, être bien dans sa peau.

Bref, lectrices Hot, lecteurs Jazz, pour votre épanouissement spirituel et sensuel, je vous conseille de lire et relire " Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer " de Dany Laferrière, aujourd'hui membre viril et actif de l'Académie française. Avec du Jazz en fond sonore, bien entendu.

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Ricky Ford Quartet fait vibrer le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Ricky Ford par Juan Carlos HERNANDEZ

Ricky Ford par Juan Carlos HERNANDEZ

Ricky Ford Quartet

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Samedi 25 juin 2022, 20h30

Concert de sortie de l'album

" The wailing sounds of Ricky Ford "

Ricky Ford: saxophone ténor

Mario Canonge: piano

Michel Zenino: contrebasse

John Betsch: batterie

Lectrices raffinées, lecteurs distingués, vous avez noté sur ce blog une chronique de concert de Ricky Ford en trio, sans contrebasse, au Sunset en février 2022. En juin 2022, le voici de retour, un étage plus haut, au Sunside et en quartette.

La salle est pleine à craquer. Le quartet commence par " Ricky's Bossa ". Cf vidéo sous cet article. Effectivement, c'est un rythme de Bossa Nova. Avec le son chaud & viril de Ricky Ford au sax rénor. La rythmique tourne impeccable. Sur un air brésilien, le Martiniquais Mario Canonge est à son aise. John Btesch ponctue finement aux baguettes. Michel Zenino impulse grave. Ca ne joue pas comme Stan Getz. Ca sonne Noir. Beau dialogue contrebasse & batterie ponctué par le piano. John Betsch casse du petit bois. C'est clair, net et précis.

Ricky Ford reconnaît l'influence de Rahsaan Roland Kirk (1935-1977) sur le choix de son instrument (Rahsaan, lui, refusait de choisir). Une composition de Rahsaan, " Rip, Rig and Panic ". Début Free Jazz avec un gros son de sax ténor. Le batteur frappe aux baguettes, la contrebasse vibre sous l'archet, le pianiste arpège brutalement. Le chaos s'organise tout en restant puissant. C'est bien du Rahsaan Rolnd Kirk. Ca décrasse les tympans et secoue le cerveau. Le son du sax ténor ondule comme un serpent à sonnette. La rythmique chauffe du feu de Zeus!

Ricky Ford annonce qu'ils vont calmer le jeu. En jouant " (Imagine myFrustration " (Duke Ellington). Cf extrait audio au dessus de cet article. Une ballade langoureuse à souhait. John Betsch aux balais. Ricky Ford a un gros son de sax ténor, à la Dexter Gordon. La frustration est élégamment exprimée.

" That red clay " basé sur un poème de Lanston Hugues (1901-1967). Un morceau énergique. John Betsch a repris les baguettes pour un air de calypso. Parfait pour l'Antillais Mario Canonge. Ricky Ford sonne maintenant à la manière de Sonny Rollins. Normal pour une calypso. Solo de piano caribéen en diable de Mario Canonge. La rythmique chauffe tellement dur que Ricky Ford quitte la scène pour prendre une pause. Il revient sur scène jouer. Je bats la mesure du pied droit.

PAUSE

" We love You Ricky " s'exclame une spectatrice enthousiaste. 

Un morceau qu'on ne présente pas explique Ricky Ford. En effet, je reconnais un classique de la chanson française " A Paris " de Francis Lemarque (1917-2002), Géant de la chanson française du XX° siècle. Ricky le joue intensément. Batteur aux balais. C'est une valse. Mario Canonge sait aussi jouer le piano romantique échevelé. Bien soutenu par contrebasse et batterie.

" Nous avons 1000 demandes pour une chanson de Charles Mingus " dit Ricky Ford qui jouait avec Mingus il y a 50 ans. " Goodbye porkpie hat " sublime ballade de Charles Mingus (1922-1979) dédiée à Lester Young (1909-1959). Extrait de l'album " Ah Um " (1959)  indispensable à toute discothèque de Jazz. John Betsch aux balais pour cette ballade sublime. Ricky Ford joue avec intensité et tout en douceur. La contrebasse vrombit comme il faut. Ricky Ford n'a pas la souplesse féline de Shafi Hadi qui joue sur l'enregistrement original mais il a le feeling, c'est certain. Premier solo de Michel Zenino à la contrebasse. Normal sur un thème de Charles Mingus. Il reste fidèle au thème. Ca vibre bien tant pour les oreilles que pour le ventre. Dans le solo final de Ricky Ford, je reconnais un autre thème de Charles Mingus dont le titre m'échappe. Plus énervé. Retour au thème pour le final avec roulement de tambours aux maillets.

" Passion Dance " (Mac Coy Tyner). Un morceau qui porte bien son titre tant il dégage l'énergie du feu sacré. Batteur aux baguettes. La rythmique chauffe dur. Le sax ténor plane au dessus. Joe Henderson (1937-2001) le joue dans l'enregistrement original sur l'album " The real Mac Coy ". Un thème de pianiste. Mario Canonge se régale et nous aussi. Contrebasse et batterie ajoutent du charbon dans la fournaise. Ca déménage, sapristi!

Voyage dans un endroit très éloigné nous annonce Ricky Ford. " Isfahan " inspiré à Duke Ellington par un voyage en Orient. Extrait de la " Far East Suite ". Une ballade onctueuse, sensuelle dont Duke Ellington avait le secret. Batteur aux balais. Chez le Duke, le solo revenait à Johny Hodges (sax alto). Ce soir, le sax ténor est langoureux à souhait. Les notes s'étirent comme les muscles d'un chat au réveil. En douceur mais non sans énergie. Solo inspiré du pianiste soutenu par ses 2 complices de la rythmique. Solo de ténor sans accompagnement tout en douceur pour finir en laissant glisser les notes.

Un standard. Tout en souplesse. Archi connu mais le titre m'échappe. Vient d'Art Blakey & The Jazz Messengers. Du hard bop. Le batteur distribue les pains. Le piano vrombit sous les doigts de Mario Canonge. Une petite cadence finale pour terminer en beauté et en rythme. Derniers mugissements du sax ténor. 

La photographie de Ricky Ford est l'oeuvre du Passionné Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Sélection de festivals de Jazz pour juillet & août 2022

Publié le par Guillaume Lagrée

David Krakauer par Juan Carlos HERNANDEZ

David Krakauer par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, armé de partialité et de mauvaise foi, je vous propose la sélection suivante de festivals de Jazz pour les mois de juillet & août 2022. 

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Mon émission Le jars jase jazz est consacrée à l'influence de la France sur le Jazz et lycée de Versailles  sous le titre générique Détours de France. La France à la lumière du Jazz. Diffusion chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) . En juillet 2022, 20e épisode avec 9  diffusions: lundi 4 , 11, 18 & 25 juillet à 22h; vendredi 1er, 8, 15, 22 & 29  juillet à 12h. Au programme, le Jazz d'hier avec Dizzy Gillespie, Roger Guérin, Ella Fitzgerald & Louis Armstrong, Stan Getz, Barney Wilen, Duke Ellington, Henri Texier & Martial Solal. En août 2022, 21e épisode avec 9 diffusions: lundi 1er, 8, 15, 22 & 29 août à 22h; vendredi 5, 12, 19 & 26 août à 12h. Au programme, le Jazz d'aujourd'hui avec Rick Margitza, Tristan Mélia, Macha Gharibian, La Theory du Reptil, Alain Jean-Marie, Eric Le Lann, Rhoda Scott, David Patrois, Henri Texier & Edouard Ferlet. Individus tous très favorablement connus de nos services. Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Le  podcast de l' émission en 2 parties sur France Culture,   " Une histoire particulière " consacrée à Dizzy Gillespie Président reste disponible.  Avec la participation de Guillaume Lagrée, l'Excellent auteur de ce blog

- Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour,  les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.  

Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor français maintes fois célébré sur ce blog, programme un concert chaque mercredi à 19h30 (heure de New York) au Bar Bayeux à New York. 

Mercredi 6 juillet: : Dezron Douglas Quartet
Mercredi 13 juillet: David Weiss

Mercredi 20 juillet : Willerm Delisfort 
Mercredi 27 juillet::  Matt Pavolka Quintet (Dave Smith, Jason Rigby, Santiago Leibson, Mark Ferber)

Mercredi 3 août: Nicole Glover

Mercredi 10 août: Julian Shore Trio (Martin Nevin, Allan Mednard)

Mercredi 17 août: Jonathan Finlayson

Mercredi 24 août: Jean-Michel Pilc Trio (François Moutin, Ari Hoenig)

Mercredi 31 août: Fermé

Concerts diffusés en direct sur Internet puis en différé pendant 6 jours. Un club de Jazz de New York livré chez vous sans autre frais que la connexion à la Toile. Vos dons sont les bienvenus. 

Chaque lundi à 14h (New York) , 20h (Paris), le pianiste franco-américain Dan Tepfer maintes fois célébré sur ce blog donne en direct un concert public gratuit sur sa chaîne Youtube et sa page Facebook. Parfois seul, parfois accompagné. Entrée libre.

Jazz en Ville

Ile de France

 

- A Paris, au New Morning, festival All Stars jusqu'au dimanche 31 juillet avec Ron Carter, Kenny Barron, John Scofield... La salle est fermée en août. 

- A Paris, au Sunset-Sunside, ​​​​​​American Jazz Festi 'Halles & XVIIe festival Pianissimo  en juillet & août avec les pianistes Jacky Terrasson (01 & 02/07) ,  Alain Jean-Marie (16/07,19 & 20/08),  Yonathan Avishai (20, 21, 22 & 23/07), Leila Olivesi (28/7), Nico Morelli (03/08), Pierre de Bethmann (05/08), Giovanni Mirabassi (11, 12, 13 & 14/08), Pierre Christophe (25/08), Bruno Angelini (26/08), Fred  Nardin (27/08), Laurent de Wilde (30 & 31/08)...

- A Paris, au Duc des Lombards, en juillet, entrée libre le lundi & mardi à partir de 19h30. Nouvelle scène avec Dmitri Baevesky trio mardi 5 juillet. Mercredi 6 & jeudi 7 juillet à 19h30 & 21h30, Georges Cables en 4tet avec Piero Odorici.

- A Paris, au Parc Floral (Bois de Vincennes), Paris Jazz Festival du dimanche 3 juillet au dimanche 4 septembre avec Marion Rampal, Brad Meldhau, Thomas de Pourquery Supersonic, Anthony Joseph... Entrée du parc payante. Concerts offerts. 

- A Paris, au Café Laurent, en juillet & août, l'entrée reste libre aux concerts. Mercredi 6 juillet,  18h30: Nico Morelli en solo. Vendredi 8 juillet, 20h30: Hugo Lippi en trio. Samedi 9 juillet, 20h30: Sandro Zerafa en 4tet. Lundi 11 juillet, 20h30: Estelle Perrault & Alain Jean-Marie en duo. Vendredi 15 juillet, 20h30: Olivier Hutman en piano. Samedi 23 juillet, 20h30: Sylvain Beuf en 4tet. Samedi 30 juillet, 20h30: Christian Brenner en 4tet. Samedi 6 août, 20h30, Simon Chivallon en trio. Samedi 13 août, 20h30, Olivier Hutman en trio. Samedi 20 août, 20h30, Olivier Robin en trio. Vendredi 26 août, 20h30, le duo Robin Mansanti & Dexter Goldberg maintes fois célébré sur ce blog. Samedi 27 août, 20h30, le trio de Christian Brenner.

 A Paris, au Baiser Salé, vendredi 1er & vendredi 15 juillet à 20h & 22h: Minino Garay " Speaking Tango ", album célébré sur ce blog. Du vendredi 22 juillet au dimanche 11 septembre, Festival estival de Jam: 150 musiciens, 45 boeufs (Jam sessions in english), 9 animateurs, entrée libre. Tricia Evy, marraine de Couleurs Jazz Radio, chantera vendredi 5 & samedi 20 août à 19h.

- A Paris, festival Jazz à la Villette, du mercredi 31 août au dimanche 11 septembre avec notamment Dave Holland & Kenny Barron.

- Aux Lilas (93), au Triton: Vendredi 1er juillet, 20h, Michel Benita & Jozef Dumoulin 2 of Us. Samedi 2 juillet, 20h30: Bruno Angelini trio.

- A Sarcelles (95), 2e festival Polykromies du vendredi 22 au dimanche 24 juillet. Festival de cultures urbaines. Pour le Jazz, samedi 23 juillet à 19h avec André Villeger, Nicolas Rageau, Ramona Horvath, Antoine Paganotti et des amateurs sarcellois. Entrée libre.

 

Auvergne Rhône-Alpes

- A Vienne (38), festival Jazz à Vienne du mercredi 29 juin au mercredi 13 juillet avec Robert Glasper, Herbie Hancock, Georges Benson, Thomas de Pourquery Supersonic...

Hauts de France

A Saint-Omer (62), Saint-Omer Jaaz Festival du vendredi 8 au lundi 11 juillet avec Laurent Cugny (directeur artistique), Mathieu Marthouret Springbok, Umlaut Big Band (version concert & version bal), Sophia Domancich...

 

 

Jazz en Montagne

 

 

Jura

Frontenay Jazz Festival à Frontenay (39) samedi 20 août avec EYM Trio & KLT Trio. l Festival diffusé en direct sur Couleurs Jazz Radio, webradio associative 100% Jazz où l'auteur de ce blog sévit, en différé, chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) avec l'émission " Le Jars Jase Jazz ". 

Saint Cergue Jazz Festival à Saint Cergue (Vaud, Suisse) du vendredi 26 au dimanche 28 août avec Sylvain Luc, Stéphane Belmondo, Thomas Bramerie, Jeff Ballard 4tet vendredi 26 août à 22h.

Vosges

 Festival Au grès du Jazz à la Petite Pierre (67) du samedi 6 au dimanche 14 août avec Pierrick Pédron, David Krakauer, Rhoda Scott, Kenny Barron... Cf photographie au dessus de cet article.

Festival des Mangeurs de Lune à Rouffach (68) du samedi 13 au samedi 20 août. Festival de musiques du monde avec du Jazz manouche (Mundo Swing & Diven Reinhardt jeudi 18 août) et la Fanfare de Ceux qui marchent debout pour conclure en fête le festival samedi 20 août.

 

Massif Central

- 22e festival international de Boogie Woogie à La Roquebrou (15) du mercredi 10 au samedi 13 août avec Rhoda Scott. Ecoutez, jouez, dansez, chantez le Boogie Woogie!

 

Dolomites

- Trentin Haut Adige, Italie, SudTirol Jazz Festival du vendredi 24 juin au dimanche 3 juillet. Musiciens totalement inconnus de mes services. Je vous laisse découvrir, lectrices festives, lecteurs d'estive.

Alpes

- Chamonix Mont Blanc (74), Cosmo Jazz Festival du samedi 23 au samedi 30 juillet, sur France et sur Suisse, avec Sylvain Rifflet.

- Chaillol (05), 26e édition du festival de Chaillol du samedi 16 juillet au vendredi 12 août avec Fabien Mary & le Vintage Orchestra. 

- Tourrette-Levens (06), Danaus festival du vendredi 5 au dimanche 7 août. La Planète, l'art & la musique avec Thierry Eliez (05/08), Humanophones (06/08) & Tapir Quartet (07/08).

A Willisau (Lucerne, Suisse), Willisau Jazz Festival du mercredi 31 août au dimanche 4 septembre. Je ne connais aucun des musiciens au programme. C'est dire le degré d'exigence des responsables.

Pyrénées

- A Luz Saint-Sauveur (65), festival Jazz à Luz du mercredi 13 au samedi 16 juillet avec Sonny Troupé.

 

Jazz en Campagne

Auvergne Rhône-Alpes

- A Buis les Baronnies (26), festival Parfum de Jazz du mercredi 17 au mercredi 24 août avec Natalia M. King

- A Crest (26), festival Crest Jazz Vocal du dimanche 31 juillet au samedi 6 août avec Natalia M. King, David Krakauer, Rhoda Scott Lady All Stars. Cf vidéo sous cet article. 

Bourgogne Franche-Comté

- A Treigny (89), au château de Ratilly, concerts et stages de Jazz jusqu'au samedi 6 août 2022 avec Thierry Péala & Verioca Lherm.

- A Cluny (71), Jazz Campus en Clunisois du samedi 20 au samedi 27 août. Festival et stages de Jazz avec David Chevallier & Sylvain Rifflet.

Bretagne

- A Chateauneuf du Faou (29), festival Fest Jazz du jeudi 28 au dimanche 31 juillet. Jazz et danse avec Kaz Hawkins, chanteuse soutenue par Couleurs Jazz Radio.

- A Langourla (22), festival Jazz in Langourla du vendredi 5 au dimanche 7 août avec Airelle Besson, le trio MOM (frères Moutin & Jowee Omicil), Anne Pacéo.

- A Malguenac (56), festival Art des villes, Art des champs du jeudi 18 au dimanche 21 août avec Thomas de Pourquery Supersonic

Hauts de France

- A Chantilly (60), au château, Chantilly Jazz Festival du vendredi 1er au dimanche 3 juillet avec la crème du Jazz: Michel Portal, Rhoda Scott, Georges Cables, Big In Jazz Collective...

Nouvelle Aquitaine

- A Parthenay (79), festival Le Jazz bat la campagne du vendredi 15 au dimanche 17 juillet avec Giovanni Mirabassi

- A Uzeste (33), 45e Hestajada de las Arts du vendredi 12 au samedi 20 août. Programme disponible mi juillet. 

- A La Rochefoucauld en Angoumois (16), au Patio de la Roche, Eric Seva & Daniel Zimmermann samedi 16 juillet, Henri Texier trio samedi 23 juillet.

Occitanie

- A Souillac (46), 46e festival Sim Copans Souillac en Jazz  du samedi 16 au samedi 23 juillet.

- A Marciac (32), festival Jazz in Marciac du vendredi 22 juillet au samedi 6 août avec Mathias Lévy, Marion Rampal, le trio de Jean-Philippe Viret...

- A Junas (30), festival Jazz à Junas  du mardi 19 au samedi 23 juillet avec Dave Holland.

- A Caunes-Minervois (11), festival de Caunes-Minervois du lundi 22 au samedi 27 août avec Jean-Marie Machado & Richard Galliano pour le Jazz. 

- A Capdenac-Gare (12), festival Les Nuits et les Jours de Querbes du vendredi 5 au dimanche 7 août. Jazz et littérature avec Edouard Ferlet. Thème 2022: A la folie!

Pays de la Loire

- Sur les rives de l'Erdre, dans le pays nantais (44), festival des Rendez-vous de l'Erdre du lundi 22 au dimanche 28 août avec Antaloper, duo célébré sur ce blog. 

Provence Alpes Côte d'Azur

- A La Roque d'Anthéron (13), 42e festival international de piano du lundi 18 juillet au samedi 20 août avec, pour le Jazz, Alain Jean-Marie, Paul Lay, Benjamin Moussay, Bojan Z, Clelya Abraham...

- A Pertuis (84),  festival de Big Bands du lundi 1er au samedi 6 août avec Biréli Lagrène et le Multiquarium Big Band pour conclure. 

 

Jazz à la Mer

 

Mer Méditerranée

- A Marseille (13), festival Jazz des 5  Continents du mardi 5 au jeudi 28  juillet avec le Ladies All Star de Rhoda Scott. Cf vidéo sous cet article. 

- A Nice (06), Nice Jazz Festival du vendredi 15 au mardi 19 juillet avec Kenny Barron & Michel Portal

- A Antibes-Juan-les-Pins (06), 61e Jazz à Juan du mercredi 6 juillet au mardi 19 juillet avec Charles Lloyd, Herbie Hancock, Tigran Hamasyan, Georges Benson, Rhoda Scott Ladies All Stars, Thomas de Pourquery Supersonic...

- A Porquerolles (83), au fort Sainte Agathe, Jazz à Porquerolles du samedi 9 au mercredi 13 juillet avec Magic Malik, Archie Shepp, Anthony Joseph...

- A Toulon (83), Jazz à Toulon du jeudi 15 au vendredi 23 juillet avec Thomas Bramerie, André Cecarelli...

- A La Londe Les Maures (83), La Londe Jazz Festival du jeudi 4 au dimanche 7 août avec Tony Paeleman

- A Sète (34), Jazz à Sète du vendredi 15 au jeudi 21 juillet avec Herbie Hancock, Julien Lourau, Kenny Barron, Dmitri Baevsky...

Océan Atlantique

- A Vannes (56), festival Jazz en ville du mercredi 27 au samedi 30 juillet avec Sélène Saint Aimé

- A Nevez (29), festival Jazz y Krampouezh du dimanche 17 au jeudi 21 juillet avec Richard Galliano. Jazz et crêpes en Bretagne Sud!

- A Capbreton (40), Capbreton Jazz Festival du jeudi 7 au dimanche 10 juillet avec le quartet d'Arnaud Dolmen, batteur & percussionniste de Guadeloupe. Entrée libre.

- Sur l'île de Ré (17), festival Jazz au Phare du dimanche 31 juillet au jeudi 4 août avec Golberto Gil (02/08) et le Lady All Stars Quartet de Rhoda Scott (04/08). 

- A San Sebastian, Euskadi, Espagne, 57e Donostakio Jazzaldia du mercredi 20 au lundi 25 juillet avec Herbie Hancock.

- A Newport, Rhode Island, USA, Newport Jazz Festival du vendredi 29 au dimanche 31 juillet avec Ron Carter, Jack de Johnette...

Manche

- A Sables d'Or les Pins (22), festival A L'est des dunes, mercredi 3 août à 20h: Pierrick Pédron 4tet. Participation libre. 

- A Dinard (35), festival Dinard Opening consacré aux musiques anglaises du jeudi 4 au vendredi 12 août avec, pour le Jazz, Fiona Monbet (05/08) & Stacey Kent (12/08).

 

Jazz au Lac

 

Lac Léman

- A Montreux, Vaud, Suisse, Montreux Jazz Festival du vendredi 1er au samedi 16 juillet avec John Mac Laughlin & Herbie Hancock

- A Genève, Suisse, Musiques en été, du vendredi 1er juillet au samedi 26 août avec John Scofield (18/07. 18h). Entrée libre.

- A Nyon, Vaud, Suisse, 29e festival Rive Jazzy jusqu'au dimanche 7 août. Artistes inconnus de mes services.

 

Lac d'Enghien

- A Enghien-les-Bains (95), Barrière Jazz Festival du vendredi 1et au dimanche 3 juillet avec Georges Benson, dimanche 3 juillet à 21h. Entrée libre.

La photographie de David Krakauer est l'oeuvre de l'Honorable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Jazzoduc New York - Paris: " Baden " . Gui Duvignau

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazzoduc New York- Paris

" Baden "

Gui Duvignau

Sunnyside Records. 2022.

 

Gui Duvignau: contrebasse, direction, compositions (4, 5, 9 & 12)

Jeff Hirshfield: batterie

Lawrence Fields: piano, wurlitzer

Billy Drewes: saxophones, clarinette

Invités

Ron Carter: contrebasse (5)

Bill Frisell: guitare ( 1, 3, 9 & 12)

 

Lectrices de France, lecteurs d'Amérique, grâce au Français Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor basé à New York depuis 1994, maintes fois célébré sur ce blog, s'est établi un Jazzoduc entre New York et Paris qui m'a permis de célébrer sur ce blog des musiciens talentueux de la scène new yorkaise, encore méconnus à l'Est de l'Océan Atlantique.

Voici un nouveau talent,  le contrebassiste Français et Brésilien, établi à New York, Gui Duvignau. Né en France, avec un nom et un prénom français, Gui a grandi au Brésil. 

Il est donc logique que son nouvel album rende hommage à un Géant de la musique brésilienne, intimement lié à la France, le guitariste Baden Powell (1937-2000), nommé en hommage à un général anglais, père du scoutisme.

Le pari réussi de Gui Duvignau est de jouer cette musique sans guitare ou avec un guitariste au style très éloigné du Brésil, l'Américain Bill Frisell, très marqué par la Folk et la Country Music, tout en étant un excellent guitariste de Jazz. Bref un Nord Américain joue une musique d'Amérique du Sud. 

Ca marche tout de suite, dès le premier morceau, avec un classique de Baden Powell, " Canto de Ossanha " (1) qui ouvre l'album " Baden ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Vous pouvez écouter une version chantée de ce thème par le trio vocal Bloom, célébré sur ce blog, lectrices de France, lecteurs d'Amérique.

La rythmique roule tranquille. Billy Drewes ajoute le piquant de son saxophone, l'aigre de sa clarinette.

Gui Duvignau est adoubé par les Grands Anciens. Outre Bill Frisell (1951), Ron Carter (1937), le contrebassiste le plus enregistré de l'histoire du Jazz pour un duo de contrebasses moelleux à souhait sur " Bluesa Preta/Asa Branca '" (5)

Pour changer de son, Lawrence Fields passe du piano au wurlitzer. Cela donne une touche particulière à " Canto de Iemanja " (6) avec un solo particulièrement inspiré du saxophoniste. Le Wurlitzer, c'est ce piano électrique cher à Sun Ra et Ray Charles. Moins connu que le Fender Rhodes avec lequel le Belge Jozef Dumoulin nous régale. 

Gui Duvignau joue de la contrebasse avec une précision et une souplesse remarquables. Les amateurs de chanson française reconnaîtront " Bidonville " de Claude Nougaro sous son titre original " Berimbau " (10) joué dans un solo somptueux où la contrebasse sonne comme un berimbau puis comme une contrebasse.

Pour finir, Gui Duvignau a composé exprès un thème dédié à Baden Powell et à Bill Frisell, " For Bill & Baden " (12) qui conclut l'album " Baden " de manière définitive. Joué avec Bill Frisell. Aucun rappel n'est possible. Cf vidéo sous cet article. 

Vous l'aurez compris, lectrices de France, lecteurs d'Amérique, l'album " Baden " de Gui Duvignau vous offre un beau voyage en douceur en Amérique du Sud du Nord avec une touche française. Que les compositions soient de Baden Powell ,de Gui Duvigneau ou d'autres, nous restons toujours dans cette douce ambiance. Ca fait du bien par où ça passe, ca ne fait pas de mal de se faire du bien et c'est très bon pour ce que vous avez. A consommer sans modération. 

Aucun concert en France de Gui Duvignau n'est prévu à ce jour. Avis aux tourneurs et aux programmateurs. L'album " Baden " du Franco-Brésilien Gui Duvignau mérite d'être joué sur les scènes françaises. Il manquera aux festivals de Jazz de cet été 2022 en France. Il est diffusé dans le monde entier par  Couleurs Jazz Radio bien entendu.

 

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Thierry Péala & Verioca Lherm. En voyage avec Tania Maria au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Thierry Péala

Verioca Lherm

Festival Vocal Session

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Jeudi 16 juin 2022, 20h30

Programme de l'album " A Tania Maria's journey " (2021)

consacré aux chansons de Tania Maria

 

Thierry Péala: voix

Verioca Lherm: guitare, chant

Invités:

Edmundo Carneiro: percussions

Amina Mezaache: flûte traversière

 

Elle joue et chantonne. Il siffle. Elle chante et il suit. C'est rafraichissant. Avec la chaleur qu'il fait dehors; c'est appréciable. Ca scatte plus que ça ne chante. Avec goût toujours. Ils s'emploient pour nous offrir de la vie et de la joie. Thierry Péala fait des percussions avec sa voix. C'était " Match Box " dédié aux boites d'allumettes brésiliennes. 

Verioca chante en portugais. Thierry accompagne en scat. Vibration délicieuse. Je bats la mesure de la cuisse droite. 

Edmundo Carneiro, percussionniste, plus de 25 ans de collaboration avec Tania Maria. Un thème funky. La pulsation du tambourin s'ajoute à la guitare. " Funky tamborim ". Thierry Péala chante en portugais. Ca balance sévère.

Amina Mezaache monte sur scène avec sa flûte. " Melancolia de dezembro ". Ca balance tranquille. Ca sonne comme la fin de l'automne alors que nous sommes à la fin du printemps. La flûte traversière ajoute le chant de sa mélancolie à la guitare, alors qu'Edoardo maintient la pulsation de la percussion. Ca marche. Ils me filent la mélancolie tout en balancement.

" Tranquillidade ". Facile à traduire en anglais " Tranquillity ". En français, je vous laisse deviner. Ca commence tout doucement. Très vite, cela s'agite. La flûte vient se joindre à la fête. Thierry ajoute des percussions avec la voix. La voix de Verioca se ballade tranquillement. 

" Intimidade ". En anglais, " intimacy ". En français, à votre avis? Musique de Fanta Bebey, la fille de Francis Bebey. Ca balance.  Notes illisibles.

" Sangria ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Sangria, c'est le sang. Verioca dédie ce morceau " au corps enseignant " . Jeu de mots subtil. La guitare attaque. Les percussions aussi. La flûte s'y met. Les voix chantent la joie. Un solo de percussions typiquement brésilien pour conclure.

PAUSE

Un morceau composé par Tania Maria lors d'une escale à l'aéroport de Bombay, en Inde. Notes illisibles.

Edoardo Carneiro revient sur scène. " Lemon Cuica ". Verioca chante comme si elle jouait de la cuica. Le tambour pulse doucement derrière. Les deux voix s'envolent. 

Des élèves de Thierry Péala et Verioca Lherm sont présents dans la salle. Ils sont invités à chanter avec leurs professeurs. Edouardo installe une pulsation puissante. Les élèves font le choeur dans la salle. Ils suivent. Cette prestation sera t-elle comptée dans leur notation de fin d'année? Ces jeunes gens sont testés mais ils suivent malgré les difficultés vocales proposées. 

Duo entre la guitare de Verioca & les percussions d'Edoardo. Edoardo explique à Thierry que ce moment est à deux, Verioca & lui. Thierry ne doit pas être jaloux. C'est vous dire le bon esprit qui règne dans ce ménage à 3, lectrices vénérées, lecteurs vénérables. Dialogue subtil entre la légèreté de la guitare et l'ancrage du tambourin. Je hoche la tête et bats la mesure de la cuisse, hypnotisé par la musique. Thierry gagne le droit de s'ajouter en chantant "Nega ".

Amina Mezaache revient sur scène avec sa flûte. " It's only love ". C'est le titre du morceau et résume bien l'ambiance du concert. Un petit air léger, joyeux. La flûte chante bien groupée, avec guitare et tambour.

" Marguerita ". Soit c'est un hommage à un coquetèle comme " Sangria " soit à la reine d'Italie qui donna son nom à une pizza tricolore (rouge de la tomate, blanc de la mozzarella, vert du basilic). Cf vidéo sous cet article. Une ballade tout en douceur. Ca balance. Je m'endors au Brésil, bercé par un vague neuve (Bossa Nova). Conclusion de la chanson en français: " Elle attend. Elle a tout le temps qu'il faut. Elle a le temps pour attendre le temps. " Des paroles de la Belge Maurane qui aimait chanter avec la Brésilienne Tania Maria.

" 210 West ". L'adresse de Tania Maria à Manhattan, New York, USA. Percus et flûte en fête. Un homme et une femme dansent ensemble entre deux rangées de fauteuils. Sans chabada bada bada. Bel hommage à Jean-Louis Trintignant. La chanteuse et la flûte montent dans les aigus. La flûte produit un chant d'oiseau pour finir en douceur. Le couple d'amoureux s'en va.

" Come with me ". Joué sans basse ni piano mais avec de la guitare et des percussions tout de même C'est funky. Le percussionniste chauffe. Les voix de Thierry et Verioca sont chaleureuses à souhait. Ca donne envie de rester avec eux. Je participe au chant comme tout le monde. 

Du Sunset, j'ai gravi un étage pour arriver au Sunside assister à la dernière demi-heure du duo Lou Tavano (chant) & Alexei Asantcheeff (piano, guitare, chant), déjà célébré sur ce blog. En 30 mn, je fus d'abord agacé, puis charmé avant de finir ému aux larmes. 

 

Thierry Péala & Verioca Lherm animeront un stage de chant " Jazz et Brésil " du dimanche 31 juillet au samedi 6 août 2022 au château de Ratilly à Treigny (Yonne, Bourgogne Franche-Comté, France).

 

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Dizzy Gillespie Président: Une histoire particulière sur France Culture avec Guillaume Lagrée

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices engagées, lecteurs impliqués, en plus de ce blog qui fait vos grandes délices, vous pouvez écouter mon émission Le Jars Jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris). Pas de podcast mais plusieurs diffusions dans le mois aux jours et heures indiqués.

Couleurs Jazz Radio est une webradio associative qui diffuse du Jazz 24h/24 sans publicité. Vos dons sont les bienvenus et déductibles de vos impôts si vous êtes contribuables en France, lectrices engagées, lecteurs impliqués.

Suite à la publication d'articles sur Dizzy Gillespie, me voici convié sur France Culture dans l'émission Une histoire particulière diffusée en 2 parties samedi 18 juin et dimanche 19 juin 2022 de 13h30 à 14h (heure de Paris).

Thème de l'émission réalisée par Pierre Lorimy: Dizzy Gillespie Président.

Des invités prestigieux, dont l'Excellent auteur de ce blog, expliqueront la candidature de Dizzy Gillespie (1917 - 1993) à l'élection présidentielle américaine de 1964. Avec paroles et musiques. 

Si les jours et heures de diffusion des émissions ne vous conviennent pas, pas de panique. Vous pourrez les écouter en podcast, selon votre bon plaisir, lectrices engagées, lecteurs impliqués. 

En extrait audio au dessus de cet article, The Quintet Live at Massey Hall , Toronto, 1953, joue une chanson de Dizzy Gillespie: Salt Peanuts. Charlie Parker (sax alto), Dizzy Gillespie (trompette, chant), Bud Powell (piano), Charles Mingus (contrebasse), Max Roach (batterie). La quintessence du Be Bop en un quintette. 

Dans la vidéo ci-dessous, enregistrée au Monterey Jazz Festival édition 1963, Jon Hendricks rejoint l'orchestre sur scène pour chanter la chanson de campagne électorale de Dizzy Gillespie, Vote Dizzy! Sur l'air de Salt Peanuts, bien entendu. 

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Le Studio de l'Ermitage dit Ok à Okun

Publié le par Guillaume Lagrée

Aurelien Bouly

" Okun "

Le Studio de l'Ermitage

Paris, Ile de France, France

Vendredi 10 juin 2022, 21h

Concert de sortie de l'album " Okun "

 

Aurelien Bouly: guitares, MC, direction

Lester Alonso Vasquez: batterie, percussions, chant

Jean-Luc Pagni: guitare basse électrique, flûte traversière, orchestration cuivres

Francisco " Pancho é Gonzales Amador: congas, tambores bata

Stéphane Morin: guitare 12 cordes

Anais Ramos: chant

Hippolyte Fèvre: trompette, bugle

Mathieu Vernes: sax ténor, sax alto, clarinette

" Okun " signifie " corde " en yoruba, langue d'Afrique de l'Ouest (Bénin & Nigeria actuels) qui est utilisée dans les rites de la santeria à Cuba. Le  fidèle abonné franco béninois de ce blog, dont le Yoruba est une des langues natales, ne m'a pas signalé ce détail. Il est pardonné tant qu'il reste abonné. Cordes comme celles des guitares et comme les liens qui unissent Amérique, Afrique et Europe à travers le Jazz et la musique de ce projet. Comme l'explique bien Aurélien Bouly, il ne joue pas cubain, il joue avec des Cubains. Nuance. Les Français sont aux instruments à cordes, les Cubains aux instruments à percussion et au chant. 

" Puerto Padre " (Emiliano Padre). Une chanson à la gloire de la ville natale de l'auteur. Sur le mur de fond de scène sont projetées des photos et des peintures. Les peintures sont l'oeuvre d'Aurélien Bouly. Cet homme sait tout faire. Il commence à la guitare électro-acoustique. Ca balance tranquille. Bonne vague. Sur un coup de baguette du batteur, ça se révelle. Les Cubains chantent, pulsent comme il faut. Les Français suivent. Je roule de la tête et des épaules. Ma voisine de gauche bat la mesure des pieds. Mon voisin de droit idem. Bref, ça marche.

Aurélien Bouly passe à la guitare électrique pour un standard du Jazz. " What is this thing called love ? " (Cole Porter). Qu'ils jouent sur un rythme de changui qui vient de Guantanamo où il n'y a pas seulement une base américaine et des prisonniers sans procès légitime. C'est bien le thème de Cole Porter mais sur un rythme afro cubain. Ca le fait. " Le rythme afro cubain est comme la joie de l'homme qui a découvert le feu " (Michel Leiris). Le conguero chauffe dur.

1879: naissance du danzon à Cuba, une musique inspirée du quadrille français, créolisé à la cubaine. 1879: adoption de la Marseillaise comme hymne national de la République française. Elle l'est toujours (article 2 de la Constitution de la Ve République).

Changement de programme. Le groupe ne joue pas la Marseillaise mais un classique du Latin Jazz, joué par John Coltrane notamment, " Afro Blue " (Mongo Santamaria). Un spectateur cubain bat la mesure dans ses mains. Je le présume Cubain car il parle espagnol et semble en symbiose avec la musique. Le percussionniste est passé aux tambours bata. Ca sonne plus grave que ses congas. Tout se calme pour mieux faire ressortir le solo de guitare électrique. La tension montre entre guitare, batterie et percussions. Le bassiste tient la ligne directrice.

Les souffleurs montent sur scène. Trompette et sax ténor. Ainsi que la chanteuse.  Pour jouer et chanter " La Marseillaise " en danzon. Cf extrait audio au dessus de cet article. C'est bien la Marseillaise au rythme du danzon. Ca balance tranquille. Les souffleurs y ajoutent une langueur supplémentaire. Il n'y a pas que le rythme qui change. Les paroles aussi. " De Marseille à Cuba ". Les musiciens font le choeur. La chanteuse assure terrible: voix, déhanché. Tout bouge et tout est en place. Solo de sax ténor avec un son chaud, viril. Sur un rythme caribéen, je pense forcément à Sonny Rollins. Solo de trompette bien dans l'esprit lui aussi. Ca brille et ça pète. 

" Mambo influenciado " (Chucho  Valdes). La chanteuse est partie. Sax alto et trompette. Pas de piano pour jouer cette oeuvre d'un pianiste. C'est énergique. Solo de sax alto suave à souhait sur une rythmique endiablée. Solo de trompette avec sourdine Harmon. Plus dans le style de Dizzy Gillespie que de Miles Davis. Logique sur un mambo. Duel conga batterie ponctué par les guitares, basse incluse.

" Song for my father " (Horace Silver). Le bassiste se met à la flûte traversière. Le batteur passe aux percussions. Un thème funky aux racines du Cap Vert, pays natal du père d'Horace Silver ( " Cantiga para meu pai " est le 2e titre du morceau, en portugais). Cela s'entend. La flûte s'y ajoute très bien. Trompette et sax ténor. 1er solo à la guitare 12 cordes. Il joue bien dans l'esprit cap verdien. La saudade. Joli solo de flûte. Le flûtiste reprend sa basse. Solo de sax ténor. Ici, c'est la mémoire de Joe Henderson qui plane. Solo de clarinette pour finir.

Solo de trompette alors que le groupe enchaîne sur un autre air, cubain celui là. Ca brille et pète joyeusement. Retour du sax ténor. 

Les souffleurs sortent de scène. Une rumba d'un quartier de la Havane. Tous les musiciens sont aux percussions. Les Cubains jouent et chantent. Ca balance bien. Ils auraient pu rappeler la chanteuse. Les Français font le choeur. 

Retour aux guitares et retour de la chanteuse. " El Raton " ( Cheo Feliciano). Ca balance tout en douceur et en souplesse. La chanteuse est toujours en pleine forme, rayonnante. Mes voisins Cubains chantent joyeusement. Deux Messieurs à cheveux blancs qui ne boudent pas leur plaisir. Beau solo de guitare électrique ludique, bien funky, bien rythmé.

La guitare accélère. Le groupe suit. Aurélien Bouly se prend pour Carlos Santana, Mexicain pour sa part. Premier solo de basse. Bien funky. Bien humide. Bonne vibration. Dialogue hypnotique basse, guitare, percussions. Ca vient de Carlos Santana, c'est clair. Bien joué. 

Une chanson française. " La foule " chantée par Edith Piaf, Française d'origine italienne. J'apprends d'Aurélien Bouly qu'il s'agit d'une valse argentine, d'origine péruvienne. La mondialisation ne date pas d'hier. La chanteuse n'est pas sur scène. La guitare remplace l'accordéon de la version française. La furia francese avec una salsa cubaine. 

Aurélien Bouly revient à la guitare sèche pour " Cuenta le alla luna " (?). Une ballade comme son titre l'indique. Un spectateur, proche de la scène, essaie une anche. Logiquement, ça doit être un musicien invité. 

Saxophoniste et trompettiste remontent sur scène. " Douce ambiance " (Django Reinhardt). Ce mélange jazz manouche et afro cubain, c'est la marque de fabrique d'Aurélien Bouly. Clarinette. Ca sonne klemzer. La trompette, elle, sonne franchement cubaine. Tout comme le solo de guitare électrique.

Un hommage à Chano Pozo, le percussionniste mythique de l'Atomic Big Band de Dizzy Gillespie (1946-1948) par Aurélien Bouly, " Misterio Divino ". Cf vidéo sous cet article. Le spectateur monte sur scène. Philippe Nadeau au sax ténor. Dialogue basse congas bien funky. La guitare électrique aussi. Deux saxs ténors plus le bugle pour un son plus mat des souffleurs. Solo du citoyen Nadeau au sax ténor. La force tranquille. Beau gros son. Il projette sans effort apparent. Le guitariste 12 cordes ajoute ses pincements. Le fluide sympathique circule entre basse, batterie et percussions. La guitare électrique s'ajoute puis les souffleurs. Ca tient chaud au coeur et à l'âme.

En rappel, la chanteuse a rejoint tout le groupe pour un final jubilatoire.

 

Annoncé à 21h, le concert a commencé à 21h45. Ouï la qualité du concert et l'ambiance dégagée par le groupe, cela valait la peine d'attendre. A revoir en plein air dans les festivals de Jazz de l'été 2022.

 

 

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