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RECLAME: Frédéric Borey en tournée française en mars 2014

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Frederic Borey

 

 

 

 

 

La photographie de Frédéric Borey est l'oeuvre du Splendide Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

RECLAME


Concerts en mars 2014 de Frédéric Borey


Jeudi 6 mars / 21h30

"The Option" / Petit Journal Montparnasse / PARIS
http://petitjournalmontparnasse.com/concert/frederic-borey/
Michael Felberbaum (gt), Leonardo Montana (pno), Florent Nisse (bass), 
Stefano Lucchini (dms), Frederic Borey (ts & comp.)

Jeudi 13 mars / 13h > 19h

Master Class / Centre des Musiques Didier Lockwood / DAMMARIE LES LYS (77)
http://cmdl.free.fr/accueil_fr.htm

 

Jeudi 20 mars / 17h > 20h

D'Addario Reeds Jazz / Rencontre Alban Darche, Frederic Borey, Sebastien Boisseau
https://mail.google.com/mail/u/0/?hl=fr&shva=1#inbox/1446e41411189d7e?projector=1

 

Vendredi 21 mars/ 21H30

"The Option" / Pannonica / NANTES(44)
http://www.pannonica.com/site/concerts/frederic-borey-the-option/ 
Michael Felberbaum (gt), Leonardo Montana (pno), Florent Nisse (bass)   
             
Stefano Lucchini (dms)
Frederic Borey (ts & comp.)
Concert suivi par mon correspondant à Nantes, le mystérieux Mr P.

Thursday 27th / 13h > 19h

Master Class / Centre des Musiques Didier Lockwood / DAMMARIE LES LYS(77)

 

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Samson François improvise

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, après avoir lu " Les avatars du piano " du pianiste et musicologue franco-libanais Ziad Kreidy, vous savez qu'il fut un temps, jusqu'au XX° siècle, où les pianistes dits classiques, se permettaient d'improviser.

Les Variations Diabelli de Beethoven et les Variations Goldberg de Bach ne sont pas autre chose que des improvisations couchées sur le papier à partir desquelles l'interprète est libre d'improviser encore, à sa propre douce manière, comme le fait le pianiste franco-américain Dan Tepfer avec ses Variations sur les Variations Godberg.

Les conservatoires interdisent aujourd'hui l'improvisation aux pianistes classiques. C'est pourquoi, souvent, ils se tournent vers le Jazz pour gagner en liberté. Seuls les organistes ont gardé cette liberté de création spontanée. Quand vous avez devant vous un véritable artiste, et non pas une bête de concours, il se permet cette liberté d'improviser tout en restant dans les canons de son style. C'est ce que se fait ici Samson François (1924-1970) dans cette improvisation au piano datée de 1968. Samson François appréciait le Jazz, fréquentait Martial Solal, buvait et fumait comme un Jazzman. Il restait un pianiste français, héritier de siècles de tradition, pas influencé par la musique venue d'Amérique. Pour autant, il lui arrivait d'improviser. Si  cette élégance, ce toucher de piano pouvaient inspirer les pianistes de Jazz, le niveau général de la musique monterait drôlement plus haut.


 

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Jozef Dumoulin " A Fender Rhodes solo "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Jozef Dumoulin 

" A Fender Rhodes solo "

Bee Jazz. 2014.

Jozef Dumoulin: Fender Rhodes

 

Jozef Dumoulin

La photographie de Jozef Dumoulin est l'oeuvre du Prestigieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices blasées, lecteurs désabusés, voici pour vous le premier album de Fender Rhodes en solo de l'histoire de la musique enregistrée. Comme le saxophone ténor a attendu Coleman Hawkins pour devenir un instrument soliste, le Fender Rhodes attendait Jozef Dumoulin. " Il n'est pas de liberté sans formes " ( Napoléon Bonaparte). Pour créer cet album, Jozef Dumoulin s'est fixé 4 contraintes préalables:

- le Fender Rhodes comme seul et unique instrument

- n'enregistrer que des improvisations

- isoler des morceaux d'une durée " normale " à l'intérieur de ces improvisations (les 16 morceaux durent de moins d'1mn à plus de 7mn)

- éviter les overdubs

Pour les effets, tout était permis. Autre particularité: cet album n'a pas été enregistré en studio ou en concert mais à la maison comme aimait le faire Vladimir Horowitz ou comme le fait aujourd'hui Ziad Kreidy. La raison est la même pour les trois, je pense: c'est parce que c'est chez eux qu'ils se sentent le mieux et que se trouve leur instrument favori, le leur.

Qu'est-il sorti de ce dialogue entre le musicien et son instrument, dialogue aux possibilités démultipliées par les possibilités de l'électronique? Comme l'écriture de Marcel Proust, la musique de Jozef Dumoulin est un océan: soit vous plongez et nagez dedans, en vous laissant emporter, soit vous restez au dehors, effrayé par tant de liberté et de complexité. 

Il s'agit en effet de suivre les méandres de la pensée d'un créateur en action. Les titres annoncent la couleur ( " Dissolve ", " Rapid transportation ", " The entry point ", " Observing disorder ", " Warm black " suivi de " Inner white "). Le titre du morceau final, le 16e, résume toute l'oeuve: " Uncountable small questions " (Petites questions innombrables pour les francophones). " Le rôle d'un intellectuel est de semer des doutes pas de cueillir des certitudes " ( Norberto Bobbio). C'est ce que fait Jozef Dumoulin par sa musique et c'est ce qui la rend si intéressante.

Dire que des malheureux ont besoin de substances illicites et nocives pour atteindre des paradis artificiels alors qu'il suffit d'écouter la musique de Jozef Dumoulin pour se connecter sur un autre univers, inconnu des astronomes et des astrologues.

Pour donner de l'unité à cette pensée musicale sans cesse en mouvement, le rôle des ingénieurs du son est essentiel. Ici, le travail a été confié à des musiciens. Jozef Dumoulin s'est enregistré lui même avec l'aide de Julien Reyboz. Un autre musicien belge, le batteur Dre Pallemaerts, s'est occupé du mixage et de la masterisation. Jozef et Dre jouent ensemble depuis des années. Ils se connaissent, s'apprécient, se comprennent. Seul un partenaire de cette qualité pouvait finir la matière de cet objet sonore non identifié.

Lectrices blasées, lecteurs désabusés, isolez vous, enfermez vous, éloignez de vous toute perturbation et écoutez " A Fender Rhodes solo " par Jozef Dumoulin. Vous en sortirez comme un plongeur, heureux de retrouver l'air et la lumière, mais grisé par un voyage abyssal.

Si, comme moi, vous avez manqué les concerts en solo de Jozef Dumoulin en février 2014 en France et en Belgique, voici quelques dates de concerts futurs:

- samedi 8 mars, à Paris, France,  à la Maison de la Radio, en trio

- vendredi 21 mars à Bruxelles, Belgique, avec Lidlboj, groupe louangé sur ce blog

- dimanche 23 mars à Louvain (Leuven en flamand), Belgique, avec Lidlboj

- samedi 29 mars à Tours, France, au Petit Faucheux, avec Lidlboj

 

 

Jozef Dumoulin joue seul au Vic Jazz Festival, au royaume d'Espagne, en Catalogne, le 23 mai 2012. Rien à ajouter.

 


 

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Nicolas Folmer " Sphere "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Nicolas Folmer

" Sphere "

Cristal Records. Harmonia Mundi. 2014

Enregistré en concert à l'Opéra de Lyon    

Nicolas Folmer: trompette, compositions

Emil Spanyi: piano

Laurent Vernerey: contrebasse

Daniel Humair: batterie

Michel Portal (1,3,9): clarinette basse, saxophone soprano

Dave Liebman (2,4,7,8): saxophones ténors&soprano, flûte ethnique

Daniel Humair

La photographie de Daniel Humair est l'oeuvre du Véloce Juan Carlos HERNANDEZ.Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Comme Johnny Griffin le fut pour Olivier Témime, Daniel Humair est, pour Nicolas Folmer, un Maître de désobéissance. Mon premier souvenir de Nicolas Folmer, c'était comme soliste de l'Orchestre National de Jazz dirigé par Didier Levallet jouant à Paris, au théâtre des Champs Elysées, le répertoire de l'Atomic Big Band (1946-1948) de Dizzy Gillespie avec son pianiste d'origine, John Lewis. Il manquait à Nicolas Folmer le grain de folie pour sublimer sa technique impeccable. Il ne peut pas jouer aussi vite, aussi haut, aussi fort que Dizzy. Miles Davis a préféré créer le Cool Jazz plutôt que de s'échiner à jouer comme Dizzy. J'ai revu Nicolas Folmer sur scène, en 2008, à Paris, au Duc des Lombards, jouant la musique de Michel Legrand avec le Maître au piano. De fait, le patron sur scène, c'était Michel Legrand et personne d'autre. Cet homme est plus grand que la vie comme disent les Américains.

Je l'entends ici, de nouveau sur scène, au fil de plusieurs concerts donnés à l'Opéra de Lyon, avec un groupe d'aînés bien plus jeunes à l'état d'esprit qu'à l'état civil: Daniel Humair, Michel Portal, Dave Liebman. L'ombre de Miles Davis plane sur certains morceaux tant dans le jeu du leader que dans celui de la rythmique qui rappelle celle du Miles Davis quintet en 1967 (" Stratosphere " qui ouvre l'album est particulièrement évident à ce sujet. " Boules de neige " qui le conclue aussi).Pour autant, avec Daniel Humair et Michel Portal, le Free Jazz européen secoue les certitudes de ce musicien 1er prix de conservatoire. Daniel Humair ne joue pas aussi librement ici qu'avec Benjamin Moussay, par exemple mais il met toujours sa patte sur la pâte sonore du groupe, maintenant l'attention de l'auditeur sans cesse en éveil. 

Ce n'est pas encore la révolution sonore mais il y a de plus en en plus d'allant, de mouvement dans la musique de Nicolas Folmer. Dave Liebman, Michel Portal, Daniel Humair auraient pu le bousculer encore plus mais après tout, Nicolas Folmer compose et dirige la musique. Il est donc normal qu'elle porte sa marque qui, fort heureusement pour l'auditeur, s'éloigne des pensums insipides de Wynton Marsalis dont il fut un disciple français.

Puisque la musique de ce groupe est captée en concert, vous pourrez l'apprécier sur scène, lectrices solides, lecteurs vigoureux, à Paris au Duc des Lombards le samedi 1er mars 2014, à Quimper (29) aux Aprem'Jazz le dimanche 2 mars 2014, à Elancourt (78) le samedi 29 mars 2014.

N'ayant pas trouvé d'illustration (audio)visuelle de l'album " Sphere " de Nicolas Folmer, voici ce que j'ai trouvé de plus proche: Nicolas Folmer en quartet avec Daniel Humair.

 

 

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Le mur des sons joué par Glenn Weyant entre USA et Mexique

Publié le par Guillaume Lagrée

" Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts " (Isaac Newton)

 

Lectrices voyageuses, lecteurs explorateurs, si vous allez un jour à la frontière entre les Etats Unis d'Amérique et les Etats Unis du Mexique, dans le sud de l'Etat fédéré d'Arizona, vous trouverez une immense barrière qui fait obstacle au passage des immigrants clandestins qui montent du Sud vers le Nord de l'Amérique chercher fortune.

Glenn Weyant, citoyen américain, installé à Tucson, Arizona, depuis 1995, a décidé de jouer de la musique avec cette frontière. Sur les fils de fer barbelés, il frotte un archet de violoncelle. Sur les poteaux, il joue des percussions. Les garde frontières se sont habitués à sa présence, les habitants, les migrants aussi.

Son histoire est racontée dans un article du Los Angeles Times dont la traduction française se trouve sur Courrier International (article réservé aux abonnés dont l'auteur de ces lignes).

Voici Glenn Weyant dans une de ses " Performance for Surveillance ". Rien à ajouter.


 

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Melanie De Biasio " No Deal "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Melanie De Biasio

" No Deal "

PIAS. 2013

 

Lectrices affamées de savoir, lecteurs affamés de connaissance, j'avoue découvrir Melanie de Biasio avec cet album. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Née en 1978 à Charleroi, en Belgique, d'un père Italien et d'une mère Belge, cette sujette du Roi des Belges n'en est qu'à son deuxième album, le premier datant de 2007. Elle a pris le temps nécessaire pour polir un bijou, orné de sa voix et de sa flûte, de musiciens qui entrent dans son univers entre Jazz, Pop, Folk, des mots bien vagues pour désigner un univers particulier, le sien.

Elle chante l'amour (quel autre sujet chanter?) en s'y abandonnant ( " I feel You ", n°1) ou s'en jouant (" I'm gonna leave You ", n°6) avec une voix envoûtante qui semble sortie d'une forêt profonde, accompagnée par un piano qui distille ses notes comme des gouttes d'eau glissant sur un rocher, un batteur le plus souvent aux balais, un mixage extrêmement fin avec , par exemple, dans la chanson n°7 ( " With all my love? ") des pales d'hélicoptères au son transformé qui vient pallier l'absence de basse entre le piano et la batterie. Elle chante, en anglais, des chansons brèves ( 7 chansons. 33mn environ) qui s'enchaînent l'une à l'autre pour former un collier magique qui ne vous quitte plus. Si vous entrez dans son univers, elle vous donnera envie d'y revenir, d'y replonger car cet album laisse un goût de désir inassouvi.

Melanie de Biasio sort des cases. Ce n'est pas une chanteuse de Jazz essayant d'imiter Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan ou Billie Holiday. Ce n'est pas une Pop star décervelée. Pas non plus une chanteuse neurasthénique et aphone comme la société du spectacle nous en sort régulièrement. C'est une créatrice, une artiste qui vous emmène dans son univers. Vous pouvez très bien rester à côté mais nous sommes de plus en plus nombreux à l'apprécier puisque sa musique se vend, se diffuse, bien au delà des cercles restreints des puristes.

Pour vérifier si le charme opère aussi sur scène, voici ses dates de concert en France:

- dimanche 23 février 2014 à Saint Malo (35) dans la chapelle Saint Sauveur

- jeudi 10 avril 2014 à Paris (75) à la Cigale

- samedi 12 avril 2014 à Montbéliard (25)

- vendredi 30 mai 2014 à Coutances (50) pour le festival Jazz sous les pommiers

- mercredi 19 juin 2014 à Lyon (69) pour les nuits de Fourvière

- jeudi 20 juin  2014 à Hauterives (26) au Palais idéal du Facteur Cheval, lieu qui, par son étrangeté, devrait correspondre parfaitement à cette musique.

 

 

 


 

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Thomas Savy Archipel 2 " Bleu "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Thomas Savy 

Archipel 2

" Bleu  "

Plus Loin Music

Abeille Musique

Sortie le jeudi 27 février 2014

 

Thomas Savy: clarinette basse

Michael Felberbaum: guitare électrique

Pierre de Bethmann: piano, Fender Rhodes

Stéphane Kerecki: contrebasse

Karl Jannuska: batterie

 

" Et l'unique cordeau des trompettes marines " (Guillaume Apollinaire). C'est sans trompette mais avec tambour que Thomas Savy chante la Mer et son bleu. Archipel c'est à la fois le nom du groupe et de la musique. Il résiste au flot. L'ambiance est plutôt à la douce brise sur l'Atlantique qu'à la tempête sur la Manche.

Les compositions se partagent entre Thomas Savy (surtout), Karl Jannuska, Stéphane Kerecki et Thelonious Monk pour le seul standard de Jazz de l'album " Misterioso ". Pierre de Bethmann ne compose pas cette fois mais il met sa patte de velours dans le jeu de piano et de Fender Rhodes. Thomas Savy a gardé sa maîtrise technique héritée de ses études classiques; La section rythmique est à toute épreuve avec des musiciens très demandés. Je suis particulièrement charmé par le morceau titre " Archipel bleu " (n°3) dont l'air me reste en tête, suave et mystérieux. 

Si vous entendez un soir, sur la plage, le son d'une clarinette basse s'élever pur et clair dans l'air, ce sera Thomas Savy en train de répéter son prochain album. En attendant cette occasion rare, profitons de cet album, lectrices ultra, lecteurs marins.

Navré mais je n'ai pu trouver de morceau tiré de cet album ni su deezer ni sur youtube d'où le silence qui règne sur cet article.

A écouter en concert à Paris au Duc des Lombards le vendredi 28 et le samedi 29 mars 2014 à 20h et 22h.

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Le jazz pervertit la jeunesse de France, par Paul Déroulède

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Madame la Vice-Présidente,

Au nom des principes qui sont au fondement de toute société (la propriété, la religion, la famille), j'énergique protestement contre le slogan qui s'étale partout sur les affiches dans l'Université: " ça jazze sur les campus ". Ceci contrevient en effet aux règles de la morale la plus élémentaire.

Je me permets en effet de vous rappeler que le sens originel du mot "jazz" est rien moins qu'obscène, et tient aux origines de cette musique, liée aux bordels de la Nouvelle-Orléans. Ce n'est pas un hasard, si l'armée américaine, au moment de l'entrée en guerre des Etats-Unis, fit boucler le quartier réservé de la Nouvelle-Orléans par mesure prophylactique. La conséquence en fut que cette musique de nègres se trémoussant se répandit de là à New York, Chicago, sans oublier bien sûr Kansas City. Il y a des spécialistes d'histoire culturelle pour saluer ce phénomène comme un événement majeur mais moi, en tant qu'ancien combattant, je considère cela plutôt comme une déplorable épidémie de stupre.

Autrement dit, quand je lis " Ca jazze sur les campus ", je lis en fait, sauf votre respect, " Ca b... sur les campus " et mon sang de père de famille ne fait qu'un tour, quand je vois ces milliers de jeunes filles innocentes qui vont et viennent sur le dit campus: elles sont hélas promises à la dépravation et à la chute. O tempora! O mores!... Quant à l'image procurée à l'extérieur de l'université, et je sais que vous y êtes très sensible, à l'instar du Président Brihault, vous imaginez le désastre. La seule consolation est que la même infamie s'étale sur les murs de l'université Rennes 1 (d'ordinaire plus soucieuse de son prestige), laquelle ne pourra plus désormais prétendre que le bordel, c'est seulement à Rennes 2.

Du train où vont les choses, n'allons nous pas revenir à la situation des Universités médiévales au temps de François Villon, où les étudiants jazzaient déjà à qui mieux mieux? Au temps où, lorsque les jurys de thèses duraient deux jours, les candidats devaient payer aux membres des jurys le gîte, le couvert ainsi que la compagnie pour la nuit. Je sais que certains de mes éminents collègues et néanmoins amis ont la nostalgie de cette époque mais, Madame la Vice-Présidente, imaginez vous un instant que l'Ecole doctorale puisse prendre en charge ce genre de prestation (même avec un bon de commande établi dans les règles)? Assez jazzé: les Universités doivent redevenir des lieux où l'on travaille pour préparer la France de demain: saine et propre!

Veuillez agréer, Madame la Vice-Présidente, l'assurance de mes sentiments respectueux.

Paul Déroulède.

Ce pastiche, daté de 1999, est l'oeuvre de mon regretté père, Michel Lagrée (1946-2001), professeur d'histoire contemporaine à l'Université Rennes 2. Les lectrices les plus sagaces, les lecteurs les plus astucieux trouveront aisément à qui il était adressé.

Mon père m'initia au Jazz en m'emmenant à mon premier concert de Jazz pour mes 6 ans. Je m'en souviens encore.

Pour rester dans le style de Paul Déroulède, le Jazz est non seulement une musique de Nègres mais aussi une musique de Juifs. D'ailleurs le premier groupe mixte Blancs-Noirs, aux Etats-Unis d'Amérique, fut constitué par le clarinettiste Benny Goodman, un Juif, dès la fin des années 1930. Cela horrifiait sa maman mais le succès fut tel qu'elle dut lui pardonner. Ici, en 1937, dans le film " Hollywood Hotel ", Benny Goodman est accompagné de son orchestre avec Gene Krupa (batterie), Harry James (trompette, le premier modèle de Miles Davis), Teddy Wilson (piano), Lionel Hampton (vibraphone). " Sing, sing, sing ". Rien à ajouter.

 

 

 


 

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Magic Malik " Tranz Denied "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Magic Malik

" Tranz Denied "

Bee Jazz. 2013

 

Magic Malik: chant, flûte, sanza et claviers

DJ Oil: laptop et électronique

Olivier Nouno: laptop et électronique

Hubert Motteau: batterie

Denis Guivarc'h: saxophone (n°4)

Frauke Aulbert: chant (n°6)

Jessica Buresi: chant (n°3)

 

Magic Malik

 

La photographie de Magic Malik est l'oeuvre de l'Aérien Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Lectrices progressistes, lecteurs révolutionnaires, vous savez à quel point ce blog est un pilier de la réaction, un suppôt du conservatisme. C'est pourquoi j'ai mis autant de temps à me procurer et écouter le dernier album de Magic Malik " Tranz Denied ". Il s'agit tout de même du seul musicien qui m'ait fait quitter un concert avant la fin du premier morceau. Trop long, trop lourd.

Toutefois, insatiablement curieux comme un jeune éléphant, j'ai fini par écouter cette Transe déniée. Grand bien m'en a pris. Je savais déjà que Magic Malik était un formidable flûtiste pour l'avoir écouté en duo d'oiseaux de haut vol avec son aîné Michel Edelin dans les défunts 7 Lézards. Je reconnais qu'il sait aussi utiliser l'électronique avec goût. Comme chanteur, il se débrouille même si c'est à la flûte qu'il chante le mieux avec ou sans trafic de sons. 

L'album " Tranz Denied " est comme un recueil de nouvelles, chaque morceau racontant une histoire bien particulière. La preuve, c'est que " Tranz Denied " n'est pas un titre de l'album mais le titre de l'album, un programme, une ligne directrice.

Sans avoir jamais mis les pieds au marché de Montreuil sous Bois (Seine Saint Denis, Ile de France, France), j'en ai saisi les couleurs, les odeurs, la multiculturalité avec " Montreuil Market " qui ouvre l'album.J'ai pensé au marché de primeurs mais il s'agit peut-être du marché aux puces de Montreuil réputé chez les amateurs de fringues et de vinyls. Il existe une importante communauté musulmane à Montreuil, réputée pour être la deuxième ville maiienne au monde. En toute logique, l'album enchaîne avec un appel à la prière et  " Dark Stone " qui fait irrésistiblement songer à la pierre noire, pas l'Azabache d'Irving Acao, mais la Kaaba à la Mecque.L'usage de la sanza donne une couleur africaine à la musique.

Pour les morceaux 3 et 4, " E.Z. Com " et " Zivanoul " je n'ai pas trouvé de code mais la voix de Jessica Buresi pour le premier et le sax de Denis Guivarch' pour le second ajoutent leurs pierres à l'édifice.  

Vient ensuite le hit de l'album " Shibuya Memories ", souvenir d'un quertier très animé de Tokyo, de manifestations de jeunes contre les forces de l'ordre, porté par un air irrésistiblement entraînant et un Magic Malik chantant en japonais et flûtant joyeusement. Un morceau entre futilité et engagement. " North " (n°6) n'a rien à voir avec le " Nord " de Louis Ferdinand Céline mais évoque un nord scandinave, ethéré, blanc, électronique. Pour se réchauffer, rien de tel que de croquer ensuite dans le " Chunky delice " (n°7) qui ferait une excellente musique publicitaire pour un chocolat qui croustille. A moins que vous ne vous en serviez pour faire danser les militants, lectrices progressistes, lecteurs révolutionnaires. Il y a en plus un morceau surprise pour finir, non indiqué sur l'album mais je n'en dirai mot pour vous laisser le plaisir de le découvrir.

Pour écouter, danser, voyager, militer, rêvasser, " Tranz Denied " de Magic Malik s'impose.

Magic Malik sera en concert à Rennes (35) dans le cadre du festival Jazz à l'Etage le jeudi 27 mars 2014 à 20h, à Puteaux (92) pour le festival Chorus le vendredi 28 mars 2014 à 19h, à Saint Jean de Vedas (34) le vendredi 11 avril 2014 à 20h. 

" Shibuya Memories " (n°5) . Rien à ajouter.

 

 


 

 

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" Claude Nougaro, quand le Jazz est là " TSF Jazz. Mercredi 5 mars 2014. 20h.

Publié le par Guillaume Lagrée

 

" Claude Nougaro,

quand le Jazz est là "

TSF Jazz

Mercredi 5 mars 2014. 20h-21h.

Emission conçue et réalisée par Thierry Lebon.

 

Claude Nougaro, né en 1929 à Toulouse, nous a quitté le 4 mars 2004 à Paris. Je me souviens de lui en duo avec son pianiste Maurice Vander dans la tournée " Une voix, dix doigts " en 1994. Inoubliable.

Heureusement, Claude Nougaro n'est pas oublié, dix ans après son départ. Thierry Lebon, lui rendra hommage sur TSF Jazz, le mercredi 5 mars 2014, de 20h à 21h, avec les témoignages de ses musiciens: Michel Legrand qui le poussa à chanter puisque Michel avait écrit les musiques, Claude les textes et que personne ne voulait les chanter, André Cecarelli (batteur) qui explique le sens rythmique très poussé pour un chanteur français de Monsieur Claude, Aldo Romano (batteur) qui parle du Nougaro nocturne, dépressif et alcoolique, Yvan Julien (trompettiste) qui parle de ce patron surprenant, Jean-Marie Ecay (guitariste) qui évoque ce poète en état de création verbale permanente, Marcus Miller (bassiste) qui jouait avec lui, après Dizzy Gillespie et Miles Davis, sans parler alors le français et pourtant dégustant ses paroles, Stéphane Guillaume (saxophonste) qui évoque ce Monsieur qui se souciait toujours des nouveaux courants musicaux.

David Linx (chanteur) qui vient de sortir un album hommage à Nougaro (pas à mon goût d'ailleurs. A vous de juger, lectrices hot, lecteurs swing), souligne la trace qu'il a laissé dans la chanson. Maxime Le Forestier explique le talent de Monsieur Claude pour faire swinguer la langue française y compris sur des rythmes complexes comme ceux de Dave Brubeck ou Wayne Shorter.

Il y a aussi le témoignage de son agent, de son coach vocal, de comédiens.

Il y a enfin le témoignage de Cécile Nougaro, celle pour laquelle il écrivit " Cécile, ma fille ", chanson qui l'émeut toujours dès les premières notes.

" Claude Nougaro, c'est gentll mais, musicalement, il en est resté à mon quatrième album " (Serge Gainsbourg). Parole cruelle et injuste car Nougaro a su se remettre totalement en question et rebondir en 1987 avec " Nougayork " alors que sa maison de disques l'avait jeté, ne le trouvant plus assez rentable.

L'émission est rythmée comme une chanson de Claude Nougaro. Elle a du punch, du peps, de la répartie. La part belle est laissée à l'artiste, sa musique, ses paroles. Les témoignages sont brefs, pertinents. Bref, je vous la recommande vivement, lectrices hot, lecteurs swing.

Parmi les témoins, il en manque deux: Eddy Louiss (orgue Hammond), Daniel Humair (batterie). Les voici justement, accompagnant Claude Nougaro sur une de ses rares chansons politiques, " Paris Mai ", écrite après les événements de Mai 68. Rien à ajouter.

 

 


 
 

 


 

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