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Lenny Popkin Trio comble le Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Lenny Popkin Trio

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Samedi 18 mars 2017, 20h

Lenny Popkin: saxophone ténor

Gilles Naturel: contrebasse

Carol Tristano: batterie

 

Salut au 33e abonné de ce blog. Belle vie à lui.

 

La dernière fois que j'ai été écouter le trio de Lenny Popkin en concert, c'était en décembre 2013 sur la péniche l'Improviste à Paris. Retourner écouter Lenny Popkin, c'est comme revenir voir un paysage connu et aimé. Vous ne serez pas surpris mais vous serez charmé. Je ne suis pas le seul à le savoir car la salle est archicomble. 20h le samedi, entrée à 10€ (2 fois moins cher que d'habitude), cela explique aussi le succès.

Lenny Popkin fut le disciple du pianiste et compositeur Lennie Tristano (1919-1978). Il a même épousé la fille de Lennie, Carol, qui l'accompagne à la batterie. Bel exemple d'harmonie conjugale. Gilles Naturel au centre se glisse sans s'immiscer.

Pas d'attaque. Le son du ténor glisse comme un patineur élégant sur un lac gelé. Pulsation ultra régulière mais jamais machinale. C'est l'école Tristano: le batteur doit fournir du soutien mais ne jamais la ramener. Le ténor chante. Personne ne joue aussi Cool que Lenny Popkin (1941) en 2017. Lee Konitz se fait vieux (1927). Wayne Marsh et Stan Getz sont morts. Heureusement, Lenny Popkin demeure pour nous transmettre son art. Ca swingue toujours et ne groove jamais. Le public écoute attentivement, captivé. La barmaid fait du bruit mais personne ne lui reproche de faire son métier.

Ce sont certainement des standards mais Lenny Popkin les façonne si subtilement que les titres m'échappent. Balais maintenant. Tout coule (Héraclite).Personne n'a présenté les musiciens. Les musiciens ne présentent pas les morceaux. " Music speaks for itself " (Miles Davis). Cette musique est digne d'un songe de Boudha. Qu'est ce que cela respire! Marche pas à pas mais surtout pas à un rythme militaire. Souple et relâché.

Un standard dont je reconnais l'air. Carol toujours aux balais. Ca balance gracieusement comme du linge qui sèche au gré du vent. Mon voisin, fan de Lenny Popkin, bat la mesure avec son verre. " Pour tenir dans ce métier, il suffit de connaître 7 chansons " (Lee Konitz). Leçon bien retenue par Lenny Popkin. La classe tranquille. Ca marche. Les amoureux devant moi s'enlacent, bercés par cette harmonie conjugale et amicale.

" C'est presque un chat " admire mon voisin. Mieux encore, c'est un cat puisque c'est un Jazzman. Carol reprend les baguettes. Une ballade souple et tranquille. De temps en temps, une attaque du sax pour me surprendre et me démentir. Si rare qu'elle n'en a que plus de prix.

" There will never be another You ". Carol est aux balais. Tempo léger, rapide mais pas trop. C'est charmant d'entendre mari et épouse jouer ce thème. Ce n'est pas l'amour conjugal à la manière d'Alberto Moravia, heureusement pour eux. Un " Oh " d'extase jaillit du fond de la salle. Le trio déroule son tapis volant. Il y a tant de batteurs qui cognent et ne savent pas jouer des balais de nos jours. Qu'ils prennent des cours avec Carol Tristano! Ecoute recueillie. C'est à peine si les soli sont applaudis. Le trio est si soudé que la notion de solo n'a pas grand sens ici d'ailleurs.

Lenny entame une ballade. Ca ondule comme les feuilles d'un saule pleureur sous une brise d'un printemps ensoleillé. Bref, paisible. Une blonde cause au bar se croyant plus intéressante que la musique.

Tempo rapide. Carol aux baguettes. Toujours légère et fluide. Libre comme l'air. La barmaid a disparu. Le bar est en autogestion mais les clients sont sages et captivés par la musique. Personne n'ose se servir. Joli solo à l'archet, délicatement soutenu par la batteuse aux baguettes. Ca grince joyeusement. La musique fonctionne toujours sur les amoureux.

Lenny Popkin ne nous parle pas mais sa musique nous dit tellement. Un standard reconnaissable. Une ballade. " These foolish things " (remind me of You). Carol aux balais. La plus belle version chantée est celle de Frank Sinara après qu'Ava Gardner l'ait quitté. C'est du massage neuronal.

" What is this thing called love? ". Tempo rapide. Baguettes. La barmaid revient officier. Je suis prêt à témoigner que rien n'a été dérobé durant son absence. La batterie cliquète, la contrebasse impulse et le sax s'envole en fumée. Premier solo de batterie du concert. aux baguettes. Carol ne cherche pas à impressionner mais à raconter une histoire. Cette fois, elle monte le son mais sans agressivité. Toujours une pulsation régulière derrière les ornementations.

Lenny présente les musiciens en français avec un délicieux accent américain. Il annonce même le morceau suivant. " Star eyes ", je crois. Stan Getz le jouait comme le note avec justesse mon voisin. Carol est de retour aux balais. Voilà un homme qui voit des étoiles dans les yeux de sa femme et réciproquement. L'eau qui coule pour laver les verres, c'est raccord avec cette musique si fluide, sans aspérité.

" Merci beaucoup. Nous pourrions jouer pour vous pendant des heures mais nous devons partir pour l'autre orchestre. Vous êtes très gentils ". Lenny Popkin.

Tout est dit. Place à Thomas Savy.

 

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Hail Hail Chuck Berry! (1926-2017)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Rock, lecteurs Roll, roulez sur Beethoven, annoncez à Tchaïkovski la nouvelle, Chuck Berry est mort.

Pour situer le personnage, voici quelques pensées de musiciens:

" Si on devait donner un autre nom au Rock'n Roll, on devrait l'appeler le Chuck Berry " (John Lennon)

" Quand j'ai rencontré Chuck Berry, je n'ai pas compris pourquoi il parlait toujours de son putain de fric et jamais de sa putain de guitare. Puis j'ai joué sur scène avec lui et j'ai compris pourquoi il ne parlait jamais de sa putain de guitare " (Keith Richards)

" Suck baby suck sur un disque de Chuck Berry Chuck " (Serge Gainsbourg).

" Le Roi du Rock'n Roll, c'est Chuck Berry. Même ma mère me le disait " (Jerry Lee Lewis)

" Seuls ces crétins de Blancs américains croient qu'Elvis Presley est le Roi du Rock'n Roll. Le reste du monde sait que c'est Chuck Berry " (Miles Davis)

Chuck Berry a apporté au Rock'n Roll ses riffs de guitare, son jeu de scène (le duck walk repris par Angus Young d'ACDC, un de ses fans) et ses thèmes métaphysiques essentiels: la voiture et la fille dans cet ordre de préséance car c'est la voiture qui permet d'avoir la fille et non l'inverse. Exemple: son premier hit " Maybellene " (1955).

Un garçon qui ne savait ni bien lire ni bien écrire, qui dormait dans un arbre près de la voie ferrée mais qui faisait sonner sa guitare comme une cloche d'église, c'était Chuck Berry et c'est " Johny Be Goode ", la chanson que la sonde Voyager a envoyé dans l'espace en 1977 à destination d'éventuels extra terrestres et la chanson que joue Marty Mac Flich dans " Retour vers le futur ".

Les Beatles et les Rolling Stones en Angleterre, Johnny Halliday et Eddy Mitchell en France doivent à peu près tout à Chuck Berry.

John Travola fit son retour grâce à " Pulp Fiction " de Quentin Tarantino et à une fameuse séance de danse avec Uma Thurman sur " You never can tell " de Chuck Berry.

Chuck Berry a payé pour d'autres. En musique il existe des accords mineurs et des accords majeurs mais, pour les filles, Chuck Berry préférait les mineures. 2 ans de prison ferme pour détournement de mineure alors qu'à la même période Jerry Lee Lewis, pianiste blanc de Rock'n Roll, épousait sa cousine de 13 ans. Le charme du Vieux Sud...

En affaires, c'était un tueur. Les Beach Boys ont préféré lui payer des droits plutôt que de perdre un procès. " Surfin USA " est si évidemment plagié de " Sweet Little Sixteen " que même un juge blanc américain s'en serait aperçu. Il a aussi payé pour cela: quelques mois de prison pour fraude fiscale plus des travaux d'intérêt général. Dans les années 60-70, il tournait seul avec sa guitare recrutant au passage le groupe le moins cher qu'il pouvait trouver. Après tout, tout le monde connaissait sa musique, non? Bruce Springsteen, adolescent, fut l'accompagnateur de Chuck Berry.

Prétendre être guitariste de Rock sans savoir jouer " Johny Be Goode " de Chuck Berry est aussi absurde que prétendre être guitariste de Jazz sans savoir jouer " Nuages " de Django Reinhardt.

Tout a commencé en 1955 non pas à Menphis Tennessee mais à Chicago lorsque Muddy Waters l'a laissé entrer dans les studios Chess Records et que Willie Dixon (contrebasse) l'a accompagné et produit.

L'intégrale Chess Records de Chuck Berry (1955-1965) est disponible dans le commerce. Indispensable. Je ne saurais m'en passer lorsque je prends la route avec mon épouse. Une voiture + une femme = Chuck Berry.

Si votre patron vous fait suer, chantez lui " Too much monkey business " et préparez vous à trouver un autre travail. SI vous n'avez pas peur de finir en prison pour détournement de mineures, chantez leur " Baby Doll " ou " Sweet Little Sixteen ".

En 1986, pour ses 60 ans, Chuck Berry se vit offrir par son admirateur Keith Richards, le guitariste des Rolling Stones, un concert avec des amis choisis et le récit de sa vie. Le tout est disponible en film sous le titre " Hail Hail Rock'n Roll! "

Comme " Be Bop " est une composition de Dizzy Gillespie, " Rock'n Roll Music " est une chanson de Chuck Berry. " It's got a backbeat You can use it any old time You chose it. It"s gotta be rock'n roll music if You wanna dance with me ".

Le Rock'n Roll, comme le Jazz, est une musique créée par des Noirs aux Etats Unis d'Amérique  que les Blancs se sont appropriés. Comme pour le Jazz avec Louis Armstrong, le Roi du Rock'n Roll est Noir. Il s'appelle Chuck Berry.

Pour plus d'informations, voyez le riche dossier " Chuck Périt " dans les pages Culture de Libération.

Au Newport Jazz Festival de 1958, sous l'œil amusé de Jack Teagarden (tromboniste de Louis Armstrong), Chuck Berry est sur scène accompagné du batteur de Count Basie, " Papa " Joe Jones et du clarinettiste de Duke Ellington, Barney Bigard. Chuck joue et chante " Sweet Little Sixteen ". Pas de voiture en vue mais l'effet sur les filles est visible.

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Festival Jazz et Images au Cinéma Balzac, à Paris, de 2016 à 2017

Publié le par Guillaume Lagrée

Cinéma Balzac

Paris, Ile de France, France

Festival Jazz et Images 

De décembre 2016 à mai 2017

Lectrices cinéphiles, lecteurs mélomanes, le festival Jazz et Images au Cinéma Balzac, 1 rue Balzac, 75008 Paris, France, n'a pu vous échapper. J'ai largement parlé de la première édition sur ce blog.

On ne change pas une équipe qui gagne. Le saxophoniste, compositeur, leader et professeur Vincent Le Quang s'y colle de nouveau, organisant une soirée par mois: un film documentaire sur un Jazzman mort ou vif précédé d'un concert hommage au dit Jazzman, avec sa participation s'il est encore en vie.

Au programme pour la 2 édition:

- vendredi 2 décembre 2016 à 21h: John Coltrane Quartet au festival de Jazz de Comblain-les- Tours, en Belgique, le 1er août 1965 précédé du quartet de Vincent Le Quang. 

- vendredi 24 février 2017 à 21h: Jazz au Studio 3: Blues Again ( 1961) avec Memphis Slim, Jeanne Lee, Ran Blake, Pierre Michelot, Kenny Drew précédés du trio Yes is a pleasant country (Jeanne Added, Bruno Ruder, Vincent Le Quang)

- vendredi 17 mars 2017 à 21h: Thelonious Monk Quartet Live (1966) précédé du trio Sophia Domancich/Simon Goubert/Vincent Le Quang;

- vendredi 28 avril 2017 à 21h: Made in France (1989) précédé de François Jeanneau Quartet, le saxophoniste sujet du film.

- vendredi 12 mai 2017 à 21h: Le Vieux et le Président, hommage à Sidney Bechet et Lester Young (1959) précédé de New Orleans Revival, groupe composé d'élèves de Vincent Le Quang au Conservatoire National supérieur de musique et de danse de Paris.

- vendredi 9 juin 2017 à 21h: soirée Dizzy Gillespie avec un concert filmé à Paris au studio 104 de la Maison de la Radio en 1970 et un concert d'Airelle Besson.

- vendredi 23 juin 2017 à 21h: soirée Daniel Humair sur scène et à l'écran

 

Lectrices cinéphiles, lecteurs mélomanes, retrouvez vous un jour de Vénus par mois, à 21h, au Cinéma Balzac, à Paris, pour le festival Jazz et images. J'aurais grand plaisir à vous y rencontrer.

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Soirée Thelonious Monk au Balzac

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz et Images

Soirée Thelonious Sphere Monk

Cinéma Balzac

Paris, Ile de France, France

Vendredi 17 mars 2017. 21h.

1ère partie:

Concert du trio inédit

Sophia Domancich: piano

Simon Goubert: batterie

Vincent Le Quang: saxophone ténor, soprano

 

Sophia Domancich et Simon Goubert sont compagnons de vie et de musique depuis des années. Vincent Le Quang s'ajoute à ce duo pour la première fois ce soir.  Etant donné le thème de la soirée, ils ne joueront que des compositions du pianiste Thelonious Sphere Monk (1917-1982).

Ils commencent par " Shuffle Boy " que je ne connais pas. Sax soprano. La langue de Monk se reconnaît à ses accents toniques, son art de décaler les sons comme dit Madame la Comtesse. C'est étrange, ça swingue et ça danse. Bref, c'est du Monk. Un cinéma où je peux écouter puis voir du Monk et étaler mes jambes, quel pied! Duo pianiste/batteur. Ces deux là s'entendent bien.

" Misterioso " titre d'un album live en concert avec Johnny Griffin, le meilleur saxophoniste de Thelonious Monk (pochette de Giorgio de Chirico, " Le Voyant "). Sax ténor. Démarrage piano& ténor avec un son velouté. Le thème est joué au ralenti. Ca sonne comme une descente infinie d'escalier vers le Néant. " Jouer avec Monk, c'est appeler l'ascenseur. L'ascenseur arrive, les portes s'ouvrent, vous faites un pas en avant et il n'y a pas d'ascenseur " (John Coltrane). Simon Goubert fait vibrer doucement les cymbales sous les baguettes. Le trio joue le thème au ralenti. Choix stylistique. Le tempo s'accélère progressivement pour déboucher sur un morceau plus énergique. Bien. Retour au thème en decrescendo jusqu'au final.

" Well You needn't " et " Round about midnight " joués enchaînés. Simon attaque énergiquement aux baguettes sur les cymbales. Premier solo de batterie, puissant et construit. Ca marche, danse, roule, déroule sous les baguettes puis le soprano lance " Well You needn't ". Simon est passé aux balais et masse les tambours. Joli solo de piano souligné par le chant aigre doux du soprano. Simon fait cliqueter les cymbales. Solo de piano par vagues qui nous emportent, toujours sur la base de " Well You needn't ". Vincent passe au sax ténor. Solo de batterie aux baguettes avec de belles vibrations des cymbales. Vite et fin. Le sax ténor enchaîne sur " Round midnight " qui pourrait avoir été composé par Bud Powell et offert à son ami Thelonious Monk. D'éminents experts en discutent encore. Beau grain au ténor. Retour au trio et aux balais. Ils distillent les sons comme des maîtres parfumeurs. Duo piano& batterie aux maillets. La grâce et la classe. Le trio repart avec de joyeux canards du ténor. Simon aux baguettes. Sophia garde les mains fermes. C'est toujours " Round midnight " mais en accéléré, à la Coltrane. Final incandescent.

RAPPEL

Sax soprano. Un standard de Monk. Tout en douceur avec le batteur aux balais. Un petit air chantant.

 

2e partie:

Film

Thelonious Monk Quartet.

Live in Norway and Denmark, 1966

Thelonious Monk: piano

Larry Gales: contrebasse

Ben Riley: batterie

Charlie Rouse: saxophone ténor

 

Concert donné dans l'Aula Magna de l'université d'Oslo en Norvège reconnaissable aux tableaux d'Edvard Munch sur les murs.

Puis un concert au Danemark.

 

Je vous laisse les savourer en regardant la vidéo sous cet article, lectrices Be, lecteurs Bop.

 

Prochaine soirée Jazz et Images au cinéma Le Balzac vendredi 28 avril 2017 à 21h consacrée au saxophoniste français François Jeanneau sur scène et à l'écran.

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Elise Caron " Nouvelles antiennes " au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Elise Caron

" Nouvelles antiennes "

Le Triton, Les Lilas (93)

Samedi 11 mars 2017. 20h.

Elise Caron: chant, clavier électrique, guitare acoustique

Denis Chouillet: piano

Lectrices enchanteuses, lecteurs enchantés, mon plaisir à écouter ce concert fut grand mais ma chronique sera courte car mes notes sont illisibles. Tels sont les aléas du direct.

Une comptine désabusée sur la politique, la vie.

Puis un poème urbain sur le chant du merle contre les voitures. Comme c'est un conte, le merle gagne.

Une chanson sur le pardon. Devant moi, une dame dessine Elise Caron à ne pas confondre avec l'artiste peintre québecoise homonyme.

Elise Caron, la notre, chante des antiennes nouvelles, enfin, créées depuis 2008 mais pas encore enregistrées. Par ailleurs, le Triton ressort un précédent album " Eurydice bis " (2006),inspiré du mythe grec d'Orphée et Eurydice. Le programme de ce soir mêle donc nouvelles et anciennes antiennes.

Une chanson sur une idiote. Méfiez vous de cette idiote car c'est Elise Caron qui la chante. C'est une chanson sur la liberté en fait.

Même quand elle chante une chanson anarchiste, sans dieu ni maître, elle ne se prend pas au sérieux, contrairement à Léo Ferré.

De l'onirisme poétique, Elise Caron passe en un clin d'œil au réalisme politique avec " Marinade " chanson sur une fille de port, digne des Dames d'Asmterdam chères à Jacques Brel mais vues cette fois, d'un point de vue féminin.

Elise Caron est à la fois maman et putain, fée et sorcière, victime et auteur, chanteuse et comédienne. Pour une femme brillant de tant de facettes, il faut un complice à la hauteur.

Denis Chouillet l'est depuis des années. Assis face à son piano, il est léger et lourd, aérien et terrien, grave et aigu. Un vrai partenaire de double mixte.

En rappel, Elise Caron incarne encore deux femmes différentes " La boulangère " (chanson idiote et assumée comme telle), " La belle au bois dormi " (chanson conte).

Monsieur C est descendu plein Sud, de Lille (59) aux Lilas (93) pour découvrir Elise Caron. Il n'a pas regretté son voyage.

Pour vous faire votre propre idée, lectrices enchanteuses, lecteurs enchantés, vous trouverez sous cet article l'intégralité de ce concert filmé au Triton le samedi 11 mars 2017.

La photographie d'Elise Caron est l'œuvre du Stupéfiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Elise Caron par Juan Carlos HERNANDEZ

Elise Caron par Juan Carlos HERNANDEZ

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Ella, Dizzy & Monk ont 100 ans en 2017

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Be, lecteurs Bop, outre le centenaire officiel du Jazz, il ne vous a pas échappé que l'an 2017 est celui des 100 ans de trois Géants du Jazz:

Ella Fitzgerald (1917-1996)

Dizzy Gillespie (1917-1993)

Thelonious Monk (1917-1982)

S'intéresser au Jazz sans connaître ces trois créateurs serait pire qu'une erreur, ce serait une faute.

Ils sont joués, aimés, copiés et imités dans le monde entier.

Ecoutez Amy Winehouse ou Lady Gaga, vous entendrez l'influence d'Ella Fitzgerald.

Pour vous inciter à les écouter sans cesse, lectrices Be, lecteurs Bop, voici un extrait de " Bird and Diz ", album qui réunit Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Curly Russell et Buddy Rich. Un album de 1950 qui fait encore pâlir d'envie bien des Jazzmen en 2017.

Enfin, en vidéo, la First Lady of Song, Ella Fitzgerald, accompagnée par un quintette de rêve, Oscar Peterson (piano), Ray Brown (contrebasse), Herb Ellis (guitare), " Papa " Jo Jones (batterie) et Roy " Little Jazz " Elridge  (trompette) en concert en 1957. " It don't mean a thing if it ain't got that swing " (Duke Ellington). Plus qu'une chanson, un art de vivre.

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Averty C'est Moi (1928-2017)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Hot, lecteurs Swing, nous devons tant à Jean-Christophe Averty, cinglé du music-hall, dingue de la télé, givré de théâtre, malade de littérature, fondu de peinture, fou de Jazz qu'une vie ne suffirait pas à raconter tout ce qu'il nous a apporté.

" Un homme qui n'aime pas le Jazz n'aime ni la vie, ni l'amour, ni la liberté. En bref, c'est un con " (Jean-Christophe Averty).

Parmi mille et mille merveilles, son film pour illustrer l'album concept de Serge Gainsbourg " Melody Nelson " (1971) demeure.

Sa vie il l'a raconté en 5 émissions pour France Culture en 2015.

Ses archives sont en lieu sûr à l'Institut National de l'Audiovisuel depuis 2012.

En son honneur, Martial Solal composa " Averty C'est Moi " qu'il joua en trio avec Guy Pedersen (contrebasse) et Daniel Humair (batterie) lors d'un fameux concert  " Jazz à Gaveau " en 1962.

Enfin, Jean-Christophe Averty est indissociable du festival international de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins depuis sa création en 1960.

Le film ci-dessous a été réalisé par Jean-Christophe Averty lors de l'édition 1964 du festival d'Antibes. Vous y trouverez notamment le trio de Martial Solal mentionné ci-dessus, un tout jeune Jean-Luc Ponty, Lionel Hampton (vibraphone)

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Roger " Kemp " Biwandu " Three ( two girls and a boy) "

Publié le par Guillaume Lagrée

Roger " Kemp " Biwandu

" Three (two girls and a boy ) "

Jazz Family

Sortie le vendredi 17 mars 2017

Roger " Kemp " Biwandu: batterie

Jérôme Regard: contrebasse

Irving Acao: saxophone ténor

Invités

Vincent Bidal: piano (4)

Tutu Poane: chant (4)

Stéphane Belmondo: trompette (7)

Concerts de sortie

mardi 4 avril  2017 à 20h30 au Rocher de Palmer à Cenon (33)

samedi 8 avril 2017 à 19h30 et 21h30 au Duc des Lombards à Paris (75)

Roger Biwandu est né à Bordeaux en 1972 de parents Congolais ( du Congo Kinshasa). Enfant, il a été influencé par la musique de ses sœurs qui écoutaient du rock blanc (Police, Toto). Il a pris les baguettes dès la fin des années 70 pour ne plus les lâcher depuis jouant aussi bien dun Funk, du Jazz, de la Pop, de la musique africaine, bref toutes musiques où la batterie est indispensable.

Roger Biwandu est aussi un sportif, ancien joueur de rugby et fan du basketteur Shawn Kemp d'où son nom de scène Roger " Kemp " Biwandu.

Enfin, Roger Biwandu est père de trois enfants, 2 filles et un garçon et sort son 3e album comme leader. D'où, en toute logique, un album en trio intitulé " Three (two girls and a boy)". Les enfants sont avec lui sur la couverture de l'album mais de dos pour respecter leur vie privée. Bien vu Roger. Sur la pochette, ils posent devant un café nommé l'Apollo. Ce n'est pas la fameuse salle de Harlem à New York où triomphèrent Ella Fitzgerald et James Brown mais l'allusion est évidente.

Roger Biwandu a adopté ici une formule purement Jazz avec Jérôme Regard à la contrebasse et Irving Acao au saxophone ténor, artistes déjà louangés sur ce blog par ailleurs.

Impossible de ne pas penser à Sonny Rollins avec un pianoless trio de la sorte. Pour autant, Irving Acao est Cubain, pas New Yorkais même si les parents de Sonny Rollins sont Caribéens et si Roger Biwandu est Bordelais, c'est l'African Beat qu'il joue ici.

Ce ne sont que des compositions personnelles mais qui sonnent comme des standards sauf une chanson de Michael Jackson " Black or white " (n°4). Je préfère toujours Prince à l'auto proclamé King of Pop.

Irving Acao est chaud. Chaud, chaud, Acao! Jérôme Regard pose le sien avec bienveillance sur cette musique. Roger Biwandu fait feu de tout bois. Heureusement pour nous, il n'a pas la carrure de Shawn Kemp dit " Reignman " (2m08,117kg), un des meilleurs contreurs et dunkers de l'histoire de la NBA. Il ne joue pas en force.

Roger Biwandu est un homme fidèle. Il joue ici une nouvelle version de " For Palmer " (n°7) titre de son 2e album hommage au " Rocher de Palmer " à Cenon (33) où il apprit la batterie et où il jouera le concert de sortie de cet album mardi 4 avril 2017. Cette version il la joue avec son vieil ami Stéphane Belmondo (trompette).

Ecoutez bien l'album jusqu'au bout car après le dernier morceau et un temps de silence il y a une surprise, une madeleine sonore fort agréable ma foi.

Lectrices affamées de rythmes, lecteurs assoiffés de mélodies, pour vous donner un avant-goût de cette musique, vous trouverez ci-dessous une vidéo enregistrée en studio lors de la réalisation de l'album " Three  (two girls and a boy) ") de Roger Biwandu.

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Benjamin Moussay & Alain Jean-Marie croisent leurs pianos au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Pianos croisés

Le Triton, Les Lilas (93)

Jeudi 2 mars 2017, 20h

Benjamin Moussay : piano

Alain Jean-Marie : piano

 

2 pianos ½ queue accoudés sur la scène. Les pianistes se font face. Vus du public, Alain Jean-Marie est à gauche et, par déduction logique, Benjamin Moussay à droite. Ils s’assoient, se regardent et jouent. Tempo medium. Ca ressemble à un standard. Alain Jean-Marie est plongé dans son clavier alors que Benjamin Moussay le regarde de temps en temps. La gestuelle est différente aussi. Chez Alain Jean-Marie, seules les mains bougent et elles ne s’en privent pas. Benjamin Moussay manifeste de tout son être sa joie de jouer. Ils finissent dans l’aigu tous les deux. Ca scintille comme du cristal. C’était « April » de Lee Konitz (variation sur « I remember april » ou " April in Paris " je suppose) puis « Lennie’s pennies » de Lennie Tristano (variation sur « Pennies from heaven »).

« Fleur bleue » (Benjamin Moussay). Une ballade sentimentale mais pas fleur bleue. Un vrai dialogue démocratique entre deux âges et deux cultures.

Un morceau de Thelonious Sphere Monk, sautillant et décalé à souhait.

Une ballade bleue et sentimentale. Benjamin joue sur le clavier et dans les cordes en même temps. C’est « Fleurette africaine » tiré de l’album « Money Jungle » du triumvirat Duke Ellington, Charles Mingus et Max Roach. Pour jouer ce morceau, il faut s’imaginer marcher dans une forêt africaine dense et, dans une clairière, trouver une fleur unique, la regarder, la humer et surtout ne pas la cueillir. Telles furent les consignes données par le Duke à ses partenaires lors de l’enregistrement. Le duo le joue dans cet esprit.

« Hallucinations » hommage de Benjamin Moussay au pianiste Bud Powell devenu fou après s’être fait fracasser le crâne par des policiers blancs américains. « Le be bop c’est le rythme de la matraque du flic blanc sur la tête de l’homme noir : bop, bop, rebop, bebop, bop » (Kenny Clarke). Alain Jean-Marie quitte la scène pour laisser Benjamin jouer.

Mes notes devenant illisibles, car tels sont les risques du direct, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, je vous résume la suite.

Alain Jean-Marie nous annonce un voyage à Cuba et le duo enchaîne trois morceaux cubains où le Caribéen Alain Jean-Marie mène la danse.

C’est seul qu’Alain Jean-Marie joua une biguine dont il a le secret, Benjamin restant sur scène pour écouter et profiter.

Il y eut deux rappels, en duo.

Monsieur R et Madame S venus sur ma recommandation à leur premier concert de Jazz n’ont pas regretté leur voyage. Pour que la flamme du Jazz ne s’éteigne pas, il faut la transmettre à la génération suivante.

Le festival Pianos croisés se poursuit tout le mois de mars 2017 au Triton.

Assez bavardé. Faites vous votre propre idée de cette musique, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs en regardant et écoutant le concert décrit ci-dessus, ci-dessous.

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Renaud Detruit & Florent Sepchat " Fines lames "

Publié le par Guillaume Lagrée

Renaud Detruit

&

Florent Sepchat

" Fines lames "

Collectif La Saugrenue

Une production Cristal Records

Sortie le vendredi 10 mars 2017.

En format digital exclusivement.

Fines lames est composé de

Renaud Detruit: vibraphone, marimba

&

Florent Sepchat: accordéon

Concerts de sortie:

- à Paris, Ile de France, France, au Sunset, mercredi 11 avril à 20h30;

- à Paris, Ile de France, France, à la Bellevilloise, mercredi 3 mai à 20h30;

- à Orléans, Loiret, Centre Val de Loire, France, jeudi 22 juin à 23h dans le cadre du festival Orléans Jazz;

- à Sainte-Maure-de-Touraine, Indre et Loire, Centre  Val de Loire, France, mercredi 23 août à 19h, pour le festival Jazz O' cor des fermes;

- à Orléans, Loiret, Centre Val de Loire, France, vendredi 22 septembre à 18h30, sur la scène extérieure du festival de Loire.

 

Lectrices averties, lecteurs avisés, il ne vous a pas échappé que le titre " Fines lames " pour désigner un duo composé d'un vibraphoniste et d'un accordéoniste est un jeu de mots subtil puisque chacun joue d'un instrument composé de lames.

Pour mériter un tel titre, encore faut-il jouer en finesse. C'est bien le cas ici. La diversité de leur matériau sonore de départ en est un indice. 4 compositions du vibraphoniste (n° 2,3,9 et 10), du jazz d'hier ( " Very early " de Bill Evans, n°7 et " Sang mêlé " d'Eddy Louiss, n°8) et d'aujourd'hui ( " Pouki Pouki " d'Airelle Besson, n°4). Enfin les morceaux n° 116 et 153 du Mikrokosmos de Bela Bartók (n°5 et 6).

Avec toutes ces musiques, deux hommes dialoguent. Malgré le titre de leur duo, il ne s'agit pas d'un duel. Ils nous charment avec " Pouki Pouki ", composition destinée à devenir un standard à mon avis, nous emportent avec leurs " Reflets d'influence " (n°2 et 9).

En un verbe, cette musique me charme. Elle est sentimentale sans sentimentalisme, minimaliste sans être minime. Elle respire le bon goût et l'élégance. Tact et mesure. Tout est dit.

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