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Vitto Meireilles " Da Hora "

Publié le par Guillaume Lagrée

Vitto Meireilles

" Da Hora "

Album sorti le 13 septembre 2019

Extrait de l'album diffusé dans mon émission Le Jars jase Jazz de janvier 2020 sur Couleurs Jazz Radio le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris). No podcast.

En concert à Paris, en France, au New Morning mercredi 25 mars 2020 à 20h30

Bienvenue au 48e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

 

Lectrices Bossa, lecteurs Nova, si vous pleurez encore la disparition de Joao Gilberto, séchez vos larmes. La descendance est assurée avec Vitto Meirelles. Vois suave, guitare acoustique légère, tout en finesse. " Tudo era leve " (6). Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Ses souvenirs de Jao Gilberto sont chantés dans " Esse Ano " (9). Les deux reprises qui concluent l'album sont " Tu te laisses aller " (14) de Charles Aznavour et " Aguas de marco " (15) composé par Antonio Carlos Jobim, que Joao Gilberto joua et chanta avec Stan Getz (très belle version française par Georges Moustaki: " Les eaux de mars ". Pour la version italienne, cf. Mina " La pioggia di marzo "). 

La douceur de la musique n'empêche pas la virulence du propos. Manifestement, Vitto Meireilles, citoyen brésilien, est dans l'opposition à l'actuel gouvernement de son pays. Cela s'entend dans " Pais do BBB " (13).

Héritier de l'anthropophagisme, mouvement culturel brésilien des années 1920 qui visait à l'assimilation et au mélange des cultures africaines, américaines et européennes qui constituent l'identité brésilienne, Vitto Meirelles chante en français " Le cannibale " (4) qui peut être comprise comme une chanson d'amour ou une chanson politique. 

Bref, lectrices Bossa, lecteurs Nova, dévorez  sur le champ  l'album " Da Hora " de Vitto Meirelles et gravez sur vos tablettes de marbre votre rendez-vous à Paris, au New Morning, mercredi 25 mars 2020 à 20h30 pour le grand concert français de cet auteur, compositeur et interprète brésilien. 

Si Paris vous ennuie ou que vous êtes d'un naturel impatient, voici d'autres concerts en France de Vitto Meireilles, lectrices Bossa, lecteurs Nova.

Dimanche 13 octobre 2019 au festival Nancy Jazz Pulsations à Nancy (54)

Mardi 15 octobre 2019 avec Calypso Rose au théâtre municipal de Béthune (62)

Vendredi 25 octobre 2019 avec Calypso Rose à La Nouvelle Vague à Saint-Malo (35)

Samedi 2 novembre 2019 avec Calypso Rose à L'Usine à Istres (13)

Vendredi 24 janvier 2020 au Cercle à Bischeim (67).

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Bloom " Dièse 1 " sonne au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Bloom

Concert de sortie de l'album " Dièse 1 "

Paris, Le Duc des Lombards

Vendredi 4 octobre 2019, 21h30

Bloom est composé de

Méline Tobiana: chant

Léa Castro: chant

Laurence Ilous: chant

Martin Guimbellot: contrebasse

Nils Wekstein: percussions

Invités

Octavio Angarita: violoncelle 

Antoine Delprat: violon 

Stéphane Moutot: saxophone ténor

Edouard Monnin: piano 

Pas de piano. Juste la pulsation de la contrebasse et de la batterie pour porter les voix de ces Dames. Ca balance tranquille. Vues du public, Léa Castro est au centre, Laurence Ilous à droite et Méline Tobiana à gauche. Les voix montent, descendent, se croisent et se mêlent.

Le batteur est passé aux percus à mains nues. Ca sonne latino mais elles chantent toujours en anglais. C'est joyeux, léger, sensuel avec plein de " Baby, baby, baby ". Chanson écrite par Laurence Ilous pour un gars qui l'a quitté peu après. Elle a trouvé mieux depuis. Tout va bien.

" Shape of my heart " (Sting). De la Pop anglaise écrite par un bassiste et chanteur fan de Jazz. Belle chanson. Belle version. Il y a comme une évocation des chants de Noël. La saison préférée de Sting, c'est l'hiver. Le froid, le calme, les jours qui s'allongent annonçant le printemps. 

Edouard Monin (piano) monte sur scène. Une chanson écrite par Méline, inspirée par le désert du Neguev en Israël. Un air rêveur, lointain comme une vision dans le désert. Chant doux, planant. Le piano ajoute sa parure romantique à l'ensemble. 

Une chanson pour la Sécurité Routière de Léa Castro. " Drinkin or drivin ". Le pianiste a quitté la scène. Chanson funky et sexy. Ces Dames ont trop bu d'alcool. Mieux vaut prendre un taxi ou marcher. Joli trio de scat. Un peu scoubidou. Les chanteuses s'effaçent pour un dialogue contrebasse/batterie aux baguettes. Le taxi c'est plus cher mais plus sûr. Elles prennent le taxi.

Une chanson joyeuse. Ca sautille, vocalise. Une chanson d'amour. Solo de percussions poussé par la contrebasse. Et les scats. Puis le chant reprend. 

Stéphane Moutot (sax ténor) est invité sur scène. Une chanson d'Abbey Lincoln (1930-2010), " Throw it away ". Cf extrait audio au dessus de l'article. C'est vrai qu'elle est belle cette chanson. Les voix s'élèvent, fusent. Le son du sax vient ajouter une autre couche de beauté, plus virile aux voix de ces Dames. Belle montée finale entre voix et saxophone, poussée fermement et souplement par la rythmique.

Démarrage contrebasse & tambourin. Ca swingue bien. C'est brésilien. Ca s'entend au rythme et au portugais. C'est tout de suite plus chaud, plus souple.

Un hommage à Aretha Franklin. " I won't be long ". Ca sonne plus Soul. 

" Dièse 1 " . Le titre album écrit par Laurence Ilous. Chanson sur les sons. Pas de paroles mais des interjections, des souffles, des onomatopées, des battements de mains en résonance avec la contrebasse.

Arrivée sur scène d'Antoine Delprat (violon), arrangeur de l'album et de Octavio Angarita (violoncelle). Une chanson douce. Jeu en pizzicato du trio de cordes. Violon et violoncelle passent à l'archet. Le batteur ponctue légèrement. Les voix glissent en douceur sur le tapis tissé par les cordes.

Une chanson en portugais du Cap Vert. Ca groove entre contrebasse et percussions. Solo de percus ponctué par les palmas des chanteuses.

" Girls, don't cry for Louie ". Grosse pulsation de la contrebasse. Batteur aux balais. Une chanson sur un séducteur qu'il faut laisser tomber. Peut-être même s'agit-il d'un proxénète. Enfin un type infréquentable pour des Dames de cette qualité.

RAPPEL

Un classique du Gospel. " This little light of mine, I'm gonna let it shine ". Ca élève l'âme et réjouit le coeur.

La vidéo ci-dessous présente une chanson qui figure sur l'album " Dièse 1 " mais n'a pas été interprétée durant ce concert, " Crazy " (Ornette). 

Bloom est à retrouver en concert gratuit à Paris, au Baiser Salé, mardi 15 octobre à 22h, dans le cadre du festival Jazz sur Seine

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Le Tropical Jazz Trio chauffe le Bal Blomet

Publié le par Guillaume Lagrée

Tropical Jazz Trio

Jeudi Jazz Magazine

Bal Blomet, Paris

Jeudi 3 octobre 2019, 20h30

Le Tropical Jazz Trio est composé de

Alain Jean-Marie: piano

Patrice Caratini: contrebasse

Roger Raspail: Ka, djembé, congas, percussions

 

Lectrices d'ici, lecteurs d'ailleurs, je vous ai déjà chanté les louanges du Tropical Jazz trio pour son album éponyme. Il est temps de le savourer sur scène, au Bal Blomet, héritier d"une salle constitutive de l'histoire de la musique antillaise, le Bal Colonial dit Bal Nègre

Ils commencent par le premier morceau de l'album, " Morena's Rêverie " composé par Alain Jean-Marie pour sa compagne, la chanteuse Morena Fattorini. Elle est décrite le matin au petit déjeuner, lorsqu'elle n'est pas encore tout à fait éveillée. Ca balance dès les premières notes. Pulsation de la  contrebasse, chaleur des tambours, rythme chaloupé et nostalgique du piano. Tout est impeccable. Roger Raspail utilise aussi des lanières de cuir pour tapoter ses tambours. C'est tout de suite plus chaud quand il joue à mains nues. 

Un air de Jazz créolisé. La basse tient la pulsation, le pianiste mène le bal, bal Blomet bien sûr et les percussions lui répondent. Premier solo de contrebasse. Piano et percussions ponctuent de manière saccadée. Au tour de Roger Raspail de se lancer. Les tambours chantent sous ses mains. Le public est concentré. Il n'applaudit pas les soli. 

Alain Jean- Marie lance un air afro cubain. " Le rythme afro cubain est comme la joie de l'homme qui a découvert le feu " (Michel Leiris). Il s'agit de " Manteca " de Dizzy Gillespie (1917-1993), morceau fondateur de la Salsa. Michel Leiris, Serge Gainsbourg & Michel Legrand étaient au concert du grand orchestre de Dizzy Gillespie avec Chano Pozo (congas) à Paris, salle Pleyel, en février 1948 et en restèrent marqués à vie. Il est étonnant 'd'écouter " Manteca " sans cuivres mais ça swingue toujours autant. 

Alain Jean-Marie explique le morceau suivant pour les profanes comme moi. Il s'agit d'un boléro antillais. Un morceau dangereux pour les musiciens car, pendant qu'ils jouent, les danseurs peuvent emballer leurs copines. Ce soir, nous ne perdrons pas nos petites amies. Elles sont attachées à leurs sièges conclue Alain Jean-Marie. Effectivement, c'est langoureux et sensuel à souhait. Ca balance souplement. Le Bal Blomet de 2019 n'est pas celui de 1929. Le public ne danse plus. Il reste assis sagement à écouter la musique. 

Une composition de Roger Raspail. " Dandé ". Je ne garantis pas l'orthographe car il s'agit d'un fruit de Guadeloupe dont le noyau est particulièrement dur. Un homme à la tête dandé a la tête dure. Contrebasse sous l'archet pour l'intro. Le trio glisse doucement. Ca démarre. Ca balance toujours. Musique à écouter ou à danser selon ses envies. 

Un petit air nostalgique, élégant. Le balancement est plus doux, plus lent. 

Un air particulièrement dansant et roulant. C'est le " Senor Blues " d'Horace Silver (1928-2014). Cf extrait audio au dessus de l'article. Horace Silver était un citoyen des Etats-Unis d'Amérique né d'un père portugais du Cap Vert et d'une mère métisse irlandaise et noire. Toutes ces racines se retrouvent dans sa musique. Quel doux balancement transatlantique entre Cap Vert et Caraïbes! Roger joue de la main gauche sur un tambour et d'une baguette tenue main droite sur une cymbale. Ca pulse de plus en plus. 

" Pytang Pytang Bang " une composition de Roger Raspail qui résume une figure rythmique classique de la musique antillaise. Gros solo de contrebasse en pizzicato pour commencer. Ca vibre, se dilate dans l'espace. Patrice Caratini commence à poser l'air. Bondissant, dansant, saccadé. Percussions et piano entrent dans la danse. Ca, c'est caribéen, sapristi! Roger Raspail chante en créole tout en malaxant ses tambours. Fausse fin et ça repart joyeusement. 

Un air ancien de Patrice Caratini, " CaraSamba " renouvelé sous le titre " SambaCara " explique Alain Jean-Marie. Rien à ajouter, précise Patrice Caratini. Rythme brésilien. Roger Raspail tapote doucement un tambourin. Le contrebassiste et compositeur mène le bal. Ca danse tranquille.

" Fleurette africaine " (Duke Ellington), morceau diffusé dans mon émission d'octobre 2019, le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris) sur Couleurs Jazz Radio. Thème du mois: L'Afrique, c'est chic! L'Afrique rêvée et vécue par les Jazzmen. Introduction très africaine grâce aux percussions. La quintessence de la ballade. Version un peu tourmentée mais respectueuse. L'envoûtement fonctionne. Dieux, que c'est beau!

Intro en contrebasse solo. Les  notes vibrent, s'étirent. Piano et percussions entrent dans la danse. Ca balance tranquille. Un classique de la chanson française. " Le temps des cerises ". Une chanson d'amour devenue, par association d'idée, un chant révolutionnaire. L'air est reconnaissable au piano. Roger Raspail y ajoute les couleurs chatoyantes de ses tambours. Tour de magie sonore entre piano et chimes. 

Une deuxième composition d'Horace Silver. Un nouvel hommage à son père après son album culte " Song for my father " (sous-titré en portugais " Cantiga para meu pai "), le titre album " Cape Verdean Blues ". Morceau particulièrement dynamique. Un Blues joyeux, rapide. Nom de Zeus, ça balance! 

RAPPEL

Une nouvelle composition d'Horace Silver . Dédiée à la baronne Pannonica de Koenigswarter (1913-1988), née Rotschild, mécène du Jazz chez qui Charlie Parker et Thelonious Monk vécurent et moururent: " Nica's dream ". Ca balance toujours. Du Hard Bop avec l'accent créole des Antilles françaises. beau solo de Gwo Ka au milieu de ce classique.

Cela fait plus de 40 ans qu'Alain Jean-Marie, Patrice Caratini & Roger Raspail jouent ensemble dans différents contextes musicaux. Enfin, ils se sont réunis en studio pour créer le Tropical Jazz Trio. Les retrouver sur scène est une joie pour le corps et l'âme. Madame M-H m'accompagnait. Après une journée de travail particulièrement difficile, la musique de cette association de bienfaiteurs lui a nettoyé la tête, chassant les ondes négatives de la journée. Grâces en soient rendues au Tropical Jazz Trio ! Que les Dieux et les Muses les protègent! Que les programmateurs les programment de part et d'autre de l'Atlantique, des Antilles à l'Hexagone, du Cap Vert à New York, USA. 

Le Tropical Jazz Trio est à retrouver en concert gratuit à Paris, au Sunside, mardi 15 octobre de 20h à 21h, dans le cadre du festival Jazz sur Seine

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Sonny Troupé Reflets denses au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Sonny Troupé

" Reflets denses "

Le Sunside, Paris

Samedi 28 septembre 2019, 21h30

Sonny Troupé: Gwo Ka, batterie, voix

Olivier Juste: tambour Ka, voix, chacha

Jonathan Jurion: piano, voix

Mike Arnoogum: guitare basse électrique, voix

Thomas Koenig: saxophone ténor, flûte traversière

Raphaël Philibert: saxophone alto

Invitée

Florence Naprix: chant (en concert à Paris, au Bal Blomet, vendredi 22 novembre 2019 à 20h30).

 

Un percussionniste s'échauffe alors que le concert n'est pas encore commencé, que le public n'est pas encore installé et que de la musique de fond est encore diffusée. 

Ca a commencé comme ça. Le grave du piano entre en résonance avec la peau du tambour. Basse et batterie entrent dans la danse. Ca monte en spirale. Les sax viennent ajouter leurs couleurs cuivrées. Ca balance franchement. Duo batterie & sax ténor. Echange subtil et percutant entre piano et batterie. Dialogue en rondeur entre basse jouée par un Mauricien et percussions. Le pianiste vient ajouter de la tension. Batteur aux balais. Ca chauffe en douceur. Ca monte entre percussions et batterie. Ce n'est plus un morceau. C'est une suite. 25 mn. Sans attendre, le pianiste enchaîne. Ca tourne en souplesse mais toujours viril et chaud. C'était l'interlude pour conclure cette suite créole nommée " Equation ". Elle est résolue. Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Le groupe attaque bien funky. Avec la rythmique en tête. Rap en créole. Les saxs reprennent. Ca balance bien.  Ne parlant pas un mot de créole, je ne comprends rien de ce qui est chanté mais cela semble joyeux. Cela s'appelle ' Ensemble ". A nous de chanter en créole. Bien menés, les ignorants comme moi apprennent vite. Florence Naprix, chanteuse, monte sur scène pour nous guider. Sonny Troupé la remercie à la fin: " Florence, tu peux retourner regarder ton concert ". 

" Une fin ". Le sax ténor passe à la flûte traversière. Une ballade. Duo piano & flûte. Basse et batterie enchaînent. Avec le piano et la flûte, ça sonne comme l'adieu au cow boy solitaire dans un western spaghetti. Genre Clint Eastwood dans " Per un pugno di dollari". Le sax alto vient allumer la flamme du Jazz. Olivier Juste profite du morceau assis dans le public.

Duo de percussions entre Sonny Troupé et Olivier Juste. Plus qu'un duo, un dialogue. A mains nues mais sans combat malgré la vivacité des propos. Voix off en créole qui chante en boucle. Une transe vocale qui répond à celle des percussionnistes. Les sons se croisent, se mêlent, se chevauchent, s'accouplent. Ce ne sont pas des percussions comme on les subit, mal jouées, dans les jardins publics à Paris. Ils ajoutent leurs chants à leurs tambours. Voyage direct pour les Caraïbes avec un excellent bilan carbone: ni avion, ni bateau à moteur ne sont nécessaires. 

PAUSE

" Reflets denses " mérite toute mon attention et je suis trop fatigué pour en profiter. Ma chronique cesse donc ici.

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Blue Giant. Volume 5. Le manga Jazz de Shinichi Ishizuka

Publié le par Guillaume Lagrée

Blue Giant. Volume 5.

Le manga Jazz de Shinichi Ishizuka

Glénat Manga. 2019.

Lectrices intensives, lecteurs extensifs, vous avez déjà parcouru les volumes 1, 2, 3 & 4 de Blue Giant. Tenor saxophone: Myamoto Dai où Shinichi Ishizuka nous raconte comme un jeune provincial japonais devient le plus grand Jazzman au monde.

Notre héros a 18 ans. Au lieu d'aller en fac, il est monté à Tokyo pour devenir musicien professionnel. Il est fauché comme les blés, s'incruste chez un pote, ne trouve pas d'endroit où répéter, accumule les petits boulots pour survivre honnêtement. Bref, c'est la galère mais il reste digne. Avec les filles, il n'a toujours pas le truc mais il est tellement concentré sur l'objectif qu'il n'a pas le temps.

Miracle: au hasard de ses déambulations dans la mégalopole nippone (quasiment 14 000 000 d'habitants soit l'équivalent de l'Ile de France), il rencontre une patronne de club de Jazz qui lui permet de répéter à un prix d'ami et un pianiste de son âge, Yukinori, grand, beau gosse, sûr de lui et de son génie. Les deux font la paire, vont créer un groupe. Il leur faut trouver un contrebassiste et un batteur. Pour le batteur, ce sera le colocataire et ami de Myamoto Dai qui ne sait pas jouer mais a un désir fou d'apprendre et de progresser. Le bassiste n'est pas encore trouvé dans cet épisode.

Le rythme du manga est scandé par la pression de la grande ville, toujours pressée, stressée, éclairée, éveillée. 

De nouveau, chaque chapitre porte un titre de standard du Jazz ce qui permet au lecteur curieux d'aller les chercher et les écouter. Je vous en livre deux dans cet article.

Chapitre 36 " Time was " joué par John Coltrane, Dieu de notre héros, en extrait audio au dessus de cet article.

Chapitre 37: " So What " de Miles Davis de nouveau avec John Coltrane en vidéo sous cet article.

 

Il reste encore 5 épisodes de Blue Giant pour savoir si le jeune Myamoto Dai, saxophone ténor, deviendra le plus grand Jazzman du monde. Affaire à suivre, lectrices intensives, lecteurs extensifs. 

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Blue Giant. Volume 4 . Le manga Jazz de Shinichi Ishizuka

Publié le par Guillaume Lagrée

Blue Giant . Volume 4

Le manga Jazz de Shinichi Ishizuka

Glénat Manga. 2018.

Lectrices vénérées, lecteurs vénérables, je vous ai déjà parlé les volumes 1, 2 & 3 de Blue Giant, manga consacré à l'apprentissage du dur métier de jazzman par un apprenti saxophoniste nippon, Myamoto Dai. 

Cette série comprendra 10 volumes au total. Voici le quatrième. Notre héros mûrit. Apparemment, il est toujours puceau. Pas de fille dans cet épisode. Par contre, il franchit le pas, décide de quitter le foyer familial où il vit avec père et soeur pour aller à Tokyo devenir musicien professionnel. Acte de rupture fort: quitter sa famille, sa ville, ses amis de lycée, refuser le système japonais des concours d'entrée dans les universités.

Notre héros reste positif: c'est un fils et frère attentionné, un ami dévoué, un disciple fidèle de son Maître saxophoniste mais il a une ligne directrice et ne la lâche pas.

Un manga se lit de droite à gauche. La première page d'un livre occidental est ici la dernière et réciproquement. Attention aussi à l'ordre des cases.

L'auteur, Shinichi Ishizuka, connaît la musique. Son récit est vivant, dynamique. Les cases s'enchaînent à grande vitesse. Il n'y pas de violence mais il y a de l'action et du sentiment. La somme phénoménale de travail que représente l'accès au statut de musicien professionnel respecté et payé pour cela est bien décrite.

Chaque chapitre porte le titre d'un standard.

Le 25e se nomme Cherokee. Cf vidéo sous cet article pour la fameuse version de ce standard à l'origine du Be Bop (Charlie Parker le transforma sous le titre Ko Ko) par le quintette de Clifford Brown (trompette) et Max Roach (batterie). Harold Land est au sax ténor.

Le 26e se nomme Don't explain. Cf extrait audio au dessus de cet article pour la version chantée par Abbey Lincoln avec Kenny Dorham (trompette) et Sonny Rollins (sax ténor).

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Sélection de concerts de Jazz pour octobre 2019 sur France et sur Suisse

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean-Philippe Viret & Edouard Ferlet par Juan Carlos HERNANDEZ

Jean-Philippe Viret & Edouard Ferlet par Juan Carlos HERNANDEZ

Splendides lectrices, Superbes lecteurs, c'est armé de mauvais goût et de mauvaise foi que je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz pour octobre 2019 sur France et sur Suisse.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris). Pas de podcast. Audible dans le monde entier avec une connexion à l'Internet. Après Le Jazz, flèche de l'arc caraïbe en juin, juillet et août, les émissions de septembre, octobre et novembre 2019 sont consacrées à L'Afrique, c'est chic! L'Afrique rêvée et vécue par les Jazzmen. Deuxième partie en octobre 2019.

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Visite vivement recommandée.

Festival Jazz entre les deux tours à La Rochelle (17) du mercredi 2 au samedi 5 octobre avec Jacky Terrasson, Fred Pallem et l'orchestre du Sacre du Tympan et Fabien Ruiz , le chorégraphe de " The Artist ", pour un stage de claquettes. 

Le festival Jazz sur Seine fera swinguer Paris et l'Ile de France du vendredi 11 au samedi 26 octobre 2019: 25 salles, 180 concerts, 450 artistes. Mardi 15 octobre, une vingtaine de concerts en entrée libre à Paris, dans le quartier des Halles. A savourer sur pièces et sur place. 

Le festival Nancy Jazz Pulsations  vous fera passer par la Lorraine, avec ou sans sabots, du mercredi 9 au samedi 19 octobre 2019. Dans le riche programme, des artistes déjà couronnés sur ce blog: le film " Amazing Grace " sur Aretha Franklin, Jean Luc Ponty qui joue ses années Atlantic, un quintet All Stars avec Marc Copland, Drew Gress, Joey Baron, Dave Liebman & Randy Brecker, Omar Sosa, Michel Edelin

Le festival Jazz Contreband vous fera bouger sur France et sur Suisse, dans le Genevois, du mardi 1er au mardi 29 octobre 2019. 2 pays, 28 lieux, 70 concerts.  Au nombre des artistes très favorablement connus de nos services figurent David Patrois, Ari Hoenig, Eric Séva, Louis Sclavis, Melanie De Biasio

Le festival Grands Formats vous permettra d'apprécier une cinquantaine de concerts de grands orchestres de Jazz  partout en France du jeudi 10 octobre au samedi 30 novembre 2019. 

Le festival Jamm'in Juan au Palais des Congrès d'Antibes-Juan-les-Pins (06) du mercredi 23 au samedi 26 octobre 2019 permet aux jeunes talents du Jazz de rencontrer les professionnels de la profession. Au programme notamment, Bloom et Cécile Andrée déjà célébrées sur ce blog. Les concerts sont ouverts au public. 

Mercredi 2 octobre, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: le trio de Jean-Philippe Viret, maintes fois célébré sur ce blog fête ses 20 ans. On n'a pas tous les jours 20 ans. Venez le fêter avec eux. Cf photographie au dessus de cet article.

Jeudi 3 octobre, 20h30, Paris, Bal Blomet: le Tropical Jazz Trio dont l'album homonyme est porté aux nues sur ce blog. Cf extrait audio au dessus de l'article. 

Vendredi 4 octobre, 19h30 & 21h30, Paris, Duc des Lombards: le trio vocal féminin Bloom dont l'album " Dièse 1 " est célébré sur ce blog. 

Vendredi 4 et samedi 5 octobre, 20h, Paris, concert privé sur réservation: Dan Tepfer (piano) jouera ses Bach Inventions, ses nouvelles variations sur l'oeuvre de Johann Sebastian Bach. Son interprétation des Variations Goldberg a fait date. 

Dimanche 6 octobre, 17h, Paris, Paul et Rimbaud: Jean de Aguiar, guitariste acoustique célébré sur ce blog. Entrée libre. Jazz et salon de thé, délicieux programme pour un dimanche après-midi de pluie à Paris. 

Mercredi 9 & jeudi 10 octobre, 19h30 & 21h30, Paris, Le Duc des Lombards: Tom Harrell Quartet. Un must pour mélomanes plusieurs fois acclamé sur ce blog. Cf vidéo sous cet article. 

Jeudi 10 octobre, 19h30, Paris, Jazz Club Etoile: le Jazz de chambre de Mathias Lévy, violoniste déjà applaudi sur ce blog. Entrée libre.

Du vendredi 11 au samedi 26 octobre, voyez la riche programmation du festival Jazz sur Seine, splendides lectrices, superbes lecteurs:  25 salles, 180 concerts, 450 artistes. Mardi 15 octobre, une vingtaine de concerts en entrée libre à Paris, dans le quartier des Halles avec au Sunside, le Tropical Jazz Trio à 20h et la Suite Andamane de Leila Olivesi à 21h, au Sunset, Hugo Lippi à 20h, au Baiser Salé, Bloom Dièse 1 à 22h, à la Guinness Tavern, Magic Malik à 22h. A savourer sur pièces et sur place.

Samedi 12 octobre:

- 20h30, Paris, Le New Morning: The Sun Ra Arkestra Marshall Allen's 95th Birthday Celebration Tour. Nul besoin de substances illicites et nocives pour décoller de cette planète. Space is the place!

- 21h, Auvers sur Oise (95), Auvers Jazz: PJ5, le quintette du guitariste Paul Jarret, déjà célébré sur ce blog. 

Dimanche 13 octobre, 17h, Paris, concert privé sur réservation: Francesco Bearzatti (sax ténor, clarinette) en trio avec Thierry Eliez (piano) & Médéric Collignon (trompinette, voix). Les fous alliés!

Lundi 14 octobre, 20h, Paris, Péniche Le Marcounet: le trio de Frédéric Borey (sax ténor) maintes fois acclamé sur ce blog. 

Jeudi 24 octobre, 14h, Palais des congrès, Antibes-Juan-les-Pin (06), festival Jammin' Juan avec Dame Cécile Andrée, chanteuse célébrée sur ce blog. 

Vendredi 25 & samedi 26 octobre, 21h30, Le Sunside, Paris: Michele Hendricks Quintet. Une vraie chanteuse de Jazz! Pour la sortie de son nouvel album " Another Side ". 

Mardi 29 octobre, 21h, Paris, Le Sunside: le quartet de Frank Amsallem (piano)

Mercredi 30 octobre, 21h, Paris, Le Sunside: le duo Dan Tepfer & Leon Parker déjà acclamé sur ce blog. 

Jeudi 31 octobre, 21h30, Paris, Le Sunside: le quartet de Ben Sidran avec Rick Margitza. New York joue à domicile à Paris. 

 

La photographie de Jean-Philippe Viret (contrebasse) & Edouard Ferlet (piano) est l'oeuvre de l'Irrépressible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Archives sonores de l'Exposition coloniale internationale. Paris. 1931.

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices historiennes, lecteurs géographes, vous avez certainement entendu parler de l'Exposition coloniale internationale qui s'est tenue à Paris, au bois de Vincennes, en 1931, sous la direction du maréchal de France Louis-Hubert Lyautey (1854-1934).

Il en reste des traces dans le XIIe arrondissement de Paris. La plus visible est le Musée des Colonies devenu aujourd'hui  Musée national d'histoire de l'immigration où se déroule actuellement une passionnante exposition célébrée sur ce blog " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " jusqu'au dimanche 5 janvier 2020.

Lors de  l'exposition coloniale de 1931 , 184 disques, soit 20h de musique, furent enregistrés. Ils sont désormais accessibles librement mais pas dans leur totalité. Afrique, Asie et Océanie sont représentées. Il manque la France d'Amérique (Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Guadeloupe, Martinique & Guyane). Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Voici le lien sur Gallica, les archives en ligne de la Bibliothèque Nationale de France. Que vous soyez mélomane, compositeur, musicien, DJ, vous y trouverez des heures de musique que les mass media ne diffusent jamais. Chants de caravaniers du Maghreb, chants royaux de Haute-Volta (Burkina Faso), berceuses du Congo, chants d'amour du Dahomey (Bénin), chants guerriers kanaks de Nouvelle-Calédonie...

A écouter en parallèle de mon émission Le Jars jase Jazz  de septembre, octobre et novembre 2019 sur Couleurs Jazz Radio intitulée: L'Afrique, c'est chic! L'Afrique rêvée et vécue par les Jazzmen.

Diffusion le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h, heure de Paris. Pas de podcast pour des raisons de droits d'auteur. 

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Une petite histoire de l'Opéra. Laurent Dehors ouvre le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Laurent Dehors. 

Tous Dehors!

Une petite histoire de l'Opéra

Paris. Studio de l'Ermitage.

Mercredi 18 septembre 2019. 20h30

 

Laurent Dehors: composition, clarinettes, saxophones, cornemuse, guimbarde, voix

Jean-Marc Quillet: percussions, clavier, batterie, voix

Gabriel Gosse: guitare électrique 7 cordes, banjo, percussions, clavier, batterie, voix

Michel Massot: tuba, trombone, voix

Matthew Bourne: piano, piano préparé, voix

Tineke Van Ingelgem: voix soprano

 

Concert diffusé en différé dans l'émission Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique. 

Laurent Dehors aime les chanteuses à forte présence scénique, de corps et d'esprit élevé. Après la Française Elise Caron et sa Chanson politique louée sur ce blog, la Belge Tineke Van Ingelgem, soprano d'opéra, qui s'encanaille joyeusement avec des Jazzmen. Le spectacle se nomme " Une petite histoire de l'opéra. Opus 2 ". Cf vidéo sous cet article. 

Introduction par un solo de balafon. Laurent Dehors y ajoute une guimbarde, celle qui se conduit avec les lèvres et la langue. Le batteur martèle ses tambours. Trombone et piano entrent dans la danse. Joyeux vacarme coordonné. Le tuba remplace le trombone. La ligne de basse est plus marquée grâce à ce changement d'instrument. C'est un air baroque. Laurent Dehors s'empare d'une cornemuse, le seul instrument capable de faire peur à la guitare électrique selon le chanteur irlandais Van Morrison. Batterie et tuba nous donnent des points de repère alors que piano, balafon et cornemuse nous secouent en tous sens. C'était la Toccata de l'Orfeo (1607) de Claudio Monteverdi, premier opéra de l'histoire de la musique. Enfin, le premier dont la partition nous soit parvenue.

Tout se calme. Laurent Dehors passe à la clarinette basse. Jean-Marc Quillet passe au clavier. Tineke Van Ingelgem s'avance, parée de sagesse et de beauté, pour chanter un grand air d'opéra. Le batteur s'est tu. Guitare électrique. Mélange entre Jazz, musette et opéra. Gabriel Gosse quitte la guitare pour un clavier. A part le pianiste, chaque musicien est polyinstrumentiste dans ce groupe. C'est de l'opéra français. Le trombone ponctue ironiquement. J'en oublie le pianiste. Il s'en passe des choses sur cette scène, sapristi! A 5 + 1 chanteuse ils créent plus de musique que bien des grands orchestres.C'était  L'air de Micaëla dans la Carmen (1875) de Georges Bizet.

Toujours de Bizet, toujours tiré de Carmen, le " choeur des gamins " rebaptisé le " choeur des enfants ". Il est un peu dérangé mais certains des musiciens aussi nous prévient gentiment Laurent Dehors. Concours de bruitages. C'est joyeux, festif, enfantin. Une ronde bien décalée. La chanteuse qui, visiblement s'amuse, se lance dans la sarabande. Laurent Dehors est au sax ténor pour cette chanson de marche joyeusement déstructurée.

Duo piano & clarinette. La clarinette sème la folie, le piano la sagesse. Un petit rythme continu sort d'une boite. Le tuba lance la fameuse Habanera de la Carmen de Georges Bizet et Tineke enchaîne avec le fameux air " L'amour est enfant de Bohême. Il n'a jamais connu de loi " ( ce qui fait de l'Amour un petit anarchiste tchèque selon Alphonse Allais: il est enfant de Bohême et il n'a jamais connu de loi). Cf extrait audio au dessus de cet article.

Le groupe met de la folie dans cet air connu censé parler d'amour fou. Là, c'est crédible. Chanté par Tineke Van Ingelgem, gloups! Compliments à la chanteuse pour son ouverture d'esprit. Comme scène et comme musique, cela la change de la Monnaie de Bruxelles où elle a déjà triomphé. La Habanera de Bizet vient de la musique espagnole donc de la musique arabe. Elle s'est transportée à Cuba (La Habana) puis dans le Jazz afro cubain. Antoine Hervé explique cela magnifiquement depuis son piano dans ses Leçons de Jazz maintes fois célébrées sur ce blog. 

Solo de tuba pour commencer. Duo percutant entre piano et batterie. La clarinette vient y ajouter son swing. Avec piano et baguette. Retour au sax ténor pour Laurent Dehors. Une sorte de mambo fracassé. Celui de Leonard Bernstein dans West Side Story (1957) ponctué joyeusement par un vibrant " Mambo " dit par la chanteuse. 

Un air sombre à la guitare repris par la clarinette basse. Trombone wah wah lent. Le temps s'étire, s'effiloche, se désagrège. Tineke chante en anglais un air funèbre. C'est l'air de la mort de  Didon dans " Dido and Aeneas " (1689) d'Henry Purcell .  " When I am laid in earth ". Piano préparé. Bruitages en douceur. Guitare électrique, trombone, clarinette basse, piano accompagnent ce grand air chanté par Tineke Van Ingelgem avec lenteur, ampleur et majesté. Bref, comme il convient. Elle sait aussi se servir du microphone alors qu'il n'y en a pas sur une scène d'opéra. Belle montée en puissance du groupe. Un temps de silence admiratif avant les applaudissements. 

La chanteuse demande au public de prêter des objets pour préparer le piano. Intro en solo de piano préparé. Ca le fait sonner plus proche d'un clavecin. Tineke lance un air baroque italien. J'ignore de quoi jouent le batteur et le vibraphoniste avec leurs maillets mais c'est charmant. " Sento in seno ch'in pioggia di lagrime" (1717) d'Antonio Vivaldi. Air composé pour un castrat, aujourd'hui chanté habituellement par un contre ténor, chanté ici par une soprano. Clarinette basse pour commencer. Un très bel air se crée, se déploie. les cordes de la guitare électrique remplacent celles des violons pour suggérer les gouttes de pluie. La voix de Tineke s'envole. Bravissimo!

" Les oiseaux " une composition de Laurent Dehors basée sur les chants d'oiseaux mêlée à un air d'opéra flamand de style wagnérien. Ne parlant pas un mot de flamand, je ne garantis rien quant à l'orthographe. Il s'agirait donc de " Winternacht brouw " d'August Debouw. Je compte sur les lectrices flamandes et les lecteurs néerlandais pour me corriger. En tout cas, l'air est consacré  " O tournesol ", " O Zohnebloom " si j'ai bien compris la version flamande. Pour nous préparer psychologiquement à son interprétation, Tineke Van Ingelgem nous prévient que les chanteurs d'opéra sont comme des rock stars ( et réciproquement. Souvenons nous de Freddie Mercury si fier de chanter en duo avec Montserrat Caballe l'hymne des JO de Barcelone en 1992).

Tuba et batterie installent une rythmique funky alors que vibraphone, clarinette et piano sèment des graines de folie. " O zohnebloom " chante la Flamande Tineke Van Ingelgem. Ce n'est pas le genre de Flamande qui danse sans rien dire aux dimanches sonnantes. Elle mêle bel canto et scansion rap en même temps. C'est bombastic comme elle dit. Cette chanteuse, c'est une bombe comme vous l'avez compris, lectrices Baroques, lecteurs Hard Bop. 

Intro en piano solo. Un air classique connu que le groupe reprend en le déviant vers une fanfare Nouvelle Orléans. L'instrumentation le prouve; clarinette basse, trombone, banjo. Tineke chante en allemande cette fois. Un autre air d'opéra que je ne connais pas. 

RAPPEL

 

Le tube des tubes de l'opéra nous annonce Laurent Dehors qui ajoute que cela servait de musique de publicité pour du café lorsqu'il était petit. Il est né en  1964. " La reine de la nuit " de Mozart dans La flûte enchantée  ( Die Zauberflöte. 1791). Tineke Van Ingelgem fait toutes les vocalises qui conviennent à cet air immortel.  Ca devient du garage rock. Brutal et bref. 

Intense, surprenante, dérangeante, stimulante, telle est cette Petite histoire de l'Opéra. Opus 2, jouée par Laurent Dehors et ses complices. Alors que les conservatoires interdisent aux musiciens dits classiques d'improviser sur des partitions (seuls les organistes ont conservé ce privilège) remercions les d'avoir métissé les grands airs avec du Jazz, du Rock, de la Folk, de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Remercions aussi les Dieux et les Muses d'avoir placé sur leur route la soprano Tineke Van Ingelgem. Superfunkycalifragisexy Lady!

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100 ans de Jazz. Philippe Margotin

Publié le par Guillaume Lagrée

Ornette Coleman par Juan Carlos HERNANDEZ

Ornette Coleman par Juan Carlos HERNANDEZ

100 ans de Jazz

Philippe Margotin

Glénat. 2019. 424 p. 35€.

 

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, je vous ai déjà parlé en 2016 d'une précédente édition de Cent ans de Jazz de Philippe Margotin. En voici une nouvelle. Je vous renvoie à ma chronique de la précédente version de cet ouvrage. Le prix de vente n'a pas changé. 

J'ajouterai deux critiques supplémentaires. Deux absences majeures qui ne m'avaient pas frappé dans la précédente édition. Faute d'inattention de ma part certainement.

D"abord, l'absence totale du Free Jazz. C'est bien gentil de parler de Steve Coleman mais son importance dans l'histoire du Jazz est bien moindre que celle d'Ornette Coleman, créateur d'un mouvement qui a changé la face de cette musique (vous aimez ou vous détestez le Free Jazz mais vous ne pouvez ni l'ignorer ni y rester indifférent). John Coltrane et Sonny Rollins ont changé de de façon de jouer à cause de l'album " Free Jazz " (1959) d' Ornette Coleman (1930-2015) qui a écrit des thèmes immortels devenus des standards du Jazz moderne comme " Lonely Woman ". Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Par ailleurs, dans ce plan chronologique, qui va de 1918 à 2018, en classant chaque période par style et en l'illustrant par des artistes clefs (méthode classique mais efficace), des absences criantes saisissent d'effroi le mélomane. Dans le piano actuel figurent Herbie Hancock (glop glop) et Keith Jarrett (pas glop) mais Chick Corea (glop) est absent. De même, le piano européen est représenté par le seul Suédois Esjborg Svensson, déjà mort, dont l'oeuvre se situe quelque part entre le je ne sais quoi et le presque rien comparativement à celle du Français Martial Solal (1927), toujours en activité. 

Ce livre est un collector. D'abord par l'absence totale du Free Jazz: Ornette Coleman, Don Cherry, Albert Ayler, Archie Shepp, Cecil Taylor n'y figurent pas. " Wayne Shorter, le plus grand compositeur du Jazz depuis la mort de Duke Ellington " (Stan Getz) n'y est pas non plus. Ensuite parce que pour chaque artiste figure une page Signature qui explique son apport au genre musical dénommé Jazz. Ca, c'est intéressant. 

Le Nouveau Dictionnaire du Jazz est complet mais ne contient pas de photographies. Ce livre, " 100 ans de Jazz " est rempli de belles photographies, constitue une introduction au Jazz mais est trop incomplet pour satisfaire votre insatiable curiosité, lectrices attentives, lecteurs exhaustifs. 

Dans la vidéo ci-dessous présentés par André Francis, qui fit tant pour la (re)connaissance du Jazz en France,  figurent 5 musiciens ignorés de ce livre et dont il serait grand dommage de se priver: Bobby Jaspar (flûte), Sacha Distel (guitare électrique), Martial Solal (piano), Pierre Michelot (contrebasse) et Kenny Clarke (batterie). Jouant en direct à l'ORTF en 1957 un standard toujours joué en 2019 " There will never be another You ". 

Ceci dit, du même auteur Philippe Margotin, je recommande par contre toujours aussi vivement le superbe livre de photographies " Miles Davis. Les sessions photographiques de Jean-Pierre Leloir ". louangé sur ce blog. 

La photographie d'Ornette Coleman est l'oeuvre du Véhément Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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